Je poste ce chapitre à 5 heures du mat le dimanche, j'espère que vous l'aurez vite ^^'
Voilà c'est la Prmeière Tâche, j'espère avoir trouvé un truc original, corsé, et spectaculaire... ou pas :p
Chapitre 13 : Première Tâche
Petit mot pour prévenir que ce chapitre est le dernier que j'avais en stock, je suis actuellement en train d'en écrire d'autres, ne vous en faites pas, mais c'est la rentrée et le rythme de parution risque de passer de un chapitre par semaine à un chapitre toutes les deux semaines.
Finalement l'incident de la potion fut vite oubliée. Même si Mademoiselle Delacour mit environ deux semaines à me laisser à nouveau improviser une potion, tout finit par rentrer dans l'ordre. Je repris mes petites expérimentations, mais avec bien plus de précautions, testant notamment mes nouvelles mixtures sur des cobayes animaux avant de les essayer sur moi-même. Mais surtout je devins bien plus rigoureux dans les sorts de vérification que je lançai après avoir préparé une potion. Le temps passait, et déjà Novembre approchait et avec lui la Première Tache, qui occupait de plus en plus les conversations des élèves des différentes écoles de magie. Chacun tentait de deviner quelle épreuve offrirait suffisamment de spectacle sans être pour autant trop risquée.
Le 25 Novembre, un dimanche, toute l'école et nos invités se rassemblèrent dans les gradins du Terrain de Quidditch, qui avait été magiquement agrandi. En outre, les Professeurs de Sortilèges avaient placé un sort de Vision semblable à celui des multiplettes, mais qui s'appliquait à l'ensemble des spectateurs. Ainsi, bien que Louis, Perséphone, Athéna et moi arrivions dans les derniers, nous pûmes observer le terrain comme si nous étions aux premières loges. Je remarquais d'abord une atmosphère particulièrement brumeuse et froide, ce qui m'étonnait un peu puisque nous avions eu un grand soleil durant toute la semaine.
En regardant le terrain, je vis des créatures dériver, elles étaient vêtues de capes grises et semblaient flotter au dessus du sol plutôt que de marcher. On ne voyait ni visage, ni quoi que ce soit qui permette de les identifier, si ce n'est la vague forme humanoïde que prenait leurs capes et les mains recouvertes de croûtes qui dépassaient des manches. Tandis que je les regardais, je me sentis étrangement malheureux, et des souvenirs commencèrent à remonter. Le jour où Papa était parti de la maison. Le jour où je m'étais disputé avec Claire et qu'on était resté fâchés pendant près d'une semaine. La mort de ma grand-tante préférée, celle du petit chat que mon frère avait adopté, celle de la souris que ma sœur avait acheté.
Je secouais la tête, essayant de chasser les pensées moroses qui m'envahissaient. Je me retournai vers les autres, qui semblaient aussi déprimés que moi.
« C'est bizarre, dis-je d'une voix pâteuse, pourquoi tout le monde fait la gueule comme ça ?
-Bon sang, murmura Perséphone, ils ont ramené des Détraqueurs. Les Champions vont devoir affronter des Détraqueurs.
-C'est quoi les Détraqueurs, demandais-je en cherchant dans ma mémoire un hypothétique cours de Forces du Mal où l'on aurait vu ce genre de créatures. *
-Ne cherche pas Laurent, rit Perséphone, ce sont des créatures extrêmement dangereuses et elles ne sont pas abordées avant la Deuxième Chasse, et uniquement en Bac Commandeur. Mon cousin m'a raconté que l'on pouvait te demander d'affronter un Détraqueur en Bac Commandeur, mais j'ai des doutes.
-Et quel est le pouvoir des Détraqueurs, demanda Louis toujours très intéressé lorsqu'on parle de se battre contre des créatures dangereuses.
-En fait ce sont des créatures qui se nourrissent de la joie humaine, de tous les sentiments heureux que tu peux éprouver. Et donc en leur présence, tu ne ressentiras que du désespoir et tous tes souvenirs les plus tristes te reviendront en mémoire. Et on dit même qu'ils peuvent s'approcher de toi, et t'embrasser, et lorsqu'ils te donnent leur Baiser, ils aspirent ton âme et laissent une coquille vide à la place ?
-Ils aspirent ton âme, demandais-je incrédule. Ça veut dire que les sorciers ont prouvé que l'âme humaine existait ?
-Que... comment ça que l'âme existait, demanda Athéna ? Bien sûr qu'elle existe.
-Je ne suis pas du tout sûr, personnellement, dis-je d'un ton suspicieux, les scientifiques n'ont jamais rien trouvé qui puisse ressembler à une âme et toutes les tentatives pour discuter avec des morts s'est soldé par un échec.
-Alors les Moldus ne croient pas que nous possédons des âmes, demanda poliment Perséphone. Comme c'est bizarre.
-Pas tous, il y en a encore beaucoup qui y croient. Mais de plus en plus oui. C'est si étrange que ça ?
-Ben... Laurent, m'expliqua Athéna, beaucoup de sortilèges agissent directement sur l'âme d'un sorcier. Notamment certains rituels particulièrement horribles. Je pense que les scientifiques moldus sont juste trop bornés pour le voir.
-Mouais, admis-je avec un peu de mauvaise volonté, je vais peut-être faire des recherches de mon côté. Donc, selon vous les Détraqueurs peuvent aspirer l'âme. Et qu'est-ce qui se passe alors ? On meurt ?
-Pire. On devient une coquille vide, incapable de penser, et donc de bouger. Au final, on arrive plus à s'alimenter et l'on meurt de faim et de soif au bout de quelques jours. Un sort horrible, mais c'est ce qu'utilisaient certains pays pour condamner les criminels.
-Comment, dis-je horrifié, les pays sorciers utilisent encore la peine de mort ? Et d'une manière aussi horrible que ça ?
-Plus beaucoup, me répondit Athéna du ton pédagogue qu'elle utilisait toujours pour m'expliquer le monde sorcier. La France sorcière a aboli la Peine de Mort en 1922, jusqu'alors on lançait le sortilège de mort sur les condamnés, tout simplement. Par contre l'Angleterre par exemple utilisait le Baiser du Détraqueur et ils ne l'ont abandonné que dans les années 90, lorsque les Détraqueurs ont trahi le Ministère anglais pour rejoindre Lord Voldemort. ** Il me semble que la Russie applique toujours la Peine de mort.
-Oui ils le font toujours. Ils ont plusieurs méthodes, mais la plus en vogue est de lancer un maléfice de videntrailles sur le condamné et de le laisser agoniser durant l'exécution, qui est souvent publique. Donc des gens viennent voir un mec se faire éviscérer et se vider de son sang pendant plusieurs minutes, de vrais enfants de choeur les Russes. Ah et les Américains aussi appliquent la peine de mort, ils ont repris l'idée des bûchers des Chasseurs de Sorcières de la Renaissance, mais là le condamné ne peut pas lancer de sortilège de gèle-flamme. Mais sinon la plupart des pays ont arrêté pendant le XXe siècle.
-C'est à peu près ça chez les Moldus aussi. Les Moldus américains aussi font cramer les gens, mais comme on a la technologie, ils ont inventé une chaise qui fait passer un courant électrique extrêmement puissant dans le corps de la victime, et elle meurt carbonisée, avec le cerveau en fusion, bref de parfaits petits plaisantins les Américains. Oh attendez, je crois que ça commence ! »
Et en effet Monsieur Bergerac le Prévôt des Sports s'était levé et avait lancé un Sonorus qui fit tonner sa voix rauque dans tout le terrain.
« Bonjour à toutes et à tous, dit-il d'une voix forte, je suis ravi de vous accueillir pour le 102éme Tournoi des Trois Sorciers. La Première Tâche est une épreuve de force mentale. Il s'agit de passer entre les Détraqueurs, d'épouvantables créatures capables d'aspirer toute joie chez vous, comme vous avez sans doute dû le ressentir. Je vous assure que c'est bien pire ici en bas. Nos Champions devront donc passer parmi ces Détraqueurs pour aller chercher la tablette qui leur donnera un indice pour la Deuxième Tâche.
Mais, fit-il avec un geste théâtral, nos valeureux Champions devront effectuer cette prouesse sans magie ! Les baguettes ont étés confisquées et chaque sorcier qui veut réussir cette épreuve ne devra pas compter sur sa maîtrise du Patronus mais sur sa seule force mentale. N'ayez crainte cependant, une dizaine d'Echevins surveillent les Détraqueurs et sont prêts à faire intervenir leurs Patronus si la situation dégénère. Pour votre confort, des Elfes de Maisons font passer du chocolat chaud dans les tribunes, je vous conseille vivement de le consommer. »
Je pris donc la tasse de chocolat chaud qui venait d'apparaître à côté de moi, et ajoutai mécaniquement un nuage de lait et deux sucres. J'avalai ensuite une grande gorgée qui me brûla la langue, mais m'éclaircit aussitôt les idées. Les souvenirs déprimants qui m'assaillaient depuis un bon quart d'heure disparurent, remplacés par la douce chaleur de la boisson et le goût voluptueux du chocolat. Je vis mes amis retrouver le sourire aussi, souligné par une moustache de chocolat crémeux ce qui me fit doucement rire. Puis je me concentrai à nouveau sur le terrain où le premier concurrent s'avançait, Mathieu Fofana, le Champion de Beauxbâtons ouvrait la danse. Les autres devaient rester sous la tente, pour éviter qu'ils ne puissent se préparer plus longtemps que les premiers passés.
Le grand jeune homme s'approcha des Détraqueurs d'un pas de conquérant. Au fur et à mesure qu'il s'approcha des créatures, son sourire de façade se décomposait, mais il ne ralentit pas pour autant. Pourtant, une fois presque entièrement caché par les robes grises qui frémirent d'impatience, il ralentit ses pas et sembla déstabilisé. Mais il se reprit rapidement, et prit la tablette. Aussitôt, les Détraqueurs se rapprochèrent et tentèrent de l'empêcher de repartir. J'observais les Échevins, mais malgré que certains d'eux avaient les jointures blanches autour de leurs baguettes, ils n'intervenaient pas, l'attaque devait être prévue.
Mathieu parvint à s'arracher à la foule des repoussantes créatures et se réfugia dans une deuxième tente, celle gardée par les Échevins, et dont les Détraqueurs n'osèrent pas s'approcher. Je souris, il s'en était plutôt bien sorti. C'est aussi ce que durent penser les juges, le Professeur Magnus donna un 9 ainsi que son collègue bulgare, Monsieur Bergerac un 8, la mère de Perséphone se décida pour 9 également. La Directrice de Koldovstoretz fut la plus sévère, avec un 7, tandis que la directrice anglaise fit apparaître un sobre 8. Enfin le directeur italien accorda un 10 enthousiaste, lui au moins ne pensait pas à avantager son école.
Puis le présentateur appela Katrina Ivanova, championne de Durmstrang. La jeune fille sortit de la tente et avança calmement. Contrairement à son prédécesseur, elle n'avançait pas d'un pas de conquérant, et ne tentait aucunement d'impressionner le public, mais se contentait de marcher d'un pas égal et déterminé vers son objectif. Elle ne frémit pas non plus en approchant des Détraqueurs, et lorsqu'ils se rapprochèrent d'elle, elle leur adressa simplement un regard dédaigneux avant de prendre la tablette qu'elle était venu chercher. Seuls de petits signes comme un petit tremblement de sa main droite et ses dents serrées laissaient paraître une quelconque gêne et lorsqu'elle repartit vers les Échevins, elle semblait parfaitement maîtresse d'elle-même.
Un silence de mort avait régné pendant toute sa prestation, même dans les rangs de Durmstrang. Autant tout Beauxbâtons s'était égosillé au passage de Mathieu, autant la bulgare avait fait taire les premiers applaudissement d'un simple regard glacé. Cependant elle semblait avoir fait forte impression sur le jury, le Professeur Magnus la gratifia d'un 10, ainsi que ses collègues bulgares et italiens. Madame de Belléclair opta pour un 9, tout comme les directrices russes et anglaises. Seul M Bergerac se contenta d'un 8, mais la candidate bulgare était tout de même en tête et serait difficile à battre, à 5 points de la note maximale.
Bergerac appela alors le candidat italien, qui fit un grand sourire à la foule et salua ses compatriotes d'un grand geste. Cette fois-ci les applaudissements ne retentirent pas que chez les Italiens, beaucoup de filles des autres écoles clamaient également son nom, ainsi que quelques garçons. Je me contentai d'applaudir poliment pour saluer son arrivée sur le terrain. Cependant, au fur et à mesure qu'il s'avançait vers les Détraqueurs, il perdit sa belle assurance et hésita un peu. Il tressaillit violemment quand les créatures s'approchèrent, puis poussa un petit cri d'effroi quand l'une le frôla. Il tenta d'avancer vers la tablette, mais fut secoué d'un grand frisson. Il battit alors en retraite, loin de l'emprise des hideuses créatures. Cependant à l'annonce de sa disqualification de l'épreuve en cas de fuite dans la tente, il repartit vers la tablette. Il put enfin se réfugier chez les Échevins avec la tablette, mais il avait mis au moins dix fois plus de temps que les autres.
Les Juges semblèrent débattre, puis ils firent apparaître les notes. Le Directeur italien donna un 9, n'ayant pu se résoudre à donner la note maximale à une prestation aussi médiocre. Vint ensuite la Directrice anglaise qui sanctionna le concurrent d'un 4 cinglant. Le Professeur Magnus et sa collègue russe furent plus généreux, tous les deux donnèrent un 5 au jeune homme. Les deux Prévôts donnèrent un 6 pour celui des Sports et un 4 pour celle des Relations Étrangères. Enfin le Directeur bulgare fit preuve d'un peu de clémence avec un 7. Avec un total de 40 points sur 70, le concurrent italien était bon dernier pour l'instant.
Le prochain candidat fut le Russe, Igor Petrovitch qui parut nerveux dès son entrée sur le terrain. Je remarquai encore une fois sa taille hors-du-commun, même Mathieu et Leonardo qui étaient de solides gaillards auraient paru frêles à côté de lui. Il mesurait plus deux-mètres cinquante que deux mètres et avait un visage féroce et laid, comme si tout n'était pas parfaitement proportionné. Il avança à grandes enjambées vers les Détraqueurs, et ferma les yeux lorsqu'il fut prêt d'eux. En fait, il tenta tant d'ignorer les créatures qu'il ne vit pas non plus la tablette posée sur le sol et marcha dessus, son pied de la taille d'une luge pour enfant enfonçant l'objet de plusieurs centimètres dans le sable qui recouvrait le terrain.
Rougissant de honte, il ramassa la tablette d'une main malhabile, l'épousseta un peu puis se hâta vers les Échevins. Les Juges parlèrent encore un peu, mais les notes furent plus clémentes cette fois-ci. La directrice russe donna un 9, ce que je trouvais bien injuste sachant que l'italien avait reçu la même note de son directeur sans l'avoir mérité. Si Monsieur Bergerac se contenta d'un 7, il y eut deux 9 supplémentaires, venant de Madame McGonagall et du Professeur Magnus, et les trois derniers juges donnèrent un 8 chacun. Enfin, Monsieur Bergerac appela Victoire qui émergea sous les applaudissements des Anglais, ainsi que d'un certain nombre de garçons de toutes nationalités.
Sans se soucier de la foule, elle avança vers les Détraqueurs. Mais au lieu de s'avancer directement vers eux, elle passa sur le côté, longeant la barrière des tribunes. Une fois sur la ligne centrale, elle piqua un sprint, traversa le mur de brume sans s'arrêter, et ramassa la tablette avant de partir à nouveau en courant vers les Échevins. Un peu essoufflée, elle s'arrêta à mi-chemin et en profita pour saluer la foule, et notamment sa tante et son oncle assis dans la tribune d'honneur. Elle entra finalement dans la tente, et les Juges débattirent un moment des notes tandis que les Échevins s'engouffraient dans la tente des Champions, certainement pour les aider après l'épreuve.
McGonagall se décida la première pour un 10, suivie du Professeur Magnus et de la plupart des Juges. Seuls les deux Prévôts se contentèrent d'un 9, et le Directeur italien ne donna qu'un piètre 7, faisant siffler une partie de la foule. Monsieur Bergerac prit ensuite la parole, tandis que les Détraqueurs évacuaient le terrain au plus grand soulagement de tous.
« Bien, claironna-t-il, la Première Tâche est finie, il s'agit à présent de compter les points. En première position, Mesdemoiselles Ivanova et Weasley, pour Koldovstoretz et Poudlard, avec 65 points chacune. Vient ensuite Monsieur Fofana, avec 60 points, puis Monsieur Petrovitch avec 58 points et enfin Monsieur Da Silva avec 40 points. La prochaine épreuve se tiendra en Février, d'ici là nous nous retrouverons pour le Bal de Noël, bien sûr. Vous pouvez évacuer le Terrain à présent. »
L'avantage d'être situé en haut du Stade, c'est que les entrées sont situées juste à côté. Nous décidâmes cependant de nous attarder un peu pour discuter avec Victoire. Il était difficile d'approcher les Champions, avec tous les élèves qui voulaient leur parler, mais les Échevins firent évacuer la plupart des fans en folie. Seuls ceux qui, comme moi, connaissaient réellement les Champions purent s'approcher. Je commençai par féliciter chaudement la rousse pour sa victoire, puis elle nous proposa de se balader un peu dans le Parc.
Nous allâmes donc nous promener dans le Parc de Beauxbâtons, les quatre français faisant la
présentation des différents lieux à l'anglaise, à commencer par les terrains de sports où nous nous trouvions. Outre plusieurs sports moldus (rugby et football), on voyait le terrain de Jeu de Paumée, une sorte de tennis sorcier, ainsi que les tapis de Bavboules Géantes et le Stade de Karnak, un autre jeu sorcier. Victoire semblait plutôt impressionnée par la diversité des sports, à Poudlard ils ne connaissaient que le Quidditch et les Bavboules petit format, ce dont Athéna et Louis se moquèrent un peu.
Alors que nous contournions les Terrains de Sport pour nous diriger vers les Serres, je sentis une vague de froid étreindre mon cœur. Je levai d'abord les yeux pour voir si le vent ne s'était pas levé, mais ce n'était pas ça. J'eus alors la vision d'horreur de plusieurs créatures en capes grises qui flottaient vers notre petit groupe. Je vis que Louis à mes côtés était tombé par terre, gémissant « Ne pars pas, m'abandonne pas, steuplé », Athéna était devenue livide, désemparée elle regardait les Détraqueurs dériver vers nous sans agir. Perséphone s'était figée, elle semblait déconnectée de la réalité, comme si plus rien n'existait pour elle.
Seule Victoire ne semblait pas totalement démunie face aux créatures grises, elle tenta de sortir sa baguette, la laissa choir, se baissa pour la ramasser, mais trébucha et resta à terre. J'eus alors un flash du jour où mon père était parti, « TON FILS EST UN MENTEUR QUI RACONTE N'IMPORTE QUOI ! ». Puis la vision de Tatie Sylvie pâle dans son lit d'hôpital, et Georges, qui avait mon âge à l'époque, murmurant qu'il n'agoniserait jamais bourré de médocs comme ça. Je vois ensuite Claire, huit ans, qui partait en courant à travers le parc tandis que ses mots restaient imprimés au fer rouge dans ma mémoire « Je te faisais confiance Laurent ! ».
Je tombai à mon tour par terre, dans un brouillard impénétrable, l'esprit hanté par des flashs de cauchemar. A mes côtés, Athéna s'est évanouie. Je ne vois pas les autres. Je sens par contre une main me toucher, me caresser presque, une main hideuse pleine de croûtes et froide comme la mort. Et au moment où je vois face à moi une tête aussi hideuse que la main, simplement percée d'un trou à la place de la bouche, j'entends au loin, très loin, comme dans un rêve une voix crier Spero Patronum. Et la vision d'horreur se détourne de moi, puis est remplacée par un grand cerf argenté qui caracole au dessus de nous.
Je me redresse faiblement et je peux voir Monsieur Potter courir vers nous, l'air à la fois furieux et inquiet. Il fait un grand geste avec sa baguette et son cerf fait demi-tour pour rabattre les Détraqueurs vers la mer, il veut les éloigner au maximum de l'école. Lorsqu'il arrive près de nous, je suis parvenu à me remettre sur mes pieds, mais je chancelle, et il me rattrape avec un sourire forcé.
« Tout va bien, demande-t-il d'une voix inquiète. Vous n'avez rien ?
-Je vais bien, répondis-je en anglais. Juste un peu secoué, je crois.
-Tenez, dit-il en me fourrant une grenouille en chocolat dans les mains, ça vous remettra d'aplomb. Les autres vont bien ?
-Je ne sais pas, répondis-je en mordant dans la friandise anglaise. Une vague de chaleur chasse les horribles sensations réveillées par les Détraqeurs. Je crois qu'Athéna s'est évanouie. »
Il hoche la tête et commence à s'occuper de mes amis. Il lance enervatum à plusieurs reprises, mais au final tout le monde est réveillé et récupère vite grâce au chocolat. Le temps que ça nous a pris permet à d'autres adultes de nous rejoindre, les Juges, le Premier Échevin et le Gardien des Clefs. A voir la tête de Madame de Belléclair, quelqu'un va passer un sale quart d'heure.
« Que s'est il passé, demande le Directeur de Beauxbâtons d'une voix blanche.
-Les Détraqueurs, répondis-je timidement. Nous nous promenions dans le Parc, puis nous avons eu froid soudainement. Et les Détraqueurs nous ont attaqué. Je... je crois que l'un d'eux a voulu m'embrasser, ajoutais-je en frissonnant, mais Monsieur Potter les a chassé avec son Patronus. Je... j'espère qu'on avait bien le droit d'être là, terminais-je d'un ton penaud.
-Vous aviez tout à fait le droit d'être dans le Parc, me rassura le Professeur Magnus avec un sourire, c'est les Détraqueurs qui ont échappé à notre contrôle. Et j'aimerais bien une explication sur ce point, ajouta-t-il en se tournant vers le Premier Échevin.
-Je ne comprends pas, bredouilla ce dernier, un gros bonhomme tout rougeaud d'avoir couru, l'accord était clair. Ils devaient venir pour la Première Tâche, puis repartir aussitôt. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé.
-Laï Daïtraqueurz, dit lentement Monsieur Potter, sont profondaïment mâlaifiques, ils n'obéissent ni aux lois, ni aux euccords. Vouloi' les contrôlaï est profondaïment stoupide...
-Interpretus, dit le Professeur Magnus. Excusez-moi Monsieur Potter, pouvez-vous répéter, mais en anglais ?
-Je disais, répondit ce dernier avec un soulagement évident, que les Détraqueurs sont des créatures profondément maléfiques. Elles ne répondent pas aux directives des sorciers, et sont totalement indignes de confiance. Je pensais que vous auriez retenu la leçon qu'on vous a donné chez nous, les Détraqueurs nous avaient servi de gardiens pendant des siècles, mais dés qu'un Mage Noir leur a offert le pays, ils ont trahi. Et maintenant, VOS Détraqueurs ont attaqué MA nièce.
-Je... dit le gros sorcier qui ne savait plus où se mettre, je suis vraiment désolé, je n'avais pas évalué que... Nous avions pris toutes les mesures de sécurité, la plus grande partie des Détraqueurs sont sous bonne garde de mes Échevins.
-Oui bien sûr, persifla la Directrice de Poudlard, il y a juste une demi-douzaines de ces créatures qui se baladaient dans le Parc, je suppose que c'est négligeable. Et le fait que la Championne de Poudlard ait été agressée juste après la Première Tâche, alors que toutes les garanties nous ont étés transmises est un simple incident. Sachez qu'un simple hibou à mon Ministre, et l'Angleterre portera plainte contre la France, puisque l'Académie de Beauxbâtons
semble être hors de cause, n'est-ce pas Charles ?
-Bien sûr Minerva, approuva le Directeur, je dirais même plus, Beauxbâtons se joindra à Poudlard si on doit en passer par la voie légale. Nous avons accepté l'honneur du Tournoi des Trois Sorciers, mais si c'est pour que certains de mes meilleurs élèves se retrouvent à l'Infirmerie, voire à Flamel***, je reverrais peut-être notre engagement. Ah et je ne crois pas me tromper en disant que le Connétable de Brocéliande ne sera pas ravi que vous ayez laissé des Détraqueurs abîmer son héritière. »
Au fur et à mesure que les sorciers parlaient, l'Échevin se décomposait, paraissant se rabougrir, chose assez inconcevable pour un homme qui devait peser près de cent-cinquante kilos. A la mention du père d'Athéna, il parut sur le point de s'évanouir et je ne pus m'empêcher de penser qu'il paraissait bien incapable pour le dirigeant des Échevins à côté de sorciers comme Monsieur Potter (qui occupait d'ailleurs peu ou prou la même fonction chez lui). Je me demandai un instant si les menaces proférées par les Directeurs anglais et français étaient sérieuses, mais à voir les lèvres pincées et les yeux furibonds de Madame McGonagall, elle n'était pas le genre de sorcière à proférer des menaces en l'air.
Je ne vis finalement pas la suite de la discussion, l'émotion eut raison de moi et je m'évanouis. Je me réveillai ensuite à l'Infirmerie, faisant aussitôt rappliquer un des deux aides de l'Infirmière. Ce dernier me fit un grand sourire et me dit que je pourrai sortir dès que je me sentirai capable de marcher, mais qu'il fallait que je veille à manger beaucoup de chocolat dans les jours qui suivaient. Il ajouta avec un petit rire qu'on pouvait trouver des médicaments moins plaisants, et je ris aussi avant de me lever. Je me sentais encore un peu faible, mais je voulais me reposer dans ma chambre plutôt que dans l'Infirmerie.
A peine installé dans mon lit, j'entendis la voix sifflante de Cléo, que je connaissais bien désormais.
« Laurent, tu devrais appeler ton amie. Ta chose brillante a vibré trois fois aujourd'hui, et tu sais que ça crie toujours la quatrième fois.
-Merci Cléo, répondis-je. »
Je m'étais plutôt bien habitué au fait d'être Fourchelang, et m'étais énormément attaché à Cléo, qui avait été jusque là plus proche d'une décoration vivante que d'un véritable animal de compagnie. Je pris donc mon miroir communiquant et appelai Claire qui répondit aussitôt.
« Laurent, dit-elle avec un grand sourire. Hou-là, tu as l'air fatigué. Qu'est-ce que tu as encore fait ?
-C'est pas ma faute, j'te jure, dis-je précipitamment avant de lui expliquer ce qu'il s'était passé.
-Mais ils sont pas possibles dans ton école explosa-t-elle à la fin de mon exposé. D'abord te laisser faire mumuse avec des potions, puis laisser des créatures dangereuses voguer dans le Parc. Est-ce qu'on lâche des lions dans un collège, merde !
-Bah tu sais, on est des sorciers, dis-je en essayant de rire, donc forcément, nos dangers sont un peu plus grands que ceux des Moldus.
-Raison de plus pour les tenir le plus éloignés possibles d'une école. Ou de toi au moins ! Je vais finir par me faire un sang d'encre chaque fois que tu ne réponds pas.
-Bah tu sais, la plupart du temps, c'est juste que je ne peux pas. Je n'ai été en danger que... deux fois depuis le début de l'année ? Ça va encore, finis-je avec un petit rire.
-Tu m'agace, répondit ma meilleure amie en luttant contre le rire. Et sinon, cette Victoire, tu traînes toujours avec elle ?
-Bien sûr, elle est super sympa, dis-je avec un grand sourire avant de constater à la mine de Claire que ce n'était pas la bonne réponse. Enfin je veux dire, elle est intéressante et sait quelques trucs. Mais de toute façon elle repart en Angleterre à la fin de l'année, et elle m'oubliera sûrement quand elle aura retrouvé ses amis et son copain. Et je ferais pareil, j'ai déjà plein d'amis.
-Elle a un copain, m'interrogea avidement Claire. Et elle t'en a parlé ? Genre plutôt il me fait chier, ou plutôt je le kiffe trop ?
-Euh... je crois qu'elle a évoqué un mariage ou quelque chose comme ça, ils se marient très vite chez les sorciers. Pourquoi ?
-Pour rien, répondit Claire avec un grand sourire. Je suis sûr qu'elle est très sympa en fait cette fille. »
Je n'insistai pas, j'étais habitué aux sautes d'humeur de Claire. Je me contentais de changer de sujet en l'interrogeant sur son lycée, elle avait bien sûr des cours bien moins intéressants que les miens, mais je savais qu'elle se vexerait si je ne faisais pas mine de m'y intéresser un minimum. Elle embraya plutôt sur son sujet de prédilection, les animaux. Elle comptait faire des études de vétérinaires plus tard, et en attendant elle ne pouvait s'empêcher de s'intéresser à la plus insignifiante bête de chez nous, ce en quoi je ne lui tenais aucunement rigueur, étant tout aussi mordu de bêtes qu'elle.
* Retour des notes de bas de page :p
A Beauxbâtons, les Professeurs ne font pas de différence entre la Magie Noire et la Magie Blanche comme à Durmstrang, la magie qu'apprennent les personnes en Bac Commandeur est la même que celle que leurs ennemis utilisent, c'est l'intention qui en fait ou non de la magie noire. Les Forces du Mal est donc un cours où l'on aborde les maléfices et les créatures maléfiques, comme en Défense contre les Forces du Mal, mais l'on ne parlera jamais de contre-maléfice à Beauxbâtons.
** Je ne l'ai pas précisé, mais la peur qui saisit les gens à la mention du nom de Voldemort a survécu à sa mort selon moi, mais n'a pas gagné les pays étrangers qu'il n'a que faiblement impacté au final.
*** J'ai appelé le centre hospitalier français l'Hôpital Nicolas Flamel, parce qu'après tout c'est le seul sorcier à avoir réussi à vaincre la mort et les maladies, et il est français.
PS : Pour ceux qui sont attentifs, la championne de Durmstrang a changé de nom entre deux chapitres. Je me suis simplement aperçu que j'avais donné le même nom de famille à la championne bulgare et à la directrice russe (j'ai une grande imagination pour les noms slaves n'est-ce pas ?:D), je pense éditer le chapitre où la bulgare est présentée, mais voilà, je précise pour la vingtaine de lecteurs qui ont eu le temps de voir la bourde:p
PPS : Je vais peut-être me répéter du coup, mais cette fic est en cours. Ce qui veut dire que je peux réécrire certains passages pour corriger des erreurs. Je vais essayer d'éviter de le faire pour ce que je poste, ou en tout cas juste des petites fautes d'inattention comme ça, mais vous voilà prévenus.
Je poste ce chapitre à 5 heures du mat le dimanche, j'espère que vous l'aurez vite ^^'
Voilà c'est la Prmeière Tâche, j'espère avoir trouvé un truc original, corsé, et spectaculaire... ou pas :p
