Bonjour à toutes et à tous, et Bonne Année. Pour fêter la nouvelle année 2017, on va poster un petit chapitre, après tout je n'ai que trois mois de retard :D

Pour ceux qui veulent frapper l'auteur, la section reviews vous est grande ouverte. Pour les autres aussi d'ailleurs ^^

Blague à part, je m'excuse de mon retard, mais je déborde un peu de boulot. On va quand même essayer de s'en sortir, ne vous en faites pas, je poste ce chapitre aussitôt fini, les deux prochains... j'ai le brouillon, il me faut juste le temps de les développer. Je ne peux pas vous promettre une fréquence de parution régulière, chaque fois que je le fais, je ne m'y tien spas. Par contre, on va essayer de finir la fiction cette année promis ;)

De notre petite mésaventure avec les Détraqueurs, aucun ne garda de graves séquelles, si ce n'est une légère addiction au chocolat et une haine de ces créatures maléfiques. D'ailleurs Louis commença bientôt à travailler sur le sortilège patronus, bien que ce soit un sort abordé en Troisième Chasse. Quand à moi, j'oubliai vite l'incident pour me replonger dans mes potions, outre les recherches que je faisais pour mon plaisir personnel, Mademoiselle Delacour nous donnait de plus en plus de devoirs, ainsi que les autres professeurs de nos matières principales. Mise à part la Botanique où j'étais toujours un des pires élèves de la classe, je ne me sortais pas trop mal dans la plupart des matières, bien que les Potions restent ma matière préférée.

Ce qui changea de manière bien plus inquiétante fut ma relation avec mes amis. Pour une raison que j'ignorai, Claire était assez distante et suspicieuse lors de ses appels, ou du moins elle était extrêmement chaleureuse et amicale avec moi, puis devenait d'un coup très bizarre, m'interrogeant sur des détails insignifiants. Du côté de mes amis sorciers, Louis se faisait de plus en plus distant également, mais il avait de bonnes raisons puisqu'il s'était enfin décidé à sortir avec Perséphone et ils passaient beaucoup de temps tous les deux ensemble.

Par conséquent, Athéna et moi nous retrouvions souvent seuls, par exemple pour faire nos devoirs, mais aussi parfois pour simplement traîner entre deux cours. Ça ne me dérangeait vraiment, j'appréciais énormément la jeune Noble depuis que nous nous étions rencontré dans le Quartier Sorcier, et elle semblait également apprécier ma compagnie. J'étais simplement un peu déçu, parfois, de ne pas m'être lié avec davantage de personnes à l'Académie.

Deux semaines après la Première Tâche, soit vers la mi-novembre, Mademoiselle Delacour nous annonça la tenue du Bal de Noël, tradition du Tournoi des Trois Sorciers. A cette occasion, nous informa-t-elle, les élèves de Chasse allaient pouvoir danser et faire la fête. Les élèves de Banquets ne pourraient rester que pour le Repas de Noël, à moins d'être invités par un élève plus âgé au Bal en lui-même. Elle ajouta que l'alcool serait autorisé exceptionnellement dans l'Académie, mais uniquement pour les élèves de Chasse, et le moindre débordement serait sévèrement puni. En outre, seuls les élèves majeurs pourraient boire de l'alcool plus fort que le Vin de Rose.

Bien que je ne fus pas réellement très impressionné par un tel événement, les célébrations mondaines m'étant toujours passé au dessus de la tête, la rumeur fut accueilli avec enthousiasme par le reste de la classe et notamment la partie féminine de la promotion. Et d'ailleurs lorsque je rejoignis Athéna, seule encore une fois Louis et Perséphone étant parti faire une promenade sur la plage, elle était tout excitée à l'idée d'aller au Bal de Noël et commença à me parler de robes, de maquillages, et autres sujets auxquels je fis mine de m'intéresser tout en concentrant plutôt mon esprit sur la question des antidotes que nous venions de voir en cours.

« Laurent quel âge as-tu ?

-Oui, très bien, répondis-je en cherchant à deviner si réduire un bézoard en poudre et en introduire dans une potion renforcerait cette potion ou si le bézoard seul suffirait.

-Laurent, arrête de penser à autre chose, c'est important ce que je te demande là.

-Ah, euh... comment tu savais que je ne t'écoutais pas, demandais-je rougissant.

-Si tu réponds « Oui très bien » à une question ouverte, tu es cramé direct, fit-elle amusée. Je voulais te demander si tu voulais m'accompagner au Bal ?

-Quel Bal ?

-Le Bal de Noël idiot !

-Ah ce truc ? Bah oui, pourquoi pas ? De toute façon, si je n'y vais pas avec toi, je serais tout seul. Pas que ça me dérange d'ailleurs, mais ça sera certainement plus sympa d'y aller avec toi. C'était juste ça que tu voulais me demander ?

-Non, en fait... viens, dit-elle en me tirant hors du Réfectoire, je veux te parler en privé.

-Mais personne ne nous écoutait, dis-je en riant.

-Même ! C'est important, très personnel, et ne m'embête pas ou je te jette un sort !

-Ok, ok. »

Je la suivis dans un couloir désert du troisième étage, c'était le midi et tout le monde mangeait. Elle se plaça alors devant moi et pris une grande inspiration.

« Laurent, dit-elle très vite, est-cequetuveuxsortiravecmoi ?

-Euh... quoi ? Tu peux répéter ?

-Laurent, est-ce que tu veux sortir avec moi ?

-Quoi, demandais-je à nouveau, mais de surprise cette fois. Pourquoi tu veux sortir avec moi ?

-Comment ça pourquoi ?

-Ben est-ce que tu m'aimes ? Parce que, moi non. Enfin, si bien sûr, mais juste comme un ami et...

-Mais non t'en fais pas Laurent ! Enfin... je sais pas trop, c'est un peu bizarre, mais, non je ne pense pas. C'est juste que tu es quelqu'un que j'apprécie beaucoup, t'es même mon meilleur ami. Même si je sais que tu me préféreras toujours Claire. Et puis, il faut... bref, je me disais juste que ça serait sympa de sortir un peu ensemble et tout, surtout qu'au final, on est toujours tout les deux ensembles, ça changera pas grand chose. Désolée, je m'embrouille complètement.

-Athéna, dis-je doucement, je ne pense pas ressentir quoi que ce soit envers toi, si ce n'est une franche et sincère amitié. Mais si tu veux qu'on sorte ensemble, je n'y vois aucun problème. Et je ne préfère pas Claire à toi, c'est juste que... bon, avec Claire, c'est extrêmement profond parce qu'on a grandi ensemble et je suis plus proche d'elle que je ne le suis de ma propre famille. Mais... t'es celle qui m'a fait vraiment découvrir ce monde, celui auquel j'appartiens, t'es ma plus proche amie dans cette école où je reste neuf mois sur douze, ça ne compte pas pour rien. D'accord ?

-D'accord, dit-elle en souriant. »

Et puis sans prévenir elle se jeta sur moi et m'embrassa. D'abord doucement sur la bouche, puis elle entrouvrit ses lèvres, et força le passage des miennes avec sa langue. Je ne sus pas vraiment comment réagir, et je me contentais de subir, si on peut appeler ça subir, ce qu'elle me faisait. C'était doux, chaud et très agréable, sa langue tournait dans ma bouche et réveillais des sensations que je n'avais jamais connu. Son corps fin se pressait contre le mine, guère plus gros, et je sentais les formes qu'elle avait acquise au cours de l'été se mouler contre mon corps. Enfin elle rompit le baiser et me sourit timidement. Je lui pris alors la main et lui baisai tendrement, en souriant à mon tour. Nous revînmes dans le Réfectoire main dans la main, passant plutôt inaperçus sauf auprès de nos deux amis revenus de leur promenade en amoureux.

« Eh ben, siffla Louis en riant, on vous quitte une demi-heure et vous en profitez pour vous mettre en couple ? Vous perdez pas de temps vous !

-Comment t'as fait, questionna avidement Perséphone, c'est Laurent qui t'as demandé ou ?

-Eh ben, répondit Athéna en rougissant un peu, j'ai invité Laurent au bal et il a accepté aussitôt. Alors j'en ai profité pour lui demander qu'on sorte ensemble, et puis...

-Elle m'a embrassé, dis-je en rougissant de plus belle. Ça faisait bizarre, mais c'était... bien. Bref, on est ensemble. »

Avant qu'on puisse approfondir le sujet, la cloche sonna et je dus me lever de table. J'avais cours de Sortilèges à cette heure, tandis que mes trois amis avaient encore une heure de temps libre, je les laissais donc cancaner dans mon dos et me dirigeai vers le cours de Madame Kellermer, une vieille sorcière notamment connue pour avoir inventé un sortilège repousse-moldu plus puissant que ceux utilisés d'ordinaire. Je l'aimais bien, elle était une prof sévère, mais juste, et je n'avais aucun problème à être premier de la classe en Sortilèges, bien que j'y sois bien moins en avance que dans le cours de Mademoiselle Delacour.

Après les cours de l'après-midi, je passai encore une petite heure avec Athéna, temps que nous devions passer à travailler nos devoirs, mais que nous occupâmes surtout à nous bécoter dans un des Salons des Chasses. Je remontai ensuite dans ma chambre pour appeler Claire, je savais qu'à cette heure elle avait fini ses cours et attendais mon appel, voir m'appelait elle-même. Quelques minutes plus tard, je me retrouvais face au visage de ma meilleure amie.

« Comment ça va, demanda-t-elle joyeusement. Au fait, quand tu rentreras pour les Vacances de Noël, faudra trop qu'on se fasse un truc spécial. Genre, j'avais pensé à ce qu'on fête le Jour de l'An en Bretagne, j'ai toujours rêvé de voir Brocéliande.

-Ah euh, Claire ça va pas être trop possible. En fait, avec le Tournoi des Trois Sorciers, l'école organise un Bal de Noël pendant les vacances, donc je ne pense pas rentrer à Noël, on se reverra en Février. J'espère que ça ne te dérange pas trop ?

-Que quoi ? Tu me demandes si ça ne me dérange pas que tu ne sois pas là pour le Nouvel-An ? Que tu ne rentre pas alors que je ne t'ai pas vu depuis une éternité ?

-Ben ça fait même pas deux mois.

-Mais bien sûr que si ça me dérange ! C'est vraiment important ce Bal ?

-Ben ça a l'air sympa, et presque personne ne part, tu sais...

-T'as jamais fait comme tout le monde, je te signale.

-Et puis j'ai déjà été invité au Bal, j'ai pas envie de planter...

-Mais on s'en fout, m'interrompit-elle. C'est qui qui t'as invité ? Encore cette Victoire ?

-Pas du tout, c'est Athéna. Tu me vois planter ma petite-amie alors que je viens juste de lui dire oui ?

-Bah justement, elle sait que c'est important pour moi de te voir !

-Oui, mais elle aussi est importante pour moi.

-Attends, quoi, petite-amie, dit-elle comme si elle venait de réaliser.

-Ah euh oui. En fait, après m'avoir invité au Bal, elle m'a également demandé qu'on sorte ensemble et j'ai dit oui. C'est vrai que c'est un peu soudain, tu penses que ça peut marcher ?.

-...

-Claire, ça va ? Tu ne dis rien ?

-Tu sors avec Athéna ?

-Oui, c'est ce que je...

-A plus, on m'appelle », dit-elle brusquement en passant sa main devant le miroir comme je lui avais montré. La communication se coupa aussitôt et je restai un moment à regarder mon reflet dans le miroir, sans trop comprendre ce qu'il s'était passé. Apparemment, j'avais fait une bourde, ça m'arrivait souvent, mais ce qui m'agaçait le plus c'était de ne pas savoir ce que j'avais fait de mal.

« Et toi tu y comprends quelque chose ? Demandais-je à Cléo.

-Je ne sais pas, répondit-elle, je ne parle pas l'humain. Laisse moi dormir. »

Je la laissai alors tranquille et quittai ma chambre pour aller manger. Là je retrouvais Athéna et je lui volai un baiser, oubliant la réaction étrange de Claire en parlant avec mes amis, elle sera redevenue normale demain, pensais-je. Mais le lendemain, lorsque je tentai de l'appeler, elle ne répondit pas, et de même le surlendemain. Je tentais alors d'envoyer Minerve lui porter une lettre, mais deux jours plus tard, ma chouette me revint avec ma lettre, restée fermée. Je me sentais de plus en plus mal sans ma meilleure amie, et je me fermai à mes amis, y compris à Athéna à qui j'en voulais un peu puisqu'elle était indirectement responsable de tout ça.

Enfin, deux semaines après ma dispute avec Claire, mon miroir s'éclaira vivement et je vis le reflet de la jeune fille apparaître dans le cadre. Son mascara avait coulé, signe qu'elle avait pleuré, et elle était dans un état pitoyable, les cheveux sales et emmêlés et des cernes sous les yeux.

« Claire qu'est-ce qu'il y a, demandais-je mortellement inquiet, tu vas bien ? Quelqu'un t'as fait du mal ?

-Je... c'est rien Laurent. Simplement... C'est ma faute, j'essayai de t'ignorer, mais c'est trop dur, ça fait trop mal.

-Mais pourquoi tu veux m'ignorer ? Tu...

-Laisse Laurent, tu ne comprendrai pas. Je... j'ai pas envie de t'expliquer, ça ferait des histoires. Je vais me dominer, t'en fais pas. Je t'appelai pour ça, pour te dire que je... Enfin, j'aimerais que tu me pardonne pour ces deux dernières semaines, est-ce qu'on peut reprendre comme avant ?

-Ah euh... oui, si tu veux. Mais j'aimerais tout de même savoir...

-Laurent ne me pose pas de questions sur ce sujet et je ne serais pas forcé de te mentir. Crois-moi, je fais ça pour ton bien. Tu me fais confiance n'est-ce pas ?

-Toujours, répondis-je en souriant. Je te ferais toujours confiance. »

Nous parlâmes ensuite plusieurs heures. Je savais que Claire n'était pas dans son état normal, elle semblait parfois en rage, bien qu'elle le cachât presque parfaitement, ou alors étrangement mélancolique. Mais j'avais accepté ses pseudo-explications, et je ne posais pas de questions, me contentant de changer de sujet pour éviter ce genre d'états. Lorsqu'elle partir enfin manger, j'étais merveilleusement heureux et je descendis prendre mon dîner avec un grand sourire qui attira tout de suite l'attention de mes amis.

« Qu'est-ce que qu'il t'arrive, me demanda ma petite-amie après m'avoir embrassé tendrement, on dirait que tu as subi un sortilège d'allégresse.

-Oh rien, je me suis juste réconcilié avec Claire.

-Tu t'es disputé avec elle ? Pourquoi ?

-Je ne sais pas trop pourquoi. Elle ne m'adressait plus la parole depuis deux semaines, et là elle m'a rappelé et m'a dit qu'elle voulait que je la pardonne et qu'elle ferait des efforts pour redevenir comme avant. Et quand je lui ai posé des questions, elle m'a demandé de ne pas en poser, ou elle devrait me mentir, mais qu'elle faisait ça pour mon bien.

-Et ?

-Et quoi ? Si elle fait ça pour mon bien, alors c'est bon. Elle me révélera ses pensées en temps et lieu.

-Laurent, comment tu fais pour être si serein ? Je veux dire, si ma meilleure amie avait ce genre de comportement, je tenterai d'en savoir plus, je lui tirerai les vers du nez, bref j'essaierai de faire ne sorte qu'elle aille mieux.

-Mais Athéna, j'ai confiance en elle. Je sais qu'elle me connaît mieux que quiconque, et je la connais mieux que quiconque. Si elle ne peut rien me dire, c'est que ce secret n'est pas fait pour moi. Et je lui fais confiance pour me révéler tous ces secrets lorsque je serais prés ou lorsque ça deviendra trop lourd pour elle. On a toujours fonctionné comme ça.

-Sauf pour cacher le fait que tu étais sorcier.

-Justement. Elle savait que je lui cachais quelque chose, mais je ne pouvais pas lui dire qu'elle ne pouvait pas comprendre. Je savais pertinemment, au fond de moi, que si une Moldue devait connaître mon secret, ce serait elle, et que lui cacher causait plus de problèmes qu'autre chose. Honnêtement, s'il n'y avait pas eu cette stupide loi, ou si elle avait été moins importante, je lui aurais révélé tout de suite. Là j'ai essayé de conserver le secret, mais... c'était trop dur. »

Elle hocha la tête, mais après cinq ans auprès d'elle je savais qu'elle n'était pas convaincue. Mais je me dit simplement qu'elle comprendrait plus tard, lorsqu'il serait temps. A la place, je discutai avec elle du dernier sortilège que j'avais vu en cours, le Salveo Maleficium. Bien qu'elle ne suive pas tout à fait les mêmes cours que moi, sa curiosité restait intacte, et bien que sa formation insistait moins sur l'expérience et la recherche et plus sur les règles et les usages, nous suivions peu ou prou le même du Bac Commandeur était bien plus différent par contre, mettant plus l'accent sur des maléfices ou des sortilèges de défense que sur les sortilèges complexes ou utiles que l'on étudiait, et surtout mettait plus en avant la pratique que la théorie. Bref, tout ce que je maîtrisai mal dans la magie, et j'étais ravi de ne pas faire ce Bac là.

Enfin, le Bal de Noël arriva. Pour une fois, j'étais resté à l'Académie, comme la plupart des élèves, pour les vacances de Noël. Dans la Salle des Festins, les habituelles effigies de sorciers avaient étés remplacées par de grandes statues représentant les différents pays, derrière la table des Professeurs, une gigantesque Cocatrix pour la France, puis sur les côtés de la salle, un noble cerf pour représenter l'Angleterre, une créature mi-femme mi-oiseau pour la Bulgarie que Victoire présenta comme une Vélane très en colère, un ours puissant pour la Russie, et, plus surprenant, un loup-garou pour l'Italie.

« Pourquoi les Italiens ont ils choisi un loup-garou comme emblème ? demandais-je à ma cavalière, Je pensais que c'était des créatures très mal vues chez les sorciers.

-Beaucoup de sorciers les considèrent en effet comme des créatures dangereuses, mais les Italiens doivent beaucoup aux anciens romains. Hors comme les fondateurs de Rome ont étés élevées par une louve-garou, le gouvernement italien a choisi d'adopter cet animal comme emblème national. D'ailleurs l'Italie abrite la plus grande communauté de garous d'Europe, malgré une opposition certaine de la part de certains sorciers. »

Alors qu'elle finissait de m'expliquer la situation des loups-garous en Italie, les premiers plats arrivèrent sur la table. Comme d'habitude, le repas était pantagruélique, plus encore que les années précédentes, pour honorer nos invités étrangers et les impressionner par la même occasion. Comme lors du banquet de bienvenue, des plats des cinq pays sont présents, à la bouillabaisse répond le bortsch russe, les entrées comptent des bruschettas italiennes, et les desserts traditionnels de Noël sont accompagnés de gigantesques Christmas Pudding. Et comme si ce n'était pas suffisant, les Chasse ont le droit cette année de boire de l'alcool. Si les Première et Deuxième Chasse sont limités à quelques verres de bière ou de vin léger, les Troisièmes Chasses sont à la limite de l'ivresse. Quand aux Professeurs, d'après le comportement de certains, il aurait peut-être aussi fallu limiter les verres des adultes.

Après le repas, les tables sont écartées pour faire une grande piste de danse, sur laquelle m'invite Athéna, une fois que les Champions eurent ouvert le Bal. Je la suis maladroitement durant quelques instants, mais après lui avoir marché trois fois sur le pied, j'en eus assez et sortit ma baguette pour me lancer un léger sort de Tarantagrella. Elle rit en me voyant faire, mais apprécia l'amélioration de mes talents de danseur. Alors que nous dansions une valse, collés l'un à l'autre, elle me murmura :

« Laurent, je voulais te demander... est-ce que tu m'aimes ?

-Hein, demandais-je, déconcerté, comment ça ? Mais non pas du tout !

-Ah bah merci, dit-elle en riant, je vois que ça vient du fond du cœur.

-Pardon, Athéna, tu m'as pris par surprise. Ce que je voulais dire c'est que je t'adore, énormément même, mais je n'ai aucun sentiment pour toi autre qu'une franche amitié.

-Et pourtant, tu m'embrasse tous les jours, et o est là au Bal de Noël à danser serrés l'un contre l'autre.

-Ouais, mais ça veut rien dire, je veux dire, tu m'as demandé de sortir avec toi, j'ai pensé que ce serait une bonne idée à tenter. Mais je n'ai jamais cru que ça serait définitif hein. Honnêtement, je ne ne nous voit pas partager le même appartement après l'Académie. Enfin, on a déjà eu cette conversation, pourquoi tu me demande ça ?

-Je voulais savoir si tes sentiments avaient changé. Parce que... je sais que ça fait à peine un mois qu'on est ensemble, mais je ne me sens pas à l'aise avec toi. Je t'aime beaucoup, j'adore te côtoyer au quotidien, mais je ne me sens pas bien quand on s'embrasse, ou qu'on se tient la main. Ce n'est pas ma place.

-Oh, vraiment ? Remarque... j'aime pas vraiment notre couple non plus, je... je pense pas à nous comme un couple. On a rien de Louis et Perséphone, eux ils sont vraiment fusionnels. Nous on est proches l'un de l'autre, mais pas de la même façon, tu comprends.

-Tout à fait.

-Du coup, tu veux qu'on arrête de danser ? Parce que niveau contact physique, là on est pas mal.

-Nan, la danse ça va, j'aime bien. On arrêtera quand on sera fatigués. Allez viens, je vais t'apprendre les pas de valse, sans te lancer des sorts dans les jambes. »

J'éclatais de rire mais suivait attentivement ses instructions, pendant plusieurs heures. Lorsque enfin nous nous écroulâmes sur deux chaises, à bout de souffle, j'avais réussi à maîtriser de façon passable une demi-douzaines de danses. Louis et Perséphone nous rejoignirent rapidement et Louis me taquina.

« Eh ben Laurent, toi et Athéna vous avez été un des meilleurs couples de la soirée, vous ne vous êtes pas arrêtés une seule fois. En plus quelle fidélité, t'as même pas essayé de voler une cavalière, tu dois vraiment l'aimer ta cavalière.

-Oh non, dis-je en riant, c'est juste qu'elle est le meilleur professeur de danse que je connaisse. En vrai, on a rompu pendant la première valse.

-Quoi ? s'exclama Perséphone, vous avez rompu pendant que vous dansiez ? Mais t'étais collé à elle pendant des heures, on aurait vraiment dit deux amoureux transis.

-Ben notre couple, c'était pas vraiment un couple, résuma Athéna, du coup notre rupture, ça n'a pas vraiment été une rupture.

-Et t'es pas trop triste, Athéna ? Je veux dire, c'est toi qui a lancé l'idée de ce couple.

-Ouais, et c'est aussi moi qui ait lancé l'idée de la rupture. Au final, c'est Laurent qui s'y sentait le mieux.

-Et avant que vous me posiez la question, moi je ne suis absolument pas triste de cette rupture, au contraire, je dirais même soulagé. Bon, je vais me coucher, j'ai les jambes en plomb. A demain tout le monde, ah et Joyeux Noël ! »

Je remontais dans ma chambre et regardais l'heure, une heure et demie. J'appelais alors Claire pour vérifier si elle dormait, elle répondit rapidement, je ne reconnaissais pas le décor autour d'elle, mais à la façon dont elle utilisait le miroir, elle était de toute évidence seule, quand elle était avec des Moldus, je ne voyais que son oreille car elle faisait semblant de répondre au téléphone.

« Salut Laurent, ça va, me demanda-t-elle. Joyeux Noël ! Tu as eu tes cadeaux ?

-Joyeux Noël à toi aussi. Non, les Elfes nous les amènent seulement demain. Enfin tout à l'heure. Et toi ? C'était bien ton réveillon ?

-Très bien, j'ai pu revoir plein de gens de ma famille que je n'ai pas revu depuis... ben Noël dernier. Mes cadeaux aussi c'est demain. Et toi ton banquet, c'était comment ? Et le Bal ?

-Le Banquet était... encore meilleur que d'habitude, je pense que je ne pourrais pas manger à nouveau avant le Nouvel An. Quand au Bal, c'était génial, j'ai dansé au moins cinq heures avec Athéna, elle a eu le temps de m'apprendre la valse, la polka, le menuet, la java, la bourrée et le swing. J'ai des jambes en plomb, je pense prendre une légère potion avant de dormir.

-Tu m'angoisse toujours avec tes potions, comment tu peux avoir confiance là-dedans ?

-Bah comme toi dans les médicaments, en fait. Et puis bon la plupart c'est moi qui les préparent, les plus simples en tout cas.

-On a vu ce que ça donnait l'autre fois, rit-elle.

-Là c'est pas pareil, c'est une formule tout à fait sécurisée et fiable t'en fais pas. Bref, je dors, bonne nuit.

-Bonne nuit, à demain. »

Le lendemain, je retrouvais les autres dans le Salon Commun ds Premières Chasses. Sous le gigantesque sapin qui, comme chaque année, avait nécessite qu'on élève magiquement le plafond, s'élevait une montagne de cadeaux, répartis en tas qui portaient les noms des différents élèves. Moi et mes trois amis nous rapatriâmes nos tas dans un coin pour ne pas être dérangés par la bousculade. Nous ouvrîmes alors nos différents cadeaux tout en les comparant. J'aimais particulièrement le cadeau de Claire, un bracelet en métal en forme de serpent vert, orné de deux améthystes pour les yeux. Sous le charme, je pris mon miroir pour lui parler.

« Salut Claire, dis-je à son oreille, merci beaucoup pour le bracelet, il est superbe ! Je te dérange ? Parce que je suis avec tout le monde, si tu veux nous voir...

-Salut Laurent, excusez-moi, dit-elle. Quelques instants plus tard elle retourna le miroir vers le même décor qu'hier soir.

-Merci, c'est beaucoup mieux. Alors, tu as reçu beaucoup de choses ?

-Oui, merci beaucoup pour le pendentif, j'adore les dauphins. On a eu un peu la même idée cette année, c'est fou qu'on soit toujours sur la même longueur d'ondes, malgré que tu sois en couple.

-Salut Claire, dit Athéna, ça fait plaisir de te voir.

-Oh salut les gens, fit-elle, Louis ça fait plaisir de te voir !

-Merci pour ton cadeau, répondit celui-ci, je ne connaissais pas les échecs deuxième version. Ça paraît bizarre, mais en fait, c'est hyper intéressant.

-Et toi, Athéna, dis-je, elle t'as offert quoi Claire ?

-Bah j'ai pas de cadeau d'elle, j'ai cru qu'elle ne t'en offrait qu'à toi.

-Oh mince, répondit l'intéressée d'un ton si faux que je compris qu'elle mentait, il a dû se perdre avec la Poste. Vous êtes loin, ça doit pas être facile pour les colis.

-Bah pas grave, rit Athéna, ça arrive. Tu le retrouveras bien à un moment.

-Au fait Laurent, rit ma meilleure amie j'espère que tu t'es bien couché hier et que tu n'es pas allé dans la chambre de ta copine en douce.

-Mais ils ne sont plus ensemble, dit Louis en riant, Athéna a rompu hier pendant qu'ils dansaient.

-Ah bon ? Mais c'est géant ! Pardon gênant. De toute façon, Laurent, je pense pas qu'elle était très bien pour toi.

-Elle est juste à côté de moi, dis-je en soufflant.

-Roooh, mais elle s'en fout, c'est elle qui a rompu. Ça aura pas duré longtemps, dis donc. »

Vexé, je coupais la communication sans même la saluer et rangeais mon miroir dans la poche. Surpris, mes amis me regardèrent avec des yeux ronds, mais je les ignorais. Le miroir siffla, mais je lui jetais un sort de silence. Elle m'avait énervé, la façon dont elle avait ignoré Athéna, puis le fait qu'elle avait « perdu son cadeau » et maintenant elle l'insultait presque. J'aimais beaucoup Athéna, d'autant plus après notre petit épisode romantique, et là c'était plus possible.

« Laurent, pourquoi t'as fait ça ? Tu vas encore te fâcher avec elle.

-Je m'en fous, dis-je en grognant, elle est loin, c'est pas grave.

-Hé, m'interpella Athéna, je te rappelle que la dernière fois qu'elle t'as ignoré pendant deux semaines, t'as fait la gueule pendant tout ce temps, et quand elle t'as rappelé, tu m'as dit qu'elle était dans un sale état. Et un mois plus tard tu lui fais la même chose. Ça va pas bien dans ta tête ?

-Mais si ça va très bien. T'as pas vu comment elle t'as traité ? Et le cadeau qui s'est perdu, mon œil, elle t'as rien envoyé, contrairement à tous les ans, juste parce qu'on était en couple. Je sais pas ce qu'elle a, on dirait qu'elle voudrait que je reste puceau ! C'est peut-être ma meilleure amie, mais elle peut pas insulter mes autres amis, et elle peut pas contrôler ma vie. C'est tout. »

Ils n'insistèrent pas, mais rapidement je ne tenais plus en place et rentrais dans ma chambre, les laissant discuter entre eux. J'eus le sentiment d'avoir vécu le pire Noël de ma vie, et que c'était entièrement de ma faute. Je savais pertinemment que Athéna avait raison, mais mes arguments étaient vrais également. Je voulais lui infliger une leçon, même si ça me coûtait aussi. Je tins une semaine.

C'est au Réveillon du Nouvel An que je craquais, ça avait commencé la veille, un paquet était arrivé pour Athéna avec le courrier. Elle l'ouvrit et découvrit une trousse de maquillage complète, avec une lettre qu'elle ouvrit aussitôt. Elle sourit plusieurs fois en la lisant, et me lança quelques regards amusés, mais elle refusa qu'on la lise, menaçant même de la faire brûler si j'y touchais. Elle dit simplement que c'était une lettre d'excuses de Claire et que son cadeau avait bien été perdu par la Poste.

Et soudain, je me retrouvais un peu idiot à faire la tête à une amie pour une raison qui n'était pas de son fait. En plus, c'était le Nouvel-An, le jour où on devait se retrouver tous les deux, et je me sentais coupable de ne pas pouvoir être là. Même si ce n'était pas que de ma faute, l'école refusait que l'on parte après Noël, il fallait partir les vacances entières ou ne pas partir du tout. Je comprenais tout à fait que le St-Renaud ne pouvait pas faire des voyages tous les jours, d'autant qu'on recevait quatre écoles étrangères, mais ça ne m'arrangeait pas du tout.

J'appelais donc Claire le matin même, et au vu de l'empressement avec lequel elle avait répondu, elle voulait me parler. « Salut », dis-je. Puis prenant une grande inspiration, « Je voudrais m'excuser », tandis qu'elle disait exactement la même chose. Je souris, et elle me fit signe de commencer.

« Je suis désolé, j'ai très mal réagi l'autre fois. Je ne voulais pas... enfin si, je voulais te blesser, mais c'était débile, ma passade avec Athéna valait infiniment moins que notre amitié. Je suis désolé, je prend trop vite la mouche quand on s'en prend à mes amis.

-Moi aussi je voulais m'excuser, je me suis mal conduite avec Athéna. Je l'adore cette fille-là, mais là... c'était trop. Et au sujet du cadeau, je suis sûr qu'elle vous a dit qu'il s'était bien perdu, mais... je ne lui avais rien acheté. Ou plutôt, je lui avais bien acheté une trousse de maquillage, on en avait parlé à ton anniversaire. Mais je ne l'ai pas envoyé.

-Claire, pourquoi t'es comme ça ? Je sais que tu m'as expressément ordonné de ne pas m'en mêler, mais avoue que là... ça fait beaucoup et c'est mauvais pour tous les deux. Je suis désolé, j'ai été un con cette année, mais t'as un peu de faute aussi.

-Eh bien disons que... honnêtement Laurent, je voudrais te le dire, mais j'arrive pas à te l'avouer au téléphone. Je voudrais qu'on soit face à face, vraiment.

-C'est pas possible, j'ai déjà demandé. Ou en tout cas pas avant Février.

-Je sais, je sais. Mais bon, j'ai envie de te voir, je me sens seule, malgré Adrien.

-C'est qui Adrien ?

-Oh, un très bon ami au lycée. On est très proches tous les deux, je pourrais te le présenter la prochaine fois que tu viens à mon anniversaire.

-Ah, oui peut-être, dis-je tout en sentant mon cœur se serrer, un mec qui se rapprochait de Claire, alors que j'étais loin et qu'elle se sentait seule, j'avais l'impression de la perdre. Au fait, dis-je tandis que les idées s'alignaient dans ma tête, je vais peut-être demander une autorisation spéciale au Directeur pour sortir. Histoire de passer au moins le Nouvel An avec toi.

-T'es sûr que tu peux ?

-Oui, je dirais que je peux passer par les cheminées, y'a pas besoin de logistique pour ça.

-Si tu le dis, dit-elle, tu me redis. Ah merde on vient, salut. »

Elle coupa la communication, mais je ne m'en formalisais pas, elle faisait souvent ça, il ne fallait pas qu'on la surprenne avec ce genre d'objets. De mon côté, un plan commençait à se faire dans ma tête, j'allais passer le Nouvel An avec ma meilleure amie, même si ça allait sans doute m'attirer pas mal d'ennuis. Je commençais par préparer un mini-sac avec des affaires pour dormir une nuit, je le fourrais miniaturisé dans ma poche, puis je sortis me promener dans le Château principal.

Là, je me dirigeais vers les cachots où se situaient les salles de potions. J'entrais subrepticement dans l'une d'elles, puis dans sa réserve. J'avais remarqué que l'une des planches était branlante, je déplaçai magiquement l'étagère placée devant, en faisant bien attention aux ingrédients posés dessus. Une fois le meuble stabilisé, je tirais la planche et je vis tout le mur s'effacer pour me révéler le bureau de Mademoiselle Delacour. Je rentrais doucement dans le lieu, refermais le passage après avoir replacé l'étagère, puis je m'approchais de la cheminée. Là je pris une pincée de poudre et la jetais dans le feu, en prononçant le nom de Quartier Sorcier.

Je me mêlais à la foule des gens qui sortaient des cheminées publiques, et sortis ensuite dans le Tours moldu. Là, je pris un train pour Rouen, et un autre pour Bernay. A midi, j'étais à Bernay et j'appelais Claire pour l'en informer. Elle sauta littéralement de joie et me demanda de venir la voir le plus vite possible. Lorsque j'arrivais chez elle, elle était seule, ses parents passaient le réveillon chez des amis qui habitaient à Paris et ils voulaient en profiter pour passer quelques jours à la capitale. Claire avait refusé de les accompagner, elle déprimait un peu sans moi.

Nous ne mîmes pas longtemps à aborder le sujet qui nous fâchait depuis quelques mois maintenant.

« Alors, la pressais-je, pourquoi tu es comme ça ?

-Laurent, je t'n prie, tu jure de ne pas m'en vouloir ? Que ça ne va rien changer entre nous ?

-Mais bien sûr que non, Claire, qu'est-ce que tu veux que je fasse sans toi ?

-OK, alors voilà, je suis amoureuse.

-Putain, j'en étais sûr. C'est ton Adrien là ! M'énerve déjà ce type. Et il te rend comme ça, il a pas intérêt à te faire du mal, parce que...

-Laurent, dit-elle en rigolant, c'est de toi que je parle. C'est toi que j'aime, depuis... au moins deux ans, voire trois. Bon, vu comment t'as réagi, je sais que mes sentiments sont partagés.

-Hein ? Mais nan, je... quoique... nan, genre je suis amoureux de toi ? Mais c'est trop ça, c'est pour ça que j'ai changé, je t'aime, vraiment, bien plus qu'avant. Mais... je sais pas, je m'en suis pas rendu compte.

-Je sais, dit-elle en souriant. Et pour moi c'était horrible, je veux dire j'étais sûr que ça allait tout casser, que je te reverrais jamais. Je crois que quand on est amoureux, on est effroyablement pessimiste. Moi je le suis en tout cas.

-Claire... je me suis enfui de l'Académie rien que pour te voir une journée, tu crois vraiment que tu te serais débarrassé de moi aussi facilement ?

Attends, tu t'es enfui de ? Mais t'es un grand malade ! Ça va pas bien dans ta tête ! Tu vas te faire renvoyer...

-Mais non, t'en fais pas enfin j'espère. Normalement, ils ne peuvent pas me renvoyer, le règlement est strict, le renvoi c'est si on a enfreint des règles graves, là... Je vais juste être collé tous les week-end de l'année, tranquille.

-Et ça valait le coup ?

-Pour te voir ? Toujours ! »

A ce moment là, j'entendis mon miroir siffler, ce qui me fit m'arrêter. Claire était la seule à avoir un miroir qui communiquait avec le mien. Je le pris quand même et vis le visage d'Athéna, l'air passablement inquiet et curieusement déformé.

« Laurent t'es où ? On t'as pas vu de la matinée, et tu n'es même pas là au déjeuner, ça va ?

-Comment t'as fait pour m'appeler ?

-Un sort de communication sur un verre. Réponds !

-Oh, euh... si je te dis que je suis sorti de l'Académie, pour retourner chez moi pour le Nouvel An, ça t'évoque quoi ?

-J'y crois pas, t'as fugué. Mon vieux, t'es dans de sales draps.

-C'est à dire ?

-Ça dépend, t'as fait comment ?

-Je suis passé par la cheminée du bureau de Mademoiselle Delacour.

-Ok, prépare toi à être collé pour le reste de l'année s'ils découvrent ça.

-Tu peux me couvrir s'il te plaît ?

-Mouais, t'inquiète, si tu reste pas trop longtemps. Mais comment tu vas faire pour revenir ?

-Je sais pas trop. Aller à Tours, c'est pas trop important, j'ai assez d'argent pour le train. C'est le retour en cheminée qui va être coton, pas envie de tomber sur Mademoiselle Delacour en sortant de sa cheminée.

-Ok, je sais, je t'envoie Dinky, l'Elfe de Maison qui m'a élevée. Il pourra transplaner dans ta chambre. Ça te va ?

-Merci beaucoup Athéna ! »

Elle soupira, puis coupa la communication. Je rangeais mon miroir et reportais mon attention sur a petite-amie qui était un peu gênée, à côté de moi. Je lui souris pour la rassurer, et j'embrayais sur un autre sujet, à savoir ce qu'elle avait fait durant mon absence. Nous discutâmes durant toute la journée de choses et d'autres, avant tout heureux de se retrouver, et d'avoir pu s'avouer nos sentiments réciproques. Le soir, nous mîmes un film, Les Nouveaux Héros, un des nouveaux Disney. Nous dévorâmes des pizzas devant le film ainsi que divers apéritifs. Puis Claire me fit rire en mettant le premier des Harry Potter dans le lecteur de disques, m'obligeant à le voir jusqu'au bout. Je ne pus m'empêcher de faire des commentaires, comparant Beauxbâtons à Poudlard, le plus souvent à l'avantage de mon Académie.

Je comparais aussi l'acteur Daniel Radcliffe avec le Harry Potter de quarante ans que je connaissais, ainsi que McGonagall, la seule autre anglaise que j'avais vu et qui était présente dans le film. Et bien sûr, je fus très critique sur la préparation des potions en cours, même si j'approuvais totalement le discours de bienvenue de Severus Rogue. J'avais d'ailleurs entendu parler plusieurs fois de ce dernier en faisant des recherches sur les potions récentes, il était tenu pour un grand Maître des Potions anglais, bien qu'il n'ait officié qu'une dizaine d'années. A minuit, nous nous souhaitâmes une bonne année en nous embrassant, puis nous allâmes nous coucher dans le même lit. Bien que ce ne soit pas la première fois, ça faisait un peu bizarre de dormir avec ma petite-amie officielle.

Le lendemain, je me levais tôt et commençai à m'activer dans la cuisine pour préparer le petit-déjeuner. J'avais appris à faire la cuisine à l'Académie, et j'arrivais à faire des croissants à l'aide de la magie. Claire se leva une heure après moi, alors que j'enfournais les croissants. En attendant qu'ils cuisent, nous bûmes un grand bol de chocolat chaud chacun, puis je me servis un café avec mes croissants, Claire se contenta d'un jus de fruit.

« Ils sont délicieux tes croissants, me dit-elle, comment t'as fait ?

-Oh, on a des cours de cuisine à l'Académie. Et en plus la cuisine ressemble pas mal aux potions, ça me rappelle des bons souvenirs.

-Après, t'aurais pu aller en acheter à trois pas d'ici, tu sais.

-Pas eu envie de sortir, dis-je en riant. Et puis bon, je voulais éviter de croiser mes parents ou quelqu'un qui me connaît à la boulangerie, ça aurait été... dérangeant.

-Ah, tu as retrouvé ton esprit raisonnable, ça c'est bien, se moqua-t-elle. Je commençais à me poser des questions, c'est ps ton genre d'être déraisonnable.

-Que veux-tu, répondis-je sur le même ton, tu me fais perdre la tête. »

Elle éclata de rire, et je ne tardais pas à la suivre. Nous finîmes le reste de la matinée dans la même humeur, puis vers onze heures j'entendis un petit pop, le bruit du transplanage que je connaissais bien. Je me tournais alors pour voir une étrange créature, elle avait la taille d'un enfant de huit ans, mais avec une peau grisâtre et ridée, de grandes oreilles qui retombaient de chaque côté de la tête et dont sortaient des touffes de poil blanc et elle n'avait pour tout vêtement qu'une vieille nappe en dentelle qu'elle avait nouée comme une toge.

« Laurent Eliham, Monsieur, dit la créature d'une voix aiguë, je suis Dinky, le serviteur de Maîtresse Athéna, Monsieur. Elle m'a demandé de vous amener à Beauxbâtons, Monsieur. Voulez-vous bien me suivre, Monsieur ?

-Tout de suite Dinky, je dis juste au revoir à mon amie. Bon, salut Claire, c'était cool de passer le Nouvel An avec toi. On se recontacte par miroir ?

-Tu me manqueras, dit-elle, mais je sais que t'as pas le choix. C'était vachement chouette de ta part de venir ici pour la Nouvelle Année, merci. »

Elle m'embrassa rapidement, puis se détourna. Je compris qu'elle voulait cacher ses larmes, et je n'insistais pas, me contentant de prendre la main de l'Elfe de Maison qui transplana aussitôt. Je me retrouvais alors dans ma chambre à l'Académie, huit-cent kilomètres plus loin.

« Merci Dinky, dis-je avec un grand sourire.

-Ce n'est que mon devoir, Monsieur. Monsieur n'a pas à me remercier, Monsieur, je ne suis qu'un pauvre Elfe, Monsieur. Ma maîtresse est déjà trop gentille avec moi, Monsieur. C'est une sorcière avec un grand cœur, Monsieur, et vous aussi, Monsieur. »

Après ce discours, il transplana à nouveau, certainement vers le Manoir Beauxbâtons où il vivait. Pour ma part, je pris une petite heure pour m'occuper des différents animaux qui peuplaient ma chambre, puis je descendis pour le déjeuner. Là je retrouvais Athéna qui me fusillait du regard, tandis que Louis et Perséphone semblaient bien plus détendus.

« Laurent Eliham, me chuchota-t-elle d'un ton furieux, comment as tu osé faire une chose pareille ? T'enfuir de l'Académie ?! A quoi ça t'as servi ?

-Désolé Athéna, je ne voulais pas t'inquiéter. Mais... j'avais des gros problèmes avec Claire, le genre de problèmes qu'on ne pouvait régler que de vive voix. Je me suis senti obligé d'aller la voir, même si ça pouvait m'attirer de gros problèmes. Tu comprends ?

-Mouais, ça va, je sais que tu le feras pas tout le temps. Mais bouillant Bélénos, quels étaient ces problèmes si urgents qu'ils ne pouvaient pas attendre quelques mois ?

-Bah, t'as bien vu que depuis quelques mois Claire et moi on arrêtait pas de se disputer, et bon, elle m'a dit qu'elle avait en effet un problème avec moi. Mais qu'elle n'arrivait pas à me le dire par miroir, elle voulait me le dire en face, de vive voix. Du coup, je suis allé chez elle, et... en fait, elle m'a avoué qu'elle m'aimait, depuis longtemps, et du coup maintenant on est ensemble.

-Et toi aussi tu l'aimes, demanda Perséphone.

-Ben, je ne m'en rendais pas vraiment compte. Mais je l'ai vite réalisé, quand elle m'a rendu jaloux avec un ami imaginaire. Du coup, on s'est mis en couple et voilà, si j'ose dire. Et vous, dis-je précipitamment pour changer de sujet, vous avez passé un bon réveillon ?

-Oui, pas trop mal, et y'avait assez de monde pour que ton absence passe inaperçue, ne t'en fais pas. Donc maintenant, tu as une petite-amie, c'est ça ?

-Oui. Et ça sera sans doute plus durable que toi et moi, sans vouloir t'offenser.

-Nan, t'en fais pas. Je te dis, on était pas fait pour être ensemble. Tiens voilà ta prof préférée, dit-elle en riant, en voyant Mlle Delacour s'approcher de nous.

-Oh bonjour Professeure, dis-je avec un grand sourire, et bonne année.

-Bonne année, Damoiseau Eliham. Je voulais juste vous prévenir, la prochaine fois que vous avez besoin de ma cheminée, demandez-moi, ou je vais finir par devoir le signaler à M Magnus.

-Oh, vous... je suis désolé Professeure, je pensais... Je n'aurais pas dû, je m'excuse. J'accepterais toutes les punitions que vous désirez m'infliger.

-Laurent, ça ira pour cette fois, me dit-elle avec un grand sourire, mais c'est ton dernier joker. Fais un peu plus attention la prochaine fois.

-Oui Professeure, merci Professeure. »

Elle partit en riant, me laissant rouge de honte. Je me repris cependant assez vite, et je recommençai à blaguer avec mes amis, reprenant le cours de ma vie normale d'étudiant dans l'Académie la plus anormale de France.

Et voilà, c'est fini. Le prochain, on verra un peu Harry Potter, ça m'amuse beaucoup de le faire intervenir dans un monde où les Moldus le connaissent autant que les sorciers. La Deuxième Tâche approche aussi ;)