Salut à toutes et à tous, un petit chapitre filler que je viens de finir. Ca ne fait pas avancer le schmilblick, mais l'intrigue me tenait à coeur, et on voit un peu du quotidien de Laurent, je ne vous en dis pas plus, bonne lecture!

Le 7 Janvier, les cours reprirent à l'Académie. Mais un événement bien plus préoccupant arriva le même jour, cette nuit-là, toute la délégation russe fut réveillée par les cris d'effrois d'une des chambrées de trois garçons, les trois russes hurlant de tous leurs poumons dans leur sommeil. Rapidement réveillés par la Directrice, ils expliquèrent en bredouillant avoir été victime d'un mauvais rêve, apparemment très violent. L'incident ne tarda pas à être connu de toute l'école, mais on ne s'en occupa pas trop, c'était juste un mauvais rêve.

Pour ma part, j'avais bien d'autres soucis en tête, notamment je travaillais sur deux potions en même temps, premièrement un puissant contre-poison que je devais faire pour un travail en classe, pour finir notre chapitre sur les antidotes. Mais aussi une potion que j'expérimentais moi-même, au Club de Potions, une potion de réduction que j'avais envie de faire.

« Mais à quoi ça sert ta Potion, demanda Athéna en me voyant m'activer près de mon chaudron.

-C'est une potion de réduction. Ça sert à réduire les objets.

-Tu sais qu'on obtient le même résultat avec un Reducto ?

-Bien sûr que je le sais, dis-je en riant. Mais ce qui m'intéresse, ce n'est pas le résultat, c'est la démarche, cette potion m'intrigue parce qu'elle est particulièrement difficile à stabiliser. Non, non t'en fais pas, rien de dangereux, normalement, c'est surtout le principe d'action que j'ai du mal à stabiliser, c'est ma troisième préparation.

-Les deux autres ?

-N'ont pas explosé. Mais la première a cuit trop longtemps, il me semble, et elle ne servait plus à rien. La deuxième a refroidi trop vite, pareil, plus aucun effet. Pourtant je suis sûr que c'est les bons ingrédients, c'est vraiment la stabilisation qui pose problème. Et c'est ça qui est diablement intéressant.

-Et t'avais pas un devoir à faire ? Un contre-poison qui sera noté, lui ?

-Ah oui, mais ne t'en fais pas, j'ai bien avancé pendant les vacances. Là, il faut que j'attende, le mélange repose une semaine dans la cave, je le récupérerait dans deux jours. Donc en attendant, je m'amuse avec cette potion là. Je sens que je suis près du but, je vais y arriver. »

Je ne réussis cependant pas à stabiliser la potion ce jour-là et j'allais me coucher passablement frustré. Je ne tardais pas à m'endormir, et je commençais à rêver que je faisais du patinage avec Claire, sur la Mer Méditerranée, complètement gelée. Puis alors que je m'approchais d'elle pour l'embrasser, je vis ses traits se tordre en une effroyable gueule pleine de crocs, avec des cheveux blancs filasses au dessus. J'eus un mouvement de recul et je vis son corps se fendre en deux et se répandre en un grouillement d'énormes asticots blancs qui tournèrent vers moi une minuscule gueule remplie de dents avant de commencer à me pourchasser.

Je me retournais pour m'enfuir, mais je m'aperçus que la mer s'était modifiée en une sorte de mélasse de chair en putréfaction, d'où jaillissaient des asticots anthropophages. L'odeur de pourriture était insoutenable, mais le pire était la consistance purulente de ce que je touchais. Tout en hurlant, je continuais à essayer de m'enfuir, patinant dans l'écœurant sol qui freinait mes mouvements. Je fus finalement rattrapé, et je sentis alors de minuscules bouches me mordre et commencer à creuser dans ma chair, forant mon corps de dizaines de minuscules tunnels qui me faisaient un mal de chien.

Je me réveillai soudain, et je vis Louis qui me secouait, l'air inquiet.

« Hein, qu'est-ce qu'il se passe, demandais-je, hébété.

-Hé, Laurent, ça va ? Tu étais en train de hurler, on t'entendais de l'autre bout du couloir.

-Oh, euh, ça va oui. Juste... un mauvais rêve, je suppose. J'espère que je n'ai pas réveillé tout le monde. »

Alors que j'essayais de reprendre mes esprits, nous entendîmes à nouveau des cris, mais qui venaient cette fois-ci du Parc, la Chimère de Poudlard. Ce fut une étrange nuit, de nombreuses personnes firent des mauvais rêves, certains hurlaient dans leur sommeil, d'autres se réveillaient en sursaut, haletant sous le coup d'une grande frayeur, d'autres se contentèrent de se tordre dans leur lit, jusqu'à chuter du lit.

Le lendemain, beaucoup de gens avaient des mines de déterrés, les cernes énormes, le teint grisâtre. Moi-même je me sentais crevé, je n'avais pu dormir que deux heures et mon corps voulait à tout prix rattraper le repos perdu en me faisant dormir dès qu'il sentait un relâchement dans mes activités. C'est ainsi que je piquais du nez dans mon bol de café au lait, un croissant en main, puis je m'endormais carrément en cours d'Arithmancie, ce qui me valut un de mes rares mauvais points. Le soir, je retournais en Club de Potions, mais j'en fus éjectée très rapidement par Mlle Delacour lorsque par inadvertance je faillis provoquer une catastrophe avec mon chaudron.

Je rejoignis donc mes amis dans le Salon Commun, où nous discutâmes de cette étrange épidémie de mauvais rêves. Je ne comprenais pas pourquoi autant de personnes faisaient autant de mauvais rêves en même temps, d'autant que je n'y étais pas enclin d'ordinaire. J'allais cependant me coucher et dormis rapidement, mort de fatigue. Je m'éveillais une heure et demie plus tard, mort de peur dans un lit trempé de sueur. Au moins, je n'avais pas crié cette fois. Par contre, je n'hésitais pas un seul instant et je pris une bonne rasade de Potion de Sommeil sans rêves pour dormir cette nuit tranquillement.

Le lendemain, j'eus un peu de mal à me réveiller à l'heure, mais je me sentais bien plus frais que la veille. Contrairement à beaucoup de mes camarades, y compris Louis qui avait été à son tour victime des mauvais rêves. Maugréant contre l'heure trop matinale, il semblait de très mauvaise humeur et je le laissais prudemment tranquille. C'est lui qui entama la conversation, une fois qu'Athéna se fut assise à côté de moi, après nous avoir fait la bise.

« Qu'est-ce qu'on peut faire pour se préserver de ces cauchemars ? Parce que là, je vais être bon à rien aujourd'hui, et j'espère que je serais épargné ce soir...

-Si tu veux, je peux te passer de la potion de Sommeil sans Rêves, ça m'a permis de dormir cette nuit. Au moins pendant quelques temps. Après, faut pas en abuser, hein.

-Pourquoi, demanda Louis.

-Si on en prend trop souvent, on peut pas dormir normalement. C'est comme les somnifères moldus, quand tu aides le corps à dormir, il finit par ne compter que sur cette aide. Ah et en plus ça supprime les rêves, hors les rêves sont utiles à notre cerveau pour ré-ordonner les zones mémorielles.

-Gné ?

-En gros, les rêves rangent la mémoire. N'empêche, je me demande bien pourquoi tout le monde fait des mauvais rêves d'un coup.

-C'est ce que tout le monde se demande, intervint Athéna, même les profs se posent des questions. Ça peut être dû à pas mal de choses, un mauvais sort, une potion renversée dans la nourriture ou la boisson, bref pas mal de choses. Mais bon, ça inquiète, parce que ça veut dire que quelqu'un a trompé les vigilances de l'Académie, ce qui n'est pas très rassurant.

-Bon ça va, c'est pas si horrible, dis-je pour détendre l'atmosphère, on manque juste un peu de sommeil.

-Ouais, enfin notre prof de Forces du Mal a pas fermé l'œil depuis deux jours, dit Perséphone, du coup il est hyper irritable, ça commence à être rude les cours. Et puis c'est surtout le fait que quelqu'un arrive à influencer les élèves qui pose problème, plus que la gravité de l'acte. Surtout avec le Tournoi dans nos murs, ça pose des problèmes de sécurité.

-Comme la dernière fois avec les Détraqueurs, ajouta Athéna, tu as vu comme M Magnus semblait furieux, c'est parce que ça remettait directement en cause son Académie, donc sa compétence. Et il valait mieux faire porter le chapeau au chef des Échevins que de dire que c'était l'Académie qui avait un problème de sécurité. Là, je ne suis pas sûr qu'il ait un bouc-émissaire aussi évident. Mais bon, tout ça c'est les histoires des adultes, nous on a pas à s'en soucier, heureusement.

-Si tu le dis, dis-je, pas très convaincu. Bon, moi j'ai Botanique, je vous laisse. »

Je me dépêchais d'aller en cours, Mme Feuillechêne n'étant pas d'un naturel patient, j'arrivais à l'heure et rentrais en classe avec mes autres camarades. Aujourd'hui, nous allions étudier les Tentacula vénéneuses, elle demanda alors ce que nous savions sur ces plantes. Je levais aussitôt la main et elle m'interrogea

« Les Tentacula sont des plantes carnivores très agressives, on peut utiliser leur venin dans beaucoup de poisons, et leurs tentacules séchés forment un ingrédient indispensable des antidotes à ces poisons. Enfin, les graines de Tentacula ont des vertus supposément aphrodisiaques, mais ce point est encore en débat. Par contre, elles contiennent des enzymes qui on un rôle désinfectant.

-Bien, je vous donne cinq points Monsieur Eliham, maintenant sauriez vous me décrire leurs conditions de vie et donc de culture ?

-Hem, il me semble qu'elles habitent dans des endroits humides, mais souvent dans des sols pauvres. Elles ont des racines peu développées, car elles se servent de leurs tentacules pour chasser de petits animaux comme des lézards ou des rongeurs, qui leur fournissent les nutriments qu'elles ne trouvent pas dans le sol.

-Très bien, cinq points de plus. Aujourd'hui, nous allons donc nous intéresser aux Tentacula, qui appartiennent au genre des dionées, mais forment une famille à part avec la plupart des plantes carnivores magiques. Sur la table devant vous vous pouvez voir des Tentacula juvéniles, elles sont en pleine croissance et manquent de place, votre tâche sera de les transplanter dans des pots plus grands, puis de leur donner des souris à manger. Enfin, vous taillerez un peu leurs tentacules, éliminez les plus petits pour que les autres se développent mieux. N'oubliez pas de vous munir de gants en peau de dragon et faites attention aux tentacules, le venin de leurs dents n'est pas encore mortel, mais une dose complète peut vous mettre KO un bout de temps. »

Chacun s'équipa de gants en peau de dragons, puis nous nous approchâmes de la table où trônaient les Tentacula. Je commençais par tenter de saisir la plante à la base, comme on nous l'avait montré, mais mes gants ne parvenaient pas à saisir la peau glissante. J'essayais alors de déterrer un peu les racines pour avoir une meilleure prise, stressant un peu d'être quasiment enroulé dans les tentacules qui fouettaient l'air. Je parvins enfin à avoir une bonne prise et tirais vigoureusement sur la plante, un peu trop vigoureusement puisque je partis en arrière et me retrouvais les quatre fers en l'air, une Tentacula sur le visage. Celle-ci m'enserra aussitôt dans ses tentacules et je me sentis partir dans les pommes.

Lorsque j'émergeais du coaltar, je vis des tentures blanches et je dis à haute voix « pffff, encore à l'infirmerie ». c'est alors que je vis l'Infirmier se diriger vers moi en souriant, « Ah, vous êtes réveillé.

-J'ai été assommé combien de temps ?

-Oh quelques heures, rien de bien grave. Madame Feuillechêne a retiré la plante avant que ça ne devienne très grave, vous vous sentez bien ?

-Plutôt oui. Je peux retourner en cours ?

-Oui, pourquoi pas ? Même si c'est plutôt l'heure du Déjeuner. Si jamais vous vous sentez un peu faible dans les trois jours qui viennent, n'hésiter pas à revenir ici, ça peut être un effet secondaire du venin. »

Je remerciais l'Infirmier, puis j'allais au Réfectoire où je vis Athéna déjà attablée. Louis et Perséphone avaient cours jusqu'à treize heures le mercredi, aussi devaient-ils manger au service suivant. La jeune sorcière m'examina d'un œil critique avant de demander

« Laurent, qu'est-ce que t'as encore fait ?

-Euh, je viens de passer la matinée à l'Infirmerie, mais rien de grave je t'assure.

-Et pourquoi est-ce que tu es allé à l'Infirmerie ? Ça fait la troisième fois de l'année, tu sais ?

-Ben, j'avais botanique ce matin. Et on devait transplanter des Tentacula. Alors, j'ai essayé d'en déraciner une, mais je m'y suis pris trop fort, je suis retombé en arrière avec la Tentacula sur le visage et elle m'a mis KO pendant quatre heures. Je sais, je suis pas doué...

-Tu m'étonneras toujours, dit-elle en riant, on devrait te faire une dispense spéciale pour que tu n'aies plus le droit de t'approcher d'une plante dangereuse à moins de dix mètres. Ça éviterait du travail à l'Infirmier.

-T'exagère, je suis pas si maladroite que ça.

-Oh si, une vraie catastrophe. En Premier Banquet, tu t'es coupé avec le sécateur, passe encore. En Deuxième Banquets, tu as carrément failli t'éborgner avec une branche de Bulbenfer. En troisième année, jackpot gagnant, six heures dans les pommes à cause d'une Mandragore et trois jours plus tard tu as avalé du pus de Bubobulb qui t'as obligé à garder le lit pendant trois jours. Enfin l'année dernière, un Snargalouf t'as cassé un bras, et un chou mordeur de Chine t'as arraché un doigt. Et je ne parle pas des innombrables égratignures, coupures, strangulations, et autres joyeusetés que t'ont fait subir les plantes de cette Académie. Non décidément, tu n'es pas fait pour la Botanique.

-Bon, ok, je suis peut-être un peu maladroit avec les plantes. C'est comme ça, je peux te citer tous les effets des différentes parties de n'importe quelle plante de tête, mais je suis incapable d'aller cueillir seul des trucs plus galère que des géraniums dentus. Ouah, dis-je en changeant de sujet, ça a l'air de s'engueuler ferme à la Table des Professeurs.

-Ah oui, c'est clair. Attends, je vais lancer un sort, on les entendra mieux.

-Calmez-vous Domitius, dit la voix du professeur Magnus, vous n'avez aucune preuve de ce vous avancez.

-Aucune preuve ? Mais bien sûr que j'ai des preuves ! Les bulgares sont les seuls à ne jamais faire de cauchemars. Ils sont les seuls à bien dormir, c'est évidemment pour favoriser leur Champion. Ce sont eux qui sont la cause de tout ça.

-Domitius, intervint la directrice russe, Madame Petrova, nous ne savons même pas si c'est une tentative de tricherie ou non. Trouvons déjà la source de ces désagréments, ensuite nous pourrons punir les coupables.

-Je trouve tout de même étrange, ma chère Alexandra, dit Mrs McGonagall, que Beauxbâtons soit touchée par de tels événements à quelques semaines de la Seconde Tâche, et que les bulgares soient miraculeusement épargnés.

-Je m'insurge, s'emporta Larsson, le bulgare avec son accent rocailleux, comment osez vous me soupçonner d'une telle infamie ? Durmstrang ne s'abaisserait pas à tricher dans une compétition, d'autant plus que nous menons la danse.

-C'est clair que Karkaroff n'a jamais essayé de tricher la dernière fois, persifla Harry Potter, Durmstrang a été un modèle de vertu au dernier tournoi.

-Karkaroff était un Mangemort, un de vos repris de justice, sa nomination au poste de Directeur était une grossière erreur de l'administration précédente.

-Le Tournoi des Trois Sorciers, dit Magnus d'une voix forte, est censé permettre le rapprochement des peuples, cessez de vous chamailler pour des broutilles, ou pour les erreurs de la génération précédente, et tâchons d'avancer ensemble.

-Schiocchezze ! dit le directeur italien, en se levant. On essaie de nous déstabiliser, on ne veut pas que Belrifugio gagne. Mais je vous garantis que je démasquerais les coupables, Magnus ! Quels qu'ils soient !

-Calmez-vous, dit le bulgare, voyons, ça ne sert à rien de se mettre dans de tels états.

-Lâchez-moi, ne me touchez pas ! Avis ! »

Et une nuée d'oiseaux se ruèrent sur le directeur Bulgare qui les changea en nuage de fumée. Les deux hommes s'écartèrent de la Table et se firent face, la baguette brandie. Les trois autres directeurs tentaient de les raisonner, mais aucun n'osait intervenir par la force. Le Bulgare contre-attaqua en tentant de ligoter son adversaire qui changea les cordes en serpents furieux qui se ruèrent sur son adversaire.

Celui-ci les fit exploser d'un geste, puis conjura une nuée d'oiseaux à son tour, qui furent métamorphosés en couteaux et renvoyés vers lui. Il bloqua les lames avec un bouclier, puis lança une série de sorts où je reconnus plusieurs sorts de contrôle, sorts qui furent bloqués par un protego puissant. Il répliqua ensuite avec un déluge de sort que l'autre esquiva en roulant sur le côté et qui firent exploser plusieurs pièces du mobilier.

Le duel était en train de tourner à l'anarchie, le professeur Magnus tenta de stopper l'Italien d'un sort, mais il fut bloqué, puis bombardé à son tour. Finalement, les quatre directeurs se liguèrent contre l'Italien pour tenter de le stopper, celui-ci résista étonnamment longtemps, bloquant les sorts par divers moyens et parvenant même à stupéfixer Mrs McGonagall, puis à blesser Monsieur Potter au bras avant de se faire finalement neutraliser.

La rixe avait duré une dizaine de minutes et avait fait des ravages, la Tables de Professeurs était renversée, plusieurs chaises avaient été détruites, une tapisserie commençait à flamber, et certains sorts avaient même fusé vers les tables des élèves, forçant tout le monde à se cacher derrière les chaises. Nous commencions à émerger de derrière nos abris, un peu inquiets. Les Directeurs discutèrent un moment avec leur homologue italien avant de finalement le relâcher, à ma grande surprise.

« Mes excuses pour ce petit désagrément, dit le professeur Magnus, vous pouvez reprendre une activité normale, la situation est sous contrôle. Allons, jeunes gens, pressons, vous êtes dans une école, pas dans un centre de loisirs. »

Je finis ma tarte aux pommes en deux bouchées et me pressais, j'avais cours de Soins aux Créatures Magiques dans moins de cinq minutes et le cours avait lieu dans la Forêt d'Esterel à proximité du domaine. J'aimais beaucoup cette forêt, j'allais parfois m'y promener le week-end pour me relaxer et observer des Créatures Magiques dans leur habitat naturel. J'appréciais notamment les Centaures, j'étais fasciné par toutes les formes d'intelligence non-humaines que m'offraient le monde magique. Cette fois-ci le Professeur Meyer, une jeune femme qui sentait le crottin de cheval, avait prévu de nous montrer un troupeau d'hippogriffes.

« Bonjour à toutes et à tous, dit-elle en mâchonnant un épi de blé, on va commencer la nouvelle année par des créatures assez impressionnantes, les hippogriffes. Ce sont des animaux très dangereux, je vous préviens tout de suite, mais ils sont pratiquement inoffensifs si vous savez les traiter avec doigté, ils sont également des montures loyales, bien qu'ils n'acceptent pas n'importe qui sur leur dos. Et ils sont très intelligents, je vous garantis qu'ils comprennent tout ce que vous dites, alors gare à vous si vous dites du mal d'eux.

Les hippogriffes n'aiment pas être enfermés, ils veulent sentir l'air pur et être libre de chasser, c'est pourquoi ils sont gardés dans ce grand enclos dans la Forêt. Les clôtures sont là pour leur fixer un cadre, mais ils peuvent bien évidemment voler par dessus. Ce sont des animaux semi-sauvages, ils acceptent ma présence, peuvent servir des sorciers parfois, mais vivent en liberté dans la Forêt. Bien qu'ils n'aient pas la musculature puissante des Abraxas, ils peuvent se révéler utile si vous devez aller rapidement quelque part. Bien entendu, il est de plus en plus difficile de les chevaucher avec les Moldus qui pourraient vous voir.

Bien, nous commencerons le cours par les politesses d'usage, il me faudrait un volontaire pour s'approcher d'un hippogriffe. »

Elle scruta un moment la classe, personne ne semblait vouloir s'approcher des bêtes majestueuses. Je levais alors la main, je n'étais pas très rassuré, mais j'avais mortellement envie de caresser les plumes d'un hippogriffe. Mme Meyer me sourit et me fit signe de m'approcher, j'enjambais maladroitement la barrière puis m'approchais d'un des animaux. Il mesurait presque deux mètres de haut, avait un plumage brun-rouge et une robe alezane sur l'arrière train. Je fis comme me l'avais indiqué le professeur et m'inclinai profondément devant l'animal qui m'observa un moment, puis me rendit mon salut.

J'eus alors la satisfaction de pouvoir caresser les plumes de son cou, elles ressemblaient beaucoup à celles de Minerve, en plus longues. Mme Meyer fit alors signe aux autres élèves de s'approcher, chacun choisit un hippogriffe et s'inclina devant lui, ou se reculait doucement si le salut ne lui était pas rendu. Après quelques minutes de caresse, le professeur nous donna de quoi nourrir les créatures, c'est à dire un assortiment de petits mammifères morts, il y avait surtout des mustélidés comme des visons ou des hermines. Je pris trois martres dans ma main et m'approchais de celui que j'avais choisi et qui s'appelait Royal selon notre instructrice.

L'hippogriffe happa la première martre quand je lui lançai, l'avalant en quelques coups de becs. Plusieurs élèves parurent dégoûtés de devoir se livrer à ce genre de pratiques, mais j'étais habitué à nourrir des carnivores avec Cléo et je continuais mon manège. La prochaine proie, je la posais par terre, à mes pieds, et Royal dut s'approcher et pencher sa tête près de moi. Enfin je lui présentai la dernière directement dans ma main et il la prit en tâchant de ne pas m'emporter la main avec.

« Très bien tout le monde, dit Mme Meyer, nous en avons terminé pour aujourd'hui. Pour la prochaine fois, vous me ferez une rédaction de cinquante centimètres sur les différents usages des hippogriffes dans la vie quotidienne des sorciers. Et nous entamerons les choses sérieuses, à savoir l'équitation sur hippogriffes, vous verrez c'est très différent de ce que vous avez pu faire avec les Abraxas l'année dernière. L'évaluation de fin de module sera une course à dos d'hippogriffe, alors tâchez de bien vous entraîner. Vous pouvez ranger vos affaires, le cours est fini. »

Nous repartîmes alors vers le château. Je me hâtais car je voulais profiter de mon après-midi quasiment libre pour avancer sur mon contre-poison, il avait fini de reposer et je devrais passer au moins cinq heures dessus. Je récupérais donc le chaudron dans la cave où je l'avais déposé, le mis sur un feu dans une des salles de potions restées libres et lut les instructions suivantes. Ce qui me frustrait dans ce devoir, c'est que je ne pouvais pas vraiment tenter des choses, la potion était trop longue pour que je puisse me permettre de la rater. Alors je me contentais d'appliquer certains trucs découverts au cours des cinq années précédentes et suffisamment fiables pour qu'ils soient devenus des automatismes.

Tandis que je mélangeais le contre-poison, une fois dans le sens des aiguilles d'une montre, puis trois fois dans le sens inverse, attendre pendant six battements de cœur et recommencer, le tout pendant trois minutes et six secondes, la prote s'ouvrit et une voix familière dit « Aha, je savais que tu serais là !

-Salut Louis, dis-je sans me déconcentrer, tu me cherchais ?

-T'es occupé ?

-Plutôt, c'est une étape assez délicate. Six battements de cœur, puis je recommence à tourner. Un, puis un, deux, trois. Six battements de cœur, ah ça fait trois minutes et six secondes, c'est bon. La potion a une couleur violet vif, teinte crocus, je la laisse reposer trois minutes trente à feu doux. Le livre recommande de la laisser reposer quatre minutes, mais j'ai eu de mauvaises surprises avec de la digitale laissée sur le feu trop longtemps et il y en a dans la potion.

-Pourquoi tu parle à haute voix, questionna mon ami.

-Je prends des notes, dis-je en montrant la plume à papote. Mademoiselle Delacour veut qu'on lui rende le protocole expérimental exact avec la potion. Alors, tu voulais me dire quoi ?

-Oh, je crois que j'ai une piste pour cette histoire de cauchemars. Tu auras fini vers quelle heure ?

-Voyons voir, il me reste à faire ça, hmmm... Vers huit heures je monte manger, à huit heures vingt je redescends fignoler quelques détails, puis j'ai une étape pour laisser la potion mijoter huit heures, donc vers neuf heures du soir. Dans le Salon ?

-Non, une salle d'études, avec Athéna et Perséphone.

-Pas de problèmes. Maintenant, continuais-je à l'adresse de la Plume, je redémarre la potion à feu vif pour ajouter une cervelle de rat. Le livre préconise de la hacher, mais je n'aime pas ajouter du solide haché à ce stade, je l'ai donc pressé et je n'ajouterais que le jus. La chair devait de toute façon être éliminée à l'étape suivante. La potion prend une couleur verte, teinte salsepareille. Je retire le chaudron avant de couper le feu. Vient une étape délicate, il faut filtrer la potion pour éliminer les impuretés, puis la réduire de deux-tiers à feu vif. »

Je continuais de m'affairer, c'était une des potions les plus délicates que j'ai jamais fait et le défi m'enchantait. De plus, le fait de décrire tout ce que je faisais à haute voix me paraissait une très bonne idée, je le referais certainement à l'avenir. Vers huit heures, comme prévu, je me prévoyais une pause pour manger, tandis que la potion devait refroidir à température ambiante. Cela permit de la séparer en deux corps, j'éliminais doucement le corps supérieur, pour ne garder que le corps inférieur, plus puissant. Je le transférais dans un chaudron taille 1 en or de l'Académie pour le laisser reposer, les minuscules particules d'or qui s'échapperaient pendant la nuit renforceraient l'effet de la potion.

« Alors Louis, dis-je en entrant dans la salle où tout le monde m'attendait, quelle est cette piste que tu as trouvé ?

-Eh bien voilà, j'ai profité d'avoir une petite-amie géniale pour sécher un peu les cours, et j'ai interrogé un peu tout le monde dans l'Académie, pour me renseigner sur les problèmes de mauvais rêves.

-Louis, soupira Athéna, tu n'es pas censé t'occuper de cette affaire, et surtout pas en séchant des cours. C'est aux Directeurs de gérer ça.

-Excuse-moi, dit Louis goguenard, vu la scène de ce midi, ils ont pas l'air d'être vraiment dignes de confiance. Et puis c'était pas des cours très utiles, juste le français, l'anglais, et deux heures d'éducation sorcière. Et l'après-midi je n'ai pas séché les Forces du Mal. Bref, j'ai réussi à dresser une carte des cauchemars, en fonction de leur intensité. Ce n'est pas très précis bien sûr, parce que ça varie aussi en fonction de la sensibilité des personnes. Par exemple, Laurent a eu un cauchemar très violent, alors qu'il est dans la chambre voisine de la mienne qui n'ait pas eu quelque chose de très puissant.

-Donc ta carte ne vaut rien, dit Athéna.

-Ne sois pas si défaitiste, ma chère, elle est à nuancer, mais pas à jeter. J'ai déjà un détail important, les Durmstrang ne sont pas les seuls à être épargné, les Banquets aussi. L'intégralité des Banquets. Par contre, les Chasse sont touchés en abondance, comme les trois autres écoles, et certains Professeurs. Et notamment, Monsieur Napellion, qui habite juste à côté des Fermes désaffectées. Napellion, c'est notre prof de Forces du Mal.

-Et ça te dit quoi tout ça ?

-Eh bien, ça me laisse penser que la source de tous ces désagréments se trouve dans une des Fermes désaffectées au Nord-Ouest du domaine. Tout près du Pavillon de la Chasse, mais aussi de l'endroit où nos amis de Poudlard, Belrifugio et Koldovstoretz se sont installé. Ça fait beaucoup de coïncidences, non ?

-Ça me paraît un peu tiré par les cheveux, répondit Athéna, mais soit. Je suppose que c'est une piste, qu'est-ce que tu vas en faire ?

-Bah en parler aux Directeurs, répondit Perséphone, on est pas insensés, non plus. En espérant qu'ils nous prennent au sérieux.

-Bon, très bien, je vous accompagnerais quand vous irez demain, dis-je, mas en attendant, je vais me coucher. Demain, je me lève à trois heures, moi.

-Pourquoi si tôt, me demanda Athéna, on est jeudi demain, tu commences à dix heures.

-Les cours oui. Mais ma potion doit mijoter huit heures, ça veut dire qu'à quatre heures vingt, je dois la retirer du feu, alors j'ai pas intérêt à faire la grasse matinée. Bonne nuit les amis. »

Avant de me coucher, j'accomplis mes corvées quotidiennes, changer l'eau de Cléopâtre, donner à manger aux fourmis, laisser les hiboux sortir pour la nuit, et nettoyer leur cage, puis je me couchais enfin. Lorsqu'un mauvais rêve m'éveilla une demi-heure plus tard, je pris une dose soigneusement mesurée de potion de sommeil sans rêves et me recouchais, Louis avait raison cette histoire ne pouvait plus durer. Je me réveillais à trois heures et demi et m'habillais sans faire de bruit. Je sortis ensuite doucement de ma chambre pour me diriger vers les cachots où ma potion mijotait.

Pour ce faire, je sortis du Pavillon de la Chasse et me dirigeais vers le Palais, dans la nuit noire, éclairée uniquement par la lueur des étoles. C'était une nuit sans lune aujourd'hui, malgré l'absence de nuages, et j'incantais un Lumos pour pouvoir voir où je posais mes pieds. J'avais toujours aimé marcher, surtout dans le froid et les ténèbres de la nuit, j'aimais l'impression d'être seul au monde qui s'emparait de moi lorsque je déambulais dans les allées noires du Parc, ou dans les rues chichement éclairées d'une ville. Depuis mon plus jeune âge, j'étais un lève-tôt, contrairement à mon frère, et je sortais souvent me promener au petit-matin, mais mon heure préférée c'était celle qu'on appelle la plus sombre, l'heure avant l'aube.

J'arrivais en une dizaine de minutes au Palais et j'y pénétrais sans difficulté, il n'était jamais fermé, si les élèves n'avaient pas le droit de pénétrer dans une partie de l'Académie, ce n'était pas une porte close qui les arrêterait. Je descendis ensuite dans les cachots où se trouvaient les salles de Potion, j'arrivais devant la mienne avec dix minutes d'avance. J'entendis alentour d'autres pas feutrés, signe que je n'étais pas le seul à travailler avant l'aurore sur ce devoir. La couleur de la Potion était presque parfaite, il me fallait juste patienter un peu.

C'est ce que j'aimais dans les Potions. Il fallait être tour à tour d'une précision extrême, puis d'une patience à toute épreuve. Les Potions étaient un art délicat, qu'on ne pouvait pas espérer manier au bonheur la chance comme certaines disciplines magiques, il fallait de la rigueur et de la discipline, des qualités bien trop rares chez les sorciers. C'est pourquoi il existait si peu de bons potionnistes, n'importe qui peut faire des potions simples, mais le gouffre entre un potionniste du dimanche et un bon potionniste était extrême, comparé à celui qui séparait un bon niveau d'un niveau médiocre dans d'autres matières. Malgré tout, je ne tirais pas de mon don pour les Potions une fierté déplacée, il y avait bien d'autres matières où je n'avais rien d'un Maître, et où mes camarades me dépassaient.

Lorsque la Potion eût atteint la bonne teinte, je me replaçais en position de préparateur. Il fallait maintenant saisir l'effet voulu en dissolvant de la poudre de corne de licorne à feu vif. Une fois ceci fait, j'ajoutais ma touche personnelle, une pincée de poudre de bézoard destinée à renforcer l'effet du contre-poison. J'ajoutais ensuite une pointe d'essence d'hellébore pour stabiliser la potion, conscient que je pouvais faire capoter deux semaines d'efforts avec cette petite manipulation. Je tournais ensuite délicatement, une fois dans le sens horaire, trois fois dans le sens contraire, puis encore une fois dans le sens horaire. La potion retrouva alors la couleur jaune, teinte écu qu'elle devait avoir à ce stade et je soupirais d'aise.

Le plus dur était passé, il me suffisait maintenant d'effectuer une nouvelle opération de filtration, puis une décantation. Je retirai le corps grisâtre qui ne m'intéressait pas et récupérais une potion d'un doré extrêmement vif et soutenu, que je versais dans une fiole en verre de potions, le sort du couvercle la fit passer en stase sitôt fermée, et je renforçais moi même le verre, pour éviter toute catastrophe. Voilà, à partir de deux litres de potion, j'avais obtenu dix centilitres de contre-poison, si tout s'était bien passé, cette fiole contenait dix doses de contre-poison à n'importe quel poison végétal de classe huit ou inférieur. Les poisons de classe neuf à quinze demandaient des potions encore plus spécifiques que je me faisais une joie de découvrir les années suivantes.

En attendant, je mis la fiole dans une sacoche de cuir avec le rouleau de parchemin sur lequel j'avais marqué mon protocole. Je marquais ensuite la sacoche à mon nom avant de la déposer dans le casier de Mlle Delacour. Je regardais l'heure, cinq heures moins le quart, je commençais à dix heures, j'avais donc cinq heures devant moi. Je décidais alors de me promener dans le Parc pour profiter de la nature, ce que je fis quelques heures, puis lorsque les oiseaux commencèrent à chanter vers six heures du matin, je pris le chemin de la Salle à Manger pour déjeuner.

A dix heures, je reprenais les cours avec celui de Potions. Mlle Delacour nous salua avec un grand sourire et commença par me féliciter pour mon travail.

« Damoiseau Eliham, je vous félicite, non seulement vous m'avez rendu votre devoir avec une semaine d'avance, mais en plus il est remarquablement bien fait. Je n'aurais pas pensé à la poudre de bézoard, je pensais que c'était contre-indiqué avec la poudre de corne de licorne. Mais l'ajout d'essence d'hellébore pour stabiliser la potion était une excellente idée, ça a très bien marché bravo. Comment en êtes vous venu à cette idée ? Ça ne semblait pas une improvisation sur le moment à voir votre protocole.

-Oh, c'était l'année dernière, répondis-je en rougissant un peu, j'avais essayé d'élaborer un antidote à partir d'un poison composé, et je n'arrivais pas à dépasser le quotient de nocivité des deux poisons avec des méthodes conventionnelles. Alors, j'ai pensé ajouter de la poudre de bézoard, ce qui permettait en effet de contrer les poisons, mais la potion était très instable. J'ai testé plusieurs catalyseurs avant de trouver l'essence d'hellébore, en très petite quantité elle permet de lier la poudre de bézoard à l'ensemble sans que cela risque de tourner.

-Bravo, vraiment. Je confesse que je n'y aurais pas pensé, confronté à un quotient de nocivité trop élevé, j'ai tendance à sur-concentrer les principes guérissants en réduisant la potion, mais l'ajout d'un nouveau principe plus puissant est une très belle parade également. Et le faire dans le cadre d'un contre-poison générique permet de surclasser les poisons les plus vicieux, ce qui est un atout non négligeable. Bien, maintenant nous reprendrons notre cours sur les principes azotés des antidotes. Ouvrez vos livres à la page 251, Damoiselle Livia, veuillez lire le premier paragraphe. »

Le cours passa rapidement, malgré qu'on ait trois heures de suite, après avoir débattu du cours, une activité qui déstabilisait beaucoup de mes camarades, mais que je considérais comme particulièrement stimulante, nous avions tâché de séparer les principes azotés de différents antidotes, c'est à dire les substances qui corrompent les antidotes obtenus par concentration en empêchant les principes guérissants d'agir.

Le soir, après une après-midi passée en cours de magie ancestrale et de sport, je retrouvais Louis et les autres pour aller voir les Directeurs. Louis avait encore amélioré sa carte, avec comme toujours l'aide de Perséphone, et c'est le cœur confiant que nous allâmes porter notre découverte au bureau directorial. Le bureau du Directeur Magnus se trouvait dans le Palais, au rez-de-chaussée, camouflé par une tapisserie représentant Saint Renaud terrassant un dragon. Le fondateur de l'Académie nous regarda s'approcher et demanda ce que nous voulions, ce fut Louis qui répondit que l'on avait peut-être des informations sur les événements qui se déroulaient dans l'Académie. Il partir alors dans l'arrière plan puis revint quelques instants plus tard, porteur d'une réponse négative, les Directeurs étaient en réunion et ne voulaient pas être dérangés. Dépités, nous fîmes demi-tour et nous retournâmes dans notre Salon.

Sur le chemin reliant le Palais au Pavillon de la Chasse, nous croisâmes M Potter, je le saluais poliment et il me répondit d'une voix amicale.

« Laurent, salut, ça va ? Qui sont tes amis ?

-Oui, merci Monsieur, répondis-je après avoir lancé un interpretus, voici Athéna, Louis et Perséphone. Je me demandais Monsieur, nous avions peut-être des informations sur les problèmes de cauchemar qui arrivent ces jours-ci. Est-ce que vous pensez que vous pourriez obtenir une audience des Directeurs ? On a essayé, mais ils ont refusé, ils sont en réunion.

-Des informations ? Quelles informations ?

-Eh bien, dit Louis, en fait j'ai... j'ai interrogé des gens un peu partout dans l'Académie et j'ai dressé une sorte de carte de l'intensité des cauchemars. Et je pense que leur source pourrait se trouver dans une des fermes du Nord-Ouest.

-Mais ça m'a l'air très intéressant, ça ! Je peux voir ta carte ? Merci, donc la source se trouverait ici ? Et les Durmstrang ne sont pas concernés parce qu'ils sont trop loin, c'est ça ? Tout comme les plus jeunes, les... Banquets, comme vous dites. Ça se tient. Dites-moi les enfants, est-ce que vous voudriez m'accompagner à ces Fermes ? Je voudrais y jeter un coup d'œil.

-Mais, dis-je pas très rassuré à l'idée de me rapprocher d'une source potentiellement dangereuse de magie néfaste, est-ce qu'il ne faudrait pas demander de l'aide ? Je veux dire, je sais que vous êtes un adulte, mais il ne nous faudrait pas une expédition ? Comme une vingtaine de sorciers expérimentés ?

-Allons, c'est juste pour jeter un coup d'œil, ne t'en fais pas. Je dirais que c'est moi qui vous ai demandé de venir avec moi, vous n'aurez pas d'ennuis. Et vous ne risque rien, je vous protégerai. »

Nous accompagnâmes donc M Potter vers ces Fermes, je n'étais pas très rassuré, mais je suivais tout de même le mouvement, prêt à m'enfuir en cas de problème. Je n'étais pas quelqu'un de téméraire comme pouvait l'être Louis, et je n'étais absolument pas doué en combat magique, comme je le répétais souvent, j'étais chercheur, pas Échevin, combattre les forces du mal et se défendre contre des sorciers maléfiques, c'était loin d'être ma tasse de thé. Mais je n'avais pas envie d'abandonner mes amis, alors je suivais bon gré, mal gré.

Nous ne mîmes que quelques minutes à rejoindre le secteur en question, il s'agissait d'un groupement de trois Fermes relativement rapprochées, quelques mètres entre chacune, et qui n'avaient pas été occupées depuis plusieurs décennies. L'une d'elles aurait eu besoin d'une nouvelle charpente, l'autre n'avait plus de vitres aux fenêtres, et le lierre mangeait toutes les façades. Nous approchâmes du bâtiment le plus proche, précautionneusement. La porte tomba à terre lorsque M Potter voulut baisser la clenche et nous entrâmes dans la maison poussiéreuse.

Il ne semblait y avoir rien d'inhabituel, mais nous fouillâmes tout de même la maison, qui était relativement grande. Après avoir fait chou blanc, nous passâmes à la seconde masure, celle dont il manquait une partie du toit. La porte s'ouvrit en grinçant, mais les fenêtres étaient si sales qu'il fallut allumer nos baguettes pour avoir de la lumière. Alors que nous pénétrions dans le salon, je remarquais que le mobilier n'était pas seulement laissé à l'abandon, il avait clairement été saccagé. Alors que j'allais en faire la remarque, un étrange bruit s'éleva, à mi chemin entre le grognement et le gémissement. Je me figeais, mort de frousse.

« C'était quoi ça ?

-Ça venait d'en bas je crois, souffla Louis, il doit y avoir une cave. Cherchez une trappe, il faut qu'on descende.

-Est-ce que c'est prudent ? Je veux dire, on sait qu'il y a un truc, maintenant il faut aller chercher des renforts.

-C'est peut-être rien, dit M Potter d'un ton dégagé, on va s'en assurer, ça ne sert à rien d'alerter tout le château pour trois fois rien. Quelqu'un voit une trappe menant à la cave ?

-Le cellier, dit Athéna, il me semble que c'est dans le cellier que se trouve la trappe généralement. »

Résigné, je les suivit à travers la cuisine jusqu'au cellier dont le sol était en effet percé d'un trou menant à la cave, la trappe avait été brisée, il restait une planche accrochée aux gonds, mais le reste avait disparu. En descendant les escaliers étroits menant à la cave, nous vîmes des débris de bois jonchant les marches, jusqu'à trouver la plus grosse partie de la trappe en bas, brisée en deux. Une fois en bas, M Potter se plaça en tête, Louis et Perséphone, qui apprenaient le métier le flanquèrent, tandis que Athéna et moi nous placions un peu en retrait, sans trop savoir où il fallait aller.

Nous approchâmes ensuite du fond de la cave, d'où provint un nouveau bruit. Ça ressemblait au cri d'un animal, plutôt gros, ce qui n'était pas pour me rassurer. Je crus voir quelque chose bouger à la lueur de nos baguettes, M Potter dût avoir la même impression car il lança un Lumos Maxima qui fit jaillir une boule de lumière, éclairant toute la pièce. C'est alors que je les vit. Deux énormes monstres, de la taille d'un bœuf, avec un corps et la tête d'un éléphant, mais des pattes de tigre, une queue et des cornes de taureau. L'un semblait endormi, mais l'autre se déplaça vers nous, poussant le cri que nous avions entendu tout à l'heure.

Aussitôt, M Potter et les deux apprentis Commandeurs lancèrent des sorts, tandis que Athéna et moi paniquâmes un peu. Je commençais par reculer, puis je me repris et j'essayais de lancer des sorts, sans trop savoir lesquels lancer. Je ne connaissais que très peu de sorts d'attaques, je lançais un Expelliarmus, avant de me dire que c'était stupide. J'optais ensuite pour un Incendio, qui ne fit pas grand chose sur le cuir épais de la créature. D'ailleurs, elle ne semblait pas vraiment incommodée par les sorts qui la bombardaient et tentait de saisir les sorciers les plus proches avec sa trompe, ou donnait des coups de griffe. Fort heureusement, elle n'était pas très vive, M Potter, Louis et Perséphone n'avaient pas trop de problèmes pour éviter ses coups maladroits.

Le combat réveilla cependant la deuxième créature, qui se rapprocha du combat. Je lançais alors un nouvel Incendio, dressant un mur de flammes devant la créature avant qu'elle ne se rapproche du combat. Elle le traversa comme s'il n'existait pas, ce qui était un peu déstabilisant. J'éteignis donc le feu d'un mouvement de baguette avant de chercher une stratégie qui pourrait venir à bout de ces deux chars d'assaut. C'est M Potter qui trouva, il nous ordonna de viser les yeux, sûrement habitué à croiser des créatures insensibles à la magie.

Je tentais de lancer un Diffindo sur les yeux du monstre le plus proche de moi, mais c'était compliqué de viser une cible si petite, qui plus est lorsqu'elle bougeait sans cesse. C'est Louis qui l'atteignit en premier, son sortilège frappa l'œil de la deuxième créature, qui recula en s'ébrouant, leur permettant de souffler un peu. M Potter profita de ce répit pour lancer un sortilège sur la créature qui venait de reculer, la faisant hurler de douleur. Elle chargea alors le sorcier adulte qui l'esquiva d'un bond, laissant les grandes cornes percer la peau de l'autre bête. Lorsqu'elle se retira, une sorte de liquide gluant et argenté s'écoulait de la plaie, c'était très étrange. Mais rapidement, la substance cessa de s'écouler et le cuir se referma.

Je commençais à me dire que l'on s'était attaqué à un trop gros morceau et que l'on allait peut-être tous mourir dans cette cave. Mais je n'allais pas abandonner mes amis, même si j'étais dans la meilleure situation pour fuir, je continuais de bombarder les créatures de sorts inefficaces, espérant toucher un point faible ou trouver un sort qui les ferait enfin reculer. Comme je me doutais que les sorts conventionnels ne marcheraient pas, j'essayais toute une gamme de sortilèges plus ou moins vus en cours, ou même simplement appris à la bibliothèque entre deux cours. Athéna avait adopté la même stratégie, mais les trois autres n'en avaient pas le loisir, occupé à esquiver les coups des créatures, et ils se contentaient d'enchaîner les sorts le plus rapidement possible dans l'espoir de provoquer une réaction.

Je voyais bien qu'ils commençaient à s'essouffler, Louis était beaucoup moins vif qu'auparavant, la robe de Perséphone se plaquait sur son corps trempé de sueur et même M Potter soufflait comme un bœuf. Cela faisait plusieurs minutes que nous nous battions et la lutte commençait de plus en plus à ressembler à une lutte sans espoir, d'autant que les créatures ne semblaient pas faiblir, elles. C'est alors qu'Athéna lança un sort de plus, qui toucha une des créatures au flanc. Sauf que cette fois-ci, le sort laissa une grande marque de brûlure, qui ne se referma pas mais fit battre l'animal en retraite avec des beuglements de douleur.

« C'était quoi ça, demanda Louis.

-Oubliettes, lança à nouveau Athéna, le sort d'amnésie. Oubliettes, regardez ça les brûle, elles n'aiment pas ça !

-Mais bien sûr, dit M Potter, cette substance argentée, c'était des souvenirs ! Elles sont composées de souvenirs, par conséquent, le sortilège d'amnésie les détruit. Allons-y, tous ensemble, Oubliettes ! »

Nous conjuguèrent alors nos efforts, faisant reculer les créatures peu à peu et nous finîmes par les acculer dans leur nid. Cette fois ci, elles étaient réellement mal en point, elles respiraient laborieusement, leurs flancs couverts de brûlures se soulevaient comme des soufflets de forge. L'une d'elles avait perdu sa queue, sectionnée, par un sort particulièrement puissant, l'autre avait une partie de la tête brûlée, et elles ne semblaient plus pouvoir se battre. M Potter voulut alors les capturer, les cordes qu'il lança d'abord n'eurent aucun effet, mais son Legilimens lui permit de prendre le contrôle des deux créatures affaiblies. Il les fit alors doucement sortir de la cave, et les amena au Palais.

A la lumière du pâle soleil d'hiver, elles parurent perdre leurs moyens, renâclant et secouant la tête. C'était certainement des créatures nocturnes et le soleil devait leur blesser les yeux. Ordinairement, j'aurais eu pitié de pauvres animaux blessés par le soleil, mais après qu'elles aient failli tuer deux de mes amis je n'avais plus aucune compassion pour elles. Les élèves qui nous voyaient passer nous regardaient avec effarement, ils se demandaient certainement si c'était une attraction, ou quelque chose de plus sérieux.

Nous menâmes les étranges créatures jusqu'au bureau directorial, au moment où les Directeurs le quittaient. Ils ouvrirent des yeux ronds en nous voyant amener de telles créatures, et ce fut le Professeur Magnus qui prit la parole en premier.

« Que... M Potter, qu'est-ce que ces choses ?

-Je n'en sais pas plus que vous, M Magnus, répondit l'Auror, à vrai dire c'est la première fois que je vois ça. Mais il semble que ce soit la cause des désagréments qui secouent votre école ces derniers jours, et je me suis dit que votre Professeur de Soins aux Créatures Magiques pourrait peut-être les identifier...

-Pas la peine, dit Madame Petrova, je sais ce que c'est. Il y en a quelques uns chez moi, à l'est de la Russie, ce sont des Baku, des créatures orientales qui se nourrissent des rêves des gens. Certains les utilisent comme protection contre les cauchemars.

-Eh bien, ce n'est pas très réussi, railla le Directeur italien, apparemment ceux-là provoquent des cauchemars plus qu'ils n'en protègent.

-Oui, j'en ai entendu parler aussi, reprit Mme Petrova, je pense qu'il s'agit d'une sous-espèce plus rare qui ne mange que les rêves et laisse donc les cauchemars les plus horribles. Où se cachaient-elles ?

-Dans une ferme désaffectée non loin du Pavillon de la Chasse, répondit M Potter. Nous pensons que c'est la raison pour laquelle les Durmstrang et les Banquets de Beauxbâtons ont été épargnés, ils étaient situé trop loin de ce bâtiment pour être touchés par ces créatures.

-Aha, dit le Signor Draconis, je m'en doutais ! C'est bien un coup des Bulgares, ils essaient de tricher pour remporter le Tournoi !

-Draconis, rugit le Bulgare, je ne me laisserais pas insulter ! Je n'ai rien à voir avec cette histoire, je ne connaissais même pas ces créatures !

-Messieurs, les interrompit un des professeurs de Soin aux Créatures Magiques, calmez-vous. Je pense que tout ceci n'est qu'un malheureux accident, ces créatures ont dû arriver par hasard dans notre école. Il me semble que le Jardin Zoologique de France a perdu des créatures semblables il y a quelques temps, elles ont dû errer un moment pour finir par s'installer ici. Je vais les contacter, en attendant enfermez les Baku dans un endroit sombre et hermétiquement fermé.

-Et pour les cauchemars, Gaël, dit le Professeur Magnus, que pouvons nous faire ?

-Placer des sorts autour de leur prison. Cela devrait les empêcher de nous nuire.

-Tout est bien qui finit bien, dit alors Mrs McGonagall, mais dis moi Harry, comment as-tu trouvé la cachette de ces étranges créatures ?

-Oh, ce n'est pas moi Minerva, répondit M Potter en montrant Louis, c'est ce brillant élève de Cinquième Année. »

Il raconta alors toute l'histoire, comment nous avions résolu le mystère, avec une critique à peine voilée des Directeurs trop occupés pour nous écouter, puis le reste des événements. Les Directeurs ne l'interrompirent que pour clarifier certains points, puis le Professeur Magnus reprit la parole.

« Eh bien, quelle aventure ! Damoiseau Sèvres, je vais vous donner trente points pour avoir su réfléchir avec calme et sang-froid lorsque nous passions notre temps à nous disputer, et vous aurez la Médaille d'Honneur. Vos compagnons recevront dix points chacun, et mes plus sincères félicitations. Mes remerciements à vous aussi M Potter, vous nous avez été d'une grande aide. Et maintenant, je suggère de tous nous diriger vers la Salle des Festins, il se fait tard. Je demanderais un festin aux Elfes demain, pour fêter ça. »

J'étais un peu impressionné par les félicitations du Directeur, que je ne pensais pas mériter. Athéna rougissait tellement qu'on aurait cru une tomate, et Perséphone et Louis n'en menaient pas large, surtout Louis qui se tortillait sur place depuis que M Potter avait raconté comment il avait résolu l'affaire. Personnellement, je n'étais pas particulièrement heureux des récompenses du Professeur Magnus, j'avais suffisamment de points avec mes notes et mon attitude irréprochable, et je ne courrais pas après la gloire. Mais je supposais qu'une médaille pour services rendus à l'École ferait un très bel effet dans le dossier de Louis pour son futur métier.

Au Dîner, le Professeur Magnus fit un discours au cours duquel il résuma notre petite aventure et félicita Louis, ce qui nous attira les regards de toute la salle, chose assez désagréable. Je n'aime pas être sous le feu des projecteurs, quelle qu'en soit la raison, et j'espérais que cette histoire serait vite oubliée, ou en tout cas que ma participation le soit. Puis nous retournâmes dans nos chambres, j'en profitais pour appeler Claire et lui raconter ce qu'il s'était passé à l'Académie. Elle parut effrayée que j'avais pris tant de risques, malgré que j'ai tout fait pour minimiser mon importance dans l'histoire, mais elle finit par me féliciter et surtout à féliciter Louis. Je restais un long moment à parler avec elle, et je finis par me coucher à une heure très avancée, complètement mort de fatigue.

Alors, ça vous a plu? Pour revenir sur cette histoire, en fait, c'est ce qui m'a donné envie d'écrire cette fanfiction. J'ai rêvé que j'étais un sorcier dans une école où de mystérieux cas d'amnésie se déclaraient, et que je finissais par confronter les horribles créatures qui en étaient responsables en compagnie d'une jeune fille et de Harry Potter. C'était il y a un an et demi, et j'ai fini par abandonner l'idée d'en faire une longue intrigue sur toute la première année pour simplement la résumer en un chapitre, j'espère que ça vous a plu.