Bonjour à toutes et à tous, on continue cette histoire par un petit chapitre filler, mais qui pose aussi des éléments importants pour la suite. Bonne lecture ! :D Bonjour à toutes et à tous, on continue cette histoire par un petit chapitre filler, mais qui pose aussi des éléments importants pour la suite. Bonne lecture ! :D
Une fois les Baku évacués vers le Jardin Zoologique de France, le calme revint dans l'Académie, enfin un calme assez relatif, la Deuxième Tâche approchait et les consciences commençaient à s'échauffer. Enfin, surtout les paris, qui montaient très haut, certains commençaient même à se chiffrer en écus. Personnellement, je ne supportais pas les jeux d'argent et je n'avais donc rien misé, mais Louis avait parié trois heaumes sur la victoire de Mathieu. Le matin du premier samedi de Février, un match de Quidditch eût lieu opposant l'équipe des Chasse de l'Ombre aux Chasse du Couchant, match dans lequel jouait Athéna. Elle faisait partie des meilleurs poursuiveuses et était souvent sélectionnée, bien que l'équipe comptât une dizaine de poursuiveurs qui tournaient souvent.
C'est l'équipe du Couchant qui entra en première sur le terrain, dans leurs magnifiques robes oranges, annoncés par le présentateur qui n'était autre que Mathieu Fofana, le Champion de l'École. Il n'avait pas voulu renoncer à cette charge malgré le travail supplémentaire qu'il devait fournir cette année.
« Et voici les Chasses du Couchant, Beaurivage capitaine et gardien, Dujardin, Giraudoux, Lyant, Oursain, Jourdain eeeeeet Kellerman, une équipe redoutable, surtout grâce à Kellerman, l'Attrapeur qui a semble-t-il déjà reçu des propositions des clubs des Trolls de Troyes et des Paresseux Parisiens ! Voici maintenant l'équipe des Chasses de l'Ombre, Duval, Miaille, Corlobec capitaine, Blancbaston, Dumesnil, Séchan eeeeeeet Pottier, équipe invaincue cette année, ses Poursuiveurs sont redoutables, Corlobec, Blancbaston et Miaille travaillent parfaitement en équipe, malgré que la petite Blancbaston soit une recrue de cette année. M Baudelaire sera notre arbitre pour cette rencontre qui s'annonce très intéressante. Rappelons que ces deux équipes sont actuellement premières et deuxièmes du championnat et sont dans un mouchoir de poche, la victoire de ce match pourrait permettre aux Chasses du Couchant de prendre la tête du championnat !
Le Souaffle est envoyé, c'est Dujardin qui le réceptionne, mais un cognard de Séchan le déstabilise et c'est Miaille qui le réceptionne, Miaille Corlobec, Blancbaston, Miaille à nouveau, hou-là ce cognard là est pas passé loin, Miaille, Blancbaston, Blancbaston et Blancbaston maaarque ! 10 à 0 pour l'Ombre ! »
Aussitôt la moitié des gradins éclatèrent en cris de joie, je criais également, un peu enivré par l'ambiance dans le stade. Je n'avais pas pour habitude de me laisser aller à ce genre de comportement, mais l'ambiance d'un stade de Quidditch est suffisante pour lâcher un peu la bride. Le Souaffle est aussitôt remis en jeu et récupéré par Athéna qui esquive plusieurs cognards avant de faire la passe à son capitaine, celui-ci évite un joueur adverse et marque à nouveau après une feinte superbement effectuée. Les poursuiveurs du Couchant, Dujardin, Giraudoux et Lyant, ne sont clairement pas à la hauteur de leurs homologues de l'Ombre, si on comptait le temps de possession du Souaffle, ce serait écrasant. En outre, même si les batteurs Oursain et Jourdain sont très doués, les poursuiveurs esquivent la plupart des tirs sans même perdre la balle.
« Et l'équipe du Couchant parvient à ouvrir le score ! Les Chasse de l'Ombre mènent maintenant 90 à 10, confortable avance. Ah, le Vif a été repéré semble-t-il, Kellerman s'élance, mais oh non ! Un Cognard de Dumesnil le heurte de plein fouet, il ne va pas bien du tout. Beaurivage demande un temps mort, l'Infirmier s'élance sur le terrain. Des étincelles vertes, tout va bien, un simple bleu, Kellerman redécolle, mais le Vif s'est enfui, pas de chance. L'équipe de l'Ombre repart à l'attaque, menée encore une fois par Blancbaston. Cette joueuse est formidable, elle a marqué la moitié des buts de la rencontre, Blancbaston, Miaille, Corlobec, à nouveau Blancbaston, et elle tire ! But ! 100 à 10 pour l'Ombre !
Le match reprend, Kellerman cherche le Vif, il a compris qu'il était la seule chance de victoire de son équipe. Et l'équipe adverse l'a compris aussi, Pottier lui colle au train et les batteurs se tiennent prêts à l'assommer. Les poursuiveurs du Couchant font de la figuration, ah non ils réceptionnent la balle, Dujardin, Giraudoux, Lyant, Giraudoux, passe à Dujardin qui tire ! Mais c'est bloqué par le gardien, Duval est un mur, il a laissé passer un tir sur les sept tentés. Passe à Miaille, qui s'élance, suivi de près par Corlobec,Corlobec, Miaille, ils remontent le terrain à deux, Miaille qui passe à Blancbaston ! Elle tire et marque ! 100 points d'avance pour l'Ombre, soixante de plus et même le Vif ne fera pas gagner les Couchants ! »
Le match se déroula ainsi, les actions avec le Souaffle étaient presque à sens uniques, mais c'était fascinant de voir trois Poursuiveurs marquer but après but malgré l'absence de leurs batteurs, plus occupés à gêner l'Attrapeur adverse. Trois fois Kellerman s'était élancé vers le Vif, trois fois un Cognard bien ajusté ou une manœuvre de son homologue adverse l'en avaient empêché. Il en devenait fou, tournant de plus en plus vite autour du terrain, je sentais qu'il enrageait. Au bout d'une demi-heure de jeu, le score était de 220 à 70, 150 points de plus.
C'est alors que Kellerman vit le Vif pour la sixième fois du match. Il s'élança, évita un Cognard, ralentit pour esquiver le deuxième, mais sans perdre le Vif des yeux. Il fonça vers la minuscule balle, indifférent à ce qui se jouait sur le terrain, aux cris d'encouragement, simplement soulagé d'avoir la voie libre, plus de Cognards, son adversaire semblait avoir disparu du terrain. Il attrapa alors le Vif et remonta en chandelle, hurlant de joie et de soulagement tandis que la foule explosait. C'est alors qu'il entendit à nouveau la voix du présentateur.
« Ah là là là, quelle erreur ! Kellerman a récupéré le Vif alors que Blancbaston venait de marquer le seizième but d'avance des Ombres, il est tombé dans le piège de Corlobec. Soulagé de n'avoir plus personne pour l'empêcher de prendre le Vif, il n'a pas vérifié si ça apporterait la victoire à son équipe ! Les poursuiveurs de l'Ombre ont été extraordinaires, c'est la deuxième fois dans l'histoire de l'Académie que l'on parvient à remporter un match sans attraper le Vif d'Or ! Les Chasses de l'Ombre confirment leur position en tête du Championnat avec 71 points, soit 3 points d'avance sur le second, les Chasses du Couchant qui viennent de passer à 68. Bonne journée à vous, chers spectateurs, la prochaine fois que nous nous retrouverons, je serais en train de passer la Seconde Tâche. »
Une explosion d'ovations salua cette dernière phrase, tout Beauxbâtons saluait et encourageait son Champion. Presque aussitôt, je me ruais hors des tribunes pour aller saluer Athéna, mon amie avait été magistrale sur ce match, elle avait marqué dix des vingt-deux buts qui avaient donné la victoire à son équipe et j'avais hâte de la rejoindre pour la féliciter. Mais quand je croisais son équipe sortant des vestiaires, ils n'étaient que six et m'expliquèrent que Athéna était partie de son côté en disant qu'elle devait chercher des amis. Je partis dans la direction indiquée, non sans les avoir chaleureusement félicité pour leur victoire, après tout c'était l'équipe de ma région.
Je déambulais un peu dans le Parc,me demandant pourquoi Athéna était partie vers les Serres plutôt que de nous rejoindre au pied des tribunes. Et me maudissant de n'avoir pas attendu Louis et Perséphone, ils devaient me chercher de leurs côtés. Je vis enfin les Serres devant moi et je m'approchais doucement, il me semblait apercevoir des formes plus loin et j'avais bien envie de faire la surprise à Athéna. Je reconnus sa natte noire de loin, elle parlait avec une fille que je ne connaissais pas. Je m'approchais d'elle doucement, sans me faire voir quand elle se rapprocha de la fille et l'embrassa en l'enlaçant. Je souris devant ce spectacle et choisis de faire demi-tour pour ne pas déranger les deux tourterelles, malheureusement ma maladresse fit encore des siennes, je trébuchais sur un outil de jardin et m'écrasais à terre dans un grand fracas, brisant plusieurs pots dans ma chute.
Lorsque je me relevais, je faisais face à Athéna et sa petite-amie, qui étaient à la fois surprise et honteuses.
« Salut Athéna, dis-je en souriant, désolé, je ne voulais pas vous déranger mais comme d'habitude, je ne peux pas agir discrètement plus d'une minute. Je m'en vais, continuez votre petite affaire.
-Laurent, bafouilla-t-elle, je... Que... Qu'est-ce... Qu'est-ce que t'as vu ?
-Bah toi et... elle, qui s'embrassaient. Excuse-moi, tu t'appelles comment ?
-Tu crois que je suis assez stupide pour te donner mon nom ? Pour que tu le rapportes à tout le monde ? Merci bien, mais non.
-Mais qu'est-ce que vous racontez, je ne veux absolument pas raconter vos histoires à tout le monde, ça ne concerne que vous. Enfin si, je comptais en parler à Louis et Perséphone, mais si tu ne veux pas, Athéna, je garderais le secret, promis.
-Comment ça si je ne veux pas ? Enfin, Laurent, tu n'es pas choqué ? Dégoûté ? Je... c'est pas normal ce qu'on était en train de faire et...
-Non, dis-je ébahi, ne me dis pas que les Sorciers n'acceptent toujours pas l'homosexualité ? On est au XXIe siècle merde !
-Bien sûr qu'on ne l'accepte pas, dit l'inconnue, c'est... c'est contre-nature ! C'est criminel !
-Et pourtant, vous le faites, dis-je en ricanant. Bon, alors si vous voulez savoir, les Moldus acceptent... je vais pas dire parfaitement, mais pour la plus grande majorité l'homosexualité. Au moins en France. Eh, on a même voté une loi leur permettant de se marier il y a quelques années ! Alors honnêtement, que tu préfères les femmes ou les hommes, Athéna, je m'en fiche un peu. Ou même si tu aimes les deux, c'est le cas non ? Vu que t'es sorti avec moi.
-Ah, euh... non, quand je suis sorti avec toi, c'était pour me forcer à sortir avec un homme. Mais, ajouta-t-elle en pleurant, ça m'a surtout prouvé que j'étais pas fait pour aller avec un homme, que... que j'aime vraiment les femmes, et que les femmes. Et ça, ça va ruiner ma vie.
-Eh, Athéna, dis-je en me rapprochant d'elle, ne te mets pas dans cet état. Je suis sûr que ça ira bien, pourquoi ça ruinerait ta vie ?
-Déjà, ça veut dire que mon père ne pourra pas me marier avec une grande famille, quelle famille accepterait ce genre de personnes ? Et ensuite, mes parents vont me rejeter, c'est sûr. Et je ne pourrais même pas faire de carrière en politique, ce serait un suicide. Ou alors, il faut que je cache ma véritable nature, ce que j'essaie de faire depuis trois mois, et tu m'as déjà découverte.
-Moi, dis-je avec fermeté, je ne te laisserais pas tomber en tout cas. Je m'en fous de ce que disent les autres, pour moi il n'y a aucune différence entre Athéna hétérosexuelle et Athéna lesbienne. Oui, lesbienne ajoutais-je en voyant la mine choquée des deux filles, le premier pas pour assumer votre sexualité, ça serait d'assumer le vocabulaire. Bref, je ne vois pas de différences entre toi et Perséphone et je ne changerais pas mon comportement envers toi. Et je me battrais pour que les autres t'acceptent tels quels également, parce que cette manière de penser est... rétrograde et révoltante ! Les préjugés contre les homos, c'est le même genre de connerie que les préjugés contre les Issus de Moldus comme moi. Tu comprends ?
-Euh... oui, j'ai compris Laurent, dit-elle en souriant tristement, ça fait du bien de savoir que j'ai au moins un ami fidèle ici. Mais tu ne feras pas changer les choses...
-Peut-être pas tout seul. Mais avec les autres sorciers homos, et les autres Issus de Moldus, on va pouvoir faire quelque chose je t'assure. Allez venez toutes les deux, on retourne au château ? Je commence à avoir faim moi. Au fait Athéna, je voulais te féliciter pour ton match, t'as été géniale !
-Oh, euh... merci.
-Au fait, dit la belle inconnue, moi c'est Belladone, Belladone de Beaurivage, merci d'essayer de prendre notre défense.
-Y'a pas de quoi. Beaurivage, t'as un lien avec le Beaurivage qui jouait ce matin ?
-C'est mon cousin, oui. Mais on a jamais été très proches.
-Ah du coup tu supportais l'équipe d'Athéna tout à l'heure ?
-Mmm, pas vraiment, je parle rarement à mes cousins. D'autant que c'est une branche cadette, pas très importante. Bref, j'ai des gens plus importants à voir. Quoique, si ma famille apprend un jour ma tare, je serais déjà heureuse qu'une branche cadette accepte de me reparler à nouveau.
-Ce n'est pas une tare, dis-je en la regardant dans les yeux, c'est une inclinaison naturelle avec laquelle chacun peut naître. Chez les Moldus, ça fait belle lurette que l'on sait que c'est naturel et que l'on naît avec. Vous allez quand même pas être plus con que les Moldus, ajoutais-je d'un ton ironique.
-Apparemment si, souffla Athéna, après je t'accorde que l'opinion générale se décoince petit à petit. En tout cas, la loi ne condamne plus ce genre de choses, depuis six ans il me semble. Mais ce n'est pas pour ça que les plus vieilles familles l'ont accepté, notre sang est trop pur pour être souillé par ce genre de pratiques.
-Pratiques complètement stériles, donc pour souiller une lignée, ça va être coton. Ah, voilà Louis et Perséphone. Bon, comme j'ai dit je ne trahis pas votre secret si vous ne le voulez pas, c'est à vous de choisir ce que vous voulez leur dire.
-T'en pense quoi Belladone, demanda Athéna, on leur dit ? Au moins pour tester ? Ce sont mes meilleurs amis, s'il y a des gens qui peuvent m'accepter telle que je suis, c'est eux.
-De toute façon ma vie est foutue, sans vouloir t'offenser Laurent, si tu l'as découvert, quelqu'un finira par le découvrir un jour. Autant faire preuve de bravoure. »
Alors que nous discutions Louis et Perséphone s'approchèrent, un peu intrigués par la belle jeune fille qui se trouvait avec Athéna et moi. Enfin, Perséphone devait sûrement la connaître, avec toutes ces histoires de noblesse. Lorsque cette dernière se rapprocha, elle changea en effet d'expression, signe qu'elle avait reconnu la nouvelle venue. Elle regarda Athéna, puis Belladone avant de lâcher
« C'était donc vrai !
-Quoi donc ? demanda Athéna.
-Athéna ! Tu... tu es une gouine ?!
-Eh Perséphone, m'insurgeais-je, comment tu parle !
-Comment tu le sais, Pers, demanda son petit-ami, tu les a vu ?
-Oui, de loin, en cherchant Laurent. Au début j'avais cru mal voir, mais je suis sûr que c'est ça. Allez avoue.
-Oui, c'est vrai, dit Athéna penaude, je le sais depuis que je suis sorti avec Laurent. C'est pour ça que je suis sorti avec lui, d'ailleurs, pour tester. Je m'en doutais un peu avant.
-En attendant, moi je m'en vais ! Je n'ai aucune envie de traîner avec des aberrations dans votre genre. Tu viens Laurent ?
-Non, tu me déçois beaucoup Perséphone. Je me fous que Athéna soit lesbienne, elle est mon amie depuis cinq ans et ça ne changera pas. Fais ce que tu veux, je reste avec elle.
-Très bien, comme tu veux. Je pars. »
Louis sembla hésiter un peu. Puis il la suivit non sans ajouter à l'intention des deux filles qu'il n'avait rien contre elles, mais qu'il devait bien suivre sa petite-amie. Je me tournais ensuite vers les deux filles et proposai d'aller voir Victoire, puisque apparemment Louis et Perséphone ne voulaient pas de nous. Athéna accepta, et Belladone suivit, bien qu'elle ne connaissait pas l'anglaise. Victoire était près de la Chimère de Poudlard, mais elle nous fit un signe en me voyant et nous rejoignit. Elle accepta d'aller se baigner et nous allâmes donc vers la Plage des Sirènes, il faisait encore un peu froid, mais la mer était calme et l'eau avait atteint une température presque correcte. Et puis on pouvait toujours se lancer des sorts d'isolation thermique.
« Je dois avouer, dit la jeune anglaise, s'il y a bien un aspect de la France que je regrette en Angleterre, c'est votre système de brevet. Pouvoir faire de la magie chez soi avant sa majorité, c'est formidable.
-Bah, la France, c'est les meilleurs, dis-je en riant, tout le monde le sait.
-Cesse de faire ton chauvin, rit Athéna, les autres pays sont pas mal non plus.
-Va falloir plus qu'un pas mal pour me faire changer d'avis, dis-je sur le même ton. Mais c'est vrai que sur certains aspects, l'Angleterre peut être considérée comme un beau pays. Par contre, la gastronomie...
-C'est un français qui dit ça ! Vous mangez des escargots ! Des trucs tous baveux et gélatineux. Barbares !
-Mais c'est délicieux les escargots, dis-je en riant, il faut juste du persil pour cacher l'aspect et de l'ail pour cacher le goût. »
Elle rit, puis nous nous mîmes à l'eau. Nous avions décidé de nous changer sur la plage, aussi invoquais-je deux paravents de sable pour nous cacher pendant que nous nous changions. Nous nous mîmes ensuite à l'eau, elle était très fraîche, mais restait supportable. Et moi j'aimais bien cette sensation de fraîcheur. Je commençais par faire quelques brasses, pour me réchauffer, puis je plongeais la tête entière sous l'eau. J'eus un frisson, mi de froid, mi de plaisir. Moi qui n'étais pas très sportif j'avais acquis un vrai goût pour la natation depuis que j'étudiais à l'Académie. Je me lançai un sortilège de Têtenbulle avant de pousser mon exploration plus avant, dans d'autres mers j'aurais également dû lancer un sortilège de vision nocturne, mais la Méditerranée était si cristalline que je n'en avais pas besoin à moins de descendre à plusieurs dizaines de mètres en profondeur.
Je commençais mon exploration des fonds sous-marins qui commençaient à m'être bien connus par un salut aux sirènes qui donnaient des cours de chasse à leurs jeunes dans les eaux peu profondes de la crique. Je m'étais renseigné sur les sirènes de la Méditerranée, qu'on appelait sirènes phéniciennes par opposition aux sirènes grecques, des créatures mi-femmes mi-oiseaux qui peuplaient certaines îles de la Méditerranée. Les sirènes phéniciennes donc étaient classées par la France comme des Créatures Conscientes, car elles semblaient faire preuve d'une certaine intelligence, sans pour autant vouloir être considérées comme des Êtres.
Les Sirènes vivent jusqu'à soixante ans, elles deviennent adultes vers l'âge de dix ans. Ce sont des créatures piscivores, qui se servent d'outils pour chasser, comme les humains. Elles s'associent souvent aux dauphins, leurs animaux favoris. Elles peuvent aussi parfois charmer des créatures de passage avec leur voix pour les dévorer, oiseaux ou humains. Les femelles s'accouplent à la fin du printemps et donnent naissance au début de l'hiver à un seul petit, parfois deux. Elles les élèvent ensuite pendant cinq à six ans avant de s'accoupler à nouveau, laissant le jeune adolescent à la charge du groupe dans lequel elles vivent jusqu'à ses dix ans.
En l'occurrence, je voyais des jeunes de deux ans tout juste sevrés qui apprenaient à manier le harpon d'os qui était l'arme de prédilection des chasseurs sirènes. Leur instructeur, un vieux triton qui ne pouvait plus chasser à cause de l'arthrite qui lui paralysait la queue me salua pour me dire qu'il m'avait vu, mais me fit signe de déguerpir. Je tournais donc dans la direction opposée, à la recherche de coquillages, j'avais commencé une collection et je voulais l'enrichir. J'en profitais pour faire des recherches sur les espèces que je trouvais, afin de me faire un catalogue des espèces que l'on pouvait trouver en Mer Méditerranée.
J'étais en train de ramasser les débris d'un couteau particulièrement beau pour essayer de le réparer quand je crus voir un mouvement rapide vers ma gauche. Je tournais la tête, intrigué, il y avait peu de gros poissons dans la petite crique de la Plage des Sirènes, mis à part les sirènes. Je ne voyais d'abord que les trois filles qui se baignaient un peu plus loin, elles s'amusaient à faire un concours de plongeons du haut d'un rocher voisin. Grâce à mon sort, je voyais aussi bien au dessus de la surface qu'en dessous, je pus ainsi voir Athéna plonger avec un magnifique salto avant, pour rentrer dans l'eau sans une éclaboussure, elle frôla sa petite-amie qui remontait et toucha le fond avant de filer vers la surface à grands coups de pieds. Elle émergea la tête, respirant un grand coup puis repartit vers le rocher en crawl.
Victoire, seule sur le rocher, attendit que les deux françaises sortent de l'eau pour plonger, pour qu'elles puissent bien l'admirer. Elle cambra son corps fin et musculeux, s'élança et tourna sur elle-même trois fois avant de retomber dans l'eau, tête en avant, sans le moindre remous. Elle plongea sur cinq mètres lorsqu'une grosse forme sombre surgit de sous le rocher pour foncer vers elle. Elle ne semblait pas le remarquer, elle avait sans doute fermé les yeux pour ne pas les blesser dans l'eau. Je sortis alors ma baguette et envoyait un jet d'eau bouillante vers la forme, ce qui la déstabilisa.
Victoire atteignit le fond et ouvrit les yeux pour s'orienter. C'est alors qu'elle vit la créature, qui reprenait ses esprits, c'était un serpent de mer de trois mètres de long, il avait le long corps d'un ovidé, mais une de tête cauchemar, semblable à celle d'un dragon, grande ouverte, sa tête était surmontée de pics tandis que des larges crêtes s'étalaient sur les deux côtés de son dos. Victoire évita la première charge par miracle, puis chercha à regagner le rivage, mais le monstre était de toute évidence trop rapide. Je tentais de détourner son attention par des jets d'eau brûlante, mais il ne voulait pas lâcher la jeune anglaise.
C'est alors qu'un long harpon d'os se ficha dans le flanc de la créature. Le bois se détacha et vint flotter à la surface lorsque le monstre se débattit, tandis que la pointe barbelée restait solidement accrochée, s'enfonçant même plus profond avec les mouvements désordonnés de la chair de la créature. Je tournais la tête dans la direction d'où venait le tir et vit une demi-douzaine de sirènes et tritons, armés de harpons et de couteaux. Une jeune sirène lança un nouveau harpon qui fit encore mouche, transperçant la queue de part en part. L'eau se teintait de rouge tandis que le monstre se débattait.
Un jeune triton s'approcha rapidement de la créature, évita souplement un coup de mâchoire qui l'aurait décapité et plongea son couteau de pierre dans les ouïes de la créature. Un nuage de sang récompensa l'action, qui fut répétée dans les ouïes de l'autre côté. Cette fois-ci, même la gueule crachait des nuages de sang tandis que son propriétaire se débattait dans les affres de l'agonie. Je m'approchais prudemment puis voyant qu'il n'y avait plus de danger, je tentais de remercier nos sauveurs. Je ne sais pas ce qu'ils ont compris, mais ils m'ont paru satisfaits, ils ont simplement récupéré leurs armes, ne laissant que la pointe d'os trop profondément enfoncée dans la chair puis s'en furent.
Je traînais la créature sur le rivage pour l'examiner. Je fus accueilli par M Magnus et Mrs McGonagall, alertés par les deux autres sorcières. Cette dernière semblait furieuse, elle prit Victoire dans ses bras pour rassurer la pauvre jeune fille puis se tourna vers M Magnus qui semblait horrifié.
« Magnus, que signifie ceci ? Vous laissez des enfants se baigner alors que de tels monstres rôdent ? Je n'ai jamais vu une telle sottise, à Poudlard le lac n'est pas fréquentable, mais on ne laisse personne s'y baigner.
-Mais, mais... la mer est parfaitement sûre d'ordinaire, Minerva. L'eau est trop peu profonde pour que les prédateurs s'y sentent à l'aise, des barrières magiques et les sirènes veillent à décourager les autres. Je ne comprends pas.
-Eh bien ce que je comprends moi, c'est que la Championne de Poudlard a été attaquée ! Deux semaines avant la Deuxième Tâche. Ça ne peut pas être une coïncidence, est-ce que Beauxbâtons essaie de tricher ?
-Voyons Madame, intervint le Professeur Meyer, calmez-vous, on a vu la dernière fois que de telles accusations volaient qu'elles étaient tout à fait infondées.
-Ah très bien, persifla l'anglaise, je suppose que c'est à nouveau un évadé de votre Jardin Zoologique local. Est-ce que tous les parcs de la France sorcière sont des passoires, ou est-ce que Beauxbâtons attire les créatures dangereuses ?
-Mmmm, ce Dragon de Mer n'est absolument pas natif d'ici. C'est un Petit Gris de Guernesey, une espèce typique des îles anglo-normandes. Je en comprends pas ce qu'il fait là, c'est une espèce assez rare dont il n'existe plus qu'une réserve aux alentours de Guernesey. Ce jeune mâle a dû être déplacé par quelqu'un. Pour répondre à votre question, non ce n'est pas un évadé normalement, mais je peux vérifier, le Jardin a un couple de Petit-Gris. Mais il me semble que celui-là est sauvage, le spécimen du Jardin est plus vieux.
-Donc, dit le Professeur Magnus, vous concluez que ?
-Je dirais que quelqu'un a relâché cette bête dans l'eau. C'est bien une tentative de triche, ajouta-t-elle en faisant des passes avec sa baguette, il a été ensorcelé pour attaquer une personne en particulier. Il semble bien que quelqu'un ait tenté de s'en prendre à la Championne anglaise.
-Aha, s'écria McGonagall, je le savais ! Magnus, qu'avez vous à dire pour votre défense ?!
-Je ne pense pas que ce soit le Professeur Magnus, la coupa Mme Meyer, c'est particulièrement maladroit comme mise en scène. N'importe qui connaissant un minimum l'Académie saurait qu'un prédateur a une très faible espérance de vie dans ces eaux-là quand les sirènes sont là avec leurs petits. Je dirais qu'il faut plutôt chercher chez les écoles étrangères.
-Ah, peut-être, dit Mrs McGonagall, un peu calmée. Bien, dans ce cas je demande qu'une enquête officielle soit ouverte, et je déclare que Poudlard ne prendra part à aucun événement tant que cette affaire n'aura pas été résolue.
-Vous n'êtes pas sérieuse, dit le Professeur Magnus, la Deuxième Tâche est dans quinze jours!
-Alors tâchez de réussir à trouver les coupables avant, ou il faudra la repousser. En attendant, Miss Weasley sera étroitement surveillée par mes soins. »
Elle partit alors vers la chimère qui leur servait de dortoir tandis que le Professeur Magnus semblait abattu. Je m'esquivais rapidement en compagnie de mes deux amies à qui je proposais de rentrer au Pavillon pour se remettre de nos émotions. Nous n'avions pas parcouru la moitié du chemin qu'une tornade brune nous tomba dessus, il s'agissait de Perséphone qui se rua sur Athéna et la serra dans ses bras, comme pour s'assurer qu'elle était bien réelle.
« Euh, dis-je hésitant, Perséphone ça va ?
-Oui, très bien Laurent. Je suis désolée Athéna, pour ce que je t'ai dit tout à l'heure. C'était stupide, je m'en veux tellement !
-Et, demandais-je, tu as changé d'avis parce que ?
-Oh, je... ce n'est pas que j'ai changé d'avis à proprement parler, dit-elle un peu gênée, c'est surtout qu'on a appris que tu avais failli te faire bouffer par un monstre, et j'ai réalisé que notre amitié était plus importante que la personne que tu mets dans ton lit. Même si... bref !
-Ah, la raison te revient peu à peu, persiflais-je, c'est bien.
-Laurent, me morigéna Athéna, laisse la tranquille. Tu ne peux pas comprendre parce que tu n'as jamais été élevé comme nous avons été élevé, mais la réaction de Perséphone était tout à fait normale. Et je suis chanceuse, au moins elle n'a pas répandu la nouvelle dans toute l'école.
-Hem, dit l'intéressée l'air gênée, il se pourrait que j'en ai un peu parlé autour de moi. Et que ça soit tombée dans l'oreille de Camilla Alvara, que tu connais sûrement.
-Deuxième Chasse et considérée comme la pire colporteuse de ragots de l'Académie. Ouais, autant dire que demain ça aura fait le tour de l'école, c'est ça ? Bon, c'est pas grave, ça aurait fini par se savoir, je ne t'en veux pas Pers.
-Eh, intervint Louis, c'est moi qui l'appelle Pers. C'est mon surnom ! Pas touche !
-Pas de problème Roméo, dit Athéna en riant, je ne l'utiliserais plus promis. Bon, c'est pas tout, mais je vais vous laisser, j'ai une lettre à envoyer.
-Ah bon, m'étonnais-je, à qui ?
-A mon père, répondit-elle en grimaçant, maintenant que ce n'est plus qu'une question d'heures pour que l'école soit au courant de ma biza... de mon homosexualité, se reprit-elle en voyant mon regard noir, il faut bien que je le prévienne. D'autant que ma tante va sûrement lui dire dès qu'elle le saura.
-D'accord, répondis-je, je comprends. J'envoie Pluton dans ta chambre, ça fait longtemps qu'il n'a pas eu de mission postière.
-Merci, il faudrait que je pense à m'acheter un hibou un jour. Bon, j'y vais.
-Je vais faire pareil, dit Belladone, mes parents aussi ont leurs espions à Beauxbâtons. J'espère que le fait que ce soit une Blancbaston les convaincra de ne pas me déshériter.
-Eh ben, dis-je une fois que les deux jeunes filles furent parties, c'est pas la joie chez les aristos. Sans vouloir t'offenser Perséphone...
-Dis-toi que je suis légèrement plus ouverte d'esprit que mes parents. Et pourtant, tu as vu comment j'ai réagi devant Athéna... D'ailleurs, je n'arrive toujours pas à m'y faire, c'est juste... trop dégoûtant. Désolé Laurent, je sais que tu n'aimes pas que je dise ça, mais on ne rejette pas son éducation du jour au lendemain. Je vais prendre sur moi pour ne pas briser mon amitié avec Athéna, mais c'est tout.
-Je sais, je peux pas comprendre. Enfin si, je comprends les arguments, la société vous a formaté, vous ne pouvez pas échapper à l'endoctrinement. Bah, c'est pas grave, tu arrives à supporter deux lesbiennes malgré ton éducation, je devrais bien réussir à supporter l'homophobie latente de cette société, ajoutais-je en riant. Je vous laisse, j'ai un devoir à rédiger.
-Encore des potions, s'amusa Louis.
-Si seulement, soupirais-je, c'est de la Botanique. Trois pages sur les Tentacula vénéneuses pour le prochain cours. Je vais y passer mon après-midi. »
Je montais donc dans ma chambre pour entamer mon devoir de Botanique. Avant cela, j'envoyais comme prévu Pluton chez Athéna, pour qu'il se dégourdisse un peu les ailes. J'en profitais pour attacher une lettre à la patte de Minerve à la destination de mes parents. Avant de commencer ma Botanique j'appelais Claire et racontait tout ce qu'il s'était passé à ma petite-amie. Elle fut scandalisée par l'attitude des sorciers envers les homosexuels, et me reprocha de m'être encore fourré dans une situation dangereuse. Je sentais bien qu'elle ne m'en voulait pas vraiment, mais qu'elle était mortellement inquiète pour moi.
Le lendemain, au Dîner, le Professeur Magnus se leva et annonça que les coupables de l'incident avaient été attrapés, il s'agissait de deux élèves de Belrifugio qui avaient voulu déstabiliser les autres Champions. On ne pouvait pas les relier directement à leur Directeur ou au Champion, donc il n'y eût aucune sanction pour l'École, uniquement pour les deux jeunes gens qui furent renvoyés en Italie et punis là-bas. A la tête de Mrs McGonagall, le jugement ne la satisfaisait pas entièrement, mais elle ne pouvait pas empêcher Victoire de participer maintenant que les coupables avaient été arrêtés. Pour la majorité des élèves, il ne faisait aucun doute que les Italiens étaient des tricheurs et les élèves de Belrifugio se virent peu à peu exclus des groupes qu'ils essayaient de rejoindre. Je trouvais ça un peu triste, mais je n'appréciais pas l'Italie sorcière outre-mesure.
Et voilà ! J'espère que ça vous a plu. Le Chapitre 17 concernera la Deuxième Tâche (enfin ^^), mais il est encore à écrire entièrement. Je m'accroche!
Sinon, qu'est-ce que vous en avez pensé? Personnellement, je tenais à ce que Athéna soit lesbienne. Et j'espère que Laurent arrivera à parler avec les Sirènes. :p
Ouais ça peut paraître étrange comme formulation, mais j'écris beaucoup au jugé, je laisse mes personnages dicter ce qu'ils veulent faire. ^^
