Bonjour, bonsoir !
Voilà qu'arrive le second chapitre de la fic dédiée à mes chouchou ! J'ai mis un peu de temps à le finir et je ne suis toujours pas très convaincue du début, mais je ne pense pas faire mieux.
Pour les plus attentifs d'entre vous, vous aurez remarquer que la couverture a changée. C'est un superbe dessin de l'adorable, magnifique et talentueuse TheLardon qui m'a expressément autorisé à l'utiliser. Je me suis beaucoup inspirée de ses Manninddha dont elle m'a littéralement abreuvé, et en particulier celui-ci.
Voilà, j'espère que ce chapitre vous plaira, bonne lecture
Ps : on est encore en rating T
Il essayait. Il essayait vraiment. De ne pas y penser. De ne pas sourire niaisement derrière son masque. Mais force était de constater que jusqu'à présent, il était loin d'y parvenir. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir de quoi s'occuper, puisqu'il avait vainement tenté de se concentrer sur sa tâche. Mais peut-être que le fait d'avoir remis si souvent à plus tard sa réflexion faisait que ses pensées s'impatientaient dans sa tête et réclamaient maintenant son attention. Il avait soupiré, mais il avait aussi eu besoin de faire une pause dans sa traque de toute façon, et il n'attraperait aucune proie en ayant l'esprit ailleurs.
Alors il s'était assis sur le tronc d'un arbre tombé au sol, et avait retiré le verrou de la cage qui retenait ses réflexions. S'égaillant comme une nuée d'oiseaux piaillant, ses pensées avaient tourné dans sa tête, aucune ne prenant le pas sur l'autre, défilant à toute vitesse. Puis peu à peu le remouds crée par ses pensées s'était apaiser et il avait pu se concentrer sur une première. Un souvenir. Un instant où il s'était senti mortifié, mais qui maintenant le faisait sourire comme une adolescente.
Il s'agissait de cette soirée autour du feu. Celle où Mani l'avait embrassé. Et où il avait rendu avec ardeur ce baiser. Ces baisers. Cela ne datait que de l'avant-veille, mais cet instant l'avait tant remué qu'il avait tout simplement évité d'y penser vraiment depuis. L'elf avait semblé un peu triste de le voir garder ses distances, n'échangeant pas de nouveau baiser avec lui. Mais il avait semblé résigné à laisser l'archer le temps réclamé pour s'habituer. Mais s'habituer de quoi au juste ? Shin lui-même l'ignorait en un sens.
Ce n'était pas comme s'il y avait eu de changement fondamental dans sa relation avec Mani. Ce dernier avait toujours eu ce comportement provoquant et aguichant envers lui, depuis l'instant où ils s'étaient rencontrés. Et Shin de son côté n'avait pas senti arriver d'un coup cette tension entre eux, elle était là dans leur relation, comme si elle était normale.
Normale. Voilà ce qui le troublait. Shin n'était pas habitué à avoir des relations aussi profondes avec quelqu'un qu'il rencontrait à l'instant. Pourtant, le lien qui le liait à Mani lui semblait naturel, intrinsèque à ce rapport entre eux. Pouvait-on parler d'un coup de foudre alors ? Ce n'est pas une image qui convenait au rôdeur. Il n'avait pas ressenti de grandes secousses en voyant le botaniste pour la première fois, pas senti le sol se dérober sous lui ni le ciel s'effondrer sur lui. Non. Mani était là, et tout ce dont il pouvait être sûr, c'est qu'il l'aimait.
La respiration du demi-élémentaire se coupa un bref instant. C'était ça ! Il l'aimait. Il l'aimait et ça ne le choquait pas. Il l'aimait et appréciait cette idée. Il l'aimait et cela faisait partie de lui sans même qu'il ne comprenne pourquoi. Il l'aimait comme une évidence telle qu'il ne l'avait pas vu alors qu'elle était sous son nez. Il l'aimait. Il aimait Mani. Shin aimait Mani.
Il savoura un instant la révélation qui se faisait en lui. Il retint sa saveur. Il la fit danser silencieusement sur ses lèvres. Puis il laissa sa langue rejoindre la chorégraphie euphorique. Sa voix refusa de se mêler à ce bal, préférant les éclats de rire qui secouèrent son propriétaire peu après. Ce fut son souffle court et ses abdominaux douloureusement contractés qui eurent raison de sa crise. Il respira alors un grand coup avant de se lever, se disant qu'il était temps qu'il arrête de se voiler la face et qu'il reprenne sa chasse. Après tout, plus vite il capturerait du gibier, plus rapidement il serait rentré et plus vite il pourrait se confronter à celui qui l'attirait autant qu'il lui faisait peur.
À sa plus grande déception, Mani n'était toujours pas rentré de sa propre promenade quand Shin rejoignit la cabane qui servait de pied-à-terre à l'elf. Il resta à l'extérieur le temps de dépecer la petite biche qu'il avait eue au cours de son excursion. Il avait bien sûr déjà vidé plus loin les entrailles de la carcasse pour ne pas attirer les charognards près de l'habitation. Une fois toute la viande préparée pour être conservée, il entra dans la chaumière et entreprit de les entreposer. La demeure était vraiment petite, constitué d'une pièce principale et d'un recoin de stockage séparé par une légère tenture. La pièce de vie se composait d'une cheminée, d'une table étroite et de deux tabourets. Dans un coin, un matelas de paille se situait sous les volets fermés d'une fenêtre sans vitre.
Le rôdeur se rappelait parfaitement son arrivé la veille avec l'elf. Il était déjà tard. Mani avait rapidement allumé un feu avant de lui tendre leurs dernières provisions. Ils avaient mangé dans un agréable silence tendis que le maigre foyer dans l'âtre répandait une douce chaleur et commençait déjà à faiblir.
-Il faudra aller chasser demain si on veut avoir de quoi se nourrir, avait dit le botaniste en rompant la quiétude du moment.
-Je m'en occupe, avait répondu l'archer, c'est mon domaine.
-Ça marche, je m'occuperais de la cueillette alors, avait répliqué l'elf avec un clin d'œil entendu.
Le sourire un peu crispé que lui avait rendu Shin et les coups d'œil fréquent en direction de l'espace de la couchette avaient dû mettre la puce à l'oreille de l'hôte, car il avait semblé réaliser le problème.
-Ah oui, je ne t'avais pas prévenu qu'il n'y avait qu'un lit, avait-il répondu en faisant l'effort de sembler contrit. Désolé. Si tu veux, je peux dormir au sol à côté, avec un sac de couchage ça ira.
-Mais enfin Mani, avait répliqué le demi-élémentaire, je ne vais quand même pas te virer de ton propre lit.
-Hors de question que mon invité dorme par terre.
-Alors la question est réglée.
L'elf avait eu l'air d'abord déconcerté, puis la compréhension avait illuminé ses traits et il avait semblé tout a coup pressé de finir son repas. Ils avaient donc fini par s'allonger sur la couche tout juste assez large pour deux. Cela les amena à s'effleurer à chaque fois qu'ils bougeaient pour changer de position, mais au plus grand soulagement de l'archer. Mani n'avait pas poussé plus loin. Se contentant d'être à ses côtés pour dormir. Ils ne s'étaient même pas embrassés à nouveau depuis la première fois.
Enfin, alors que Shin commençait enfin à plonger dans le sommeil, ayant frissonné à chaque contact furtif, il avait senti tout à coup un bras l'enlacer et le plaquer contre une poitrine se soulevant doucement. Un souffle régulier s'était mis à frôler sa nuque en une douce caresse. La force des battements de son cœur n'avaient eu d'égal que le tremblement de ses mains. Il n'avait osé bouger, à nouveau totalement éveillé. Puis se reprenant un peu, il avait tenté de retirer le membre qui l'entourait, mais à peine avait-il commencé à remuer que l'étreinte sur son torse s'était affermie. Il avait alors pesté tout en souriant. Puis quitte à servir de peluche, il s'était dit qu'il pourrait se servir de l'autre comme coussin, tâtonnant un peu avant de réussir à attraper son autre bras et à le passer sous sa tête.
Le lendemain, il s'était éveillé parfaitement reposé, et beaucoup plus détendus qu'il n'en avait l'habitude. Perturbé de ces nouvelles constatations, il avait à peine pris la peine de saluer l'elf en partant, fuyant visiblement sa présence.
La porte de la chaumière qui s'ouvrit ramena Shin dans le présent. Décidément, il rêvassait beaucoup ces derniers temps. Mani passa la porte et lui sourit, légèrement, l'air un peu hésitant.
-Salut, dit-il, tu es déjà rentré ?
Shin acquiesça en lui rendant son salut.
-Tu as trouvé ce que tu voulais ? Demanda l'archer.
-Presque tout, il me manque quelques plantes, mais j'ai les légumes sauvages.
Il posa alors son sac contenant ses trouvailles sur la table et entreprit de les préparer à être entreposés, aidé de Shin qui mit naturellement la main à la pâte.
-Et toi, demanda Mani comment s'est passée ta chasse ?
-Bien, répondit le chasseur, j'ai eu une petite biche. Avec tes légumes, on devrait tenir quelques jours.
Ils continuèrent leurs préparations dans le silence. Shin s'étonna d'être aussi détendu, mais après tout, maintenant qu'il savait exactement ce qu'il ressentait et qu'il n'hésitait plus il n'y avait plus de raison de se sentir mal à l'aise. Bien sûr, il avait senti son cœur s'emballer dès que Mani avait surgi dans son champ de vision, mais contrairement aux derniers jours, il ne s'en inquiétait plus, savourant simplement la sensation d'être à nouveau amoureux.
Cela faisait longtemps que cela ne lui était plus arrivé. À courir sans arrêt les routes, passant d'aventures en aventures et d'histoires sans lendemain à d'autre, il n'avait pas eu le temps de s'attacher à qui que ce soit d'autre que ses compagnons d'infortune. Ressentir à nouveau de tel sentiment lui rendait la part d'humanité qu'il avait craint de perdre aux cours de leurs difficiles dernières péripéties. Il lui semblait que l'elf avait su fêler la glace qui avait gelé son cœur.
Mani rassembla alors leurs préparations et se dirigea vers le coin de stockage. Il passa ainsi devant Shin qui ne le quitta pas des yeux. Et tendis qu'il lui tournait le dos, l'archer se rapprocha de lui, son masque définitivement oublié sur la table. Il se trouvait à moins d'un pas du botaniste quand celui-ci se retourna. Il vit la surprise dans le regard de l'elf. Il lui laissa une seconde pour se reprendre, mais pas plus. Maintenant qu'il était décidé à se jeter à l'eau, il ne voulait pas attendre plus et risquer de se dégonfler.
Shin prit le visage de Mani à deux mains et l'approcha du sien. Il posa ses lèvres sur celle entrouverte de surprise de l'elf. Aussitôt, toutes les sensations déjà ressenties lors de leur précédent baiser l'assaillirent. Il lui semblait qu'une formidable énergie partait de ses mains et sa tête et le parcourait dans tous les sens. Ils n'avaient pas encore commencé à s'embrasser à proprement parler et il bouillonnait littéralement de l'intérieur. Il se mit alors à bouger ses lèvres, le botaniste semblant le suivre uniquement par réflexe.
Shin sentit alors un étrange mouvement au bout de ses doigts. Il se sépara alors de Mani qui avait toujours les yeux ouverts. Ne les avait-il pas fermés sous la surprise ? Et en parlant de surprise, Shin l'était également, mais peu sûr de ce qu'il avait senti, il voulut vérifier. Il attira à nouveau Mani à lui, l'embrassant sans hésitation cette fois. L'elf se reprit également et posa ses mains dans son dos pour l'amener plus près de lui. Mais Shin rompit le baiser rapidement, ayant eu la confirmation qu'il cherchait.
Il se mit à regarder Mani en souriant malicieusement, et ce dernier ne savait plus où se mettre, un peu perdu. Pour une fois, les rôles s'échangeaient.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda l'elf, hésitant.
-Tes oreilles bougent quand on s'embrasse.
-Oh !
Le rouge colora alors les joues et le bout des dites oreilles pointues. Il lâcha un léger rire embarrassé et passa une main sur le haut de son crâne, ébouriffant un peu plus ses cheveux non tressés. Il adressa à l'archer un demi-sourire, l'air un peu gêné. Un air qui finit de rompre la glace entourant le cœur battant du demi-élémentaire.
-C'est que … tu me trouble un peu.
-Moi ? Bégaya le demi-élémentaire.
-Oui toi, répliqua l'elf en l'enlaçant à nouveau.
Se questionnant sur le sens de la déclaration du botaniste, Shin posa sa tête contre le cou de son désormais amant. Il entoura ses épaules de ses bras, tandis que les mains de Mani remontaient le long de son dos avec une douceur qui lui coupa la respiration. Inspirant par à-coup, il sentit l'une de ces mains se stopper au milieu de son dos, le maintenant tendrement, mais fermement tout contre lui. La seconde continua sa lente montée le long de sa colonne, frôlant sa nuque et finissant sur son bandeau qui tenait ses cheveux en place.
Il batailla un moment, mais fini par réussir à lui retirer ce bout de tissu qui semblait le gêner. La même opération se répéta avec le lacet de cuir qui tenait sa queue-de-cheval. Shin, loin de vouloir l'aider, s'amusa de ses difficultés et profita du temps que cela lui offrait pour s'enivrer de l'odeur de l'elf qu'il inspirait directement à la source, le nez collé à la peau fine de son cou. Finalement, ses mèches noires furent enfin libres. Il sentit les longs doigts fins de Mani passer entre elle et il ne pût retenir le soupir de bien être que ce geste fit naitre.
Combien de temps passèrent-ils ainsi ? Ils n'en avaient aucune idée. Tout ce qu'ils auraient pu dire, c'est qu'ils n'avaient aucune envie de se séparer. Shin se détacha malgré tout au bout d'un long moment de l'épaule de son amant. Ils se fixèrent sans rien dire durant une autre poignée de secondes interminables. Qu'auraient-ils pu dire de toute façon que leurs yeux n'exprimaient pas ? Les lèvres se rapprochèrent alors inexorablement, comme incapable de se retrouver si proches sans se toucher.
Et à nouveau Shin eu l'impression de quitter son corps, de ne pas vraiment vivre l'instant. Et paradoxalement, il ressentait de façon décuplée tout ce que ses sens lui envoyaient. Le goût des lèvres et de la langue de son amant. La sensation rugueuse et inhabituelle mais loin de le déranger du bouc de l'elf. Ses mains, l'une dans son dos, l'autre dans ses cheveux. Et ces vêtements qui les séparaient encore si injustement.
Cette dernière constatation sembla allumer une flamme en lui. Le baiser jusque-là lent et doux devint plus passionné, plus féroce. Ses propres mains se mirent à parcourir le torse de son amant par-dessus ses habits, tirant ceux-ci pour qu'ils acceptent de dévoiler un peu plus de peau. Gagné par la même fièvre, Mani se mit a mordiller la bouche de l'archer et ses mains descendirent jusqu'à ses reins avant de saisir ses hanches et de les attirer vers les siennes.
Haletants, ils se mirent à se mouvoir, toujours enlacé, vers le lit. Ils ne savaient plus qui avait initié le mouvement et à vrai dire, ils s'en moquaient. Tout ce qui comptait était ce désir soudain qui les embrasait.
Qui veux voir le lemon qui va suivre ?
