Bonne fin de journée à tous, en espérant que ça l'a été.
Voici la deuxième, dernière partie de l'os, plus longue que la première. J'espère de mon côté qu'elle plaira.
Bonne soirée et merci à ceux qui ont suivi, encore.
Les premiers à vivre, si, ce vœu réalisé, sont Rigsby et Van Pelt, souhait plus simple à matérialisé.
En ce réveillon du 24 décembre, ils se retrouvent réunis par grande surprise, ahurissement, heureux néanmoins par la suite mais complètement perdus par rapport à cet événement produit, complètement surnaturel. Costume, élégant, non guindé, un chic décontracte, un peu du même style que la tenue portée lors de son intervention dans ce lycée qui célébrait le rassemblement d'anciens élèves, promo 95, pour les besoins d'une enquête, débusquer le coupable, en se faisant passer pour un ex-étudiant humilié, prénommé Derek Logan. Quant à Grace, une robe bleu nuit chinoise, sa chevelure de feu tressée, remontée en chignon, raie coiffée, deux fins serre-têtes, double de couleur noir, finalisant la coiffure gracieuse, placés bien sûr sur le sommet du crâne. Maquillage léger, yeux soulignés par un fin trait noir, rouge à lèvres grenade transparent, un éclat esthétique qui la rend plus belle qu'elle ne l'est déjà au regard émerveillé de Wayne, de la voir ainsi et surtout face à lui magiquement. Tous deux se fixent, s'interrogeant toutefois à propos de leur présence ici, lieu pourtant familier, n'étant autre que l'appartement de Van Pelt. La pensée commune d'être ensemble de n'importe quelle manière, a été peaufinée, travaillée, nature vague de ce désir, décor dressé, habits également, thème de noël mis en avant sur scène, le bon génie se servant de cette opportunité. Chacun exécute néanmoins, alors, un pas vers l'autre, ne sachant réellement comment agir.
-A ton avis ? Qu'est-ce qu'on fait là ? Qu'est-ce que ça veut dire ? questionne Rigsby, sourire qui souligne cependant sa joie, l'étirement de celui-ci modéré par gêne.
Le souhait rappelle à son esprit son bon souvenir, non occulté toutefois, ne le réalisant cependant, dû aussi à son vœu souhaité d'une manière imprécise. Alors se retrouver en présence de son amour secret malgré qu'il soit deviné par ses amis de collègues, s'avère troublant ainsi qu'un tantinet intimidant. Vu parfois sa gaucherie…
Avec une douce largesse de bouche, yeux fixés, Van Pelt y répond et avec surprise, tout en regardant autour par la suite, décontenance agréablement Wayne.
-J'en ai aucune idée. Mais ce n'est peut-être pas pour rien qu'on est ici. s'exprimant avec une pointe d'innocence, sincèrement. Autant profiter de ce qui nous est offert.
A ces mots, par magie, telle une formule, une lumière blanche puis dorée inonde le salon, où peu après, l'éclat lumineux retiré, une table dressée pour deux, chandelles, lumière, là, qui s'est subitement tamisée, apparaît sous l'ébahissement de leurs yeux, ambiance romantique intégrée évidemment pour les circonstances. Nappe rouge, couverts, assiettes, verres dignes d'une qualité, d'un style quatre étoiles. La féérie à domicile ! Ils s'avancent alors en direction de la table, main de Wayne prise par Grace, regard tendre échangé, l'expression de chacun, souriante d'une façon nettement plus expressive, s'asseyant ensuite, Rigsby n'oubliant de son côté, de faire preuve de galanterie en se précipitant pour pousser la chaise de sa belle, dont celle-ci le remercie, sensible à cet égard, sourire conservé. Une fois tous deux installés confortablement sur des chaises au dossier couleur or, siège rembourré, velours rouge, deux flûtes à champagne déjà mises à leur disposition, remplies, ce qui fait écarquiller leur regard ravis, prennent la leur respective, trinquant à ce repas exceptionnel, les yeux de Wayne amoureux plus que jamais, sentiment réciproque, quoique plus retenu par tempérament, de la part des pupilles qui étincellent toutefois, de Van Pelt.
-A cette soirée. Qu'elle puisse durer toute la nuit.
La déclaration de Rigsby fait acquiescer sa sirène aux cheveux de braise, répétant la dernière partie avant que leur flûte ne tinte, une soirée s'annonçant sous les plus enchanteurs auspices. Après avoir bu quelques gorgées, de la musique se met à jouer soudainement, encore par magie, occasion bien sûr saisie que Wayne a, pour inviter Grace à danser, main tendue vers la sienne.
-Tu danses ?
-Avec grand plaisir.
Ils s'avancent cette fois-ci au milieu de la pièce, son bras droit enlace la taille de sa sirène, main de la ravissante bleu, posée au milieu du dos de Rigsby, doigts entrelacés de leur autre main respective, dansant, l'étreinte se resserrant un peu plus tard. La tête de Van Pelt se pose ensuite près de l'épaule de son partenaire, ferme les yeux, se laissant aller à cette danse, celui-ci suivant également, paupières closes, devinant le souhait commun de l'un de l'autre. Leur silence est éloquent. Premier vœu exaucé complètement ! Certainement, croient-ils que ce n'est qu'un rêve. Tous sans doute ?
Cho assis quant à lui dans son lit en train de lire, véritable dévoreur passionné de livres, plus littéraire dans l'âme, dos, tête appuyés contre le mur, absorbé par sa lecture, son attention se détourne vers le réveil durant un quart de seconde, celui-ci indiquant 1h38 du matin. Son regard se reporte à nouveau sur la page, constatant que son activité cérébrale favorite en terme de loisir, compte maintenant une heure trente dont la mise au lit fut tôt. Tout le monde ne réveillonne pas forcément. Rester tranquille, au calme est davantage son péché mignon d'autant plus quand on côtoie la criminalité, la vision de cette horreur. La lecture, son remède pour la sérénité, aussi, de son mental, après son instruction plus que robuste. Il s'accorde encore dix minutes, non fête tous les jours puis une fois ces dix minutes écoulées, Cho éteint la lampe de chevet, bouquin posé dessus antérieurement, se glisse dans le lit, tourné sur le côté droit et ferme les yeux.
Le lendemain, en fin de matinée, se rendant chez ses parents pour noël comme prévu, une différence très nette, flagrante va se présenter dès son arrivée sous son étonnement.
Les rapports entre lui et ses parents sont devenus distants lorsque l'agent a rejoint sa période de rébellion en intégrant une bande prénommée les Avon Park Playboys, volant à l'âge de 14 ans une voiture dans un quartier peu recommandable, le racontant à Jane lorsque celui-ci l'accompagna afin que Kimball aille reprendre contact avec une de ses anciennes mauvaises relations suite au meurtre de son meilleur ami, David Seung. Surnommé Ice Man par le gang, plus ou moins moqué par le mentaliste, solide soutien lors de cette enquête, après avoir tiré sur le leader de cette bande, KS, Cho s'enrôlait quinze jours plus tard dans les forces spéciales. Remonté dans l'estime de ses parents, malgré cette sorte de rédemption entreprise, n'est toujours pas devenu action aisée. Poignée de main du père, étreinte furtive de la part de sa mère, l'amour toutefois porté envers leur fils, ce petit ressentiment s'avère encore présent vis-à-vis de son passé de délinquant, ayant été profondément déçus, considérant ceux-ci comme un affront, acte offensant. Une explication ouverte à ce propos n'a jamais trop été franchie, pouvant comprendre d'où provient la constitution génétique, celle parentale bien sûr. Cependant, quand Cho pénètre dans le foyer, celui-ci est accueilli plus chaleureusement que d'habitude, attitude qui le stupéfait intérieurement, exprimant néanmoins un léger écarquillement du regard, enlacé dans les bras de son père puis de sa mère. Changer aussi vite ? Plus qu'improbable.
-Nous sommes contents que tu sois là.
La mère acquiesce, le sourire maternel qui souligne sa bouche avec douceur, yeux bienveillants avant que son père ne lui demande si tout va bien dans son travail, étonnant encore plus Kimball qui répond par un oui direct tout en s'interrogeant sur cette marque d'attention plus affectueuse que la normale. Les parents s'inquiètent toujours lorsque leur progéniture professe ce type de boulot dangereux. Un geste d'amour ensuite, caresse son front, dirigé par sa maman, les parents guidant leur fils juste après, jusqu'au salon où tous s'assoient, ne tardant pas à être aux petits soins. Cho en vient à cet instant à se souvenir ce qu'il avait répondu à Jane lorsque celui-ci lui avait demandé quel genre de vœu il ferait. Il semblerait bien qu'un phénomène inexpliqué, là, se soit apparemment produit malgré le grand scepticisme de l'agent. Impossible que ce souhait, même lancé sincèrement mais comme ça, se soit réellement exaucé !? Pourtant, le comportement de ses parents est une preuve assez probante.
-Tu veux que je remplisse un peu plus ton verre, Kimball ? propose son père, Cho déclinant l'offre, buvant peu.
Ils le savent bien.
-Non, merci.
-Un autre œuf de caille frit ? propose à son tour sa mère, voix hospitalière.
-Euh ? Oui, pourquoi pas.
Cette spécialité coréenne pour l'apéritif est resservie, celle-ci dégustée lentement, le fils chouchouté, s'interrogeant davantage.
-Comment tu les trouves ? Ils sont réussis, non ?
-C'est très bon maman. Tu les as très bien réussi, oui.
-Tant mieux.
Tout en mangeant, Cho regarde ses parents, se demandant si finalement, peut-être…. Les connaissant, non et non. Le qualificatif serait Bizarre.
Plus tard, une fois à table, son père assit au bout de la belle table garnie, Kimball à la gauche, sa mère assise face à lui, une troisième proposition, non alimentaire cette fois-ci, est offerte, estomaquant l'agent. Le miracle de noël ?! Ou plutôt le vœu réalisé. L'explication tant souhaitée est enfin abordée. A ce moment précis, la fourchette de l'ex-plaboy est reposée, regarde ses parents, leur donnant, par respect, la parole, son père ouvrant la discussion par la suite.
-Je t'écoute, papa.
-Kimball, tu as commis cette erreur en rejoignant ces voyous, volant cette voiture, commettant ces délits. Moi et ta mère, nous nous sommes inquiétés pour ce qui t'attendrait, ce que tu pourrais devenir. Nous ne voyions que de la noirceur dans ton avenir. Quand tu t'es engagé dans les forces spéciales, nous étions à moitié rassurés mais on s'imaginait le pire quand tu faisais partie de ce gang.
-Je sais, papa.
-Nous avons été très blessés de ce mauvais chemin que tu prenais. relaye sa mère, exprimant sa profonde pensée.
Cho acquiesce, l'ayant bien deviné, ressenti au moment des faits, la laissant poursuivre.
-Ce que ton père et moi voulons te dire est que nous en avons souffert et t'en avons tenu rigueur.
-Je sais bien. Et sachez que j'en suis désolé. Tellement.
-Nous le savons. reprend son père. Tu as su cependant prendre un chemin sensé pour t'éloigner de tout ça. Et ce que tu es devenu après, nous… Nous en sommes fiers, Kimball.
La pudeur, sincérité du père transparaît visiblement sur son visage, fixant ensuite son fils dont le regard de chacun, réciproquement, transmet sensiblement tout l'amour, l'estime, l'admiration éprouvés, enfin envers l'agent, celui-ci touché, pupilles scintillantes d'émotion. Sa mère pose à cette seconde sa main sur la sienne, les yeux de Cho s'orientent en cette direction, la resserrant par la suite au creux de sa main.
-Je n'ai jamais voulu vous décevoir, vous blesser. Je regrette ce que j'ai fait et de vous avoir rendu triste. C'était stupide. Je n'ai pas été un exemple en tant que fils. Vous méritiez mieux.
-Kimball. Malgré ce que tu as fait quand tu n'étais qu'un adolescent, jamais nous avons pensé, ta mère et moi, que nous aurions mérité mieux comme fils. Nous ne t'avons jamais renié dans notre cœur. Nous avons juste été peinés de te voir tourner de cette façon, mais à présent, regarde ce que tu es devenu. Un agent du C.B.I. Un brillant agent qui sert la loi.
La bouche de Cho s'étire fugitivement à l'écoute de ces paroles paternelles, celles-ci si réconfortantes, réchauffant son âme. Il n'aurait jamais imaginé que cet échange se produirait. Le regard de ses parents s'attarde, celui-ci empli d'amour, de fierté. Un tableau familial plus qu'inhabituel dont chacun ne s'en plaint pas. Seul Zoltar a le secret de ce retournement miraculeux. Le repas se déroule sous des paroles ouvertes, des sourires semblables tout en se passant les plats, le plus important ayant été extériorisé en crevant l'abcès des non –dits.
Du côté de chez Lisbon, les jours de fêtes de noël s'annoncent toujours en solitaire, ne se réunissant pas avec ses frères, depuis de nombreuses années. Ces rapports quant à eux s'avèrent souvent conflictuels, distants malgré l'amour éprouvé réciproquement. Cœur cabossé depuis que la famille a perdu le pilier maternel, suivi du pilier paternel malgré la violence souvent amnésique de celui-ci dirigée due à la consommation d'alcool. Preuve lorsqu'il avait envoyé l'un des frères de Teresa à l'hôpital, ne s'en souvenant même pas. S'éloigner de ce climat de chaos nauséabond fut bénéfique, salutaire pour l'agent, en quittant Chicago. Ce qu'elle est devenue, ses frères en sont quand même fiers et ses parents l'auraient été également, en particulier sa mère, s'inquiétant pour sa fille néanmoins. Force de caractère acquise au fil du temps. On ne peut qu'admirer, oui.
En ce soir présent, assise sur son canapé, revisitant un album de photos familiales, jambes pliées sur la gauche, la bouche de Lisbon s'étire légèrement en regardant une de sa maman, justement, celle-ci tenant sa petite fille de six ans par la main, dans le jardin, sous un soleil printanier. A cet âge, on ne pense jamais, bien sûr, à ce qui pourrait se passer comme événement terrible, grâce à l'innocence, la pureté mentale de l'enfance, ce qui protège l'esprit. Six années plus tard, pourtant, la fillette grandit vite suite au décès tragique de sa mère, causé par un chauffard soul. La maturité ne peut qu'alors l'emporter au lieu de vivre une préadolescence joyeuse, insouciante, sans songer au drame qui percute, bouleverse une vie. Cela forge le caractère, fait évoluer précocement, privant une gamine d'un début d'existence paisible, à l'âme sereine. Une petite bonne femme rapidement responsable, devant s'occuper de ses jeunes frères et bien. Lui soustraire cette brève partie de bonheur fut injuste. Pourquoi elle ?
Le bout de ses doigts caresse à cet instant présent la photographie, le sourire doux, regard empli de tendresse, de mélancolie, tristesse, ayant pour paroles silencieuses; Si tu pouvais être là, maman. Ses yeux parcourent ensuite quelques photos supplémentaires durant des minutes, lui procurant beaucoup de bien-être, anesthésiant la peine. Ses lèvres sourient de moments précieux, heureux. Si elle pouvait être présente….
Plus tard, Lisbon referme l'album, le pose sur la table basse puis prend son verre de scotch, versé précédemment, avec plus de raisonnable, le porte à sa bouche, en buvant deux gorgées avant de le reposer à son tour, pensive. Si sa mère serait toujours vivante, tout serait différent. Certainement que noël ne lui serait pas tant indifférent, le vivant autrement. Le quotidien personnel reste assez fragile comme ça. Comme Cho, en cette veille, retour à ce 24, l'agent chef monte se coucher tôt, se réveille en milieu de nuit toutefois, se retrouvant déphasée par la suite, l'esprit complètement renversé.
Son grand tee-shirt de nuit sur lequel est inscrit Lisbon, disparu, chemise écru, boutons en nacre, dont les deux premiers ouverts, empiècement volanté devant, empiècement dos avec pli, en viscose, qui le remplace. Puis pantalon en coton élasthanne de couleur vert bouteille, chemise rentrée dedans, l'ensemble complété par des bottines marron. L'agent senior détaille, ahurie, sa tenue de jour, avant de réaliser qu'elle se trouve face à la porte d'entrée de l'ancienne maison familiale, provoquant presque des yeux exorbités, regardant autour, derrière.
-Mais qu'est-ce que je fais là ? se murmure-t-elle.
La porte s'ouvre peu après, se retournant à cette seconde à l'écoute d'une voix féminine plus que reconnaissable, qui l'a stupéfait, le regard ébranlé, paroles temporairement paralysée pendant quelques minimes secondes, lorsque Teresa fait face à cette femme. Cheveux milieu épaules, brun comme l'invitée surprise, sourire similaire, accueillant, yeux à peu près de même teinte, teint clair également, habillée d'une robe vert bouteille aussi, longueur sous le genou, empiècement sur le devant avec broderie, manches longues, taille dessinée par une ceinture très fine, assortie, avec pompons. L'esthétique s'y prête pour l'occasion. Les lèvres de Lisbon exécutent une esquisse réservée en guise de sourire, pupilles scintillantes, toujours, d'une flagrante émotion à la vue réaliste de sa mère dont celle-ci ne perd pas de temps pour étreindre sa fille, qui se laisse évidemment faire, aller à cet enlacement chaleureusement maternel.
-Comment va mon agent du C.B.I ?
Etreinte desserrée, sa maman la détaille, à son tour, ne cessant de sourire tandis que son agent préféré affiche un air hébété à présent, émotions diverses en train de se bousculer, ne sachant quoi répondre, remarquant tout de même que la chaîne n'est plus autour de son cou mais celui de sa mère.
-Tu es ravissante. Et la question ne se pose même pas. Il n'y a pas à dire, ton travail t'épanouit. Je ne vais pas te rappeler qu'une mère s'inquiète toujours pour son enfant.
Lisbon avait bien deviné que sa mère dirait ça en temps normal. Mots d'une maman parfaitement pensés avec anticipation.
-Euh !... Non, c'est sûr.
Sa mère fronce légèrement les sourcils, l'expression un tantinet interrogative vis-à-vis de l'attitude un peu déroutée de sa fille chérie.
-Teresa. Tu te sens bien ?
Elle respire alors profondément pour tenter de mieux s'adapter à cette scène dans laquelle on l'a téléporté brutalement, parvenant à répondre cette fois-ci d'une manière moins absente malgré sa sensation de désorientation totale, les yeux encore brillants de ce vif ébranlement, la joie se mélangeant toutefois.
-Oui. Oui, je crois que ça va. et rajoute sincèrement, rassurant sa mère. Bien même.
Lisbon prend l'initiative à ce moment d'étreindre sa maman, voulant profiter de ce cadeau magique, surréaliste, pour sentir sa présence vivante.
-Je suis heureuse.
-Oh ! Moi aussi. Avec ton travail, la distance, c'est rare quand tu viens.
-Je le regrette.
L'étreinte se relâche, les deux femmes de même sang se regardent, sourire aux lèvres, davantage sur celles de Teresa, comblée, plus à l'aise subitement dû à ce resserrement pleine de tendresse. Le bras s'enroule autour du cou de son agent chef du bureau californien favoris, rentrant dans la maison où rien n'a changé. Son regard s'ébahit soudainement par les bons souvenirs qui abritent le foyer pendant que son arrivée est annoncée gaiement par sa mère.
-Teresa est là !
Des cris de bonheur sont à cet instant entendus par la sœur aînée qui est embrassée, à nouveau étreignée par ses frères cadets, heureux également de la voir.
-Teresa !
-Eh, eh ! mise en garde exprimée sans autorité, ton enjouée, sourire agrandi. Pas tous à la fois. Attention, j'ai des menottes.
Ses frères le prennent bien sûr à la rigolade, libérant quand même leur grande sœur, le père les relayant ensuite en tendant ses bras ce qui surprend Lisbon, ayant été habituée à la distance, violence de celui-ci après le décès de leur mère. Il s'avance vers sa fille, l'enlace, Teresa se laissant faire, sur le qui-vive néanmoins. Ces mauvais souvenirs, là, restent gravés en mémoire.
-Je suis content que tu sois venu. Ton travail se passe bien ? Avec tout ce fil à retordre avec les criminels.
L'étreinte paternelle se relâche ensuite, à son tour aussi, son aînée décelant, après avoir relevé la tête, dans le regard de son père, que celui-ci est éloquent de fierté par rapport au grade que sa fille a obtenu.
-Avec l'équipe que j'ai, on s'en sort plutôt bien.
-Modeste avec ça !
Un frottement de la main sur le tissu de la chemise, un geste indiquant la pudeur, reconnaissant bien, par contre, le comportement gestuel de son papa. Ça, ça a été conservé fidèlement !
-Et, euh ? … Ton consultant… Jane. prénom qui revient en mémoire de Tommy. Il vous en fait voir de toutes les couleurs ?
Lisbon n'a pas vraiment le souvenir de s'être confiée auprès de ses frères à propos des pitreries comportementales à risque du mentaliste, de cette manière. Mais vu la situation surnaturelle, tout est différent même si ça la déconcerte un peu.
-Euh ?! Ça peut aller. On attrape plus de méchants de cette façon.
-Ça, je te crois ! Vous devez pas mourir d'ennui en tout cas !
-Non. Ça, on n'a pas le temps. Ça fait passer les journées plus vite. en plaisantant bien sûr, le sourire en coin sans trop épiloguer à propos de la vraie vérité. Ce serait trop long et le temps actuel est compté.
-Teresa. Un verre de champagne ? lui propose sa mère ensuite.
-Oui. Avec plaisir.
-Les garçons. Vous pouvez apporter les amuse-gueules, s'il vous plaît ?
-On y va ! répondant en chœur, se décollant entre le fauteuil, canapé avec précipitation, la bonne volonté fougueuse.
De les voir si serviables, amuse Lisbon, appréciant qu'ils apportent leur aide. Ça change également. L'apéritif se déroule sans heurt, bon vivant, les frères la taquinant, chahutant, échanges qui s'effectuent dans la bonne humeur. Suis-je dans la bonne maison ? Quel bonheur ! Plus tard, à table, étant chrétiens, leur mère demande à Teresa de dire le bénédicité, acceptant volontiers.
-Bénissez Seigneur la table si bien parée, emplissez aussi nos âmes si affamées, et donnez à tous nos frères de quoi manger.
Ce qu'elle décide de réciter fait sourire ses frères par rapport dont se termine la prière.
-Amen.
-Amen ! le reste de la famille répétant en chœur, de nouveau.
Tous les bons petits plats de noël installés sur la table habillée d'une nappe bordeaux, dinde par la suite, un peu plus tard, découpée par le chef de famille. Une fois fait, l'un des frères, James, lève son verre rempli de verre rouge, dans l'intention de porter un toast, se met debout, encouragé par tous.
-Je veux simplement dire que ce noël est un des plus géniaux puisque nous sommes tous réunis cette année et toi, Teresa, présente, c'est vraiment super de t'avoir parmi nous aujourd'hui. Pas de disputes, ni de rancunes, un noël comme j'en rêvais. Pour augmenter les chances que le repas se passe plus que bien, plaisantant aussi, ce qui fait sourire les membres, je fais une prière aussi, un souhait. Qu'on ne s'envoie pas les verres au visage. Voilà.
-Très belle prière, James.
Leur père réagit avec légèreté, inhabituel également, amusé par les paroles originales, attitude désinvolte qui n'auraient pas été tolérées en temps encore normal. Un 25 décembre magique, que Lisbon assimile en ce début de repas.
Tous se lèvent ensuite pour se joindre cependant au toast non traditionnel, verre de chacun en l'air, répétant ces paroles non banales. L'humeur est à la fête.
-Que le repas se passe plus que bien sans s'envoyer les verres au visage ! le large sourire mutuel en prime.
Les membres se rassoient peu après, Teresa assise près de sa mère, prend de nouveau l'initiative de serrer sa main, le regard empli de gratitude, d'émotion heureuse, là, partagés avec sa maman.
-On dirait que tu ne m'as pas vu depuis des lustres.
-C'est vrai. Je suis si heureuse à ce moment.
-Mais moi aussi. Joyeux noël ma chérie.
-Joyeux noël, maman. le regard étincelant de joie, d'émotion.
Zoltar a une nouvelle fois rempli plus que convenablement sa mission d'un quatrième vœu exaucé avec générosité, laissant Lisbon en profiter au maximum, en accordant le dernier, tant souhaité.
Et pour celui qui avait par amitié sans tellement y croire, s'être recueilli auprès d'une machine d'une utilité normalement distrayante tel un stand de lots à gagner dans une fête foraine, son souhait pris en considération également et bien au-delà du pouvoir du devin, apparemment, factice, ne s'imaginant pas non plus que le vœu va se matérialiser.
Ne l'ayant jamais fait depuis, à cette date précisément, sur un coup impulsif, une envie inexpliquée, Jane en ce soir du 25 décembre, différemment des autres, sort de sa chambre de motel, prend sa DS et décide de rouler jusqu'à son ancienne demeure de Malibu, non retenu par la contrainte des heures, libre. Radio allumée sur une fréquence au hasard avant d'arriver 4h30 plus tard, circulation plus fluide qu'il n'aurait pensé sur l'autoroute, vitesse un peu plus au-dessus que celle autorisée par moment, le morceau diffusé sonnerait presque comme des cloches de noël. *Beautiful World. Pourtant… Comment pourrait-on croire aux paroles de cette chanson ?
Une fois garé près de la maison, Jane sort de la voiture, radio éteinte, le morceau continuant toutefois de jouer, englobant le lieu, sans que ses oreilles ne l'entendent jusqu' à ce que son cœur, âme ne le captent pour lui lorsque le mentaliste ouvre la porte d'entrée après s'être attardé devant l'habitat à la construction ambitieuse. Ses yeux se postent dans un mode de contemplation, ceux-ci vibrant d'un éclat émotionnel ravageur, percevant à ce moment que cette richesse extérieure ne représentait plus aucune valeur à présent, ne voyant qu'une demeure fantôme maudite au parfum meurtrier résidant éternellement à l'intérieur. Terrible d'y pénétrer pour beaucoup qui aurait vécu ce drame mais pour son ex-propriétaire, l'étrange attache subsiste due à son bonheur vécu, là, l'ultime résidence de Angela, Charlotte, dont les liens de leur union familiale, d'amour n'ont pas péri. Même lugubre cela est, il sent toujours leur présence.
La superficie plongée dans le noir, couleur coutumière qui loge en lui, comparable aux débris de son existence, ne pouvant appartenir au passé, une respiration cependant profonde est prise avant d'y entrer comme ce le fut pour Lisbon. Une fois les pas franchis, une lumière éblouissante inonde la maison, l'aveuglant si bien que par protection, son bras vient cacher son regard jusqu'à ce que cette luminosité cesse, disparaisse. Quand sa vision claire est retrouvée, sous le choc, à son tour, il découvre dans son entière restauration, l'état antérieur de la demeure comme si rien ne s'était produit. Complètement sous l'abasourdissement, tétanisé par ce qu'il vient d'assister, son regard ne réalise pas qu'un miracle s'est opéré, réagissant comme Cho. C'est impossible. Cela ne le dispense pas, néanmoins, d'observer chaque recoin du sol au plafond, n'arrêtant de se dire C'est comme avant, c'est comme avant…
Ses yeux s'illuminent d'une joie émotive subite, mêlée à une montée de larmes, causée nerveusement, tant le chamboulement est violent, sourire se soulignant lentement sur ses lèvres avant que sa figure ne devienne plus qu'expressive face à cet émerveillement, l'adjectif étant faible.
A quelques mètres de sa position, vers la fenêtre du fond du grand salon, il remarque un sapin décoré comme il se doit, clignotant grâce à des guirlandes lumineuses, cadeaux posés au pied, tel que la tradition l'exige et comme les Jane suivaient. Vélo de sa précieuse princesse aux cheveux d'or bouclés, rangé à proximité de l'escalier, comme il l'avait déplacé ce fameux jour assassin, avant de les voir apparaître face à lui, les larmes coulant à cette seconde. *C'est un tel beau monde soudainement, et si tu le veux, tu as juste à y croire. Ouvre tes yeux et tu verras… Regarde la lumière comme elle brille sous moi…
-Ca va Patrick ? le questionne avec douceur Angela, interrogative également par rapport à l'état de son époux.
Lèvres étirées davantage, plus qu'ému, sa tête se hoche, aspirant un oui empli de cette immense émotion, l'articulant maladroitement, sanglots de bonheur bloqués dans sa gorge. Ses bras ne se font alors pas prier, l'instinct naturel se manifestant, allant enlacé fortement sa femme, l'embrassant ensuite avant d'en faire autant avec sa fille, larmes dévalant sur ses joues devenues tièdes, sourire heureux ainsi que triste. Ne croyant aux médiums, il ne peut que croire en ce soir à la magie d'une machine prénommée Zoltar. Malgré la prise insérée, Big a peut-être été inspiré d'une expérience véritable, qui sait ?
-Oh, oui ! Je vais formidablement bien.
Il les resserre de nouveau dans ses bras, la maison émanant une senteur chaude, de cannelle, d'épices, de pomme, oui, celle de Angela, Charlotte, la vie quoi, ressuscitée.
A l'extérieur, une lumière incandescente de son foyer irradie, transperçant la nuit pendant que cette chanson teintée d'espoir fait une envolée vers le ciel immaculé d'étoiles, la mélodie qui se transforme à cet instant en une, filante, formant, tel un final, une figure d'un feu d'artifice, qui maintient sa forme durant quelques secondes, disparaissant par la suite. Tous les vœux ont été accordés, fin de mission.
Sous nos pieds, une lumière insoupçonnable brille, et si tu veux y croire, ouvre tes yeux, tu la verras car ils l'ont tous vu briller en cette veille, ce noël plus que particulier. L'étrange, l'improbable, la seule situation a classé secret dans les dossiers du bureau californien. Chuut !
Van Pelt et Rigsby ont savouré ce réveillon en intimité, prolongé jusqu'au matin, enlacés dans le lit cette fois-ci. Cho et ses parents ont fini par établir une communication sans restriction, le vœu allant dans ce sens, poursuivant sur ce chemin même en fin de repas, en prenant le thé, plus tard sur le canapé, visage de chacun par leur réaction, attitude très éloquentes.
Lisbon a eu la chance d'abuser de cette journée, soirée même, en compagnie de sa famille au complet, gestes affectueux, comportement joyeux conduit les uns envers les autres, le sourire omniprésent chaque fois que Teresa orientait son regard en direction de sa mère, s'y attardant sans lassitude, aucune.
Quant à Jane, il a revécu le déballage des cadeaux. Poupées qui parle pour sa fille, bague en plaqué or, sertie d'une petite pierre saphir pour sa femme et pour lui, elles, ainsi qu'une photo en noir et blanc encadrée dans un cadre de couleur argent, gravé de deux roses de chaque côté, sur laquelle tous les trois avaient pris la pose. L'émotion resurgit en s'attardant à son tour sur ce bonheur supprimé, n'échappant à ses deux amours qui lui demandent chacune, si il va bien.
-Papa, ça va ?
Cette petite voix si mignonne lui fait relever la tête, les regarde une à une, se déclarant sans maladresse à ce moment.
-Je vais merveilleusement bien.
Sa femme, sa fille lui adressent un bel élargissement de bouche, lui, Angela, trinquant avec une tasse de lait de poule, yeux amoureux, un verre de chocolat chaud pour sa petite fille; se complémentant à la leur, comme auparavant.
-Si vous saviez comme je vous aime !
-Mais on le sait, Patrick.
La main de son épouse se pose sur celle de Jane, comprenant alors qu'elle n'en n'a jamais douté, comme si elle lui certifiait de ne lui en avoir jamais voulu pour ce qui s'était produit, ici. Angela étreint la main de son époux adoré avant que Charlotte ne le sollicite pour qu'il mette les piles, incluses, dans la poupée, au dos, accomplissant cette opportunité, après avoir bu quelques gorgées de son lait, se rappelant comme c'est délicieux. Présents de noël 2002.
Un tel beau monde.. Y croire. Cette chanson s'est invitée chez chacun. Si vous tendez l'oreille, vous pouvez l'écouter. Cinq éblouissants vœux à eux. Que les vôtres puissent se réaliser aussi! Ayez le pouvoir d'y croire!
*Extraits redraduits de la chanson Beautiful World du groupe The Chevin. Je l'ai entendu la première fois dans la série The Middle que j'aime beaucoup, lorsque Sue Heck se rend au bal et que le copain de son frère, Darren, lui propose de l'accompagner. Il l'invite donc sur cette chanson sur laquelle ils dansent n'importe comment pour consoler Sue.
