Le chapitre 4 est là! (Enfin je pense que vous l'aviez remarqué^^) Je tiens aussi à remercier un lecteur connu sous le nom de "World of Berzerker", il se reconnaitra!
Disclaimer: Depuis la dernière fois, Tokyo Ghoul ne nous appartient toujours pas, Sui Ishida n'a pas voulu nous céder les droits^^
Bonne lecture !
Juzo sentait les regards pesants des gens alentours se poser sur ses cicatrices. Habitué, il n'y prêtait pas attention, même s'il ne pouvait pas s'empêcher de s'imaginer les dépecer intérieurement, comme lors de son ancien travail. Enfin, travail, c'est vite dit: Juzo considérait plutôt cela comme des meurtres répétés de personnes innocentes. Il avait été, dans sa jeunesse, dépêceur au restaurant des goules. Mais c'était du passé: maintenant, au lieu de les nourrir, il les tuait, les goules! Il avait d'ailleurs été missionné pour ça. «Reconcentre- toi, Juzo», se dit-il: «Tu as une mission à accomplir, même si elle ne sert à rien !»
Ce sur quoi il partit dans un concours de grimace avec (ou contre) lui-même. C'était devenu une manie pour oublier. Ou pour se reconcentrer.
Juzo avait pour mission de «démasquer les goules qui seraient potentiellement cachées dans le 14ème». Quelle mission stupide! Car pour une fois, Juzo était absolument certain qu'il n'y en a fait plus une seule. En menant l'enquête, il avait trouvé l'assassin du meurtre qui avait été mis sur le dos de «goules potentielles». Il s'agissait sans aucun doute de M. François Bernard, un français en trouble psychologiques venu passer ses vacances dans le 14ème. Et Juzo veillait personnellement à ce que la France en entende parler. Le dernier jour de son partenariat avec M. Shinoara, ce dernier lui avait confié qu'il travaillait sur la culpabilité. Alors Juzo faisait culpabiliser la France. Enfin, c'est bel et bien cette actualité qui avait poussé Juzo en dehors du CCG ce matin.
Il rassembla donc ses esprits une bonne fois pour toute et se dirigea vers le premier café venu. Même s'il n'y croyait pas, la perspective de croiser des goules l'excitait.
Après avoir étroitement surveillé le «Mujona» et le «Chez Etsuko», Juzo se dirigea vers «L'Helter Skelter», un petit bar au fond d'une ruelle sombre. Il savait déjà ce qu'il écrirait sur son rapport:«-Helter Skelter: pas de goules», mais il y prendrait quand même un café, pour le principe.
Juzo s'installe à une table, les pieds repliés sur la chaise, et commande un café sans sucre (son 6ème de la matinée). Et voilà que deux minutes plus tard arrive une jeune fille dans un uniforme étriqué, un café à la main. Et qu'elle jeune fille! Juzo se mit immédiatement à se balancer d'avant en arrière, recrocvillé sur lui-même. Il ne connaissait que trop bien cet automatisme, mais il ne s'était jusqu'alors jamais produit grâce à un être humain. Bizarre... Comment s'appelle t-elle?, pense t-il. La jeune fille lut dans ses pensées:
«-Mori! Je m'appelle Mori! Et vous?», dit-elle.
Mori... Ça veut dire «forêt».
«-Juzo Suzuya... répondit-il timidement.»Juzo dévisage Mori du regard: environ 1.63-64m , longues couettes auburn descendant jusqu'aux chevilles, des tâches de rousseurs plein le visage et un uniforme composé d'une jupe rouge ornée de deux lignes perpendiculaires rouge vif avec des dentelles en finition et d'une chemise blanche. Les yeux de Juzo s'attardent sur cette chemise. Elle est bien coupée , d'un blanc immaculé, mais à des boutons de manchettes, disons... décalé. Sur chaque manche, ces boutons étaient tous différents. Ils représentent chacun un fruit, lesquels sont dessinés à la main. Sur une manche, il y a une pomme, une cerise et un ananas, sur l'autre, une pêche, une mangue et un abricot.
S'apercevant du trouble de Juzo, quoique un trouble amusé en raison du petit sourire qu'il affichait, Mori engagea la conversation:
«-Tu regardes mes boutons de manchettes?» Le passage direct du vouvoiement au tutoiement fit sourire Juzo jusqu'au oreilles. Il se sentait remonter sur le petit nuage d'ignorance qu'il habitait plus jeune. Lui qui, grâce à M. Shinoara, avait réussi a se hisser dans la vie active et à prendre des responsabilités comme des missions solos, il se sentait se vider petit à petit de tout çela.
«-Je les trouve très beaux!
-Merci! Je les ai faits quand j'avais 14 ans. J'aime bien tes barrettes.»
Cela aurait pu durer longtemps si il n'y avait pas eu d'horloge derrière Juzo. Mori voyait l'avancée de la troteuse derrière son épaule et s'aperçut que ça faisait trois minutes qu'elle était là, un café sans sucre à la main.
Elle reprit ses esprits.
«-Tiens ton café! Bois-le vite, je reviens.»
«Je reviens»; Juzo avait l'impression de connaître Mori depuis sa plus tendre enfance. Contrairement aux autres tasses qu'il avait eu l'occasion de boire ce matin, il pris le temps de déguster celle-ci. En vérité, elle n'était pas extraordinaire (le «Mujona» ayant déjà placé la barre très haut) . Mais pour Juzo, c'était la meilleure de sa vie. Il l'a trouvé parfaite; une personne censée l'aurait trouvé trop acide, sans goût. Mais Juzo n'était pas dans son état normal.«Cette mission a quelque chose de bien, au fond.» se disait-il.
Un quart d'heure plus tard, et après avoir servi une bière, un autre café et un verre de vin (en vérité un verre de sang humain frais dissimulé dans une bouteille de 2001 pour une goule venue chercher une information), la serveuse en herbe déserta le bar 20 secondes pour revenir avec un panier. Sans faire attention au client qui venait d'entrer, elle fila directement vers la table de Juzo.
«-Tiens. Un cadeau., dit-elle en lui tendant le panier rempli de 3 grenades orangées, d'une douzaine de cerise, de fraises, de framboises, de groseilles et de cassis.
« La même couleur que tes barrettes.», lui souffla t-elle à l'oreille. Tu reviendras?»
Juzo sortit de son rêve éveillé et compris que ça voulait dire «Va t-en, maintenant.» Il ramassa le panier «rouge» , lança un «Merci, Mori»avec un grand sourire et s'en alla. Il reviendrai.
Juzo est devant son bureau, au CCG. Il écrit son rapport. Mais il est un peu léger. Il n'a fait que 6 bar sur les 30 du 14ème. Il n'a qu'à recopier la liste des bars dedans...
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