Bonjour à tous ! Comme promis, voici le troisième chapitre de Curiosité ! On commence à entrer dans le vif du sujet. Bonne lecture à tous ! A la prochaine! ٩(ˊᗜˋ*)و


Chapitre 3

Après un copieux petit-déjeuner, Zaphiri, accompagné d'un Albafica de meilleure humeur le ventre plein, monta au deuxième étage de la Maison des Poissons.

Dans les couloirs silencieux et sombres de cette partie de la Maison où il n'allait jamais, Albafica ne se sentait pas rassuré. Bien malgré lui, il avançait collé au Scorpion, serrant sa main très fort. Si il y avait un monstre caché dans l'ombre ou derrière une porte, il valait mieux rester près Zaphiri. Lui il était assez grand pour battre les affreux monstres.

Tenant Albafica par la main, Zaphiri ouvrit chaque porte jusqu'à tomber sur la pièce qui servait de débarras, Albafica ne sachant pas où se trouvait la dite pièce exactement. Zaphiri avait mal aux doigts à force de tourner toutes les clefs du trousseau. La porte ouverte, il les confia à Albafica qui les tint bien fort contre lui. C'était les clefs de sa maison, c'était très important, il ne fallait pas les perdre. Pas question de finir enfermé ici.

Quand il entra dans la pièce Albafica le suivit à petits pas. Ils frissonnèrent. Il faisait froid dans cette pièce, éclairée juste par une petite fenêtre au fond, et ça sentait la vieille poussière et l'humidité, et ces grands draps blancs qui recouvraient les meubles inutiles ressemblaient à des fantômes. C'était effrayant. Albafica voulait partir vite et retrouver des pièces plus familières et chaleureuses.

Le Scorpion fouilla un grand nombre de coffres, souleva des couvertures couvertes de toiles d'araignées avant de trouver le bon qui contenait les décorations du sapin.

_ « Regarde, crevette ! Je les ai trouvé », dit-il en lui montrant la couronne de gui. Albafica laissa éclater sa joie. « Donne la moi ! Je veux la porter !

_ Si tu veux », dit Zaphiri en lui donnant. « Attends-moi à la porte.

_ Oui ! », répondit le petit Poisson en courant vers la porte avec la couronne sur la tête, ravi de ne pas rester plus longtemps dans cet horrible endroit. Zaphiri souleva le coffre et sortit à son tour, laissant la poussière et les araignées dérangées reprendre leurs places.

La matinée et une partie de l'après-midi passèrent dans l'excitation de la décoration du sapin et du grand salon. Ils ne s'interrompirent qu'un bref moment, le temps de faire une pause devant un déjeuner léger apporté par Fério, le serviteur de Zaphiri. Albafica avait pour l'instant oublier d'être déprimé, trop occupé à jouer dans le coffre avec les guirlandes emmêlées et les figurines à suspendre et à y semer des miettes de pain et de gâteaux.

_ « Albafica, tu as fini de manger ? On va installer les figurines », lui demanda Zaphiri en s'essuyant les mains. Le Scorpion se leva et s'approcha du coffre où jouait Albafica.

_ Oui, mais attends je joue.

_ Tu joueras après, il faut finir de décorer le sapin », insista Zaphiri.

_ « Bon, d'accord », soupira l'enfant. À contre-cœur Albafica se releva et tendit les figurines à Zaphiri. « Tu ne veux pas les mettre ? », lui demanda-t-il.

_ « Si !

_ Alors viens par là ! », dit le Scorpion en soulevant Albafica pour le sortir du coffre puis le reposa à terre. Albafica se précipita vers le sapin, puis s'attela à le décorer, plaçant toutes les figurines qu'il put jusqu'à ce que ce soit trop haut pour lui.

_ « Porte-moi, si te plaît! C'est haut !»,demanda Albafica.

_ Oui, crevette ! », dit Zaphiri en le reprenant dans ses bras. En quelques minutes ils firent le tour du sapin et placèrent les dernières statuettes.

_ « Z'ai fini ! Je veux encore en mettre », dit-il après avoir fini. Albafica se laissa glisser des bras de Zaphiri.

_ « Il ne reste que les pommes de pin », dit Zaphiri en se penchant au-dessus du coffre. Il s'agenouilla dedans pour en chercher une. « Tiens ! », dit Zaphiri en sortant l'une d'elle, étonné par le mauvais état du cône.

_ « Oh ! Elle est cassée ! », dit Albafica tristement.

_ « Hm. Voyons les autres », dit-il en se baissant pour fouiller dans le coffre. Albafica crapahuta dans le coffre et s'accroupit pour lui en donner une autre tout aussi cassée.

_ Elles sont toutes abîmées on dirait », dit le Scorpion. Il y avait des morceaux de cônes partout au fond du coffre.

_ « Comment on va faire ? », demanda Albafica tout triste.

_ On va aller en chercher des fraîches dans la forêt ». Albafica le regarda avec étonnement.

_ Il faut se dépêcher, la nuit tombe vite. Sors de là, on va chercher tes habits !

_ Oui ! On va dehors ! », exulta Albafica qui voyait là une nouvelle perspective d'amusement, puis il enjamba à nouveau le coffre pour s'en extraire pendant que Zaphiri appelait Fério et lui demandait de préparer les affaires d'Albafica pour leur sortie.

Emmitouflé de la tête aux pieds, Albafica ressemblait à un petit ours dans ses fourrures et sa démarche toute raide amusait beaucoup Zaphiri. Fério avait peut-être un peu abusé sur les couches de vêtements chauds, le petit avait un peu de mal à marcher.

Le temps était froid, mais ensoleillé et la neige fraîchement tombée scintillait, comme parsemée de minuscules diamants. Le soleil plongeait rapidement vers l'ouest, allongeant les ombres bleutées des arbres. Le chemin vers la forêt se faisait avec quelques lenteurs, Zaphiri devant sans cesse rappeler à l'ordre Albafica, qui sautait et courait partout dans la neige, pour lui éviter une glissade ou une chute, ou essayer d'échapper au Scorpion, ce qui le faisait mourir de rire l'enfant et beaucoup moins le Chevalier d'Or.

Harassé, il avait fini par attraper le mini Poisson et charger sur son épaule un Albafica contrarié et protestataire qui ne se gênait pas pour lui donner des coups de pieds.

_ « Je veux bien te reposer, mais tu restes à côté de moi, c'est compris ? Et arrête de donner des coups de pieds ou tu vas prendre une fessée ! », dit Zaphiri quelque peu agacé et essoufflé. C'est qu'il était rapide ce petit monstre !

_ « Moui », dit Albafica qui, une fois reposé à terre, donna un coup de pied dans un tas de neige, vexé que son jeu ait été interrompu et de s'être fait grondé. On le grondait quand il pleurait, puis il s'amusait. Faudrait savoir à la fin! C'était pas juste.

_ « Bien, alors on y va. Ne lâche pas ma main, sinon on rentre tout de suite. On a pas beaucoup de temps », dit-il en prenant celle d'Albafica, puis ils allèrent vers les grands conifères couverts de neige.

Des petits tas glissaient parfois près d'eux tandis qu'ils avançaient parmi eux. Ils se baissaient de temps en temps pour ramasser les plus grosses pommes de pins qu'ils trouvaient.

Lorsqu'ils eurent fini leur cueillette des pommes de pins le soleil rouge était très bas sur l'horizon, le bleu du crépuscule se mêlait aux rouge et orange du soleil couchant. Il était temps de rentrer.

Passant près d'un immense peuplier noir, Zaphiri remarqua qu'à une certaine hauteur une belle boule de gui était accrochée à ses branches. Elle serait parfaite pour suspendre du gui dans la maison, mais il hésitait. Il était tenté de la récupérer, mais lui faudrait laisser Albafica sans surveillance un moment et le petit ne resterait sûrement pas en place bien longtemps. Il soupira, regrettant de ne pas avoir demandé à Fério de les accompagner, il aurait pu le surveiller.

_ « Albafica », dit-il en s'agenouillant face à lui, « je vais aller couper ce gui là-haut dans l'arbre ». Il lui montra du doigt et Albafica leva la tête pour regarder. « Je dois te laisser là. Tu ne bouges pas, d'accord ? Tu m'attends ici avec le sac de pommes de pin, je reviens très vite. Tu ne bouges pas, hein ? »

_ Oui ! », dit Albafica en hochant la tête.

_ « C'est promis ? », dit le Scorpion en fixant Albafica dans les yeux.

_ « Oui, promis », répondit Albafica un peu agacé. Zaphiri se releva et se dirigea vers l'arbre avec une certaine appréhension. Il croisait les doigts pour qu'Albafica fasse sagement ce qu'il lui avait demandé.

Coupant court à ses réflexions, il s'élança pour sauter et attraper une branche. Albafica le regarda avec admiration grimper avec agilité dans l'arbre. Zaphiri monta très haut avant d'atteindre la branche où se trouvait le gui, jetant un œil en bas de temps à autre ou appelait pour vérifier qu'Albafica n'avait pas bougé. Il sortit son couteau de sa poche et commença à couper le pied du gui.

Tout seul au pied de l'arbre, Albafica trouvait le temps long. Il regardait souvent en direction de Zaphiri pour savoir ce qu'il faisait et voir si il redescendait avant de contempler un moment le paysage blanchi. Il se demandait quand est-ce que Zaphiri reviendrait. Il faisait de plus en plus sombre, il s'ennuyait et il avait froid.

Son attention désœuvrée trouva à s'occuper lorsqu'un papillon aux couleurs chatoyantes passa devant lui.

Il le suivit du regard tandis qu'il voletait frénétiquement vers les arbres. Albafica riait aux éclats en essayant de l'attraper, mais chaque fois le papillon, plus rapide, lui échappait et s'envolait un peu plus haut. Sans se rendre compte, occupé qu'il était par le jeu du chat et de la souris avec l'insecte multicolore, oubliant sa promesse, il s'éloigna progressivement du peuplier en direction des frondaisons de la forêt.