Disclaimer : comme d'hab, Saint Seiya Lost Canvas ne m'appartient toujours pas... Arf! é_è
Bonjour, bonjour tout le monde! Pardon, je suis un peu à la bourre pour ce chapitre, mais le voici !
Je vous laisse découvrir et à la prochaine! N'hésitez à me dire ce que vous en pensez en review! :D
Bonne lecture! ^^
Chapitre 4
Le beau papillon avait poursuivi sa route dans cette clairière printanière, rejoignant son maître pour lui rapporter qu'il avait trouvé sa proie et qu'il avait guidée jusqu'à lui, car ce papillon n'était rien d'autre qu'un Fairy, un démon infernal. Il était tout près. Il remercia la créature qu'il avait invoqué et la renvoya aux Enfers.
S'il avait eu un visage, il serait fendu d'un rictus de satisfaction. Il se contenta d'un claquement de mandibules. Sa proie, encore nouveau-né, avait déjà échappé à la mort grâce à l'intervention de la déesse Athéna elle-même qui l'avait envoyée à l'abri, au cœur de sa forteresse, sous la protection du Chevalier des Poissons. Mais par chance ses maîtres l'avaient fait atterrir dans le monde terrestre sur le domaine même du Sanctuaire. Il était juste un peu trop loin. Il devait trouver le moyen de se faire amener à l'intérieur. Sa forme actuelle était trop lente et lourde, il mettrait des siècles à juste sortir des bois.
Or cela tombait bien que sa proie soit dans les parages, il pourrait se servir d'elle pour être amené à l'intérieur du Sanctuaire. Il se délectait d'avance de rayer de l'histoire le futur Chevalier des Poissons, puis il s'occuperait de l'autre qu'il sentait tout près et tous ceux qu'il rencontrerait en chemin.
Il rejouerait la scène qui s'était déroulée il y a 250 ans*, jouissant de l'horreur et du désespoir qu'il lirait sur le visage de ce sale morveux devenu Pope et de son frère qui lui avaient mis des bâtons dans les roues la dernière fois. Il leur ferait tuer de leurs propres mains ses chers camarades, ou bien tuer par leurs disciples favoris, il hésitait encore.
Quelle extase il avait ressenti à l'époque de voir tous ces si vertueux Chevaliers se dresser les uns contre les autres et tenter d'instaurer leur loi sur le monde ! Il voulait revoir cela à nouveau, mais cette fois il comptait bien réussir et dans l'immédiat il devait garder son calme et réfléchir encore à comment attirer sa proie jusqu'à lui. L'enfant ne le ramènerait jamais sous cette apparence. Il observa autour de lui le paysage trompeur qu'il avait forgé pour attiser la curiosité de l'enfant.
Sans doute cette forme plus avenante marcherait-elle mieux.
Zaphiri finissait de couper le gui lorsqu'il se rendit compte qu'il n'entendait plus le rire d'Albafica en bas de l'arbre. Il l'appela pour savoir où il était plusieurs fois, mais il n'eut que le silence pour toute réponse.
Inquiet, il redescendit du peuplier avec son chargement aussi vite que possible, se laissant tomber lorsqu'il arriva aux dernières branches. Il ne trouva personne au pied de l'arbre. Il ne sentait même pas sa présence, cachée dans un coin pour lui faire une blague. Il jura.
_ « Où est-il passé, bon sang ? Je lui avais pourtant demandé de ne pas bouger ! », maugréa-t-il. Le soleil finissait de s'enfoncer sous l'ho-rizon, ne laissant qu'une bande de ciel blanc et rosé derrière lui. Zaphiri glissa rapidement le gui dans le sac avec les pommes de pin et le chargea sur ses épaules avec agacement. La nuit se hâtait.
Il détecta les petites empreintes pas dans la neige et les suivit. Elles tournaient un peu en rond à proximité de l'arbre, piétinant et tassant la neige, puis progressivement elles s'éloignaient en zigzaguant. Il avançait aussi vite qu'il pouvait le long de cette piste, mordillant son ongle. Les traces s'enfonçaient dans la forêt, c'était mauvais.
_ « Qu'est-ce qu'il a bien pu aller faire là-bas ? », se murmura-t-il. Il entra sous le couvert des arbres, courbé, tâchant de ne pas perdre la piste qui devenait difficile à distinguer .
Zaphiri marcha longtemps entre les fûts grisâtres et mornes des arbres, les yeux rivés au sol, suivant fébrilement la piste d'Albafica. Il faisait de plus en plus sombre et plus froid aussi. Le silence qui tombait dans les bois n'était brisé que par le doux hululement d'un hibou en quête de nourriture, par les jacassements des pies bagarreuses et le craquement de la neige sous ses pieds, ce qui lui déplaisait passablement. Il n'aimait pas le silence et dans l'obscurité nocturne les arbres, grands et noirs, paraissaient s'être resserrés autour de lui, comme si ils cherchaient à lui barrer la route. Il avait l'impression d'étouffer et ces fichus arbres se liguaient contre lui.
Chaque minute qui passait lui faisait craindre le pire et dans sa hâte, il chancelait fréquemment sur des branches mortes ou glissait sur un caillou dissimulé sous la neige, manquant plusieurs fois de s'étaler de tout son long et d'effacer des indices importants.
Alors qu'il se relevait une fois de plus sa tête heurta une branche basse. Il lâcha une bordée de jurons dans sa langue dignes du plus vulgaire des loups de mer. Il arracha rageusement la branche fautive tout en l'injuriant et en frottant son front douloureux. Tout à coup, il sursauta et se figea. Un hurlement long et plaintif retentit au loin dans les bois. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il commençait à paniquer. Il devait retrouver le gamin avant qu'il ne meure de froid, ou pire qu'un animal sauvage et affamé le tue. Il espérait aussi qu'il ne soit pas non plus tombé dans une crevasse ou cogné contre une racine, enterré sous un tas de fougères. Avec l'obscurité il aurait de la chance si il le retrouvait. Il n'avait pas pris de lampe. Bon sang, il regrettait vraiment de ne pas avoir Ferio avec lui. Qu'est-ce qu'il allait dire à Lugonis si il arrivait quoique ce soit au petit ? Il ne voulait même pas imaginer sa réaction. Voilà pourquoi il n'aimait pas les gosses. Ça ne tenait pas en place, ça n'écoutait jamais et vous causait d'infinis soucis.
Il dépouilla la branche de ses rameaux inutiles et l'embrasa de son Cosmos. Déjà, il verrait plus clair avec ça. Puis il reprit la piste, l'angoisse lui tordant les entrailles. Il se demandait jusqu'où celle-ci l'emmènerait. Il était vraiment loin de son point de départ. Comment diable Albafica avait-il pu aller jusque là tout seul ? Lui qui avait si peur du noir. Il aurait déjà dû s'en rendre compte à un moment qu'il s'était trop éloigné et qu'il était tout seul. Le Scorpion se demanda si quelqu'un ne l'avait pas enlevé. Mais il ne voyait aucune autre trace à part celle du petit pourtant.
Quelque chose ne collait pas.
Zaphiri s'efforçait de ne pas paniquer et de ne pas imaginer les pires scénarios. Il s'enfonça encore davantage sous le couvert de la forêt, poursuivant la piste à peine visible des pas d'Albafica. Si jamais il le retrouvait à ricaner dans une clairière ou derrière un arbre il allait l'entendre, et fils ou pas fils de Lugonis il se prendrait la plus belle correction de sa vie !
