Disclaimer : L'univers et les personnages de cette histoire appartiennent
à JK Rowling. Le reste m'appartient hormis quelques phrases empruntées
au tome 7 d'Harry Potter.
Les rayons du soleil filtraient à travers les volets de la chambre d'Hermione Granger. Petit à petit, ils gagnaient du terrain sur le visage serein de la jeune fille endormie. Quand ils parvinrent à ses paupières closes, la sorcière fronça les sourcils, dérangée par cette lumière intrusive. Sans ouvrir les yeux, elle se retourna dans son lit, l'esprit encore embrumé. Après avoir passé quelques minutes à se prélasser, Hermione se décida enfin à ouvrir les yeux. Elle contempla son radioréveil un instant. Il indiquait trois heures de l'après-midi. Elle se redressa, intriguée d'avoir dormi si tard, et une violente migraine se manifesta soudainement. Elle se rallongea et tenta d'analyser les origines possibles de cette migraine.
D'habitude, ses maux de tête se manifestaient le soir, quand elle avait passé une dure journée. Elle essaya alors de se remémorer sa soirée de la veille et réalisa avec effarement qu'elle en était incapable. Toute pragmatique qu'elle était, elle décida qu'il n'y avait pas à paniquer dans l'immédiat. Elle décida donc de se lever afin d'aller prendre une bonne douche. Mais en se mettant debout, elle s'aperçu avec horreur qu'elle portait une petite robe noire sous laquelle elle ne portait qu'une culotte. Elle n'était habituée à oublier de mettre des sous-vêtements.
Encore une fois, elle refusa de céder à la vague de panique qui menaçait de la submerger. Elle se sentait vraiment mal : sa migraine ne diminuait pas et elle était nauséeuse. Elle se dirigea vers la salle de bain et ôta les vêtements qui lui restaient. Sans jeter un coup d'œil au miroir, elle entra dans la cabine de douche. L'eau, brûlante, qui coulait sur son corps la fit soupirer d'aise. La vapeur d'eau fini peu à peu de réveiller son esprit embrouillé et elle ressentit la douleur au niveau de son cœur qui ne l'avait pas quittée depuis la mort de ses parents, deux semaines plus tôt. Ils n'étaient jamais arrivés à la voie 9 ¾ pour la récupérer à l'arrivée du Poudlard Express et des membres de l'Ordre du Phénix lui avait appris plus tard la triste nouvelle : ils avaient été assassinés par un groupe de Mangemorts en faction près de la gare. Les deux semaines qui avaient suivi le meurtre, Hermione s'était cloîtrée dans sa maison, refusant la protection de l'Ordre du Phénix et la présence de ses amis. Depuis le début des vacances, elle restait prostrée chez elle, se nourrissant à peine, ignorant toutes les visites, recluse. Elle était dévastée par le chagrin, mais aucune larme n'avait réussi à couler. Elle restait simplement dans son lit, roulée en boule la journée et une partie de la nuit.
Mais la veille, en milieu d'après-midi, elle avait reçu un hibou de Ginny. Elle avait vaguement parcouru la lettre, où son amie lui conseillait vivement, pour « la sortir de sa grotte », d'aller à une fête magique dans un entrepôt derrière l'Allée des Embrumes. Sans trop savoir pourquoi, Hermione avait décidé de s'y rendre. Le soir venu, elle avait revêtu sa petite robe noire et avait relevé ses cheveux en un chignon négligé. Elle avait volontairement laissé sa baguette chez elle, ne voulant pas s'encombrer. Elle avait transplané sur place et avait presque immédiatement commencé à boire.
Elle coupa le robinet d'eau et sortit de la douche. Elle prit une serviette et s'approcha du miroir. Qu'avait-elle bien pu faire après son quatrième verre ? Comment était-elle rentrée chez elle ? Où était passé son soutien-gorge ? Elle essuya la buée sur le miroir et eu un cri d'horreur. Son cou était parsemé de petites marques rouges : des morsures. D'une main tremblante, elle repoussa un pan de sa serviette et pu constater que ces marques s'étendaient plus bas encore, jusqu'à la peau fine de sa poitrine. Elle se mit soudain à trembler de tous ses membres avant que des larmes ne jaillissent de ses yeux en un flot continu. De violents sanglots secouaient son corps amaigri par son jeun partiel. Comment avait-elle obtenu de telles marques ? Elle avait une idée sur la question, mais elle refusait de l'admettre. Sanglotant toujours, elle enfila un peignoir et descendit dans le salon, plongé dans la pénombre. Depuis qu'elle était rentrée chez elle, elle avait laissé tous les stores et volets fermés. Elle avait choisi de se réfugier dans le salon car toutes les pièces à l'étage étaient équipées d'un miroir. Elle se roula donc en boule au milieu du sofa, pleurant sans pouvoir s'arrêter.
Petit à petit, des fragments de souvenirs remontaient à la surface. Des regards indécents posés sur elle. Elle-même dansant de façon très suggestive contre un jeune homme. Puis plus rien. Juste une phrase vaguement murmurée qu'elle avait saisi « Je finis toujours ce que j'ai commencé. ».
Ce n'était pas tant ce qu'elle avait pu faire qui la mettait dans cet état, mais plutôt le fait de ne pas être en mesure de s'en souvenir. Il lui était déjà arrivé de boire de l'alcool mais jamais au point d'oublier des heures entières d'une nuit. Et cela l'effrayait vraiment. De plus, il lui fallait peu de chose pour la faire exploser depuis la mort de ses parents. Elle allait désormais pouvoir faire son deuil, en commençant par évacuer tout le chagrin qui la rongeait intérieurement.
Elle passa un long moment sur le canapé, sans avoir une idée précise du temps qui s'était écoulé, quand on frappa à la porte d'entrée. Interdite, elle s'immobilisa, reniflant bruyamment. Qui pouvait avoir l'idée de lui rendre visite ? On toqua à nouveau et Hermione se leva. Elle essuya vivement ses larmes, consciente que son hôte se rendrait bien compte qu'elle avait pleuré et alla ouvrir la porte. Ginny se tenait sur le seuil.
« Hermione ! T'en as mis du temps pour ouvrir, tu m'avais oubliée ?
-Ou-ou-b-b-bli-ée, balbutia-t-elle. M-mais que fais-tu ici ?
-Je t'avais prévenue que je venais. Tu n'as pas reçu ma lettre hier ?
-Je… euh si. Mais je ne l'ai pas entièrement lue. Entre. »
Ginny pénétra dans le salon, plissant les yeux pour y voir mieux et se dirigea tout droit vers la cuisine. Hermione entendit des bruits de vaisselle et, avant qu'Hermione n'ait eu le temps d'aller voir ce que faisait Ginny, celle-ci sortit de la pièce, portant un lourd plateau qu'elle se pressa de déposer sur la table basse du salon.
« Bon, viens ici. Maman avait raison, tu as besoin de te remplumer. Excuse-moi mais tu as une sale tête. Tu as pleuré, non ? »
Hermione resta silencieuse devant la verve de son amie. Sa dernière question lui remémora les vagues souvenirs qu'elle avait de sa soirée de la veille et les larmes lui montèrent aux yeux.
« Oh ! Ginny… »
Hermione tomba dans les bras de son amie, déversant ses larmes sur son épaule. Elles restèrent un long moment ainsi, jusqu'à ce que Hermione se calme un peu.
« Mais qu'est-ce qu'il t'arrive, Hermione ? Prends un peu de thé, ça va t'aider à te détendre un peu. »
Elle prit la tasse que lui tendait Ginny et avala une gorgée de thé. Le liquide chaud et sucré lui fit effectivement du bien. Voyant que Ginny attendait qu'elle lui fournisse des réponses, elle se pressa de boire la moitié de sa tasse de thé avant d'entamer son récit. Elle commença par lui dire ce qu'elle avait fait depuis la fin des cours. Quand elle arriva aux évènements de la veille, l'émotion brisa sa voix et elle dû faire une pause avant de reprendre son récit. Patiente, Ginny ne pipa mot avant que son amie ait terminé.
« Ecoute-moi bien, Hermione… Je ne pense pas que tu ais fait une grosse bêtise, hier soir. Tu étais saoule, oui, mais je te connais et tu n'as pas pu coucher avec ce garçon.
-Pourtant, dans les souvenirs que j'ai de la soirée, j'en avais vraiment envie.
-Oui, mais si tu avais… eu un rapport sexuel avec un garçon que tu ne connais pas, ce qui n'est pas quelque chose de terrible, tu t'en souviendrais un minimum. Ce n'est pas le genre de chose que tu oublierais.
-Mais j'ai…
-La seule erreur, c'est moi qui l'ai commise. Je n'aurais jamais dû respecter ta décision et rester avec toi. Et surtout, je n'aurais pas dû te laisser y aller seule à cette fête. Il y a eu une descente de Mangemorts et tu aurais pu te faire tuer. La Gazette en parlait ce matin, mais heureusement tu n'étais pas sur la liste des morts. J'ai eu la trouille de ma vie quand j'ai vu la une. »
Ce genre d'article était devenu si courant dans la presse qu'on en parlait désormais sans pudeur.
« Maintenant, tu arrêtes de penser à cette soirée comme un acte horrible. Tu n'as absolument rien fait de mal. »
Hermione resta silencieuse, repensant à son dernier souvenir « Je finis toujours ce que j'ai commencé ». Le timbre de la voix lui semblait familier, mais elle ne parvenait pas à y associer un visage. Plongée dans ses pensées, elle ne prêtait pas attention à Ginny qui remplissait son assiette de tourte à la viande, de purée de pomme de terre et de haricots verts. Les appétissants effluves ramenèrent Hermione à la réalité. Cela faisait plusieurs semaines qu'elle se contentait de repas frugaux et un véritable repas était le bienvenu.
« Comment as-tu fais pour préparer ça sans magie ? Tu n'as pas encore le droit d'en pratiquer hors de Poudlard. Et d'ailleurs comment as-tu fait pour venir ici ?
-Tiens, dit Ginny en tendant une assiette bien garnie à Hermione. Crois bien que ce n'est pas facile de venir chez toi. L'Ordre a installé des dizaines de protections autour de ta maison.
-Quoi ? Comment ont-ils osé ? Je leur avais dit de me laisser tranquille.
-Et tu crois que les Mangemorts aussi t'auraient laissée tranquille ? ricana Ginny. Tu rêves. Enfin, pour faire court, mon père m'a emmené par transplanage d'escorte, ma mère a refusé qu'il prenne la voiture. Et pour le repas, ma mère m'a donné une boîte magique pour mettre la nourriture. Ce sont Fred et Georges qui les ont inventées. Ils ont dit qu'ils s'étaient inspirés d'un truc moldu.
-Les Tupperwares. C'est très ingénieux de leur part. »
Toujours pensive, elle commença lentement à manger. Elle tentait d'apaiser la sourde angoisse qui l'étreignait. Heureusement, la présence de son amie l'aidait beaucoup : son optimisme et son dynamisme avaient toujours été contagieux. Elle décida de changer de sujet :
« Comment se passent vos vacances à tous ?
-On est au Square Grimmaurd. On est trop nombreux pour tous tenir au Terrier. Du coup, on fait ce qu'on veut vu que Maman et Fleurk prépare le mariage. Mais il y a Harry, Ron, Victoire, Emma…
-Qui est Emma ?
-C'est une amie de Victoire et la mienne aussi depuis le Tournois des Trois Sorciers. J'avais fait connaissance avec elle et, comme c'est une amie de Victoire, Maman a accepté qu'elle vienne à la maison cet été. Avec le mariage et tout ça…
-Le mariage, c'est vrai. Cela m'était complètement sortit de l'esprit.
-Imagine l'état dans lequel sont Maman et Fleurk quand elles reviennent du Terrier tous les soirs… In-sup-por-tables. Avec les autres, on passe notre journée dans le grenier, on est tranquilles. Parce que sinon il y a plein de membres qui vont et viennent. Mais ce n'est pas pour déplaire à Ron de passer du temps avec Emma dans un endroit sombre…
-Pourquoi ? Elle lui plaît ?
-Oh oui ! Et tu le connais, il est assez maladroit… Du coup, on s'amuse beaucoup à le regarder rougir et bafouiller dès qu'elle lui adresse la parole. Tu vas pouvoir te joindre à nous, parce que je ne te laisserais pas rester ici toute seule, tu en as ma parole. Viens avec moi, on va préparer toutes tes affaires. Ne cherche pas à t'échapper, cette fois je ne te laisserais pas faire n'importe quoi. Et quand je dis n'importe quoi, je ne parle pas de la soirée. »
Incapable de protester, elle suivit son amie qui la fit se changer et empila toutes ses affaires dans sa valise. Elles descendirent la lourde valise à l'aide d'un Locomotor Barda et elles sortirent sur le perron. Hermione, pour la première fois depuis qu'elle avait eu son permis, saisit la main de son amie et transplana. Elles arrivèrent dans le hall du 12 Square Grimmaurd, où elles déclenchèrent les cris sonores du tableau de Mrs Black. Etonnamment, personne n'accouru pour faire taire le vieux tableau. Hermione se dit alors qu'ils avaient sans aucun doute réussi à insonoriser les autres pièces afin d'éviter les interventions vocales intempestives. Et elle en eu la confirmation en entrant dans le salon où étaient réunis Remus Lupin, Nymphadora Tonks, Fred, Georges, Ron, Harry et une jeune fille rousse assise entre Fred et Ron, sans doute la fameuse Emma dont Ginny lui avait parlée. A leur entrée, le silence se fit et tous dévisagèrent les nouvelles venues.
Ce silence laissa à Hermione le temps d'admirer les changements qui avaient opérés dans cette pièce. Loin de l'endroit lugubre dont elle se souvenait, Hermione put admirer la décoration cosy et lumineuse, dont elle soupçonnait Mrs Weasley d'être responsable. Harry se leva le premier, souriant à sa meilleure amie.
« Hermione, je suis content que tu sois enfin là !
-On a cru que tu ne voulais nous voir… ajouta Ron d'un ton boudeur.
-Je suis désolée, j'avais vraiment besoin de me retrouver seule. Mais je suis là maintenant.
-Et à temps pour les festivités, répondit Lupin avec un grand sourire. Bienvenue parmi nous, Hermione.
-Bon, viens Hermione, on va ranger tes affaires dans la chambre. Tu viens Emma ? Demanda Ginny.
-Je vous suis. »
Les trois jeunes filles quittèrent la pièce et se dirigèrent vers les escaliers.
« Au fait, dit Hermione à Emma, je suis Hermione Granger.
-Je sais. Depuis le début de l'été, ils ne me parlent tous que de toi, répondit-elle avec un grand sourire. Je suis Emma Bellion.
-Je sais aussi, Ginny m'a parlé de toi.
-Par ici, Hermione, lança Ginny de l'intérieur de la chambre.
Quand elle entra dans la pièce, Hermione ne put retenir une exclamation de surprise. A l'instar du salon, la chambre avait été entièrement refaite ; le vieux plancher, les lits miteux, les armoires sinistres, les bibelots poussiéreux… tout cela avait laissé place à une moquette et des lits d'aspect très moelleux ainsi que des nouveaux meubles. Ginny lui indiqua le lit en face du sien et, d'un coup de baguette, ses affaires se rangèrent d'elle-même dans son armoire.
« C'est génial, ici. Ta mère a fait du bon travail.
-Harry voulait que sa nouvelle maison revive, alors il a demandé de l'aide à maman. Et ils se sont occupés du salon, de la salle à manger et des chambres principales.
-Je vois…
-A propos, Hermione, tu n'as pas oublié le mariage de Bill et Fleur ? Tu as pensé à ta tenue ?
-Pas vraiment, non…
-Génial, il va falloir appeler l'escorte pour aller sur le Chemin de Traverse, soupira Ginny.
-Sinon, pour éviter tous ces chambardements, j'ai emmené deux robes, lança Emma. Je n'ai pas pu me décider, tu n'as qu'à choisir celle que tu préfères.
-C'est très gentil Emma, la remercia Hermione avec un petit sourire. On aura déjà à affronter la foule quand on devra aller chercher nos fournitures. »
La conversation se termina ainsi car Harry les appelait à travers la porte de la chambre. Tous ensembles, ils montèrent au grenier, leur lieu de tranquillité. Encore une fois, Hermione, qui s'attendait à une pièce sombre, poussiéreuse et encombrée de caisses, fut surprise. Cette fois-ci, bien que Molly ne devait pas y être pour grand-chose, ses amis s'étaient débrouillés pour récupérer discrètement quelques meubles pour rendre la pièce plus confortable. Mais elle déchanta vite en constatant que chacun disposait d'une place précise et qu'il ne lui restait qu'un petit pouf à l'allure fort peu confortable. Sans dire un mot, elle s'y installa du mieux qu'elle pouvait.
Les autres avaient déjà entamé une grande conversation et riaient aux éclats aux plaisanteries d'Emma. Elle ne put s'empêcher d'éprouver une pointe de jalousie à l'égard de la jeune fille qui pourtant était si sympathique. Après tout, elle avait été absente pour le début de l'été et avait raté de bons instants au sein du groupe. Et elle aurait aimé avoir des retrouvailles dignes de ce nom avec Harry, Ron et Ginny. Mais il lui fallait désormais compter avec le nouvel élément : Emma. Elle se trouva puérile de penser de la sorte, mais elle n'arrivait plus vraiment à contrôler ses émotions depuis l'accident de ses parents. La preuve en était faite qu'elle avait passé ses journées à pleurer et à ignorer tout le monde. Et cette fameuse soirée derrière l'Allée des Embrumes…
« Hermione… Oh, Hermione ? T'es avec nous ? »
Tout le monde la fixait étrangement. Plongée dans ses pensées, elle n'avait pas entendu Ron qui tentait désespérément de savoir ce qu'elle avait fait pendant le début des vacances. Elle répondit vaguement, encore troublée par les sensations fantômes du corps de l'inconnu contre le sien. Elle avait eu l'impression qu'elle aurait pu creuser un peu sa mémoire et y attraper des bribes de souvenirs, mais le retour à la réalité lui avait fait perdre pied. Mais elle savait que ces terribles spectres reviendraient bientôt la hanter.
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