Disclaimer : L'univers et les personnages de cette histoire appartiennent
à JK Rowling. Le reste m'appartient hormis quelques phrases empruntées
au tome 7 d'Harry Potter.
Le lendemain matin, Hermione se leva tôt. Cela faisait déjà une bonne heure qu'elle se tournait et se retournait dans son lit sans parvenir à retrouver le sommeil. Elle estima qu'il devait être aux alentours de six heures et décida d'en profiter pour se rendre à la salle de bain des préfets. Les premiers jours, elle était souvent désertée, les nouveaux préfets n'osant pas y aller et les anciens oubliant son existence. Hermione était donc presque sûre de d'être tranquille pour ce bain.
Elle prit donc tout ce dont elle avait besoin et se rendit au cinquième étage. Quand elle donna le mot de passe, la porte ne s'ouvrit pas. Hermione fit les yeux ronds quel préfet avait bien put se lever aussi tôt et la devancer dans la salle de bain ? Car c'était bien la seule raison pour laquelle la porte pouvait refuser de s'ouvrir. Elle décida d'attendre, puisqu'elle avait encore du temps devant elle avant que le petit déjeuner ne soit servi dans la Grande Salle. Elle s'appuya contre le mur en face de la porte et attendit.
Au bout d'une demi-heure passée à s'inspecter méticuleusement les ongles, elle commença à perdre patience. Elle alla à la porte pour toquer et sommer la personne qui l'occupait de bien vouloir se presser un peu, quand celle-ci s'ouvrit sur Malefoy.
« C'est pas trop tôt ! La prochaine fois, quand tu entends que quelqu'un veut entrer, tu voudrais bien passer la vitesse supérieure ? gronda Hermione contre son horripilant homologue.
- Tu crois vraiment que je vais me presser pour toi, Sang-de-Bourbe ? Que c'est mignon, les vacances t'ont peut-être plutôt ramolli le cerveau finalement. Je dispose de cette salle de bain comme il me plait. D'ailleurs, si toi en revanche tu m'empêches d'y accéder, je ne prendrais pas la peine d'attendre gentiment que tu aies fini et je rentrerai de force, c'est compris, petite idiote ?
- Si tu fais ça j'irai en référer aux professeurs !
- Oh, que j'ai peur, pleurnicha Drago. Tu vas me faire avoir une retenue ? »
Retrouvant son masque de froideur, il s'approcha vivement d'elle, sans pour autant la toucher. Inconsciemment, elle recula ce qui eut pour effet de faire sourire son ennemi qui s'approcha à nouveau, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus reculer. Elle était aculée au mur sa respiration se bloqua, ses jambes tremblèrent tout à coup. Elle savait qu'une terrible vague de souvenirs allait l'envahir d'un instant à l'autre.
« J'ai plutôt l'impression que c'est toi qui a peur, Granger. Qu'est-ce que je pourrais bien te faire subir ? dit-il en faisant mine de réfléchir intensément.
- Tu n'as pas ta baguette, tu ne peux rien me faire, tenta Hermione, misant sur son dégoût de sa personne.
- Tu crois vraiment que le fait que je n'ai pas ma baguette puisse m'empêcher de te faire du mal ? ricana le Serpentard. Tu es bien naïve. Certes je devrais retourner à la salle de bain après t'avoir touchée, mais cela ne m'empêchera pas de m'amuser avant…
- Tu es ré-répugnant, balbutia-t-elle alors qu'elle commençait à sombrer dans une transe.
- Merci du compliment, Granger, » dit-il en tournant la tête sur la gauche, comme s'il prenait la pause.
Mais elle ne répondit pas. Une musique entêtante. Son souffle dans son cou. Son corps ondulant contre son torse puissant. La chaleur…
« Granger, oh Granger. Ne m'oblige pas à te secouer ! Je sais que je suis irrésistible, mais essaye de rester éveillée, ce sera plus divertissant, je t'assure.
- Je… oh je…
- Tu quoi ? Tu as perdu la raison ? Ça je m'en étais aperçu depuis un moment. C'est souvent ce qui arrive sur les erreurs de la nature comme toi, » ajouta-t-il d'une voix venimeuse.
La jeune fille secoua la tête pour se remettre les idées en place, mais elle restait très pâle.
« Je ne me sens pas bien, je crois que… je vais vomir. »
Dégoûté, il recula brusquement. Hermione sourit et se précipita vers la porte de la salle de bain.
« Merci de me laisser en paix maintenant, sale fouine, » dit-elle avant de claquer la porte.
Le jeune homme jura et s'éloigna en pestant contre son homologue. Il savait malgré tout que l'occasion de prendre sa revanche arriverait plus vite qu'il ne l'espérait. Hermione soupira, toujours tremblante. Ses souvenirs l'accablaient de plus en plus et la fatiguaient énormément. Elle se déshabilla lentement, son équilibre étant toujours plutôt précaire. Elle se glissa dans le bain chaud qu'elle avait fait couler avant de se déshabiller et essaya de détendre ses muscles contractés par la montée de stress qu'elle venait de subir.
Cela faisait deux fois que ce genre de crise lui arrivait devant Malefoy, il fallait qu'elle soit vigilante sinon il allait finir par s'en servir. Cela lui avait déjà donné trop d'occasion de la voir faible. Il fallait qu'elle l'évite le plus possible. Un seul problème survenait alors : ils étaient tous deux préfets-en-chef. Elle soupira à nouveau et plongea la tête sous l'eau. Le silence lui donna un peu de baume au cœur. Elle aurait pu rester ainsi des heures durant. Mais elle n'avait la capacité de rester indéfiniment sous l'eau et ses devoirs de préfète l'attendaient.
En effet, les jours de rentrée, les préfets aidaient le professeur McGonagall à distribuer les plannings. Elle se savonna donc avec application avant de replonger dans les profondeurs de la baignoire pour se rincer et profiter de ses derniers instants de calme de la journée. Après s'être séchée et rhabillée, elle retourna à son dortoir pour récupérer sa besace et descendit les marches quatre à quatre vers la Grande Salle.
Elle passa les portes et vit avec étonnement qu'elle était seule, ou presque Malefoy, fidèle à son envie irrépressible de lui mener la vie dure, était lui aussi présent. Il était assis, ou plutôt affalé sur la table Serpentard, faisant face aux autres tables. Hermione se dirigea fièrement vers la table des Gryffondors et s'installa dos au jeune homme. Elle commença à se servir en fruits et en scones tout en s'effarant de l'absence des élèves et des professeurs. Elle sortit alors sa montre de son sac et constata qu'il n'était que sept heure du matin. Les premiers élèves n'arrivaient en général pas avant sept heures et demie et il ne fallait pas compter sur la présence des professeurs avant huit heures.
Elle commença donc à grignoter car elle s'était vite rendu compte qu'elle n'avait pas vraiment faim. Elle réduisit en charpies ses scones en picorant une ou deux miettes au passage, avalant quelques gorgées de jus de citrouille, frotta longuement une pomme verte pour la faire briller, avant d'ouvrir grand la bouche pour croquer dedans quand elle sentit quelque chose de chaud et humide alourdir ses cheveux. Elle se retourna brutalement et vit que Malefoy arborait un sourire moqueur. Elle porta sa main à l'arrière de sa tête et préleva un peu de matière qu'elle porta devant ses yeux. C'était du porridge et le Serpentard n'y était pas allé de main morte.
De toute évidence, il s'ennuyait et n'avait lui-même pas très faim, mais d'habitude, ses remarques et plaisanteries sont légèrement plus subtile qu'un vulgaire lancé de nourriture. Bien entendu, il avait utilisé la magie pour pouvoir atteindre une cible à une telle distance, mais cette tentative pour attirer l'attention de la jeune fille était véritablement puérile. Elle lui lança un regard noir et se pencha pour récupérer sa baguette dans son sac quand elle sentit une salve de cuillérées de porridge s'abattre dans tout son dos.
Cette fois-ci elle était véritablement furieuse et Malefoy, hilare. Elle se leva et se tourna vers son ennemi, baguette brandie.
« Alors ça t'amuse ce genre de gaminerie, Malefoy ? lui hurla-t-elle.
- Non, pas vraiment. Te voir furieuse en revanche me divertit énormément surtout que…
- Surtout que quoi, sale fouine ? Je ne sais pas ce qui me retient de te jeter un sort…
- Miss Granger, entendit-elle à sa gauche. »
Comme à son habitude, le professeur Rogue était arrivé sans faire un bruit.
« 10 points de moins pour Gryffondor pour avoir menacé un élève. Et allez vous laver avant que je ne vous retire des points pour tenue non règlementaire.
- Mais professeur, c'est…
- Filez ! gronda-t-il.
Hors d'elle et promettant de se venger de Malefoy, elle se saisit de sa besace et amorça sa sortie de la Grande Salle. Ce fût le moment que choisit une cinquantaine d'élèves pour entrer. Voyant l'état pitoyable d'Hermione Granger, dégoulinante de porridge, les Serpentards ricanèrent méchamment en lui lançant quelques habituelles insultes alors que les autres élèves la regardaient avec pitié et compassion. Baissant la tête, elle se fendit un chemin à travers la foule et se dirigea vers les toilettes les plus proches qui se trouvaient dans le couloir de l'autre côté du hall. Elle bouscula quelques élèves qui protestèrent mollement, encore à moitié endormis. De loin, Tyler Greenwood la vit se diriger dans le couloir et sourit devant son état catastrophique.
« Tu n'as pas perdu de temps à ce que je vois, Drago, ricana-t-il en prenant place à droite de son ami.
- Je m'ennuyais, énonça Drago avec détachement. Mais je ne pensais pas que Rogue s'en mêlerait. J'ai eu le timing parfait je crois. Ils vont encore commencer l'année en négatif ces crétins de Gryffondor.
- Bien joué, mon vieux. Tiens revoici ta victime.
Ayant fait disparaître toute trace de porridge de sa chevelure et de ses vêtements, Hermione réapparu en effet dans la Grande Salle. Elle aurait voulu filer directement devant sa salle de cours, mais elle n'avait pas son planning et devait aider le Professeur McGonagall à les distribuer aux autres élèves. Malefoy se leva en soupirant d'exaspération en voyant le regard de la directrice de Gryffondor peser sur lui.
Elle distribua les plannings des premières, deuxièmes, quatrièmes et septièmes années aux deux préfets-en-chef tandis qu'elle s'occupait des autres années, où les élèves devaient sélectionner de nouvelles options. Hermione se chargea donc des Poufsouffles alors que Malefoy s'occupait des Serdaigles. Quand elle eut terminé, elle se dirigea vers la table des Gryffondors mais elle s'aperçu que Malefoy l'avait devancé, profitant de l'occasion pour terrifier les plus jeunes élèves.
Toujours très énervée, elle s'avança lentement vers la table des Serpentards. Les plus jeunes élèves ne posaient pas de problème. Les quatrièmes années furent un peu moins indifférents, lui arrachant les feuilles des mains sans un regard pour elle. Mais le plus dur fut quand elle arriva aux septièmes années.
Elle inspira un grand coup et se dirigea vers le petit groupe formé par Théodore Nott, Blaise Zabini, Pansy Parkinson, Millicent Bullstrode, Gregory Goyle, Tracy Davis, Vincent Crabbe, Daphné Greengrass, Tyler Greenwood et Drago Malefoy, qui avait déjà terminé sa tournée. Elle pria intérieurement pour qu'ils ne remarquent pas trop sa présence, mais dès qu'elle s'approcha, tous les regards se braquèrent sur elle. Elle soupira silencieusement tout en continuant à progresser vers le groupe qui ne la lâchait pas du regard.
« Oh, Granger, grouille-toi, on n'a pas la journée, là, » lui lança Malefoy.
Ses acolytes ricanèrent tandis qu'elle le fusillait du regard. Arrivée à leur niveau, elle distribua les plannings à chacun d'eux et commença à s'éloigner. Elle passait à côté de Greenwood quand elle sentit un obstacle devant sa jambe qui lui fit perdre l'équilibre. Ses bras battirent les airs de façon grotesque puis que son corps bascula en avant. Dans un réflexe désespéré, elle s'accrocha à la première chose qui lui tomba sous la main. Cette chose était la robe de Malefoy. Un bruit de tissu déchiré se fit entendre avant qu'elle ne touche le sol.
Elle se releva péniblement et fit face à un Drago Malefoy vert de rage. La manche droite de sa robe de sorcier était entièrement arrachée et se trouvait dans la main d'Hermione.
« Saleté de Sang de Bourbe ! pesta-t-il. Tu me dois une nouvelle robe. Et pas les haillons bas de gamme que tu prends pour des habits. C'était une robe en soie !
- Je ne… Ce n'est pas ma faute, Greenwood m'a fait tomber et…
- Je n'ai rien vu de tel. Je t'ai vu tomber de façon ridicule en te prenant les pieds l'un dans l'autre. Et tu n'avais pas à t'accrocher ainsi à moi pour tenter de m'entraîner dans ta pitoyable chute.
- Et bien que ce passe-t-il ici ? Demanda une voix sifflante qu'Hermione reconnue comme celle d'Amycus Carrow.
- Professeur, cette horrible Gryffondor a déchiré la robe de Drago, s'écria Pansy Parkinson d'une voix suraiguë. Et elle essaye de reporter la faute sur Tyler.
- Alors, miss… Granger c'est bien cela ? Ce n'est pas vraiment digne d'une préfète en chef tout cela, ajouta le professeur Carrow d'une voix faussement moralisatrice. 20 points de moins pour Gryffondor. Et je vous conseille de faire profil bas si vous ne voulez pas écoper d'une retenue dès votre premier jour. Et bien sûr vous rembourserez à Mr Malefoy sa robe que vous avez déchirée.
Hébétée par tant d'injustice, Hermione s'éloigna du grand sorcier au visage ravagé pour retourner à la table des Gryffondors à côté de Ron. Elle vit avec horreur qu'ils avaient cours commun avec les Serpentards d'Etudes des Moldus juste après le petit-déjeuner. Du côté de la table des Serpentards, les élèves de septièmes années jubilaient.
« Merci bien Tyler, j'y tiens vraiment à cette robe, grogna Drago.
- Désolé, mon vieux, j'ai trouvé que ça. Et puis, ça valait le coup, non ?
- C'est vrai. Vous avez vu sa tête ? minauda Pansy. Elle était vraiment ridicule, cette mocheté.
- Bon, il faut y aller, on va être en retard, lança Drago en se levant.
- Depuis quand tu te soucies d'arriver à l'heure en cours ? s'étonna Tyler.
- Depuis qu'on a cours avec ces débiles de Gryffondors et que je ne veux manquer aucune occasion de les martyriser.
Ses camarades ricanèrent à nouveau et le suivirent jusqu'à la salle au bout du couloir de l'aile Est du premier étage.
Ron et Hermione arrivèrent peu après en compagnie de Neville. Ils s'arrêtèrent à l'écart du groupe de Serpentard et attendirent que le professeur arrive. La porte de la salle s'ouvrit et les élèves entrèrent dans la pièce et s'installèrent dans le plus grand silence.
Hermione parcouru la pièce du regard et s'aperçu que tout avait changé. La pièce était très sombre et les tableaux moldus qui ornaient les murs autrefois avaient disparus. A leur place, trônaient des tableaux horribles montrant des scènes de torture des moldus, d'esclavagisme. Hermione détourna la tête, choquée par ces images insoutenables. Elle s'assit en milieu de rang, à côté de Ron et Neville. Le professeur Carrow était assis sur son bureau, son visage lacéré étiré d'un sourire terrifiant.
« Bien ! Sachez que je suis ravi d'avoir l'honneur de vous donner ces cours d'Etudes des Moldus. Bien que ces êtres répugnants nous soient de très loin inférieurs, du moins, inférieurs à la plupart d'entre nous ici présent, ajouta-t-il en jetant un regard glacial à Hermione qui soutint son regard, il est malgré tout important d'en apprendre plus afin de les exterminer au mieux. C'est donc la raison de nature obligatoire de ce cours. Nous aborderons plusieurs thèmes au cours de l'année scolaire : les systèmes archaïques et totalement idiots qui leur servent à s'en sortir sans notre magie, leurs pitoyables tentatives pour reproduire quelque peu notre pouvoir, leurs fascinantes méthodes de torture qui seront toutes testées bien entendu… Bien sortez vos plumes et vos parchemins, nous allons commencer le cours. Je ne veux rien entendre le premier qui sera surpris à parler sera également le premier sur lequel nous testeront les appareils de torture moldus. »
Les bruissements des parchemins se firent entendre alors que les élèves sortaient leurs affaires. Hermione, elle resta immobile, ses deux mains croisées sur le pupitre. Ron lui jeta un regard d'avertissement, mais elle l'ignora royalement. Le professeur balaya la pièce du regard pour vérifier que chaque étudiant était prêt et posa les yeux sur Hermione qui croisa les bras. Un sourire s'étira à nouveau sur les lèvres irrégulières du professeur.
« Miss Granger, bien que vous-même soyez une représentante de cette race inférieure, vous n'êtes malgré tout pas dispensée de participer à ce cours. Là, en l'occurrence, je vous ai demandé de sortir plume et parchemin afin de noter ce que je vais dire. Donc je vais vous le demander une deuxième et dernière fois.
- Je refuse de participer à cette mascarade qui est loin d'être un cours utile ou fondé sur la vérité, répondit Hermione d'un ton indifférent.
- Très bien, vous serez donc notre première volontaire pour les essais des appareils de torture. Mais comme nous ne verrons ça que plus tard dans l'année, vous obtenez également une semaine de retenue, avec ma chère sœur qui se fera un plaisir, j'en suis sûre de palier à votre manque de volonté à suivre mon cours. Ce soir, devant la porte de notre bureau, après diner. Maintenant sortez vos affaires, sale idiote, ou je vous envoie chez le directeur et il sera moins clément que moi, j'en suis sûr, » ajouta-t-il d'un ton glacial.
Merci pour les reviews!
