Disclaimer : L'univers et les personnages de cette histoire appartiennent
à JK Rowling. Le reste m'appartient hormis quelques phrases empruntées
au tome 7 d'Harry Potter.
Hermione était fébrile à l'idée de fuguer hors de la tour Gryffondor, ce soir-là. Elle s'habilla lentement pour la première partie de la soirée qu'elle passerait avec ses amis, tout en mettant de côté les affaires dont elle aurait besoin un peu plus tard, dont la carte du Maraudeur, qu'Harry lui avait laissé. Ginny vint la sommer de se dépêcher car tout le monde s'amusait déjà en bas. Ensemble, elles descendirent et allèrent s'installer auprès de leurs amis sur le canapé. Le temps y défila lentement pour Hermione, qui n'attendait qu'une chose : pouvoir ressentir le frisson de danger et d'excitation qui la faisait se sentir vivante. Vers onze heures, elle s'excusa, prétextant que sa semaine de retenue l'avait fatiguée, alors qu'elle avait avalé une potion de vitalité en début de soirée.
Elle monta donc à l'étage où elle changea de vêtements et se transfigura, avant de se lancer un sortilège de Désillusion pour pouvoir sortir en toute discrétion. Bien sûr, il fallait tout de même qu'elle prenne garde à ne pas se faire remarquer car ce sortilège était loin de posséder l'efficacité infaillible d'une cape d'invisibilité. Elle réussit malgré tout à se faufiler sans qu'aucun élève de sa maison ne la remarque. Une fois dans le couloir, elle se cacha dans un recoin et consulta la carte du Maraudeur. Apparemment, les Carrow patrouillaient vers la tour Gryffondor. Elle décida donc d'emprunter un passage secret qui, par le biais d'une sorte de toboggan, l'emmenait deux étages plus bas.
Arrivée devant la tapisserie de la salle commune des préfets, elle leva le sort de Désillusion, et inspira un grand coup avant de rentrer.
La musique qui résonnait dans la pièce était lente et lascive, comme au ralenti. Hermione jeta un regard circulaire à la pièce plongée dans la pénombre où elle devinait les silhouettes des nombreux Serpentards plus ou moins lucides qui peuplaient la pièce. Certains tenaient un semblant de conversation, un verre à la main, et d'autres s'agitaient de façon éhontée sur la piste de danse. Se mêlant à la foule, elle se fraya un chemin vers le buffet où étaient éparpillés verres et bouteilles. Elle farfouilla un moment parmi les gobelets sales et les bouteilles vides avant d'en trouver une qui était à peine entamée. Elle se servit une bonne dose d'alcool tout en scannant la foule des yeux, essayant vainement d'identifier quelques visages. Assoiffée, elle vida son premier verre d'un trait avant de s'en servir un autre auquel elle réserva le même sort.
C'est donc armée de son troisième verre qu'elle poursuivit son exploration. Elle ne pût s'empêcher de constater avec satisfaction que la table de marbre avait été protégée. Le coin verrière avait été aménagé en piste de danse, alors que les silhouettes qu'elle distinguait dans le salon laissaient penser que ce dernier était réservé aux couples. Elle retourna se servir quelques verres avant de se lancer sur la piste de danse, se laissant complètement aller au rythme langoureux de la musique, n'ayant à se soucier de ce qu'on pourrait penser d'elle.
Mais si elle pensait avoir fait une apparition discrète à la fête, elle se trompait lourdement. Drago Malefoy, nonchalamment assis sur un fauteuil dans un coin sombre à proximité de l'entrée, avait repéré la plantureuse créature qui s'était invitée à sa fête sans y avoir été conviée. Néanmoins, il décida de la laisser profiter pour plusieurs raisons évidentes. Tout d'abord, elle était une belle occasion pour lui d'élargir son tableau de chasse. Par ailleurs, la jeune fille l'intriguait, et ce d'autant plus que sa silhouette lui semblait familière. Comment avait-elle pu entendre parler de cette fête ? Comment avait-elle obtenu le mot de passe pour entrer, alors que sa silhouette ne ressemblait en rien à celles des préfètes de cette année ? Toutes ces raisons la rendaient mystérieuse à ses yeux et il se dit qu'elle ne pouvait être qu'une élève de Serpentard pour parvenir jusqu'ici. Mais si c'était le cas, comment ne l'avait-il jamais remarquée ?
Il avait suivi son parcours des yeux depuis son entrée, autrement, il n'aurait pas pu la repérer parmi la foule et dans cette pénombre. En passant devant la massive table de marbre, elle sembla marquer un temps d'arrêt, bien qu'il ne pût distinguer ce qui l'avait interpellée. Par la suite, il constata avec étonnement qu'elle enchaînait les verres d'alcool à une vitesse qui laissait à penser qu'elle n'avait guère l'habitude de boire. En effet, il était de notoriété publique que l'alcool sorcier agissait bien plus vite que quelconque autre, en particulier lorsqu'il était assimilé trop rapidement.
Tout en dansant, Hermione remarqua que l'ambiance qui régnait dans la pièce était toute aussi inquiétante qu'excitante. Elle sentait plus qu'elle ne voyait les jeunes sorciers présents la scruter avec avidité. Les couples déjà formés s'exhibaient sans honte et sans que personne ne s'en offusque. Perdue dans sa contemplation, elle laissait son corps bouger sensuellement au rythme de la musique, les effets du Whisky Pur Feu commençant à se faire ressentir. Elle sentit alors un torse ferme se plaquer contre son dos. Frémissant au contact, elle bascula sa tête en arrière et entama une danse lascive contre le corps de l'inconnu.
Plus loin, Drago redoubla d'attention en voyant l'un de ses congénères se coller à la proie qu'il épiait depuis plusieurs minutes, hypnotisé par les mouvements de hanches de la jeune femme que l'éclairage dévoilait à peine. Elle ne repoussa pas le sorcier qui sembla prendre cela comme une invitation, ce qui fit bouillir le jeune homme aux cheveux blonds. Il esquissait un mouvement pour se lever, prêt à interrompre la scène, lorsqu'un bras lourd tomba sur ses épaules.
« Putain, vieux, j'adore tes soirées, brailla Tyler, l'haleine alcoolisée. Je viens de me taper Daphnée et sa sœur… en même temps ! De vraies succubes ces deux-là. Je te dis pas ce qu'elles tout ce qu'elles m'ont…
- Epargne-moi tes délires incestueux, je te prie, coupa Drago, agacé, son regard toujours fixé sur sa mystérieuse inconnue.
- Elle a l'air bien foutue, la nana qui danse avec… Malone, si je ne m'abuse, lança le brun en se léchant la lèvre supérieure. »
Le Malone en question était reconnaissable grâce à sa carrure impressionnante. Drago était déjà assez en colère que cette brute touche à sa proie sans que quelqu'un d'autre n'en rajoute et ne se mette aussi à la reluquer.
« Pas touche, Greenwood. Tu as eu ton quota d'activité sexuelle pour la soirée.
- Oh mais si tu veux te la faire, ce n'est pas de moi dont il faut te méfier... mais de Malone. C'est un rapide avec les jolies nanas ! »
Hermione se sentait faiblir. L'alcool, associé à la sensation du corps et des mains du jeune homme sur sa peau, réveillait les souvenirs de l'été passé. Des flashs violents se mêlaient à la réalité, rendant sa respiration hachée et ses mouvements erratiques. Les flashs augmentèrent de vitesse et la pièce se mit à tourner autour d'elle. Ses mains sur son corps. Sur sa peau nue. Le léger souffle d'une brise d'été. Le plaisir qui montait en elle. Ses caresses, ses morsures, ses… La jeune fille ne parvenait plus à s'ancrer dans la réalité. Elle perdait pied dans ses souvenirs, trop proches de ce qu'elle vivait en cet instant. Les images tourbillonnaient dans son esprit. Le sorcier derrière elle profita de son trouble pour raffermir sa prise et glissa lentement ses mains vers sa poitrine.
De son poste d'observation, Drago vit un changement opérer dans le comportement de la jeune fille elle se faisait maladroite et désorientée. Il se leva brusquement de son fauteuil en voyant que Malone, non content de ne pas aider la jeune fille qui semblait être sur le point de s'effondrer, en profitait aussi pour la tripoter. Il se dirigea à grandes enjambées vers eux, sans se soucier des gens qu'il bousculait sur son passage. Il arriva pile au moment où elle perdit totalement pied et tomba à genoux sur le sol. Le jeune homme se précipita pour la relever, mais Malone s'en était déjà chargé, en profitant pour passer une main baladeuse sur le haut de sa cuisse.
« Lâche-la, Malone, grogna-t-il froidement. Je vais m'en occuper.
- C'est bon, Malefoy, on s'amuse ! Et j'étais là en premier.
- Elle n'a pas l'air de s'amuser. Et si tu continues, tu ne seras bientôt plus là du tout, rétorqua Drago d'une voix menaçante. Ne me pousse pas à bout et donne-la-moi, grinça-t-il en détachant chaque syllabe. »
Le grand brun battit en retraite. Il savait que s'opposer à Drago Malefoy conduisait inévitablement à une humiliation publique et, comme tout Serpentard qui se respecte, il n'y tenait pas. Drago passa le bras de la jeune fille autour de son cou. Celle-ci reprenait peu à peu conscience de ce qui l'entourait, autant que la quantité d'alcool qu'elle avait bu le lui permettait son équilibre était toujours des plus instables et Drago était pratiquement obligé de la porter.
Le sorcier aboya sur un couple de Serpentards étroitement enlacés sur la causeuse pour pouvoir y déposer une Hermione encore bien sonnée. Il s'empara d'un gobelet qui trainait, le nettoya d'un coup de baguette et le remplit d'eau avant de le glisser dans la main de la jeune fille qui le remercia du regard.
« Tu n'as pas l'habitude de boire, semble-t-il… Dit-il en l'observant intensément. Bien étrange de la part d'une Serpentard dans ses dernières années à Poudlard…
- Je… hésita-t-elle. Je ne bois pas si vite d'habitude… Et mes… mes parents m'ont gardée enfermée tout l'été, loin de la moindre goutte d'alcool. Pour, soi-disant, me sevrer, grimaça-t-elle en levant les yeux au ciel en parfaite élève de Serpentard méprisante. Heureusement, la première soirée n'a pas été très longue à arriver. »
Elle s'était bien préparée à adopter une attitude froide et hautaine lorsqu'elle avait décidé de s'inviter à la soirée, mais elle eût un peu de mal à se fondre dans son rôle avec son esprit qui virevoltait entre sa mémoire et l'instant présent. Toutefois, en devinant le sourire satisfait de son interlocuteur dans la pénombre, elle sut qu'elle avait réussi à faire illusion. L'eau aidant un peu, elle parvenait, lentement mais sûrement, à ancrer un peu plus ses pensées dans la réalité.
« Ça va mieux ? Railla le jeune homme. Comment t'appelles-tu ?
- Peu importe, non ? Esquiva-t-elle. Il y a des choses bien plus intéressantes à savoir…
- Malefoy ! Vint couper un sixième année. »
Celui-ci se pencha à l'oreille du sorcier blond accroupi devant la jeune fille, et lui chuchota vivement à l'oreille une information qui semblait importante. Drago se releva et coupa la musique d'un coup de baguette. Chacun se tourna vers leur leader, sachant qu'il n'interrompait jamais une fête sans une excellente raison.
« Il semblerait que notre petite fête ait tellement de succès que certains professeurs veuillent s'y inviter. Partez tous, en petits groupes et dans différentes directions. Empruntez les passages secrets et faites des détours, comme convenu. »
Les Serpentards devaient avoir l'habitude de ce genre d'alerte car c'est très calmement qu'ils vidèrent les lieux, certains s'arrêtant même pour jeter quelques sorts de rangement et de nettoyage dans la pièce. Hermione, elle, peinait à retrouver ses esprits, encore trop embrumés. La nouvelle de l'arrivée du corps enseignant avait toutefois fait son chemin dans son cerveau, mais elle ne savait que faire de cette information. Drago se tourna vers elle après s'être assuré que ses troupes prenaient la bonne direction.
« Joins-toi à l'un des groupes et retourne au dortoir. J'espère que nous pourrons terminer notre… conversation très prometteuse une prochaine fois. Je déteste ne pas finir ce que j'ai commencé, chuchota-t-il à son oreille en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille. »
La jeune fille frissonna et hocha la tête. Le dernier geste du sorcier n'avait rien de tendre, il sonnait presque comme une menace. Toutefois, il sembla ravi de son effet et regagna sa chambre, alors qu'Hermione se mêlait à un petit groupe qui passait dans l'étroite sortie. Les mots qu'il avait prononcé ressemblaient tant à ce vague souvenir qui la hantait encore. Elle fut légèrement bousculée pour l'inciter à progresser plus vite et elle suivit machinalement le groupe, d'un pas titubant.
Ils étaient presque parvenus au premier étage quand Hermione se souvint qu'elle ne se rendait pas dans le même dortoir que ceux de son groupe. Elle ralentit donc de plus en plus l'allure jusqu'à les semer. Prudemment, elle sortit sa baguette et la carte du Maraudeur et se lança dans la direction opposée. Elle décida de passer par l'aile de la bibliothèque, les professeurs se situant à l'opposé, elle n'aurait qu'à surveiller Mme Pince. Prudente, elle guettait tout de même le moindre bruit. Elle était presque arrivée au septième étage quand elle vit avec affolement que le professeur McGonagall, donc les quartiers se situaient à proximité de la tour Gryffondor, avançait vers elle. Elle avisa une salle de classe vide et s'y engouffra, filant se cacher derrière un bureau juste à temps pour ne pas être vue du Professeur McGonagall, qui inspecta la pièce des yeux avant de refermer sèchement la porte.
Le cœur de la jeune fille battait à la chamade. Ce sursaut d'angoisse lui fit retrouver un semblant de sobriété et elle attendit un petit moment, luttant contre le sommeil qui menaçait de la gagner, avant de sortir de sa cachette. Enfin, elle parvint à la salle commune des Gryffondors sans autre encombre que la mauvaise humeur de la Grosse Dame. Il ne restait plus personne de réveillé dans la tour. Elle pria intérieurement pour que personne n'ait pris la peine de vérifier si elle était bien dans son lit. Normalement, ses camarades de chambres savaient que si elle fermait les rideaux de son lit à baldaquins, c'est qu'elle dormait et ne voulait pas être dérangée.
Rapidement, elle se redonna sa véritable apparence et monta l'escalier en colimaçon qui permettait d'accéder à son dortoir, dans lequel elle entra sur la pointe des pieds. La porte grinça un peu lorsqu'elle la referma et Parvati, qui était la plus proche de la porte, grogna et remua dans son sommeil, mais ne se réveilla pas. Elle repensa à la soirée en se changeant. Pourquoi avait-elle besoin de faire tout cela ? Elle se sentait vivante. Et malgré la violence des souvenirs qui l'assaillaient, elle voulait revivre cette soirée encore et encore. C'était comme se promener au bord d'un ravin : on est si proche du danger pourtant, on a l'impression de voler. C'est ce qu'elle ressentait en repensant à ses vieux souvenirs de l'été, désormais. Et elle ferait tout pour en garder le souvenir.
Elle se glissa dans ses draps en soupirant d'aise. La concentration dont elle avait dû faire preuve pour rentrer au dortoir lui avait permis de ne plus penser à la nuit dans l'Allée des Embrumes. La soirée l'avait aussi fatiguée et c'est donc rapidement qu'elle s'endormit, non sans une dernière pensée pour un certain jeune homme mystérieux.
