Et oui, aujourd'hui, c'est à mon tour !
Lorsque j'ai lancé ce défi, c'était à l'origine une idée d'OS pour moi et c'est donc tout naturellement que j'ai décidé de vous livrer aussi ma vision de cet évènement.
Je l'avais écrite avant de recevoir les autres participations, et j'ai vu avec plaisir que tous les OS étaient totalement différents. L'idée que j'avais eu au départ me paraissait évidente, mais après lecture des autres fics, elles sont toutes aussi crédibles finalement.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture :D
L'enfer est pavé de bonnes intentions
Cela faisait trois jours que cette idée l'obsédait. Pourquoi le professeur Dumbledore lui avait-il demandé cela ? Et surtout, pourquoi avait-il donné tous ces détails ?
Potter avait fait preuve d'une inconscience tenant à la folie mais le retour du Seigneur des Ténèbres avait été évité. Dumbledore était revenu à temps et avait trouvé le garçon évanoui dans les sous-sols du château, serrant la pierre philosophale à s'en briser les os. Puis tout avait été très vite : la discussion avec l'alchimiste Nicolas Flamel, la destruction de la pierre, le banquet de fin d'année et le départ des élèves. Le château était alors devenu silencieux et rares étaient les professeurs encore présents. Severus Snape en faisait partie et le Professeur Dumbledore l'avait convoqué dans son bureau pour lui faire une demande un peu particulière : remonter un miroir du sous-sol vers les cachots. Il avait ajouté, l'air de rien : « Il serait dommage de laisser un artefact d'une telle puissance dans sa cachette ». Naturellement, la curiosité du maitre des potions avait été attisée, et il n'avait pu s'empêcher de vouloir en savoir plus. Grand mal lui en avait pris. Le directeur n'avait eu qu'à citer le nom pour qu'il fasse le lien.
Le miroir qui avait la possibilité de montrer le désir le plus cher n'avait pas quitté ses pensées depuis.
Lorsqu'il était descendu sur le lieu de l'affrontement entre Potter et Quirrell, il avait pris un soin particulier à masquer la surface du miroir, et à ne jamais se retourner. Il ne voulait surtout pas céder à l'envie de la revoir. Il savait qu'il n'en souffrirait que plus durement après. Ses bonnes résolutions n'avaient finalement duré que trois jours et il était à présent en train d'arpenter les cachots pour rejoindre la pièce qui contenait le précieux artéfact. Il savait qu'il reverrait Lily dans ce miroir et il n'avait pu résister à cette envie. Le froid de plus en plus mordant des cachots ne l'atteignait pas, il marchait comme un somnambule, il n'hésita pas une seule seconde sur le chemin à prendre. Il avait passé une grande partie de sa vie dans ce labyrinthe et le connaissait comme sa poche. Le chemin lui parut moins long que lors du premier trajet, mais il ne put réprimer un frisson lorsqu'il poussa la porte de la fameuse pièce.
Il allait enfin la revoir. Après toutes ses années, et malgré ses efforts, Son visage devenait de plus en plus flou. Il ne voyait que son expression surprise et son regard vide lors de cette nuit funeste. Il allait enfin pouvoir la revoir, vivante et rieuse, telle qu'elle avait toujours été.
Un léger nuage de poussière s'éleva lorsqu'il fit tomber, d'un coup de baguette, la protection qu'il avait lui-même installée. Il y était enfin ! Il se positionna devant le miroir et attendit. Il verrait enfin Lily dans quelques secondes, après toutes ses années. Cependant, il ne voyait que son reflet.
Il ne comprenait pas. Où était Lily ? Y avait-il quelque chose à faire ? Non, il n'avait jamais rien entendu de tel. C'est alors qu'une idée terrible lui vint. Et s'il ne voyait rien, était-ce parce qu'il ne désirait rien ? Cette idée fit lentement son chemin dans son esprit.
Tout ce qu'il désirait avait été détruit plus de dix ans auparavant.
Après tout, tout ce qu'il aimait avait fini par devenir source de souffrances : sa mère, Lily, son talent pour les potions… Tout. Il vivait comme un mort depuis cette nuit d'Halloween 1981. Finalement, il était normal que le miroir ne lui montre plus rien, car il ne désirait plus rien.
Alors qu'il amorçait un mouvement pour s'éloigner de ce miroir maudit, il vit son reflet bouger. Ou plutôt, seul son bras droit bougea. Lentement, celui-ci s'approcha de sa manche gauche et la remonter jusqu'au coude.
Il fut alors frappé par la pâleur de sa peau, en total contraste avec ses habituelles robes noires. Il voyait chaque veine se dessiner sous sa peau pâle, presque cadavérique. Aucune marque hideuse ne venait balafrer son avant-bras.
Rapidement après l'avoir prise, il avait su que cela avait été la plus grande erreur de sa vie. Les conséquences de sa décision avaient été trop importantes et le prix qu'il avait dû payer avait été bien trop élevé pour lui. La marque représentait toujours une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Le retour du Mage Noir avait été évité de justesse, mais il n'osait imaginer comment les choses auraient tourné si Potter n'avait pas réussi à l'arrêter.
L'absence de marque représentait en fait bien plus qu'un simple tatouage sur son avant-bras, mais elle était le symbole d'une vie faite de possibles. S'il n'était pas devenu mangemort, il n'aurait pas eu à risquer sa vie après la fin de la guerre, il n'aurait pas eu à devenir le pantin de Dumbledore auprès du seigneur des ténèbres, puis devant ces cornichons décérébrés. Il aurait pu vivre une vraie vie, serait peut-être devenu chercheur, ou un potionniste réputé, et pas seulement un professeur réputé pour terroriser ses élèves. Libéré de ce fardeau, il aurait aussi pu envisager une vie en dehors de son travail, peut-être faire le deuil de Lily, et ne plus avoir à dresser ce mur en lui et le monde extérieur. Sa situation instable et le risque du retour du mage noir lui interdisaient de se lier avec quiconque, il ne devait avoir aucune attache qui pourrait constituer des faiblesses. La seule qu'il avait eu plus de dix ans auparavant lui avait servie de leçon.
Il se regarda alors plus attentivement et se rendit compte qu'il était moins pâle, moins maladif que d'habitude. La liberté lui allait plutôt bien.
Un toussotement discret dans son dos le sorti brusquement de sa contemplation.
« J'avais peur que vous ne vous empêchiez de venir. Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ? »
Le directeur sortit alors de l'ombre et ajouta, devant son air d'incompréhension.
« Je savais que vous vouliez voir certaines choses chères à votre cœur. Je me suis dit que cette année avait été particulièrement éprouvante pour vous, et que vous méritiez bien de la revoir, ne serait-ce que quelques instants, une récompense pour votre aide en quelque sorte. Je vous ai donc demandé de vous occuper de ce miroir. Avez-vous vu ce que vous vouliez ?
- Je…. Je pensais aussi la voir… Mais non.
- Qu'est-ce que…
- Je n'ai vu que mon reflet…sans la Marque.
- Je suis désolé, mon garçon, je pensais peut-être vous faire plaisir en vous laissant la voir, mais c'était une erreur de ma part. Je n'aurais jamais dû vous demander cela. Venez maintenant, il n'est jamais bon de rester trop près de ce miroir. Il est source de trop grandes souffrances lorsqu'il ne représente pas la réalité. »
Alors ? (*se ronge les ongles de stress*)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires, ça me fait toujours plaisir :D
Au passage, pour répondre à une question qui m'a été posée, je publie par ordre alphabétique des pseudos des auteurs, comme ça pas de jaloux^^ (ce qui explique pourquoi, je suis en plein milieu, alors que la logique aurait voulue que je me mette en dernière :D)
A demain, pour la suite des publications !
