-« M….., Hermione ! Vite Harry, il faut s'occuper d'elle ! Vite ! » Ron avait pris Hermione en poids et se dirigeait vers la tente lorsque une branche le fit trébucher. Le choc qu'Harry avait réussi à amoindrir en jetant un sortilège de coussinage eu pour effet de réveiller à moitié Hermione.
-« Il faut transplaner, Les policiers, ils savent qui nous sommes. Les moldus du village, il y'en a au moins un qui m'a reconnu, vite, … ». Le reste de ses propos se perdit dans ses gémissements de douleurs avant qu'elle ne reperde connaissance.
-« Ron, je l'installe dans la tente. Toi, dépêche-toi de jeter "canis-dementiae" autour de la clairière. Comme çà si la police nous recherche avec des chiens. Et bien, ils ne seront pas déçus du voyage, je peux te le garantir. » Puis se tournant vers Hermione, il fait un grand geste horizontal de sa baguette accompagné d'un « portacorpus horizontalis ». Comme en lévitation, Hermione se retrouve allongée à un mètre au dessus du sol et Harry n'a plus qu'à la pousser vers la tente.
Les quelques mots qu'elle avait pu balbutier ont littéralement épuisée Hermione qui git à présent livide sur une des couchettes, la jambe secouée de spasmes. Harry reste un instant les yeux fermés, essayant de calmer les battements de son cœur qui bat la chamade tant il craint d'augmenter les dégâts qu'il va découvrir une fois qu'il aura déchiré la jambe du jean d'Hermione. Après quelques instants, il ouvre les yeux, pointe sa baguette vers le bas du jean et murmure doucement « Diffindo ». Lentement, le tissus se déchire dévoilant la cheville et la jambe maculées de sang, puis jusqu'en haut de la cuisse. Harry ne peut réprimer un haut le cœur en découvrant la blessure d'Hermione. Sur la face antérieure de la cuisse, la peau a disparu, laissant le quadriceps et les tendons visibles, seulement recouvert par le fascia. Sur le pourtour de la plaie, quelques lambeaux de chairs pendent, comme si la peau avait été arrachée d'un coup sec.
Harry se retourne vers le sac en perle d'Hermione et d'un « Accio essence de dictame » en fait jaillir le flacon d'essence de dictame. Il se retourne à peine lorsque Ron franchit le seuil de la tente.
-« C'est fait. J'ai rajouté une invention de Fred : bousequicolle. Ça devrait les amuser, … ». Sa voix se brise lorsqu'il réalise l'ampleur des blessures d'Hermione.
La baguette en main, Harry fait un rapide geste circulaire ponctué d'un « Asseptio totalis » qui colore un bref instant l'air ambiant d'une froide lueur bleutée, puis il renouvelle l'opération en pointant sa baguette vers la jambe d'Hermione.
-« Ron, si tu veux bien m'aider à me désinfecter les mains, je ne tiens pas à ce qu'elle nous attrape la gangrène ».
Une fois le sort jeté par Ron, Harry entreprend de replacer les lambeaux de peaux après avoir stoppé les saignements d'un « EpiskeÏ ». Puis il répand sur la plaie une généreuse rasade d'essence de dictame. Après l'habituel dégagement de vapeur verdâtre, la plaie se recouvre d'une mince peau neuve.
-« Ouf » fait Harry « On s'en est plutôt bien tiré. J'avoue que je craignais pire que çà quand j'ai vu tout ce sang. Par contre » et il regarde le visage livide d'Hermione « Elle a quand même perdu pas mal de sang. J'espère qu'elle avait prévu dans sa trousse de secours de la potion de régénération sanguine sinon on est mal ». Il sort sa baguette et la pointe vers le sac en perles posé sur la table de chevet. « Accio potion de régénération sanguine ». Un flacon contenant une potion rouge-sang jailli du sac. Harry l'attrape et lit rapidement l'étiquette.
-« dix gouttes heures dans un verre d'eau toutes les trois. Ron, passe-moi un verre s'il te plait ! »
-« De la sève de vigne-sang, c'est çà qu'il nous faudrait » fit Ron « Charlie en à toujours avec lui quand il travaille sur des jeunes dragonneaux qui font leurs dents, qu'il m'a dit. Il en rajoute quelques gouttes à la potion de régénération sanguine en cas d'urgence vu que ces charmantes petites bestioles peuvent faire parfois beaucoup de dégâts. L'ennui c'est que je ne me souviens pas des proportions ».
-« Ecoute. On va voir déjà si elle a çà dans son nécessaire à potion et après on avisera. Accio nécessaire à potion ! »
En fait de nécessaire à potion, c'est une petite malle recouverte de cuir noir qui jaillit du sac d'Hermione. Une fois la serrure ouverte, elle révèle son contenu, une série de casiers, de petits tiroirs méthodiquement étiquetés et sur la face avant, un plateau qui se déploie avec l'emplacement réservé pour un petit chaudron et son foyer. Les compartiments et tiroirs révèlent leur contenu, un vaste assortiment de pots, fioles et divers ustensiles
-« Par Merlin », fit Harry, « elle prévoit vraiment tout. On me dirait qu'elle a dévalisé la réserve personnelle de Rogue que çà ne me surprendrait pas plus que çà ». Puis ouvrant un dernier compartiment de la malle, il en sort un exemplaire du manuel avancé de préparation des potions. La reliure était usagée et semblait étrangement familière à Harry qui ouvrit immédiatement le livre. Sur la page de garde une inscription y avait été rajoutée à la plume : ce livre appartient au Prince de Sang Mêlé.
-« Elle est proprement géniale. Je ne trouve pas d'autre qualificatif, elle est génialissime. Je me suis toujours demandé ce qu'elle trafiquait les derniers jours avant qu'on ne quitte Poudlard. En fait elle récupérait tout ce qu'elle jugeait potentiellement utile ». Puis il commence à chercher dans l'index tout ce qui concerne la potion de régénération sanguine, avec l'espoir que Rogue y ait peut-être ajouté une annotation à propos de la sève de vigne-sang. « Régénération sanguine, … . Potion de régénération sanguine, page 628. On y va. » D'un doigt fébrile, Harry tourne en hâte les pages pour arriver à la page 628.
Au premier coup d'œil, il repère un paragraphe barré d'un trait de plume et accompagné d'une annotation en marge.
-« Première prise, verser sept gouttes de potion de régénération sanguine dans un gobelet d'argent et y ajouter trois gouttes de sève de vigne-sang. Recommencer l'opération pour les prises suivantes en diminuant le nombre de gouttes de sève de vigne-sang d'une unité à chaque prise et en la remplaçant par une goutte de potion de régénération sanguine. Attention, la potion de régénération sanguine doit impérativement être versée de la main gauche et la sève de vigne-sang de la main droite » Tout en relisant les instructions, Harry ouvre un à un les compartiments jusqu'à sortir un petit gobelet d'argent. « Les potions sont bien le seul domaine dans lequel je fais confiance à Rogue. Maintenant, y'a plus qu'à. »
La potion semble faire effet à la grande satisfaction d'Harry et Ron qui ont tirés deux fauteuils à côté du lit d'Hermione. En quelques minutes, elle commence à reprendre des couleurs puis ouvre finalement les yeux avant d'essayer d'articuler quelques mots d'une voix faible.
-« J'ai paniqué. J'ai paniqué quand j'ai vu que les policiers moldus étaient après nous, et …. »
-« Calme-toi » fit Ron en lui prenant la main« Tu t'es désartibulée. Mais Harry s'est occupé de toi. Maintenant, tu as besoin d'une bonne nuit de sommeil et demain matin on avisera ».
Hermione essayait de se lever mais tout ce qu'elle parvint à faire s'est s'appuyer sur ses coudes avant de retomber d'un coup sur la couchette en balbutiant un « faut transplaner ».
-« Tu ne tiens pas debout et tu veux transplaner ? Ecoute ma vieille, tu as perdu pas mal de sang donc maintenant tu restes couchée sinon j'utilise le sortilège de l'Imperium » fit Harry. « J'ai renforcé les sortilèges de protection et cette nuit Ron et moi, on va monter la garde à tour de rôle. On transplanera, oui, mais pas avant demain matin et que tu ais un peu récupéré. D'ici là, je vais essayer de réfléchir à un endroit tranquille où nous poser. »
Un peu plus tard dans la nuit
Avachi dans un des fauteuils, Harry est réveillé par Ron qui vient de finir son tour de garde et qui vient de poser deux lapins morts sur la table.
-« Comme çà on aura de quoi manger. Et puis ce sera bon pour Hermione. A propos, elle va comment ? ».
-« Bien. Pas de fièvre et elle dort comme un nouveau-né. Je l'ai juste réveillée deux secondes pour lui donner sa potion de régénération sanguine. Une fois de plus, Rogue savait ce qu'il faisait en contredisant les instructions officielles. Et toi ? ».
-« J'commence à être claqué. Je vais essayer de somnoler un peu. Sinon, rien à signaler ». Il s'allonge et semble sur le point de s'endormir lorsqu'il se retourne « Ah si. Un truc bizarre. Je sais que dans le noir on à l'impression de voir, d'entendre trente six mille choses, surtout quand on est aux aguets. Mais j'ai vu, ou j'ai cru voir une silhouette roder autour de la clairière et, tu vas rire, j'ai cru l'entendre murmurer « Vigilance constance, M. Weasley, vigilance constante ». Je devais rêver les yeux ouverts. En tout cas, je suis claqué ». Et il s'endort cette fois pour de bon
-« Fol-Œil. Pour sur c'est qu'il nous disait tout le temps « Vigilance constante ». C'est sur qu'on a intérêt à être vigilant. Surtout si la police moldue est après nous. Encore que j'aimerais bien savoir qui les a mis sur notre piste. » Se dit Harry en lui même avant de sortir de la tente pour prendre son tour de garde.
Au petit matin, ils transplanèrent après avoir soigneusement effacé toute trace de leur passage dans la clairière. Après l'habituelle sensation de passer à travers un tuyau de caoutchouc, ils arrivèrent sur le rivage d'une île. A l'air chargé d'embruns, il était clair qu'ils se trouvaient loin au large.
-« On est où là ? » fit Ron.
-« St Kilda, dans les Hébrides extérieures. C'est le premier endroit isolé auquel j'ai pensé. J'ai vu un documentaire à la télé un soir que mon Oncle et ma Tante étaient sortis. L'ile est inhabitée depuis plus de 70 ans et mis à part des techniciens de l'armée qui viennent de temps à autre s'occuper des antennes sur le sommet, il ne vient jamais personne. »
-« Et ces bicoques. Pour un endroit abandonné, elles m'ont l'air d'être en rudement bon état. Tu ne crois pas qu'on risque une visite impromptue ? » Fit Ron en montrant la rangée de maisons basses qui s'alignait à quelques dizaines de mètres de la grève.
-« Je ne pense pas. En tout cas, une fois à l'abri, je m'occupe de jeter tous sorts de protection habituels ». Pui se tournant vers Hermione qui s'appuie lourdement sur l'épaule de Ron et qui ne semble tenir debout par la grâce à Merlin. « Et toi ma vieille » et il lance à nouveau un « portacorpus horizontalis » sur Hermione qui ne peut que protester avant de se retrouvée allongée à nouveau à un mètre du sol et poussée vers la maisonnette la plus proche par Ron qui, d'un geste prévenant, a posé sa veste sur elle pour la protéger de l'humidité ambiante.
La petite bâtisse aux murs de pierre se révèle être un excellent abri. Au dehors, les éléments se sont déchainés en quelques instants. Par la petite fenêtre qui apporte un peu de lumière à la pièce unique, ils voient les sommets de l'île disparaitre, voilés par les nuages et les rideaux de pluie.
Pendant que Ron installe Hermione sur une des couchettes et entreprend de démarrer un feu dans la cheminée, Harry finit de jeter les habituels sorts de protection et d'alerte autour de la maison.
Un peu plus tard dans la journée
Par acquis de conscience, Ron et Harry avait tenu à faire régulièrement une ronde afin de s'assurer qu'ils étaient vraiement seuls sur l'île et la nuit commençait de tomber lorsque Harry fit son entrée après son tour de garde. Littéralement vidé, il fit cependant l'effort de rester éveiller le temps de partager le repas qu'avait préparé Ron. Le dernier lapin accompagné d'un plat de pates.
Une foi la dernière bouchée avalée, il alla s'affaler sur sa couchette. Mais, encore à moitié transi de froid, il sortit la Carte des Maraudeurs de sa pochette.
Une fois la carte ouverte, ses yeux se portèrent automatiquement vers la tour de Gryffondor. Dans la salle commune, un petit groupe d'élève était rassemblé malgré l'heure tardive : Ginny, Neville, Dean, mais aussi Luna et quelques élèves qui avaient formé le noyau de l'Armée de Dumbledore. Mais, plus que tout, un nom attira son attention. En proie à une soudaine excitation, il appela doucement Ron qui était resté au chevet d'Hermione.
-« Ron, viens voir, sur la carte »
Appuyé sur l'épaule de Harry, lui aussi n'en crut pas ses yeux. Au milieu des noms des élèves apparaissait un nom en grisé, celui d'un fantôme, Alastor Maugrey.
