-« On ne peux plus rester comme çà sans rien faire. Rogue à sous-traité la question de la discipline aux Carrows. J'en ai fait les frais une fois. Maintenant çà suffit. A côté de ces deux psychopathes, Rusard est doux comme un boursouflet.

En grande discussion avec Colin Creavey, Ginny est brusquement interrompue par le Professeur Mc Gonnagal.

-« Mademoiselle Weasley ! Je ne doute pas de l'importance de votre conversation. Mais je vous serais reconnaissante de bien vouloir prêter un minimum d'attention à mon cours ! »

Même si le Professeur Mc Gonnagal désapprouvait la ligne pédagogique de Sévérus Rogue et de ses acolytes mangemorts, ce n'est pas pour cela qu'elle avait renoncé à maintenir la discipline et le niveau d'excellence de ses élèves de sixième année. Tandis qu'elle reprenait ses explications sur les erreurs à ne pas commettre en matière de métamorphose protéiforme, Colin avait sorti de sa poche son gallion ensorcelé. Il faisait parti de ceux qui l'avaient conservé précieusement. A l'abri de son pupitre, il le montra discrètement à Ginny.

-« Hermione avait trouvé le truc pour berner Ombrage. Le hic est que seul son gallion pouvait envoyer un message. Pour communiquer entre nous au sein de Gryffondor, on y arrivera toujours. C'est pour passer les messages à ceux des autres maisons que çà risque de coincer. »

Colin fit un geste de la tête en direction des élèves des autres maisons. Les élèves de chaque maison regroupés à une table, bien séparée des autres. Telle était la conséquence d'un des innombrables arrêtés éducatifs que Roque avait pris. Officiellement pour favoriser un travail sérieux et appliqué, dans la pratique pour limiter au strict minimum les échanges entre les différentes maisons.

-« On trouvera un moyen, …. » mais il fut interrompu par le Professeur Mc Gonnagal.

-« Monsieur Creavey, ne m'obligez pas à vous donner une retenue. En attendant, j'enlève cinq points à Gryffondor ! ».

Un peu plus tard dans la journée, Ginny et Luna ont enfin réussi à tromper la vigilance de Rusard, des Carrows et de la Brigade Inquisitorial réactivée par Rogue pour se cacher dans les toilettes des filles du deuxième étage, ceux habituellement occupés par Mimi Geignarde.

-« Tiens, tiens, tiens. La rouquine et la maboule. Alors les filles, on complote contre Monsieur le Directeur ? » Discrètement, Peeves c'était rapproché de Ginny et Luna en grand conciliabule « Je devrais immédiatement prévenir Rusard, oh oui » fit-il de sa voix caquetante « Je vais prévenir Rusard, ou bien peut-être même les Carrows ».

Ginny se retourna d'un coup, le regard noir, et fit face à Peeves qui se dirigeait vers le couloir.

-« Peeves, tu me déçois ! ». A cette interjection, Peeves se retourna pour regarder Ginny, une lueur étrange dans les yeux. « Oui, tu me déçois. « Je te croyais dans notre camp quand tu rendais la vie impossible à Ombrage. » Son ton se fit lourd de mépris. « Je te croyais sincèrement affecté lorsque Rogue a assassiné le Professeur Dumbledore, mais visiblement la seule chose qui compte pour toi c'est qu'il y ait du désordre. Alors, va nous dénoncer à Rusard, aux Carrows ou bien même à Tu-Sais-Qui si tu en as l'envie. Finalement tu n'es pas un esprit frappeur, mais juste un esprit frappé. Allez, maintenant disparait de ma vue ! » Fit-elle à Peeves qui avait blêmi sous l'insulte au point de devenir presque transparent, comme un fantôme.

Soudain, Ginny et Luna se retournèrent brusquement, baguette pointée vers l'entrée des toilettes. Le regard de Peeves les avait mis en alerte quand son visage s'était changé en un masque de terreur pure.

Traversant le mur, Nick-Quasi-Sans-Tête et le Baron Sanglant venaient d'apparaître, accompagné de la Dame Grise et du Moine Gras. Et à présent, les fantômes des quatre maisons dévisageaient Peeves, le regard sévère. Même Nick, habituellement prompt à essayer de prendre la défense de l'esprit frappeur hochait la tête lentement avec tristesse. Les quatre fantômes restèrent silencieux un long instant avant que le Baron Sanglant ne prenne la parole, la voix encore plus rauque que de coutume.

-« Peeves. Nous avons déjà longuement délibéré de ton cas, de ton comportement déplorable qui porte atteinte à l'image de la communauté des fantômes toute entière. Au cours des siècles, J'ai eu la bonté de te mettre en garde à tant de reprises que j'en ai perdu le compte. Mais ta conduite depuis la rentrée a eu des conséquences inacceptables, nous allons donc, ….

Le Baron s'interrompit. Dans le couloir, Mimi Geignarde parlait à quelqu'un.

- « Venez, Professeur, elles sont là ».

- « Mince, on s'est fait avoir comme des bleues. Je ne pensais pas que Mimi nous trahirait.

Dans les toilettes, Ginny et Luna étaient à présent livides dans l'attente de la catastrophe qui semblait imminente et inéluctable. Mimi venait d'entrer dans les toilettes et s'arrêta un instant pour s'excuser, réalisant qu'elle perturbait une réunion des principaux fantômes de Poudlard.

-« Je vous demande pardon Baron, mais j'ignorais que vous étiez là vous aussi »

Mais derrière elle, la porte ne s'ouvrit pas pour laisser passer les Carrows. A la place, Ginny et Luna eurent la surprise de découvrir une silhouette terriblement familière traverser la porte. Grand, le visage marqué de cicatrices, un œil magique, et une jambe de bois se terminant par une griffe en guise de pied.

-« Professeur Maugrey ! » Crièrent-elles en cœur.

-« Oui, en personne. Ou plutôt en fantôme ». Sa voix était toujours aussi éraillée. « Voldemort m'a peut être tué, mais je n'aurais pas de repos tant qu'il n'aurait pas été mis hors d'état de nuire. Et cette fois définitivement, mesdemoiselles » fit il, un semblant de sourire illuminant son visage ravagé par les cicatrices.

Ginny et Luna s'étaient approchée pour s'assurer qu'elles ne rêvaient pas. Après un instant, Ginny essuya une larme avant de s'avancer et tendre la main. Peu importe la sensation de froid, elle voulait serrer la main de Fol-œil.

-« Vous nous avez terriblement manqué. Non, vous nous manquez, Professeur. »

Si la chose était possible, il leur semblait que le fantôme de Fol-œil avait rougi l'espace d'un instant.

-« Oui, bon » grommela t'il, comme gêné. « Bien, Mimi m'a parlé de vos intentions. J'approuve sans réserves bien entendu, mesdemoiselles. Mais vous allez avoir toutes les peines du monde pour communiquer entre élèves des différentes maisons. Rogue a bien verrouillé son affaire et je crains que dans l'immédiat, votre absence de la salle à manger à l'heure du repas ne soit très vite remarquée. Nous allons devoir donc être plus malin que ces salopards. Et je pense que la communauté fantômes va avoir son rôle à jouer. Nous sommes morts donc, et mis à part un basilic, nous ne craignons plus rien. Potter ayant eu l'amabilité de s'occuper de celui qui habitait la Chambre des Secrets, nous sommes donc tranquilles de ce côté là. Pour l'heure » et il se tourna vers Peeves qui n'avait pipé mot et qui triturait frénétiquement son chapeau « Nous devons faire en sorte que ces jeunes personnes n'encourent aucune sanction. Donc une fois que nous aurons quitté ces lieux, je compte donc sur ton ingéniosité pour monter un stratagème et faire mine de les piéger ici. » Puis se tournant vers Nick-Quasi-Sans-Tête. « Sir Nicholas, sans vous commander, vous irez prévenir un membre de l'équipe enseignante, en évitant autant que possible Rogue et les Carrows, que Mlles Weasley et Lovegood sont bloquées en ce lieu ».

« Maintenant, parlons communication entre les élèves des différentes maisons. Si les étudiants sont sévèrement encadrés, nous, en revanche, sommes libres de nous déplacer à notre guise dans toute l'école. Et bien, nous nous ferrons les porteurs des messages de ces jeunes gens. Nous les aiderons, les protégerons, et ce jusqu'à ce que Voldemort soit définitivement mis hors d'état de nuire. Oui, voilà ce que nous allons faire ».

Les premières lueurs de l'aube filtraient à travers les fenêtres lorsque Sévérus Rogue fut réveillé en sursaut par le vacarme de quelqu'un qui tapait à la porte de son bureau et qui vociférait.

-« Vas-tu t'ouvrir, saloperie de porte ! »

Le vacarme allait crescendo et Sévérus dut s'habiller en toute hâte avant de descendre dans son bureau. Dans son cadre, le portrait Professeur Dumbledore semblait aux anges, le regard pétillant d'un plaisir non dissimulé derrière ses lunettes en demi-lune.

-« Mon cher Sévérus, je parie un sac de Suçacides que le groupe qui se fait appeler Armée de Dumbledore a encore fait des siennes ».

Sévérus regarda un instant le portrait de son prédécesseur avant de se diriger vers la porte tout en lâchant un « tenu » du coin des lèvres.

Une fois la porte ouverte, il découvrit la cause de tout se tintamarre. Littéralement en transe, les Carrows se mirent à parler sur un rythme si rapide qu'il devait se concentrer pour comprendre ce qui se passait tant le propos des Carrows semblait confus.

-« C'est encore ces sales gosses qu'on fait le coup, tout barbouillé de partout, m'en vais en attraper deux ou trois et leur infliger Doloris ».

Au bout de trente secondes de cette logorrhée, Rogue sentit que le mal de tête était proche et il coupa s sèchement Alecto qui avait relayé son frère.

-« Il suffit. Maintenant, montrez-moi l'objet du délit ! »

Entrainé par les Carrows qui avaient été rejoins par un Rusard dont les bajoues tremblaient tant il semblait en colère, Sévérus découvrit vite ce qui s'était passé.

Dans la nuit, quelqu'un avait inscrit sur les murs du grand escalier et du hall des slogans vengeurs appelant à la révolte et soutenant Harry.

-« Armée de Dumbledore, le recrutement continue ».

-« Vive Harry Potter ».

-« Carrows – Veracrasse ».

-« Thickness, mini ministre de la Magie ».

-« Voldemort, sang-mêlé, pur-assassin »

-« Ce qui ne nous pas nous renforce »

Rogue resta silencieux un instant avant de se tourner de gauche puis de droite. Les tableaux accrochés étaient si nombreux qu'il pensa vite trouver des témoins. A sa grande surprise pourtant, la majorité des tableaux étaient vide de tout occupant.

Dans un tableau du palier, un troll observait Rogue tout en faisant de grands gestes accompagnés d'un grognement qui ressemblait à un rire.

-« Et évidemment, les occupants des tableaux n'ont rien vu ». Fit-il à Rusard.

-« Je l'ignore, Monsieur le Directeur. Mais, j'entends un bruit de poney. Je pense que le Chevalier au Catogan éclairera notre lanterne ».

Précédé du son d'un poney trottant, le Chevalier au Catogan apparu dans un tableau du grand hall. Aussitôt Rogue l'interpella. Mais sa réponse arracha un grognement de mécontentement aux Carrows tandis que Rogue se bornait à un rictus indéfinissable.

-« Non, Monsieur le Directeur. Je n'ai rien vu de tout ce que vous me dites. Et je doute que vous ayez beaucoup de témoins. Oui, Monsieur le Directeur, cette nuit nous étions tous réunit dans la fresque du couloir du 3ème étage de l'aile nord pour notre premier concours de cul-de-chouette de l'année. Et sans me vanter, je dois vous avouer que j'ai encore joué de manière grandiose. Maintenant, je vous souhaite bien le bonjour ».

Tandis que le Chevalier au Catogan s'éloignait, passant de tableau en tableau, Rogue ne pu s'empêcher de penser que ces « sales gosses » comme les appelaient les Carrows ne manquait pas de cran à défier ainsi son autorité. Il fut interrompu dans ses pensées par l'impression que quelqu'un l'observait. Il n'eu pas besoin de chercher longtemps, sur le palier du 1er étage, le Professeur Mc Gonnagal le regardait, un sourire ironique sur les lèvres. Tandis que cette dernière faisait demi-tour, Rogue entendit le tintement familier des cristaux apparaissant ou disparaissant dans les sabliers de chaque maison. A sa grande surprise, il vit une quantité appréciable de cristaux apparaitre dans les sabliers, de Gryffondor, puis de Poufsouffle et enfin de Serdaigle. Mais aucun dans celui de Serpentard.