Eh oui c'est un miracle : moins d'un mois entre deux chapitre !
Voila ce que ça donne quand je suis pressée. ;)
(C'est là que vous allez me demander pourquoi je ne suis pas pressée plus souvent...)
Un chapitre qui signe donc un tournant majeur dans l'histoire. Il est légèrement plus court que les précédents mais j'espère d'aussi bonne qualité...
N'hésitez pas à me faire partager votre avis bien sûr !
Disclaimer : (veuillez insérer le disclaimer-type dans l'espace prévu à cet effet...)
Bonne lecture ! :D
Un bruit sourd retentit dans tout l'étage de la vieille demeure obscure tandis que Sirius ouvrit la porte de la cuisine d'un coup d'épaule maladroit. Avec un petit gémissement de douleur, il se dirigea lentement vers le réfrigérateur dans l'espoir d'y trouver de quoi étancher sa soif obsédante.
Même l'odeur âcre de moisissure ne parvenait plus à se frayer un chemin parmi le tourbillon de ses sensations désordonnées jusqu'à son esprit fiévreux. Le monde autour de lui semblait se métamorphoser à chaque pas supplémentaire et le moindre bruit lui explosait dans les oreilles sans qu'il ne comprenne pourquoi.
Du revers de sa main droite, il essuya la sueur qui lui dégoulinait dans les yeux avant de se pencher laborieusement vers la poignée. Le contact froid du métal sur sa peau manqua de lui arracher un cri et il ouvrit le réfrigérateur d'un grand mouvement. Les yeux écarquillés de stupeur, Sirius resta figé devant la porte ouverte un instant avant de réaliser avec horreur que celui-ci était vide. Complètement vide. Plus rien. Aucune bouteille de bière. Même pas une malheureuse petite canette oubliée.
Son cerveau mis un certain temps pour digérer l'information. Une angoisse sourde le submergea, emportant ce qui lui restait de conscience, lorsqu'il se tourna vers les placards de bois sombres derrière lui. Un mauvais pressentiment lui serrait la poitrine, le paralysant peu à peu. La respiration haletante et les mains tremblantes, il ouvrit toutes les portes à la recherche d'une bouteille d'alcool quelconque et c'est avec un frisson d'effroi qu'il comprit.
Remus…
Sirius essaya tant bien que mal de rassembler ses souvenirs brumeux de la matinée. Il s'était réveillé dans son lit saccagé au côté de son ami encore endormi. Il était ensuite descendu en premier dans la salle à manger pour réfléchir au calme. Remus l'avait rejoint et ils avaient discuté autour de la grande table. La mâchoire de Sirius se crispa alors que celui-ci se remémora le regard inquiet et plein de sollicitude que lui avait jeté son ami.
Mais quand ? Quand s'était-il fait avoir ? Pourquoi ne pouvait-il pas se souvenir de l'évident ? Devant le manque de coopération de son cerveau, Sirius poussa un grognement de frustration. Submergé par de nombreuses et violentes émotions, il perdait progressivement ce qu'il lui restait de contrôle sur son corps, c'est-à-dire pas grand-chose. Ses mains s'agitaient dans tous les sens, griffant de ses ongles abimés la peau de son visage tandis qu'il luttait pour garder un semblant de calme.
Quand ? A quel moment ?
Sirius avait l'impression que sa chemise trempée de sueur lui collait de plus en plus à la peau, l'empêchant de respirer convenablement. Il arracha trois boutons en essayant de s'en débarrasser dans la précipitation et il finit par abandonner, un bras encore enfilé et la moitié du torse dénudé.
Un détail, un TOUT petit détail… Que s'est-il passé ?
Il saisit sa tête brulante de ses deux mains moites avant de se laisser tomber. Un petit râle de douleur s'échappa de ses lèvres abimées lorsque ses genoux rencontrèrent le carrelage sale de la cuisine. Il devait se souvenir. Chercher dans sa mémoire. Trouver ce petit détail. Si petit et pourtant si important maintenant.
LE THE ! C'est le thé ! Il s'est fait un thé ! Rah…
Les pupilles dilatées, la bouche entrouverte, Sirius écouta les battements affolés de son cœur retentirent dans ses oreilles tandis que son sang pulsait dans ses veines comme de la lave en fusion. Il avait trouvé. Enfin. Remus s'était préparé un thé et, pendant que Sirius décuvait dans la salle à manger, il en avait discrètement profité pour lui subtiliser toutes ses bouteilles. Maintenant que le rideau de fumée de sa mémoire s'était déchiré, la scène se déroulait clairement dans son esprit Sirius voyait chacun des gestes de son ami avec une étonnante précision. Il avait prévu de le faire avant même d'avoir cette maudite idée de pari ! Depuis le début il n'avait pas eu confiance en lui. Jamais il n'avait réellement cru en lui. Et maintenant il se jouait de lui. Il devait bien rire du résultat !
Remus… Remus, REMUS ! JE… JE TE…
Partagé entre une colère froide et un terrible sentiment d'abandon, Sirius resta immobile un instant avant de se redresser d'un bond. Ne sachant que faire pour atténuer la tempête qui faisait rage dans son crâne, il saisit une assiette dans l'évier à sa droite et la jeta de toute ses forces par terre. Celle-ci se brisa en de nombreux morceaux de porcelaine jaunis avec un grand fracas. Nullement apaisé par le geste, il balaya toute la vaisselle entreposée au bord de l'évier d'un grand mouvement de bras.
REMUS !
Sirius s'écroula à quatre pattes parmi les nombreux débris qui déchiraient la paume de ses mains blafardes. Un haut-le-cœur parcouru tout son corps et il vomit un mélange acide de salive et de bile. Agité de violents spasmes, il se sentait de plus en plus faible tandis que sa vision se troublait.
Remus… Je… ne peux pas…
Les poings ensanglantés et crispés sur les carreaux froids du carrelage, il poussa un cri rauque de désespoir et de douleur semblable à celui d'un animal blessé avant de se laisser tomber sur le côté, le souffle coupé par la souffrance. Il ne savait plus dire si c'était son corps ou son cœur qui le faisait le plus souffrir mais des larmes dégoulinèrent le long de son visage émacié, se mélangeant avec son sang et sa salive sur le sol.
Je… t'en…prie…
Le bruit d'une porte que l'on referme discrètement brisa le silence pesant de la grande et sombre demeure Black. Quelque part dans les étages une horloge sonna six coups. Bientôt on n'entendit plus que les grincements du vieux parquet sous les pas d'une ombre qui se faufilait rapidement de pièce en pièce.
C'est le souffle court, les yeux remplis d'inquiétude, que Remus apparu dans l'embrasure de la porte de la cuisine, les joues et le nez encore rougis par le froid extérieur. Il resta un instant pétrifié devant le corps ensanglanté de son meilleur ami inanimé au milieu d'éclats de porcelaine et d'un mélange de sang et de vomi à l'odeur insoutenable.
Lorsqu'il vit la poitrine de celui-ci se soulever au rythme régulier de sa respiration, Remus poussa un soupir de soulagement et s'approcha précautionneusement de lui. Avec un petit sourire triste, il essuya les larmes encore accrochées aux longs cils de Sirius puis posa doucement sa main froide sur son front pour estimer sa température.
Celui-ci ouvrit alors des yeux rouges et gonflés et fixa Remus d'un air hagard, comme s'il ne le reconnaissait pas. Après quelques secondes à observer le visage de l'inconnu, Sirius murmura d'une voix rauque : « Pourquoi… ? »
« Je… j'avais un mauvais pressentiment donc je suis venu vérifier que tu allais bien. » lui répondit doucement Remus en repoussant du bout de ses doigts les longues mèches de cheveux sombres du visage épuisé de son ami. « Je suis désolé. »
Sirius ferma les yeux un instant. Tout d'un coup, il ressemblait plus que jamais à un cadavre, livide et immobile, tandis qu'il rassemblait difficilement les fragments de mémoire qui lui revenaient peu à peu.
« Tu… Tu avais raison… » finit-il par soupirer en fuyant le regard surpris de son ami.
« Ça m'arrive de temps en temps… » lui répondit Remus avec un petit sourire triste. « Mais parfois je préfèrerais que ce ne soit pas le cas. »
Sirius attrapa le poignet droit de Remus d'une main tremblante et celui-ci s'assit à côté de lui pour lui permettre de reposer sa tête sur ses genoux, comme un chien allongé sur son maître. Ils restèrent ainsi en silence pendant quelques minutes puis Sirius fit mine de se redresser. Alors qu'il s'appuyait en grimaçant sur ses paumes écorchées, il plongea son regard dans celui rassurant de Remus.
« J'ai besoin…d'aide… »
Une terrible sensation de vertige le prit alors et il s'affaissa péniblement sur les genoux de son ami. Il réprima un nouveau haut-le-cœur tandis que le monde se remettait à tourner tout autour de lui. Frustré de se sentir aussi faible devant celui qu'il avait promis de toujours protéger avec James et Peter, il serra les dents mais ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes et il se laissa doucement sombrer dans un sommeil sans rêves.
« Je suis là. Et je continuerai de l'être. Toujours. » lui affirma Remus en regardant les traits de son visage se détendre progressivement.
Et voila pour le retour de Remus qui apparaitra donc dans les chapitres à venir comme un véritable personnage principal ! (enfin ! me direz-vous)
J'essaye de me dépêcher mais je ne peux rien vous promettre, en attendant n'hésitez pas à réagir ! Même vous les nombreux visiteurs fantômes ! :p
Et si l'histoire vous plait vous savez quoi faire...
