Hey !
Je crois que je suis étonnamment efficace ces derniers temps, en grande partie grâce à ceux qui laissent des reviews ! Ca me booste et j'écris à toute allure ! x)
D'ailleurs, ptitepointe m'a fait pensé que si jamais vous avez une idée, un détail ou même une scène qui vous plairait, n'hésitez pas à me PM ! ;)
Dans ce chapitre apparaît pour la première fois, il me semble, un POV Remus. Je pense alterner maintenant les POV Sirius et Remus (pas forcément par chapitre) pour pouvoir mieux développer le personnage de Remus.
Disclaimer : ...
Bonne lecture ! :D
Il fait chaud.
Encore endormi, Sirius dégagea péniblement ses bras de l'épaisse couverture dans laquelle il était emmitouflé. Sa peau luisait de sueur et ses cheveux humides se collaient le long de son visage épuisé. Quelque chose remua à sa droite puis il sentit quelqu'un poser sa main froide sur son front. Il essaya d'ouvrir les yeux mais ses paupières semblaient ne pas vouloir se soulever et il abandonna avec un grognement sourd avant de sombrer de nouveau dans un sommeil profond.
La vieille et grande horloge du salon fit retentir huit coups. Allongé sur le long canapé de velours vert en face de la cheminée, Sirius se réveilla en sursaut. Les yeux écarquillés par la surprise, il fixa les moulures du plafond avec perplexité. Il tourna péniblement la tête vers sa droite et aperçut les braises rougeoyantes d'un feu mourant dans l'âtre de pierre. Sur la table basse, l'album photo à la belle couverture rouge avait été ramassé puis posé à côté d'une bouteille vide de vodka (ornée d'une jolie oie grise).
Où-suis-je ?
La bouche pâteuse, les yeux irrités et le corps encore paralysé par le sommeil, Sirius somnolait paisiblement, laissant son esprit vagabonder à la recherche de sa mémoire perdue. Il se souvenait vaguement d'avoir paniqué puis de s'être démené avec sa vaisselle. Il se rappela alors soudainement d'avoir ressenti une terrible douleur lorsque des morceaux de porcelaine lui avaient déchiré les paumes. D'une main hésitante, il effleura les fines marques rouges qui ornaient sa peau. Elles étaient propres et nettes, comme si elles dataient déjà de plusieurs jours.
Combien de temps s'est écoulé pendant que je dormais ?
Sirius se redressa avec un grognement sourd. Des taches noires envahirent son champ de vision et il prit sa tête entre ses mains le temps qu'elles s'estompent peu à peu. D'un geste, il rejeta la couverture émeraude de l'autre côté du canapé et il posa ses deux pieds nus sur le vieux tapis mité. Il passa sa main dans ses cheveux et prit une grande inspiration. Malgré le fait qu'il ne portait plus de chemise et qu'on était encore en plein hiver, la chaleur du feu de cheminée suffisait à le réchauffer et il se sentait bien.
Soudain, un bruit d'origine inconnue brisa le silence habituel de la maison Black et lui fit dresser l'oreille. Il bloqua sa respiration dans l'espoir de trouver la source de cette perturbation sonore incongrue et se leva doucement pour ne pas faire grincer le vieux canapé.
Quelqu'un est ici…
Sirius chercha rapidement du regard sa baguette avant de l'apercevoir sur le manteau de pierre de la cheminée. Il se leva et la saisit silencieusement avant de se diriger vers la porte entrouverte. Du bout des doigts, il la poussa délicatement et se glissa comme une ombre dans le couloir. Un nouveau bruit sourd retentit, rapidement suivi par des marmonnements étouffés.
Ça vient de la cuisine…
Toujours le plus silencieux possible, Sirius se dirigea vers la porte de la cuisine qui n'était pas complètement fermée. Il se cacha ensuite derrière le panneau de bois sombre, le cœur battant à tout rompre sous la montée d'adrénaline. Il se remémora quelques sorts sympathiques avant de se risquer à bondir dans la pièce.
Lorsque Sirius s'était endormi sur ses genoux dans la cuisine, Remus avait d'abord dû le porter jusqu'au salon, ne se sentant pas la force de le monter dans sa chambre. Après avoir lutté pour que celui-ci ne s'écroule pas dans les escaliers, il l'avait allongé sur le canapé de vieux velours vert sombre.
C'est alors que Sirius s'était mis à hurler en se débattant de toute ses forces, les yeux vides et exorbités. Il lui avait agrippé violemment les bras en lui plantant ses ongles dans la chair tout en criant des paroles incompréhensibles. Ne sachant que faire, Remus avait alors tout essayé : lui parler sur un ton rassurant, lui caresser les cheveux calmement et même lui essuyer le visage avec une serviette humide. Rien ne semblait pouvoir cependant sortir son ami du délire dans lequel il était plongé.
Désespéré, Remus était allé lui chercher un petit verre de vodka dans la chambre de la défunte et non regrettée Walburga Black, là où il avait caché les bouteilles de Sirius dans la penderie. Celui-ci lui avait alors arraché le verre des mains et l'avait bu en une gorgée avant de se recroqueviller au pied du canapé. Peu à peu il avait sombré dans un sommeil sans rêves et Remus l'avait hissé sur le fauteuil en prenant bien soin de ne pas le réveiller. Sirius dormait ensuite trente à quarante minutes avant de recommencer à se tordre dans tous les sens en hurlant.
Remus avait finalement compris que son ami revivait son emprisonnement lors de ces hallucinations et qu'il criait à s'en casser la voix qu'il était innocent, le regard fiévreux et le visage livide de terreur. Quand il se réveillait en sursaut, Remus lui donnait alors un petit verre d'alcool et l'observait se détendre progressivement avant de s'endormir presque immédiatement.
Entre chacune de ces crises de cauchemars éveillés, Remus en profitait pour chercher un moyen de lutter contre le froid mordant qui régnait dans la vieille demeure. Il rassembla quelques bûches dans l'âtre rempli de cendres humides de la cheminée et il y mit le feu d'un mouvement de baguette. Une douce chaleur se répandit dans la pièce tandis que la lueur des flammes dessinait le contour des sinistres meubles du salon.
Un rapide coup d'œil à son ami inconscient lui appris que celui-ci, torse nu et trempé de sueur, grelottait toujours et Remus se mit à la recherche d'une couverture pour le couvrir. Dans le couloir sombre de la maison, il ramassa la baguette de son ami qui gisait sur un tapis, tristement abandonnée par son propriétaire. En montant l'escalier plongé dans le noir vers les chambres, il eut une terrible sensation de déjà-vu.
Le regard embrumé par les vapeurs d'alcool et le désir, Sirius attrapa fermement le poignet de son ami avant de l'entrainer vers sa chambre. Remus marqua un temps d'arrêt au milieu de l'escalier, sa conscience lui soufflant qu'il était encore temps de faire demi-tour avant qu'il ne soit trop tard. Il ne pouvait pas laisser son ami faire une erreur qu'il regretterait après. Celui-ci n'était clairement pas en état de prendre des décisions lucides. Il devait l'aider. De plus, si son ami l'avait pris par surprise tout à l'heure, il ne se sentait plus vraiment attiré par l'idée d'une relation avec un autre homme.
Remus se frotta le front d'un air soucieux en repensant cette soirée. Il poussa un soupir fatigué. La situation actuelle serait bien moins compliquée si seulement il avait écouté sa petite voix intérieure ! Lui qui pouvait se vanter d'être un homme responsable, voilà qu'une fois de plus son vieil ami l'avait poussé à agir sans se soucier des conséquences de ses actes. Si Sirius pouvait l'écouter penser, il lui rétorquerait que, de toute façon, il ne pouvait pas nier qu'il prenait lui aussi du plaisir à enfreindre les règles.
Comme d'habitude…
Une image de Sirius lorsqu'il avait dix-neuf ans, ses longs cheveux noirs agités par le vent, un immense sourire radieux et charmeur lui illuminant le visage traversa l'esprit de Remus dont le cœur se serra. Il ne restait plus rien de ce jeune homme qu'il avait connu autrefois, son ami était maintenant cadavérique, taciturne et distant. Le regard fuyant, il sombrait peu à peu dans la débauche et la luxure. Remus ferma les yeux quelques secondes, la main posée sur la rambarde.
Lorsqu'il sentit que Remus s'était arrêté dans l'escalier, Sirius se retourna d'un air interrogateur avant de le prendre dans ses bras. Remus essaya alors de le repousser sans parvenir à y mettre autant de force qu'il l'aurait souhaité. Il sentit le souffle chaud de son ami dans le creux de son cou tandis que celui-ci lui murmurait des obscénités. Sans se soucier des petits gémissements de protestation qui échappaient à son compagnon, Sirius laissa ses mains glisser le long de sa chemise pour soulever délicatement celle-ci et caresser la peau sensible du ventre de son ami. Remus se mordit l'intérieur des joues pour s'empêcher de soupirer de plaisir mais il laissa son ami poursuivre son exploration, oubliant progressivement ses réticences…
Le cœur battant plus fort qu'il ne l'aurait voulu, Remus secoua la tête pour chasser les souvenirs de cette soirée avant de finir de monter les escaliers vers la chambre de Sirius. Les grandes tapisseries vertes de celle-ci étaient toujours recouvertes de nombreuses photos, rébellion pacifique du jeune homme contre les idéaux familiaux.
Pourtant, brisé par les épreuves de la vie, Sirius s'était progressivement éloigné de tous jusqu'à retourner s'enfermer dans cette maison qu'il détestait tant. Anciens amis inséparables, Sirius et lui ne partageaient plus grand-chose ensemble. Sirius vivait, ou plutôt survivait, le jour dans la moisissure de la vieille demeure Black et la nuit dans les bars pour noyer ses angoisses. Lui luttait contre les difficultés de la vie, cherchant un nouveau travail toute les deux semaines environ, et rentrait dormir, tombant de fatigue et de lassitude, dans son petit appartement en ruine.
De retour dans le salon avec la couverture émeraude de Sirius, il couvrit celui-ci qui dormait toujours, les poings crispés et couverts de sang séché. Il posa la baguette de son ami sur le manteau de la cheminée puis, d'un mouvement de sa propre baguette, Remus tenta de refermer du mieux qu'il put les plaies de son ami sans le réveiller. Sirius remua un instant en grognant puis se tut lorsque Remus posa doucement sa main sur son front brûlant. Il s'assit ensuite sur le tapis, s'adossa au canapé puis s'installa pour essayer de rattraper une partie de sa nuit.
Une douleur dans le cou liée à sa position inconfortable le tira du sommeil et il se redressa pour contempler le visage enfin paisible de son vieil ami endormi. Il était environ sept heures du matin et la nuit avait été longue. Trop longue. Remus étouffa un bâillement et posa son front sur le bord du canapé.
S'il me fait encore une fois remarquer que j'ai l'air fatigué et que la nuit c'est fait pour se reposer, je lui rase la barbe la prochaine fois qu'il s'endort…
Encore ankylosé, il se redressa péniblement avant de marcher accidentellement sur un livre tombé sous la table basse. Il se pencha en grimaçant pour ramasser celui-ci et un sourire mélancolique s'étira sur son visage lorsqu'il aperçut le titre. Sans un regard pour les photos, il se contenta de le reposer doucement sur la table avant de se diriger vers la porte du salon.
Maintenant qu'il était réveillé et que le jour ne tarderait pas à se lever, Remus décida de faire un brin de ménage dans la cuisine. Lorsqu'il franchit l'embrasure de la porte de celle-ci, il comprit que ledit brin de ménage risquait de lui prendre un peu plus de temps que prévu.
Remus sentit son estomac se retourner. L'odeur était tout d'abord insoutenable, la flaque de vomi et de bile ayant eu le temps d'embaumer toute la pièce de son délicat parfum. Le réfrigérateur et tous les placards étaient grands ouverts tandis qu'une belle partie de la vaisselle gisait en petits morceaux de porcelaine jaune couverte de moisissure au milieu de la cuisine. Remus poussa un petit soupir de lassitude avant de remonter les manches de sa vieille chemise et de sortir sa baguette de la poche arrière de son pantalon.
Après avoir nettoyé le sol de toute tache de vomi et chassé tant bien que mal l'épouvantable odeur de la pièce, Remus s'étira en contemplant l'immense puzzle qui se présentait à lui. Intérieurement, il se réjouit d'être né sorcier car n'importe quel moldu à sa place aurait dû se débarrasser des débris avant de racheter l'ensemble de la vaisselle. Lui se contenta de pointer les débris de sa baguette.
« Reparo »
Chaque assiette, chaque bol et chaque verre se reconstituèrent alors d'eux-mêmes, cherchant les petits morceaux qui leur manquaient, se disputant parfois un éclat avant d'en trouver le légitime propriétaire, le tout dans une belle cacophonie. Remus dû cependant intervenir lorsque deux vieilles tasses commencèrent à se frapper avec des cuillères à café, l'une ayant accuser l'autre de lui avoir injustement volé son anse.
Après plusieurs minutes d'animation, Remus contempla avec satisfaction le fruit de son travail. L'ensemble de la vaisselle reposait en pile propre sur les plans de travail de la cuisine qu'il avait pris le temps de dépoussiérer. Même le vieil évier noirci par les années d'usage avait retrouvé une seconde jeunesse grâce à un intensif récurage.
Soudain la porte de la cuisine s'ouvrit violemment et claqua contre le mur tandis que Sirius bondit dans la pièce, la baguette brandie en position d'attaque. Remus sursauta et fit volte-face, levant lui aussi sa baguette, prêt à se défendre contre une potentielle attaque surprise. Lorsqu'il reconnut son vieil ami, il abaissa son bras et l'observa avec un petit sourire. Il était fier de voir celui-ci, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte, balayer du regard la pièce avec étonnement comme s'il cherchait une explication au brusque changement d'atmosphère. La sinistre cuisine qui sentait la moisissure et l'humidité était maintenant propre et, quoique toujours aussi sombre, presque accueillante.
Bouleversé, Sirius se remémora l'ensemble des petits détails qu'il avait remarqué ce matin : la couverture, les blessures dans ses mains, sa baguette, l'album photo et maintenant la cuisine. Il comprit alors l'ampleur des services rendus par son vieil ami. Loin de l'avoir abandonné, celui-ci était une fois de plus venu, sans se plaindre ni protester comme l'aurait fait Peter, l'aider lui qui ne faisait que lui attirer des ennuis.
Remus sentit son ventre se dénouer lorsqu'il vit le visage de Sirius s'illuminer au rythme de ses pensées. Un instant, il repensa jeune homme impatient et débordant de vie qu'il connaissait si bien et il eut la merveilleuse impression de le reconnaitre enfin dans les yeux brillants de l'homme qui lui faisait face. Sirius abaissa doucement sa baguette avant de faire un pas en avant.
« Pourquoi ? » murmura-t-il d'une voix faible, fuyant du regard les yeux calmes de Remus.
« Bonjour Sirius. »
Et il s'approcha pour l'étreindre comme un frère absent trop longtemps mais finalement de retour à la maison.
Et voila !
Alors, des avis ? Des critiques (constructives) ? Des erreurs ? Comment trouvez-vous Remus pour l'instant ? Si vous deviez le décrire, que diriez-vous ?
Dans le prochain chapitre (qui, je l'espère, arrivera vite), il y aura plus de dialogues, de moments de gênes et quelques explications entre ces deux-là !
En attendant, soyez patients comme toujours ! ;)
