Enfin le chapitre 7 ! ;)
Le plus long n'a pas été de l'écrire (2 jours) mais de trouver un moment pour le faire...
A partir de maintenant je pense qu'on entre vraiment dans l'histoire "à deux" parce que nos deux compères sont enfin réunis ET conscients (mention spéciale pour Sirius).
D'ailleurs, je sens qu'il y a moins de descriptions et peut-être plus d'action... :)
Disclaimer : ...
Bonne lecture ! :D
Sirius se sentait bien. Pour la première fois depuis longtemps, il avait l'impression qu'il n'était plus seul. Quelqu'un était enfin à ses côtés pour l'aider, pour lui dire qu'une solution existait à tous ses problèmes et que, s'il n'arrivait pas à faire face maintenant, ce n'était pas grave. Il sentit son cœur se serrer tandis que l'angoisse qui lui pesait dessus depuis des années se dissipait enfin. Il ne voulait plus bouger. Il voulait seulement rester dans cette position pour toujours afin de profiter de la sensation d'apaisement si agréable qui envahissait tout son corps.
Finalement, ce fut Remus qui mit fin à leur étreinte en premier et les deux hommes se dévisagèrent en silence. Après une minute de gêne réciproque qui lui parut durer des heures, Sirius se résolut à entamer la conversation : « Tu as l'air fatigué, tu sais que la nuit… »
« Ah ne commence pas avec ça ! » le coupa Remus avec un grand sourire las en rangeant sa baguette dans la poche intérieure de sa veste raccommodée.
« Mais, je n'ai encore rien dit ! » s'exclama Sirius, surpris par la réaction de son vieil ami. Après avoir fait tourner machinalement sa baguette entre ses propres doigts, il finit lui aussi par la ranger en la glissant dans une des poches arrières de son jean, prenant ainsi le risque de se retrouver avec une fesse en moins selon les dires de Maugrey.
« Tu penses que depuis le temps je ne connais pas ton petit discours par cœur ? La nuit c'est pas fait pour réviser des BUSEs que tu es sûr d'obtenir, la nuit c'est pas fait pour descendre aux cuisines s'empiffrer de chocolat, la nuit c'est pas fait pour… » Tout en continuant son énumération, Remus posa sa main droite sur l'épaule de son ami qu'il étreignit affectueusement avant de pousser celui-ci vers l'extérieur. Il avait l'impression d'étouffer dans la sombre cuisine de la demeure Black malgré son travail de nettoyage minutieux.
« Ça m'apprendra à m'inquiéter pour la santé de mon vieil ami ! » fit remarquer Sirius d'un ton boudeur en passant dans le hall d'entrée.
Avant que Remus n'ait pu répondre à cette dernière boutade, les rideaux qui dissimulaient habituellement le grand tableau de Walburga Black s'ouvrirent dans un claquement sec et la vieille femme aigrie dans son cadre se mit à vociférer en gesticulant avec hargne :
« RAH ! FILS INGRAT ! IGNOMIE DE NOTRE LIGNEE ! COMMENT OSES-TU ? COMMENT OSES-TU NE SERAIT-CE QUE PORTER LE NOM DE TON PERE ? JE TE… »
Aussitôt, Remus se précipita pour saisir l'un des rideaux miteux et il essaya tant bien que mal de refermer celui-ci sur l'immense peinture. Sirius, quant à lui, soudainement pris par une terrible fureur se mit à hurler lui aussi :
« TAIS-TOI, SALE MERE INDIGNE ! TOI… TOI QUI NE NOUS A JAMAIS AIMES, COMMENT OSES-TU ME TRAITER D'IGNOMIE ? VIEILLE TRUIE ! SOIS BRULEE EN ENFER ET… ET… »
Le visage déformé par la rage, Sirius peinait à reprendre sa respiration à force de s'époumoner tandis qu'il pointait un index accusateur en direction de sa mère. Celle-ci, ne ressentant plus aucune nécessité physique, pouvait se permettre quant à elle d'hurler sans s'arrêter pendant de longues minutes à un volume épouvantable :
« HORREUR ! JE VOIS QUE TU ES RESTE LE MEME ! TU FREQUENTES TOUJOURS CE MONSTRE ? CET ETRE ABJECTE ? CE… »
Remus tressailli sous les insultes mais parvint à faire taire la vieille femme en refermant les rideaux malgré le manque de participation de Sirius. La vaste demeure Black replongea alors dans un silence glacial tandis que les derniers hurlements cessaient de retentir.
Le temps sembla s'arrêter un instant puis Remus se redressa péniblement et s'essuya le front avant de se tourner vers son ami. Un soupçon d'inquiétude traversa son regard lorsqu'il aperçut Sirius, les mains tremblantes, la respiration rapide et les yeux brûlants d'une rage difficilement contenue. Il connaissait cependant suffisamment bien l'ancien Maraudeur pour savoir que plus que la colère s'était la douleur qui déformait ses traits. Déjà lorsqu'ils étaient tous encore élèves à Poudlard, Sirius était le seul pour lequel les vacances d'été représentaient une terrible angoisse.
En effet, même si la fin de l'année voulait dire pour lui le retour à sa vie détestée de honte et de mensonges, Remus attendait le train du retour avec une certaine impatience. Les retrouvailles avec ses parents avaient toujours été chaleureuses, même s'ils s'arrangeaient discrètement pour ne pas trop être vu en sa compagnie parmi les autres familles sorcières. Il ne leur en voulait pas pour cela. Ou plutôt, il ne leur en voulait plus. Maintenant, il comprenait mieux les épreuves qu'ils avaient affronté pour essayer de lui offrir une vie heureuse et il leur en était reconnaissant.
Pourtant, si j'ai fini par leur pardonner aujourd'hui, ça ne change rien à ma situation actuelle… songea-t-il avec amertume.
Cependant, Sirius lui était toujours le dernier à descendre du grand train rouge de sorte que personne n'avait jamais vraiment assisté à ses retrouvailles avec ses propres parents. Tout ce que Remus savait c'est que, lorsque les Maraudeurs se retrouvaient en septembre après deux mois de séparation, Sirius était redevenu particulièrement taciturne. Il parlait peu et agressait tous ceux qui avait le malheur de se le mettre à dos, Severus le premier. D'humeur bougonne, seul James parvenait à le faire sortir de cet état et, environ deux semaines après la rentrée, les trois amis retrouvaient le Sirius qu'il appréciait tant : jovial, séduisant et charmeur.
Au fil des années, ils avaient tous appris à éviter de parler de l'ancienne famille Black devant Sirius et le sujet ne ressortait que lors des disputes de celui-ci avec Regulus. Un jour cependant, il avait confié à Remus dans un moment de désespoir, suite à la réception d'une beuglante particulièrement violente, qu'il l'enviait. Son nom, ses armoiries, sa grande maison, son héritage il n'avait rien demandé de tout cela. Lui, ce qu'il désirait plus que tout c'était des parents présents, une famille unie qui partage des petits moments de bonheur sans se soucier de l'étiquette, de la pureté du sang ou de l'honneur de chacun. Il ne demandait pas grand-chose, lui avait-il alors dit les yeux rougis par l'émotion, et pourtant, l'amour n'existait pas chez lui.
Sirius crispa la mâchoire avec un grognement sourd. Il ne pouvait plus supporter ce maudit tableau. Ses épaules se soulevaient au rythme douloureux de ses inspirations saccadées tandis qu'il entendait son sang battre dans ses tempes.
Je ne pourrais donc jamais me débarrasser de vous…
Il fut tenté un instant de se laisser tomber à genoux et de rester sur place, épuisé, à attendre que le temps passe. Jamais il n'aurait cru revenir dans cette maison. Il l'avait fui pendant tant d'années et voilà qu'il était de nouveau là à vivre dans les décors macabres de son enfance.
Je… je ne veux… pas…
L'odeur de moisissure des immenses tapisseries, les grincements du vieux parquet et la lumière verdâtre qui se reflétait dans tous les bibelots d'argent massif semblaient s'amuser à le torturer, lui interdisant d'oublier les longues semaines de calvaire qu'il avait vécu entre ces murs. Maintenant qu'il était grand, il revoyait sans un sourire les détails que plus petit il avait gravé dans son esprit.
Tourmenté par ces terribles souvenirs, Sirius sursauta lorsqu'il sentit des doigts se refermer sur son poignet gauche. Sans lui laisser le temps de comprendre ce qui lui arrivait, Remus l'entraina à sa suite vers le salon : « Viens, ne restons pas ici… »
Une bouffée de gratitude envahie Sirius qui se laissa guider par son ami sans un mot. Il n'en pouvait plus. Il avait l'impression que le monde se mettait de nouveau à tourner autour de lui. Seule la pression exercée par Remus sur son poignet lui permettait de garder pied.
« Remus, je… je n'en peux plus… » finit-il par souffler lorsqu'ils atteignirent le haut de l'escalier, « J'ai soif… »
« Attends une seconde. » lui intima Remus.
Il le fit s'assoir doucement dans le canapé de velours vert avant de se diriger vers la porte du salon en emportant avec lui la bouteille vide de vodka. Pris d'une soudaine inquiétude, il se retourna et fixa Sirius droit dans les yeux : « Reste assis ici, je reviens dans une minute. »
Remus laissa derrière lui un Sirius au regard perdu avant de se diriger vers l'ancienne chambre de Walburga Black.
Faites qu'il ne fasse pas de bêtises…
Une fois devant la penderie de la vieille sorcière, il fouilla parmi les nombreuses robes en lambeaux et dentelles moisies pour en dégager une bouteille à moitié entamée qui lui sembla contenir du rhum. Avec un soupir las, il transvasa une partie du rhum dans la bouteille vide de vodka puis dissimula ce qu'il en restait sous une chemise de nuit bariolée. La poussière le fit éternuer lorsqu'il claqua les deux battants sombres de la penderie et il quitta la pièce sans un regard en arrière.
Lorsque Remus entra dans le grand salon vert, les yeux fiévreux de Sirius se fixèrent sur la bouteille qu'il tenait encore. Inconsciemment, il tendit une main tremblante et Remus lui remit le fond de rhum qu'il s'empressa de vider d'une traite. Après un long moment, il posa finalement la bouteille de nouveau vide au pied du canapé avec un soupir de soulagement.
« Il faut qu'on s'organise Sirius. » annonça Remus d'un ton calme en observant son ami. Quelques secondes de silence s'écoulèrent avant que celui-ci ne réagisse.
« Reste avec moi. » finit-il par chuchoter d'un ton las et épuisé de se battre contre son amour propre (ou son orgueil, il ne savait plus vraiment).
Fuyant délibérément le regard de Remus, il contempla avec un soudain intérêt ses orteils. Il avait terriblement honte. Honte de se sentir si impuissant. Honte d'avoir besoin d'aide. Honte de ne pas pouvoir s'assumer. Mais surtout, honte de devoir se reposer sur celui-ci qui avait déjà tant souffert et qu'il avait promis de protéger lui-même.
« Je ne peux pas passer toutes mes journées avec toi Sirius, je dois aussi m'occuper de mon appartement, retrouver un boulot, payer mes factures… » commença à expliquer Remus en faisant les cent pas devant la cheminée dans laquelle le feu mourrait peu à peu en crépitant doucement.
Cependant, Sirius ne le laissa pas finir sa phrase et il le coupa avec fermeté, comme si les mots s'étaient finalement décidés à franchir ses lèvres tout seuls :
« Tu n'as qu'à venir vivre ici : il y a de la place pour deux et ce sera plus simple pour toi. Au moins jusqu'à ce que tu aies trouvé un nouvel emploi. En plus, tu n'auras rien à payer. »
« Il faut bien que j'aille au moins chercher des affaires chez moi et que… » lui rétorqua Remus mais, avant qu'il n'ait pu continuer, Sirius bondit du canapé et lui agrippa violemment le poignet d'une main encore légèrement tremblante.
« Ne pars pas ! Ne… ne me laisse pas seul… » s'exclama-t-il, le visage déformé par la peur, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte.
L'image d'un chiot apeuré implorant son maitre du regard traversa l'esprit de Remus dont le cœur se serra douloureusement. Il réfléchit à toute vitesse aux différentes possibilités qui s'offraient à lui puis, après plusieurs minutes de silence, le poignet toujours immobilisé par Sirius, il poussa un soupir :
« Très bien. J'accepte. A condition que tu m'accompagne chercher mes affaires chez moi cet après-midi ! »
Un sourire soulagé s'étira timidement sur le visage ravagé par la fatigue de Sirius et celui-ci libéra son ami de son étreinte puis fit quelques pas en arrière et se laissa tomber sur le canapé.
« Ok. » répondit-il en essayant de rassembler ce qui restait de son amour propre irrémédiablement brisé. Cependant, il ne put s'empêcher d'être curieux : il n'avait encore jamais visité l'appartement de Remus.
AH-ah ! Alors ?
Dans le prochaine épisode : une visite sensuelle dirigée par Stéphane Plaza en personne !
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A la prochaine !
