Je vous souhaite le bonjour en ce glorieux instant !

J'ai vu qu'il y avait eu une légère erreur dans la présentation du premier chapitre. Elle est réctifiée et il y a bien quatre chapitres en tout ;)

Celui-ci est le donc le deuxième et je vous laisse le savourer :D

PS : Merci pour les commentaires, ça encourage toujours ! Et l'auteur est heureuse de savoir que je ne traduis pas son oeuvre pour rien ;)


Merlin pensait sincèrement que ça aurait été la dernière fois qu'il voyait le crétin.

Naturellement, l'ordre du monde ne pouvait jamais être si gentil avec lui – ou, vraiment, si cruel, mais Merlin ne connaissait pas encore l'importance du susnommé "crétin".

C'était un vendredi, cette fois-ci, à peu près deux semaines après leur première et unique rencontre. Merlin avait à peine dormi en sept jours, et il pouvait finalement goûter à sa liberté il avait juste fini le dernier des sept longs examens, et il ne savait dorénavant plus quoi faire de lui-même. C'est pour cela qu'il se retrouvait à passer sa soirée assis silencieusement à côté de la fenêtre d'une petite table dans un coin éloigné du Camelot Café, écoutant Gauvain profiter de sa pause pour lui parler.

La salle était pratiquement vide, avec seulement quelques groupes d'adolescents passant par-là presque toutes les heures pour acheter des donuts. Merlin regardait au travers de la vitre, observant les lumières éclairer vaillamment la rue qui s'assombrissait à chaque minute. Sa vision se brouilla, changeant les lumières en de petits halos vacillants. Il faisait chaud dans le café et l'endroit était confortable, comme une couverture à la maison qui aurait été drapée autour de ses épaules. Sa mâchoire craqua lorsqu'il bailla.

Il sursauta lorsqu'une tasse de quelque chose sentant fort et épicé fut soudainement déposé devant lui. Il cligna des yeux avant de reconnaître Gauvain, qui ne portait plus son uniforme de barista.

« Quoi ? » croassa Merlin avec éloquence, essayant de se réveiller.

« Caféine, » expliqua Gauvain, se glissant dans le siège en face de lui. « Tu ne sembles pas en état de rentrer chez toi sans. »

Merlin était encore confus. « Est-ce que tu me mets à la porte ? » Le café était ouvert 24h/24 tous les jours, donc Merlin ne pouvait pas comprendre pourquoi il ne le serait pas ce soir-là également.

Gauvain fronça les sourcils. « Non ? Pourquoi est-ce que tu… ? Non, j'ai juste pensé que tu voudrais partir, c'est tout. Tu peux rester un peu plus longtemps si tu veux, mais tu ne veux pas t'endormir ici. » Sa voix s'adoucit jusqu'à ce qu'elle ne soit qu'un chuchotement et il s'inclina vers lui. « L'équipe de nuit te dessinerait sur le visage. Ils me l'ont fait. Léon peut être un véritable bâtard ingénieux quand il veut. »

Merlin cligna des yeux. « Tu… » il fit une pause pour bailler, « …t'en vas ? »

« Mon tour est terminé, mate. Il est dix heures. »

Merlin jeta un regard au travers de la vitre, et il faisait en effet beaucoup plus sombre que ce qu'il avait prévu. Il ferma des doigts incertains autour de la tasse. « Qu'est-ce que c'est ? »

Gauvain sourit méchamment : « Goûte. »

Merlin renifla le breuvage. « C'est du café. »

« Ce n'est pas simplement du café, mate. Goûte. »

« Gauvain, je n'aime pas le café… »

« Bois et c'est tout. Pour moi ? » plaida-t-il, battant des cils d'une façon assez peu efficace pour quelqu'un d'aussi habitué que Merlin.

Ce dernier plissa des yeux. « Je n'ai pas confiance. »

« Oh aller ! Je l'ai préparé spécialement pour toi. »

« Hum, préparé. Je suppose que ça signifie que ce n'est pas dans le menu, que ça contient au moins une cuillère entière d'alcool, et qu'il y a de fortes chances que ce soit illégal. »

Gauvain avait la bouche grande ouverte, vexé. « Merlin, je ne te donnerai jamais ça ! Pas une fois de plus, en tout cas. Cette boisson était ma recette spéciale, mais je sais que tu ne l'aime pas. Celle-ci, » dit-il en désignant la tasse que Merlin tenait lâchement dans ses mains, « est une nouvelle recette que j'ai créée juste pour toi. »

« Avec du café, que je n'aime pas. »

« Bois-la, bon sang. » Gauvain s'exclama, souriant aussi largement qu'un fou.

Merlin soupira de résignation. Sentant déjà le regret, il porta la tasse à ses lèvres et prit une petite gorgée. Il laissa la saveur se dissoudre sur sa langue. Il y avait effectivement du café – comme il l'avait prédit, un café très fort, sûrement un expresso – mais c'était mélangé avec quelque chose de plus subtile, quelque chose de plus familier, presque comme du thé…

Attendez.

« Gauvain, à quoi est-ce que tu joues bordel ? »

Le barista éclata de rire. « Je me suis juste souvenu de ta rencontre avec Arthur l'autre jour, et j'ai été frappé par l'inspiration. »

« C'est écœurant. » mentit Merlin. C'était un peu étrange, mais la douceur du thé réussissait à atténuer l'amertume de l'expresso, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un riche arrière-goût.

« Non, ça ne l'est pas. Pardonne-moi ? » demanda-t-il, gardant son sourire en coin.

Merlin prit une autre gorgée, ignorant l'air espiègle et triomphant de Gauvain. « Je ne devrais pas. »

Gauvain haussa des épaules, et commença à rassembler ses affaires. « Tu restes ? »

Merlin se détendit dans son siège. « Ouai, Gaius m'a donné la nuit de libre. Je pense que je vais juste rester assis là et… respirer un peu. Peut-être même que je boirai la concoction que tu m'as donné. »

Gauvain hocha la tête. « Bien sûr, mate. » Il se retourna vers lui juste avant la porte. « Ne t'endors pas ! » Et il fut parti, se déplaçant sur les pavés et dans la nuit.

Merlin secoua sa tête, pouffant un léger rire. Il se renfonça légèrement dans son siège, observant les premières étoiles apparaître dans le ciel d'un bleu d'encre. Il devrait partir, éventuellement, il le savait, mais pour l'instant il voulait juste s'asseoir, et respirer, et observer les étoiles.


Il ne voulait vraiment pas, mais il s'endormir là où il était assis, l'odeur de son expresso-thé lui remplissant les narines et l'impression d'être dans une couverture apaisant son être.


Arthur entra vers minuit environ, ayant juste terminé ses documents administratifs et ses douzaines de réunions desquelles il ne se souvenait presque pas. Il savait qu'il était dans la liste pour hériter de l'entreprise grossissante de son père, mais la charge de travail était lourde, la compagnie était horrible, et tout compte fait Arthur trouvait ça plutôt ennuyeux.

Ça faisait du bien de s'arrêter au Camelot Café sur son trajet de retour jusqu'à l'appartement. Il l'avait toujours ressenti comme une seconde maison, et les baristas le connaissaient tous par son prénom, et au moins ils le toléraient lorsqu'il n'était pas vraiment un rayon de soleil. Même sans tout ça, leur café était vraiment à part, et Arthur n'était pas du genre à lancer des compliments facilement.

Il venait d'habitude un peu plus tôt, pour réussir à croiser Gauvain avant la fin de son service, mais il n'avait pas anticipé la montagne de papiers que son père lui déverserait dessus, l'appelant "un léger aperçu" pour qu'il s'habitue à la charge de travail d'un chef d'entreprise.

Il entra dans l'atmosphère réconfortante du café, inspirant l'odeur de caféine et des pâtisseries. Il rêva un instant de travailler ici, à la place du maelstrom qu'était son bureau où il était appelé toutes les minutes pour faire quelque chose dont il n'était absolument pas qualifié pour.

Il se traîna jusqu'au comptoir, échangeant lentement les salutations d'usage avec un Léon resplendissant et se commanda une boisson plus douce que son habituelle. Il voulait dormir cette nuit.

Il accepta sa boisson avec un petit soupir de satisfaction, avalant sa première gorgée.

Son téléphone sonna, ruinant le moment, et il jura avant de le vérifier. C'était son père, lui demandant son avis sur une certaine décision dont Arthur ne pouvait pas moins se soucier, pour "voir comment il gérait la pression". Arthur utilisa rageusement sa main libre pour écrire une réponse, autorisant ses instincts à le guider jusqu'à sa table habituelle. Il appuya sur "envoyer" alors qu'il s'asseyait, et le soulagement l'inonda.

C'est à ce moment qu'il se rendit compte que la table n'était pas vide.