Chapitre 4

Encore merci pour vos commentaires et votre lecture.

Merci à Delicity pour son rôle de beta.

Je vous embrasse fort, bonne lecture.


Le reste de la semaine se passa dans la même ambiance, les cours se suivaient, Oliver ignorait pratiquement Felicity et heureusement pour elle qu'elle avait Barry avec qui elle s'entendait toujours aussi bien. Le mercredi après-midi, elle remontait un petit chemin menant à la bibliothèque lorsqu'elle entendit une voix dans son dos. Elle se retourna doucement avec étonnement en se demandant si c'était bien à elle qu'on s'adressait.

- « Hé toi, il faut qu'on parle. »

Elle se retrouva face à trois filles qu'elle ne se souvenait pas avoir déjà vu. L'une d'elles s'approcha et Felicity fit un pas en arrière à cause de son regard menaçant. Celle-ci l'attrapa par l'épaule pour l'empêcher de s'éloigner encore plus et Felicity sentit sa gorge se serrer en sentant les doigts se refermer sur elle.

- « On doit avoir une petite discussion au sujet d'Oliver.

- Oliver ? », murmura-t-elle en fronçant les sourcils.

- « Oui, on trouve que tu le regardes un peu trop. Il faut que tu comprennes qu'il est avec Laurel », une autre fille s'était rapprochée et la poussa assez violemment alors que sa camarade glissait un pied derrière elle pour la faire tomber.

Felicity chuta en arrière sans pouvoir rien faire et se rattrapa tant bien que mal en posant ses mains au sol. Elle grimaça en ressentant une vive douleur remonter le long de son dos. Elle avait peur maintenant de ce qu'elles allaient lui faire, elle n'avait aucune chance seule contre trois. Elle redressa la tête pour pouvoir surveiller leurs mouvements et au même moment l'une des filles lui donna un coup de poing sur la pommette qui lui fit larmoyer. Elle ferma les yeux et se recroquevilla d'instinct. La douleur se répandait sur son visage et la peur inhibait toutes ses réactions. Elle s'attendait à recevoir un nouveau coup quand un mouvement non loin d'elle attira son attention, un garçon venait d'arriver et repoussa la fille penchée au-dessus d'elle.

- « Laissez la tranquille.

- On t'a rien demandé à toi. Occupe-toi de ce qui te regarde », lui répondit-elle hargneuse de s'être fait interrompre dans son règlement de compte.

Il se plaça devant Felicity pour faire barrage entre elle et les filles qui lui étaient tombées dessus. Il était blond, les cheveux courts et à voir son comportement, habitué à se battre. Il fit un pas en avant et la meneuse recula tout en le toisant du regard. Elle n'appréciait pas du tout qu'il se mette en travers de leurs explications.

- « Dégagez d'ici ou je ne me retiendrai pas », lui lança-t-il en se montrant plus irrité.

Felicity, qui observait le blond, se risqua à jeter un regard aux filles toujours présentes. La chef de bande lui jeta un regard froid et Felicity serra les mâchoires pour ne pas se mettre à trembler et à pleurer. Elles finirent par reculer et à partir en surveillant leurs arrières.

Le blond les surveillait toujours, tout comme Felicity, puis il fit demi-tour et lui tendit la main pour l'aider à se relever. Felicity releva la tête pour voir son visage, elle prit sa main et alors qu'il la redressait, son attention fut attirée par une silhouette à la fenêtre d'une classe du premier étage du bâtiment du collège. Une jeune fille avait été témoin d'une partie ou de toute la scène. Le garçon se retourna pour voir ce qu'elle observait ainsi et quand il regarda derrière lui, la jeune fille n'était plus en vue. Il fit de nouveau face à Felicity en fronçant les sourcils. Elle le remercia en bégayant et elle grimaça en sentant la douleur se raviver.

- « Ça va aller ? », en frôlant du pouce sa pommette.

- « Je crois… », sa voix était éraillée et Felicity due se forcer pour ne pas perdre le contrôle de ses émotions. Elle avait eu peur, elle ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer et elle avait mal.

- « Tu sais ce qu'elles te voulaient ? »

Elle secoua la tête négativement en essuyant ses yeux.

- « Elles ne t'ont rien dit ? », en fronçant les sourcils, perplexe.

- « Elles ont … », elle se tut quelques secondes en se demandant si elle pouvait lui parler. Et elle décida qu'il était venu la secourir sans la connaitre, elle pouvait lui faire confiance. « Elles ont parlé d'Oliver… mais je n'ai pas compris. Je ne sais pas pourquoi ?

- Queen ? »

Cette fois Felicity hocha la tête par l'affirmative. Elle porta la main à sa joue et sentit immédiatement la chaleur du coup. Le blond lui expliqua que les filles étaient des pompom girls, il les connaissait de vue mais il ne les avait jamais vues se comporter ainsi.

- « J'ai la chance d'être la première alors », voulu-t-elle plaisanter mais sa voix était bien trop fragile et tremblotante pour paraître joyeuse.

- « Je vais te raccompagner.

- Non, c'est pas la peine. Merci pour ce que tu as fait, mais ça va aller.

- Non, j'insiste ». Il lui tendit la main, « Je m'appelle Roy, je suis en classe Sophomore ». Felicity lui serra la main.

- « Felicity, en Junior. Et nouvelle.

- Je suis là depuis un an. Ton arrivée a été aussi brutale que la mienne.

- Toi aussi on t'a frappé ?

- Non, moi le coup le plus dur ça a été le costume et les règles. »

Felicity se mit à rire doucement alors que Roy grimaçait. Ils prirent la direction de la sortie et ne trouvèrent aucune trace des filles rencontrées quelques minutes plus tôt. Ils discutèrent sur le chemin du métro et Felicity appris que Roy avait tendance à se battre souvent. Selon ses dires, il n'en était jamais responsable, seulement il se retrouvait toujours dans des situations où il assistait à des abus ou à une injustice et il ne pouvait pas s'empêcher d'intervenir. Elle l'observa du coin de l'œil, il entretenait aussi cet aspect un peu bagarreur, sa cravate défaite, un regard direct, les traits de son visage assez carrés lui donnait un aura de force. Et ses gestes montraient aussi qu'il avait l'habitude de se retrouver dans ce genre de situation.

Ils se séparèrent devant la bouche de métro, Roy insista pour l'accompagner encore un moment mais elle déclina son offre. Elle le salua, avec une envie de le prendre dans ses bras pour le remercier mais n'osa pas. À la place, elle sourit et s'éloigna en lui faisant signe de la main auquel il répondit en la suivant des yeux.

Felicity resta debout contre une paroi du métro le temps de son trajet, l'esprit encore perturbé par ce qu'elle venait de vivre, touchant par moment sa pommette et surveillant les alentours. Elle rentra chez elle rapidement et s'enferma sans attendre dans la salle de bain. A cette heure-là, sa mère n'était pas présente mais elle avait besoin d'une bonne douche pour se défaire de la peur et de l'injustice tenace qui lui collait à la peau. Elle avait été frappée sans raison. Elle observa la marque rouge sur son visage et retint les larmes qui venaient lui brûler les yeux à nouveau. Elle se sentait en colère, impuissante et elle détestait ça. Elle prit sa douche et maquilla légèrement la marque pour éviter que sa mère ne s'en rende compte. Elles étaient venues ici, elle s'était inscrite dans ce lycée pour son futur, elle ne voulait pas que sa mère voit ce qu'il s'était passé et qu'elle s'inquiète sans raison. Ça devait être un malentendu. Elle ne s'intéressait pas à Oliver Queen et il ne s'intéressait pas à elle. Pourquoi ces filles avaient-elles pensé le contraire ?

Elle fronça les sourcils. Est-ce qu'il avait pu leur demander de lui faire peur pour qu'elle arrête de lui donner des cours de soutien ? Ça lui semblait démesuré comme réaction mais il avait été tellement froid avec elle qu'elle pensait qu'il aurait pu vouloir la tenir éloigné de lui.

Elle sentit son estomac se nouer, le lendemain, elle devait le voir pour travailler. Si ces filles étaient encore dans les environs, elle ne savait pas ce qu'elle allait faire, et si elle devait parler ouvertement à Oliver. Ce n'était même pas sûr qu'il la retrouve pour travailler. Ça faisait maintenant plus d'une semaine qu'elle supportait son attitude revêche sans savoir pourquoi, et elle ne savait pas encore si lui parler directement pourrait améliorer les choses ou pas. S'il ne voulait pas travailler avec elle, elle pouvait l'entendre mais ils devaient se parler pour mettre les choses à plat.

Elle qui croyait que l'ambiance allait être calme, s'était lourdement trompée. Elle se retrouvait maintenant à devoir surveiller derrière elle si des folles furieuses ne lui sautaient pas dessus et elle devait composer avec le caractère d'Oliver qu'elle devrait voir toutes les semaines. Elle soupira en s'affalant sur le canapé. Elle n'avait aucune envie de cuisiner ou de travailler, elle alluma la télévision pour attendre sa mère et commander des plats tout prêts pour le repas du soir.

Felicity passa sa soirée à repenser à ce qu'il s'était passé quelques heures plus tôt. Elle se revoyait sur le chemin de la bibliothèque, ces filles qui l'avaient molestée. Elle ne s'attendait pas à ça, à aucun moment. Elle ne voyait que le parc, le soleil qui glissait à travers les feuilles, le plaisir de se retrouver dans un endroit si stimulant. Puis tout avait été gâché.

Elle n'arrivait pas à penser à autre chose. Elle revoyait sans cesse ces filles au-dessus d'elle l'accusant de s'intéresser à Oliver alors qu'ils ne supportaient pas de se trouver en présence l'un de l'autre. Sa mère s'était rendu compte de son état morose et lui avait demandé à plusieurs reprises ce qui la tracassait. Felicity s'était alors forcée à sourire pour la rassurer et lui avait raconté qu'elle allait donner des cours de soutien.

Sa mère s'était alors inquiétée que ça lui donne trop de travail en plus mais elle l'avait rassurée. Son élève ne demanderait sans doute pas beaucoup de cours car il ne semblait pas des plus motivé. Donna s'était alors rapprochée d'elle, et avait caressé sa joue tendrement. Felicity s'était inquiétée qu'elle ne se rende compte de la marque du coup qu'elle avait pris et baissa la tête. Elle lui avait dit en l'appelant son bébé, qu'elle trouverait sans doute la façon de le motiver, de l'intéresser et de finalement l'aider. Felicity sentit son cœur grossir. Elle n'aimait pas quand sa mère l'appelait de cette façon en ayant toujours l'impression qu'elle l'infantilisait mais à ce moment c'est exactement de ça dont elle avait besoin. Elle se resserra contre elle et sa mère la prit dans ses bras un peu surprise mais heureuse et profita de ce câlin, qui étaient si peu nombreux à son goût.

Felicity resta un moment dans les bras de sa mère avant de se redresser et de lui dire qu'elle devait aller se coucher. Donna déposa un baiser sur son front et la laissa partir. Elle se coucha et eu du mal à trouver le sommeil. Pour éviter de penser à ce qui lui était arrivé, elle se concentra sur l'affaire de Barry et elle finit par s'endormir sans s'en rendre compte.

Le lendemain matin, elle se prépara pour le lycée avec la boule au ventre. Elle avait peur de se retrouver face à ces filles, ne sachant même pas qui elles étaient. Elle sentit son angoisse augmenter sur le chemin, elle envoya un message sans attendre à Barry pour lui demander de l'attendre à l'entrée du lycée afin de lui parler de son dossier. Elle n'était pas fière d'agir ainsi mais elle était trop angoissée de se retrouver seule en arrivant. Elle reçut sans attendre sa réponse et fut soulagée de savoir qu'il l'attendait déjà.

Elle sortit du métro en surveillant les alentours et marcha un peu plus rapidement que dans ses habitudes. Elle préférait éviter de rester seule. Au détour de la rue, elle vit Barry adossé contre le mur du lycée, elle accéléra encore le pas et se jeta presque sur lui. Il lui sourit sans remarquer sa pommette qui avait commencé à virer au bleu, camouflée sous une couche de maquillage. Par contre il tiqua quand elle commença à parler à une vitesse terrible même pour elle.

- « Qu'est-ce qui ne va pas ? », lui demanda Barry en posant une main amicale sur son épaule.

- « Rien...», en se raidissant.

- « Vraiment ?» en fronçant les sourcils et en s'approchant un peu plus.

Le regard de Felicity fut attiré par un élève qui se dirigeait droit sur eux. Elle reconnut Roy et elle se senti immédiatement soulagée.

- « Ça va ? » avec un air concerné sur le visage.

- « Il s'est passé quelque chose. J'avais raison », intervint Barry en se tournant vers Felicity.

Celle-ci ne lui répondit pas, ne voulant pas reparler de son agression mais Barry était son ami et il devait savoir. De plus, elle serait plus confiante de savoir qu'il surveillerait lui aussi ses arrières.

- « Hier après-midi… des filles me sont tombées dessus… je ne sais pas vraiment pourquoi… et elles ont failli… enfin…Heureusement que Roy est arrivé.

- Et c'était qui ces filles ? », lui demanda-t-il la voix tremblante de colère.

- « Je sais pas… »

Sans attendre, Barry se tourna vers Roy. Celui-ci regardait Felicity avec une gêne et une surprise mêlées. Il croisa son regard aux yeux bleus si inquiets. Si elle ne voulait pas ou ne pouvait pas parler, il le ferait pour elle. Elle aurait besoin d'amis autour d'elle.

- « Des pompom girls, des amies de Laurel surement.

- C'est pas vrai », il se tourna à nouveau vers Felicity, « tu vas me montrer qui c'est et on ira voir le directeur.

- Non…non, je veux pas. Roy leur a fait peur… c'est suffisant. » Felicity craignait que le fait d'aller voir la direction, ne complique encore plus les choses et qu'elles se vengent sur elle. « Et je suis sûre que c'était une erreur… »

Roy et Barry se tournèrent vers elle, elle était effrayée, ses épaules légèrement voutées, son sourire tendu et ses yeux surveillant autour d'elle. Roy sentit une rage naitre en lui, elle ne devait pas avoir peur, elle devait pouvoir profiter de toutes ses journées en étant sereine. Barry en revanche, restait surpris après s'être emporté, ne comprenant pas sa réaction.

- « Felicity ! », s'énerva de nouveau Barry. « On ne sait même pas pourquoi elles ont fait ça…

- « Non, ça suffit je ne veux plus en parler.

- Elles auraient mentionnés Oliver. »

Felicity fusilla du regard Roy qui venait de parler et aucun des deux garçons n'osa plus discuter. Elle traversa une partie de la cour pour se diriger vers sa classe, Roy et Barry l'encadrant. Quand ils arrivèrent à la hauteur du bâtiment du collège, Roy leur fit signe et rejoignit sa classe. Barry accompagna Felicity jusqu'à la porte de sa classe. Si elle ne lui avait pas fait les gros yeux et l'avait empêché d'entrer, il serait venu jusqu'à son bureau. Elle finit par sourire et par le rassurer, et se rassura par la même occasion. Ces filles n'étaient pas dans sa classe et elle n'aurait pas de problème durant les cours. Il hocha la tête, elle avait raison, il lui demanda de lui promettre que s'il y avait quoi que ce soit, elle lui envoie un message et dans la seconde il serait là. Elle le lui promit et se retourna pour regagner sa place.

Felicity avait de nouveau un petit sourire sur le visage mais elle le perdit instantanément quand elle vit Oliver au fond de la classe, tenant sa petite-amie dans ses bras. Celle-ci lui jeta un regard froid et resserra la prise de ses mains sur le corps du jeune homme. Felicity déglutit, tourna la tête et se dirigea sans attendre vers sa place. Elle sortit son livre d'histoire et l'ouvrit pour se plonger dedans et éviter de regarder autour d'elle. Elle voulait se fondre dans le paysage, se faire le plus petite possible jusqu'à ce que le cours commence.

Felicity arriva à se concentrer au début de la matinée même si elle était fébrile. Au fil de la matinée, cet état se transforma en anxiété puis en angoisse. A la sonnerie qui mettait fin à la matinée de cours, elle était entièrement tendue. Elle resta à sa place un instant, tentant de se calmer, de contrôler son souffle en sentant sa gorge se serrer. Elle leva la tête et ses appréhensions s'envolèrent légèrement en voyant Barry dans le couloir. Elle lui sourit avec soulagement et le rejoignit rapidement.

Barry lui raconta sa matinée tout en surveillant les réactions de Felicity. Il n'avait pas abandonné l'idée de trouver qui étaient les filles qui avaient agressé son amie. Et il était persuadé que lorsqu'elle les croiserait, il pourrait le voir à son changement de comportement. Ils sortirent du bâtiment et s'installèrent au fond de la cafétéria. Barry tentait de garder son calme mais il ne supportait pas de voir Felicity autant sur ses gardes. Il tenta de la faire rire et finalement, il lui parla du dossier sur le vol de bijoux. Elle sembla alors se concentrer sur autre chose que ce qui lui était arrivé et lui expliqua qu'elle avait eu l'idée que le voleur avait pu utiliser un subterfuge. Barry fut heureux de la voir enfin sortir de son état de repli sur elle et lui posa une quantité de questions concernant son idée.

Le temps de la pause passa finalement rapidement et Barry raccompagna Felicity à sa classe. Ils se séparèrent alors qu'il lui proposait de venir la rejoindre à la fin des cours mais elle déclina son offre. Elle avait des choses à faire et elle ne voulait pas qu'il soit toujours à ses côtés, elle devait se débrouiller. Barry mis un moment a accepté mais il hocha finalement la tête. Il comprenait qu'elle voulait se débrouiller seule mais il lui rappela avec sérieux qu'elle pouvait l'appeler dès qu'elle aurait besoin de lui.

Felicity n'avait pas encore expliqué à Barry qu'elle donnait des cours de soutien à Oliver et que c'était peut-être pour ça qu'elle avait été agressée. Elle ne comprenait pas et elle ne voulait pas que tout ça prenne des proportions inconsidérées. A la fin des cours, elle senti à nouveau l'angoisse l'étreindre. Elle devait voir Oliver pour travailler avec lui. Elle resta à sa place et quand tout le monde fut parti, elle se rendit compte qu'Oliver n'était plus en vue, lui non plus. Elle se leva, il pouvait revenir, il n'avait pas l'air de vouloir qu'on apprenne qu'il travaillait avec elle, il attendait peut-être que la classe soit vide. Elle se posta à la fenêtre et observa les élèves dans la cours en laissant son regard se promener.

Elle fit volte-face quand elle entendit du bruit. Son cœur s'était mis à cogner rapidement à cause de la surprise et de la crainte. Oliver venait d'entrer et la regarda étonné de sa réaction mais ne dit rien. Il s'installa à une table et sorti un cahier en mauvais état dont il lissa les feuilles pour les défroisser. Felicity se rapprocha et s'installa à sa droite comme la dernière fois. Elle sortit de son sac les notes qu'elle avait préparé pour parler des fonctions.

- « Je te propose qu'on parle d'abord de vocabulaire. On peut avoir des difficultés à comprendre certaines notions car des termes nous échappent… Par exemple, tu peux me dire ce que sont des polynômes ?

- … », Oliver ne répondit pas et secoua négativement la tête.

- « Ce sont des fonctions, c'est la même chose à quelques exceptions près.

- Ça serait trop simple d'utiliser un seul nom pour qualifier la même chose ?

- C'est la spécialisation qui veut ça… je suis sure que selon le type de… passe que tu effectues, elles n'ont pas les mêmes noms.

- Une passe c'est une passe, il n'y a rien de compliqué », en se tournant cette fois vers elle et pour la première fois.

Felicity resta muette face à son regard, il avait vraiment des yeux magnifiques et elle pouvait comprendre aisément pourquoi les filles pouvait lui courir après. Enfin surtout celles qui étaient superficielles et qui se laisseraient maltraitées par ce garçon aux manières grossières. Elle sentit le rouge lui monter aux joues et elle détourna la tête pour se replonger dans l'explication des fonctions. Elle lui expliqua qu'ils se limiteraient aux fonctions du second degré et elle lui fit une démonstration pour qu'il puisse visualiser à quoi ça ressemblait. Il lui semblait que la plupart du temps, ceux qui avaient du mal avec les concepts en mathématiques, c'est parce qu'ils ne parvenaient pas à visualiser correctement les résultats. Elle était lancée dans ses explications tout en dessinant et elle sentait le regard d'Oliver posé sur son cahier. Elle sentit une petite satisfaction de voir qu'il suivait sans rien dire.

- « Tu comprends ?», lui demanda-t-elle au bout d'un moment en le regardant rapidement.

Oliver acquiesça et elle continua en faisant attention à la vitesse de ses explications pour qu'il puisse suivre sans difficulté. Il comprenait pourquoi Palmer avait demandé à cette fille de lui donner des cours de soutien, elle maîtrisait parfaitement le sujet et elle se mettait à son niveau pour ne pas le perdre. Ce qu'il l'étonna le plus c'était qu'il était plus touché, que vexé, par cette intention. Il observa quelques secondes son visage où une mèche de cheveux venait de glisser. Felicity la remis en place derrière son oreille avec un geste gracieux et il fronça les sourcils en voyant sa pommette. Il lui semblait distinguer un bleu sous une légère couche de maquillage qui avait commencé à se dissiper. Il tendit la main dans l'intention de vérifier s'il ne s'était pas trompé mais il reçut un coup qui éloigna sa main du visage de Felicity.

- « Qu'est-ce que tu fais ? », elle s'était tournée vers lui et elle le regardait durement.

- « C'est un bleu ?

- Ça ne te regarde pas.

- Ça va, je ne t'ai pas touché », d'un ton exaspéré. « Je voulais juste savoir ce que tu avais fait ?

- Ce n'est pas moi… », elle avait l'intention de lui dire ce qu'il c'était passé mais elle n'en eu pas le temps.

- On t'a frappé ? »

Felicity se retourna brusquement pour fuir son regard en pensant qu'il se moquait d'elle. Elle ramassa ses affaires et au moment où elle se levait, Oliver lui attrapa la main.

- « Dis-moi qui c'était ?

- Ça ne te regarde pas. Lâche-moi.

- Je peux t'aider… dis-moi…

- Oui… c'est ça », en laissant échapper un rire ironique.

Felicity s'enfuit pratiquement de la salle. Elle ne comprenait pas le comportement d'Oliver, elle avait cru que son agression avait un lien avec ses cours de soutien mais aujourd'hui, il suivait ses explications et semblait se soucier de son état. Elle ne savait plus quoi penser.

Oliver avait retiré sa main, surpris pas sa réponse et la regarda partir alors qu'elle passait la bandoulière de son sac par-dessus sa tête. Son esprit marchait à toute allure, il était persuadé que ça devait avoir un lien avec Laurel même s'il n'avait aucune preuve. Il avait remarqué son regard quand elle avait vu Felicity avec Tommy, puis son regard quand elle passait en classe et enfin son comportement si jaloux qui s'était aggravé ces derniers temps. Il espérait se tromper mais il devait lui en parler pour en avoir le cœur net.

Sans attendre, Oliver se dirigea vers le gymnase, à cette heure-là, les filles devaient être en plein entraînement. Il poussa la porte d'un geste rude et se dirigea sans détours vers sa petite-amie. Elle se tourna brusquement vers lui, ne l'ayant pas entendu arriver.

- « Hé, qu'est-ce qui te prends ? Tu as une envie soudaine de me voir ? », avec un ton joueur.

Oliver ne répondit pas et l'entraîna à l'extérieur du bâtiment. Il referma brutalement la porte, l'adossa au mur, posa sa main à la hauteur de son visage et planta son regard dans le sien.

- « Qu'est-ce que tu as fait ?

- Qu'est-ce que tu voudrais que j'ai fait ? », en minaudant, un sourire indécent sur les lèvres.

- « Je suis sérieux », en fronçant les sourcils et sa voix devenant plus grave de contrariété.

Laurel fronça les sourcils à son tour. Elle n'avait aucune idée de quoi Oliver parlait.

- « Je ne sais pas…. » Laurel avait l'intention de lui dire qu'elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire mais il ne la laissa pas finir.

- « Felicity, la nouvelle. C'est toi qui l'as agressée ? Ou tu as laissé faire ce travail par une de tes amies ?

- De quoi tu parles, Oliver ? », en posant sa main sur son torse pour l'éloigner d'elle.

- « Elle s'est faite agressée.

- Et elle m'a accusé ?

- Non, elle n'a rien dit mais je sais que tu es jalouse et …

- Tu veux dire à cause de toutes les filles avec qui tu flirtes ? »

Oliver resta muet, Laurel savait qu'il l'avait déjà trompé, elle l'avait déjà pris en flagrant délit et il ne pouvait pas nier. Mais de là à ce qu'elle agresse une des filles.

- « Est-ce que c'est toi ?

- Non, bien sûr que non. Tu crois vraiment que je serais capable de faire ça ? », en le repoussant maintenant en colère.

- « J'ai vu les regards que tu lui as lancés,…

- Oui, j'ai marqué mon territoire pour éviter de possibles futurs ennuis. » Elle fit une pause pour réfléchir. « Mais si tu as remarqué mes regards, d'autres personnes ont pu le faire… Laisse-moi régler ça, je vais m'en occuper. »

Laurel ne se battait jamais, elle n'avait pas besoin de ça. Sa réputation suffisait la plupart du temps à obtenir ce qu'elle voulait, ce qui se résumait à une relative tranquillité. Mais elle était entourée d'une bande de filles qui avaient beaucoup moins de conscience qu'elle. Oliver hocha la tête, il la croyait, elle n'était pas du genre aussi brutale.

- « Merci

- Je ne fais pas ça pour toi, ni pour elle. Je protège simplement ma réputation.»

Elle rentra sans attendre dans le gymnase et le laissa seul, planté dehors, à se demander pourquoi il s'était autant inquiété de l'état de Felicity.