Chapitre 17

Après ce weekend à Las Vegas, le rythme routinier du lycée avait reprit ses droits. Oliver et Felicity se comportaient de façon plus libre parmi leurs camarades et bien qu'il avait surpris quelques regards hostiles, il avait avec l'aide de Laurel, remis les choses au claire et personnes ne s'était aventuré à s'en prendre à Felicity. Les jours, puis les semaines étaient passées.

De son côté, Felicity avait retrouvé ses habitudes avec Barry et s'intéressait de nouveau à ses dossiers. Elle avait repensé au père de Laurel et Sara concernant une affaire qu'il avait eu en charge, et son cœur s'était un peu alourdi en pensant à ce qui leur été arrivé il y a peu de temps. Oliver et Sara avaient eu beaucoup de chance et elle voulait profiter de lui et de leur relation par peur qu'un malheur les rattrape. Elle fut ramenée brusquement à la réalité par Barry qui claqua des doigts devant ses yeux.

- « Ça va ?

- Oui, ça va. Je me disais qu'on pourrait demander à l'inspecteur Lance des informations sur certains dossiers.

- Tu crois vraiment qu'il va partager des informations de la police avec nous ?

- Oui ? », en soulevant les épaules.

Elle se mit à rire avec Barry ne croyant pas une seconde à ce qu'elle venait de dire. Quand elle leva les yeux, elle aperçut Sara à l'autre bout de la bibliothèque. Il y a peu de temps qu'elle était revenue au lycée et ne portait plus son plâtre à la jambe. Elle souriait et avait la main tendue derrière une étagère qui lui cachait la personne avec qui elle parlait. Elle la vit se mettre à rire doucement en minaudant et elle vit apparaître Nyssa qui posa ses lèvres sur celle de la blonde avant de l'attirer derrière l'étagère. Felicity resta surprise un instant et fut appelée une nouvelle fois par Barry.

Oliver, lui, tentait toujours de contrôler ses émotions qui par moment lui échappaient. Le weekend à Las Vegas lui avait fait du bien mais le retour à Starling City réveillait toutes ses angoisses. Il était retourné voir John pour discuter avec lui et celui-ci lui avait proposé de lui donner un entrainement particulier. Oliver avait besoin de reprendre le contrôle de sa vie et de se défouler alors pour cela, il lui avait proposé de lui apprendre à se battre. Il n'avait pas l'intention de lui donner les armes pour se battre avec le premier venu mais de lui donner les outils pour être capable de se maitriser.

Il était en train de taper sur un sac en cuir, dans un coin du gymnase, alors que John observait ses mouvements. En à peine quelque jours, il avait déjà bien apprit à positionner son corps, il avait l'endurance grâce au football, maintenant il devait consolider les muscles de ses bras. Il le voyait endurer la douleur dans ses mains mais il ne lâchait pas le rythme et forçait toujours plus.

- « Oliver, à quoi tu penses ?

- Que je ne sais pas pourquoi je fais ça », en donnant un coup de poing plus fort avant de se retourner vers son nouvel entraineur personnel. « Je ne vois pas en quoi taper sur un sac va m'aider à reprendre le contrôle. »

Il s'était approché de John pour s'asseoir à ses côtés et s'accouda sur ses genoux. Il se prit la tête dans les mains avant de les glisser sur son crâne. Il cachait ses angoisses mais les laissait s'exprimer avec John. Il le regarda se lever et se mettre face à lui.

- « Debout », lui ordonna-t-il.

Oliver continua de le regarder sans bouger, en sentant les muscles de ses épaules et de ses bras douloureux, son cœur cogner et sa respiration retrouver peu à peu son rythme normal.

- « Allez debout. »

Oliver se remit debout à contrecœur pour lui faire face. Il vit John se mettre en défense et il lui fit signe d'attaquer. Oliver le regarda en fronçant les sourcils.

- « Attaque ». John vit Oliver sourire.

- « Je ne voudrais pas te faire mal.

- Commence déjà par essayer de me toucher Oliver », avec un sourire goguenard.

Celui-ci avança d'un pas, se mit en position et attaqua. Mais comme le sous-entendait John, il le rata largement et reçu en prime un coup de poing dans les côtes. Oliver serra les dents, John n'y avait pas mis toute sa force mais c'était déjà suffisant pour lui couper le souffle. Il releva le regard pour le surveiller, vit John sourire et se remit en position d'attaque.

- « Tu dois apprendre à observer ton adversaire et prédire son prochain mouvement. »

Oliver lui avait déjà demandé plusieurs fois à quoi ça pourrait bien lui servir mais John ne lui avait donné que des réponses évasives. Et ce soir il était fatigué, il avait passé la journée à essayer de contenir son anxiété et ça l'avait vidé d'une bonne partie de son énergie. Cette fatigue le mettait à cran et il s'en prenait encore plus aux autres, ce qui ne faisait qu'augmenter son anxiété. C'était un cercle vicieux et il sentait qu'il commençait à se noyer.

Il souffla un bon coup, se remit en position et essaya encore une fois de faire ce que John lui demandait. Il observa sa position, pieds écartés pour être plus stable, coudes relevés pour se protéger le torse et mains fermés en poings, prêt à défendre son visage. John fit un pas en avant, esquissa un coup de poing de la main gauche. Oliver réagit au quart de tour, il savait qu'il allait lancer son bras droit en avant. Il faisait ça régulièrement et c'était la première fois qu'il s'en rendait compte consciemment. Il para son attaque et se réjouit trop rapidement alors qu'un coup de poing venait s'abattre sur sa pommette. Il sentit sa tête partir sous le coup et son cou se tordre. Il se laissa tomber sans résister pour éviter d'avoir encore plus mal en se raidissant. Il se retrouva sur le tapis de combat et leva la tête en grimaçant vers John. Celui-ci le regardait, il lui tendit le bras pour l'aider à se remettre debout et quand ils se retrouvèrent face à face, John lui sourit.

- « Ça y est tu as compris.

- Compris ?

- L'observation. Tu sais te battre… tu as les bases en tout cas. Maintenant tu dois apprendre à observer. Cette observation te permet de te concentrer, de te focaliser sur une idée et de ne pas laisser ton esprit être envahi par ce qui te perturbe encore. Quand j'arrive à me mettre dans cet état, je sens… comme si quelque chose se déclenchait en moi… et mon esprit s'apaise. »

Oliver n'avait pas vraiment ressentit ça mais il ne doutait plus qu'il n'en était pas loin. S'il pouvait adopter cet état de conscience, il pourrait arriver à mieux se contrôler et ne plus s'en prendre à ses amis. Il était prêt à faire tous les efforts. Il suivit les conseils de John et il réussit à faire ce qu'il lui demandait au bout d'une semaine. Il avait sentit ce déclic dont son entraîneur lui avait parlé et il avait réussi alors à le mettre au tapis. Une réelle jouissance. Oliver était sortit ce jour de son entrainement avec un sentiment de légèreté, se sentant sur la bonne voie pour retrouver sa vie telle qu'il la connaissait avant ce qui lui était arrivé dans la forêt.

Une heure plus tard, tout leur petit groupe se retrouvait dans le café près du lycée pour passer un moment agréable à se retrouver. Roy nota le bleu qui commençait à apparaître sur la pommette d'Oliver et celui-ci leur expliqua les entraînements de John sans détailler leur raison. Il n'en avait parlé qu'à Felicity et Tommy. A Felicity pour lui expliquer qu'il se reprenait en main et à Tommy car c'était son meilleur ami. Il n'avait pas voulu en parler à Théa pour ne pas l'inquiéter sans raison et ça n'aurait servi à rien. Il avait bien vite mis de côté cette histoire pour parler du bal de fin d'année. Il y avait encore deux mois mais avec les examens entre temps, ils voulaient tout prévoir avant. Ils s'étaient mis d'accord pour se retrouver chez Tommy après le bal afin de continuer la soirée entre eux et profiter de la piscine et du jacuzzi. Oliver avait demandé à Sara si elle serait accompagnée et elle avait vaguement répondu qu'elle ne savait pas encore qui l'accompagnerait. Oliver l'avait alors regardé en soulevant les sourcils. Felicity ne manqua pas son geste, il savait quelque chose qu'il ne disait pas. Ça avait peut-être un rapport avec ce qu'elle avait surpris dans la bibliothèque.

Ils discutèrent encore un moment avant de sortirent ensemble dans la rue. Ils se séparèrent en petits groupes. Barry accompagna Sara jusqu'au lycée, Tommy et Laurel prirent la direction du centre-ville. Théa et Roy se tenaient encore enlacés alors qu'Oliver disait à sa petite sœur de rentrer faire ses devoirs. Il n'avait récolté qu'une grimace et un rire de Roy. Felicity s'était mise à rire devant son air déconfit et lui avait pris le bras pour l'entrainer avec elle. Oliver avait été heureux de ne pas sentir un poids se poser sur sa poitrine et de ne pas s'en prendre à Théa. Il s'était laissé faire par Felicity en ronchonnant tout de même un peu, mais se retrouver à marcher seul dans les rues avec sa petite-amie était agréable et sa mauvaise humeur disparue totalement.

Oliver avait passé son bras droit sur ses épaules et la gardait serrée contre lui. Il se penchait par moment vers elle pour lui parler ou déposer un baiser sur ses lèvres. Il n'aurait jamais cru qu'il pouvait se comporter de cette façon, à se laisser emporter par ses sentiments amoureux. John l'avait aidé à dépasser son problème et il pouvait maintenant profiter des derniers jours de son année de Junior. Il regarda Felicity et quand elle lui sourit, il sentit son cœur s'envoler. Il l'aimait tellement. Il s'arrêta de marcher, la fit se tourner pour qu'ils soient face à face et vit ses sourcils se froncer avant qu'elle ne se laisse couler contre son corps. Il posa ses mains dans son cou pour la retenir contre lui et l'embrassa tendrement. Ils se retrouvaient dans leur bulle au milieu des autres et il adorait ça.

Ils furent arrachés brusquement à cette bulle de plaisir et de bonheur, Felicity s'écartant de lui. Quand Oliver ouvrit les yeux, deux hommes en noir les encadraient. L'un des deux avait attrapé Felicity par les épaules, elle voulut se retourner pour voir ce qu'il se passait et son regard s'agrandit de terreur. L'homme qui la tenait par les épaules n'avait rien de sympathique, une cicatrice courait sur le bas de sa joue droite et son regard était froid comme la mort. Un regard qui avait déjà vu tant de mal qu'il s'était éteint. Felicity voulu crier mais sa voix mourut dans sa gorge.

- « Laissez-la, ne lui faites pas de mal. »

Oliver voulu la défendre mais le deuxième gorille le retint en lui tenant un bras coincé dans le dos alors qu'il passait un des siens autour du cou. Il voyait le regard effrayé de Felicity et il ne pouvait pas le supporter. Il tentait de se débattre mais était incapable de bouger. L'homme qui le retenait était plus grand et bien plus fort que lui.

- « Laissez-la, c'est moi que vous voulez », en levant les mains pour leur signifier qu'il se rendait et qu'ils n'avaient pas besoin de s'en prendre à sa petite-amie.

Il entendit l'homme rire derrière lui alors que l'autre posait la main sur la bouche de Felicity quand elle se mit à crier et il passa un bras autour de sa taille. Oliver la voyait se défendre mais elle ne pouvait rien faire contre cet homme qui la maintenait. Celui derrière Oliver sortit une arme et dirigea le canon sur lui.

- « Vous allez la fermer. Sinon… je sais m'en servir ».

Felicity se figea instantanément et lança un regard à Oliver pour qu'il ne fasse surtout rien de stupide. Il ne bougea pas et la vit disparaitre en quelques secondes dans une voiture noire aux vitres teintées alors que l'homme qui le maintenait le jeta au sol, rengaina son arme et rejoignit son collègue. La voiture démarra sans attendre alors que Roy arrivait en courant. Il tenta de courir après la voiture mais elle se fondit rapidement dans la circulation.

Oliver se releva, il voyait encore le regard effrayé de Felicity ne croyant pas encore ce qu'il venait d'arriver. Des hommes venaient de l'enlever. Roy se tourna vers lui et lui demanda ce qu'il venait de se passer. Il ne prit pas la peine de lui expliquer, il devait prévenir son père et la police. Il appela sans attendre son père qui envoya un agent de sécurité et quis'occupait de la police. Théa venait de les rejoindre alors que Roy lui avait demandé de rester à l'abri. Elle attrapa Oliver par le bras, elle était aussi choquée que lui et ses yeux étaient bordés de larmes.

- « Qui c'était ? », lui demanda-t-elle d'une voix tremblante.

- « Je ne sais pas… ils n'ont rien dit… elle… »

Oliver ne réussit pas à terminer sa phrase. Felicity venait d'être enlevée sous ses yeux et il n'avait rien pu faire. Ils étaient encore sur le trottoir alors qu'une berline noire se garait. Un homme en descendit et se présenta comme un agent de sécurité envoyé par Robert Queen. Ils montèrent tous les trois dans la voiture et l'homme les conduisit au poste de police. Ils avaient déjà été contactés et l'inspecteur Lance avait été mis sur l'affaire. Oliver avait la gorge serrée et il sentait déjà une colère gagner tout son esprit. Voir la peur naître sur le visage de Felicity avait réveillé la terreur qu'il avait ressentit en voyant Sara disparaître dans la forêt et comme à cet instant, il n'avait rien pu faire.

Felicity, maintenant sur le siège arrière de la voiture, se retrouvait à côté de l'homme à la cicatrice alors que celui qui s'en était pris à Oliver était sur le siège avant. Il l'avait relâchée, elle s'était réfugiée sans attendre contre la portière pour tenter de l'ouvrir mais la sécurité était activée et elle ne pouvait rien faire. Elle leva les yeux sur son kidnappeur il la regardait avec un sourire vicelard et elle se recroquevilla encore plus sur elle-même. Elle ne comprenait pas ce qu'ils lui voulaient, sa mère et elle, n'avaient rien qu'ils pouvaient monnayer contre sa vie. Et elle prit peur. Ils l'avaient kidnappé et elle ne reverrait plus sa mère ni Oliver.

- « C'était vraiment un coup de chance que tu remettes les pieds à Vegas », s'amusa celui qui était sur le siège avant. « Si on ne t'avait pas vu et entendu parler de toi, on n'aurait jamais retrouvé votre piste. »

Felicity releva la tête lentement et regarda l'homme aux cheveux gris. Celui sur le siège à côté d'elle approcha sa main de son visage et caressa sa joue. Felicity se débarrassa de sa main visqueuse en lui donnant un coup mais il ne se laissa pas impressionner. Il glissa rapidement sa main pour lui attraper la nuque et approcha son visage du sien.

- « Tu vas être une gentille fille le temps que ta mère règle le problème, sinon je sais quoi faire pour te faire entendre raison ».

Elle se figea, son corps et son esprit en alerte. Elle sentait son souffle tiède s'écraser sur sa peau et la force qu'il exerçait sur sa nuque. Elle ferma les yeux et se força à hocher la tête lentement.

- « Lâche-la », tonna celui avec les cheveux gris. L'autre obéit et elle se cala de nouveau contre la portière pour se tenir le plus éloigné possible de l'homme.

Elle sentit les larmes commencer à couler sur ses joues, elle ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Ils avaient retrouvé sa piste… ils les recherchaient mais pourquoi elles? Sa mère ne pourrait jamais payer la rançon qu'ils lui demanderaient. Peut-être avec un peu de chance les parents d'Oliver pourraient l'aider. Elle tenta de contenir ses larmes en sentant sa gorge se serrer encore plus.

L'inspecteur Lance accueillit Oliver avec un regard froid, ce garçon n'apportait que des ennuis à ses amis. Oliver comprit son regard et à cet instant, il était d'accord avec lui, Felicity avait été enlevée sans doute à cause de lui et du nom de sa famille. En s'en prenant à lui ou à quelqu'un proche d'eux, les kidnappeurs avaient la chance de recevoir une bonne rançon. L'inspecteur les accompagna jusque dans son bureau tout en les interrogeant pour savoir ce qu'il c'était exactement passé. Oliver leur raconta tout mais ne leur apprit rien de plus que ce qu'ils avaient pu visualiser sur les enregistrements des vidéos de surveillance de la rue.

L'inspecteur Lance s'était redressé sans rien dire de plus et Oliver se dressa à son tour. Il avait tout raconté, il pensait maintenant que tous les flics de la région allaient se lancer à la recherche de Felicity mais ça faisait une heure et rien ne s'était passé.

- « Vous allez vous décider à aller la chercher? »

Lance se retourna vers lui avec un regard dur. Il lu encore une fois dans son regard qu'il pensait que c'était à cause de lui que Felicity avait été enlevée et qu'il n'avait rien fait. Il avait été incapable de la défendre et cette culpabilité l'étouffait de plus en plus.

- « Tu ne vas pas m'apprendre à faire mon travail. Alors tu t'assois et tu la fermes. »

Oliver serra les dents et fit ce qu'il lui demandait en essayant de contrôler au mieux sa colère et la peur qui ne faisait que croître.

Donna avait été ramenée par un officier jusqu'au commissariat et elle s'était effondrée en pleurs quand on lui avait appris la nouvelle. Assise dans le bureau de l'inspecteur, elle était recroquevillée sur elle-même et marmonnait.

- « On va tout faire pour retrouver votre fille madame Smoak. Il s'agit sans doute d'un enlèvement en lien avec la famille Queen. Les ravisseurs ont pu penser que s'en prendre à la petite amie d'Oliver leur permettrait de toucher une belle rançon. »

Ce que l'inspecteur ne dit pas à ce moment-là, c'est pourquoi il n'avait pas enlevé Oliver lui-même. Ses parents auraient payé beaucoup plus pour lui, mais ça il ne comprenait pas encore, à moins que...

- « Est-ce qu'il y aurait une raison pour laquelle ces hommes s'en sont prit à votre fille ?

- C'est à cause de moi », se mit-elle à geindre.

L'inspecteur fronça les sourcils et s'avança pour mieux entendre ce qu'elle disait à travers ses larmes.

- « C'est à cause de moi… je voulais faire pour le mieux… je pensais qu'on serait assez loin… mais… » et ses pleurs redoublèrent.

- « Qu'est-ce que vous avez fait ? »

Donna releva la tête vers lui, les traces de ses larmes marquant ses joues et des traces de mascara ornaient maintenant ses yeux. Il attrapa une photo tirée de la vidéosurveillance et la montra à Donna.

- « Vous les connaissez ? »

Elle regarda la photo montrant Felicity maintenue par un homme dos à elle alors qu'Oliver était mis en joue par un autre.

- « Mon bébé… » Il allait pour reposer sa question mais elle se mit à parler. « C'est Leo et Jack,… de la famille Benedetti.

- La mafia ? », elle hocha la tête. « Qu'est-ce qu'ils veulent ?

- Que je leur rende l'argent que je leur ai volé », en levant vers lui un regard torturé. « J'en avais besoin… ma fille avait un rêve et j'ai fait tout ce que je pouvais pour le réaliser. Je n'aurais pas dû voler mais c'était de l'argent sale. Il avait été gagné par des paris illicites, des extorsions et blanchit, il allait servir sans doute à des pots de vin. Je voulais simplement l'utiliser pour faire quelque chose de bien. »

Elle s'effondra à nouveau sur elle. Elle avait affreusement honte de ce qu'elle avait fait et surtout du fait que maintenant c'était sa fille qui en payait le prix. Alors que Donna se remettait à pleurer, un agent frappa à la porte de l'inspecteur et lui fit signe qu'il devait lui parler. Il sortit et l'agent lui expliqua qu'ils savaient où était la jeune fille enlevée. L'employé du service de recherche avait seulement activé la localisation de son portable et ils pouvaient la suivre à la trace. Le seul problème c'était qu'ils devaient agir rapidement avant qu'un des kidnappeurs ne pense à éteindre le portable. A ce moment, elle serait complètement perdue et ils seraient dépendants de leur contact. Il laissa l'agent avec la mère de Felicity et se dirigea vers le reste de l'équipe qui travaillait dans une salle attenante à son bureau.

Avant d'entrer, il surprit le regard d'Oliver sur lui. Il lui avait dit, ainsi qu'à son père que pour l'instant ils devaient rentrer chez eux et laisser la police la retrouver mais Oliver n'avait rien voulu entendre. Il s'était installé sur une chaise dans le hall et quand son père était arrivé accompagné lui aussi d'un garde du corps, il avait demandé une pièce pour qu'ils puissent attendre et aider aux recherches si besoin. Le commissaire avait répondu à leurs attentes, c'est toujours ce qu'il se passait avec la famille Queen. Il avait cru que c'était d'ailleurs leur famille qui était responsable de l'enlèvement de la jeune fille mais il s'était trompé. Sa mère avait voulu tout faire pour offrir à sa fille un futur à la hauteur de ses espérances mais elle n'avait pas choisit le bon moyen.

Il entra dans la salle de débriefing et lança un appel pour réquisitionner une dizaine de voitures de police et leur donna les coordonnées de Felicity en leur expliquant la situation. Quand il était sortit un quart d'heure plus tard, il trouva ses filles devant son bureau. Elles lui sautèrent dessus pour avoir des nouvelles de Felicity, savoir s'ils savaient où elle était et si elle allait bien. Il leur fit face et ça le frappa de plein fouet, il aurait été sans doute capable lui aussi de faire n'importe quoi pour ses filles s'il avait fallu. Il posa une main sur leurs épaules et leur expliqua calmement que pour l'instant il ne pouvait rien leur dire. Ils travaillaient et ils devaient être rapides pour avoir le maximum de chance de la retrouver. Heureusement tout le monde avait réagi rapidement et la chance, pour l'instant, étaient de leur côté. Ils avaient agit rapidement et ils étaient tombés sur des mafieux plutôt stupides, ce qui n'était pas fait pour le tranquilliser totalement. S'ils se sentaient en danger, ils pouvaient toujours faire une connerie.

Oliver tournait en rond comme un lion en cage dans la salle que la police avait mis à leur disposition. Il ne parvenait pas à rester tranquille, son esprit focalisé sur Felicity. Ses amis l'entouraient, Tommy près de lui, le soutenant en le rassurant sur le fait que Felicity allait revenir rapidement. Il ne répondait pas, ne les regardait pas, il ne pensait qu'à Felicity et il s'en voulait de n'avoir rien fait pour elle. Quand Sara se planta devant lui, leurs regards se croisèrent.

- « Tu sais que ce n'est pas à cause de toi, n'est-ce pas? »

Oliver tenta de l'éviter mais Sara fit un pas sur le côté et posa la main sur son torse pour l'empêcher de fuir.

- « Et tu veux que ce soit à cause de qui? On l'a enlevé surement à cause de mon nom et je n'ai rien fait pour empêcher ces hommes. »

Oliver avait élevé la voix et s'était rapproché de Sara en perdant le contrôle qu'il s'imposait depuis qu'il avait vu Felicity être emportée loin de lui. Il fut interrompu par la main de son père qui se posa sur son épaule et baissa la tête. Son père, posa sa main sur sa nuque et l'entraîna dans un coin avec lui pour lui parler. Robert sentait les tremblements d'Oliver et toute la tension qu'il tentait de contenir. Il se mit face à lui et posa ses mains sur ses épaules pour qu'il le regarde dans les yeux et qu'il l'écoute.

- « Oliver...

- Je n'ai pas besoin d'un sermon... », en voulant se dégager de sa prise.

- « Mais tu vas m'écouter quand même. Tu n'as rien à te reprocher Oliver », il donna un coup d'épaule pour se libérer de la prise de son père mais celui-ci l'a raffermie.

- Je n'ai rien fait, je l'ai abandonné... », sa voix craquant sous l'émotion.

- « Tu voulais faire quoi Oliver. Ils avaient des armes. Tu as réagit correctement, tu m'as averti ainsi que la police immédiatement. Tu as fait ce qu'il fallait. Tu as compris? »

Il hocha la tête sans répondre en retenant ses larmes qui menaçaient de couler.

- «Maintenant, la police va la retrouver et elle reviendra.

- Et s'ils ne la trouvent pas... ou que c'est trop tard?

- Il faut garder espoir Oliver », en le prenant dans ses bras alors que son fils resserrait les siens autour de lui.

Ça faisait maintenant une heure que Felicity avait été enlevée et Oliver tournait toujours incapable de se calmer. Ils étaient là depuis une heure sans rien de neuf et aucune nouvelle des ravisseurs. Il surveillait les moindres mots et gestes de l'inspecteur mais il était trop loin pour savoir exactement ce qu'il se passait. Il avait du mal à respirer et dès que son père s'approchait de lui pour lui dire de se calmer ça le mettait encore plus en colère. Et cette colère était aussi bien dirigée vers son père que vers ses amis qui s'étaient tous réunis. Le silence était pesant et seul le bruit de ses chaussures arpentant le sol en carreaux raisonnait. Il se sentait tellement coupable, il n'avait même pas réussist à protéger sa petite amie. Il serra les mâchoires pour contrôler ses sentiments qui se réveillaient beaucoup trop, il ne devait pas craquer maintenant. Il devait d'abord être sûr que la police allait la retrouver et s'ils en étaient incapables, il supplierait son père de mettre les moyens en œuvre pour le faire. Il fut tout à coup tiré de ses pensées par une agitation de l'autre côté du couloir. L'inspecteur Lance partait en courant suivit par une partie de son équipe alors qu'une voix à sa radio crachait qu'il y avait eu des coups de feu.

Felicity se retrouvait maintenant dans une petite salle dans un hangar abandonné. L'homme aux cheveux gris se tenait face à elle, de l'autre côté de la table alors que celui à la cicatrice se tenait dans son dos. Ils avaient détruit son portable et maintenant il n'y avait plus aucune chance que quelqu'un la retrouve. Elle ferma les yeux, elle ne devait pas penser à ça même si à cet instant, ils ne lui laissaient aucune chance de se sauver ou d'être sauvé. L'homme assis face à elle sortit son portable et lança un appel. Il actionna le haut-parleur et posa le téléphone sur la table.

- « Allo ? »

Felicity fronça les sourcils en entendant la voix et elle reçut la réponse à la question qu'elle se posait.

- « Donna chérie. Je suis avec quelqu'un à qui tu veux sans doute parler.

- Felicity, Felicity, ça va ?

- Maman », cria-t-elle.

- « Ça va aller mon bébé. Je vais faire tout ce qu'il faut pour te retrouver.

- Tu aurais dû réfléchir avant de nous voler. C'était pas très malin. »

Felicity et sa mère étaient maintenant en pleurs et l'homme reprit le portable en main.

- « Mais on a eu une chance inespérée que ta fille remette les pieds à Vegas. Après ça a été un jeu d'enfant.

- Pourquoi vous en être prit à elle, elle n'a rien à voir là-dedans.

- On trouvait ça plus drôle et plus dramatique. Et ça te fera réfléchir pour la prochaine fois où tu pourrais avoir l'idée de voler. »

Felicity regardait l'homme face à elle, elle pensait qu'il était moins impétueux que son collègue mais il lui faisait encore plus peur. Un sadique qui aimait faire souffrir ses proies.

- « Écoute-moi bien. Tu vas nous rendre tout ce que tu nous as volé, jusqu'au dernier centime sinon ta fille devra payer de sa personne », en la regardant dans les yeux.

Elle se recroquevilla sur elle alors qu'elle entendait l'autre homme rire dans son dos et sa mère crier à l'autre bout du fil. L'homme lui donna une série d'instructions et raccrocha.

- « Ça sera bientôt fini. Si ta mère fait ce que je lui ai demandé, tu devrais la retrouver rapidement. Mais j'ai bien peur qu'elle ne puisse pas nous rendre tout ce qu'elle nous a volé… » quand il se tourna à nouveau vers elle en lui lançant un sourire en coin.

Elle ferma les yeux et déglutit. Son corps s'était mis à trembler sous l'effet de la peur qui s'immisçait de plus en plus en elle. Elle tentait de penser mais son esprit était entièrement figé, focalisé sur le bruit des pas qui se rapprochaient d'elle. Une sonnerie de portable retentit et les pas s'arrêtèrent avant que l'homme aux cheveux gris pousse un soupir.

- « Oui chef, on est sur le coup. On devrait avoir l'argent dans peu de temps ».

Il s'éloigna tout en continuant sa conversation puis appela son collègue qui ferma la porte à clé derrière lui. Dès qu'elle fut seule, Felicity se redressa et fit le tour de la pièce avec un peu de chance, elle pourrait trouver quelque chose qui pourrait lui servir. Des coups de feu retentirent au bout d'un moment, des cris, des mouvements. Elle se cacha dans un coin de la pièce en ayant peur qu'il vienne la chercher, elle tentait de contenir sa respiration, surveillait tous les bruits puis sa respiration se bloqua dans sa gorge quand elle vit une ombre s'avancer. L'homme essaya d'ouvrir la porte mais celle-ci fermée à clé lui résista. Elle se leva sans attendre pour appeler au secours. L'homme de l'autre côté la rassura, lui demanda de se mettre à l'abri et il tira sur la serrure pour pouvoir entrer. Cinq minutes plus tard, elle se retrouvait tremblante face à un ambulancier qui vérifiait si tout allait bien. Des larmes silencieuses coulaient sur ses joues et elle était incapable de les retenir. Elle fut escortée par la police jusqu'au commissariat et elle retrouva sa mère vers qui elle courut pour se jeter dans ses bras.

Donna la serra contre elle et s'excusait de ce qu'elle avait fait. Ses mots noyés dans ses pleurs. Oliver les observait de loin, il devait attendre de la retrouver, attendre qu'elle soit entendue par l'inspecteur mais maintenant il pouvait respirer. Elle était sauvée et il allait la retrouver dans peu de temps. Il voyait de là où il était son corps encore tremblant de peur et ses gestes pour se raccrocher à sa mère alors qu'elle plongeait son visage dans son cou. Il s'assit enfin, ses jambes ne le retenant plus et sentit l'angoisse qui l'étouffait enfin s'envoler.

Felicity à bout de force, son corps encore parcouru de tremblements, expliqua ce qu'il s'était passé à l'inspecteur et celui-ci lui expliqua la raison de son enlèvement. Elle se mit à pleurer et se resserra contre sa mère. Elle avait pris des risques énormes pour elle et pour réaliser son rêve. Elle n'aurait jamais cru qu'elle aurait été capable d'aller jusque-là et elle était soulagée que tout soit enfin terminé.

Quand elle sortit de la salle, elle releva la tête et fut surprise de voir Oliver qui l'attendait ainsi que tous ses amis. Elle se mit à pleurer encore une fois et s'en voulu de se sentir aussi faible. Oliver la prit dans ses bras et la serra fortement contre lui, caressa ses cheveux, embrassa son front, la cajola, tout en lui demandant de lui pardonner de ne pas avoir réussit à la protéger. Elle resserra ses bras autour de lui et se cacha dans son cou. Quand elle fut un peu calmée, ils se séparèrent et ses amis vinrent lui parler les uns après les autres. Barry et Roy la serrèrent contre eux en lui disant qu'ils avaient eu peur et qu'ils étaient maintenant rassurés qu'elle soit avec eux. Les filles en revanche, la noyèrent sous des embrassades et des paroles réconfortantes. Elle rejoignit les bras d'Oliver et se serra contre lui soulagée de le revoir alors qu'il continuait de lui murmurer qu'il avait eu peur de la perdre.


Felicity regardait la piste de danse improvisée dans le jardin de Tommy. Théa et Roy étaient en train de rire avec Barry, Sara enlaçait Nyssa, Laurel et Tommy se lançaient des regards langoureux en dansant un slow sur une musique pop et Oliver s'avançait vers elle avec un grand sourire qui présageait qu'il avait une idée derrière la tête. Elle se leva et le rejoignit quand il lui fit signe de la retrouver pour danser. Elle s'approcha, se colla à son corps en passant ses bras autour de son cou et ils prirent le temps de s'embrasser.

Il n'y avait plus aucun nuage au-dessus d'eux. Elle avait eu peur de devoir quitter Harrington car son inscription avait été faite avec de l'argent volé mais sa mère avait accepté de dire tout ce qu'elle savait sur les agissements de la famille Benedetti et elles avaient pu bénéficier en échange de quelques arrangements. C'était dangereux pour elles de rester à Starling maintenant, mais il était prévu une surveillance pendant la durée du procès. Et si ce n'était pas assez, ils feraient appelle à la protection des témoins. Elle en avait déjà parlé avec Oliver, en ayant déjà peur de le perdre mais il l'avait rassuré. Même si elle devait déménager à l'autre bout du pays, il ferait ce qu'il faut pour la suivre. Son père avait des entreprises dans tout le pays et il pourrait lui trouver une place n'importe où. Ils avaient obtenus leur année de Junior et ils allaient avoir deux mois de vacances durant lesquelles ils ne se sépareraient pas d'une semelle.

Oliver la resserra contre lui pour profiter au maximum d'elle avant de pouvoir la retrouver entièrement un peu plus tard dans la soirée. Il avait faillit perdre la tête quand elle avait disparu et maintenant, il savait remettre à leur place les choses sans importance. Il se recula pour regarder Felicity et plongea dans son regard alors qu'elle penchait la tête en lui souriant. Toutes les réponses qu'il attendait de la vie se trouvaient là, dans ses yeux.

- « Tout va bien Oliver ? », lui demanda Felicity en notant son air grave.

- « Oui… », en hochant la tête. « …j'ai tout ce dont j'ai besoin au monde entre mes bras. »

Felicity et lui s'étaient trouvés, les événements leur avait fait prendre conscience de la place de l'autre dans leur vie, elle les avait transformés et ils étaient persuadés que les années à venir ne feraient qu'accentuer leur lien.

Oliver, maintenant jeune cadre dynamique dans l'entreprise de son père, avait eu droit à une semaine de congés. C'était rare mais il avait une très bonne raison. Sa vie était un peu compliquée depuis ces dernières années mais il n'aurait jamais renoncé à ce qu'il avait la chance de vivre. Il travaillait, il avait réussit à rendre son père fier de lui et surtout il aimait la femme la plus merveilleuse qui pouvait vivre sur cette terre.

Felicity avait fait les études qui lui tenaient à cœur et elle avait été diplômée avec les honneurs, il y a un mois à peine. Ces dernières années avaient été compliquées. Elle avait travaillé durement pour réaliser son rêve et elle avait mit toute son énergie dans ce projet et aujourd'hui enfin, elle s'autorisait à réaliser son deuxième rêve. Elle souffla un bon coup pour calmer l'angoisse qui la rongeait de l'intérieur et fit un pas alors que la porte s'ouvrait sur son avenir.

Oliver tourna la tête et la vit apparaître, vêtue de blanc et un sourire rayonnant. Sa rencontre avec Felicity avait tout changé dans sa vie et aujourd'hui enfin, ils allaient pouvoir se marier et accomplir leur destinée. Ils ne s'étaient pas quittés depuis leur année de Junior et ils comptaient bien passer le reste de leur vie ensemble. Tous les ennuis qu'ils avaient pu connaitre étaient derrière eux. La mafia n'avait plus fait parler d'elle après le procès, les deux hommes avaient été condamnés mais Oliver suspectait son père d'avoir joué de ses influences et peut-être de son argent pour que Felicity et sa mère soient tranquilles et en sécurité. Il attrapa la main de Felicity qui l'avait rejoint et plongea dans ses yeux. Sa vie était là et ne faisait que commencer.


C'était le dernier chapitre de cette fic. Je tiens à remercier Delicity-Unicorn, olicity-love, LulzimeVelioska, lavigne126, Evy47, Ally84, Hm, Amy, sisi, soleil 126, Haruka Endo, Olifel, allylicity, ophelie aurore Scott, Anaksouu, , aphrodite161701, pavy-jocelyne, Charline, Ninette13 et aux guests. Vous êtes des amours d'avoir pris le temps de laisser un mot ou un commentaire. Le moyen, pour une scribouillarde comme moi, de voir que mes histoires prennent vie.

Je vous remercie aussi d'avoir lu cette histoire, de l'avoir suivi et de l'avoir mise en favoris. Un TeenOlicity que j'ai voulu tenté et qui je l'espère vous aura fait passer un bon moment.

Merci aussi à Delicity-Unicorn pour son rôle de beta, patiente et toujours présente. Et bien sûr aussi pour sa bonne humeur.

Je vous retrouve sur le recueil d'OS "A corps perdu" une fois par mois si vous avez envie de lemon et on se retrouve bientôt pour une nouvelle histoire...

Je vous embrasse fort