Titre : Cri Silencieux
Prologue : Tsubasa est désormais bien entouré. Seulement, le lourd fardeau d'un passé oublié ne cesse de le tirer vers le bas et l'empêche de se délier de ses secrets délabrés.
Anime : Metal Fight Beyblade (Pas de spoilers dans la série, du moins je ne pense pas y faire référence).
Genre : (Drame&Romance)
Raiting : T car il y a de la violence mais aucune scène sexuelle dans la fiction.
Auteur : LightKingdom
Note d'auteur : Doux Jésus, j'ai pris énormément de retard ! Malheureusement j'ai eu pas mal de déplacement à l'étranger et pas mal de cours, je repars dans pas longtemps mais j'ai à présent de nouveau un ordinateur portable, mes OS seront donc publiés (beaucoup, beaucoup) plus fréquemment. Je suis cependant restée actif sur les écrits des autres.
N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à Everdream mon OS publié cet été.
C'est le dernier chapitre de Cri Silencieux, j'espère que ça vous aura plût si tentez que vous puissiez vous souvenir des derniers chapitres… (oui, je suis la responsable !) Bonne lecture !
Chapitre Dernier.
Il fixa l'horloge accrochée au mur dont les cliquetis retentissaient avec ténacité. Il ne pouvait que difficilement détourner son regard de l'objet, complètement obnubilé par la chose. Pleinement conscient de la raison qui le poussait à toiser les aiguilles avec tant d'insistance, il se répétait en boucle :
« Trois ans déjà ? »
Il n'arrêtait pas d'y penser, encore et encore, sans relâche. Ce soir marquait les trois ans qui avaient tout changé pour lui.
Après tous les malheurs qu'il avait rencontrés, sa vie était devenue bien plus sereine. A présent lorsqu'il regardait autour de lui, sa situation était clairement envieuse pour quelqu'un qui revenait d'aussi loin. De nombreux amis, un statut social respecté, un petit travail qui lui permettait de se sentir utile pour lui et les autres, une présence paternelle assurée par Ryo, et bien d'autres.
Il était presque impossible pour un orphelin ayant été plongé dans un milieu aussi sombre que le sien d'obtenir un tel avenir. Autant dire qu'il avait eu énormément de chance. Il avait tellement honte de ces antécédents pitoyables qu'il n'en avait fait part à personne. Pas même Yu ou Ginga.
Seulement ça ne lui suffisait pas, il attendait plus.
Même s'il tentait de se convaincre du contraire, de détourner son attention de lui c'était Ryuga seul qui pouvait concrètement lui apporter ce dont il avait besoin. Mais quoi exactement ? Ils avaient beau partagé de tristes souvenirs communs ils ne s'entendaient pas, s'étaient disputés le peu de temps passé ensemble et n'avaient jamais parlé de leur arrestations ou de leurs vies à l'orphelinat une fois réunis. Presque comme si rien de tout cela n'était jamais arrivé.
C'était juste le garçon qu'il avait attendu à la fenêtre de sa chambre lors d'une période difficile de sa vie. Mais pourquoi avait-il toujours besoin de lui après tant d'années ? Il n'avait eu besoin de personne pour se débrouiller. Alors pourquoi ressentait-il toujours ce manque, encore maintenant ?
Ne pouvait-il pas juste vivre sa vie aux côtés de ses camarades et être heureux sans n'être dépendant de personne ? Est-ce si compliqué que ça ?
Le cœur est la source la plus ordinaire des illusions de l'esprit et le cœur, plein de vertu, est supérieur à une tête pleine d'érudition.
« 3rd June 2024 – Japon –Koganei »
PDV Tsubasa
Après une nuit passée au commissariat de la ville suite à l'arrestation du trafic que dirigeaient ma famille adoptive et les amis du garçon, je fus conduit à la salle principale, accompagné d'une enquêtrice sociale qui ne m'avait presque pas quitté depuis mon interrogatoire. Là j'y trouvai Ryuga, assit près d'un policier. Ses yeux rencontrèrent aussitôt les miens, toujours en cet aura intrépide et colérique qui au lieu de m'effrayer me consolèrent immédiatement. J'avançai timidement jusqu'à la chaise désignée par l'officier et m'y installa, sans un mot. Nous étions les seuls enfants interpellés du réseau et j'étais curieux de savoir ce qui m'attendait. Il était évident que nous ne retournerions pas chez nous : ma famille et la sienne étaient sous les barreaux. Tant mieux, car je n'avais aucune envie de les voir. C'étaient des gens tristement connus pour être de véritables déchets de la société au milieu de tous les sans-abris, prostitués et trafiquants en tout genre qu'ils servaient. Je ne pensais pas non plus qu'à 13 et 15 ans nous rejoignions ces criminels en prison alors que nous avions été contraints de vivre avec eux. J'étais enfin libéré de ce fléau.
Je détournai la tête vers la gauche où étaient assis Ryuga et un autre officier. En y faisant plus attention, il me semblait être très grand. De mon petit gabarit et du haut de mes un mètre soixante-deux je ne devais lui arriver qu'à l'épaule. Pourtant je n'avais pas peur de lui et ce malgré son air irrité et hargneux. Inhabituel pour quelqu'un comme moi. Je pariais que lui aussi était plutôt satisfait de s'en tirer sans ses bourreaux. Personne ne se plaindrait d'eux.
J'espérais rester avec lui le plus longtemps possible. Je me sentais agréablement bien en sa présence, je ne voulais pas que cela ne s'interrompe. C'était agréable, comme si rien ne pouvait plus m'atteindre. Rongé par l'envie de le voir, je le scrutais le plus discrètement possible essayant de ne pas me trahir par mon éternelle maladresse.
Ses muscles discrets étaient suggérés par un haut moulant noir sans manches. Son col se coupait au niveau du cou. Avec cela il portait un slim noir simple et une paire de chaussures usée. Ses yeux étaient partiellement cachés par quelques mèches de cheveux blanches mal coupées. D'ici je pouvais sentir son odeur particulièrement singulière, très chaude. Ça lui donnait un côté sauvage qui lui collait bien.
Mal accomplit, ce ne fut qu'à la fin de mon inspection que je pu m'apercevoir de l'attention qu'il portait sur moi. Je sursautai aussitôt, brusqué. Je baissai la tête et fixa le sol, priant pour qu'il ne remarque pas la couleur de mes joues qui s'étaient également réchauffées. Il ne détachait pas non plus le regard de ma personne, comme s'il s'attendait à ce que je lui réponde à mon tour. Mes mains devinrent moites et je sentis mon rythme cardiaque s'accélérer. Je voulais terriblement le voir, mais j'avais peur de l'affronter. Par chance, je fus sauvé par la voix de l'inspectrice qui retentit dans le local.
« Mogi, on leur a trouvé une place ! L'orphelinat Ichoniko à Koganei accepte la venue de Tsubasa jusqu'à ses quinze ans et le foyer de Tokushima prend Ryuga pour les trois prochains mois. Ce sont des orphelinats plutôt correctes je pense que ça devrait aller »
Notre regard se croisa de nouveau. Cependant je doute qu'il ne l'eut détourné durant l'annonce de la policière. Personnellement, j'étais terriblement déçu, mais lui resta de marbre. Rien ne pouvait le trahir.
Les heures qui suivirent furent passés dans un silence lourd et glaçant. Ni lui ni moi n'avions pris la parole malgré que je mourrais d'envie de discuter avec lui. En réalité je ne voulais pas le déranger dans sa sérénité et risquer d'attirer ses foudres. Le temps sembla s'être figé. Il avait occupé toutes mes pensées.
J'avais peur, j'allais de nouveau être abandonné, et je n'avais quasiment aucune chance de le retrouver plus tard. Ça ne pouvait pas arriver.
« Ryuga, tu nous suis ? »
Je jetais un coup d'œil à l'horloge. Trois heures que nous étions dans le local, assit l'un à côté de l'autre et je n'avais pas vu le temps passer. Je tournai la tête vers lui, le regard plaidant de ne pas s'en aller. C'était beaucoup trop tôt et je n'étais pas prêt.
Le dénommé se contenta d'émettre un grognement en guise de réponse, son air le plus agacé collé au visage. Il semblait clairement irrité prêt à en faire payer les frais à la prochaine personne qui oserait empiéter dans sa tranquillité.
L'officier robuste resté dans la salle avec nous et que j'avais d'ailleurs totalement oublié se leva subitement et le prit par le bras.
« Contrairement à ton camarade, j'ai le droit de te menotter. On doit en venir jusque-là ou tu te contenteras de nous suivre ? »
Indigné, mon camarade défia l'homme du regard sévèrement. J'émis un léger sourire, ce garçon n'avait aucun scrupule, il sembla avoir remarqué ma réaction et mima un geste fier, en signe de supériorité.
L'instant de plaisance fut de court instant puisqu'il atterrit aussitôt sur ses genoux, deux gros bras refermés sur lui le maintenant. Il ne pouvait pas bouger, malgré la contraction instantanée de ses muscles au moment où il sentit cette masse se refermer sur lui. Tandis que l'officier liait ses mains, il lui offrit un regard meurtrier emplit de haine.
Il n'avait aucune raison de lui faire de mal s'étant bien comporté jusqu'ici, il ne méritait pas que l'on le maltraite. Je me levai instantanément et m'approcha de l'officier, bénissant la force qui m'avait permis de franchir l'homme sans que je ne reste paralysé par la montagne de muscle qui se dressait devant moi.
« Restes en dehors de ça gamin ! » me dit-il en me repoussant de sa main gauche avec une facilité saisissante. Enfin, je faisais le tiers de sa taille et son poids, je n'étais qu'un petit oisillon faisant face à un ours.
« Ne le touchez pas ! »
Je me retournai vers la provenance de la voix, stupéfait. Ryuga avait relevé la tête vers lui, la mâchoire serrée, les poings crispés, le défiant. Il semblait-être sur le poing de bondir sur lui. J'en jugeai utile de me retirer d'eux, me sachant être la cause de cette rébellion si soudaine.
« Oh on se calme, suis moi et tout ira bien c'est pigé ? »
L'homme vigoureux se leva, l'entraînant avec lui vers la sortie de la pièce tandis que j'étais toujours pétrifié par cette voix rauque et si chaude. Il avait tenté de me protéger à son tour, quitte à aggraver sa propre situation.
Par pur instinct je sortis à mon tour, comme attaché à lui. Je murmurai son prénom, obsédé par le besoin que je ressentais à le voir rester près de moi
On m'attrapa par le col du tee-shirt avec une certaine douceur.
« Restes ici Tsubasa, l'agent Yoshimara chargé de t'emmener ne va pas tarder à arriver d'accord ? »
Je ne m'en rendis pas compte tout de suite mais mes joues étaient trempées de larmes qui ne tardèrent pas à s'écraser au sol en un silence sinistre.
«Ryuga » franchit la barrière de mes lèvres en un murmure à peine audible.
Ce fut la dernière fois que je le vis. Du moins, pour les deux prochaines années qui suivirent. Et bien qu'au début je fus tiraillé entre colère et amertume, je m'y accommodai très vite. J'étais constamment occupé, n'ayant aucun moment de répit pour m'apitoyer sur mon sort ce qui ne fut pas une si mauvaise chose au final. De temps en temps bien sûr je repensai à lui, me demandant à ce qui avait bien pu lui arriver, à ce qu'il était devenu.
J'alternais les quelques cours scolaires proposés par l'orphelinat avec les formations professionnelles qui ne demandaient pas trop de connaissances intellectuelles en particulier mais de nombreux atouts dans toute discipline qui touchait de près ou de loin l'espionnage.
On m'avait placé dans cet apprentissage jugeant que j'avais de bonnes aptitudes pour cette activité-là. Un mental d'acier, une condition physique irréprochable, une discrétion et une impassibilité hors pair. Je ne mis pas longtemps à apprendre. De tous les orphelins, rares étaient ceux qui réussissaient dans cette orientation hors du commun. J'avais pourtant réussis après deux ans d'efforts et étais partit le jour de mes quinze ans accompagné d'Eagle que j'avais rencontré là-bas et qui ne m'avais plus quitté depuis pour mon plus grand bonheur.
N'ayant qu'une petit somme d'argent déversée les trois premiers mois qui suivirent mon départ, je m'entrainais jour et nuit avec Eagle pour tenter de devenir plus fort, ayant parfois à voler pour subvenir à mes propres besoins. Sachant que l'héritage de mes parents ne me seraient pas légué avant ma majorité, je décidai qu'il était tant pour moi de trouver une activité rémunérée malgré mon jeune âge. Ce ne fut pas difficile. L'AMBB m'ouvrit très facilement ses portes une fois arrivé à Bey-City. C'est sur place que je fis la connaissance de Ginga premièrement, puis de ses amis. Je les avais trompés peu après notre rencontre avec la Nébuleuse Noire dans le cadre d'une mission spéciale pour détourner leurs plans malsains. J'avais alors dû habiter dans leurs bâtiments, cohabité avec les membres sur qui secrètement j'espionnais, pris beaucoup de risques pour détenir le plus d'informations possibles.
Puis je le revis, complètement transformé.
Comme relié par le passé, Ryuga se présenta à moi.
Je le vis pour la première fois dans les salles de repos côtes aux chambres après une longue journée de travail acharné. J'avais quitté mon jeune acolyte un peu plus tôt dans la soirée. A peine douché, mes cheveux humides reliés en une tresse et vêtu d'un ensemble de jogging bleu, je m'étais dirigé vers le salon principal dans l'optique d'aller manger quelque chose. Etrangement sur ma route je n'avais croisé personne. Pas de Reiji, de Tobio, de Testuya ou même de Yu dans les parages. Rien qui n'aurait pu m'alerter de la colossale rencontre qui suivrait.
Et c'est là que je l'aperçu.
Mon cœur s'arrêta l'espace d'un court instant, sans rien voire en dehors, sans entendre aucun bruit.
Ces courts cheveux blancs méchés, cette peau mate qui contrastait à ces yeux d'or coulants pleins d'envergure et de détermination, cette stature puissante et singulière semblable à celle d'un dragon. Physiquement il n'avait que peu changé, demeurant toujours d'une splendeur incontestable. Mais je ne ressentis pas la même chose.
J'étais totalement perdu, ne sachant absolument pas comment réagir. Simplement déboussolé.
Je restais là un long instant sans ne rien oser dire ou faire. Consterné de le retrouver après tant d'années l'envie d'aller à sa rencontre traversa naturellement mon esprit. Néanmoins je ne pouvais pas...
Il n'avait rien à voir avec le garçon que j'avais découvert deux ans plus tôt, au contraire, j'avais l'impression d'avoir son exact opposé.
Je ne ressentis ni cet apaisement, ni cette attirance délectable ou bien même cet aura de sécurité. Rien de tout cela. Seulement de la crainte, de l'anxiété et de l'inquiétude.
Aussi discrètement arrivé qu'à l'accoutumé je repartis, chamboulé.
Je n'avais pas quitté l'endroit pour autant, ayant une entreprise à servir.
Alors j'avais vécu dans l'incompréhension la plus totale au sein de cette organisation pendant près d'un mois. Là, il était devenu le centre de mes pensées. Je me torturais l'esprit jour et nuit pour tenter de comprendre ce qui avait bien pu changer. En soi je ne le connaissais pas. Comment pouvais-je le juger avec tant de dextérité ? Encore aujourd'hui je n'en ai pas la réponse… Mais où était le garçon au regard de braise qui m'avait rassuré et protégé du menaçant policier ? Où était le garçon que j'avais attendu au rebord de ma fenêtre des mois durant ? Où était le garçon au cœur pur qui avait veillé sur moi ? N'ayant aucun contact avec le concerné et aucune réponse à mes questions, j'émis de simples hypothèses, sans queue ni tête.
J'avais tenté de ne plus y penser, de l'ignorer, d'éviter à tout prix de le croiser. Et étrangement ça avait marché. Doucement, la place qu'il avait prise dans mon cœur s'était considérablement réduite.
Accompagné de Yu qui fréquentait le groupe d'amis auquel nous étions supposés être ennemis, je compris vite que l'unique adversaire de l'organisation à laquelle j'étais rallié désormais était Ryuga.
J'en entendis beaucoup sur lui. Il était au centre des conversations concernant la Nébuleuse Noire, l'ultime bataille ou même les prochains combats de Ginga à venir. Un adolescent incontrôlable, dangereux, mauvais et haineux. Il n'hésitait pas à détruire ses adversaires, qui que ça soit et possédait une méchanceté et une rancune sans précédent.
Mon ancienne admiration pour lui s'estompa alors peu à peu. Je commençai à ressentir de la rancœur, haïssant cette ignorance catégorique ainsi que ce comportement si cruel envers les autres.
Mais j'avais fait avec, évitant de prendre parti lorsque je devais donner mon avis sur le sujet.
Toute forme d'appartenance que je pouvais éprouver envers Ryuga disparut définitivement lors de mon combat avec lui lors de l'ultime bataille.
Ce jour-là, je vécu la pire des humiliations que je n'avais jamais subis. Je m'en voulais d'avoir été si con et d'avoir continué à croire en lui malgré toutes les répressions que l'on m'avait faite sur lui.
De toutes les trahisons, cette contamination volontaire de la part du garçon à qui j'eu apporté ma confiance avait été l'une des pires.
J'avais définitivement tourné la page sur lui, ne souhaitant même plus entendre son nom.
Ainsi il avait disparu après la victoire de Ginga à ma plus grande réjouissance. J'avais enfin la paix ( ou du moins de ce que j'en pensais) et j'étais enfin entouré. Je semblais avoir trouvé la clé de la prospérité. La présence de Yu que je considérais comme un frère, de mes nouveaux amis (les premiers que je n'avais jamais eus) avec qui j'avais appris à m'ouvrir un peu plus aux autres, m'avait fait beaucoup de bien. Finalement, tout allait bien pour le meilleur des mondes. Ryuga n'était plus qu'un fantôme du passé et la haine que je lui vouais et qui semblait même d'ailleurs égaliser, voire surpasser celle de Kyoya s'estompa tandis que je l'oubliais peu à peu, me remettant de la défaite écrasante que j'avais subit.
C'est lors du championnat du monde que tout changea pour moi. J'avais été sélectionné parmi les candidats pour obtenir une place au sein de l'équipe japonaise.
Brusquement, du jour au lendemain j'étais tombé malade, complètement fou, considéré comme un monstre par la plupart des supporters du pays. Je m'étais torturé l'esprit à chercher la raison qui m'avait fait devenir quelqu'un de si différent. Plus personne ne me reconnaissait, mon équipe perdait peu à peu confiance en moi, j'avais peur, je rencontrais de nouveau la solitude que j'avais tant cherché à fuir. La plupart de mes combats s'étaient transformés en batailles chaotiques, provoquants toujours des blessés, dont moi, à la fin de ceux-ci. J'avais fait du mal à Yu, trahis mon équipe et tout le pays.
J'étais condamné, plus personne ne croyait en mon rétablissement ni ne pouvait plus rien pour moi. L'inquiétude rongeait chacun d'entre nous et c'est finalement Ryo qui avait délié le nœud du problème. Le pouvoir obscur, L Drago et Ryuga. Encore et toujours lui.
Malgré les nombreuses tentatives que j'avais mises en œuvre pour l'oublier, il apparaissait de nouveau dans ma vie.
Le directeur voulut aussitôt m'interner dans un établissement adapté pour me faire soigner et par la même occasion me supprimer de l'équipe. Je ne pouvais pas lui en vouloir, c'était légitime après tous les dégâts causés par moi et mon Earth Eagle.
J'avais ressentis une rage inouïe en l'apprenant, tout dirigée vers Ryuga.
Heureusement mon équipe avait continué à me soutenir et finalement j'étais resté.
Le plus insolite dans tout ça, c'est que ce fut Ryuga qui vient à moi au moment où j'en eu le plus besoin. Je n'en compris pas la raison. Traverser la moitié du globe afin de me rejoindre en Italie alors que c'était le personnage que je haïssais du plus profond de mon être m'avais fortement contrarié.
Mais curieusement cette nuit-là tout prit une autre tournure.
Avec cynisme et mépris, il me conseilla et m'épaula, tentant indirectement de me faire prendre conscience sur le noyau du problème. C'était surprenant et de par la manière employée mais aussi de par la distance avec laquelle il avait accompli tout ça. En un timing parfais il avait à lui seul régler tous mes problèmes en l'espace d'une soirée. Car le lendemain, mon match présumé catastrophique se finit bien. J'eus remporté la victoire, mes camarades m'avaient retrouvés, je n'avais pas ressentis de la haine lors de mon combat et sans Ryuga rien de tout cela ne serait arrivé.
Mon estime augmenta alors un peu pour lui.
Puis, une deuxième fois peu de temps après, il assura ma place au match de la final tandis que j'étais plongé dans un coma artificiel avec Yu lors de l'attaque de Damian Hart, le capitaine de l'équipe américaine. J'avais d'abord eu du mal à y croire, ayant jusqu'à réclamer les vidéos du match à Madoka pour m'en assurer, et avais été agréablement surpris
Cette nuit je la passai à visionner en boucle la vidéo de la bataille opposant Jack à Ryuga n'ayant d'yeux que pour lui. Sans m'en apercevoir je lui avais accordé le pardon, j'avais accepté sa trêve muette et il était considérablement monté dans mon estime. Je m'étais attardé sur le pourquoi du comment de longues heures durant, tentant de connaître la véritable raison qui l'avait poussé à agir de la sorte. Encore une fois je n'eus pas de réponse à ma question.
Mais tout se finit bien.
Ce n'est que lorsque Doji, miraculeusement toujours en vie se manifesta de nouveau par Némésis que j'eus à croiser sa route de nouveau. Plus précisément à la tour de Babel tandis que je traquais les bladers légendaires à la demande de l'AMBB. Nous nous étions affronté une fois de plus pour remporter un fragment d'étoile qui aurait renfermé une puissance égale à celle que Ginga et Kyoya avaient pu acquérir et avec regret j'avais pu déceler une certaine fureur qu'il me vouait. Je n'avais pas spécialement cherché à engager la conversation avec lui pour reparler du passé ou bien même le remercier (ça n'était ni le lieu, ni le moment). Hors lui ne m'avait clairement pas ménagé.
Suite à notre combat il était repartit comme si de rien n'était accompagné de Kenta ce qui m'avait légèrement contrarié. Je m'étais donc sauvé à mon tour simplement satisfait de savoir que Ryuga faisait partie de l'un d'eux et qu'ainsi j'aurais à le rencontrer à nouveau.
Pourtant ce ne fut que lors de la bataille contre Rago que je le revis : Seul, affrontant corps et âme Némésis en y mettant toute sa rage et toute son énergie dans le combat qu'il perdu après des efforts titanesques pour l'emporter. J'avais enduré beaucoup ce jour-là.
Premièrement j'avais pris conscience d'avoir besoin de lui, à un niveau vital. Accepté d'être contraint à être dépendant de lui quoiqu'il arrive, où que je sois, et que jamais personne ne pourrait remplacer sa présence si particulière à mes yeux. Que mon cœur ne pourrait jamais se calmer en sa présence.
Mais aussi j'avais traversé la peur de l'avoir perdu à jamais ce qui m'avait plongé dans un état de désespoir et de choque intense. Ces instants furent de loin les pires de ma vie.
Nous avons bien heureusement fini par gagner la guerre et Ryuga finit à l'hôpital tout comme nous qui étions blessés. Incapable de bouger je m'étais simplement promis d'attendre notre sortie pour ensuite aller le voir.
J'avais cru à une conversation avec l'intéressé qui n'eut en fin de compte jamais lieu… Il s'était enfuit de l'hôpital dès qu'il fut apte à marcher. Impassible, solitaire.
Ainsi j'en sortis aussi je me mis à l'attendre de nouveau, demeurant cependant toujours comme étant la cible prioritaire de mes moindres pensées.
La mélancolie s'empara alors de moi, tout doucement jusqu'à me consumer tout entier.
Je m'étais mis à déprimé, pensant sans relâche à Ryuga qui restait la seule personne apte à m'aider. Je m'étais fait beaucoup de mal, à moi et mon entourage. Mes amis les plus proches ne savaient plus quoi faire, la plupart restant simplement disponible si besoin. Les autres parfois même éparpillés à l'autre bout du globe s'étaient eux aussi très vite inquiétés. J'avais alors mentis, leur promettant à tous des paroles pleines d'hypocrisie. Ils ne m'avaient pas cru. Tous savaient que quelque chose clochait, moi le premier, mais ne mettant pas la main dessus je les avais tous rejeté, lâchement. Mes blessures brûlaient à vif et personne ne pouvait les penser.
J'étais pleinement conscient de la cause de mon mal-être. Mais la raison qui me poussait à me retrouver dans un tel état ? Peut-être le besoin de l'avoir près de moi, de bénéficier de sa protection, de sa surveillance, de son pardon ou bien…
« Son amour ? »
Je me retourna vers la provenance de la voix.
Yu se tenait à l'embrasure de la porte, habillé d'une combinaison grise aussi sombre que les propres vêtements que je portais. Je plissai les yeux, le détaillant malgré l'obscurité grouillante, écrasant le mégot de cigarette dans le cendrier me faisant face.
Il semblait être au bord de l'implosion, totalement démunit, dans un état lamentable.
J'étais si occupé à broyer du noir que je ne faisais presque plus attention à lui. C'était une personne qui valait chère à mes yeux et je n'avais jamais tolérer que quelqu'un qui lui fasse du mal demeure impuni.
Pourtant en y réfléchissant, je lui faisais du mal. J'étais d'ailleurs le seul à lui avoir causé tant de soucis.
D'un simple mouvement de main je lui fis mine de s'approcher. Il s'assit à côté de moi sur la commode et me fixa de ses grands yeux verts noyés d'innocence, les jambes remuantes. J'ébouriffai ses cheveux d'un geste habile espérant décrocher un sourire qui n'arriva pas.
Yu n'allait vraiment pas bien. J'en étais le seul et unique responsable, je devais l'aider, c'était le frère que je n'avais jamais eu. Je n'avais pas le droit de lui faire du mal.
Je décidais alors de reporter mon attention sur la phrase qu'il avait dite, collant parfaitement à la suite de mes réflexions. D'un geste tendre je passai ma main sur son front tentant de le réconforter.
« Tu disais Yu ? » dis-je d'une voix douce et posée.
Je le vis baisser les yeux, enlacer ses doigts nerveusement et se pincer la lèvre, cherchant ses mots. Ce qu'il allait me dire était important. J'en avais la certitude.
« Je… Ryuga c'est lui qui te manque hein ? Tu es amoureux de lui ? »
A ce moment tout s'arrêta autour de nous. Les cliquetis de l'horloge devinrent plus sourds, le bruit de la ville se fondit en un silence anarchique.
Dans son regard, je crus lire une multitude de sentiments.
Il était très sérieux, c'était d'ailleurs la première fois que je le voyais ainsi. Du haut de ses douze ans il avait résolu à lui seul l'énigme qui se tramait en moi depuis tant de semaines. Je me savais l'apprécier, en manquer. Mais en être amoureux, je n'y avais jamais pensé. Je n'avais pas même osé l'imaginer. Qu'est-ce qu'un blader aussi redouté, puissant, solide, impassible, déterminé, dur et coriace ferait de moi, un gamin frêle, effrayé par la vie et complètement banale qui plus est n'avait jamais tenter de lui parler en toute loyauté. La vision des sentiments qu'il devait avoir si elle existait devait être réellement minime. Je n'y croyais aucunement. Il n'y avait aucune chance pour qu'il ne ressente quoi que ce soit envers moi.
Et à présent que je connaissais avec précision la raison de mon mal-être, je fus d'avantage malheureux qu'à l'accoutumé, ce qui n'échappa pas à Yu. Lui me comprenait mieux que quiconque.
« Tu ne devrais pas douter de ses sentiments. Il t'a aidé pour le pouvoir obscur, a pris ta place pour le championnat et a combattu Némésis tout seul uniquement pour toi. Il est fou de toi tu peux me faire confiance. Tu le sais ça hein ? Je te connais plus que quiconque. Allez fais-moi confiance je t'en prie ! »
Il descendit de la commode et me tira par la main, toujours dans ce même état de désolation. Je baissai les yeux vers lui et inclina la tête, incertain. Après un long silence je lui répondis, désarmé.
« Comment tu peux en être sur ? »
Yu posa sa main sur sa poitrine et agita l'autre vers moi.
« C'est évident ! L'amour ça ne se contrôle pas. Tu ne peux pas contrôler ça, et lui non plus. Tsuchan je t'en supplie. Vous deux je vous connais, j'ai vu que vos regards se cherchaient l'un l'autre lors du combat où bien même à l'hôpital. J'ai compris que toutes ces petites attentions de sa part te sont entièrement destinées ! Je ne suis pas dupe Tsubasa j'ai tout compris ! Il a beau jouer les gros durs il ne te résiste pas»
Les larmes perlaient de ses joues pâles et rondes en similitude avec la pluie qui commençait à s'abattre sur la ville.
« Je sais que toi tu peux aller le voir toi. Je n'ai pas envie de te perdre… Je t'en prie Tsubasa écoutes moi juste aujourd'hui ! »
J'effaçais du revers de ma manche les larmes qui roulaient de ses joues et m'apprêta à répondre quand Eagle se précipita vers nous, paniqué, brisant soudainement notre discussion. Je suivis le battement de ses ailes affolé pointant vers l'extérieur et m'empressai de découvrir la raison qui poussait mon oiseau à agir avec tant d'agitation. Je sentis mon cœur se serrer douloureusement dans ma poitrine.
En regardant par la fenêtre, je l'aperçu.
Le fondement de toutes mes craintes, l'origine de tous mes chagrins se dresser malgré l'orage battant à travers les nombreux faisceaux lumineux que je pouvais apercevoir en provenance de l'autre côté de la ville. C'était lui.
Je devais faire quelque chose, je devais partir le voire.
Je cru entendre le cri silencieux d'L-Drago et la voix chaude au combat de mon Ryuga retentir.
Il combattait, Ryuga était là. Il était près de moi.
Et en cet instant c'est tout ce qui importait.
FIN
