Hey !
J'espère que vous allez bien !
Perso, je suis contente, ce chapitre est sorti plus tôt que prévu, donc ça va \(^-^)/
MESSAGE : for the person who asked me to write this fanfiction in english, I don't know enough vocabulary and grammar to write it in english, sorry.
Enjoy
La belle Justine était appuyée sur la façade de la petite cabane qui lui servait de maison. Tendue, elle se triturait les doigts sous le regard à la fois inquiet et protecteur de l'homme assis près d'elle.
- Je t'en prie, Justine, dis moi encore une fois pourquoi je ne peux espérer recevoir ta main, dit-il avec un air désespéré.
- Je te trouve bien ennuyant de me poser encore une fois la question, Mathieu, pourquoi ne veux-tu pas accepter la vérité ? Je ne t'épouserai pas, un point c'est tout !
- Oh, Justine... répondit le jeune homme, accablé.
Il laissa planer le silence
- En vérité, je crois que j'ai compris... Tu ne m'aimes pas...
- Ne dis pas de bêtises, s'exclama-t-elle, je t'aime comme si tu étais mon frère, et jamais je ne pourrais imaginer ma vie sans toi ! Accepte cependant que mon cœur appartienne à un autre.
- Mais...
- De plus, tu es soldat avant d'être pêcheur, que ferais-je si tu partais ? Je serais seule, avec mes maigres possessions pour seule compagnies.
Mathieu eût un regard mauvais.
- L'homme que tu aimes, il est marin, n'est-ce pas ?
- Et alors ?
- Alors il est tout aussi inconstant que je puisse l'être en étant soldat. Et quand bien même il ne le serait pas, la mer l'est pour lui.
Justine sentit la colère l'envahir.
- Tu méprise Antoine simplement parce que je l'aime, c'est vraiment lâche de ta part. Tu dis que la mer est inconstante, tu as bien raison ! Voilà trois mois que j'attends son retour et pendant tout ce temps, j'ai compté bien des tempêtes !
Mathieu se tut. Que répondre face à la colère de celle qu'il aimait ?
Soudain, une idée germa dans son esprit. Il serra les poings et, en regardant dans le vide, demanda :
- Et s'il mourait ?
Justine le foudroya du regard.
- Alors, j'en mourrais à mon tour.
Mathieu s'apprêtait à répliquer lorsqu'une voix enjouée l'interrompit.
- Justine ! Je suis de retours !
Le visage de la jeune femme s'emplit de joie alors que celui de Mathieu devint blême.
- Antoine ?!
Le marin arriva et il enlaça la jeune femme.
- Oh, Justine, tu m'as tellement manqué...
- Toi aussi, tu m'as manqué, Antoine !
Ils restèrent un moment dans les bras l'un de l'autre, sous le regard malade de Mathieu qui s'était placé en retrait.
Antoine le remarqua et s'exclama :
- Oh, excusez-moi, je ne vous avais pas vu... Je m'appelle Antoine Daniel.
Et il tendit une main amicale vers Mathieu, qui ne pouvait s'empêcher de pâlir un peu plus chaque seconde qui passait.
Le pêcheur observa la main sans pour autant la serrer.
Quelques secondes passèrent durant lesquelles personne ne bougea ni ne dit mot. Alors, Antoine, sentant toute l'agressivité qu'avait Mathieu à son encontre, laissa tomber avec un brin d'amertume :
- D'accord, je vois... Je reviens d'un voyage de trois mois en mer, et alors que je pensais retrouver amour et amitié, je retrouve un ennemi...
- Mathieu n'est pas un ennemi, s'exclama Justine en lançant un regard noir vers le pêcheur, c'est l'homme que j'aime le plus après toi, que je considère comme mon frère et que tu considérera comme tel également, et il va te serrer la main.
Les derniers mots débordaient de menaces que Mathieu ne pouvait ignorer. Il prit donc sur lui et serra, en plus de ses mâchoires, la main d'Antoine. Il lui sembla que la peau de sa main commençait à brûler tant le contact le répugnait.
- Je... Je dois partir, on m'attend quelque part... bredouilla-t-il avant de s'enfuir en courant.
Il courut aussi vite qu'il le put pour échapper à la vision de la femme qu'il aimait aux côtés d'un autre.
Il finit par ralentir, pour finalement s'arrêter, essoufflé et fiévreux. Une voix l'interpella alors.
- Hé, ne serait-ce pas ce bon vieux Mathieu ? Viens donc boire avec nous !
- Tais-toi un peu, Bob, tu vois bien qu'il n'a pas l'air d'humeur joyeuse, enfin... M'est avis que ce cher Antoine a rejoint Justine et a gagné la confrontation.
Mathieu se retourna pour voir Bob et Victor assis à la terrasse d'une taverne, le premier complètement ivre, le second arborant un sourire presque moqueur. Il s'approcha des deux hommes sans dire un mot.
- Bah, reprit Bob en reprenant une gorgée, le capitaine aura eu raison du vaillant soldat...
Mathieu écarquilla les yeux.
- Capitaine ? Demanda-t-il, terrifié à cette idée.
Victor sourit.
- Une récente promotion. Viens donc t'asseoir.
Le pêcheur obéit, dépité.
- Tu as l'air triste, mon ami, remarqua enfin Bob, prends une gorgée, cela te fera du bien.
Il déposa sa chope sur la table. Le regard de Mathieu se posa dessus, mais c'est sans conviction que se dernier la porta à sa bouche.
- N'empêche, continua l'autre, je n'aurais jamais cru que tu abandonnerais si vite, je te croyais plus combatif et déterminé à garder celle que tu aimes.
- Elle aime un autre, et m'a dit qu'elle mourrait s'il lui arrivait malheur...
- Dans ce cas, ils se marieront, aussi certain qu'Antoine sera capitaine.
Le sang de Mathieu commença à bouillir.
- Ça suffit ! Dit il en balayant les choppes présentes sur la table.
- Pas nos boissons enfin... se désola Bob.
- Pfff, murmura Victor pour lui-même, dire que je suis attablé avec un ivrogne et un homme incapable de se venger...
- Hé, s'écria Bob, regardez qui voilà ! Antoine, Justine !
L'effet fut immédiat sur les deux autres qui pâlirent en même temps.
- Tais-toi, imbécile, tu vas attirer leur attention.
- Antoine, continua d'appeler Bob, complètement saoul, es-tu déjà si fier que tu ne daignes même pas nous répondre ?
L'interpellé le remarqua enfin, et s'approcha en rougissant, la femme qu'il aimait à ses côtés.
- C'est le bonheur qui efface tous mes autres sens, répondit le jeune homme.
Il ne remarqua pas l'air crispé de Victor et Mathieu qui le regardaient avec dégoût.
- Oui, le bonheur... , fit le comptable en masquant son ressentiment. En parlant de bonheur, j'ai cru comprendre que vous alliez bientôt vous marier.
- Dans trois jours, répondit Justine avec un grand sourire, et vous êtes tous les trois invités.
Elle jeta un regard successif à chacun d'eux en s'arrêtant imperceptiblement sur Mathieu qui aurait bien disparu pour ne pas entendre ce qu'il venait d'entendre.
- Trois jours ? S'exclama Bob. Vous êtes pressés...
- En fait, c'est en partie parce que je dois partir à Paris, avoua Antoine. J'ai quelque chose à délivrer à quelqu'un.
Victor pensa immédiatement à la lettre dont il avait parlé un peu plus tôt avec Patrick Baud et une sombre idée lui traversa l'esprit.
- Maintenant, reprit Justine, si vous voulez bien nous excuser, nous avons encore beaucoup de choses à faire.
Et ils repartirent tous les deux, bras dessus-dessous, heureux.
Lorsqu'ils furent assez loin, Mathieu s'affala au bord des larmes sur la table et gémit.
- Trois jours...
- Apparemment, le mariage ne fait pas que des heureux... insinua Victor en commandant de nouvelles boissons.
- J'adorais Justine, se désola le pêcheur.
- C'est donc normal qu'à tes yeux, Antoine mérite la mort.
- Mais Justine a dit que...
- Je sais, le coupa le comptable, mais la mort n'est pas forcément la seule solution.
L'attention de Mathieu se porta instantanément sur les paroles de Victor.
- Tu sais, continua ce dernier, une prison est comme un cercueil...
- Sauf qu'on sort de prison, dit Bob dans un éclaire de lucidité, avant de reprendre une gorgée, et je vois mal Antoine se laisser faire sans se venger.
- C'est qu'il n'est pas encore complètement ivre... désespéra Victor en regardant Bob. Mathieu, remet lui donc à boire.
Le jeune homme s'exécuta, trop impatient d'entendre la suite des idées de l'homme à ses côtés.
Lorsqu'ils furent certains que Bob n'interromperait plus leur discussion, le comptable continua.
- Je disais donc, il suffit de s'assurer qu'il aille en prison pour un crime qui lui promet la perpétuité...
Il s'arrêta pour demander au serveur de l'auberge de lui apporter une plume et du papier.
- Du papier ? Demanda Mathieu, incertain.
- Bien sûr, je suis comptable, la plume et le papier sont mes armes à moi, et font parfois plus de dégâts qu'un revolver.
On lui apporta ce qu'il avait demandé.
- Comme Antoine a débarqué à Elbe, il suffit d'écrire une lettre de dénonciation au procureur du roi, disant qu'Antoine est un fervent bonapartiste.
- Mais... , hésita Mathieu, la loi permet à un accusé de rencontrer son accusateur...
- C'est pour cela qu'il vaudrait mieux écrire anonymement.
Et joignant le geste à la parole, il écrivit la lettre d'accusations de la main gauche afin qu'on ne puisse pas reconnaître son écriture. Mathieu prit le papier et le lut à haute voix.
- "Monsieur le procureur du roi est informé par la présente lettre qu'Antoine Daniel, second du navire "Pharaon" qui a appareillé à Marseille en ce jour, après avoir fait escale à Elbe, se trouve acteur d'un complot visant directement ou indirectement le roi. Vous avez comme preuve une lettre que vous trouverez soit dans sa cabine, soit chez son père, soit sur lui-même."
Mathieu jeta un regard à Victor. Ce dernier reprit la lettre et la chiffonna.
- Ce serait de cette manière que quelqu'un qui en veut à Antoine s'en débarrasserait sans risque. Mais personne ne serait aussi mal avisé...
Il lança le papier derrière lui au fond de la terrasse. Le regard de Mathieu suivit le mouvement de la lettre et il ne la quitta pas des yeux par après.
- Et toi, dit-il à Victor, n'as-tu pas quelque reproche à faire à Antoine ?
- Moi ? Bien sûr que non, pourquoi serait-ce le cas, enfin...
- C'est vrai, s'exclama Bob, plus ivre qu'il ne l'avait jamais été, tout le monde aime Antoine, j'aime Antoine. Portons un toast à Antoine !
Il leva son verre. Victor et Mathieu firent de même, ce dernier gardant toujours son regard sur la feuille chiffonnée au fond de la terrasse.
- Bon, je pense qu'il est judicieux de ramener cet ivrogne chez lui, déclara le comptable en soulevant Bob de sa chaise.
- Vous partez ? Demanda Mathieu.
- Je le raccompagne.
Il emmena Bob avec lui, laissant Mathieu seul. Ils marchèrent quelques secondes, puis Victor se retourna et vit le pêcheur qui courait en direction de la ville, un papier chiffonné à la main.
Il sourit d'un air satisfait.
Voilà la fin du chapitre deux.
J'espère que ça vous a plu, j'ai hâte de voir vos réactions.
Review ? :3
