Hey !
Voici donc le troisième chapitre de cette fanfiction, et presque pas en retard, en plus !
J'ai eu pas mal de difficultés à écrire le début de ce chapitre, j'espère que ça ne se ressentira pas trop à la lecture.
Bref, j'espère que ça vous plaira !
Le soleil de midi caressait de ses doux rayons le visage des invités. Ces derniers, nombreux, attendaient patiemment devant l'entrée de la Réserve, sans se douter le moins du monde de la conversation qui y avait eu lieu la discutaient du repas de fête qui les attendait.
Victor et Bob arrivèrent à leur tour, les souvenirs de ce dernier n'étant plus que de vagues images qu'il avait mises sur le compte d'un mauvais rêve causé par l'alcool.
Ils furent suivi de près par Patrick Baud, dont l'arrivée provoqua un murmure d'admiration parmi les convives. C'était en effet un grand honneur que faisait l'armateur à Antoine en venant à ce repas. Un grand sourire se dessina sur le visage des matelots du Pharaon, qui étaient également invités, lorsqu'ils comprirent que cela confirmait la rumeur comme quoi Antoine serait bientôt capitaine.
On chargea alors Victor et Bob d'aller avertir Antoine de l'arrivée de cet invité de marque.
Ils partirent donc, et rencontrèrent la personne qu'ils cherchaient quelques rues plus loin.
Antoine était accompagné de Justine ainsi de son père. Tous étaient suivis par cinq jeunes femmes amies de la future mariée et l'on pouvait apercevoir un Mathieu plus que fiévreux à leur suite. Ce dernier jetais en permanence des regards vers la ville, avant de redevenir blanc comme un linge.
Victor alla trouver les fiancés et les prévint de l'arrivée de Patrick Baud. Il partit ensuite se placer aux côtés de Mathieu, sans pour autant entamer de discussion, tandis que Bob se dirigea vers le père Daniel.
Le groupe reprit sa marche vers la Réserve. Arrivés là-bas, les futurs mariés furent accueillis bruyamment par des invités enthousiastes. Tous allèrent saluer Antoine et Justine, et finalement, on laissa rentrer tout le monde. À l'intérieur, on avait aligné des tables afin d'en créer une plus grande à laquelle tous les invités pourraient s'asseoir.
Justine invita monsieur Daniel et Mathieu à s'asseoir à ses côtés tandis qu'Antoine faisait de même avec Victor et Patrick Baud. Les autres invités se placèrent à leur guise, et le buffet commença, lançant des conversations diverses et variées. On mangeait et parlait avec qui on voulait, et on changeait de place lorsqu'on voulait discuter avec quelqu'un d'autre.
Les discussions étaient pour la plupart centrées sur le futur mariage, et ce fût sans surprise qu'Antoine et Justine se firent interpeller de tout part.
- Ce buffet était délicieux, s'écria quelqu'un. J'ai hâte de voir à quoi va ressembler celui du mariage.
Antoine regarda Justine, et sourit.
- En fait, commença-t-il, il se trouve que grâce à l'aide de monsieur Baud ici présent, nous avons réussi à avancer la date du mariage.
- Est-ce vrai ? Demanda l'une des convives. À quand ?
Le futur marié jeta un oeil à sa montre.
- Dans environ une heure.
Le brouhaha ambiant qui, jusque là, n'avait pas cessé, gagna en intensité en à peine plus d'une seconde.
Le visage de Victor et Mathieu devint blanc comme un linge, s'il était possible pour ce dernier de l'être plus encore.
Le repas toucha à sa fin, aussi Victor et Mathieu allèrent rejoindre Bob qui, grâce au bon repas et au bon vin, n'éprouvait plus aucun ressentiment envers le futur marié. Le pêcheur se plaça près d'une fenêtre et regardait régulièrement vers la ville d'un air fiévreux.
Le comptable, quant à lui, commença à discuter avec son ami.
- Ainsi, ils seront mariés dans moins d'une heure...
- Dieu les garde, répondit Bob, un petit verre dans le nez, et j'espère bien que rien ne leur arrivera.
- Que veux-tu dire ?
- Qu'il aurait été très mal de faire à Antoine ce dont vous aviez parlé hier avec Mathieu.
Victor se retourna et observa son ami, étonné que ce dernier se souvienne de quoi que ce soit de la veille.
- Tu sais bien que je n'aurais jamais fait une chose pareille.
- Peut-être, mais l'idée était là, voulue ou non.
- Je ne faisait que plaisanter. De plus, tu as bien du voir que j'ai jeté cette lettre.
Bob fut forcé de l'admettre, même s'il fallait avouer que sa mémoire lui faisait quelque peu défaut, enveloppée par le voile de l'alcool.
Quelques minutes passèrent, quand la pendule sonna deux heures. Justine se leva, rapidement suivie d'Antoine.
- Mes amis, je vous invite à nous suivre dès maintenant jusqu'à l'église, le mariage débute dans un quart d'heure !
Les invités se levèrent avec une joie non dissimulée. Seul l'un d'entre-eux suait à grosse goute suite à cette annonce, et faillit s'écrouler en tentant de faire un pas. D'ici à quelques minutes, tous ses espoirs partiraient en fumée, et la femme qu'il aimait serait perdue.
Soudain, un grand fracas se fit à la porte. Un commissaire suivit de trois soldats entrèrent dans la pièce sous les cris de surprise des convives.
- Antoine Daniel ? Demanda-t-il.
Des murmures se firent dans l'assemblée tandis que le jeune homme s'avança d'un pas quelque peu hésitant.
- Que se passe-t-il ?
- Vous êtes Antoine Daniel ?
- C'est moi, répondit-il.
- Veuillez-me suivre.
Il désigna la porte et intima au marin d'avancer.
- Attendez, s'interposa Patrick, qu'a-t-il fait pour que vous veniez l'emmener le jour de son mariage.
Le commissaire sembla légèrement ennuyé et se contenta de répondre :
- À vrai dire, je l'ignore. On m'a demandé d'aller chercher votre ami en urgence sans plus d'explications.
- Tout va bien, tentant de rassurer Antoine, j'ai probablement négligé l'une ou l'autre de mes déclarations à la douane en arrivant hier, rien de grave.
- Si c'est le cas, répondit le commissaire, vous serez revenu avant même d'avoir eu le temps de faire attendre vos invités. Mais pour l'instant, il faut me suivre.
Antoine acquiesça et s'avança vers la porte en jetant un regard à son père et Justine qui lui fit un signe d'au revoir discret.
Bob, se rendant compte de ce qu'il se passait, lança un regard mécontent à Victor. Ce dernier se défendit.
- Ne me regarde pas comme ça, je t'ai dit que je n'avais rien fait et que j'avais jeté cette maudite lettre. Tu peux demander à Mathieu, il était là.
Il voulut appeler ce dernier mais il avait disparu sans que personne ne s'en rende compte.
Devant la vague d'inquiétude qui commençait à s'étendre sur les invités, Patrick Baud décida qu'il fallait ramener le calme.
- Je m'en vais me renseigner sur la raison pour laquelle Antoine a dû nous quitter si précipitamment, restez ici. Je reviens vite.
Et il partit.
Justine, très inquiète, rejoignit le père d'Antoine et fut rapidement entourée de ses amies qui firent leur possible pour lui remonter le moral.
Les minutes passèrent, longues et lourdes, avant que Patrick ne revienne, le visage dépité.
- Il est accusé d'être un agent bonapartiste... Laissa-t-il finalement tomber, jetant une chape de plomb sur les convives.
Tous se retournèrent vers Justine qui, sous la pression de tous ces regards, ne put réprimer les larmes de chagrin qui apparurent dans ses yeux.
Après plusieurs minutes durant lesquelles on comprit a salle se vida peu à peu.
Victor et Bob, blème, sortirent à leur tour.
- Cela n'aurait pas dû arriver. Ça ne peut pas être une coïncidence. Votre "plaisanterie" est forcément liée à ce qui vient de se passer.
- Je t'ai dit que j'avais jeté cette lettre alors arrête de me faire la morale. Quelqu'un l'aurait sans doute récupérée après que nous sommes partis hier.
Il y eut un silence durant quelques temps puis Bob murmura plus pour lui-même que pour Victor :
- Cette histoire nous portera malheur...
- Elle ne portera malheur qu'aux coupables.
Ils rentrèrent chez eux.
Au même instant, quelques rues plus loin, une autre fête suivait son cours.
Mais à l'inverse des fiançailles d'Antoine Daniel et Justine Le Pottier où les invités faisaient partie du peuple, les fiançailles que l'on fêtait là ne comprenaient comme invités que les grands noms de la société Marseillaise.
- Je vous le dis, déclara le marquis de Saint-Méran, un vieil homme à la longue barbe blanche, ces bonapartistes ne sont que la lie de la société. Ils nous ont volé nos châteaux et notre honneur durant la Terreur, et maintenant que les choses sont rentrées dans l'ordre, nous les laissons conspirer contre nous à nouveau. Qu'attendons-nous pour agir ? Je vous le demande monsieur Breut.
- Pardonnez moi, monsieur, j'étais occupé lorsque vous parliez, pouvez vous répéter ? Demanda Alexis Breut.
- Voyons marquis, interrompit la marquise de Saint-Méran, laissez donc votre futur gendre discuter avec votre fille le jour de leur mariage, et arrêtez de parler de ces pauvres hommes à qui la révolution a mis des idées dans la tête.
- Mais non, reprit Alexis, ne vous inquiétez pas, madame. Pour tout vous dire, je pense qu'ils n'ont ni la ferveur, ni la conviction, ni la grandeur de nous autres, royalistes.
- Voilà qui est bien parlé ! Déclara la marquise. Mais votre père, Fujixguru, n'était-il pas un bonapartiste lui aussi ?
Le jeune homme sembla gêné.
- Eh bien, il est vrai que du temps de l'usurpateur, mon père était fier d'être du côté de l'Empire. Cependant, je vous demande d'oublier les erreurs du passé, comme mon père s'est rallié à la royauté après s'être repenti.
- Mais n'avez vous pas peur que l'on vous croit bonapartiste comme il l'a été ?
- Je me suis autant détaché de son nom que de ses idées politiques, et si je l'avais été, je ne serais probablement pas substitut du procureur du roi à l'heure qu'il est.
- C'est vrai, commenta un autre invité, et on dit que vos paroles sont assassines lorsque l'accusé en face de vous est pour l'usurpateur.
- Vous savez, je vois mon métier comme un combat. C'est tuer ou être tuer. Il faut savoir être sévère pour punir un crime, même si cela signifie qu'une tête va tomber. Mais gagner un combat ne veut pas dire gagner la guerre. À l'heure qu'il est, j'ai probablement déjà des poignards destinés à me transpercer dans le dos.
- Quelle horreur ! S'écria mademoiselle de Saint-Méran, sa future épouse. J'espère que tout cela n'est qu'une plaisanterie de mauvais goût.
Le substitut du procureur regarda amoureusement sa promise.
- Je suis bien désolé d'être on ne peut plus sérieux.
- Dans ce cas, je prie Dieu pour que vous n'ayez plus à affronter que des brigands et des voleurs de pacotille.
- Mon Dieu, mademoiselle, c'est comme si vous souhaitiez à un médecin de ne soigner que des rhumes. Il faut vaincre les pires cancers pour prouver sa valeur devant le monde !
- Je suis d'accord, dit la marquise, et j'espère que vous serez sévère lors de votre prochaine audience.
- Eh bien moi, annonça la future mariée, j'espère que vous serez indulgent.
On toqua alors à la porte, et un valet entra, demandant à voir monsieur le substitut du procureur.
Alexis se leva, s'excusa auprès de ses convives et sortit.
Il revint quelques minutes plus tard, le sourire au lèvres.
- Il semblerait que Dieu ait entendu notre conversation, car on vient de m'informer de l'attestation d'un cancer, et il est temps pour moi de le soigner.
- Comment cela ?
- On a envoyer cette lettre de dénonciation adressée au procureur du roi mais comme ce dernier est absent, c'est à moi qu'elle revient. Je dois donc vous quitter momentanément, à mon plus grand regret.
- Dans ce cas, n'oubliez pas d'être sévère ! S'écria la marquise.
- Si les preuves sont flagrantes, je ne pourrais faire autrement.
Il adressa un regard rassurant à sa future femme, un regard qui signifiait qu'il serait le plus indulgent possible.
Cette dernière lui sourit, et il quitta la pièce.
Alors, que pensez-vous de ce chapitre ?
Une idée de ce qu'il se passera dans la suite ?
J'espère qu'il vous aura plu, en tout cas !
Review ? :3
