De Golem sous les pierres
Le monde est sombre.
Chaleureux, tel un cocon qui l'entoure et le berce. Le grondement indistinct de forces plus vieilles encore que l'univers, le pouls implacable de la vie qui s'écoule, indolente, indifférente.
Il fait corps avec la terre qui l'accueille en son sein. Son âme chante et vibre, tirée toujours plus en avant le long des sentiers perdus et oubliés, masqués de brumes impénétrables. Qui se déchirent pourtant lentement à son passage et se referment délicatement autour de lui, comme les bras d'une mère aimante.
Il sait qu'il doit se retourner. Revenir, rentrer à la maison. Se réveiller.
Viens, chuchotent les silhouettes qu'il distingue dans la brume. Viens à nous.
Evanescentes, les formes déliées. La voix d'une femme, au loin, qui le pousse à avancer. Un pas. Encore un autre.
ПϴП
—quelque part dans les collines, deuxième jour après la catastrophe—
_ Putain, mais c'est une blague !?
Icy grinça des dents, émettant un couinement strident de craie sur une plaque d'ardoise et leva ses petites mains gelées pour apaiser son maitre sur les nerfs. Shin tapa du pied, martelant le sol boueux jusqu'à en faire voler terre et herbe, maculant ses bottes détrempées. Devant lui se dressait un panneau indicatif planté de travers dans une motte mousseuse, lui indiquant un village paumé, avec un nom imprononçable et devant lequel il se retrouvait pour la troisième fois. En quatre heures de temps. Il commençait légèrement à saturer.
Shin ferma les yeux et souffla profondément par le nez, évacuant une bouffée de buée blanche et se força à desserrer ses poings roulés en boule. Putain de pecnaud de merde, à moitié pouilleux et le sourire édenté qui lui avait indiqué —très mal— la route du prochain bourg où il pourrait trouver une auberge et une bonne bière. S'il l'avait eu en face de lui, il l'aurait planté à la place du poteau. Ou sur le poteau, profondément enfoncé dans le c—
_ Kkkiiii…
L'archer ouvrit les yeux, levant légèrement les sourcils alors que les petites mains d'Icy se posaient sur ses tempes pour un massage aux vertus apaisantes qui menaçait cependant de lui geler les neurones. Il eut un sourire en coin et tapota doucement le petit familier sur le haut de la tête. Heureusement qu'il n'était pas seul dans cette galère ; même si elle ne remplaçait pas la présence de ses compagnons d'aventures, avoir la petite chose sur son épaule était réconfortant.
_ T'as raison, faut que je me calme, c'est mauvais pour le cœur ces conneries.
Même si, bon dieu, il était en droit et en devoir d'être en rogne. Après avoir dormi sur les branches basses d'un arbre et s'y être cassé le dos pendant une bonne partie de la nuit, Shinddha s'était levé aux aurores, trempé de rosée et s'était remis en route d'une humeur de chien. Il n'avait mis qu'une petite heure à sortir enfin de la forêt pour se retrouver dans des landes herbeuses battues par les vents venus du nord et seulement une demi-heure pour tomber sur un sentier et un petit vieux avec sa charrette pleine de bouse. Littéralement. Ce qui l'avait, entre autre, persuadé de faire le chemin à pied jusqu'au prochain village plutôt que de profiter du transport du paysan.
Grave erreur, car en plus d'être vieux et dur de la feuille, l'homme était clairement gâteux et incapable de différencier sa gauche de sa droite. Résultat des courses, Shinddha tournait en rond depuis quatre heures sans voir la moindre habitation. Ce qui commençait à peine à être frustrant.
Merde, il était le rodeur du groupe, le pisteur, l'aventurier qui savait se repérer au milieu de nulle part —en théorie— et se sortir des pires labyrinthes qui fût. Et il était perdu au milieu des collines ?! Le monde se foutait définitivement de sa gueule. Et s'il n'avait pas eu plus de respect pour sa personne, il aurait pu en pleurer de rage. A défaut, il tapa à nouveau du pied, souffla comme un bœuf et se massa les yeux, mortifié. Ce n'était pas à ce rythme-là qu'il allait remettre la main sur ses amis, surtout pas s'il se perdait au premier virage venu.
Frustré, le jeune homme monta la bute qui surplombait le foutu panneau de merde qui n'était pas capable d'indiquer correctement un village, dans l'espoir de repérer un quelconque indice sur la présence dudit patelin. Avec un peu de chance…
La main en visière, Shin scruta l'horizon et poussa soudainement un glapissement de joie.
_ Là ! Là ! Oh putain de merde, oui !
Un peu plus loin sur sa droite, derrière deux petits monts herbeux, il voyait poindre les volutes des fumées épaisses et blanches, indicatrices infaillibles de feux de cheminées ronflants près desquels il pourrait se reposer. Et siroter une bonne bière. Surtout siroter une bonne bière. Avec un cri de joie loin de toute forme de virilité, le demi-élémentaire dévala la colline à fond le train, brandissant les bras aussi haut que possible en signe de victoire. Il manqua même de détrôner Icy de sa place d'honneur sur ses épaules et la petite créature se retint à sa capuche en poussant un couinement de frustration.
Devant le bonheur évident de son maitre, cependant, elle lui pardonna bien vite et se joignit sans attendre à ses hurlements de satisfaction. Si quelques bandits de grands chemins attendaient des voyageurs égarés pour les détrousser ; il était en train de tous les attirer à lui. Mais Shin n'en n'avait que faire. Il avait trouvé un village, un abri potentiel et un endroit où il pourrait être au sec, manger à sa faim et rassembler ses idées pour ensuite repartir en expédition de sauvetage. La chance lui revenait enfin, après l'avoir lâchement abandonné durant tout ce temps.
L'euphorie qui animait son pas, ainsi que la promesse d'une boisson et d'un bon lit, retomba néanmoins après quelques kilomètres, lorsqu'à bout de forces, il se hissa sur la dernière colline qui lui masquait encore la vue et le village. Le sourire qui n'avait pas quitté ses traits jusqu'à lors se décrocha subitement de ses lèvres et même Icy, qui n'avait eu cesse de pousser des trilles et autres chirps tout au long du voyage, se tut.
Pendant une demi-seconde, il se demanda comment il n'avait pu remarquer que les volutes de fumée, jusque-là d'un blanc cotonneux, s'étaient muées en un marasme gris où voltaient encore les cendres chaudes des habitations ravagées par l'incendie.
Shin se laissa lourdement tomber au sol, les yeux écarquillés face au morbide spectacle au bas de la petite vallée. Il ne distinguait pas les lueurs du feu, peut-être éteint depuis quelques heures, mais voyait très bien le haut squelette noirci de ce qui avait dû être une église ou un moulin. Il était loin encore, une demi-heure à pied s'il dévalait la pente ici pour rejoindre le chemin qui serpentait jusqu'au village, mais il lui semblait pourtant déjà sentir la lourdeur de l'air autour de lui et l'odeur des chairs brulées.
L'archer déglutit, toute énergie envolée. Sa seule option s'était vue réduite en fumée et le silence qui régnait, même à cette distance, ne lui annonçait rien de bon en ce qui concernait d'éventuels survivants. Il n'avait pas la force de sauver qui que ce soit, dans son état et s'il prenait en compte le temps dans la région en ce moment ; un tel feu ne pouvait pas être accidentel. Quelle était la probabilité pour qu'un village brule, à peine un jour après le carnage de Mirage et sa fuite ?
_ Putain…
Le jeune homme se passa une main sur le visage, étudiant le village décimé entre ses doigts écartés. Il était vraiment trop épuisé pour reprendre la route à travers champs mais descendre jusqu'à la vallée, sans assurance de ce qui s'y était passé et ni savoir si les personnes responsables de toute cette merde s'y trouvaient encore, restait tout aussi périlleux. Il avait froid, faim, sommeil et était potentiellement désarmé —son arc n'avait malheureusement pas supporté le trajet impromptu au fond du puit et de la rivière souterraine. Une proie facile pour même le plus maladroit des bandits.
Icy, descendue de son épaule lorsqu'il s'était écroulé dans l'herbe humide et maintenant posée sur ses genoux, lui tapota le genou pour le réconforter. Son petit visage de glace se tournait vers le village, attendant que son maitre se décide et Shin soupira à nouveau. Il avait trop besoin d'un endroit où se reposer et de ressources pour continuer son voyage.
_ On va descendre et tu me prêteras tes yeux. On avisera ensuite.
Le familier poussa une série de trilles chantantes puis se campa fermement sur ses deux pieds dans une posture digne que sa petite taille et sa mignoneté rendaient absolument hilarantes. Shin esquissa un sourire et se leva à son tour, prenant la route du village. A mesure qu'il avançait, l'air se chargeait de souffre et collait presque à son palais, les cendres commençant à danser autour de lui. Prudent, il s'arrêta aux abords de la bourgade, se dissimulant sous le couvert d'un bosquet —épineux, évidemment, on ne changeait pas une équipe gagnante…— avant d'y envoyer Icy.
La création magique sautilla allégrement jusqu'aux premières habitations en vue, poussant tant bien que mal une porte roussie contre laquelle elle perdit un peu de sa substance. L'intérieur sombre ne révéla rien de plus que les ravages du feu et les traces d'une attaque violente. Alors qu'Icy inspectait soigneusement les alentours, passant de maisons en demeures, scrutant les allées qui menaient jusqu'à la place centrale du village ; Shin frissonna. La magie pompait dans ses réserves déjà basses mais plus que la fatigue qui faisait trembler son corps, c'était la certitude de voir ses hypothèses se confirmer qui le mettait à mal.
Tout le village portait les traces claires d'une attaque encore relativement récente. Les habitations qui n'avaient pas été incendiées avaient été retournées en tous sens et fouillées de fond en comble. On avait assassiné des familles entières dans leurs salons et prit le temps de les dépouiller de toutes leurs possessions de valeurs. Sans être un expert, Shin penchait pour une troupe de mercenaires particulièrement cruels, ou bien l'un de ces groupes religieux fanatiques qui pullulaient de plus en plus sur les chemins du Cratère, à la recherche de pécheurs à sauver ou bien d'hérésies à éliminer. Même Théo, qui pouvait parfois prétendre à ce genre de missions d'assainissement, se faisait une joie de les chahuter lorsqu'ils leur arrivaient de tomber sur ce genre d'individus un peu trop portés sur le culte de la purification par les flammes. Il était Inquisiteur, avait des devoirs et des comptes à rendre auprès de son Eglise mais jamais il ne s'était montré cruel envers qui que ce soit. Et la petite fille n'avait été qu'une regrettable erreur de calcul, vraiment.
Shin grogna subitement lorsqu'Icy, arrivée au bout de ses limites, s'effondra sans crier gare en une petite flaque sur le parvis d'une fontaine. Il se releva, se frottant l'œil de la paume et sortit de son buisson. A priori, il n'y avait plus âme qui vive dans ce hameau et si c'était encore le cas, il n'avait pas perçu de présence particulièrement belliqueuse. Les habitants rescapés s'étaient peut-être enfuis et cachés dans les collines en attendant que passent les monstres responsables de cette dévastation.
Oh.
De la destruction et des flammes. Se pourrait-il que…
L'archer s'engagea d'un bon pas dans la première rue qui se présenta à lui, flanquée de maisons en piteux état. Prudent et attentif, il passa une main sur les fondations de pierres mal en point, fermant un instant les yeux pour se concentrer. Il n'était pas aussi doué que Bob dans l'art de la magie mais il y était suffisamment sensible pour faire a différence entre du mana corrompu et le reste. Il souffla lentement en écartant sa main du mur. Pas de résidus de magie sombre, il ignorait s'il devait être soulagé ou bien déçu. Pendant quelques secondes, il avait espéré…
Eh bien, Bob n'aurait sans doute pas supporté d'avoir causé la mort de personnes innocentes alors il devait plutôt se réjouir de constater que son ami, si le démon avait toujours les rênes de son corps, n'était pas venu jusqu'ici. Restait à savoir si les fous furieux qui en étaient les auteurs se trouvaient toujours dans les parages, parce qu'il n'était certainement pas en état de résister s'ils lui tombaient dessus.
Ignorant les cadavres suppliciés qui rampaient dans les rues, Shin atteignit la fontaine où Icy s'était liquéfiée. Il mettrait un peu de temps avant de parvenir à la rematérialiser, prendre possession de son familier était toujours couteux en énergie. L'eau était couverte d'une fine couche de cendre et éclata en un gout métallique sur ses lèvres mais il but sans retenue jusqu'à étancher sa soif. Avec un peu de recherches et de chance, il parviendrait peut-être à dénicher des vivres et suffisamment de matériel pour reprendre la route. L'idéal aurait été une monture mais les bestiaux devaient s'être éparpillés aux premières flammes et combats.
Le silence autour de lui le dérangeait. Même anéantie par les éléments, la nature restait rarement sans voix très longtemps et les charognards auraient dû au moins se presser pour venir racler les cadavres dans les rues. Assis sur le bord de la margelle, Shin ferma les yeux un instant avant de sursauter avec violence lorsqu'un raclement sourd se répercuta dans les allées désertes du village.
Sa fatigue sembla fondre alors qu'il bondissait sur ses pieds et adoptait une posture défensive, ses yeux plissés scrutant les alentours avec attention. Le demi élémentaire attendit un instant avant qu'une silhouette n'apparaisse de l'autre côté de la place. Rapidement suivie d'autres, petites, grandes, voutées et aussi épuisées que lui. Des villageois. Des rescapés, des blessés, sans doute, qui le prenaient potentiellement pour un mercenaire et une menace.
Shin leva les mains, signe universel de paix. Il ne tenait pas à finir embroché par une bande de paysans paniqués.
_ Je viens en ami, ajouta-t-il à voix haute, préférant mettre toutes les chances de son côté. Je ne suis pas armé, je… Je suis un voyageur égaré, je viens seulement chercher un abri et un peu de nourriture.
Ils hésitèrent visiblement à lui faire confiance puis l'un des hommes s'approcha suffisamment de lui pour que l'archer distingue ses traits. Un ancien, sans doute mis à l'abri par les plus vifs du village alors que l'attaque débutait et qui s'était vu placé subitement à la tête de la communauté décimée. Sans un mot, Shin le laissa l'inspecter, lui tourner autour et s'assurer qu'il ne portait pas la moindre arme. Le vieil homme le toisa quelques secondes supplémentaires et ses épaules s'affaissèrent, ployant sous le malheur et la fatigue.
_ Nous vous aurions aidé avec joie, étranger, confia-t-il tristement. Mais je crains que nous n'ayons plus grand-chose à vous offrir.
D'un geste, il désigna les restes fumants du village alors que le groupe de survivants regagnait lentement leurs maisons, les hommes valides s'occupant de dégager les morts des rues. Shin acquiesça.
_ Que s'est-il passé, ici ? J'ai croisé un homme sur mon chemin qui m'a indiqué la direction de votre village. Tout ce carnage a l'air récent.
_ Aux premières lueurs de l'aube, lui apprit l'homme. Ils ont fondu sur nous comme des charognards sur une carcasse fraiche. A cheval, armés d'épées et de lances, ils ont pillé et incendié les maisons.
_ Des mercenaires, vous croyez ?
_ Peut-être. Sans doute. Je ne sais pas. Les bandits ne s'arrêtent jamais dans notre village, nous ne sommes que des paysans !
Abattu, l'homme se laissa choir aux pieds du Shinddha, tout aussi désemparé et impuissant que lui. Il balaya son regard sur la place, la gorge serrée. Il ne pouvait pas se permettre de rester ici ; il ne leur serait d'aucun secours et eux-mêmes ne pouvaient l'aider. Laissant le vieillard à sa douleur, une adolescente couverte de suif venant prendre la relève et l'aider à se remettre sur pied, le jeune homme erra jusqu'à une ruelle. Il devait trouver quelques vivres, suffisamment pour reprendre sa route sans pour autant s'encombrer. Il entra par la porte éventrée d'une chaumière basse, bénissant son écharpe qui lui masquait une partie de l'odeur de corps brulés et fouilla les lieux aussi rapidement et discrètement que possible. Il n'aimait pas l'idée de piller d'avantage ces gens déjà accablés par la mauvaise fortune mais il était vital pour lui de reprendre la route et retrouver ses amis.
Au bout de quelques minutes, il dénicha un couteau et une miche de pain rassie qui lui tiendrait bien une journée ou deux, s'il se rationnait. Le couteau n'était pas de bien bonne facture mais pouvait à la rigueur lui servir de dernière défense. Dans sa fuite, son arc s'était brisé contre les roches de ce foutu puits —qui lui avait sauvé la vie, certes, mais ça n'en restait pas moins un puits. Des plus fourbes — et sa dague, perdue quelque part dans les méandres de la rivière. Il lui faudrait trouver rapidement de quoi les remplacer, ainsi que de quoi marchander. Peut-être pourrait-il se faire passer pour un saltimbanque dans un faubourg crasseux pour récupérer quelques piécettes… ?
Se redressant avec ses trouvailles dans les bras, Shin tourna sur lui-même pour trouver un linge intact et s'en faire un bagage de fortune. Son regard tomba soudainement sur un morceau de tissu abimé, frappé d'armoiries lui étant un peu trop familières à son goût. Son sang se glaça.
Les Intendants.
Shin s'empara du reste de l'étendard pour s'en faire un baluchon de fortune et sortit précipitamment de la baraque. Dans la rue, les villageois s'étaient remis au travail malgré la scène morbide, les femmes éloignant les enfants les plus jeunes, les adolescents et les hommes s'occupant de leurs défunts et triant ce qui pouvait encore être sauvé. Il courut presque jusqu'à un petit groupe de jeunes gens occupés à déblayer l'entrée effondrée d'une bâtisse calcinée.
_ Eh. EH ! A quelle distance se trouve la ville de Mirage ?
Un rouquin au teint maladif leva lentement les yeux vers lui et fronça les sourcils avant de chercher ses compagnons du regard. Ils le contemplèrent avec méfiance puis une fille fluette tendit le doigt vers les collines.
_ A une douzaine de lieues par-là bas. On va y vendre nos produits, parfois.
_ Merci petite. Bon courage, et je suis désolé.
Ils le regardèrent sans comprendre alors qu'il reprenait la route et vidait les lieux aussi rapidement que possible. Désolé, oui, car il était involontairement responsable de ce massacre. Les Intendants le cherchaient, il en avait la preuve sous les yeux : la coïncidence ne pouvait pas être si grande. On en avait après sa tête et sans aucun doute celles de ses amis. Et si rallier un village était une nécessité première ; il lui faudrait cependant redoubler de vigilance, tant sur les routes qu'une fois arrivé en ville. Il n'était pas dit qu'il ne trouve pas le moyen de tomber sur un groupe de soldat de Mirage sur le chemin, avec sa chance. Et cette fois ci, il n'avait pas un demi-diable dans sa poche pour leur tenir tête.
Shin serra les dents, sentit la culpabilité peser sur ses épaules comme une vieille amie et s'enfuit aussi vite que ses jambes fatiguées le lui permettaient.
ПϴП
—Abords de Mirage, deuxième jour après la catastrophe—
Grunlek ouvrit les yeux et prit une goulée d'air bruyante, comme sortant d'un long cauchemar où se réveiller était jusque-là impossible. Bien mal lui en prit car le gout de la terre envahit immédiatement sa bouche et il s'étouffa sur la motte qui essayait de se frayer un passage dans sa gorge. Ses yeux brulèrent sous l'attaque de poussières qui s'étaient décidées à le recouvrir tout entier, ne rencontrant que le noir de sa nouvelle prison.
Si quelques secondes plus tôt encore, il avait l'impression de flotter sur du coton et nager dans l'apaisement le plus total ; la panique le gagnait désormais en lourdes vagues écrasantes.
Il avait chaud, était oppressé de toutes parts par une masse informe qui sentait l'humus et—
Oh mon dieu.
Enterré. Il était enterré vivant. Par les Monts Enfouis il—
Pris de frénésie, l'ingénieur nain se mit à gratter autour de lui, désespéré, cherchant son souffle tout en essayant de le retenir pour ne pas aggraver la situation. A quelle distance de la surface se trouvait-il ? Il ne voulait pas mourir ici, pas maintenant. Où étaient les autres, pourquoi personne ne venait à son secours ? Où étaient Théo et sa force, qui l'auraient arraché à sa gangue de boue ? Le sourire de Shin et les commentaires sarcastiques de Bob ? Ses souvenirs s'entrechoquaient sans cohérence, avec une violence telle qu'elle lui en donnait des nausées. Ou bien était-ce le manque d'oxygène ? Son bras mécanique, mut par sa panique, fouilla la terre avec la force de dix hommes, creusant son chemin jusqu'à la surface et enfin, sa tête creva le sol et l'air déboula sur lui en une vague salvatrice. Grunlek cligna violemment des yeux, étourdi, confus, la respiration haletante et trop bruyante à ses oreilles sensibles. Il faisait sombre autour de lui, un dôme bas au-dessus de sa tête qui lui rappelait les cavernes de son enfance, lorsqu'il jouait avec ses amis des heures durant dans les dédales de la cité souterraine.
Pris jusqu'au buste dans sa prison de terre et de boue, le nain s'octroya cependant le temps de se calmer. Il pouvait respirer sans encombre, vivre encore quelques secondes de plus. Le reste pouvait bien attendre un peu. Le souffle désormais apaisé, l'ingénieur refocalisa son attention sur ses alentours. Sa vision naturellement plus acérée dans les espaces sombres, il ne tarda pas à en épouser les contours d'un regard circulaire. La roche était basse au-dessus de sa tête, en rasant presque le sommet et l'air était lourd et moite. Il semblait avoir atteint une sorte de poche d'air, où les débris de roche et de terre s'étaient accumulés sans se toucher pour former ce petit sanctuaire. Mais il finirait par s'asphyxier s'il restait trop longtemps ici.
Avec effort, l'homme écarta les pierres qui avaient roulé autour de lui et ne tarda pas à buter dans les contours de sa geôle. De la roche dure et épaisse, pratiquement incassable sans outils, mais entre les blocs sifflaient de minces filets de vent. Il n'était pas loin de la liberté et pourtant, jamais le chemin ne lui avait paru si long. Grunlek ouvrit la bouche, avalant quelques poussières en même temps qu'une goulée d'air et s'arrêta avant d'appeler à l'aide à pleins poumons.
Il ignorait si quelqu'un serait en mesure de l'entendre mais ce n'était pas ce qui avait retenu ses cris. Aux dernières nouvelles, ses amis et lui —oh, dieu, ses amis, il espérait qu'ils allaient bien et n'étaient pas dans une situation pareille à la sienne, ou pire. Shin détestait les espaces confinés comme ceux-ci— étaient aux prises avec les Intendants et une foule de mages un rien belliqueux. Et même si Bob, en phase avec son démon, avait sans doute fait le clair parmi leurs rangs ; il ne tenait pas à prendre le risque de se faire capturer et de mettre ainsi en péril la vie des autres. Il fallait qu'il sorte de là par ses propres moyens et les retrouve. Sur le champ.
Grunlek se fit violence, raclant le sol et griffant la terre dans une tentative désespérée pour sortir. S'il pouvait au moins bouger les jambes, déloger le reste de son corps… Sa main mécanique heurta rapidement le mur de pierres qui l'entourait et ripa sur la surface pleine d'aspérités. Tirer ou ne pas tirer, sans savoir s'il ne risquait pas de se prendre le reste du tumulus sur la tête. Il n'avait plus la force de générer un éventuel bouclier pour se protéger d'une chute massive et volumineuse de débris mais il n'avait pas non plus le loisir d'attendre davantage.
Grunlek verrouilla son bras, fit grincer ses doigts métalliques contre la roche avant qu'ils ne trouvent leur point d'ancrage et tira pour dégager la pierre, qui céda sans difficulté. Pour laisser place à plusieurs de ses consœurs qui se firent un véritable plaisir de se précipiter sur lui dans l'optique claire de l'ensevelir tout à fait. Voilà pour l'excellente idée.
Luttant, trouvant la force et l'air pour maugréer, Grunlek redoubla d'efforts, poussant, tirant, finissant par faire prendre suffisamment de recul à son bras armé pour porter un coup violent dans la roche devant lui. Il crut que l'impact lui déboitait l'épaule mais la pierre céda avant son corps, propulsée dans une gerbe de terre. Enfin, la lumière du jour passa telle une caresse sur son visage. Il aurait pu en pleurer de joie si l'heure n'avait pas été à l'urgence et Grunlek se démena d'autant plus, fouillant le sol pour se dégager totalement et s'extirper de cet enfer.
Enfin, il roula sur le dos, libéré du poids de la boue et de la roche, et souffla de soulagement. Il rit et un cri pathétique —qui tenait franchement plus lieu du couinement qu'autre chose— le tira brutalement de son hébétude. Le nain prit difficilement appui sur ses coudes et cligna des yeux.
Un jeune homme, sans doute encore écuyer, se tenait à quelques pas de lui, son épée serrée dans sa main tremblante. La lame avait connu de meilleurs jours et il ne semblait pas le moins du monde capable de s'en servir contre autre chose que les mannequins d'entrainement dans les académies militaires. Il le fixait avec tant de panique dans le regard que s'en était presque comique.
Ils restèrent figés un moment ainsi, le garçon apeuré et l'ingénieur nain. Puis ce dernier fit mine de se lever, son bras mécanique émettant un crissement insupportable de bête blessé et l'écuyer hurla devant cette masse grouillante de fils et de métal. Au loin, des échos lui répondirent, et Grunlek vit du coin de l'œil des silhouettes noires se mouvoir vers eux en courant. Il ne perdit pas un instant.
Prenant appui sur son bras valide, il se leva. Ses jambes protestèrent une seconde mais il n'avait pas le loisir d'écouter son corps épuisé. Ramassant une pierre plate, il envoya le jeune homme au tapis en espérant que ses acolytes prendraient le temps de s'occuper de lui —et qu'il n'avait pas trop fort non plus— ce qui lui donnerait le temps de fuir vers les bois qui apercevait un peu plus loin, longeant le champ de bataille.
Il courut, se servant du moindre relief du paysage —des impacts de météorites, principalement. Bob n'avait pas fait les choses à moitié, encore une fois— pour se dissimuler aux regards de ses poursuivants. Des hommes des Intendants, sans aucun doute, venus ramasser leurs morts et achever les blessés trop graves pour être sauvés. Pour les tuer, ses amis et lui, aussi.
Le souffle haletant, appuyé contre un monticule de terre, Grunlek ferma un bref instant les yeux. Il n'avait pas le temps de s'apitoyer sur son sort ou celui de ses frères d'armes mais il lui était douloureux de quitter ainsi le champ de bataille, de fuir comme un lâche alors qu'ils étaient peut-être encore là, étendus quelque part, en attendant de l'aide. Son aide. Mais si d'aventure ils n'avaient pas réussi à s'en sortir, s'ils avaient été capturés, malmenés —tués. Il refusait d'y penser. Les Intendants avaient manifesté une vague envie de travailler avec eux, ou les forcer à travailler pour eux— il ne leur serait d'aucune utilité dans son état.
Il devait se cacher, retrouver quelques forces avant de porter une attaque, fomenter un plan de sauvetage et prendre sa famille sous le bras pour les mettre à l'abri.
Grunlek poussa sur ses jambes, se remit sur pieds et s'élança à nouveau à découvert. La rumeur des hommes lancés à ses trousses parvint à ses oreilles et il força l'allure. La forêt était là, à moins de vingt mètres et sous le couvert des arbres, il aurait plus de chance d'échapper à ses poursuivants.
La terre gronda sourdement autour de lui, traversée par un courant de mana. Un mage incantait un peu plus loin, cherchant à le ralentir et le piéger. Une gerbe de terre se souleva non loin de lui, déchirée par le sortilège lancé à son encontre et il sentait déjà le sol se fendre sous ses pieds pour l'engloutir. Mais Grunlek venait d'atteindre l'orée de la forêt et la magie se heurta violemment aux arbres, stoppée nette dans sa course dans un tonnerre assourdit.
Les branches frémirent, le bois gémit sa tourmente et une nuée d'oiseaux s'envola à tire-d'aile. Le plancher des vaches avait néanmoins cessé de vrombir comme un animal en colère et même si l'impression n'était qu'illusoire et temporaire ; Grunlek se sentait soudainement plus à l'abri sous la protection des frondaisons.
Rares étaient les magiciens capables d'aller à l'encontre des vieilles forêts et des entités qui y vivaient depuis la nuit des temps. Les alentours de Mirage devaient déjà regorger d'histoire et de magie ; les récentes expériences des Intendants n'avaient fait qu'en ajouter une couche. Au moins la nature lui fournirait un rempart efficace jusqu'à qu'il parvienne à semer ses attaquants. Le nain aurait donné son bras valide pour retrouver Eden. Avec elle, il aurait pu filer en toute sécurité bien plus rapidement que seul ; la Louve avait un flair exceptionnel et un instinct redoutable. Il espérait qu'elle n'ait pas été prise dans le cataclysme déclenché par Balthazar.
Tout comme il espérait que le demi-diable s'en était tiré et que Shin était en vie. Ils avaient réussi à éloigner Théo avant la catastrophe, et il avait confiance en Lumière pour garder le Paladin en vie, mais les deux autres ? Shinddha était si maladroit et Bob, un peu trop impulsif… Et si jamais son démon ne lui avait plus laissé le champ libre pour revenir ? Grunlek s'en sentait coupable, il avait suggéré l'idée au mage, l'encourageant à libérer sa puissance de feu. Il ne pourrait jamais se pardonner si son ami y avait laissé sa conscience et son être tout entier.
L'ingénieur respira à fond, calant sa course en un rythme soutenu qu'il pouvait tenir sur plusieurs kilomètres sans trop s'épuiser. Il flancherait sans doute plus tôt qu'à l'accoutumée, étant donnée sa condition actuelle mais cela suffirait bien. Il pouvait gagner un village et se cacher, le temps que les choses se tassent. Ou vivre dans la forêt, il n'était pas tatillon. Rester à proximité du champ de bataille était même une idée qui lui plaisait. Non pas que le danger l'attirait particulièrement, tout comme la perspective de tomber nez à nez avec les Intendants de Mirage ou bien leurs gens, mais s'il voulait trouver des indices sur ses amis : il avait tout intérêt à commencer par là. D'autant qu'Eden, futée comme elle l'était, devait s'être cachée dans les environs et il avait plus de chance de la retrouver ainsi. La louve serait d'un réconfort certain et une alliée de poids s'il devait combattre pour sa survie ou encore pister ses amis. Le nain ne s'inquiétait pas en ce qui concernait l'animal ; elle était bien trop intelligente pour se faire attraper ou tuer par les Intendants ou des mercenaires.
Une demi-heure de course haletante et Grunlek jugea qu'il pouvait ralentir la cadence et commencer à chercher de quoi établir un campement provisoire. Etre en partie Golem lui donnait un sérieux avantage quant à la terraformation du coin et en deux coups de poings, il s'était aménagé un renfoncement suffisamment discret pour passer inaperçu aux yeux des patrouilleurs mais assez spacieux pour qu'il s'y sente un minimum à son aise et que son dos n'en souffre pas. Le murmure de la rivière lui parvenait lointainement, à plusieurs minutes de marche et la nature était trop calme pour être tout à fait honnête.
Tout juste après l'explosion de Bob, il aurait pu comprendre le silence de mort et la peur qui semblait suinter de chaque bosquet, mais en cet instant ? Grunlek avait perdu la notion du temps, enseveli sous terre mais il était persuadé qu'une journée, voire deux, étaient passées sans qu'il ne s'en rende compte. Les alentours de Mirage sentaient encore le feu mais les cendres étaient froides et du peu qu'il avait pu en voir alors qu'il courrait ; les charognards avaient commencé à montrer le bout du bec. La magie noire de Bob avait-elle à ce point touchée la faune alentour ? Les animaux craignaient les démons plus encore que les humains et avaient la faculté de les repérer bien plus vite pour mieux les fuir. En un sens, cette hypothèse lui faisait presque plaisir. Cela signifiait que le demi-diable n'était pas loin ou n'était pas parti depuis bien longtemps. Et cette pensée était suffisante pour lui mettre du baume au cœur.
A moins qu'il ne soit devenu le prisonnier des Intendants, auquel cas la nouvelle n'avait rien de réjouissant.
L'ingénieur soupira en se rencognant contre la pierre et la terre. Il ne pouvait pas encore se permettre d'aller chasser ; les risques de se faire repérer étaient trop grands et il n'avait pas la force de se rendre à la rivière. Malgré sa récente sieste, il se sentait épuisé. L'adrénaline du moment était en train de lui échapper et le laissait fourbu. Il n'aspirait plus désormais qu'à se reposer et voir de quoi serait fait le lendemain.
De pommes ! lui murmura la voix de Shin au fond de son esprit alors qu'il s'allongeait, lui tirant un sourire. L'archer avait prit l'habitude de lui répondre ainsi à chaque fois que le nain faisait mine de ressortir son sempiternel dicton et ce petit rituel avait fini par faire partie des trop nombreux qui animaient leur groupe.
Grunlek laissa échapper un rire et ferma les yeux, rasséréné et confiant.
Viens… Reviens vers nous…
ПϴП
—Ailleurs, dans une taverne en soirée, deuxième jour après la catastrophe—
_ On va fermer.
Burhol lança un regard appuyé par-dessus son épaule, fixant l'homme ramassé sur le coin de bar qu'il avait décidé d'occuper une grande partie de la nuit. Le bougre ne semblait pas avoir compris ou entendu le message, aussi immobile qu'une pierre à regarder le fond de sa choppe et déjà Burhol savait qu'il devrait le faire sortir lui-même. Si d'ici dix minutes, l'homme ne débarrassait pas le plancher ; il le ferait pour lui. En espérant qu'il n'aurait cependant pas à élever la voix ou sortir les poings. Un homme éméché était bien plus vindicatif qu'un sobre et vue la carrure du loustic, le tenancier n'était pas pressé d'aller s'y frotter.
Au bout de dix minutes, alors que son bar se vidait des derniers occupants, Burhol se décida à prendre le taureau par les cornes. Une main aussi solide que possible sur l'épaule de l'homme, il le secoua sèchement pour le tirer de sa torpeur alcoolisée.
_ On ferme. Faut me débarrasser le plancher, mon gars.
Le poivrot se redressa, avec une lenteur exécrable et Burhol se demanda s'il était réellement pinté comme il l'avait cru, tant son regard était glacé.
L'homme le dépassait d'une bonne tête une fois debout et le tenancier se sentit soudainement très insignifiant. L'acier qu'il entrevoyait luire dans les replis de sa cape ne faisait qu'aggraver cette sensation de n'être qu'un gibier sous l'arc du chasseur. Il déglutit, carra les épaules pour paraitre plus imposant mais échoua lamentablement en sentant le frisson de peur grimper à l'assaut de son dos et de sa nuque. Là où quelques secondes auparavant ne se tenait qu'un homme écroulé, potentiellement abruti par l'alcool et la fatigue, il se dressait à présent un guerrier. Un dangereux guerrier.
_ On va fermer, tenta-t-il à nouveau, la voix faible et les genoux guère plus stables. L'homme haussa un sourcil, entre amusement et scepticisme et se gratta presque tranquillement la barbe.
_ J'avais entendu la première fois. Est-ce que tu as une piaule, dans ton établissement ?
Même s'il en avait eu une, Burhol n'était pas certain qu'il aurait accepté de son plein gré de la lui louer. Mieux valait ce genre de type loin de lui et de ses affaires plutôt qu'à dormir sous son toit ; même avec une bonne paie. Les voyageurs pouvaient être calmes et rester dans leur coin, tout comme explosifs et causer plus de mal que de bien. Burhol secoua la tête. Que d'autres se coltinent donc ce problème ci, lui s'en lavait confortablement les mains.
_ A la sortie du village, plus loin sur la route. Il y a une étape, avec de quoi vous satisfaire. Gite et couvert, même si vous risquez sans doute de devoir partager avec les rats ou les blattes. On fait avec ce qu'on a.
L'homme le scruta un instant, son mécontentement inscrit dans le froncement de ses sourcils puis il soupira lourdement, abattit sur le comptoir quelques pièces pour sa consommation. Avec tant de force que Burhol crut que le bois allait se fendre et il sursauta. Ramassant le paquetage qu'il avait laissé près de son tabouret, le voyageur le salua d'un signe de tête et sortit rapidement, rejoignant sa monture, harnachée non loin.
Malgré sa légère frayeur et son cœur encore tambourinant, Burhol ne put retenir sa curiosité et gagna le seuil de sa masure à pas de loup, ne souhaitant pas que le visiteur se retourne et ne vienne lui chercher des noises. L'homme s'afférait à détacher son cheval, un animal impressionnant qui imposait le respect et transpirait de puissance et de maitrise. Sous les épais baluchons qu'il réarrangeait derrière sa selle, Burhol crut apercevoir l'éclat d'une protection de métal. Puis il se figea, interloqué, cependant que le voyageur enfourchait sa monture et rabattait sur ses flancs les pans d'une couverture ou il ne savait quel tissu.
Sans doute pour dissimuler aux regards curieux tels que le sien, le blason frappé sur le cuir des quartiers épais. Burhol ne pouvait pas se vanter d'avoir eu de grands apports scolaires, dans sa jeunesse, entrainé très tôt pour prendre la relève de son père au bar. Mais il n'était pas des plus stupides non plus et ses rêves d'enfants, bien qu'inaccessibles pour un gosse de basse extraction comme lui, n'avaient jamais complètement disparus.
_ Putain de merde…
Il était encore tout à fait à même de reconnaitre les armoiries de l'Ordre des Paladins de la Lumière.
Un chapitre un peu plus court que le précédent, ce qui m'attriste mais que je laisse ainsi ; question de coupure scénaristique. L'ajout de la temporalité et des lieux devrait faciliter la compréhension, parce que même dans ma timeline pour bosser, j'étais en train de me perdre.
Petite anecdote, pour vous dire à quel point je me fais chier sur des détails, parfois.
12 lieues font environs 57.93km, la vitesse moyenne d'un cheval au galop étant de 20 à 30km/h. En comptant le fait que le groupe en question est armé, et que les poneys ne vont pas galoper sur autant de temps d'un coup et qu'ils s'arrêtent pour manger, bivouaquer et piller ; il est crédible et parfaitement faisable qu'en partant de Mirage en début de soirée, les cavaliers se soient retrouvés dans le village où Shin atterrit, à l'aube du deuxième jour.
Pareil, pour une personne lambda comme moi qui est une sédentaire dans l'âme, je mets, en marchant bien ; 10 min pour faire un km sur du plat. Shin est naturellement entrainé pour la rando de haute voltige et marche depuis au moins une journée, sans compter son voyage via la rivière souterraine et à l'air libre ; il peut parfaitement se trouver aussi loin de Mirage. Même si, on ne va pas se mentir ; il n'a survécu qu'au fait qu'il est un demi élémentaire d'eau.
Des bisous à tous et au prochain chapitre ! Vos commentaires et favoris sont ma pitance !
