Chapitre 7

L'agent de police qui accompagnait Isabelle Vernay la fit brutalement asseoir sur la chaise devant Laurence et attendit un signe de son supérieur pour lui enlever les menottes. Le commissaire se contenta de dévisager l'agresseur d'Alice sans rien trahir et cette dernière lui retourna un regard empli de défi, après avoir remis en place sa mèche de cheveux rebelle.

C'était un duel de volontés depuis l'issue de leur premier entretien. Laurence savait qu'il avait les cartes en main et que le temps jouait contre elle. D'ailleurs, c'était Vernay qui avait demandé à voir le patient commissaire. Il l'avait donc extraite de sa cellule et attendait de voir ce qu'elle allait lui proposer.

Mal à l'aise devant la détermination farouche affichée par Laurence, Vernay finit par baisser les yeux. D'un geste, le commissaire congédia le policier qui se mit au garde-à-vous derrière la femme à quelques mètres de là. Marlène avait été priée de sortir, Laurence ne voulant prendre aucun risque inutile avec cette criminelle particulièrement dangereuse.

« Alors, Mademoiselle Vernay, auriez-vous réfléchi à ma proposition ? »

« Je souhaiterai en discuter si vous le permettez. »

« Je vous écoute. »

« D'abord, je voudrais être sûre que vous ne me livrerez pas à la Sécurité du Territoire. Je sais ce qu'ils font à des personnes comme moi... Je veux être considérée comme une prisonnière de droit commun et obtenir un procès équitable. Je veux votre parole que… »

« Vous n'êtes pas en mesure d'exiger quoi que ce soit… » L'interrompit sèchement Laurence. « … Selon la valeur des informations que vous me livrerez, j'agirai en conséquence et vous déférerai éventuellement devant le juge d'instruction, sans passer par la case procureur… Vous savez ce que cela signifie dans votre cas ? Vous aurez droit à un avocat pour vous défendre et il se peut que vous sauviez votre tête devant un jury… Tout ceci vous l'obtiendrez à une condition : me dire la vérité. Si vous ne jouez pas franc-jeu, je vous livrerai à la D.S.T. sans aucun remords… C'est bien compris ? »

La femme ne répondit rien.

« C'est compris ? » Répéta Laurence distinctement.

« Oui. » Lâcha-t-elle finalement du bout des lèvres, après avoir ravalé sa fierté.

Laurence la fit encore patienter quelques secondes en silence sans la quitter des yeux. Il alluma son enregistreur et l'interrogatoire commença.

« Très bien… Comment vous appelez-vous ? »

« Isabelle Vernay. »

« Quel est votre vrai nom ? »

« Isabelle Vernay. »

Laurence secoua la tête, mécontent.

« Tss-tss…Nous partons vraiment sur de mauvaises bases… »

La femme soutint le regard du policier sans ciller et lui dit :

« Si vous voulez ma confiance, à vous de la mériter... Posez-moi les bonnes questions et je vous répondrai. »

Laurence ouvrit le tiroir de son bureau et étala quatre photos devant lui.

« Est-ce que vous connaissez ces hommes ? »

La femme les observa tour à tour et secoua la tête.

« Non. Aucun ne me parle. »

« Regardez-les bien, encore une fois. »

Vernay baissa les yeux sur les photos à contrecœur, puis dévisagea à nouveau Laurence.

« Désolée, c'est toujours non. »

« Vous mentez. »

Laurence sortit une autre photo en noir et blanc, prise à l'insu des deux protagonistes présents sur le cliché. On y voyait un homme – l'un des Quatre qu'il lui avait présenté - et une femme - Vernay - en pleine conversation à la terrasse d'un café. Il avança la photo de l'homme devant la suspecte.

« Alors ? Vous niez encore connaître Gregori Dimitrov ? »

La femme perdit un peu de sa superbe mais refusa de se laisser démonter.

« Ce n'est pas sous ce nom que cette personne s'est présentée à moi… »

« Pourtant, vous avez l'air proches tous les deux… »

Et il sortit une nouvelle photo, où cette fois, l'homme tenait la main de Vernay et se penchait vers elle en un mouvement qui trahissait une intimité certaine entre eux. Elle semblait l'écouter attentivement.

« Quels sont vos rapports avec Dimitrov ? »

« Je n'ai pas de relation avec cet homme. Je ne le connais pas. Il m'a abordé, puis il a commencé à me faire du plat. Notre conversation n'a duré que cinq minutes, je suis partie à cause de son insistance. »

« Cinq minutes, hein ? »

Laurence sortit un nouveau cliché. Cette fois, la photo était prise devant l'entrée d'un palace parisien. Dimitrov tenait par la taille Vernay, reconnaissable malgré un foulard sur ses cheveux et des lunettes noires, et hélait un taxi.

« Je dois continuer ou vous allez encore me délivrer une fable à votre sauce, Mademoiselle Spencer ?... » Demanda avec sarcasme le commissaire. « … C'est bien votre vrai nom, n'est-ce pas ? »

La femme ne trahit aucune émotion mais l'observa avec attention. Laurence sut qu'il avait fait mouche cette fois.

« Hélène Spencer, dite la Veuve Noire, et je passerai sous silence le nombre impressionnant d'alias que vous portez… Dites-moi, qu'est-ce qui pousse une femme à devenir une tueuse à gages professionnelle ? Et ne me dites pas que vous vouliez marcher sur les traces peu glorieuses de feu votre père, l'Américain... »

La femme se mordit la lèvre inférieure mais releva la tête pour le regarder bien en face.

« Vous avez bien fait votre travail d'enquêteur, Commissaire, mais ce n'est pas ce que vous croyez…»

« Expliquez-moi alors, l'esprit criminel et la génétique me fascinent, je ne demande qu'à comprendre. »

Hélène Spencer hésita et parut se troubler.

« Dimitrov va la tuer si je vous dis quoi que ce soit… »

« Il va tuer qui ? »

Spencer se tut. Laurence commença à s'impatienter et répéta distinctement sa question en faisant taire la peur que cette affirmation faisait naître si elle parlait d'Avril…

« Qui va-t-il tuer ? »

La femme détourna le regard vers la fenêtre mais Laurence eut le temps d'apercevoir des larmes qu'elle essayait de ravaler. Elle déglutit et continua à se murer dans le silence.

« Je ne peux pas vous aider si vous ne me dites rien. »

« Vous ne pouvez rien pour moi… » Répondit-elle en tournant la tête à nouveau vers lui, une rage nouvelle brillant dans son regard. « … Et Dimitrov vous tuera aussi. »

Pour la première fois, Laurence comprit que la femme était désespérée face à un choix qui ne dépendait plus d'elle, puisqu'elle était impuissante à agir. Elle avait peur, mais ne craignait pas pour sa vie, plutôt pour celle de quelqu'un d'autre. Le policier opta pour un changement de stratégie et se radoucit.

« Spencer, il n'y a personne au monde qui connaît mieux cet homme que moi... » Dit-il en pointant du doigt la photo de Dimitrov. « … Je l'ai pourchassé pendant des mois, échouant à chaque fois d'un rien, parce qu'il me manquait toujours la dernière pièce du puzzle… Cette information, vous pouvez me la donner aujourd'hui… Dimitrov est affaibli. Il a perdu deux de ses principaux associés. Je peux le poursuivre et le faire tomber… Grâce à vous, je peux l'arrêter et l'empêcher de nuire définitivement… Il ne sera plus cet ombre insaisissable et je sauverai la personne au travers de laquelle il vous fait chanter… »

Hélène Spencer tressaillit à ces paroles. Elle se mouilla les lèvres et parut perdue.

« Qui est-ce ? » Demanda doucement Laurence à nouveau.

Un nouveau silence où elle sembla peser le pour et le contre. A contrecœur, elle lâcha enfin :

« Ma fille. »

Laurence se figea. Voilà qui expliquait la réaction fuyante de Spencer et son refus de collaborer.

« Quel âge a-t-elle ? »

« Seulement sept ans… »

Une enfant… Laurence soupira. Hélène Spencer baissa la tête et le policier lui laissa quelques secondes pour se ressaisir.

« Il l'a enlevée alors que je l'avais confiée à un proche… Pour Sophie, j'étais prête à tout abandonner, à refaire ma vie pour lui éviter de vivre ce que j'ai vécu, voir mon père entraîné vers l'enfer… »

« Ce sont les actes de l'Américain qui ont causé sa perte. ».

« Non, vous ne savez rien ! C'était peut-être un tueur impitoyable, mais il a toujours été un bon père avec moi. Je l'aimais et il m'aimait… Un jour, des hommes se sont servis de moi pour lui forcer la main. Il a fait ce qu'ils ont demandé, puis ils l'ont tué quand il a refusé. Je les ai pourchassés un à un et je leur ai faits payer ce qu'ils nous ont fait subir... Je ne regrette rien. »

Le feu qui brûlait dans le regard de Spencer en attestait. Laurence la considéra quelques secondes en silence. Ainsi, l'histoire se reproduisait, mais il n'était pas là pour s'en émouvoir… Chacun traçait son chemin, chacun avait son destin en main et le pouvoir de le changer. Il reprit :

« Qu'est-ce que Dimitrov vous a demandé de faire en échange de votre fille ? »

« J'ai séduit un homme politique britannique il y a quelques mois. J'étais chargé de lui soutirer des informations… Quand Dimitrov a obtenu ce qu'il voulait, j'ai cru que ce salaud me rendrait Sophie… Il n'en a rien fait. »

« Et il continue son odieux chantage… »

« Oui... »

« C'est lui qui vous a demandé de tuer Avril ? »

« Non. »

Laurence fronça les sourcils et inclina la tête sur le côté.

« Vous êtes en train de me dire que vous avez été engagée par quelqu'un d'autre que Dimitrov ? »

« Oui. Cet individu savait ce que j'avais fait avec le parlementaire Britannique. Comment ? Je l'ignore, mais il n'a même pas eu besoin de me menacer… Il m'a simplement dit qu'il m'aiderait à récupérer Sophie quand j'aurai fait ce que j'avais à faire… Je lui ai demandé s'il savait où se trouvait ma fille, comment il comptait procéder, mais il m'a dit que je n'avais pas à m'en inquiéter, que tout était prévu et que je devais me concentrer sur ma mission et tuer la journaliste… »

A ces paroles, Laurence sentit à nouveau le doute l'envahir. Cette façon de faire, ces méthodes pointaient vers une seule et même personne, vers ce vieil ami qui manipulait les êtres à sa guise tel un marionnettiste en tirant les ficelles dans l'ombre… Félix Blanc-Gonnet

La manipulation était une arme que Félix maîtrisait à merveille. Laurence sentit monter en lui une vague de colère. Cela expliquait beaucoup de choses, notamment l'intérêt soudain du Directeur du Contre-espionnage pour Avril, afin de pouvoir faire pression sur lui et l'obliger à revenir pour faire le sale travail à sa place. Félix voulait à tout prix faire tomber les Quatre, même si cela impliquait de mettre en danger la vie de personnes innocentes, Avril et Sophie notamment... Le policier se força au calme et reprit le fil de l'interrogatoire.

« Racontez-moi comment il vous a contacté. »

Spencer marqua un silence avant de répondre.

« Ça s'est fait par téléphone. L'homme m'a donné rendez-vous dans un parc. Je devais l'attendre sur un banc. Au bout d'une demi-heure, un individu est venu me rejoindre et s'est assis en me tournant le dos. Il m'a donné les instructions à voix basse, puis il est reparti comme il est venu en me laissant une mallette remplie d'argent et des papiers d'identité. »

« Vous avez vu son visage ? »

« Pour ma sécurité, j'évite toujours de regarder le visage de mes employeurs ou de leurs hommes de main quand ils ne souhaitent pas se faire connaître. »

« Auriez-vous remarqué quelque chose qui sortait de l'ordinaire chez l'homme avec qui vous avez discuté ? »

« Non, il parlait calmement d'une voix grave, sans accent étranger. »

« Vous avez observé sa silhouette tout de même quand il est parti ? »

Spencer hésita.

« Il était grand, à peu près votre taille, mais en plus massif… Il m'a fait penser à un lutteur. »

« Un lutteur ? »

« Il avait un cou large comme celui d'un taureau, rentré dans les épaules. »

Laurence nota mentalement ce détail, puis sortit le portrait robot qu'avait fait Alice et le lui montra.

« Connaissez-vous cet individu ? »

Spencer observa le dessin au crayon.

« Jamais vu. »

« Vous êtes sûre ? »

« Oui. »

Laurence la considéra en silence. Spencer reprit :

« Je vous dis la vérité. Pourquoi mentirais-je, maintenant que vous connaissez le lien qui me lie à Dimitrov ? » La femme eut un regard désespéré. « Il va apprendre mon arrestation et ce que j'ai fait. Il va penser que je l'ai doublé et il va tuer Sophie… »

Spencer détourna à nouveau le regard douloureusement.

« Je vous en prie, commissaire, aidez-moi… Sauvez Sophie. C'est la seule chose que je vous demande… Le reste n'a aucune importance… Livrez-moi à vos services secrets si vous le souhaitez, ça m'est égal. »

Oh non, il n'était pas question qu'il le fasse à présent. C'était courir le risque de faire disparaître Spencer et la preuve de l'implication de Félix dans toute cette histoire. La procédure judiciaire suivrait son cours, même si le Directeur du Contre-Espionnage essaierait de l'enrayer. Laurence regarda Spencer gravement, toute velléité à son encontre envolée.

« Racontez-moi tout ce que vous savez à propos de Dimitrov... »

oooOOOooo

« Voilà tout ce que j'ai réuni sur lui depuis une dizaine d'années… »

L'homme au porte-cigarette prit silencieusement l'épais dossier que lui tendait son homme de main.

« Faites-moi un résumé, Mathis. »

« Quand Laurence a quitté la D.S.T, il est entré à la police judiciaire, comme de nombreux résistants à cette époque. Interrogé sur son passé, il s'en est apparemment inventé un à Londres et est devenu un homme de l'ombre, parfaitement cohérent, parfaitement invisible... A part quelques collègues fouineurs, personne ne l'a jamais remis en cause. »

« Les Britanniques sont réputés pour construire de vrais petits bijoux d'identités avec témoignages et relations à l'appui. C'est imparable et incontrôlable. Quoi d'autre ? »

« Sur le plan professionnel, il n'y a rien à dire, c'est un enquêteur criminel exceptionnel, avec des méthodes particulières et efficaces. Il parvient presque toujours à découvrir la vérité. Beaucoup le considèrent même comme le meilleur flic de France… Pourtant, malgré des états de services irréprochables, il avait une réputation sulfureuse à Paris... »

« Tiens donc... »

« Liens troubles avec le Milieu, jeu, alcool, sexe… Quelqu'un de peu fréquentable. »

L'homme se mit à rire.

« Mathis, pourquoi croyez-vous qu'un individu avec ce passé se ferait remarquer de la sorte ? »

« Je ne sais pas, Monsieur, mais comme vous pouvez le voir, c'est un malin... Soupçonné, jamais pris... »

« Vous ne le connaissez pas comme je le connais. Cette réputation de franc-tireur, je vous assure, c'est du vent, un écran de fumée destiné à détourner l'attention des véritables enjeux… Et c'est pour cette raison que je l'admire. Il a pris des risques à agir ainsi, mais pas autant que si son passé dans la Wehrmacht avait été révélé au grand jour… »

« Pourtant, ses frasques lui ont coûté cher... Il a été muté à Lille après une procédure disciplinaire en interne, soi-disant pour des problèmes avec sa hiérarchie, parce qu'il ne supportait pas l'autorité... »

« Vraiment ? »

« En réalité, il a couché avec la femme du Garde des Sceaux. »

L'homme eut à nouveau un rire.

« Laurence a toujours eu un faible pour les femmes, c'est sans doute ce qui le perdra... Et on comprend mieux pourquoi il est un héros bien encombrant dont aucun responsable politique ne veut entendre parler… »

« Depuis qu'il est à Lille, il semble avoir mis tout ça derrière lui et se contenter de ce qu'il a sous la main. »

« Vous croyez ? » Demanda l'homme en tirant sur sa cigarette avec un sourire moqueur. « Un homme de sa trempe ? Je ne serai pas surpris qu'il enchaîne les aventures comme certains enfilent les perles… Des attaches ? »

Le dénommé Mathis haussa les épaules.

« Non… Si je puis me permettre, Monsieur, pourquoi vous intéresse-t-il tant ? »

« Parce que Laurence est ce qu'on appelle un caméléon, Mathis. »

« Un caméléon ? »

« Tout comme l'animal du même nom, il s'adapte et se confond parfaitement à son environnement. Et je ne parle pas de changements physiques, mineurs dans son cas, c'est un comportement différent selon l'identité qu'il endosse, comme s'il y avait en lui deux personnes différentes. Ce que vous voyez de lui n'est qu'une facette d'un ensemble de personnalités… »

« C'est possible ? »

« Il est intelligent, reste froid, maître de lui, méthodique. C'est parfaitement contrôlé. » L'homme fit une pause. « …. C'est pourquoi les meurtres de nos deux camarades ne lui ressemblent pas. »

« Il est pourtant responsable de la mort de Stolz. »

« Anton a agi stupidement sans m'en parler. Il a été attiré dans un piège, mais pas par Laurence. Andrea a dit que son mari avait reçu un appel et qu'il était parti juste ensuite. Il lui aurait simplement glissé qu'il allait faire la lumière sur l'assassinat de Jäger et châtier le responsable... Il parlait de notre policier. »

« Mais alors ça voudrait dire que... ? »

« … Que quelqu'un a intérêt à dresser Laurence contre nous... »

« La DST serait derrière tout ça ? »

« Félix Blanc Gonnet et le gouvernement français ont juré notre perte. Le Directeur du contre espionnage est un joueur d'échec patient. Il est prêt à sacrifier une pièce pour remporter la partie… Seulement, le Fou est incontrôlable, c'est un loup solitaire... A moins que… »

L'homme s'interrompit et se mit à réfléchir. Mathis attendit patiemment que son maître exprime le fond de sa pensée.

« La petite journaliste qui travaille avec Laurence, c'est elle qu'il cherchait, n'est-ce pas ? »

« Oui. »

« Vous ne m'avez pas dit que Blanc Gonnet tournait aussi autour d'elle ? »

« Si, Monsieur. »

« Creusez ça. Si Félix a trouvé un moyen de pression sur Laurence, alors nous pouvons aussi exploiter cette faiblesse. »

« Bien, Monsieur. »

« Laurence doit sentir qu'on le manipule et qu'on menace ce qu'il a construit au fil des années…»

L'homme tira pensivement sur sa cigarette et reprit :

« Je veux voir jusqu'où la bête traquée est prête à aller... S'il cherche à prendre contact avec moi, ne lui facilitons pas la tâche. »

« Une mise à l'épreuve ? »

« Prévenez Maxim Honkov, nous allons avoir besoin de toute son expertise. »

oooOOOooo

L'homme était mécontent. Tous les plans qu'il avait minutieusement échafaudés jusqu'à présent s'écroulaient à cause de l'individu dont il avait juré la perte. Mais ce n'était que partie remise. Laurence ne devait son salut qu'à un concours de circonstances exceptionnelles. Bientôt, le policier tomberait dans le piège mortel qu'il lui destinait, et cette fois, il n'allait pas pouvoir s'en sortir. C'était écrit.

Dans un premier temps, il devait minutieusement effacer toutes les preuves de son implication. Avec la même patience qui l'animait depuis des années, il tisserait à nouveau sa toile et poursuivrait son œuvre vengeresse...

L'homme jeta un regard indifférent vers le cadavre à ses pieds et quitta la maison en relevant le col de sa grande cape pour ne pas être remarqué. Il était sûr que personne ne constaterait la disparition de sa victime avant quelques jours, mais il valait mieux ne pas prendre de risques. Quelques rues plus loin, il réajusta son masque et se mêla rapidement à la foule du carnaval. Il disparut, anonyme parmi les anonymes.

A suivre…

Et le mystère s'épaissit autour de notre protagoniste... Je vous mitonne une histoire aux petits oignons, alors n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires et de vos suppositions quant à l'énigme… Qui manipule qui ? Qui en veut Laurence ? Bon week-end.