Tabernâcle ! V'là l'môdit chapitre 13…
Comme d'habitude, un petit avertissement. Ce chapitre contient des descriptions TRES graphiques d'actes sexuels. Si votre sensibilité ne vous porte pas sur les scènes de ce type, je vous incite vivement à passer votre chemin.
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… « Crois-le ou pas, Avril, il faut vraiment beaucoup d'amour pour me détester comme tu le fais... »
Jamais vérité n'avait été aussi bien assénée, d'ailleurs le visage choqué d'Alice en disait plus long que n'importe quel mot... En une phase, il venait d'anéantir les dernières barrières qui la retenaient de tout lui révéler… Elle leva des yeux éperdus vers lui, prête à lui avouer ce qu'elle ressentait... Et voilà qu'elle le voyait sourire comme jamais il ne lui avait souri, que son cœur se mettait à battre plus fort dans sa poitrine, comme si Laurence par sa seule présence insufflait un nouvel élan de vie à son pauvre petit organe broyé par le chagrin, que la flamme d'un espoir fou germait à nouveau en elle…
Ce qu'il était en train de lui faire subir à cet instant précis, n'était rien à côté de ce qu'il s'apprêtait à lui faire...
Sans hésiter, Laurence posa ses mains sur les hanches de la jeune femme et l'attira à lui. Dans le même mouvement, il se pencha et déposa un baiser sur ses lèvres.
C'était inquisiteur et en même temps, chaud et tendre, comme s'il lui demandait implicitement la permission. Alice y répondit avec la même révérence, tout en s'accrochant à lui, pour ne pas qu'il s'écarte d'elle. Mais telle n'était pas son intention… Il prit son temps et explora doucement le contour de ses lèvres, éveillant de nouvelles sensations, sensuelles et puissantes en eux. Le timing était parfait, naturel, comme s'ils avaient fait ça toute leur vie.
Leurs baisers s'approfondirent et il glissa les mains sous la chemise de la rousse, découvrant pour la première fois la douceur de sa peau qu'il caressa avec un émerveillement grandissant. Alice eut un soupir et promena les siennes sur la nuque de Swan en chavirant de bonheur. Jamais elle n'aurait cru un jour qu'il s'intéresserait à elle... Le rythme de son cœur s'accéléra encore tandis que leurs souffles se faisaient plus courts, plus pressants... Laurence quitta les lèvres d'Alice pour tracer un lent chemin sensuel dans son cou, et elle frissonna en sentant sa barbe de quelques jours au creux de sa gorge. Elle ne put retenir un gémissement tremblant.
Il se recula pour l'observer. Leurs regards se croisèrent et elle comprit qu'il n'y avait plus qu'une issue à leur histoire commune, qu'un seul pas à franchir... C'était ce qu'elle souhaitait le plus au monde.
Swan reprit ses lèvres, cette fois dans un baiser possessif et ardent. Se sentir désirer à ce point… Alice se mit à gémir alors que du feu liquide circulait à présent dans ses veines et embrasait ses sens. Leurs langues se mirent à danser l'une autour de l'autre, tandis que les mains de Laurence s'activaient à la déshabiller. Elles semblaient partout à la fois, larges et caressantes, exigeantes et douces…
Sous ses gestes déterminés, Alice ne tarda pas à se retrouver la poitrine dénudée. Soudain embarrassée par les traces des violences qu'elle avait subies, elle tenta de se soustraire à ses regards et il comprit immédiatement sa volonté de se protéger.
« Non, Alice, tu n'as pas à avoir honte… » lui dit-il en appuyant son front contre le sien. « Tu as été plus forte que lui… Ce salaud a payé pour ce qu'il t'a fait… Tu es une survivante, une battante... Tu l'as vaincu… »
Ces paroles agirent comme un baume sur ses blessures et elle éprouva pour la première fois un élan d'amour inconditionnel pour Laurence, à tel point qu'elle en eut les larmes aux yeux, de vrais larmes de bonheur après tout le cauchemar qu'elle avait vécu. C'était effrayant et exaltant à la fois, et elle sut à cet instant précis qu'elle n'avait jamais cessé de l'aimer, que cet amour après l'épreuve en ressortait encore plus fort...
Il la rassura encore et murmura ses premiers mots d'appréciation devant sa beauté singulière. Peu habituée à recevoir des compliments de sa part, elle n'en revenait pas qu'il manifeste vocalement son approbation devant sa peau si blanche, ses taches de rousseur gamines et sensuelles parsemées ici et là, et par dessus tout, la toison rousse de son bas-ventre sur laquelle il avait immédiatement posé des regards gourmands, quand il l'avait découverte…
Swan s'empressa de se déshabiller et Alice détailla avec un plaisir évident le corps élégant et racé de son amant. Il y avait en lui tant de force, de virilité, que cela la laissait toute faible, comme un oiseau effrayé qui se laisse prendre dans les griffes d'un chat affamé et qui ne peut échapper à son emprise. Elle comprit en un éclair ce que toutes les femmes lui trouvaient et se sentit conquise, avec l'envie inavouable de se laisser posséder par lui.
D'habitude, Alice aimait mener la danse, mais là, elle savait d'instinct que les rôles seraient inversés, qu'elle deviendrait le jouet docile des ardeurs masculines de Laurence. Après tout, cela ne devait pas être déplaisant de se laisser aller à des pulsions trop impétueuses pour y résister. La jeune femme poussa un grognement éperdu lorsque Swan l'embrassa avec passion. Leurs langues se trouvèrent hâtivement, voraces, affamées. Le temps de la tendresse était passé….
Alice le serra davantage, frottant son bassin et sa poitrine contre lui, remontant un genou contre sa cuisse. Laurence la porta jusqu'à la chambre, vers le lit comme s'il s'agissait d'une plume, tout en continuant à l'embrasser. Elle se sentit emportée par un tourbillon si tumultueux qu'elle se laissa grisée, enlaçant la nuque de Swan, se blottissant dans ses bras avec bonheur, en sentant ses blessures se refermer et cicatriser...
Elle voulut poser une question mais des lèvres avides l'en empêchèrent. Bientôt, elle n'eut plus du tout envie de parler. Lorsqu'elle rouvrit la bouche, ce fût uniquement pour gémir de bonheur et haleter comme un plongeur en apnée qui sort la tête de l'eau.
Swan enlaça sa partenaire avec une fougue croissante, en lui communicant son envie d'elle. Il s'excitait à l'odeur de sa peau, se coulait sur elle, comme s'il voulait que leur chairs se confondent, qu'elles ne fassent qu'une. En descendant, il lui écarta les jambes avec ses genoux tandis qu'elle commençait à coller son pubis contre sa cuisse d'un souple mouvement du bassin.
Laurence glissa le long de son corps, agaçant du bout de sa langue les petits seins d'Alice, aspirant les mamelons pointus et les relâchant sans répit, tandis qu'une de ses mains caressait la courbe de la hanche de la rousse, puis se faufilait entre la douceur satinée de ses cuisses. Alice trembla d'anticipation. Sadique, il immobilisa un instant sa main avant de reprendre la caresse là où il l'avait laissée. Ses doigts effleurèrent toute la longueur de la fente intime, avant de s'attarder sur le clitoris qu'il percevait très sensible à ses attouchements. Alice ne tarda pas à s'ouvrir comme la corolle d'une fleur sous le feu solaire, dévoilant sa moiteur intime...
Les jambes écartées, le corps agité de mouvements ondulatoires pour venir au devant des caresses de Swan, Alice ne faisait que pousser des gémissements extasiés qui trahissaient son impatience et son excitation. Avec un sourire, il l'observa prendre le plaisir qu'il lui offrait lentement avec ses doigts experts, mais il en voulait plus. Il voulait qu'Avril lui donne tout, se livre corps et âme, sans retenue, en un abandon total et aveugle.
Sans hésiter, en bon maître des jeux amoureux, Swan plongea littéralement sur le bas-ventre d'Alice, apposa sa bouche sur son sexe et s'attaqua sérieusement au sensible bourgeon qui durcissait à la commissure de sa féminité. Alice, avec un râle de bonheur, enfonça sauvagement ses ongles dans les épaules de son partenaire qui commença aussi à gémir, emporté par la même passion qu'il éveillait dans ce corps féminin.
Il colla longuement sa bouche sur le clitoris qu'il aspira en le titillant de façon experte. Puis il le délaissa, préférant glisser sa langue dans le sillon humide, aussi loin que possible, allant et venant, s'acharnant impitoyablement. Alice cria. Elle n'existait plus que par cet appendice qui se frayait partout un chemin, explorait, tournoyait et vrillait, la sondant à lui en arracher l'âme.
Jamais la rousse n'avait connu pareille sensation aussi agréable. Elle se laissait emporter, comme aspirée par une tornade dévastatrice qui bouleversait ses sens comme jamais. Un instant, elle eut la force de se redresser et l'observa. Elle trouva qu'il n'y avait rien de plus beau que cet homme viril, étendu entre ses jambes, la tête enfoncée dans la fourche de ses cuisses, en train d'explorer amoureusement son sexe comme personne ne l'avait fait auparavant, avec un tel appétit qu'il semblait vouloir la dévorer vivante.
Avec un râle d'abandon, la rousse se laissa retomber sur le lit. Tétanisée par les brûlantes vagues de plaisir qui incendiaient son bas-ventre et ses reins, elle se sentit perdre le contrôle, envahie par un tel foisonnement de sensations si délicieuses, si intenses, qu'elles en devenaient presque insoutenables...
Impitoyable, Swan accentua la pression de sa bouche et la vibration de sa langue. Il empoigna à pleines mains les fesses d'Alice, y enfonça ses doigts, plaquant davantage le bas-ventre contre sa bouche. Traits tendus, lèvres entrouvertes sur une plainte autant sensuelle qu'électrisante, Alice finit par se laisser submerger par le plaisir en divaguant. Ses doigts se crispaient dans la chevelure de Swan et elle accompagnait les mouvements de sa tête en basculant son bassin.
Elle fut comme frappée par des milliers de flèches brûlantes qui semblèrent la transpercer, et ce fut enfin l'explosion fulgurante, un orgasme fabuleux, extraordinairement puissant qui l'ébranla toute entière. Elle fut incapable de contenir les contractions qui partaient de son bas-ventre, et se répandit sur la bouche de son partenaire qui, ayant perçue les spasmes annonciateurs de l'orgasme, avait redoublé d'efficacité pour la faire s'envoler au septième ciel.
Alice avait l'impression de faire corps avec lui. Avec des gémissements de bonheur, elle s'accrochait de plus belle à Swan en le serrant contre son intimité, comme si elle voulait le garder enfoncer au plus intime de son être pour toujours, bien au-delà des derniers sursauts qui la faisaient encore trembler. Éperdue, elle l'obligea ensuite à se redresser et à venir sur elle pour l'embrasser avec ferveur, excitée de retrouver sur ses lèvres la saveur de son propre nectar.
Tout en l'embrassant, Alice le caressait, pressant ses doigts avec un art consommé sur ses bourses fermes et douces, le torturant sans pitié. Swan n'y tint plus et se mit à gémir longuement contre ses lèvres. Comme si elle n'attendait que ça, elle glissa la main sur sa fière virilité. Laurence se tendit en vibrant à sa rencontre. Alice se redressa, lui offrant ses seins qui, petits et pointus, se dressaient comme des pics insolents. Swan les prit à pleines mains, surpris encore par leurs douceurs, ravi de sentir les mamelons réagir à ses caresses.
Alice se déplaça, lui échappant comme une anguille en glissant sous lui. Il s'allongea sur le dos puis il étouffa un gémissement, lorsque, penchée sur son bas-ventre, elle effleura son membre dressé de ses lèvres, glissant la pointe de sa langue sur ses poils, à quelques millimètres du pénis, déposant des petits baisers sur les bourses si sensibles.
Laurence se cambra violemment, le sexe durci à lui faire mal. Elle ne répondit pas à ses attentes, jouant avec ses nerfs... Il réussit à se contorsionner, lui offrant à nouveau son érection, la suppliant implicitement de passer aux choses sérieuses. Elle ne put refuser l'invitation, autant au supplice d'éviter cette fière virilité qui la narguait impitoyablement.
D'un coup, Alice la prit à pleine bouche, l'avalant d'une aspiration goulue, si voracement que Swan hoqueta de plaisir et de soulagement. Elle ressortit pour la happer encore plus profondément, allant et venant à un rythme régulier, l'affolant de temps à autres d'habiles glissades de la langue pour faciliter la prochaine fellation. Elle se prenait au jeu, excitée comme jamais de la longueur de ce sexe qui grossissait encore. Alors qu'il la caressait en même temps, elle réussit à se dégager pour lui échapper. Elle voulait rester seule maîtresse du jeu. Pour l'instant…
Se sentant absorbé tout entier, Swan grogna de plaisir, pris de tremblements convulsifs à l'approche d'une éjaculation imminente. Le souffle court, il la prévint :
« Alice… Arrête... »
Elle stoppa à temps, bien décidée à faire durer les choses, pour leur plaisir. Fascinée, elle observa ses traits tendus alors qu'il se reprenait. Il lui prit la main.
« Viens là… »
Avec un sourire de prédatrice, Alice remonta lentement sur Swan pour se placer au-dessus de lui, puis se frotta fébrilement contre son membre. Il ne lui fallut aucun effort pour qu'il s'enfonce en elle d'un puissant coup de reins. Comblée, Alice cria en rejetant la tête en arrière. Swan lui saisit les hanches pour lui imposer son rythme, la percutant de fougueux va-et-vient. Elle se souleva en lui échappant, puis retomba sur lui, s'empalant bien à fond, l'obligeant à modérer ses ardeurs pour lui donner sa cadence, plus lente et bien appuyée.
Implorant tous les dieux qu'il connaissait, Swan se laissa guider. Alice oscilla sur lui, souple comme une liane, et chaque ondulation de sa part lui arrachait un long soupir animal. C'était une douce torture sur ses sens, qu'il repoussait le plus loin possible. Bientôt, ses mouvements se firent plus impétueux, alors qu'il venait à sa rencontre, la remplissant complètement. Le corps en fusion, Alice ne pouvait résister à autant d'ardeur. Entraînée, elle se cambrait avec un frémissement incontrôlé, tendue et crispée, marmonnant des " oh oui !" de plus en plus sonores. Soudés l'un à l'autre, concentrés sur leur plaisir, ils s'étreignirent presque rageusement dans un rythme désordonné, emportés par la même frénésie sexuelle...
Pour Swan, la cadence imprimée devint insupportable. Il tenta de résister mais ne put contrôler plus longtemps les formidables élancements qui enflammaient son sexe. Un cri rauque, quelques coup de reins ultimes en la tenant fermement par les hanches pour s'enfoncer au plus profond d'elle, et il se libéra en gémissant longuement, surpris par la violente contraction simultanée de l'étroit fourreau de sa compagne qui s'abandonna à son propre plaisir et recueillit chacune de ses giclées dans de longs cris libérateurs...
Alice retomba sur lui, le coeur battant à se rompre, à bout de souffle. Leurs deux corps en sueur et frémissants attestaient de l'intensité de leur étreinte et ils restèrent longuement sans bouger, perdus dans un océan de bien-être. Calée dans le cou de Swan, haletante comme si elle venait de courir un cent mètres victorieux, Alice ne sentait plus rien, totalement anesthésiée après la puissance formidable de son second orgasme...
Les secondes passèrent, délicieuses, et Alice reprit peu à peu contact avec la réalité. Jamais un homme (ni une femme) ne l'avait emmenée aussi loin dans le plaisir amoureux et Alice se surprit à vouloir que ça recommence avec un appétit féroce. Elle releva la tête mais son compagnon avait fermé les yeux.
« Laurence ? »
Il ne répondit pas et Alice resta interloquée quelques secondes. Elle l'appela de nouveau et son appel resta sans réponse... Sa respiration était désormais régulière...
Il… Il s'était endormi ?
Incertaine, elle murmura :
« C'est pas vrai ?!... Swan ? Tu te moques de moi, là ? Swan ? »
Un léger sourire apparut sur le visage de Laurence et il ouvrit un œil moqueur.
« Passé un certain âge, ça ne dure jamais bien longtemps… Le commissaire s'est endormi... Pouf comme ça !... »
Alice écarquilla les yeux en se souvenant de ses propres paroles qu'il venait de citer en y mettant le même ton. C'était pendant l'affaire Shaïtana, quand elle avait accepté de témoigner pour lui et avait remis en cause avec malice ses performances sexuelles… Elle avait bien ri à ses dépens et il lui avait dit qu'il lui ferait payer ses propos rabaissants… C'était chose faite. Swan se mit à rire en voyant sa tête vexée.
« Ah… Ah... Ah… » Dit-elle en détachant chaque syllabe. « Belle preuve de maturité, Laurence… »
Elle se redressa, mais d'un coup de rein, Swan la fit basculer sur le dos et se retrouva au dessus d'elle. Il emprisonna les mains d'Alice dans les siennes, au dessus de la tête de la jeune femme et dévisagea sa bouillante rouquine aux yeux de chat et à la tignasse en désordre, tellement entière, tellement femme dans l'amour...
Alice est belle à mourir... pensa-t-il, émerveillé. Il se reprit de justesse avant de le formuler à haute voix. Il n'était pas question de le lui avouer, ça aurait été lui accorder trop de pouvoir sur lui. Il ricana plutôt :
« Tu ne feras jamais le poids face à moi, Avril. Je trouverai toujours un moyen de gagner. »
« Dans tes rêves, Laurence. » Grinça-t-elle en retour.
Quand elle vit le sourire de Swan s'élargir lentement, avec une expression pleine de tendresse, elle se détendit et lui sourit à son tour…
Il se pencha vers elle et lui vola un baiser, puis un second qu'il approfondit immédiatement sans la relâcher. Leurs doigts s'entrecroisèrent naturellement, ses paumes si petites dans les siennes...
Alice ne put s'empêcher de gémir. Avec un sourire, Laurence se recula et bascula son poids d'une jambe sur l'autre pour ne pas l'écraser. Dans le mouvement, il se frotta contre la cuisse de la jolie rousse, leva un sourcil appréciatif et ironique sans la quitter des yeux, puis elle le sentit…
« Prête pour la seconde manche ? » Demanda-t-il, goguenard.
Cette fois, Alice lui sourit avec délectation, vaincue et victorieuse à la fois.
« Embrasse-moi... »
Il s'exécuta sans se faire prier.
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La tête posée sur la cuisse de Laurence, Alice n'en revenait pas. Trop excitée par l'ouragan émotionnel qu'elle venait de traverser, elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. Plongé dans un silence méditatif, Laurence traçait machinalement du bout des doigts des petites arabesques sur son épaule.
Elle tourna la tête vers lui, incertaine. Des tas de questions se bousculaient dans son cerveau, surtout une, qu'elle n'osait formuler à voix haute... Regrettait-il le pas qu'il venait de franchir avec elle ?
Les yeux de Swan rencontrèrent les siens et ils s'observèrent quelques secondes. Il lui serra finalement doucement l'épaule.
« Je dois repartir… Seul… »
« Mais je croyais... » Commença-t-elle.
« C'est temporaire... Tu ne dois dire à personne que tu m'as vu, pas même à Marlène, d'accord ? »
Alice baissa le regard en ayant du mal à cacher sa déception.
« Avril ?… »
Elle ne répondit pas. Il se redressa et lui prit la main. Elle s'assit en tailleur en face de lui en l'imitant, tous les deux soudain très solennels, malgré leur nudité.
« J'ai un service à te demander… C'est important. »
« Je t'écoute. »
« J'ai libéré une petite fille des griffes de Dimitrov. Elle s'appelle Sophie... »
Avril fit immédiatement le rapprochement.
« Evidemment... Honkov, c'était toi. »
Laurence hocha la tête et poursuivit :
« Je voudrais que tu t'occupes d'elle en attendant mon retour. J'ai promis à sa mère de la lui ramener. »
« Sa mère ? »
Alice éprouva de l'appréhension, teintée de quelque chose de nouveau et de désagréable qu'elle interpréta immédiatement comme de la jalousie.
« Il s'agit de l'infirmière qui t'a agressée. Elle doit être entre les mains de Félix à l'heure qu'il est. »
« Quoi ? Spencer ? »
Elle eut un mouvement involontaire de recul et le regarda comme si des cornes lui avaient poussé sur la tête. Il lui caressa doucement la main en retour.
« Les gens font toutes sortes d'erreurs. Volontairement, involontairement, sous la contrainte... peu importe. Un enfant n'a pas à subir les conséquences des mauvaises actions de ses parents. »
« Mais Sophie n'a pas de famille ? »
« A part sa mère, elle n'a personne. Compte tenu du lourd passé criminel d'Hélène Spencer, la gamine va être confiée à un orphelinat en attendant d'être éventuellement adoptée. »
Alice soupira et baissa la tête, comprenant plus que n'importe qui la situation qui lui rappelait douloureusement ses propres blessures enfantines. Combien de fois avait-elle espéré être accueillie au sein d'une famille, avoir enfin de vrais parents qui lui donneraient sincèrement de l'amour ? Ça ne s'était jamais produit et elle était allée de désillusions en désillusions en grandissant, finissant par se persuader que personne ne l'aimerait jamais. Quand elle releva la tête, elle avait pris sa décision.
« Elle se trouve où, Sophie ? »
Swan eut un sourire.
« Je savais que je pouvais compter sur toi. »
Elle haussa les épaules et il découvrit sa mine attristée. Avec sa perspicacité habituelle, il comprit en un éclair ce qu'elle avait traversé.
« Une fois toute cette histoire terminée, nous lui trouverons un vrai foyer, je te le promets. »
Alice l'observa, surprise par son engagement, son intérêt, lui qui ne pensait d'habitude qu'à sa personne, et lui caressa le bras.
« Merci... » Elle s'éclaircit la gorge. « … Et, qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? Enfin coincer Dimitrov ? »
« Oui, ainsi que le véritable responsable. »
« Il y a quelqu'un d'autre ? »
« Celui qui œuvre dans l'ombre, animé par la vengeance. »
« Qui ? »
Laurence secoua la tête.
« Inutile de te mêler à ça, c'est trop dangereux. »
« Swan, ça suffit ! Tu ne peux pas me maintenir à l'écart indéfiniment ! Ce qui t'affecte, m'affecte aussi ! »
Il leva un doigt pour la prévenir et son ton se fit plus acéré.
« Raison de plus pour que tu n'interviennes surtout pas ! »
La rousse eut un geste d'incompréhension.
« Mais enfin, Laurence, je suis parfaitement… »
« Avril, si cette personne venait à savoir que nous sommes… » Il chercha visiblement les mots adéquats pour décrire leur présente situation. « ... plus que des amis, elle n'hésiterait pas un instant à te sacrifier. Elle l'a déjà fait en t'enlevant par deux fois et en m'attirant dans un piège. »
« Dis-moi juste son nom… »
« Non. »
« C'est Magellan, hein ? C'est lui ! Ce type a un comportement louche... »
Comme Swan ne trahissait rien, Alice l'observa en silence quelques secondes.
« Tu ne me fais pas confiance. »
« Ça n'a rien à voir avec une question de confiance. Je cherche seulement à te protéger. »
Elle allait protester, mais Laurence leva la main.
« Avril, je n'ai jamais été aussi sérieux. Ne t'en mêle pas, sinon... »
« Sinon, quoi ? Tu trouves une raison bidon pour envoyer ta maîtresse en prison et t'en débarrasser par la même occasion ? »
Il ne répondit pas et fit jouer les muscles de sa mâchoire, soudain tendu. Alice baissa les yeux et exprima ses craintes.
« Tu regrettes déjà ce qui vient de se passer entre nous. »
« Quoi ? » Swan fronça les sourcils et comprit en un éclair. « … C'est ça qui te tracasse ? Alors, écoutes-moi bien, Alice Avril : Je peux t'assurer que je ne regrette rien de ce qui s'est passé ici ce soir... »
Alice chercha dans ses yeux s'il disait la vérité.
« … Enfin, j'aurai bien évité la partie engueulades et coups, qui n'étaient franchement pas nécessaires… »
« Tu m'as poussée à bout, Laurence. »
« Ce n'est pas une excuse. »
« Tu le méritais. »
Soudain tendus, ils s'affrontèrent du regard un instant, puis Laurence préféra laisser tomber. Inutile de remettre de l'huile sur le feu pour une situation dont la conclusion lui convenait finalement très bien.
« J'ai ta parole que tu n'interviendras pas ? » Reprit-il, impitoyable.
« Mais qui va couvrir tes arrières ? »
« Je vais me débrouiller, j'ai un plan. Donne-moi seulement ta parole, Avril, sinon je te jure que ce sera la guerre entre nous, comme tu ne l'as jamais connue. »
Elle savait qu'il était sérieux, qu'il était capable de lui tourner le dos sans un remord et que rien ne le ferait revenir sur sa décision.
« D'accord… mais à une condition ! »
Il soupira et secoua la tête avec un rictus sardonique.
« Pourquoi rien n'est-il jamais simple avec toi ? »
Elle ne répondit pas et se contenta de lever le menton obstinément vers lui pour lui faire comprendre qu'elle ne céderait pas non plus.
« Qu'est-ce que tu veux ? » Demanda-t-il finalement.
« Je t'interdis d'échouer. »
« Je n'échouerai pas. Pas cette fois. Il y a déjà eu trop de morts à cause des Quatre. Il n'y en aura plus, c'est terminé. »
Impressionnée malgré elle par son assurance, elle l'observa alors qu'un sourire admiratif naissait sur ses lèvres. Elle leva la main et lui caressa la joue.
« Saint Laurence terrassant l'hydre à quatre têtes, où avais-tu caché ton auréole pendant tout ce temps ? »
« Je n'ai rien d'un Saint... » Gronda-t-il, comme s'il était offensé. « … Tu es bien placée pour le savoir. »
« Ça, oui. »
Il pouvait bien dire ce qu'il voulait. Elle le connaissait trop bien. Doucement, elle déposa un baiser sur ses lèvres, puis se recula.
« Tu feras attention à toi, hein ? »
« Evidemment. »
Swan la regarda avec une telle arrogance qu'elle ne put s'empêcher de lui dire :
« T'as pas intérêt à revenir avec une égratignure, sinon c'est moi qui t'achève, compris ? »
Il fit semblant de frissonner de peur et Alice eut enfin un sourire, avant de le dévisager avec une affection débordante. Il sentit la gravité du moment et reprit son sérieux. Alors qu'elle allait ouvrir la bouche, il posa un doigt sur ses lèvres.
« Ne le dis pas… »
« Quoi ? »
« … Ce que tu t'apprêtes à me dire... »
« Tu ne sais même pas ce que je vais dire ! »
« Oh si ! C'est écrit en toutes lettres sur ton visage, dans l'éclat de tes yeux… sur tes lèvres… dans chaque fibre de ton corps… »
« Ah, bon ?... » Demanda-t-elle, confuse, puis elle se reprit. « … Et si j'ai envie de le crier au monde entier, qui es-tu pour m'en empêcher ? »
« Le taire ne le rendra pas moins vrai. »
« Mais je veux que tu saches que... »
Il l'embrassa pour l'empêcher de parler et de protester. Résolument, elle mit toute sa passion dans ce baiser fiévreux et il y répondit avec la même ferveur. La faim qu'ils avaient l'un de l'autre semblait insatiable, terrifiante. Il y mit fin en traçant un chemin de baisers jusqu'à son cou.
« Le fait est…. que je le sais déjà... » Dit-il d'une voix rauque.
Elle soupira, autant de plaisir que de dépit.
« Swan, s'il t'arrivait quelque chose, je n'aurai pas la force de surmonter à nouveau cette épreuve. »
« Oh si, tu es bien plus forte que tu ne crois… Et puis, je ferai en sorte qu'il ne m'arrive rien.»
« Promis ? »
« Promis. »
Il la repoussa doucement et la coucha sur le dos, puis continua ses lentes explorations avec sa bouche, signifiant ainsi qu'il n'était plus temps de parler mais d'agir. Alice ferma les yeux, déjà envahie par de délicieuses sensations… Avec expertise, il éveilla le désir sauvage qui sommeillait en elle et les emmena une fois de plus au paradis des sens. Comblés, ils s'endormirent enfin dans les bras l'un de l'autre.
Quand elle se réveilla quelques heures plus tard, il avait disparu.
A suivre…
Plus forte sera la frustration, et plus fort sera le Swalice… Bon, je vous laisse juges du résultat, je ne ferai aucun autre commentaire, mais vous pouvez m'en laisser, hein ? Ça fait toujours plaisir !
PS : Il n'y a que dans la littérature que l'auteur a le choix des conséquences des actes des personnages qu'il met en scène, alors en ce week-end de Sidaction, un seul conseil, aimez un peu, beaucoup, à la folie et surtout, protégez-vous !
