TITRE : RÉBELLION
CHAPITRE 1 - LE PLAN (PART1)
DISCLAMER : JKR (sauf persos que j'invente mais hey, vous savez les reconnaître !)
RATING : M (violence à venir, j'imagine)
NOTE : Cela fait six bons mois que je n'ai rien posté, mais me revoilà ! J'avais écrit un bout de truc l'été dernier (une centaine de pages) et quand je l'ai relu, je me suis dis que si je l'améliorais un peu, ça pouvait peut-être vous intéresser de lire un peu de Harry en mode révolution qui s'en fout un peu de tout.
Bonne lecture !
tu n'es pas obligé d'obéir à l'autorité, sors, amuse-toi, brise les règles,
i.r
le plan
TRANSPLANER ÉTAIT une chose simple, se disait Harry. Le seul risque était de perdre un bout de soi-même dans l'opération. Mais transplaner dans une zone anti-transplanage était théoriquement impossible, puisque si vous vous entêtiez à essayer, vous resteriez coincés à tout jamais dans les barrières anti-transplanage.
Il avait longtemps étudié la théorie et maintenant, il se sentait prêt à mettre en pratique la chose.
Tout d'abord, il se concentra sur sa destination : la cour arrière du Chaudron Baveur, juste avant le mur de briques magiques qui permettaient d'entrer sur Traverse.
Le reste se fit de lui même, comme s'il avait de nombreuses fois tenté l'expérience, mais cela n'étonna pas Harry, puisqu'il était maintenant au courant que la Trace était sur leurs baguettes, et non pas sur leurs personnes. Ainsi, si un agent du ministère vous demandait votre permis de transplaner mais que vous, vous ne l'aviez pas, vous seriez condamné. Mais vous pouviez transplaner sans permis sans que quiconque ne soit au courant. Voilà qui arrangeait ses affaires.
Le fait de poser sa baguette sur les briques pour activer la transformation en arche du mur non plus, n'alertait pas le Ministère, ou du moins était autorisé aux mineurs.
Caché par la capuche d'une veste noire trop grade empruntée à son cousin Dudley, Harry était sur de ne pas attirer l'attention sur lui.
Il raya mentalement la première étape de sa liste intitulée : s'enfuir de chez les Dursley et passer l'été avec Ron et Hermione à Grimmauld Place.
Maintenant, puisqu'il en avait la possibilité et qu'il ne l'avait jamais fait auparavant, il voulait aussi profiter d'une journée sur Traverse seul avec son argent.
Il regarda l'étendue de magasins devant lui : il était sur l'allée principale mais était certain que les commerces intéressants se trouvaient dans d'autres ruelles, et c'étaient eux qu'il souhaitait voir en premier, tant pis s'il devait passer par l'Allée des Embrumes pour ça.
Harry s'arrêta en premier à Gringotts. Sa deuxième étape était de récupérer de l'argent.
« Bonjour, Maître Gobelin, » fit Harry en s'adressant à un Gobelin au comptoir. Hermione lui avait fait la leçon sur le manque de respect des Gobelins par les sorciers, et après qu'elle lui ait expliqué pendant deux heures pourquoi les Gobelins devaient être vos amis, il avait juré de ne plus faire de gaffe.
« Mr Potter, » salua à son tour le Gobelin, un peu étonné mais pas curieux pour deux sous. « Que puis-je faire pour vous ? » Il releva la tête et planta ses yeux noirs perçants dans ceux cachés par la capuche.
« Retirer de l'argent de mon coffre et en changer une partie en monnaie moldue, s'il vous plait. »
Le Gobelin resta silencieux une bonne minute, comme s'il réfléchissait à quelque chose d'important, puis saisit sa grande plume blanche et écrivit une suite de chiffres dans son livre de comptes. « Bien. Quel coffre ? »
« Le mien ? » questionna plus qu'affirma le brun.
« Mr Potter, sachez que depuis vos seize ans – depuis sept heures, pensa Harry – vous avez accès au coffre de la famille Potter, de même que celui de la famille Black après le décès du dernier membre des Black, Mr Sirius Orion Black. Nous pouvons vider le contenu du coffre 687 dans le coffre de la famille Potter ainsi que le contenu du coffre personnel 711 de Mr Sirius Orion Black. Vous avez dorénavant accès à la liste de vos propriétés, et celle des actions que vous détenez dans le monde sorcier et moldu. »
Harry resta ébahi quelques instants devant l'efficacité du Gobelin. « Sirius m'a laissé son argent ? »
« À vrai dire, Mr Potter, ce n'est pas le sorcier qui décide. La Magie distribue elle-même les possessions du défunt en fonction des choix de son subconscient. Mr Sirius Black a fait de vous l'héritier des Black, comme vous êtes aussi celui des Potter. »
« C'est possible, ça ? » Le Gobelin ne répondit pas, et heureusement puisque c'était une question purement rhétorique.
Harry n'avait pas voulu prendre le temps de penser à son parrain après sa récente mort. Il y avait eu une semaine de pleurs et de deuil, mais ensuite, Harry s'était ressaisit, et avait décidé de continuer à vivre pour Sirius et toutes ces personnes qui avaient été tuées par sa faute. La blessure de sa perte n'était pas tout à fait guérie, mais état en bonne voie de cicatrisation.
Le chariot qu'ils avaient emprunté pour descendre dans les sous-sols de Gringotts s'arrêta devant le coffre de la famille Black, comme l'avait demandé le brun après avoir accepté de déplacer le contenu des deux coffres personnels.
Le Gobelin lui donna un poignard orné de pierres précieuses et il s'entailla l'intérieur de la main comme il l'avait vu faire dans les films. Il posa sa main sur l'emprunte qui était gravée sur la porte après ordre de la créature.
La porte s'ouvrit sur des merveilles.
Un énorme tas d'or était étalé aux quatre coins de la pièce, entouré de magnifiques meubles en bois travaillé qui auraient parfaitement eu leur place chez les Malfoy ou autre famille riche.
Au fond de la pièce d'innombrables bibliothèques étaient remplies de livres. Certains étaient entassés par terre, puisqu'il n'y avait plus de places pour eux dans les étagères pleines à craquer.
Harry contourna une immense table en bois foncé pour admirer une boite à bijoux remplie des plus beaux trésors puis détourna son regard pour tomber sur de petits êtres figés, se faisant au passage une peur bleue. Il poussa un cri et lâcha la pile de bouquins qu'il tenait entre ses mains.
Le Gobelin s'approcha pour voir ce qui avait effrayé le jeune garçon, qui commençait à s'emporter. « Après les têtes coupées et accrochées à Grimmauld Place voilà qu'ils empaillent des Elfes entiers, maintenant ! » Il s'agitait en ramassant les précieux livres qui avaient fait se déplacer une montagne de poussière lorsqu'ils avaient atterris au sol.
« Ils sont seulement sous sort de stase, Mr Potter, » fit le Gobelin en toussotant.
« Sort de stase, comme pour les potions ? » demanda-t-il. « Je croyais que c'était interdit sur les êtres vivants, » ajouta-t-il.
« Effectivement. Je suppose que nous les libérions maintenant ? »
Le Gobelin annula le sort d'un geste de la main et immédiatement, les deux petits Elfes se mirent au garde à vous devant Harry.
« Oli et Liki sont là pour le Maître, » annonça la plus petite des deux créatures, indéniablement féminines.
« Oli et Liki ? Ce sont vos noms ? » demanda-t-il, éberlué. « Qui vous a laissé ici ? » demanda-t-il à nouveau. Il obtint un haussement d'épaules. « Merveilleux, » soupira-t-il.
« Le Maître peut demander à Oli et Liki d'aller dans la maison du Maître, » proposa Oli – il le savait parce que leurs noms étaient écrits sur les tabliers qu'elles portaient – en gesticulant mais en essayant de cacher ça alors cela donnait quelque chose de bizarre.
« Bien sur, » répondit-il. « Seulement, personne ne doit vous voir, et ne touchez à rien. Pas de ménage ou quoi, compris ? »
« Oui, Maître, » répondirent en chœur les deux Elfes, et elles disparurent dans un « pop ».
« Je peux emmener des choses ? » demanda Harry au Maître Gobelin. Celui-ci hocha la tête alors le brun se dirigea vers un sac qu'il avait vu plus tôt (il avait bien son sac à dos, mais il serait un peu trop petit) et en priant de toutes ses forces, il l'attrapa et fourra sa pile de livre dedans. Ils tombèrent avec fracas dans ce qui semblait être un puits sans fond et Harry se retint de sauter de joie. Pile ce qu'il cherchait.
Il entreposa plusieurs autres babioles et bouquins dans le sac et se décida finalement à partir pour visiter le second coffre.
« Mr Potter, vous vouliez changer de l'or sorcier en or moldu ? » demanda le Gobelin tandis qu'il s'entaillait une nouvelle fois la paume de la main.
« Oui, effectivement, » murmura-t-il, tandis qu'il posait sa main sur la trace dans la porte.
« Nous pouvons vous ouvrir un coffre avec seulement de la monnaie moldue dedans, ou alors garder le même coffre. Je vous recommande la première option, cependant. Une carte de crédit moldue sera assignée à ce coffre et vous pourrez l'utiliser dans le monde moldu. » Il hocha la tête, donnant son accord pour la création d'un nouveau coffre et d'une carte de crédit moldue. « Quelle somme dois-je mettre dans ce coffre ? » demanda la créature.
« Dix milles Gallions ? »
« Je vous donnerai la carte à notre sortie des galeries, Mr Potter. Il vous suffit de signer là. » Harry prit la plume et le parchemin que lui tendait le Gobelin, le maudissant intérieurement de ne pas ouvrir la porte au lieu d'essayer de faire des affaires avec lui. « Les dix milles Gallions seront transférés dès que vous aurez donné votre accord sur papier. Puis-je me permettre de vous proposer le même procédé pour le monde sorcier, Mr Potter ? »
« Bien entendu, » grommela-t-il, bien que cela allait l'arranger de ne pas faire des allers-retours entre Gringotts à chaque fois qu'il lui faudrait de l'argent.
« Il me faut un objet à ensorceler qui sera votre communicateur entre votre coffre et vous. » Il fouilla dans sa poche et sortit une pièce de ten pence qu'il tendit au Gobelin. « Évidemment, nos services sont payants, et nous vous demanderont quinze Gallions pour la carte et l'enchantement. »
« Évidemment, Maître Gobelin, » fit-il avec un faux sourire. « Pourrions-nous rentrer, maintenant ? » Le Gobelin poussa la porte en bois massif avec beaucoup de mal.
Il y avait beaucoup, mais beaucoup d'or. Plus que dans le coffre de la famille Black. Il y avait aussi beaucoup de meubles, un peu moins présomptueux que ceux des Black, et au fond de la salle creusée dans la pierre grise, une mini-jungle poussait. Il y avait encore de nombreuses créatures sous sort de stase – le Gobelin lui dit qu'elles avaient du être mises là lorsque le sort était encore légal sur les âtres-vivants – mais pas d'Elfe (et heureusement).
Après deux bonnes heures passées dans les souterrains de Gringotts, il sortit enfin, une carte bancaire dans la poche droite, une pièce de ten pence ensorcelée accrochée autour de son cou avec une ficelle et assez de choses dans son sac pour satisfaire sa curiosité pendant au moins un an (mais cela lui tiendrait une semaine, au final).
Il déroula sa liste mentale et raya l'étape deux.
Il était trop tôt pour que les magasins ouvrent, mais trop tard pour qu'il fasse du repérage. Le brun ajusta sa capuche sur sa tête et avisa rapidement. Il allait faire un petit tour du côté de l'Allée des Embrumes. Là-bas, Harry trouva une vieille boutique qui lui faisait penser à un magasin d'antiquité moldu, et qui était en fait la même chose version sorcière, donc tous ce que vous y trouviez était actuellement cent fois plus intéressant.
L'homme qui tenait la boutique avait un air ronchon, une barbe grise et touffue et des yeux noirs perçants qui ne cessaient de le dévisager.
Il farfouilla dans les caisses d'objets et tomba sur quelque chose qu'il ne s'était pas imaginé voir ici. Des baguettes.
Il demanda au vendeur quelle était la meilleure et celui-ci répondit qu'il ne répondait pas aux questions, que c'était à ses risques et périls. Il ajouta que ces baguettes étaient un lot, et qu'elles allaient aussi avec un livre. Quand il essaya d'ouvrir le livre, il refusa toute action et resta scellé.
Harry tenta de protester mais l'homme ne changea pas d'avis, alors il prit les cinq baguettes, le livre-qui-restait-fermé pour vingt Gallions (il utilisa d'ailleurs ten pence en marmonnant de nombre de Gallions dont il avait besoin, et ceux-ci apparurent dans sa main), ce qui était un peu cher tout de même. Mais comme il venait de découvrir un immense trésor dans les sous-sols de Londres et que ce trésor lui appartenait, il ne broncha pas et tendit fièrement ses pièces au vendeur qui lui fit un grand sourire satisfait, bizarrement.
Il se dirigea vers une petite ruelle inutilisée et prit le temps de choisir sa nouvelle baguette. Il était certain qu'il n'y aurait pas la Trace sur celles-ci.
La première était blanche et semblait être taillée dans une dent de Basilic, et Harry la rangea dans son sac, parce que trop de souvenirs avec les Basilics.
La seconde était en bois, mais ce bois avait la couleur du sang comme s'il avait été trempé dedans depuis longtemps et qu'il avait déteint sur la baguette. Il la rangea.
La troisième était verte, sans finitions, et semblait venir d'une branche qu'on venait de couper à l'arbre tant elle était tendre. C'était sûrement la plus exubérante, et il ne souhaitait pas se promener avec ça dans la rue.
La quatrième et la cinquième étaient ce qu'il se rapprochait le plus des baguettes que vendait Ollivander, bien qu'elles avaient des runes de gravées sur toute leur longueur. (Harry, à la demande de son amie, avait fait réviser à Hermione tout ses cours de Runes depuis qu'elle avait commencée, et même si personne ne le savait, il avait très certainement le même niveau qu'elle : excellent.) La quatrième était faite dans un bois foncé et la cinquième dans un bois rose.
Il choisit la cinquième.
Il se lança un sort ne-me-remarque-pas appris dans un bouquin de sortilège de septième année qui traînait dans la salle commune et qu'il avait dévoré (et dont il connaissait maintenant la plupart des sorts).
Rien ne se passa.
Pas de hiboux.
Pas de ministère.
Juste lui qui cria de joie.
Cela ressemblait presque à la liberté.
Il raya l'étape cinq. (Parce que la troisième étape était de trouver une malle avec un sortilège d'extension et la quatrième un livre sur l'apparence.)
Il passa donc dans la boutique qui vendaient les malles – très réputée chez les Serdaigle, par ailleurs – et en choisis une assez grande mais pas trop encombrante avec une multitude de compartiments (onze, à vrai dire) qui allaient de la taille du tiroir à chaussettes à celle d'un grand salon.
Les compartiments fermaient avec des clés, mais lui n'en avait pas besoin pour rentrer. Il pouvait aussi demander à mettre un mot de passe.
Il raya l'étape trois.
Avec joie, il réduit magiquement sa nouvelle malle avec sa nouvelle baguette qu'il rangea dans son – vieux – sac à dos. Ce qui l'amena à penser qu'il aimerait bien un nouveau sac moldu comme il s'en faisait maintenant, et non pas celui défoncé de Dursley qui datait de la primaire.
Aujourd'hui était la journée du renouvellement !
Il courut presque jusqu'à Fleury et Bott, s'acheta les manuels dont il aurait besoin pour l'année qui venait, puis se concentra sur les autres livres.
Il trouva le livre sur l'apparence qu'il souhaitait acheter, deux ou trois sur d'autres matières magiques non-enseignées à Poudlard, deux ou trois autres sur des spécialisations dans les Sortilèges, Méta et DCFM et encore deux ou trois qui étaient des romans sorciers – parce qu'il voulait voir ce que cela donnait.
Il rangea cela dans le sac trouvé dans le coffre Black qu'il avait mit dans son sac à dos.
Il raya l'étape quatre.
Il alla dans un pub miteux d'une allée secondaire où il n'y avait personne, demanda les toilettes et laissa tomber ses affaires au sol.
Il ouvrit le livre sur l'apparence, lisant entre les lignes pour trouver le sort adéquat. Quand ce fut fait, il le lut une fois, deux fois, puis se pointa la baguette sur lui-même et murmura une formule.
Ses cheveux poussèrent jusqu'aux épaules (par Merlin, est ce qu'ils ondulaient vraiment ?) et il décida de les attacher rapidement dans un chignon ridicule, mais eh, il n'avait jamais fait de chignon à quiconque auparavant : il se contentait de tresser les cheveux de Luna de temps en temps quand elle le lui demandait.
Il tourna quelques pages et le même manège reprit jusqu'à ce qu'il maîtrise le sort pour changer la couleur de ses yeux qui devinrent bruns.
Puis il cacha sa cicatrice comme il put.
Après cela, il enleva ses lunettes rondes, et quand il se regarda dans le miroir, ce n'était plus lui.
(Mais peut-être était-ce parce qu'il voyait flou, maintenant qu'il était redevenu myope ?)
Il était treize heures quand il regarda sa montre, nouvellement acquise, bien entendu, et il décida de manger avant de repartir explorer les ruelles de Traverse.
Mais comme il ne savait pas vraiment où trouver un endroit ou manger (il ne souhaitait pas un endroit trop bondé et encore un moins un insalubre) alors il dut marcher une demi-heure avant de tomber sur une rue qui hébergeait des tas et des tas de tatoueurs magiques (des tatouages magiques ? cela ressemblait à quoi?) et des tas et des tas de perceurs (ce qui lui donna la subite envie de se faire percer l'oreille) et des tas et des tas de personnes – avec une majorité de jeunes – au look punk (ou grunge d'ailleurs, Harry ne voyait pas la subtile différence entre tous ces looks là) qui étaient regroupés et parlaient entre eux.
Ce qui l'amena à la question suivante : y avait-il des allées réservées à chaque type de personne ?
Il avait un peu plus tôt trouvé un baladeur dans une allée qui alliait magie et technologie moldue (qui avait dit que la technologie ne fonctionnait pas à cause des ondes de la magie, hein ?) et maintenant c'était l'allée punk.
Et donc, dans un coin un peu sombre se trouvait un bar qui servait des burgers qui lui paraissaient merveilleux. (Mais encore une fois, peut-être était-ce parce qu'il voyait flou et qu'il avait vraiment faim.)
Il décida donc de commander un cheeseburger dégoulinant de fromage qui sentait atrocement bon et s'installa à une table.
Quelques minutes plus tard, un type, cheveux orange et mèches roses s'approcha de lui et s'installa à sa table avec un grand sourire.
« Tu t'es perdu ? » demanda-t-il de but en blanc. « Je ne t'ai jamais vu ici. »
« Non, je me promène simplement, » répondit-il, sur ses gardes.
L'autre eut un sourire narquois.
« Il n'y a pas beaucoup de jeunes comme toi qui se baladent ici, » fit-il en croquant dans une frite du brun. Harry fronça les sourcils, parce que ce type n'était vraiment pas gêné pour piquer dans les plats des inconnus. « C'est un peu un territoire interdit, personne ne s'y risque, » railla-t-il.
« Est-ce que je risque de mourir ? » demanda Harry d'un ton un peu plus léger, se moquant de ce que lui avait dit l'autre. « Parce que, oh mon dieu, tu as vu toutes ces personnes bizarres avec des cheveux colorés ? Tu penses qu'ils me veulent du mal ? »
Cheveux-Orange lui fit un clin d'œil. « Oh, eh bien, disons que si tu restes trop longtemps dans les parages tu risques de vouloir t'y mettre aussi. Je veux dire, les cheveux, tout ça. » Harry leva les yeux au ciel, non sans repenser au fait qu'il voulait réellement se faire percer une oreille. Il s'imagina soudainement à la réaction qu'auraient les Dursley s'il revenait les cheveux teints et il gloussa. « Qu'est-ce qui t'amène ici, donc ? » reprit l'étranger.
« J'ai décidé de faire quelques achats et je me suis éloigné de l'allée centrale. Personne ne fait jamais ça et je me suis demandé quel genre de choses il pouvait y avoir. »
« Magnifique ! » cria presque le roux ? « Je te dis, tu es presque devenu un adepte, la prochaine étape, c'est le tatouage ! » Il lui prit une autre frite tandis qu'Harry mordait dans son cheeseburger. « Tu veux de l'aide ? Je connais tous les meilleurs endroits de Traverse ! »
« Eh bien, je ne voudrais pas finir par te ressembler, » plaisanta le brun. « Mais pourquoi pas. » Le roux-rose était plutôt sympa, à vrai dire. « Est-ce que je pourrais, peut-être, connaître ton nom ? »
« Hum, peut-être, » fit-il. Puis il lui tendit une main graisseuse. « Irvin, enchanté de faire votre connaissance, » déclara donc Irvin d'un ton solennel. « Vous êtes ? »
« E-euh, Murdoc, » fit Harry sous la panique de trouver un faux nom. Il n'avait pas vraiment pensé faire de rencontres aujourd'hui, et n'avait encore moins pensé à la possibilité de devoir donner son nom à quelqu'un.
Il avait donc donné le premier qui lui était venu à l'esprit.
Il ne savait pas d'où cela venait.
Mais cela sonnait bien.
« C'est un faux, pas vrai ? » Irvin lui fit un sourire malicieux. « Si tu veux qu'un ne-me-remarque-pas fonctionne utilise des vêtements passe partout, ne te cache pas avec une capuche en plus » conseilla-t-il.
Harry reprit son air méfiant et commença à se lever en prétextant devoir payer pour le repas quand Irvin l'arrêta. « Hey, ne part pas, je ne vais pas te poser de questions, tu sais ? »
Il se rassit sur sa chaise, reposant son sac à terre mais ne disant plus un mot, croisant ses bras contre son torse en signe de protection.
« Je ne l'aurais pas dit, tu continuerais à me parler, » commença-t-il à bouder. Puis un sourire reprit possession de son visage. « Nous pourrions te chercher des fringues, comme ça personne ne te remarquerais. Et puis celles que tu as ne sont décemment pas portables. »
Harry soupira et se leva à nouveau, alors qu'Irvin était proche de sauter de joie. « Magnifique, laisse-moi juste aller chercher Nina et elle va se faire un plaisir de te rhabiller. »
Il le planta là, alors Harry commanda un café au vendeur qui soupirait en voyant sortir Irvin en courant. Dix minutes plus tard, il revenait avec une jeune femme dans la vingtaine, à peu près comme Irvin qui regardait avec stupeur son ami. Elle lui sourit doucement. « Je suis désolé, c'est juste Irvin, » soupira-t-elle. « Bien, pourquoi tu m'a emmené ici ? »
« C'est ton mannequin, habille-le comme tu veux ! » déclara-t-il.
« Hé, non ! » tenta de protester Harry. (Notez le tenta, puisque aucun des deux n'écouta ce qu'il disait : ils complotaient déjà dans leur coin.)
« Nous allons dans le Londres moldu ! » s'excita Irvin, alors que la fille aux cheveux violet-pourpre bouclés lui donna un coup derrière la tête. Ils avaient l'air plutôt proche.
Quelques heures plus tard, ils étaient tous les trois installés à Saint James Park, dans l'herbe, au milieu de toutes les personnes qui profitaient de leur fin d'après-midi au soleil.
À côté d'eux, un groupe de jeunes jouaient de la guitare et chantaient avec enthousiasme les paroles d'une chanson de Blink-182, le nouveau groupe à la mode. L'atmosphère était paisible malgré les cris des jeunes enfants qui se poursuivaient, et Harry se prit à penser qu'il pourrait rester là pour toujours.
Son sac à dos contenait maintenant des tonnes et des tonnes de vêtements (de son point de vue : si Harry n'avait pas demandé à Nina d'arrêter, elle aurait pu les emmener dans tous les magasins de la ville).
Les deux l'avaient convaincu de prendre deux de ces jeans noirs serrés et déchirés, avec comme argument qu'avec un sort de souplesse dessus, ils devenaient réellement pratiques pour bouger. Après ça avait suivi la paire de Rangers.
Quand Nina lui avait fait essayer des t-shirts enfin à sa taille, il les avait trouvé beaucoup trop serrés et ajustés, alors il les avait achetés deux tailles au dessus, trop habitué à ceux de son cousin. Il nageait dedans, mais préférait être confortable que mal à l'aise.
Il avait un look complètement décalé et non-défini, mais cela lui convenait parfaitement : c'était lui.
Irvin alluma une cigarette et Nina fit de même. Ils étaient tous les trois allongés au sol, silencieux, écoutant les bruits qui venaient d'autour, vénérant cet instant paisible. Irvin tendit sa cigarette à Harry avec un sourire malicieux, comme s'il ne le croyait pas capable d'aspirer la fumée nocive. Mais Harry la prit sans hésiter, inspirant et soufflant le nuage blanc qui enrouait ses poumons, ne rendant pas la cigarette à Irvin qui dut s'en rallumer une autre.
C'était vraiment mal, se dit le brun. Que penseraient Ron et Hermione s'ils le voyaient là, en très charmante compagnie, une clope à la main, loin de son oncle et de sa tante ? Mais il relativisa en pensant que c'était sa vie et que personne ne serait au courant de ce qu'il se passait.
Et puis, Irvin et Nina n'étaient en rien fautifs dans cette histoire : il avait décidé de fuguer, et de prendre cette cigarette. En plus, ce n'était même pas la première fois qu'il essayait, pensa-t-il avec mauvaise foi, se renfrognant intérieurement.
Il avait emprunté un paquet à son parrain l'été dernier, et avait cédé à la tentation d'essayer. Il n'était pas accro ou quoi que ce soit, mais avait suivit ses instincts d'adolescent voulant être contre l'autorité.
Au fur et à mesure que les heures passaient, la chaleur diminuait. Les londoniens et autres touristes s'en allaient des pelouses alors que le jour s'assombrissait. Mais Irvin, Nina et lui restaient tous les trois allongés au même endroit, certaines fois s'emportant sur une discussion enflammée, ou bien tout simplement à penser chacun de leur côté.
« Tes cheveux sont vraiment bien, tu sais ? » lui fit remarquer soudainement Irvin. « Peut-être qu'en mettant un peu de couleur ded- »
« N'y penses même pas, » interdirent en même temps Nina et Harry.
Tout le long de leur après-midi dans le monde moldu, Nina avait été celle qui interdisait à Irvin de faire des actions stupides. (Et Harry celui qui interdisait à Nina de faire des actions stupides.)
Big Ben sonna vingt-trois heures et il décida qu'il ferait mieux de rentrer chez les Dursley et de finir de réaliser ses actions notées dans sa liste mentale.
Avant qu'il ne quitte Londres en transplanant, Irvin lui donna un bout de papier avec un numéro de téléphone dessus, un grand sourire aux lèvres. Il lui tendit sa main, et Harry la serra suspicieusement. « Ravi de t'avoir rencontré, p'tit Murdoc ! » s'exclama-t-il finalement.
Nina l'attira dans ses bras pour lui dire au revoir, et quelques secondes plus tard, il était à Privet Drive.
Il s'assit à l'abri derrière un buisson, sortit sa baguette et annula le sort sur ses yeux, dévoila sa cicatrice et enfin, essaya de rendre à ses cheveux leur bonne taille.
Quand cela échoua, il soupira. Il ne pouvait définitivement pas se faire voir par sa tante et son oncle ainsi, où il aurait le droit à une séance avec les ciseaux très bientôt. Les séances avec les ciseaux étaient vraiment les choses les plus horribles qui existaient : il devait rester le dos bien droit, assis sur une chaise, et ne pas bouger d'un millimètre tandis que sa tante lui coupait les cheveux. Cela durait souvent des heures et des heures, et il en ressortait toujours endolorit.
Il pensait d'ailleurs avoir développé la phobie de rester droit sur une chaise à cause de ça, et ne s'asseyait jamais correctement sur un siège depuis une bonne dizaine d'années.
Il laissa tomber l'idée de réussir à remettre ses cheveux bien, et, discrètement, il rentra chez les Dursley, qui ne remarquèrent pas vraiment sa présence puisqu'ils étaient devant un film, jusqu'à ce que Dudley aille se chercher une canette de soda au frigo et ne remarque sa présence.
« Papa ! Le monstre est rentré ! » cria-t-il immédiatement avec un sourire triomphant, regardant son cousin droit dans les yeux avec défiance.
Son oncle se leva de son fauteuil aussi rapidement qu'il le put et se dressa face à son neveu. Il fit une moue dégoûtée et l'attrapa par ses cheveux alors qu'Harry grimaçait de douleur. « Nous t'avions dit pas de bizarreries ici ! » hurla-t-il presque. Harry ne répondit pas parce qu'il savait que cela serait pire.
Il ne le frapperait pas, c'était certain.
À vrai dire, c'était arrivé une seule fois.
Son oncle avait bu, sa tante et son cousin n'étaient pas là et Harry avait laissé tomber une assiette au sol. Avant que celle-ci ne se brise, elle était restée en lévitation dans les airs. Son oncle l'avait fixé pendant de longues minutes et s'était vraiment emporté. Il lui avait reproché un tas de choses (comme sa naissance, ou la mort des ses parents) puis avait saisit sa ceinture, et lui avait donné une correction. Malheureusement pour Harry, la cendre du cigare de Vernon était tombée sur sa peau nue et l'avait brûlé.
Il avait hurlé sous la douleur, alors Vernon avait décidé que la ceinture n'était pas suffisante pour le punir, et avait attrapé son trousseau de clés qui traînait dans sa poche. Avec la clé la plus pointue, il avait tracé – gravé – trois fois le mot « monstre » dans la peau de son dos.
Il ne devait pas avoir plus de huit ans lorsque cet épisode s'était passé, et rien de tel ne s'était jamais reproduit. Harry n'avait plus jamais vu son oncle boire, ou alors en très infimes quantités. Il ne l'avait plus jamais touché non plus : la preuve de sa culpabilité était dans la peau de l'adolescent. Si celui-ci souhaitait porter plainte, cela en serait fini de lui et de sa liberté.
Quand Hagrid était arrivé dans la cabane pour lui annoncer qu'il était un sorcier, il était complètement passé au dessus de ces marques, presque fier d'être un monstre. Cela s'expliquait par le fait qu'il était donc comme ses parents et comme les futurs amis qu'il se ferait. Ils étaient peut-être tous des monstres, mais au moins, ils étaient des monstres ensembles.
Puis il avait compris avec un peu plus de temps qu'ils n'étaient pas des monstres, mais des sorciers, et qu'ils étaient cent fois mieux qu'eux.
Après l'avoir dévisagé pendant deux bonnes minutes, Vernon le lâcha alors il se hâta de grimper jusqu'à sa chambre.
Il prit deux heures à trier ses affaires : devant lui étaient ouverts sa nouvelle malle, son ancienne malle et le sac trouvé à Gringotts.
Il mit ses anciens habits dans son ancienne malle, ainsi que sa baguette (cella avec la Trace), ses anciens manuels scolaires, ses vieilles robes, et plusieurs effets personnels qui traînaient toujours au fond d'une malle scolaire.
Il continua à vider le sac dans la nouvelle malle, mettant dans un compartiment tous les livres trouvés ou achetés, dans un autre tous les nouveaux vêtements et encore dans un autre tous les artefacts trouvés.
Dans le sac, il laissa les affaires les plus importantes comme le livre de changement d'apparence, les listes des propriétés et actions possédées, des gallions et ainsi de suite. Puis il mit le sac dans la nouvelle malle, ferma et rapetissa cette dernière pour qu'elle puisse tenir dans ses poches.
