les enfants ont le pouvoir, il est temps pour eux de prendre le contrôle,

shane mcleon

le plan part2

HARRY se changea pour une paire de jeans noirs, un grand t-shirt à l'effigie d'un groupe de rock (il ne se souvenait pas l'avoir acheté, Irvin ou Nina avaient du l'avoir mis dans sa liste d'articles sans qu'il ne s'en rende compte) et ses rangers. Il avait l'impression d'être un aventurier, habillé comme ça.

« Liki ? » appela-t-il finalement en regardant rapidement l'heure sur sa vieille montre : minuit trente.

« Que peux faire Liki pour le Maître ? » demanda la petite bête en apparaissant soudainement dans sa chambre.

« Le Manoir Potter, tu connais ? » fit-il rhétoriquement.

La petite elfe saisit sa main et il atterrit rapidement devant un manoir au style gothique. De longs arbres aux branches sans feuilles créaient des ombres sur les murs de la grande bâtisse. Un vent frais soufflait et gémissait entres les buissons épineux, et le grand chemin en gravillons donnait à Harry l'envie de faire demi-tour et de revenir à Privet Drive.

Pourtant il s'avança, jusqu'à remarquer une lumière à travers une fenêtre au rez-de-chaussée du manoir. Il se stoppa dans sa marche d'horreur, et la petite elfe lui rentra dans les jambes, ne l'ayant pas vu s'arrêter.

Elle remarqua elle aussi la lueur inquiétante. « C'est Anat, une elfe au service de Monsieur, » déclara-t-elle.

Avec prudence, Harry ouvrit la porte d'entrée. Immédiatement, Anat (supposa-t-il), fut près de lui.

« Le jeune Maître est revenu ! » chantonna sa petite voix fluette. « Oh, Anat est si heureuse ! » gloussa l'elfe.

Harry fut frappé de stupeur quand il remarqua que l'intérieur n'était pas vide. Il savait que personne n'habitait ici, mais c'était comme si : tout était laissé en état.

Il y avait des photos de ses grands parents avec son père sur les murs, d'autres avec sûrement d'autres membres de la famille, et même des photos de son père avec sa famille.

Un manteau était posé là, en travers du canapé, comme enlevé à la hâte et déposé ici en attendant d'être rangé. Une vieille gazette était posée sur la table du salon à côté d'une tasse dans laquelle le liquide s'était évaporé depuis longtemps.

Par terre, des chaussures cirées.

Il continua sa visite, une boule à la gorge.

Il approcha d'une porte ouverte. La chambre de ses grands-parents, sûrement.

Le lit était fait mais un livre était déposé sur une table de chevet, ouvert à l'envers, attendant son propriétaire, lui marquant toujours aussi fidèlement la page.

L'armoire était ouverte, le laissant voir les vêtements pliés, certains un peu froissés.

Un meuble là-bas était un peu de travers.

Son regard se posa sur une paire de boucles d'oreilles serties de pierres rouges qui avait été laissées là dans l'optique d'êtres remises le lendemain – ce qui n'était jamais arrivé.

Un peu plus loin, il trouva la chambre de son père. Il ne vivait plus ici, lorsqu'il avait été tué, mais la pièce était en désordre, et Harry s'autorisa à penser que James avait passé quelques nuits ici après son déménagement, pour passer du temps avec ses parents.

Un vêtement froissé au sol, dépassait de sous le lit défait.

Sur le bureau, s'entassaient des tas et des tas de choses : des plumes, des bouts de parchemins où étaient griffonnés des débuts de phrases, des photos sur les pelouses de Poudlard avec Sirius, Remus, Lily, Peter, et un tas de personnes inconnues. Des carnets s'entassaient, et il sourit douloureusement en voyant les titres « Carte du Maraudeur : prototypes », et « Devenir Animagus avec les Maraudeurs ».

Un poster des Beatles était placardé au mur à côté d'autres inconnus pour lui et de dizaines de croquis.

En ouvrant un tiroir du bureau, il eut la surprise de se retrouver face à une petite boîte où était écrit : « appartient à Servilus ». Harry décida de lui rapporter cette boîte le plus vite possible. Il y avait dedans une bague en argent, des cartes chocogrenouilles, et une photo du professeur, Lily et une femme qui ressemblait trop à Snape pour qu'elle ne soit pas sa mère, quand ils étaient jeunes. À côté de cela, il y avait quelques autres objets sans importance – pas que les cartes chocogrenouilles en aient, finalement.

« Le jeune Maître se sent bien ? » demanda Anat qui l'avait suivit à la trace sans pour autant le gêner.

« Je reviendrais bientôt Anat, » dit-il sans savoir quand : cet endroit le mettait mal à l'aise.

« Le Maître James est si bon avec Anat ! » s'exclama l'elfe.

Les yeux d'Harry s'écarquillèrent et il faillit tomber au sol. Elle le prenait pour son père. Depuis le début elle croyait qu'il était James. À force d'attendre le retour de ses Maîtres, elle avait perdu la raison, et elle pensait voir son père arriver après une quinzaine d'années.

Harry transplana immédiatement vers Priver Drive, encore horrifié.

Puis il se ressaisit.

Il vérifia qu'il avait tout bien rangé dans ses malles, enleva ses chaussures et son jean, mais garda le t-shirt et enfila la veste qu'il avait porté pendant la journée. Il ne pouvait cacher sa nouvelle baguette que dans ses poches.

Finalement, heureusement qu'il avait été intégré aux barrières anti-transplanage de Grimmauld Place, parce qu'il ne se sentait pas d'essayer de passer à travers après avoir vu la Manoir Potter.


DANS LA cuisine de Grimmauld Place, quatre personnes ne dormaient pas à cette heure avancée de la nuit. Charlie Weasley affrontait son ancien professeur de potions aux échecs (moldus pour plus de silence) et semblait prêt à perdre, tandis que Mrs Weasley disait quelque chose à Remus Lupin à propos d'un grenier à nettoyer.

Alors que Severus Snape avançait un pion noir, d'une case en diagonale, un « pop » caractéristique au transplanage les fit tous sursauter.

Harry était là, par terre, jouant l'ahurissement du fait de se retrouver entouré de gens, les larmes aux yeux comme s'il venait de se réveiller d'un mauvais rêve.

« Ma-ma-ma-madame Weasley ? » bégaya-t-il – exprès, évidemment, il ne voulait pas cramer sa couverture.

« Harry-chéri ! » s'exclama-t-elle, les yeux ronds, incapable de bouger de sa chaise sous l'effet de la surprise. « Mais que fais tu ici ? »

« J-je- il y avait Sirius et, et- » Il vit Snape lui lancer un regard suspicieux mais il ne fit pas de remarque. « Professeur ? Mais que faites vous tous chez les Dursley ? Il faut partir, ils détestent les sorciers ! »

Bon, il surjouait pour les faire un peu culpabiliser de l'avoir laissé chez les moldus. Snape blanchit alors que Mrs Weasley et Remus semblaient s'inquiéter. Charlie, lui, regardait avec une pointe d'amusement le jeune brun.

Harry regarda à droite à gauche, ouvrit grand ses yeux d'horreur et laissa tomber sa mâchoire. « Mais c'est Grimmauld Place ! Oh, » gémit-il. « Cette fois, je suis vraiment mort. »

« Potter, vous ne devriez pas plaisanter sur ces choses là, » siffla Snape, les yeux plissés. « Vos moldus ne vont sûrement pas vous tuer. Maintenant, expliquez-nous ce qu'il s'est passé pour que vous vous retrouviez ici au lieu de chez votre oncle et votre tante. »

Harry ses yeux dans ses orbites intérieurement. « Je ne sais pas, professeur, » dit-il piteusement, reprenant son rôle. « Je faisais un mauvais rêve avant de me réveiller ici. »

« Est-ce la vérité, Mr Potter ? »

« Severus, laisse-le tranquille pour le moment, regarde dans quel état il est ! »

Harry fit un sourire gêné à Mrs Weasley. « Ce n'est pas grave, vous savez, je suis habitué aux mauvais rêves, maintenant. » Mrs Weasley le regarda avec tristesse. « Mais comment suis-je arrivé ici ? »

Remus planta ses yeux dans les siens, semblant réfléchir à cent à l'heure. « De la magie accidentelle, Harry. Ton rêve a du t'affecter assez pour te permettre de transplaner. »

Harry serra la mâchoire et lui fit une tentative de sourire. Il entoura ses jambes nues de ses bras et posa sa tête sur ses genoux pliés. « Mrs Weasley ? » commença Harry d'une voix triste.

« Oui, Harry-chéri ? »

« Est-ce que je pourrais rester ici ? Je fais ces cauchemars toutes les nuits, et avec les Dursley, je reste seul tout le temps. » Il fit sentir des trémolos dans sa voix, souriant intérieurement. Vicieux, sournois et menteur.

Remus s'accroupit à côté de lui, posant sa main sur son épaule en signe de soutient. Puis, à la grande surprise d'Harry, il le souleva et le porta jusqu'à une chambre vide. Il avait l'impression d'être un petit bébé qu'on allait coucher, et c'était d'ailleurs un peu le cas.

Et puis depuis quand Remus pouvait le porter comme ça, d'ailleurs ? La force surnaturelle des loups-garous n'était pas une légende, au final ?

Il se laissa aller dans l'étreinte. Peut-être qu'il avait joué le jeu tout à l'heure, mais maintenant, il sentait du réconfort dans le geste du loup.

Ce soir-là, la blessure de la mort de son parrain fut complètement refermée. Il ne lui en resterait qu'une vilaine cicatrice sur le cœur.

Le lendemain, il se réveilla à cinq heures et demie. Il remarqua qu'il avait étrangement conscience de chaque personne qui était à l'intérieur de Grimmauld Place, et il associa cela au fait que c'était sûrement car il était le nouveau propriétaire de la vieille bâtisse.

Il descendit à la cuisine, sortit un saladier et commença à préparer le petit déjeuner. En dix minutes, il avait assez de pâte à pancake pour toutes les personnes présentes dans le quartier général de l'Ordre.

Il trouva du bacon, alluma un second gaz et le fit frire en même temps qu'il faisait cuire ses pancakes dans une autre poêle. Il adorait cuisiner, et c'était une des seules choses auxquelles il pouvait dire merci aux Dursley.

Dans une autre poêle, il cassa des œufs frais puis ouvrit ensuite une boîte de conserve de baked beans. Il n'avait jamais vraiment faim puisqu'il était habitué à manger peu, voir très peu. Il se servit donc seulement une tasse de thé, avant de remarquer une présence derrière lui.

« Vous voulez un thé, Professeur ? » demanda-t-il d'un ton poli. Il le sentit se figer derrière lui.

« Avez-vous fait tout cela sans magie ? » demanda l'adulte en contemplant les différentes assiettes remplies de victuailles, ignorant délibérément sa question. Ce ton n'allait pas à Potter et cela lui donnerait sûrement la migraine pour deux semaine et d'ailleurs, oh ! Il commençait à la sentir venir.

« Je ne suis pas vraiment autorisé à l'utiliser, » rétorqua-t-il ironiquement. « Mais servez-vous, je vous en prie, ce n'est pas comme si c'était empoisonné. »

Snape ricana méchamment. « Comme si vous étiez capable de m'empoisonner, Potter, » cracha-t-il. Harry déposa une tasse de thé devant son nez, sur la table, et s'installa face à lui. Snape le regarda suspicieusement. « Vous ne mangez pas ? »

« Pas faim, » grogna Harry en baillant. Il se leva à nouveau, et commença à nettoyer sa tasse dans l'évier, comme il le faisait habituellement chez les Dursley.

Snape remarqua finalement sa tenue : un grand t-shirt où il était dessiné quelque chose à l'arrière mais il ne parvenait pas à savoir quoi, et un caleçon noir. « Vous n'avez rien de mieux à mettre ? » siffla-t-il.

« Mes affaires sont chez les moldus, Monsieur. »

Snape leva les yeux au ciel. Il aurait du s'en douter, Potter avait toujours raison, de toute façon. « Pourquoi n'irions-nous pas chercher votre valise maintenant ? » Est-ce qu'il venait de proposer son aide au gamin ? Il se demanda si le morveux n'avait en définitive pas mit quelque chose dans la nourriture.

Il hocha prudemment de la tête et chantonna intérieurement : mon plan a marché, il a marché ! « Avec joie, Monsieur, » répondit-il cependant, calmement.

Snape l'emmena dehors pour le faire transplaner, se souciant finalement peu de la tenue du garçon. Il se demandait seulement ce qui lui était passé par la tête. Il lui demanda l'adresse, et ils étaient bientôt dans la rue où habitait Harry, devant sa porte d'entrée. Snape enfonça son doigt sur la sonnette, faisant regretter à Harry d'être venu.

Ils entendirent un bruit de clé tournant dans une serrure, puis la tête de son oncle se glissa dans l'embrasure de la porte.

« Qu'est ce que tu fais là, le monstre ? Je croyais avoir fermé ta chambre à clé ! As-tu recommencé ces bizarreries ? » hurla-t-il. Il n'avait pas remarqué Snape et Harry sentit sa gêne augmenter rapidement.

Il poussa la porte d'entrée, délogeant son oncle d'où il était au passage puis offrit un grand sourire à Snape. « Je suis désolé, Monsieur, mais je ne suis pas sur d'avoir un autre accueil en réserve. »

Le visage rouge de son oncle se tourna vers Snape immédiatement. « Vous ! Vous ! Que faites-vous ici ! » Puis il s'adressa au garçon. « Ça ne te vas pas d'être seul, il faut maintenant que tu ramènes d'autres gens comme toi ! »

Harry passa une main dans sa nuque, mal à l'aise. « Nous devrions monter maintenant. » Il claqua la porte derrière lui et grimpa les escaliers qui menaient à la deuxième chambre de Dudley quatre à quatre, suivit du Maître des Potions.

Il claqua la porte derrière lui et enleva son t-shirt en faisant attention à garder son dos tourné contre le mur. Comme il s'y était attendu, il vit Snape regarder attentivement mais discrètement son torse à la recherche de traces de coups, mais comme il ne vit rien, il lui ordonna de se dépêcher un peu, rassuré au fond de lui.

Il avait toujours entendu dire que le gamin n'était pas en très bons termes avec ses moldus, mais était-ce possible de bien s'entendre avec Pétunia Dursley lorsque vous étiez un sorcier ? Elle avait toujours été jalouse de sa sœur et de lui-même, et cela s'était ensuite transformé en haine. Son mari, lui, d'après ce qu'il en avait vu, avait l'esprit étroit et ne semblait pas plus tolérant que Pétunia.

Malheureusement, cela arrivait trop souvent qu'un enfant sorcier dans une maison moldue subisse des maltraitances pour sa différence. Certaines personnes n'étaient tout simplement pas faites pour avoir une ouverture sur le monde plus grande. Ces personnes s'en tenaient à ce qu'elles connaissaient et tenaient pour impossible que des phénomènes inexplicables puissent arriver par une simple volonté.

Snape remarqua sans y faire attention la chambre impersonnelle du garçon. Pas de photos sur les murs, rien qui ne lui appartenait, seulement un verrou à la porte et des barreaux à la fenêtre. « Dumbledore est-il au courant de cette situation ? » laissa-t-il finalement échapper.

« Quelle situation, professeur ? » eu le culot de répondre l'adolescent. Snape soupira et laissa tomber. Il n'avait pas la patiente d'argumenter avec Potter, ni aujourd'hui, ni jamais d'ailleurs.

« Je suis prêt. » Il écarta une mèche de cheveux qui gênait sa vision. Depuis quand Potter avait les cheveux aussi longs, d'ailleurs ?

Ils sursautèrent tous les deux quand la voix suraiguë de Pétunia Dursley hurla le nom du professeur de potions. « Dehors, maintenant ! » indiqua-t-il d'une voix pressée.

Harry ricana intérieurement. Sa tante effrayait Snape.

Ils atteignirent le jardin et transplanèrent avant que la femme ne les ait rattrapés.

Il était presque sept heures et trente minutes quand ils arrivèrent sur le seuil de la porte de Grimmauld Place, et Harry remarqua qu'il y avait du mouvement dans plusieurs pièces. Il était certain de sentir les jumeaux s'agiter à l'étage, et peut-être était-ce Tonks, au quatrième étage ? Mais il n'en était pas sur.

Remus était dans la cuisine, un café devant lui. « Harry, tu es là ! Je commençais à m'inquiéter de ne pas te voir. »

« Oh, ce n'est rien, le professeur Snape m'a emmené chercher mes affaires chez les Dursley, » le rassura-t-il en lui montrant la lourde valise qu'il portait. « Ron et Hermione sont là ? »

Le loup-garou hocha la tête. « À l'étage, » précisa-t-il. « Mais tu devrais manger avant d'aller les voir. »

« J'ai déjà mangé tout à l'heure, » mentit-il pour aller plus vite rejoindre ses deux amis. Il entendit Snape renifler derrière lui, mais il n'y fit pas attention et se dépêcha de monter les marches du grand escalier.

Il prit le soin de passer ses mains sur les murs. C'était comme retrouver une vieille amie qui vous prenait dans ses bras. Chaud, confortable et accueillant. Il était certain d'entendre la vieille demeure des Black ronronner à son contact.

Harry arriva devant la chambre de Ron. Il allait ouvrir la porte quand une voix le stoppa.

« Harry, bonjour. Je dois dire que je ne m'attendais pas à te trouver ici, jusqu'à ce que Mrs Weasley me mette au courant de ton arrivée impromptue au milieu de la nuit. » Le brun soupira. Il sentait les ennuis venir. « Allons dans ce petit salon plus haut. Je suis certain d'avoir trouvé des tasses qui rendaient le thé meilleur, » ajouta Dumbledore avec un sourire bienveillant.

Le petit salon dont parlait Dumbledore avait des murs couleur crème. Le sol comme le plafond était en bois, et au centre de la pièce trônait un large canapé orange, et un fauteuil vert kaki. Entre les deux sièges, des tasses de thé fumantes étaient posées sur une table ronde en fer forgé blanc, sur laquelle était déposé un napperon en dentelle blanche mais qui semblait à l'heure actuelle très jauni. Autant dire que la pièce n'était pas très accordée.

Dumbledore s'assit dans le fauteuil kaki et fit signe à Harry de s'asseoir en face de lui, dans le canapé orange. Il prit la théière ébréchée et se servit dans une tasse aux motifs floraux violets. Il en proposa une au brun qui refusa.

Il prit une gorgée de son thé et fit un bruit de bouche, comme le faisaient les experts qui gouttaient les vins. « Merveilleux, ce thé, » ajouta-t-il ensuite. Il y eut un petit blanc durant lequel le directeur avisa l'air renfrogné de son élève. « Harry, nous devons discuter de ce qui va se passer maintenant. Tu ne peux pas rester ici, et tu le sais. »

« Mais c'est tout à fait sécurisé ! » contra-t-il immédiatement.

Dumbledore lui fit un signe d'apaisement. « Mrs Weasley t'a promis que tu ne passerais pas tes vacances seul, alors je me suis efforcé de trouver un arrangement qui concilierait le fait que tu sois en sécurité et en présence d'un ami. »

Il prit une autre gorgée de son thé, laissant patienter Harry qui commençait à s'impatienter.

« Charlie Weasley s'est proposé de t'emmener avec lui en Roumanie. Cette réserve en Roumanie est si bien gardée que seuls ceux qui y travaillent peuvent y entrer et que personne ne peut parler de ce qu'il s'y passe. De plus, personne ne se doutera que tu te trouves en compagnie de Mr Weasley. »

Changement complet de plan. Aller dans une réserve serait cool, mais s'il ne pouvait pas rester à Grimmauld Place, il préférait rester chez les Dursley. Il avait au moins la possibilité de s'enfuir sur Londres et de rester à traîner dans les rues. Et qui sait, peut-être aurait-il revu Irvin et Nina.

« Mais je ne connais pas Charlie, je ne voudrais pas le déranger ! » s'exclama-t-il, essayant de faire changer le directeur d'avis.

« Voyons, Harry. Mr Weasley s'est lui-même proposé, je suis sur que tu ne le dérange pas. » Il ne répondit pas, piteux. Il perdait lentement mais sûrement le contrôle de la situation. « Maintenant, parlons de ce superbe acte de magie dont tu as fait preuve hier soir. Non seulement tu as transplané, mais dans une zone anti-transplanage, et en dormant. »

« Je suis le nouveau propriétaire de cette maison, » dévoila Harry sans prendre de pincettes. Le vieil homme ouvrit la bouche sans dire un mot, comme s'il n'avait pas pensé à cette éventualité.

« Que veux-tu dire par là, Harry ? »

« Kreattur ? » appela le jeune homme. L'elfe apparut devant lui et s'inclina bas devant son nouveau maître.

Dumbledore eut un maigre sourire. « Effectivement, Harry, tu es le nouveau propriétaire de cet endroit, » dit-il inutilement.

« Est-ce que je peux aller voir Ron et Hermione, maintenant ? » demanda-t-il.

« Mr Weasley et toi partez dans une demi-heure. Seuls Mrs Weasley et moi-même sommes au courant de ta future destination. Tu te rends normalement chez les Dursley pour la fin de l'été, compris ? Allez, va, maintenant. »

Il se précipita jusqu'à la chambre de Ron, sauta sur son lit jusqu'à ce que le roux se réveille et éclata de rire devant sa mine ahurie. « Harry, qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-il.

« Je n'ai pas beaucoup de temps, Remus te raconteras ! Habille-toi, je vais chercher Hermione ! » le pressa-t-il, alors que le roux essayait de comprendre la situation.

Il courut dans les escaliers pour atteindre le troisième étage où se trouvait la chambre de son amie. Celle-ci se redressa dès qu'il eut entrouvert la porte. « Harry ? » demanda la brune, peu sure d'elle. « Je te croyais chez tes moldus ? »

« Oh, c'était le cas jusqu'à cette nuit, » déclara-t-il, de meilleure humeur que pendant sa petite discussion avec Dumbledore.

« Qu'est ce que tu as fait à tes cheveux ? »

« Ils ont assez mystérieusement poussés. »

« Et tes vêtements ? »

« J'ai demandé aux Dursley de m'emmener à Londres quand ils sont partis là-bas pour remplir les placards de Dudley, » inventa-t-il rapidement. Merci à ses capacités de bon menteur.

« Et ils ont accepté ? »

« Je les ai un peu menacé, » mentit-il à nouveau en se frottant l'arrière de la nuque, comme à chaque fois qu'il était gêné ou faisait semblant de l'être.

La brune secoua la tête en signe de désespoir. Ron les rejoignit rapidement et Harry essaya de grappiller des informations sur ce qui se passait pendant les réunions de l'Ordre. Malheureusement, ils n'en avaient pas idée du tout.

L'heure du départ arriva très rapidement et quand il alla chercher la valise dans la chambre où il avait dormis la nuit dernière, il repensa rapidement à la boîte métallisée qui contenait les affaires de Snape.

Il appela Kreattur et lui donna la tâche de la confier à Snape dès qu'il serait seul. Celui-ci disparut avec un hochement de tête, presque heureux de se voir accorder une mission.

Puis il descendit les escaliers de Grimmauld Place pour la dernière fois de l'été, adressa un signe de main aux personnes qui mangeaient ses pancakes et ses baked beans dans sa cuisine et rattrapa Charlie qui l'attendait déjà devant la porte.

Charlie Weasley avait sept ans de plus que lui. Même si Ron ne lui avait jamais dit, il se souvenait Dubois qui lui répétait sans cesse que Charlie avait quitté Poudlard pour lui laisser son poste d'attrapeur, et avec un rapide calcul mental il arrivait a plus ou moins sept ans d'écart.

Ses cheveux étaient roux et en désordre. Ils n'étaient pas aussi longs que ceux de Bill, mais plus que ceux de ses frères. Comme eux, il avait le nez et les pommettes parsemées de tâches de rousseurs, un nez en trompette et une mâchoire assez forte et carrée. Sous les manches de son t-shirt roulaient des muscles épais et sa peau était couverte de tissu cicatriciel.

« Prêt pour l'aventure ? » demanda le roux en attrapant son bras. Harry se demanda pourquoi il disait ça, avant qu'il ne percute qu'il se trouvait au milieu d'une forêt tropicale.

La chaleur était étouffante, et très vite sa tête commença à tourner.

La destination n'était pas censée être la Roumanie ? Il avait l'impression d'être à l'opposé de ce pays.

« J'ai toujours bien aimé le Brésil, » avoua Charlie d'un ton léger. Il sortit sa baguette et conjura deux gros fauteuils moelleux, face à face. « Je t'en pris, assis-toi. »

Harry voulut dire quelque chose mais Charlie repoussa cette idée d'un geste de la main. Il ramassa une fleur qui était proche de lui et commença à la contempler. « Je me suis toujours demandé, » dit-il au bout d'un petit moment de silence. « Est-ce que tu prends ton destin au sérieux ? »

« Prendre mon destin au sérieux ? »

« La prophétie, tuer Voldemort, toutes ces choses là ? » Harry ne répondit pas, ne comprenant pas où le grand frère de son meilleur ami voulait en venir. « Écoute-moi bien. Tu as une baguette sans Trace, illégale, dans la poche droite de ta veste. Tu as une malle magique rétrécie dans cette poche, remplie de choses que tu n'es pas censé avoir en ta possession. Tu sais transplaner, et tu nous l'as montré hier. » Harry ouvrit la bouche pour répliquer mais l'autre le fit encore taire d'un signe de la main. « Si je te proposais un endroit où étudier sans limites, y irais-tu ? »

« Comment ça ? » interrogea-t-il, incrédule.

« Ne pose pas de questions, répond seulement à celle-ci. Si tu pouvais étudier ce qui t'intéresse vraiment, sans que personne ne te demande des comptes tous les jours, y irais-tu ? » répéta-t-il.

Harry hésita. « Je suppose, oui ? »

Charlie lui sourit, montrant que c'était la réponse qu'il attendait. « C'est parfait, je te donne les papiers d'inscription dès demain. Tu as le niveau pour entrer à Apos, et tu as seize ans. »

« Mais, et Dumbledore ? »

« Au diable Dumbledore et ses mauvaises idées ! Crois-tu qu'il sache où tu es actuellement ? La réserve de dragons en Roumanie n'existe même pas, et ils pensent tous que j'y passe mon temps libre depuis que je suis sorti de Poudlard. »

« Si ce n'est pas le cas, où, alors ? »

« Apos. »

« Mais comment c'est possible ? » demanda-t-il à nouveau, n'y croyant pas.

« J'ai appris avec les meilleurs, » déclara Charlie avec un clin d'œil. « Penses-tu pouvoir battre la vieille McGo en duel ? Ou Flitwick ? Ou Snape ? »

Harry hocha négativement la tête. « Ce sont des professeurs, et je vais rentrer en sixième année. Ils ont des tas et des tas d'années d'expérience par rapport à moi ! » s'exclama-t-il.

Charlie ricana. « Typique. Combien as-tu de matières ? »

« Une dizaine. »

« Combien d'importantes ? »

« Quatre ou cinq, » répondit-il un peu piteusement. « De toute façon, même si je le voulais, je n'aurais pas d'autorisation pour y entrer, dans ton école. » Détournant le regard, il inspecta méticuleusement les fleurs rouges et orange qui tapissaient le sol. « Tu te rappelles, je n'ai plus de parents ? Les Dursley ne feraient rien pour moi et le dernier moyen serait de passer devant le Magenmagot pour demander mon émancipation. Nous savons tous les deux que Dumbledore dirige ce Magenmagot et que pour mon propre bien, je dois rester avec ma famille. »

« Tu n'as pas besoin d'autorisation. Juste d'améliorer un peu ton endurance, et de te défaire de tous ces clichés qu'on les anglais. Et si jamais tu veux vraiment t'émanciper, le système moldu gère aussi ça. Et le meilleur, c'est que les sorciers ne pourront pas s'y mêler. » Il y eu un petit silence pendant lequel Harry essaya d'emmagasiner toutes les informations qu'il venait d'avoir. « Il est temps de rentrer, » déclara finalement l'aîné. « As-tu un endroit spécial où loger ? »

Harry le regarda, surpris, puis un grand sourire éclaira son visage. Sur la liste que lui avait donné le Gobelin plus tôt, il y avait un appartement appartenant aux Potter, situé sur le chemin de Traverse. Il n'avait pas encore eut le temps de le visiter mais était certain que cela lui conviendrait pour un été.

(Il pensa aussi que cela serait bien plus simple de revoir Irvin et Nina s'il était sur Traverse. Il n'avait passé qu'un après-midi avec eux mais cela avait été une assez bonne expérience, et il s'entendait plutôt bien avec eux.)

Ils transplanèrent une nouvelle fois. Le brun ne savait pas s'il allait finir par se faire à la sensation désagréable d'être pressé de partout à chaque fois qu'il utilisait ce moyen de transport, mais il espérait au moins que ça serait la dernière fois qu'il voyagerait comme ça aujourd'hui. Il était sur de ne plus pouvoir manger pendant au moins une semaine à cause de cela.


ILS ÉTAIENT tous les deux devant une devanture qui aurait pu être celle d'un magasin. L'appartement se révélait être en fin de compte quelque chose qui s'apparentait plus à un immeuble : le bâtiment ancien était tout en hauteur, comprenant très certainement plusieurs étages. Les fenêtres sur la façade extérieure – la seule visible d'où ils se trouvaient – n'avaient jamais la même forme, et n'étaient pas non plus au même niveau, sauf celles qui faisaient la vitrine au rez-de-chaussée.

Des plantes grimpaient sur les pierres réchauffées par l'été, alors que d'autres sortaient des multiples fenêtres aux carreaux brisés et descendaient paresseusement jusqu'au sol pavé d'une des ruelles cachées de Traverse.

Harry s'avança jusqu'à la porte qui affichait un petit panneau « closed » et força pour l'ouvrir. Quand le verrou céda, il atterrit dans une vraie jungle. Des plantes aux couleurs exotiques s'entremêlaient dans un ballet de fleurs et de feuilles des plus invraisemblables.

Il se fraya un chemin parmi les herbes jusqu'à un comptoir sur lequel trônaient des parchemins et des objets abandonnés par ses ancêtres.

Charlie entra à son tour dans la bâtisse, faisant tinter une petite cloche. Il repéra immédiatement des escaliers et se hâta de les pointer du doigt pour les montrer au plus jeune qui s'intéressait désormais à ce qu'il y avait d'écrit sur les papiers.

Le magasin devait en avoir été un de botanique.

Le premier étage était beaucoup moins désordonné que le rez-de-chaussée. Il n'y avait aucun meuble, hormis quelques pots de fleurs près des fenêtres, et Harry supposa que c'était les plantes qu'il y avait dedans qui laissaient traîner leurs lianes dans la rue. Il y avait seulement deux pièces vides qu'il pensait être un salon et une cuisine.

Le sol était en parquet, mais une fine couche de poussière le recouvrait, ainsi que des ossements de petits animaux morts, comme des rongeurs ou des lézards. Harry réprima un frisson quand il sentit quelque chose craquer sous sa semelle.

Au second étage, il y avait deux chambres assez spacieuses et une salle de bain. Le troisième étage était lui composé d'une très grande chambre avec sa salle d'eau personnelle, ainsi qu'une autre pièce toute aussi grande que la chambre.

Le troisième étage était le dernier étage. C'était une très grande pièce sans murs.

Charlie arriva derrière lui et lui dit qu'il était tant qu'il s'en aille.

Harry se retrouvait maintenant dans une maison non meublée, dans laquelle il devait passer plus d'un mois, jusqu'à sa rentrée pour Poudlard.

(Ou peut-être pour l'autre école, celle dont Charlie lui avait parlé, mais il n'était pas encore très sur de quoi en penser).


Merci beaucoup pour l'accueil que vous avez donné à cette fanfic ! Je suis heureuse que ça plaise comme ça ! Et pour ceux qui se demandent d'où vient le nom Murdoc, allez voir le groupe Gorillaz !

À très bientôt !