Voici le quatrième chapitre, oui déjà !
Personne ne rêve ! Je pense que maintenant que la fiction est reprise et surtout construite, j'avance plus facilement qu'avant !

*petit moment d'auto satisfaction chez l'auteur *

En tout cas, je vais essayer de tenir un rythme régulier d'un chapitre par semaine pendant les vacances d'été, plus si j'ai le temps (car c'est bien de cela que je manque...) !

Quoi qu'il en soit, j'espère que l'histoire vous plait, l'intrigue et le fond se mettent doucement en place, je prends mon temps mais c'est jusifié et surtout, totalement voulu ;)

Vos impressions sur Ielena ? Valerian ? Finalement, pas si délicate et parfaite l'héroïne hein ? :) Vous allez découvrir ça dans les lignes qui suivent !

Bonne lecture !

L'elfe, à votre service.


Un merci tout particulier à :

lilichoco

LaSilvana

Delplys

et Ari,
(mon apprentie russe préférée 3)

спасибо !


Chapitre quatre :

Nid de vipères

A l'entrée de la grande salle de réception, Ielena manqua de sourire. Quel spectacle elle et sa mère devaient offrir à tous ces britanniques ! Elle les voyait nettement, juste en bas de l'escalier qu'elle surplombait. Parmi la centaine de personnes présentes, tous étaient guindés dans des costumes ou des robes qui n'avaient pour ainsi dire rien à voir avec ce qu'elle connaissait. Pourtant elle se trouvait au milieu de la société sang-pur, mais à l'évidence les différences entre Europe occidentale et orientale étaient plus importantes que ce qu'elle imaginait. Ici, les robes n'avaient rien d'élégant, c'était triste et d'un commun qui la fit rire au fond d'elle-même. Lorsque son regard bordeaux se posa sur une jeune sorcière de son âge dont la robe arrivait au-dessus des genoux, Ielena se dit que non, décidément le style anglais ne lui plaisait pas du tout.

De plus, il y avait quelque chose de parfois vulgaire dans l'attitude de certaines sorcières et Ielena songea qu'elle n'aimait pas leurs manières. De cette petite blonde qui se pavanait au milieu de trois jeunes hommes avec l'attitude d'une pimbêche, à une brune qui riait trop fort pour qu'on la croit sincère, peu lui semblait avoir été élevées comme elles l'auraient dû. Entre la grossièreté des jeunes et les visages glacials et antipathiques des plus âgées, Ielena se mit à penser que la soirée promettait son lot de mauvaises rencontres.

Toujours debout en haut du grand escalier, elle aperçut du coin de l'œil son père commencer à descendre les marches. Silencieuse, elle s'engagea à la suite de ses parents et Belvina. Tandis qu'elle descendait, elle entendit par pur automatisme la voix de son professeur de maintien dans sa tête. Encore à présent, après des années à côtoyer les soirées les plus mondaines d'Europe orientale, elle se souvenait des conseils de la vieille femme.

« Bien droite la tête ! Les épaules en arrière, mademoiselle. Le buste légèrement bombé. Et redescendez-moi ses épaules, par Merlin ! Et maintenant on descend doucement, marche après marche, sans être aussi pressée et délicate qu'un hippogriffe, voyons ! Faites durer cet instant, comme si tout le monde avait les yeux rivés sur vous ! Doucement ! Prenez votre temps. Les mains jointes, et plus de souplesse dans le poignet ! Soyez délicate, gracieuse. Droite la tête, le cou plus tendu ! »

En réalité, Ielena n'avait pas beaucoup aimé son professeur. Tout de même, elle devait avouer qu'avec elle, ses notes étaient exemplaires…

Alors comme elle l'avait si bien appris, elle descendit les marches avec délicatesse, fière comme un paon. Son expression était indéchiffrable, emplie de dédain et d'une assurance à la limite de l'arrogance. Derrière elle, les pans de sa mante la suivaient comme des vagues aux courbes délicates, en suivant le dessin des marches de l'escalier. Malgré la curieuse image qu'elle pouvait donner d'elle-même, Ielena n'attira pas tant l'attention.
Car ce qui étonna quelques membres de l'assemblée ayant remarqués leur arrivée à tous les quatre, ce furent ces deux femmes habillées de longues capelines bordées de fourrure blanche qui accompagnaient Mrs. Malfoy. Arrivées au bas des marches, ni l'une ni l'autre n'avaient encore retiré les lourds capuchons qui laissaient leurs traits dans l'ombre. On pouvait à peine discerner leurs visages dans la pièce déjà si sombre.

Ielena rejoignit ses parents et Belvina, non sans jeter quelques œillades à la salle. Elle ressemblait à une grotte par son plafond immensément haut et ses impressionnantes fenêtres dont la plupart étaient masquées par de lourds rideaux vert foncé. De nombreux chandeliers flottaient ci et là, donnant un semblant de lumière à tout cela, et enfin au fond, à l'extrême opposé de l'escalier, brûlait un grand feu dans une imposante cheminée de pierre sculptée. Disséminés un peu partout dans la salle, une centaine de sorciers étaient présents. Ils se tenaient par petits groupes et discutaient avec impatience. Parfois fusaient plus fortement des exclamations outrées ou des rires.

« Bienvenue chez les sorciers britanniques, pensa Ielena en faisant la moue ». Non vraiment, elle n'aimait pas cette atmosphère tendue, l'air semblait y être suspendu.

Suivant sa mère, Ielena finit enfin par retirer l'ample capuche qui la tenait dans l'ombre. Devant elle, son père venait de saluer un couple qui sans doute était celui des Lestranges. L'homme était grand, imposant mais pâle comme la mort. Ses cheveux poivre et sel attachés en catogan descendaient dans son dos, et de toute sa vie, Ielena n'avait jamais vu des yeux aussi noirs. Il était presque impossible d'en apercevoir la pupille. Quant à sa femme, elle semblait de ses femmes d'aristocrates qui n'ont en tête que d'écouter les commérages et d'en colporter encore plus. Aussi grande que son mari, elle était plutôt menue. Ses cheveux avaient dû être blond des années plus tôt mais oscillaient à présent entre vieil or et gris. Au premier coup d'œil, Ielena leur donna une bonne cinquantaine d'année.

- Nikolaï, bienvenu en Angleterre ! s'exclama Mr. Lestranges. C'est un plaisir de vous recevoir ici…

Déjà Ielena n'écoutait plus. Elle n'aimait pas particulièrement les échanges de politesse qu'ils devaient avoir avec les hôtes. En réalité, elle n'aimait pas beaucoup discuter lors de ce genre de soirée. Cela lui évitait quantité d'ennuis, et surtout elle n'était pas tentée de répondre sèchement à la plupart des invités. Quoi qu'il en soit, elle préférait qu'on la pense peu loquace, de cette façon on venait peu vers elle. Ce que Ielena travaillait par-dessus tout était cette singularité qu'elle avait de sembler inaccessible à la plupart des gens. On la regardait, on vantait ses qualités physiques et la façon qu'elle avait de se tenir. Fière, toujours. Quelque que soit la situation. Mais on lui parlait peu et cela lui convenait parfaitement.

Alors qu'elle regardait ailleurs, un elfe de maison se présenta devant elle.

- Si la demoiselle veut bien me donner son vêtement, couina-t-il en s'inclinant bien bas.

Si bas que son très long nez s'écrasa sur le sol. D'un furtif coup d'œil, Ielena aperçut que sa mère avait déjà donné sa cape et se tenait au bras de Nikolaï, transpirante de supériorité.
Elle était certes belle dans sa longue robe grise, et marquait très bien le contraste entre mode anglaise et russe. Là où les toilettes des britanniques étaient coupées très simplement, celle de Morozna paraissait sophistiquée comme jamais. Elle oscillait entre un gris perle luisant et une teinte légèrement bleue, et était brodée de nombreuses perles de cristal transparent sur le corsage. Cintrée fermement sous la poitrine elle descendait jusqu'aux pieds en de nombreux plis délicats. Il y avait également un tissu semblable à du tulle très léger et aérien cousu par-dessus le principal, qui donnait à la duchesse l'air de flotter. Les manches étaient discrètes, froncées sur les épaules et dégageaient joliment bras et gorge. Entre ses deux clavicules brillaient un fabuleux collier de topaze qui rappelait avec une certaine prétention ses yeux bleus. Elle portait également de longs gants blancs lui arrivant au-dessus du coude, et ses cheveux coiffés d'un très strict chignon brillaient à la lueur des chandelles. Oui, Morozna Volonski était une femme très belle, et ce soir là, nombreuses furent les sorcières de son âge à s'en rendre compte.

Sa fille, un sourire flottant sur les lèvres, regardait la façon qu'avait sa mère de se montrer. Cela l'avait toujours elle-même insupporté car d'une certaine manière, elle se donnait en spectacle et Ielena détestait cela. Pourtant, elle devait admettre que sa mère pouvait se le permettre.

Non sans laisser échapper un inaudible soupir, Ielena se tourna vers l'elfe et retira sa mante.

- … Alphard, laisse-moi te présenter mon épouse Morozna…

La jeune Volonski reporta son attention sur ses parents et vit sa mère adresser un signe de tête à peine courtois aux deux Lestranges. Encore une fois, elle allait se faire remarquer par son incroyable dédain.

- …et ma fille, Ielena.

D'un mouvement Nikolaï venait de s'écarter et la désigna, un drôle de sourire planant sur son visage. Mais même si Ielena n'aimait déjà pas cette soirée, elle restait avant tout une Volonski. Bien élevée, impressionnante de droiture et de bonnes manières quelque soit la situation. Et de cela, la jeune femme en était fière et savait en jouer aussi bien qu'elle savait masquer toute émotion. Devant cette muette invitation de son père, elle s'avança vers le couple et mima un semblant de petite révérence. Il y avait quelque chose de doux et d'étrangement singulier dans son geste.

- Madame, Monsieur, salua-t-elle en anglais.

Lorsqu'elle releva les yeux et les fixa pour la première fois de façon claire, elle aperçut aussitôt la drôle de tête que faisait Mrs. Lestranges, et le sourire entendu de son époux. Mais les deux semblaient apprécier la marque d'attention qu'elle venait de leur porter. Sans doute en Angleterre n'était-on pas habitué à être salué de cette manière. Ou du moins ne l'était-on plus.

Pendant les minutes qui suivirent, Ielena resta dans l'ombre de son père tandis qu'il discutait avec le couple. Sa mère ne bougeait pas un muscle, mais ses yeux allaient et venaient sans cesse, observant sans aucune gène les sorciers les plus proches. De toute évidence, l'arrivée des Volonski passait peu inaperçu car toutes les personnes les entourant jetaient sans cesse des regards dans leur direction, et Ielena était prête à parier que certains parlaient d'eux. Il était évident qu'ici aussi, les nouvelles têtes devenaient très rapidement sujets de conversations. Cela n'étonnait guère la jeune femme, car en Russie, le manège était exactement le même.

Soudain, un jeune sorcier blond aux cheveux très longs s'approcha d'eux. Tout dans sa démarche démontrait une volonté d'être remarqué et sans doute un besoin de prouver certaines choses. Mais le sourire sinistre qu'il affichait étonna si bien Ielena qu'elle en haussa les sourcils.

Droit et nerveux, il s'arrêta face à Nikolaï dont il serra la main, avant de lui murmurer quelque chose. Ielena qui était pourtant derrière son père n'entendit strictement aucun mot. Malgré tout, elle aperçut très bien le regard que lui lança le sorcier juste avant de repartir. La jeune femme manqua de laisser échapper un claquement de langue agacé.

- Venez, leur ordonna soudain Nikolaï.

OoOoOoO

Ils traversaient toute la pièce, évoluant entre les groupes de sorciers. De ce que pouvait en déduire Ielena, ils se dirigeaient vers la cheminée qu'elle avait aperçue en arrivant. Devant elle, son père lui semblait pressé et nerveux, ce qui n'était pas sans la surprendre. Elle avait très rarement vu son père préoccupé, bien au contraire. Le Grand Duc adoptait toujours une attitude posée, bien que glaciale et malveillante.

Ce qu'elle admira une nouvelle fois, alors qu'elle marchait à sa suite, était la prestance que dégageait son père. Dans sa démarche assurée et impérieuse, la façon qu'il avait de faire voler sa longue cape bordée de fourrure d'ours derrière lui… Tout en Nikolaï intimait au respect et à la crainte. Devant lui, chacun s'écartait sans un mot. A sa manière, il savait attirer l'attention sans faire de scène. Il y avait quelque chose d'intimidant chez cet homme, une aura noire qui passionnait autant qu'elle effrayait.

Et cette drôle de particularité que peu de sorciers pouvaient se vanter d'avoir, se retrouvait imperceptiblement chez sa fille. Ielena, insensible à l'attention dont elle était sujette avançait derrière son père, droite et tellement captivante dans son attitude. Aux cotés de Morozna, elle semblait détachée de l'instant présent, insensible à toute chose. Sa façon de se mouvoir était comme celle de sa mère : raffinée et emplie de délicatesse. Les deux Volonski paraissaient glisser sur les dalles, gracieuses et d'une extraordinaire aisance à chacun de leurs pas. Les robes flottaient, leurs légères traînes coulant derrière en un océan de taffetas, dans un silence absolu.

Sur ordre muet de son père, Ielena s'arrêta finalement à plusieurs pas de lui et le vit alors faire la chose la plus insensée qui soit. Il s'inclina, une main posée sur son torse, avec une raideur typiquement slave.

La jeune russe sentit son cœur avoir un raté et le masque imperturbable de son visage manqua de tomber. Son père, le sorcier le plus puissant et le plus titré de toute l'Europe orientale, venait de s'incliner. Jamais ô grand jamais la jeune femme n'aurait imaginé que la chose soit possible. Elle connaissait son père, son caractère fier à faire peur, son incroyable orgueil qu'il lui avait transmis, et cette impossibilité qu'il avait d'imaginer quelqu'un pouvant lui dicter sa conduite ! Et pourtant, sans hésitation ni honte, le Grand Duc Volonski venait de s'incliner.

Tout en Ielena tanguait et un instant, elle crut être tombée dans un mauvais rêve. Malgré toute la rancœur et la haine qu'elle ressentait vis-à-vis de Nikolaï, elle demeurait sa fille, son sang. Et c'était là une chose précieuse à laquelle la jeune femme vouait un intérêt sans borne. Le sang… Leur sang ! Et le rang qui leur était dû de naissance. Jamais un Volonski n'aurait dû s'abaisser à ce que venait de faire son père. Car s'il avait voulu être courtois ou poli, un simple signe de tête aurait suffi. Tout aurait convenu. Mais pas ça.

Venant d'un homme slave, surtout d'un homme aussi influant et puissant que Nikolaï, s'incliner revenait à admettre une forme de servitude. Et Ielena eut toute la peine du monde à ne pas éclater face à ça. Elle n'admettrait jamais qu'un Volonski avoue son infériorité. Toute la fierté de la jeune femme hurlait, se débattait à l'intérieur de son corps et elle eut grand mal à se calmer. Par pur automatisme, elle releva plus pompeusement la tête, avec l'air déterminé d'un coq de combat. Si elle avait pu, elle aurait reniflé de dédain.

- Maître.

La salutation de son père la ramena soudain à la dure réalité, et ses yeux quittèrent sa silhouette. Une seconde fois, elle sentit son orgueil et sa fierté se révolter face au comportement servile de Nikolaï. Qui aurait pu imaginer ça ? Mais une question plus sombre encore s'introduit dans son esprit. Maître ?

Ses yeux finirent finalement par tomber sur celui qui faisait face à son père. A celui qui le rendait si docile et pathétique du point de vu de la jeune femme.

Le feu ronflait dans la cheminée, projetant des ombres torturées autour de l'âtre et illuminant le fond de la pièce d'une lumière rougeoyante. Depuis quelques instants, l'endroit semblait légèrement plus silencieux et certains entendirent même un tison éclater dans la cheminée.

Immobile devant le foyer, Ielena ne bougeait plus une seule fibre de son corps. Il lui semblait qu'on l'avait brutalement paralysée. Dans sa poitrine, son cœur s'était fait lourd et avait du mal à battre. Pourtant, à chaque battement, elle sentait le sang cogner sur ses tempes et devant ses yeux, tant et si bien qu'ils lui piquaient. En une seconde, une simple petite fraction de seconde où elle avait fixé son regard sur lui, elle avait sombré. Dans la peur. La peur la plus pure et la plus soudaine qu'elle n'ait jamais ressentie. Certes, au cours de sa vie elle avait souvent eu peur. De sa famille, de son frère. Mais là c'était différent. Plus un réflexe, une sensation de devenir insignifiant, faible et misérable. La sensation de vouloir fuir à toutes jambes avec le comportement d'un animal devant son prédateur.

Devant la cheminée se tenaient quelques sorciers. Ceux debout étaient jeunes, sans réel intérêt aux yeux de Ielena. De toute manière, elle ne les avait presque pas regardés tant elle avait été attiré par le sorcier assis. Dans son large fauteuil en cuir noir, il scrutait Nikolaï avec un drôle de sourire planant sur les lèvres. Car c'était face à lui que se tenait le Grand Duc. Devant lui qu'il avait osé s'incliner.

Ielena ne savait que penser tant elle était tétanisée. L'homme – si c'en était encore un – se tenait droit dans le fauteuil, les coudes posés sur les accoudoirs et ses mains blanches à profil d'araignées croisées devant lui. Jamais la jeune femme n'avait vu de telles mains. Immenses. Les doigts étaient inhumainement longs et chacune des jointures ressortaient de manière affreuse, comme de grosses boursouflures. Lentement, il les faisait bouger en un étrange ballet, semblant jouer avec eux.

L'homme paraissait grand, sans doute autant que Nikolaï et portait une robe de sorcier noir autant élégante dans sa coupe que dans sa simplicité. Pourtant, ce n'était pas cela qui terrifiait la jeune femme, mais son visage. Un visage qui en une fraction de seconde permettait immédiatement de connaître l'identité de ce sombre sorcier.

La peau semblait très fine et avait adopté une teinte si claire et transparente qu'on discernait en dessous des veines bleuâtres. Le crâne chauve, la bouche si mince qu'elle ressemblait à une simple ouverture, et un nez … absent. En réalité, il semblait en être dépourvu car la seule trace qui demeurait était deux fentes fines, faisant sans doute office de narines. Quant à ses yeux, Ielena allait se demander longtemps encore comment ils pouvaient être ainsi. Importants mais très minces et enfoncés dans leurs orbites, ils avaient adopté une violente couleur rouge, au milieu de laquelle brillaient deux pupilles identiques à celles des chats. Ce regard l'effraya bien plus que tout le reste réuni. Il était inflexible, dangereux et mortellement mauvais.

- Nikolaï… te voilà enfin parmi nous…

Ielena tressaillit. Jamais elle n'avait entendu voix plus affreuse. C'était lent, doucereux mais derrière traînait une ignoble impression de menace muette. La voix sifflante l'atteignait comme une griffure et la mit aussitôt plus mal à l'aise qu'auparavant.

- Quelle joie, vraiment ! s'exclama faussement le sorcier en se levant.

Sans quitter des yeux Nikolaï, il marchait en formant un cercle autour de son fauteuil et ses jeunes fidèles.

- Une chance que tu ais quitté la Russie avant que les Aurors ne t'emmène, n'est-ce pas ? susurra-t-il.

- Oui, maître. C'est grâce à vous. Merci, maître.

Sa peur à peine passée, Ielena lança un regard furtif à son père, les lèvres retroussées d'indignation. Il lui paru à cet instant ridicule, si petit et misérable face à son maître… Où Merlin avait bien pu passer son père, le grand Volonski qui faisait trembler les murs et les sorciers par ses fantastiques colères ? Sa propre fille avait à ce moment bien du mal à reconnaître son père, et hésitait entre rire face à son asservissement ou hurler devant la honte qu'il offrait à leur famille ?

- Je vois que tu es venu en famille, comme prévu ?

Ielena sursauta. Heureusement pour elle, celui qu'elle avait compris être le mage noir le plus craint de leur temps ne la regardait pas. En réalité, elle doutait qu'il l'ait aperçue car il était du coté de sa mère.

- Oui maître. Voici mon épouse, Morozna Ivanovna.

D'un mouvement celle-ci s'avança et ploya dans une profonde révérence. Jamais de toute sa vie Ielena ne lui avait vu un visage si emprunt de vénération, et elle-même manqua de grimacer. Voilà que sa famille autrefois si fière accordait sa fascination sans la moindre hésitation à un simple sorcier britannique ? Avait-il des titres de noblesse, ou un sang si pur et royal que les Volonski le considéraient comme un empereur ? Ou était-ce tout simplement la peur qui les poussait à agir ainsi ? La peur des pouvoirs que sans doute il détenait.

Un instant le beau visage de Ielena afficha un rictus méprisant. Comment en étaient-ils arrivés là exactement ?

Le mage noir, étrangement n'accorda à Morozna qu'un vague regard avant de secouer la main, comme s'il avait voulu chasser une mouche invisible. De toute évidence, il ne voyait pas beaucoup d'intérêt à la Duchesse.

- Et ma fille. Ielena Nikolaïevna.

C'était comme si un liquide glacé, tel une rivière de Sibérie venait de couleur dans son dos et sa bouche. A l'instant même où son père la présenta, Ielena sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge. L'attention de toute la salle venait de se porter sur elle, et il lui sembla qu'elle venait d'être propulsée seule au milieu de vipères. Même lui la regardait, ses yeux vermillon caressant la silhouette de la jeune femme.

On la découvrait, l'analysait sans détour ni vergogne. Les yeux s'attardaient sur son corps mince et nerveux ses épaules délicates et ses bras fins recouverts de longs gants noirs montant au-dessus du coude. Mains légèrement croisées devant elle en une pose d'aristocrate, elle se tenait droite, son petit visage relevé avec une pointe d'impertinence. Le cou nacré demeurait long, tendu par son attitude fière. Rien ne laissait sous-entendre qu'elle ait pu sembler terrifiée par celui qui la regardait avec insistance.

L'arc farouche des sourcils se relevait doucement, comme si elle s'amusait de l'inspection dont elle était victime, et ses beaux grands yeux ne cillaient pas. D'une belle couleur oscillant entre violet et rouge, on se savait réellement leur attribuer de couleur. Bordeaux ? La bouche rouge sang ne révélant pas la moindre expression, elle attendait.

Imperturbable, elle laissa tous ces sorciers détailler ensuite sa robe de taffetas d'un bleu presque noir. Très simple en apparence, elle n'avait pas de manche et le décolleté était discret, laissant librement imaginer une douce mais petite poitrine. D'une élégante simplicité, elle était fermement retenue sous les seins par une large ceinture. Celle-ci demeurait en même temps un bijoux finement ouvragé de dix centimètres de large : plusieurs morceaux d'argent véritable avaient été assemblés ensemble pour former des motifs floraux, et au milieu avaient été incrusté une pierre noire aux éclats fauves. Selon l'éclairage, des broderies d'argent qu'on pouvait aisément assimiler à des fleurs apparaissaient sur le tissu sombre de la robe.

Les lourdes boucles de ses cheveux formaient un leste et haut chignon d'où s'échappaient de nombreuses mèches. Joliment bouclées, elles descendaient dans son dos, et deux d'entre elles entouraient le visage pâle pour ensuite venir caresser les épaules rondes de la sorcière. A l'exception de sa ceinture, elle ne portait aucun bijou, sauf quelques perles de nacre qu'on avait piqué dans sa coiffure. A son poignet gauche pendait un éventail d'ivoire noir.

Ce qui était sûr, c'est que Ielena Volonski était une sorcière fascinante. Dans son attitude, sa façon de se tenir et de regarder ce qui l'entourait avec un incroyable désintérêt. Ce soir-là encore, elle impressionnait par son comportement, avec son visage glacial où se lisait facilement un petit quelque chose de profondément orgueilleux. D'une drôle de manière, elle semblait se rire de tout sans pour autant que ses lèvres se s'étirent jamais un en semblant de sourire. Toutefois, cette façon d'être étonnait et fascinait tout autant qu'elle déplaisait.

Au fond d'elle-même, Ielena avait l'impression de redevenir une parure qu'on expose. Et le regard rouge qui s'était posé sur elle depuis quelques secondes déjà lui déplaisait, l'incommodait comme un serpent nous faisant face pouvait le faire. Elle sentait les cheveux de sa nuque se redresser sous la panique qu'elle arrivait si bien à masquer.

- Ta fille, dis-tu ?

Le sifflement l'atteint comme si les crochets d'un serpent s'étaient fichés sur sa gorge. L'instant d'après, le Lord s'avança vers elle, sans cesser de l'examiner. Il y avait dans le sourire sardonique qu'il affichait une lueur si monstrueuse que Ielena oublia de respirer quelques instants. Toujours sans bouger, elle le vit tourner autour d'elle en un mouvement si long qu'elle aurait pu mourir deux fois. Lorsqu'il fut dans son dos et échappa à son champ de vision, tous ses poils se hérissèrent sur sa peau et ses mains se crispèrent. Elle ne savait à quoi s'attendre, plus terrifiée que jamais.

Dans la salle à présent totalement silencieuse, on retenait sa respiration. Le maître paraissait s'être intéressé au cas de la fille de Nikolaï. Il la déshabillait du regard, comme quelqu'un ayant déniché une chose rare et surprenante à la fois. Oui, Lord Voldemort avait l'air surpris, comme s'il avait eu face à lui un cas véritablement étrange.

- Très intéressant, finit-il par avouer.

Il venait de s'arrêter devant la jeune femme, un doigt sur les lèvres comme s'il réfléchissait. Un sourire malsain étirait sa bouche.

Tandis qu'il lui faisait face, Ielena les yeux toujours baissés sentit soudain qu'elle devait le saluer. Plus par peur de lui déplaire et d'en subir les conséquences que pour lui montrer une attitude servile. Non, il n'était pas son maître. Mais en tant que Volonski, il était dans sa nature de rester polie et très à cheval sur la bienséance quelque soit la situation où la personne qu'elle avait devant elle.

Une seconde, elle se mit à paniquer intérieurement. Si son cerveau ordonnait qu'elle salue le mage comme elle le devait, son corps, lui, s'était raidi. Ses jambes lui paraissaient deux bouts de bois impossible à bouger ou à plier.

Imperceptiblement, elle tenta de calmer son corps qui lui hurlait de prendre la fuite. Peut-être fut-elle alors plus rigide qu'à l'ordinaire, sous le coup de la peur. Cependant, personne ne sembla s'en inquiéter lorsqu'elle plia les jambes dans une profonde révérence qui étala les pans de sa robe autour d'elle.

Ainsi courbée, Ielena se sentait seule. Totalement à la merci du Lord. Pourquoi Merlin avait-il fallu qu'il lui accorde un quelconque intérêt tandis qu'il avait snobé Morozna ?

Soudain, elle tressaillit. Le mage venait de poser son index sous son menton. Le contact froid de ce doigt pourtant si inoffensif contre sa peau la glaça d'effroi. Elle aurait voulu crier et fuir aussi loin que possible.

D'une simple pression sur son menton, il lui fit relever la tête et se redresser toute entière. Le doux bordeaux des yeux de Ielena rencontra immédiatement le rouge mortel et elle crut défaillir sous la frayeur. Une fois plongée dans les orbes malveillants, elle eut l'impression que la mort elle-même la regardait, amusée.

Lorsqu'elle fut debout, elle sentit le doigt étranger et glacial se retirer, tandis qu'un sourire encore plus large et mauvais s'installait sur le visage du Lord.

- Sais-tu qui je suis, demoiselle ?

Il venait de lui parler ? Sous la surprise, Ielena ne sut une seconde que répondre. Sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration difficile, elle finit par acquiescer.

- Oui, mon Seigneur.

Ce simple murmure franchit ses lèvres avec plus de facilité qu'elle ne l'aurait cru. Finalement, cela avait du bon d'avoir été élevé dans la peur. Au moins, elle était plus ou moins habituée.

- Et as-tu peur de moi ?

Quelle drôle de question. L'homme avait su en quelques années effrayer toute la Grande-Bretagne et une immense partie de l'Europe. Ielena était quasiment certaine qu'en Amérique également, chaque sorcier connaissait son nom et ce qu'il impliquait. Alors pourquoi lui poser cette question, à elle ? Elle songea très vite, que selon la réponse qu'elle donnerait, le mage pourrait très bien ne pas apprécier. Alors elle choisit d'être à moitié honnête.

- Je ne sais pas encore…

Un instant, les yeux d'apparence si peu humain ne la lâchèrent pas du regard. Il semblait l'analyser, comme pour vérifier si sa réponse avait un semblant d'exactitude. Puis brutalement il recula et éclata de rire.

- Eh bien Nikolaï, je vois que tu apprends à tous tes enfants les secrets de l'occlumencie, finit-il par siffler en se rasseyant. C'est amusant.

- Maître, s'inclina le mangemort. C'est une simple précaution que nous prenons au sein de notre famille depuis de très nombreuses générations.

Ielena n'entendait plus depuis longtemps, pétrifiée. Le mage noir avait tentait de pénétrer son esprit ! Elle s'en était à peine rendue compte tant la peur la paralysait. Et une seconde, elle remercia son père de lui avoir enseigné l'occlumencie depuis son plus jeune âge. Chez les Volonski c'était une vieille tradition qui perdurait encore. Nikolaï avait dit un jour que leurs ancêtres avait mis cela en place afin d'éviter que leurs ennemis ne puissent prévoir leurs desseins ou qu'on se servent d'informations personnelles à leur encontre. Une vieille pratique qui remontait à plusieurs siècles et que Nikolaï avait conservée. Ielena et son frère étaient au moins maître en la matière.

L'apprentissage était long, et la jeune femme s'en rappelait encore. La douleur que lui infligeait son père à chacun de ses échecs ne quitterait jamais ses souvenirs.

Pourtant, ce qui retint encore un moment son attention fut que le mage avait essayé de lire en elle. Etait-ce pour voir si elle mentait ? Quelque soit la raison, cela lui déplaisait, si bien qu'elle sentit une violente nausée la saisir toute entière.

OoOoOoO

Le regard assassin de Ielena se fit plus mortel encore. Devant elle, un verre à la main, Valerian donnait l'impression qu'il allait éclater d'un rire mauvais.

La soirée était à présent bien entamée et les discussions s'animaient de plus en plus à mesure que coulait l'alcool. Innocemment assise sur une méridienne sombre, Ielena lança de nouveau un regard en disant long sur ses pensées à son frère. Maintenant qu'elle y songeait, et surtout maintenant qu'il était face à lui, la jeune femme ressentait envers son frère plus de haine et de dégoût que de peur. Du moins elle essaya de s'en persuader dès le moment où elle le revit.

Juste après que le Lord se soit enfin désintéressé d'elle et se soit rassis, Ielena avait soudain remarqué que parmi les jeunes fidèles qui l'entouraient se découpait une silhouette qu'elle avait appris à craindre depuis longtemps. Muet, Valerian s'était accordé le luxe de lui adresser un sourire carnassier qui avait achevé d'exaspérer la jeune femme.

Depuis il n'était même pas venu lui parler. Seule une salutation courtoise entre frère et sœur avait été échangé. Pourtant, la jeune femme ne doutait pas que plus tard, son frère se ferait un plaisir d'engager la conversation. Elle en frémissait d'avance.

Après, comment diable s'était-elle retrouvée sur cette méridienne, une heure plus tard, Ielena n'en avait aucun souvenir. Le fait était pourtant là, et elle jugea une seconde que cela n'avait pas dû être réellement passionnant.

En trois ans, Valerian n'avait pas changé. Toujours le même corps sec et nerveux sous lequel on sentait des muscles tendu comme des arcs, toujours le même visage bien dessiné qui rappelait fortement Nicolas, et toujours ces même yeux d'un bleu si clair qu'il était électrique. Non, décidément le beau Valerian Nikolaïevitch n'avait guère changé au regard de sa sœur.
Sans cesser d'afficher l'air le plus méprisable qu'elle connaissait, celle-ci détourna son attention de lui. Elle se trouvait avec son frère dans un groupe de jeunes gens sans doute plus âgées qu'elle, et très vite elle remarqua que tous se tenaient auprès du Lord lorsqu'elle avait été présentée à celui-ci. Parmi eux se trouvait le blond ayant parlé à son père un peu plus tôt.

Dès son arrivée parmi leur groupe, il était lui-même venu vers elle pour se présenter. Lucius Malfoy. Fils aîné d'Abraxas, qu'elle n'avait toujours pas rencontré, et de Belvina. En soit, Ielena ne fut même pas surprise pas son identité. Quelque part, elle était presque sûre de l'avoir déduis dès le moment où elle l'avait vu.

Quoi qu'il puisse en être, elle n'aimait pas beaucoup l'attitude qu'il avait. D'une certaine manière il lui rappelait Valerian et paraissait encore plus hautain. Chose qui avait de quoi surprendre quand on connaissait bien l'aîné Volonski. Et le pire était bien l'air supérieur qu'il affichait lorsque ses yeux croisaient les siens. De toute évidence, le jeune homme se pensait certain de son charme et ne manquait pas une occasion de lancer des regards sans équivoque à la jeune femme. Pourtant celle-ci savait grâce à Belvina qu'il était fiancé depuis deux ans à une autre sang-pur, Narcissa Black.

Silencieuse depuis le début, Ielena aperçut du coin de l'œil un jeune homme s'approcher soudain d'elle. Lorsqu'il s'arrêta face à elle, elle se contenta de relever les yeux vers lui sans bouger le moindre muscle.

- Ielena Nikolaïevna, salua-t-il.

Ennuyée mais polie, celle-ci se leva doucement, un rictus brillant sur ses lèvres rouges. Pourquoi Merlin fallait-il qu'elle soit encore une fois face à l'une des connaissances qu'elle aimait le moins.

- Igor Alekseïevitch…j'aurais dû me douter que vous alliez suivre mon très cher frère jusqu'ici, susurra-t-elle venimeuse.

L'ukrainien lui adressa comme unique réponse un sourire lourd de sous-entendus. Du haut de son mètre quatre-vingt, le jeune homme avait le physique d'un sorcier de vingt-trois ans non pas dépourvu de charme. D'un blond presque blanc, il avait un visage harmonieux et une belle bouche charnue, tandis que ses yeux bruns on ne peut plus banal avait la drôle de particularité de très vite mettre les gens mal à l'aise. Mais Ielena avait bien assez vu le jeune homme et était bien assez maîtresse d'elle-même pour s'en inquiéter.

Igor Riokov était pour ainsi dire le plus acharné des prétendants de Ielena. Et la jeune femme savait que cela venait surtout de la rivalité violente qui existait entre lui et Valerian, car les jeunes hommes se détestaient depuis leur scolarité à Durmstrang. Le fait qu'il se rapproche d'elle, Ielena ne s'en était pas étonnée et y avait vu tout de suite une volonté d'énerver Valerian. Ce qui à l'évidence, marchait à chaque fois.

- Igor, laisse ma sœur tranquille, claqua la voix du fils Volonski.

- Et pourquoi ? Elle semble seule et mérite toute notre attention pourtant…, sourit sournoisement l'ukrainien sans lâcher Ielena des yeux.

Celle-ci se contenta de lui accorder le plus dédaigneux des visages.

- Après tout… le maître lui-même a semblé s'intéresser à elle tout à l'heure, acheva-t-il.

A la fois le sorcier semblait se moquer et s'amuser de la situation, mais pourtant un semblant de sérieux apparaissait sur ses traits. Une sorte de feulement franchit soudain les lèvres de Ielena et ses yeux devenus noir fusillèrent l'insolent sur place.

- Ne vous prenez pas pour plus important que ce que vous ne l'êtes, Riokov ! siffla-t-elle en se tournant fermement vers lui. Vous avez l'air d'oublier à qui vous vous adressez.

Une fraction de seconde, le doute se lut sur le visage de Igor. Il était vrai que la précieuse fille de Nikolaï était une personne qu'il valait mieux éviter d'ennuyer. Son père ne pardonnait guère ce genre d'amusement. Et Ielena le savait pertinemment, profitant largement de son statut et de la protection de son père. Si le Grand Duc était ainsi, ce n'était malgré tout pas par affection, mais plutôt par honneur. On n'insultait pas une Volonski sans conséquence.

- Et surtout, cessez de penser que vous pouvez me tourner ainsi autour ! lâcha-t-elle, féroce. Vous n'êtes qu'un sorcier insignifiant sans titre ni richesse. Un minuscule insecte qu'on aura tôt ou tard écrasé sans difficulté !

Plus condescendante que jamais, elle passa furieusement au travers du groupe silencieux, les yeux plus noirs que l'encre et la tête haute. Sa lèvre supérieur était légèrement relevée en une indéchiffrable grimace. Qu'un simple sang-pur ose lui parler ainsi, s'en était trop pour l'orgueil de la Volonski. Mais par-dessus tout, le fait qu'il lui rappelle sa rencontre avec le mage, et surtout la façon qu'il avait eu de la regarder, avait eu raison de sa patience. La colère enflammait ses yeux et pourtant, derrière elle commençait à s'insinuer la peur… La peur de l'intérêt que lui avait porté le mage et des conséquences que cela aurait.


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