Ahaha...Et sinon, non, je ne suis pas morte et n'ai pas abandonnée cette fiction non plus !

Je crois vraiment que je manque de temps pour tout...:(

Bref, à tous, bonjour, j'espère que cette suite vous plaira, car ce chapitre fut très difficile à écrire (ça n'a pas aidé pour trouver le temps de l'écrire...ahaha ), mais je tiens à m'excuser une nouvelle fois pour ce retard de...quelques semaines (mois)... J'ose espérer que vous apprécierez quand même le chapitre :)

N'hésitez évidemment pas à me laisser votre avis dans les commentaires ! Attention, nous voilà à un grand tournant dans l'histoire de Ielena :)

Sur ce, merveilleuse lecture à vous et à très vite !


Un merci tout particulier à :

Jennaaaa

CFLM ange

et coûteux-coeurs7

Un très grand merci à vous trois, j'espère vous retrouver du coté des commentaires pour ce chapitre aussi :)

Спасибо!


Chapitre 8 :

Tressautement du destin

OOOOOOOO

Le choc de leur arrivée lui stoppa la respiration d'un coup net, et elle dût serrer les dents pour ne pas vomir. Merlin qu'elle haïssait les transplanages d'escorte de ce genre. De plus, celui-ci n'avait certes pas été réalisé dans des conditions très calmes...

A peine avait-elle compris que le transplanage avait pris fin que ses deux gardiens l'avaient brutalement lâchée. Si elle avait été moins habituée au transplanage, il est évident qu'elle serait tombée face contre terre...

Une réplique cinglante au bord des lèvres, Ielena était sur le point de leur dire ce qu'elle pensait de leurs manières quand un choc à la poitrine la fit soudain réagir. Les petites mains de Roksana se refermèrent sur son corsage, et instinctivement, la jeune femme serra l'enfant contre elle. La petite s'était jetée sur elle, terrifiée. La seconde suivante, une Ella plus calme mais tout aussi effrayée vint se blottir dans les bras rassurants de sa sœur aînée. Tout en calmant sa propre respiration, Ielena caressa doucement leurs boucles défaites par toute cette course et ce remue-ménage.

- Doucement mes amours, ne craignez rien. Je suis avec vous, chut, murmura-t-elle en russe, tout en déposant un doux baiser sur le front des enfants.

Il lui sembla que ses paroles calmaient les filles car leurs pleurs furent bien vite plus espacés et leurs souffles réguliers.

Ielena laissa un soupir lui échapper. Elle ne pouvait vraiment pas défendre les fillettes. Ce qui s'était passé dans cette ruelle allait la hanter encore longtemps, elle pouvait le jurer. Face à des mangemorts ou à n'importe quel sorcier d'ailleurs, la Volonski n'avait pas la moindre chance. Elle en aurait presque hurlé de rage.

Toutefois, elle réussit rapidement à chasser ces sombres pensées de son esprit et leva les yeux pour enfin détailler l'endroit où elles se trouvaient sans le vouloir. Bien que très peu éclairée, la pièce paraissait grande, les plafonds hauts de plusieurs mètres tant les voix y résonnaient. Sans le moindre meuble, ce qu'elle assimilât à une sorte de salle de réception n'avait rien de bien accueillant mais n'en était pas pour autant sinistre. Simplement, le peu de lumière et le fait qu'elle soit ainsi vide lui donnait une étonnante impression de lourdeur.

Ielena compta une bonne dizaine de fenêtre si hautes qu'elles allaient jusqu'au plafond. Toutefois aucune lumière ne parvenait à passer au-travers d'elles, de lourds panneaux de bois ayant été cloués par-dessus. Cela renforça l'idée qu'avait Ielena de cet endroit : il n'était guère habité, voir abandonné depuis des années. Elle nota cependant que la poussière n'y était guère présente, ce qui suggérait que le ménage y était fait régulièrement.

Abandonnant là son inspection, les yeux de Ielena se posèrent finalement sur le nombre assez incroyable de sorciers se trouvant là, alors que tout dans cette pièce hurlait son abandon. Autour d'elle, ils devaient être une bonne trentaine, dispersés en petits groupes. Et en observant de plus près, Ielena s'aperçut que certains semblaient tout comme elle surpris d'être là, tandis que d'autres non. La plupart étaient assis au sol ou bien regardaient autour d'eux, attentifs, comme si leur présence ici les surprenaient. Il y avait là quelques enfants et leurs parents, les plus jeunes trop occupés à pleurer pour se rendre compte de leur environnement. Quant aux autres sorciers, ils déambulaient d'un pas vif et pressé entre les groupes, les interrogeant sur leur état de santé.

- Vous savez ce qu'on fait ici ? Demanda une sorcière petite et rondouillarde non loin de Ielena.

Un petit groupe de sorciers était à ses cotés et semblait tout aussi interrogatif.

- … non. Vous étiez sur le chemin de traverse aussi ? Murmura son voisin.

- Oui, et puis …. ils sont arrivés...

Un tremblement agita la sorcière et elle baissa les yeux, comme si le fait de songer aux mangemorts la mettait mal à l'aise.

« - Évidemment, comment aurait-il pu en être autrement, songea Ielena »

Les sorciers qui l'entouraient réprimèrent également un frisson, sans doute en se remémorant ce qu'ils venaient de vivre.

- Vous pensez qu'ils sont avec eux, interrogea une autre sorcière en serrant sa fille contre elle.

Le « eux » désignait les quelques vingts autres sorciers qui parlaient tout bas et avec empressement. Eux à l'évidence, savaient parfaitement où ils se trouvaient tous. Parmi ceux-là, Ielena qui jusque là avait gardé le silence, reconnue deux des sorciers l'ayant secourue.

- Non, répondit la première sorcière. C'est eux qui m'ont sauvée, alors qu'un des mages noirs allait me jeter un sort...

Les autres opinèrent, certains donnant leur propre version. Tous sans exception se rappelaient à présent avoir été aidé par les autres sorciers.

- Qui sont-ils ?... le gouvernement ? Des aurors ? Demanda quelqu'un que Ielena ne put distinguer.

Comme pour leur répondre, une sorcière d'âge mûr s'avança vers eux, suivi de quelques autres personnes. D'un geste calme, elle sembla demander à son auditoire de s'apaiser.

- N'ayez aucune crainte, nous allons vous renvoyer chez vous très vite, commença-t-elle doucement.

Sa voix paraissait grave, son ton posé, comme celui de quelqu'un ayant l'habitude de parler en public. Ielena lui prêta à peine son attention, car la seconde suivante, elle remarqua le jeune homme qui se trouvait derrière la sorcière. Et se furent surtout ses yeux à l'étonnante couleur or qu'elle crut reconnaître. C'était l'un de jeunes hommes l'ayant aidée. Et c'était le même qu'elle avait des semaines plus tôt bousculé dans la librairie de Londres. Enfin elle parvenait à regrouper ses souvenirs et situer cet étrange jeune homme que décidément la vie mettait sur son chemin.

- … avant nous allons vous poser quelques questions puis nous vous renverrons chez vous par réseau de cheminée, continuait la sorcière.

Des murmures s'élevèrent dans l'assistance.

- Vous comptez nous interroger ? Et puis quoi encore ! Maugréa une sorcière.

- Nous ne savons même pas à qui nous avons affaire !

Les voix commençaient à s'élever un peu partout dans la salle. Profitant de ce moment de flottement, Ielena recula un peu dans l'ombre avec ses sœurs, et se fondit parmi les autres sorciers rescapés. Une voix prudente commençait intérieurement à la mettre en garde. Si elle était tombée dans une sorte d'organisation gouvernementale se battant contre les mangemorts, elle ne donnait pas cher de sa peau. Elle était une sang-pur, une Volonski. Et elle était soudain prête à parier que si on découvrait sa véritable identité, les autres sorciers risquaient de très vite la considérer comme une ennemie. Elle allait devoir ruser.

- Ne vous inquiétez pas, nous voulons simplement connaître vos noms, ensuite vous pourrez rentrer chez vous ! Intervint le sorcier aux yeux d'or.

Les murmures commencèrent à faiblirent, même si chacun semblait sur ses gardes. Ielena tint plus fort les fillettes contre elle. Déjà les sorciers les plus pressés donnaient leur nom à la sorcière. Même si certains maugréaient, à l'évidence chacun voulait rentrer chez soi dans les plus brefs délais et oublier cet épisode. Une fois qu'ils étaient passés voir la sorcière, d'autres personnes les emmenaient dans une seconde pièce d'où provenaient des craquements facilement identifiables comme ceux de voyages par cheminée.

Le cœur de Ielena commença à s'agiter quand le flot de sorcier diminua. Ils n'étaient plus qu'une petite dizaine. Prudente, elle s'accroupit face à ses sœurs, sans lâcher leurs petites mains.

- Maintenant écoutez-moi bien. Vous ne dites rien à ces gens. Vous me laissez faire, intima-t-elle doucement. Ils ne doivent pas savoir nos noms, ou nous aurons des ennuis. D'accord ?

Roksana et Ella semblèrent assez surprises mais finirent par opiner. Elles étaient trop effrayées pour se poser la moindre question. Ielena savait ce qu'elle faisait. Du moins c'est ce que pensaient les deux fillettes.

Bien décidée à partir, Ielena s'avança en les tenant toujours par la main. Un instant, elle se mordit la langue, comme pour faire disparaître son accent russe. Il n'était que peu audible mais malgré tout, une oreille attentive saurait très vite l'entendre !

La sorcière la regarda un instant, prêtant un moment attention aux deux petites filles accrochées à ses jupes.

- Votre nom ? Demanda-t-elle, une plume à la main.

Ielena sentit son cœur avoir un raté. Non sans prendre une plus faible respiration que d'habitude, elle tenta de reprendre contenance.

- Suzanne Chasnel, répondit-elle sèchement. Je suis française, et voici mes deux sœurs.

Au moins avait-elle l'excuse de parler la langue plus maladroitement en se faisant passer pour une française.

La sorcière lui jeta un nouveau regard par-dessus ses petites lunettes carrées. Elle commençait à écrire sur sa feuille quand Ielena sentit un regard sur elle. Regardant au-dessus de l'épaule de la sorcière, elle croisa un regard noisette et un autre bien plus sombre. Deux sorciers la fixaient avec attention, les sourcils froncés. Et soudain elle les reconnus. Le sang quitta son visage en une seconde. Bien sûr, tous les deux étaient parmi ceux l'ayant sauvée. Mais pas seulement. Ils étaient tous les deux dans la librairie, le jour où elle avait croisé Rogue. Et tandis qu'elle recollait tous les morceaux, elle voyait dans leurs yeux qu'ils faisaient de même, silencieusement. Au fur et à mesure que s'égrainaient les secondes, elle voyait leurs sourcils se froncer plus encore. Le fait qu'elle connaisse Rogue n'était pas du tout à son avantage ! Ils allaient très vite la prendre pour une mangemort...

L'un d'eux ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, quand un autre sorcier s'approcha soudainement de Ielena et ses sœurs. La jeune femme se tourna immédiatement vers le nouveau venu, paralysée. Son corps entier venait de se mettre sur la défensive, tendu à l'extrême.

- Maria, recule, ordonna le sorcier d'un ton sec.

C'est à ce moment là que Ielena remarqua la baguette qu'il commençait à sortir des pans de sa cape. La salle entière venait de se figer, et la jeune femme comprit que cet homme l'avait démasquée. Grand, d'une bonne quarantaine d'année, il était sec et nerveux, et doté d'un physique peu avantageux mais qui cependant lui donnait un air plus dangereux que laid. Pourtant elle était certaine de ne l'avoir jamais vu.

- Richard, qu'est-ce qui se passe, gronda la dénommée Maria en lui prenant le coude.

Les yeux du sorciers devinrent deux fentes qui scrutaient Ielena. Les autres sorciers de l'organisation commençaient à se rapprocher, alertés par la tournure des événements. Et Ielena commençait à sentir le sol se dérober sous ses pieds. Merlin, comment avait-il su ?

- Il se passe qu'elle n'est pas ce qu'elle prétend être ! Siffla-t-il. C'est la fille du conte russe.

Au fur et à mesure qu'il pointait sa baguette sur elle et ses sœurs, le sang de Ielena se mit à bouillonner. Et à l'entente de cette dernière phrase, alors qu'elle savait pertinemment qu'il ne servait plus à rien de mentir, elle se redressa de toute sa hauteur. Son visage prit en quelque secondes la dureté d'un marbre de carrare, ses sourcils se relevèrent d'un bond, outrageusement dédaigneux, et ses lèvres pincées d'un rictus amer, elle se campa comme un paon face au dénommé Richard. Toute peur avait disparu de son être. La Volonski si fière et si hautaine transpirait d'arrogance. Les yeux emplis d'éclairs, elle s'aperçut à peine que les autres sorciers secourus s'étaient écartés d'elle.

- Mon nom est Ielena Nikolaiëvna Volonski, cingla-t-elle en assénant chaque mot comme une menace. Et je vous jure que si vous n'arrêtez pas de menacer mes sœurs de votre baguette, Monsieur, je vous arrache les yeux, cracha-t-elle mauvaise.

Ses boucles défaites voletaient autour de son visage, et soudain le sorcier sembla moins sûr de lui. Une aura noire planait autour de la jeune femme, et il ne douta pas qu'elle mettrait sa menace à exécution. Mais ses collègues s'étaient rangés à ses cotés et fixaient à présent Ielena d'un œil sombre. Elle ne doutait pas que leurs baguettes seraient plus vite sorties que la sienne.

Toutefois, il semblait évident qu'ils ne savaient trop comment réagir.

- Remus, occupe-toi des autres, finit par ordonner Maria. Miss, vous comprenez que nous ne pouvons plus vous laissez partir... , termina-t-elle à l'intention de Ielena.

Celle-ci sentit le poivre lui monter au nez. Mais avant tout, c'est un piège qu'elle sentait se refermer devant elle. Malgré toute sa bonne volonté et l'apparente froideur dont elle faisait preuve, son cœur s'agitait dans sa poitrine et cognait dans sa tête. La situation commençait vraiment à très mal tourner. Elle regrettait d'être sortie ce jour-là et d'avoir entraînée les filles dans cette histoire.

Autour d'elle, les autres sorciers se pressaient, visiblement ravis de pouvoir échapper à cette scène et rentrer enfin chez eux. L'un d'eux, un homme d'une quarantaine d'année, la dévisagea avec appréhension en passant à ses cotés. Piquée au vif, la jeune femme le fusilla si férocement du regard qu'il s'éloigna plus rapidement encore, comme un chien la queue entre les jambes.

« - Pauvre imbécile, rugit-elle au fond d'elle-même. »

Contre elle, Ella se plaqua plus encore. Les deux fillettes se rendaient parfaitement compte que quelque chose n'allait pas.

Quand finalement tous les autres rescapés eurent disparus dans la pièce d'à coté, Ielena n'avait toujours pas bougé. Seule sa main caressait la petite tête de Ella, l'autre tenant fermement la menotte de Roksana. Comment Merlin allait-elle se sortir de cette situation ? Et surtout, qu'est-ce que ces sorciers visiblement ennemis du Lord leur réservaient-ils ? Une sinueuse idée noire se logea soudain dans son esprit et la frappa comme un poignard. Elle revoyait la scène vécue des semaines plus tôt au manoir du sombre mage. Ce sang, ces corps, cette monstruosité. Et soudain les visages de ses sœurs et le sien prirent la place des morts. Instantanément, son corps eut un incontrôlable spasme de terreur. Elle devait sortir ici.

Comme une noyée sur le point de sombrer, elle prit une grande inspiration. L'air lui brûla la gorge.

- Richard, enfin, explique-nous maintenant ! S'impatienta une sorcière rousse sortie soudain des rangs de sorciers. Et baisse ta baguette veux-tu ? Tu les effraies, ce ne sont que des enfants, ajouta-t-elle en désignant les deux fillettes.

Même si la sorcière rousse semblait vouloir régler la situation de façon plus calme, Ielena ne put s'empêcher de lui lancer un regard mauvais et resserra sa main sur celle de Roksana.

- Pas avant d'avoir désarmée la demoiselle, tu veux, Lily, grommela un autre sorcier.

Et d'un sort muet, il fit sortir brutalement la baguette de Ielena de sa poche, et l'attrapa au vol. La jeune femme eut un brusque mouvement en avant, voulant récupérer son bien.

- Comment osez-vous, vociféra-t-elle violemment.

Son visage déformé par la fureur, elle ressembla soudain à un félin prêt à bondir. L'air mauvais qu'elle affichait ne surprit toutefois pas du tout l'homme qui haussa si véhément des épaules qu'elle manqua de lui sauter à la gorge.

- Vous n'êtes pas en position de vous plaindre, grinça Richard en s'approchant d'elle. Et maintenant vous allez nous dire ce que vous faites ici !

Le bout de sa baguette piqua le menton de Ielena, comme le dard d'un scorpion. Aussitôt, les fillettes se remirent à pleurer, terrorisées.

- Richard ! Arrête ça ! cria la rousse en s'approchant à grands pas.

Mais un rire l'arrêta net. Surprise, elle fixa Ielena qui riait, d'un rire si lourd de menaces qu'il la déstabilisa complètement, ainsi que ses collègues.

De son coté, la jeune russe continuait de rire, de la manière la plus sardonique possible. Son sourire était immense, dévoilant ses canines comme si elle allait mordre le sorcier. Comment osait-il ? Comment pouvait-il seulement penser qu'il allait l'effrayer ainsi ?

- Vous imaginez sérieusement que votre baguette me fait peur ? Susurra-t-elle venimeuse. Si vous savez qui je suis, vous savez aussi que j'ai connu bien pire que vous, pathétique petit sorcier que vous êtes.

Elle crachait son venin avec tant de délectation que la surprise qu'elle put lire dans les yeux de Richard la fit jubiler. Mais l'insulte le fit grincer des dents. Il appuya encore plus fort sur le menton de la jeune femme, les lèvres serrées. Les yeux de Ielena brillèrent de supériorité face à sa violence. Soudain ce sentiment de toute puissance qu'elle pouvait avoir face à certains homme glissait sur elle comme une vague de chaleur. Elle adorait ressentir la joie de pouvoir blesser et contrôler un homme rien qu'avec ses paroles et sa façon d'agir si arrogante. C'en était jouissif.

- Que faites-vous ici, siffla-t-il malveillant en détachant chaque mot.

Ielena lui adressa un nouveau sourire amusée, comme si elle se riait profondément de son énervement. Puis elle haussa véhément des épaules.

- Quatre de vos hommes m'ont amenée ici, lâcha-t-elle en écartant la baguette de son visage. Je n'avais absolument rien demandé.

La consternation de Richard fut visible en une seconde.

- Elle a raison, intervint soudain une voix.

Aussitôt tous les regards se tournèrent vers un jeune sorcier dont la couleur noisette des yeux n'était plus étrangère à Ielena et ses sœurs. Il sortit des rangs avec deux autres collègues.

- On l'a trouvée pas loin du Chemin de Traverse, alors qu'elles allaient se faire attaquer par trois mangemorts. Sérieusement, comment on aurait pu savoir ! Et puis si elle fait parti des rangs de Voldemort, pourquoi les ont-ils attaquées ?...

Ielena tressaillit aussitôt à l'entente du nom si redouté. Comment osait-il ? Stupéfaite, elle lança un regard rond au jeune homme.

- Vous n'avez pas travaillé sur le dossier au bureau, grommela Richard. Mais bordel, James, on avait pourtant parlé de cette affaire de russes !

- Stop stop ! Coupa la rousse. Je ne comprends rien à votre histoire ! Alors maintenant tu nous expliques ! S'impatienta-t-elle.

Richard la fusilla du regard. A l'évidence la jeune sorcière semblait l'énerver au plus haut point ! Non sans un grognement il jeta un regard noir à Ielena.

- Y-a plus d'un mois et demi, il nous a été signalé qu'une famille venue de St Pétersburg avait passé nos frontières, commença-t-il en faisant les cent pas devant la jeune femme. Cela aurait pu sembler anodin, mais vu nos relations actuelles avec la Russie, nous avons fait quelques recherches. En l'occurrence, la famille concernée n'avait rien d'inoffensif. Le père est Nikolaï Volonski, un des plus proches de Vous-savez-qui. D'après ce que nous avons pu tirer des autorités russes, il est considéré comme son bras actif dans les pays de l'Est. Et sa venue ici n'a rien de réjouissant.

- Volonski ? Comme Valerian Volonski ? Interrogea quelqu'un.

- C'est son fils. Et votre frère aîné je suppose, jeta-t-il glacial à Ielena.

Celle-ci lui adressa un regard noir.

- Quoi qu'il en soit, reprit-il, ces sangs-purs de Russie sont aussi dangereux qu'ils sont influents et le ministère de la magie les surveille aussi étroitement que possible. Le dossier est suivi par mon équipe d'Auror au ministère, mais les membres de la famille sont très prudents. Du moins en général, termina-t-il en s'arrêtant devant les trois sœurs.

- Très bien, mais est-elle des leurs, elle ? Demanda la rousse.

Son regard vert émeraude était braqué sur Ielena. Et soudain, celle-ci ne sut si une réponse convenait. Elle-même ne savait pas quoi dire.

- Pour le cas de la demoiselle, c'est un peu plus compliqué..., commença prudemment Richard. On sait très peu de choses sur elle. En revanche ce qu'on sait, c'est qu'Il s'intéresse à elle... même les mangemorts semblent ne pas savoir pourquoi, ni de quelle manière.

Un silence de plomb suivit, et Ielena elle-même garda les lèvres closes. La relation étrange qu'elle entretenait avec le Lord, l'intérêt qu'il avait pour elle, tout cela la surprenait autant qu'il l'effrayait. Elle ne savait pas mettre de mot dessus, ni qualifier cet attrait. Le dégoût qu'il lui inspirait était presque aussi important que la crainte : impossible à contrôler.

Sentant le regard de Richard sur elle, ainsi que ceux d'autres sorciers, Ielena demeura muette, les sourcils froncés. Elle détourna la tête et préféra se murer dans un silence froid comme un vent de Sibérie. Elle n'avait rien à leur dire, rien à avouer.

- Très bien..., soupira Maria. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais cette affaire est au-delà de notre seule décision. Il faut lui en faire part, ajouta-t-elle en fixant le sorcier aux yeux d'or.

Celui-ci hocha la tête, pensif, sans lâcher Ielena des yeux. Les autres sorciers paraissaient soudain d'accord et l'un d'eux finit par s'éclipser, disparaissant dans la salle voisine. En voyant la porte se fermer derrière lui, Ielena sentit son cœur avoir un raté une nouvelle fois. Immobile et silencieuse, elle voyait les autres sorciers commencer à discuter doucement entre eux, certains lui lançant parfois un regard.

Soudain, elle se sentit seule comme jamais, ignorée par le reste du monde. Même la chaleur venant des mains de ses sœurs ne parvenait à la réchauffer. Encore une fois, elle se sentait comme une figurante, personnage sans importance, ballottée de droite à gauche par les aléas du destin. On décidait une nouvelle fois de son sort, elle n'avait pas son mot à dire. Qu'elle soit muette n'aurait rien changé. Elle n'avait pas le choix. Qu'importe qu'elle soit née dans le faste et l'opulence. Elle n'était qu'un simple objet un peu trop brillant qu'on changeait d'étagère selon les moments. L'impression d'être emportée par une vague qui l'engloutissait toute entière la fit frissonner de la tête aux pieds. Éperdue, elle prit une grande inspiration en fixant le plafond de ses yeux vides. Qu'importait à présent. Qu'ils la prennent pour une mangemort. Cela ne changerait rien. Après tout, n'en était-elle pas une, au fond ? Tout en se posant cette question, Ielena sentit un étau emprisonner sa gorge, au point de la blesser. La réponse à cette question n'avait jamais eu d'intérêt, mais à présent qu'elle n'était plus dans le cocon noir de sa famille, et qu'elle se retrouvait confrontée au monde réel, elle savait qu'elle devrait la trouver.

OOOOOOOO

Murée dans son silence comme dans une carapace réconfortante, Ielena sentit finalement la main des filles devenir plus lourde. En baissant les yeux vers elles, elle découvrit leurs minois brouillés de larmes, et surtout vit dans leurs regards clairs une lassitude profonde. Elles étaient fatiguées d'être ainsi debout depuis si longtemps. Avisant plus loin une haute fenêtre, Ielena aperçu dans son renfoncement un banc sans doute plus utilisé depuis des années, mais qui ferait le plus grand bonheur des fillettes. Sans même prendre la peine de jeter un regard à ses désormais geôliers, la belle russe attrapa plus fermement ses sœurs et se dirigea d'un pas qui n'accepterait aucune objection vers le banc.

Il n'était qu'à une dizaine de mètres d'elle, et à peine en avait-elle parcouru cinq, que Richard se planta devant elle, l'obligeant à s'arrêter.

- Où pensez-vous aller ? Grinça -t-il.

Aussitôt, la moutarde monta au nez de Ielena, ses yeux s'enflammèrent et une horrible grimace traversa son visage. C'en était trop.

- N'AVEZ-VOUS DONC PAS FINI ? Explosa-t-elle, sa voix éclatant sur les murs et le plafond de la haute pièce. Voilà plus d'une heure que nous sommes là et mes sœurs sont des enfants, elles sont fatiguées ! Alors vous allez vous écarter, me laisser passer, et arrêter de m'ennuyer pour des raisons STUPIDES ! Continua-t-elle de crier. Je suis peut-être votre prisonnière, mais sachez que mes sœurs n'ont pas six ans et que je ne vous laisserai pas les traiter comme des criminels ! Est-ce bien clair?

Son dernier mot assené, elle planta là le sorcier et repartit furibonde vers le banc. Le sang bouillonnait dans ses veines. C'était bien la première fois de sa vie qu'un étranger à sa famille la mettait autant en colère. Comment ce misérable insecte britannique osait-il lui parler ainsi ?

Tout en asseyant les fillettes sur le banc, elle tenta de maîtriser les accès de colère qui déformait son visage. Un gros soupir fusa d'entre ses lèvres. Accroupie face à ses sœurs, elle sentit leurs petites mains serrer les siennes, comme pour la consoler. Sans un mot, elle leva les yeux vers elles et leur accorda un sourire triste.

- Je suis désolée... je nous ai mises dans une drôle de situation, murmura-t-elle.

Roksana, la plus jeune, regarda les sorciers toujours présents, de l'autre coté de la salle.

- On va pas rentrer à la maison, Lena ? demanda-t-elle finalement en se retournant vers sa sœur.

Pensive, Ielena s'assit à coté d'elle et la prit sur ses genoux. Elle la serra doucement contre son cœur, la berçant avec amour. D'une main distraite, elle peignait les boucles emmêlées de l'enfant. Ella se lova contre elle, respirant son odeur délicate et réconfortante.

- Non, je ne pense pas... Je ne sais pas où nous allons aller, murmura-t-elle en russe.

- Pas chez Belvina ? Tenta Ella en se relevant légèrement.

Ielena plongea ses yeux sombres dans les pupilles bleues de la petite fille. Elle y voyait tant de peur, de craintes. D'une douce caresse du pouce, Ielena vint essuyer une larme qui coulait sur la joue de l'enfant.

- N'ai pas peur ma douce, je suis là, sourit-elle. Qu'importe où ils nous emmèneront, je veillerai toujours sur vous.

Elle ne sut dire si ses paroles avaient apaisé Ella. Quelques instants après, elle sentit la petite se serrer de nouveau contre elle, et peu après, les enfants s'endormaient. C'était là une des choses merveilleuses chez les enfants. Apeurées, fatiguées et peut-être affamées, elles avaient réussi à trouver le sommeil, collées contre Ielena.

OOOOOOOO

Une ombre bleue se tenait devant elle. C'était une forme distincte, qui se détachait du fond sombre de la pièce, et pourtant Ielena n'arrivait pas à en distinguer les traits. Les couleurs bleues, violettes et blanches se mêlaient parmi cette masse qui la surplombait, immobile, tranquille, comme une statue veillant sur elle. Malgré tous les efforts qu'elle déployait, Ielena n'arrivait pourtant pas à rendre cette image nette. Était-ce quelqu'un ? Un sorcier ? Fronçant les sourcils, elle sentait son esprit embrumé dans un épais brouillard, comme ceux qui recouvraient Moscou durant le début de l'hiver. Elle ouvrit la bouche, tenta de parler, mais aucun son n'en sorti. Finalement, la lassitude la reprit brutalement, et tout redevint noir.

Un mouvement dans ses bras la réveilla d'un coup, et Ielena ouvrit brutalement les yeux. Roksana avait bougé dans son sommeil, sans doute agitée par quelques mauvais rêves. Secouant légèrement la tête, les yeux plissés par le rapide sommeil où elle avait sombré, elle fixa un point devant elle. L'ombre bleue avait disparu. Ou bien n'était-ce qu'un rêve ? Ses sourcils se froncèrent. Elle ne savait dire, car il lui semblait avoir rêvé. Pourtant, une étrange impression de vérité s'imposait à elle.

Silencieuse, resserrant ses bras autour de Roksana, la jeune femme releva la tête. Autour d'elle, la pièce était encore plus sombre, et il ne faisait pas bien chaud. Sans doute la nuit s'était-elle installée tandis qu'elle dormait, car elle ne voyait plus le jour derrière les planches qui masquaient les fenêtres. Une petite dizaine de bougies très simples flottaient vers la porte, où quelques six sorciers se trouvaient encore. Ils parlaient toujours entre eux, à voix basse, installés sur de simples chaises. Pour le reste, les autres avaient dû quitter le lieu et rentrer tout simplement chez eux.

Alors qu'elle commençait à se réveiller complètement, l'un des sorciers leva la tête vers elle. Son visage apparut doucement à la lueur des flammes d'une bougie. Et ces traits, soudain, parurent très familiers à Ielena qui eut un sursaut bref. Elle était pourtant certaine de ne l'avoir jamais vu, en dehors de la librairie de Londres et de la journée d'aujourd'hui. Toutefois, son visage fier et ses traits aristocratiques n'étaient pas sans lui rappeler étonnement quelqu'un.

- Vous n'avez pas trop froid ? Fit soudain une voix douce.

Ielena sursauta brusquement et ses yeux quittant le visage du sorcier, elle tomba face à deux prunelles d'un vert électrique. Elle n'avait pas entendu la sorcière rousse se rapprocher d'elle. Celle-ci la fixait doucement, une chandelle flottant à coté d'elle en la suivant.

Reprenant ses esprits après cette surprise, Ielena raffermit ses bras autour de sa sœur, prudente.

- Non, je crois que ça va, finit-elle par répondre, toujours sur la défensive.

Un sourire doux agrandit légèrement le beau visage de la rouquine. Tandis qu'elle faisait venir une chaise d'un sort silencieux pour s'asseoir auprès d'elle, Ielena s'attarda quelques secondes à la détailler. Elle l'avait également vue à la librairie. Par contre, elle ne savait dire son nom, même si plusieurs sorciers l'avaient déjà prononcé. Tous les événements des dernières heures embrouillaient sa mémoire.

La sorcière devait avoir quelques années de plus que Ielena, mais son visage doux empêchait de pouvoir réellement lui donner un âge précis. En tout cas, Ielena pariait qu'elle n'avait pas plus de vingt-sept ans. Ses traits lui donnaient un air légèrement poupin, mais sans réelles traces d'enfance. Des pommettes hautes, un petit front, une belle bouche délicatement dessinée et d'une jolie couleur pêche. Le nez légèrement en trompette, ce dernier était parsemé de coquettes tâches de rousseur qui remontaient jusque sous ses yeux. Et quels yeux. Ielena ne se rappelait pas en avoir déjà vu de pareils. Ils étaient grands, très ronds, dessinés de telle manière qu'ils semblaient toujours rieurs, et d'un vert si éclatant et vif qu'il était dur d'en détacher le regard. De plus, leur éclat promettait une intelligence vive chez leur propriétaire. La jeune femme devait également être légèrement plus petite que Ielena, et moins menue, mais elle avait de très belles formes qui lui donnaient un air épanouie et apaisant. Enfin, elle possédait une superbe masse de cheveux ondulés d'une folle couleur rousse qui rappelait facilement la crinière élégante d'un lion. Ielena se l'avouait, c'était une très belle jeune femme, qui d'apparence semblait tout aussi brillante qu'elle était agréable à regarder.

- Nous n'allons pas tarder à partir, expliqua la rousse, il reste encore quelques détails à régler.

- … nous ? Répéta Ielena sans comprendre.

- Nous vous expliquerons. Il a été long de statuer sur votre... cas, termina la rousse visiblement mal à l'aise.

Silencieuse, Ielena sentit son visage reprendre une froideur polaire mais ne dit rien. Elle se contenta de fixer la jeune femme de ses yeux sombres. Même si cette dernière sembla vite mal à l'aise face à ces orbes d'un rouge si sombre et si déconcertant, elle finit par désigner les deux fillettes du menton.

- Vos sœurs n'est-ce pas ?

Ielena hocha brièvement du chef, peu désireuse de commencer une conversation.

- Elles sont adorables. Je suis désolée qu'elles se retrouvent dans une telle histoire..., soupira la rousse qui visiblement désirait créer une sorte de contact avec la jolie russe. Au fait, je m'appelle Lily. Lily Evans.

Son sourire toujours aussi doux commençait à agacer Ielena, qui haussa un sourcil.

- N'est-ce pas un peu dangereux de me donner votre nom ? Grinça-t-elle, mi amusée mi sérieuse. Cette information devrait rester confidentiel non ?

Le visage de Lily parut s'éclairer plus encore. Ielena qui pensait l'effrayer compris aussitôt qu'elle en était bien loin.

- Vous comprendrez bien vite.

A peine avait-elle fini de dire cette phrase qu'un sorcier apparut à ses cotés. C'était l'homme aux yeux noisette. Toutefois ce n'était pas sa principale caractéristique, car ses cheveux bruns ébouriffés comme s'il venait de sortir du lit n'étaient pas sans marquer les esprits. Grand et fin, il possédait toutefois des épaules assez carrées qui dénotaient une activité sportive. La peau pâle, la mâchoire carrée, il fixait Ielena sous d'épais sourcils si froncés qu'elle supposa qu'il ne lui faisait pas confiance. Du moins pas autant que Lily. Derrière de discrètes lunettes rectangulaires, ses yeux noisette brillaient d'une colère tout juste contenue.

- On va y aller, dit-il simplement. Préparez-vous.

Les sourcils de Ielena se froncèrent encore plus sous le ton froid du jeune homme. En voilà un autre qui lui parlait moins bien que sa condition ne lui imposait. Par le sang des hippogriphes, ces sorciers britanniques n'avaient-ils donc jamais appris l'étiquette ? Le nez de la jeune russe frétilla d'indignation et elle retint mal la remarque sarcastique qui lui venait. Au moins les sangs-purs savaient-ils se tenir, eux.

Toute raidie d'orgueil et de mécontentement, elle se releva, Roksana toujours endormie dans ses bras. Aussitôt Ella se réveilla, ses petits poings frottant des yeux rougis de fatigue et de crainte.

- Lena, appela-t-elle.

- Je suis là, mon ange. Suis-moi, nous partons, chuchota la jeune femme en lui tendant une main libre. Viens.

Silencieuse mais pas rassurée pour autant, l'enfant saisit la main de toutes ses forces et sembla s'y accrocher désespérément. Du coin de l'œil, caché dans la jupe de Ielena, elle fixa un instant les deux autres sorciers dont Lily Evans. Celle-ci lui sourit tendrement, mais n'eut en réponse qu'un regard bleu furibond, avant que la petite ne se cache de nouveau dans les pans de tissu. Elle n'aimait pas les étrangers, elle avait peur, froid et faim. Seule Ielena aurait sa confiance absolue, l'enfant se le répétait au fond d'elle avec entêtement.

Suivant Lily et le sorcier, Ielena et ses sœurs retrouvèrent les autres sorciers un peu plus loin. Cette fois, tous s'étaient levés de leur chaise et semblaient prêts à partir. La porte de la pièce s'ouvrit, et laissa place au sorcier aux yeux d'or ainsi qu'à Richard. Imperceptiblement, Ielena le foudroya du regard. Voilà bien un homme qu'elle risquait de détester pour les années à venir. Si tenté qu'il y ait des années à venir... A cette pensée, elle perdit brutalement de sa superbe et faillit trébucher.

Imperturbable, Richard s'arrêta devant elle, raide.

- Miss Volonski, sur décision de notre organisation, vous et vos sœurs allez être assignées à une résidence surveillée. Vous êtes désormais considérées comme nos prisonnières, vous n'aurez plus aucun contact avec l'extérieur à partir de maintenant, lâcha-t-il d'un coup.

Les veines de Ielena se glacèrent comme des milliers de petits courants d'eau pris par le froid de Russie. Un tremblement la traversa violemment et elle eut du mal à garder un visage sans expression.

- Pour quel motif je vous prie..., articula-t-elle d'une voix plus faible que d'habitude.

- Vous comprenez que vous faites partie d'une organisation que nous combattons. Nous ne pouvons plus vous laisser partir, intervint le blond aux yeux d'or.

Ielena reporta son attention sur lui, son cœur cognant contre ses cotes à lui en faire mal.

- Vous auriez pu simplement effacer ma mémoire... pourquoi me retenir prisonnière ?

Tandis qu'elle se sentait perdre pied face aux décisions des sorciers, son cerveau allait à tout va pour comprendre les tenants et aboutissants. Pourquoi la garder ? Il aurait été tellement plus aisé de lui effacer la mémoire, ou même de l'éliminer... les mangemorts n'auraient eu aucune hésitation s'ils avaient été face à cette situation, elle en était persuadée ! La réponse vint soudain d'elle même. Relevant les yeux vers Richard, elle le fusilla du regard.

- Vous voulez des informations..., murmura-t-elle. Et mes sœurs … ?

Encore une fois, elle n'eut pas besoin d'entendre la raison de la bouche des sorciers. Elle avait compris.

- Elles deviennent une monnaie d'échange... comme moi, lâcha-t-elle dans un souffle.

Richard se contenta de la fixer, silencieux. Toutefois, elle voyait briller dans ses yeux un sentiment de toute puissance vis-à-vis d'elle qui manqua de la faire exploser. S'il pensait pouvoir la contrôler comme ça, il se trompait.

- Dès à présent, vous allez être emmenées toutes trois dans une maison où vous resterez consignées. Des membres vous surveilleront nuit et jour. Pour le reste du monde, vous disparaissez, acheva Richard.

- Croyez-vous être assez puissants pour les empêcher de nous retrouver ? Cingla soudain la jeune femme qui commençait à se paralyser de peur. Ma famille est puissante, ils me chercheront !

- Je n'en doute pas, fit-il à peine apeuré. Mais sachez que nous avons aussi de nombreux moyens à notre disposition, et que cacher une simple sorcière et deux gamines n'est vraiment pas difficile ! Termina-t-il sur un ton ironique.

Ielena vit rouge et son visage se tordit d'une immonde grimace.

- Sachez que vous paierez cette insolence, siffla-t-elle en plissant les yeux.

Une nouvelle fois, le sorcier ne répondit pas et ne parut pas se démonter sous la menace. D'un haussement d'épaule, il tourna les talons et agita la main en partant.

- James, Sirius, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Et il disparut. Aussitôt, Ielena se retourna furibonde vers les sorciers restants. Ils n'étaient plus que quatre : Lily, le brun aux yeux noisettes, le blond aux yeux d'or et enfin le sorcier qui semblait si familier à la jeune femme. Sans même leur accorder de l'importance, elle renifla avec tant de dédain que le brun sembla s'énerver.

- Maintenant vous allez nous écouter. Nous allons vous emmener jusqu'à la résidence surveillée. D'ici à ce que nous soyons arrivés, vous n'aurez plus le contrôle de votre vue, votre odorat et votre ouïe afin que vous ne puissiez pas dire où nous allons. Est-ce bien clair ? Finit-il d'un ton brutal.

Têtue et vexée, Ielena haussa les épaules. S'il pensait l'impressionner avec son sort, c'était loupé. Le sorcier parut encore plus retenir sa colère face au dédain de la jeune femme, mais finit par laisser tomber.

- Très bien, allons-y. Prêts, vous autres ? demanda-t-il à la rousse et aux deux autres sorciers.

Ielena n'eut pas le temps de voir s'ils avaient répondu. Elle vit juste Lily pointer sa baguette sur elle, et l'instant suivant c'était le noir total. Le silence. Le vide. Elle n'entendait plus le moindre son et ses yeux pourtant ouverts ne parvenaient plus à lui restituer la moindre image. Elle sentit à peine qu'on lui prenait Roksana des bras. A peine une minute plus tard, alors qu'elle tentait de s'habituer à cette condition, elle sentit qu'on lui saisissait la main et qu'on la plaquait sur un objet froid. Ensuite vint la désagréable sensation de prendre un Portoloin... Merlin qu'elle détestait ce moyen de transport.

Exténuée par les récents événements, Ielena se laissa finalement aller dans ce monde sombre et vide. Qu'importait à présent ? Tout ce qu'elle désirait à présent était un lit où se reposer, du calme, et la présence de ses sœurs pour oublier qu'elles venaient de devenir de simples prisonnières, au sein d'une guerre qu'elle avait toujours voulu ignorer. Mais il semblait que la réalité venait de la rattraper, comme un pêcheur tente de garder un poisson glissant de ses filets...


Une question, un doute, des hypothèses, des suppositions, une réclamation folle ?
Le bureau des reviews vous est ouvert ! :)

Les reviews sont indolores pour les lecteurs, vitales pour les auteurs ! Merci !