Bonjour à tous, chers lecteurs,

Non vous n'êtes pas en plein rêve, je publie bien un mois et une grosse semaine après le dernier chapitre... moi-même je n'y crois pas ! Mais je me force à écrire et à tenir des délais plus courts. Reste à voir si ça continuera ainsi... :D Je l'espère !

Quoi qu'il en soit un grand merci aux trois reviews reçues pour le chapitre précédent, moi qui pensais que vous aviez abandonné.. Je suis ravie de voir que vous avez été nombreux à lire le dernier chapitre !

Bienvenus également aux petits nouveaux ! Il semblerait que vous soyez 53 à suivre les aventures de Ielena Volonski ! Merci !

Au programme dans ce chapitre 11, une Ielena pas au bout de ses surprises, qui va un peu redescendre de son piédestal ! ... Pas trop tôt ! J'avoue que c'est un chapitre que j'adore car il est plus sombre, et c'est un chapitre particulièrement important dans la suite des événements !
Le titre veut dire "l'Eveil" pour la petite histoire ;)

J'espère sincèrement qu'il vous plaira ! N'hésitez pas à me le dire surtout !

Prochains chapitre, mi à fin avril max (j'espère ! )

Bisous à tous, et excellente lecture !

l'Elfe


Un grand merci à

Camillebibi

FanManga28

Braisebang


Chapitre 11 :

Probuzhdeniye

OoOoOoO

Le regard tout à fait courroucé de la jeune russe ne fit pas son effet. Malgré l'air peu commode qu'elle affichait, Dick n'en démordait pas et lui tendait toujours la fourche, un sourire immense agrandissant son visage dévoré par les tâches de rousseur. Furieuse, Ielena sentit ses dents se serrer. Elle aurait tout donné pour pouvoir gifler ce satané cracmol.

Mais absolument imperturbable, l'employé de Hypérion Potter continuait de la fixer, goguenard.

- Vous ne croyiez tout de même pas qu'on allait vous faciliter la vie en plus ? Ricana-t-il, trop heureux de se moquer de la jeune femme.

Elle ne répondit rien, se contentant de plisser les yeux en une grimace mauvaise. Elle se jura, ce jour-là, qu'elle lui ferait ravaler son sourire à coup de sortilèges cuisants le jour où on lui rendrait sa baguette. Non sans lui arracher au passage la fourche des mains, la sorcière s'en alla d'un pas rageur vers les écuries. Elle ne manqua toutefois pas d'entendre le rire tonitruant de Dick Spinett dans son dos.

Elle était vexée, et c'était là un euphémisme. Que Hypérion la force à travailler pour lui, c'était déjà compliqué à vivre. Mais devoir supporter comme instructeur ce lourdaud de Spinett, cracmol de son état qui plus est, et avoir pour tâche principale le récurage des box sans utiliser la magie, c'était trop pour l'ego surdimensionné de Ielena Volonski. Rageuse, elle planta sa fourche tristement non magique dans un tas de paille souillée.

Distraitement, elle baissa les yeux vers l'accoutrement qu'elle devait à présent porter. Par les goules du lac Baikal, elle était en pantalon ! Jamais Ô grand jamais elle ne se rappelait avoir dû porter un pantalon, à l'exception de quelques rares occasions où personne ne pouvait la voir. A présent, ses jambes étaient emprisonnées dans un pantalon féminin en toile épaisse marron ostensiblement proche de ses formes, ainsi que dans une paire de bottes en cuir de couleur cognac. Le chemisier blanc à col haut disparaissait sous une veste moins cintrée que celles qu'elle avait l'habitude de porter, mais au moins était-elle plus confortable pour nettoyer les écuries. Bref, Ielena Volonski se voyait accoutrée comme une cavalière du 19ème siècle. C'était là la seule tenue qu'elle avait accepté sans hurler, parmi tout ce que lui avait proposé Hypérion. Au moins était-ce élégant, bien que complètement différent de ses toilettes habituelles.

Depuis que Hypérion l'avait prise à son service, Ielena ne décolérait pas. Elle, Grand-duchesse de son état, se retrouvait à patauger dans le purin sous le regard amusé d'un imbécile de cracmol. Cela ne faisait que deux jours, mais déjà elle maudissait le père de James, et avait déjà planifié toutes sortes de morts pour ce stupide Dick Spinett. Elle en venait presque à regretter sa famille et leur folie meurtrière. Songeant à cela, elle eut une mauvaise grimace. Non, finalement ce n'était peut-être pas comparable.

Laissant échapper un énième grognement, la jeune sorcière fronça le nez lorsqu'une odeur de crottin particulièrement nauséabonde atteint son odorat délicat.

- Par Merlin, jura-t-elle tout haut.

Furieuse, elle manqua de lancer la fourche qu'elle tenait à l'autre bout de l'écurie.

- Eh bien eh bien, toussa une voix derrière elle.

Les yeux comme deux fentes, Ielena se tourna brusquement vers Hypérion. Le sorcier, les mains sur les hanches, était vêtu de son habituel costume de cavalier anglais, et la fixait avec malice. A l'évidence, il s'empêchait de rire.

- Comment se déroule votre journée, très chère ? Demanda-t-il, non sans jeter un regard plus hilare encore à la tenue de la jeune femme.

Il fallait avouer que voir Ielena Volonski au milieu d'un box, la paille jusqu'au mollet, dans un ensemble de cavalière très passé de date, était tout à fait distrayant pour le sorcier. Il se dit d'ailleurs qu'il aurait dû aussitôt appeler James et Sirius. Il était certain que les deux auraient apprécié le spectacle et se seraient chargé du fait que la sorcière ne l'oublie jamais.

Face à sa question, Ielena, elle, sentit qu'elle allait exploser. Sa bouche se tordit en une grimace fort imagée.

- Aussi bien qu'il est possible..., grinça-t-elle.

- J'en suis ravie ! Allez, venez donc avec moi, rit-il en voyant la sorcière bouillir plus encore. Dick va s'occuper de ça.

Surprise mais trop heureuse de laisser là sa tâche bien trop ingrate, Ielena abandonna la fourche dans un coin et suivit son hôte à l'extérieur de l'écurie. Avisant ses mains alors qu'elle arrivait dans la cour, la Volonski eut la désagréable surprise de voir des ampoules sur ses jolies paumes qui d'ailleurs étaient plus sales qu'autre chose. Mimant un haut le cœur tout à fait théâtral, elle fusilla plus encore Hypérion du regard. Vraiment... l'ensemble de ses ancêtres devaient à l'heure actuelle la maudire sur plusieurs générations à salir ainsi le nom des Volonski. Elle songea qu'elle aurait vraiment dû envoyer paître le sorcier, quitte à le mettre en colère. Elle se surprenait encore d'avoir accepté si facilement de travailler avec lui. A croire qu'elle manquait cruellement de combativité !

Sans décolérer une seconde, elle avisa Hypérion qui s'était arrêté à quelques pas d'elle, au coté d'un grand cheval. Attaché à un anneau fixé au mur en brique, l'animal la regardait arriver, ses naseaux frémissant et la queue fouettant l'air avec calme.

- Maintenant que vous avez parfaitement compris comment nettoyer une écurie, il est temps de passer à quelque chose de plus amusant ! Lui lança Hypérion tandis qu'elle s'arrêtait à quelques pas.

Ielena ne manqua pas le clin d'œil qu'il lui lança, mais ne pipa mot, trop occupée à rester à une distance toute calculée de l'imposant cheval qui lui faisait face.

- Voici Louna, lui apprit Hypérion en flattant la large encolure de l'animal. C'est une jument de quatre ans, et elle est à présent sous votre responsabilité.

- Pardon ?

- Enfin je veux dire que vous allez vous occuper d'elle plus encore que des autres, expliqua-t-il devant l'air effaré de la sorcière.

Ielena cligna plusieurs fois des yeux. Hypérion avait vraiment des idées absurdes parfois !

- Je ne comprends pas... je vous ai dis que je ne connaissais que peu de choses à ces animaux ! Fit-elle en secouant la tête, chassant de son esprit tout le mal qu'elle pensait du sorcier à cet instant.

Elle allait vraiment finir par lui avouer qu'elle le pensait fou... Comment pouvait-il lui confier un cheval alors qu'elle était totalement inculte en la matière, et absolument pas rassurée par ces animaux de surcroît ! Interdite, elle jeta un regard en coin à la jument.

Louna était une très belle bête, grande et bien proportionnée. Son encolure était large et son port de tête haut son chanfrein busqué lui donnait l'air d'un cheval de guerre d'autrefois, ainsi que ses jambes longues et fortes. Les crins fournis et ondulés avaient la couleur de la nuit, tandis que le reste de la robe était d'un beau caramel ourlé de reflets fauves. Sur son front, une grande marque blanche descendait d'entre ses oreilles jusqu'à ses naseaux légèrement rosés enfin elle possédait deux grandes balzanes aux postérieurs, comme si elle avait trempé les pieds dans la crème jusqu'au canon. Ielena la trouva de suite magnifique, comme une gravure des temps anciens.

- Vous apprendrez avec elle, c'est bien là l'objectif ! Enfin pas à monter, car dans ce domaine là, Louna est tout aussi débutante que vous ! En revanche pour ce qui est de la confiance, des soins et de bien d'autres choses que les chevaux peuvent nous enseigner, Louna sera en quelque sorte votre cheval d'école, finit Hypérion .

Non sans lui jeter un regard soupçonneux, Ielena s'avança prudemment vers la jument. Celle-ci n'avait pas bougé et se contentait de la regarder approcher. Ayant déjà été quelques rares fois en contacts avec d'autres chevaux de Hypérion, elle fit comme celui-ci lui avait appris et approcha sa main des naseaux de l'animal. Stoppant là son geste, elle attendit que Louna s'approche, et sentit bientôt le souffle chaud de la jument sur ses doigts.

- Elle semble pouvoir vous supporter ! Tant mieux, rit le sorcier en regardant la scène. Car je vous préviens, cette demoiselle est bourrée de sang et a un sacré caractère !

- Alors pourquoi me la confier ? S'effara Ielena en retirant sa main un peu trop brusquement.

Le père de James eut un rire franc.

- Précisément car vous avez un caractère semblable. Je me suis dit que cela pouvait marcher entre vous, sourit-il visiblement très fier de sa déclaration.

Aussitôt, Ielena le fusilla du regard. Elle avait depuis longtemps remarqué comme Hypérion Potter avait la moquerie facile, et visiblement il aimait s'en servir sur elle sans même s'en cacher. Pince sans rire, le sorcier ne loupait pas une occasion de lui envoyer quelques piques, mais ce toujours avec classe. C'en était diablement vexant pour la russe qui, ne nous cachons rien, était fortement susceptible. Et ce plus encore depuis qu'elle passait ses journées dans une écurie à ramasser crottins et fumier...

Non sans peine, Ielena ravala la remarque peu sympathique qui lui venait et se mordit la lèvre inférieure. Satané Hypérion !

- Ne faites donc pas cette tête, ma chère ! Ce n'est pas une punition ! Rit-il en remarquant l'air renfrogné de la jeune femme. Venez donc ici, que je vous montre les bases d'un bon pansage !

Ielena se contenta donc d'écouter et regarder faire Hypérion durant une grosse demi-heure. Certes, elle bouillonnait car elle n'avait toujours pas accepté le fait de devoir travailler. Après tout, elle n'avait pour ainsi dire jamais travaillé de sa vie ! La seule tâche dont elle pouvait s'acquitter sans peine était servir le thé et s'occuper de ses sœurs. Alors patauger dans la paille, nourrir des chevaux, leur apporter soin et attention... Vraiment, quelle idée !

De mauvaise grâce mais toutefois curieuse de nature, elle observa Hypérion brosser la dénommée Louna s'occuper du soin de ses pieds. Attentive, elle finit par se laisser entraîner dans le flot d'informations que pouvait lui donner le sorcier, et s'y intéressa bien malgré elle.

Les jours suivant, elle s'occupa avec lui de changer les juments de pâture. Elle apprit que certaines étaient gestantes et malgré toute sa mauvaise volonté, elle fut vite curieuse des croisements que Hypérion pouvait faire. En réalité, elle prit vite goût à cette drôle de vie qu'elle menait à présent.

Chaque matin elle se levait aux aurores pour aller nourrir les chevaux restés aux box, avec l'aide de Dick. Le cracmol la prenait toujours autant de haut, mais la jeune femme avait bien suffisamment de caractère pour l'envoyer paître plus que nécessaire à chaque manque de respect. Malgré tout, le rouquin lui apprenait les bases de la gestion d'une écurie. Après s'être occupés des rations des chevaux restés aux box, ils partaient faire le tour des pâtures des juments et des jeunes chevaux. Lorsqu'elle avait demandé combien de chevaux ils possédaient au haras, Hypérion avait été très fier d'avouer avoir plus d'une cinquantaine d'animaux : il possédait quatre étalons magiques et deux moldus une vingtaine de juments dont la moitié était magique également et enfin leurs descendances qui avaient entre un et six ans. De ce qu'elle avait compris, il vendait une grande partie des chevaux totalement moldus et ceux qui étaient croisés ou purs magiques avaient plus de mal à trouver preneurs.

- Les moldus sont bien plus intéressés que nous autres, sorciers, par ces fantastiques animaux, lui avait expliqué le sorcier. Les demi-sangs commencent seulement a être connus du grand public. Je peux vous assurer que quand j'ai commencé il y a quelques années, je passais pour un pauvre fou auprès de mes confrères éleveurs ! Acheva-t-il non sans faire la moue.

Face à cette déclaration, Ielena n'avait pu s'empêcher de penser qu'elle n'en voyait toujours pas l'intérêt ! Certes il utilisait une très belle race moldus, le Lusitanien, d'origine portugaise, qui apportait force et caractère aux chevaux magiques. Mais malgré tout... non vraiment elle ne comprenait pas.

Le samedi, alors qu'elle douchait les jambes de Louna face au regard attentif de Hypérion, elle lui avait demandé ce que sa jument avait de magique. Pour l'instant elle n'avait pas constaté dans son comportement ou ses attributs une seule once de magie.

- Vous verrez bien, le moment voulu ! Avait-il répondu énigmatique.

Puis il était parti sans un mot s'occuper de son étalon ailé, Néron.

Lorsqu'ils avaient fini le tour des pâtures avec Dick, il fallait ensuite sortir les étalons dans leurs paddocks respectifs. Ielena avait d'abord été énormément impressionnée par ces montagnes de muscles. Qu'ils soient moldus ou non, les étalons étaient de superbes bêtes au sang chaud qui avaient tôt fait d'impressionner lorsqu'ils sentaient les humains craintifs. Elle avait eu la surprise une fois de reculer face à Mercure, qui était à moitié licorne, mais on ne l'y avait pas repris à deux fois. Il fallait s'imposer face à ces créatures, avoir un caractère intransigeant car ils avaient vite le pouvoir de prendre le dessus. Mais Ielena, bien que peu habituée aux chevaux, avait la chance d'avoir une force de caractère assez impressionnante, dotée d'un ego surdimensionné. Aussi, en trois jours, elle avait su trouver une manière de s'imposer face aux chevaux qui, si ils la testaient souvent, finissaient par la suivre sans trop de cérémonie, et ne la bousculaient plus.

Hypérion était presque surpris qu'elle se fasse aussi bien à ce nouveau quotidien. Chaque midi ils allaient déjeuner avec Albertina et les deux petites Volonski, et sans même s'en rendre compte ils finissaient par discuter des chevaux et de ce qu'il se passait à l'écurie. Albertina non plus ne s'attendait pas à ce que la russe finisse par apprécier cette nouvelle vie. Avec surprise, elle l'écoutait poser quantité de questions à son époux, celui-ci répondant avec entrain. Dès qu'il s'agissait de sujets équestres, elle le savait parti pour des heures.

Ce que Ielena aimait par-dessus tout était l'après-midi, lorsque Hypérion montait les quelques chevaux qui travaillaient réellement. Malgré le temps que ça lui prenait, le père de James mettait un point d'honneur à monter ces chevaux-là au moins tous les deux jours, afin qu'ils gardent leur formes physiques et ne prennent aucune mauvaise habitude. Elle ne l'avouerait jamais à haute voix, mais Ielena se passionnait de le voir galoper sur les grands étalons moldus, bien plus dociles lorsqu'il s'agissait de faire du dressage.

Dans ces moments là, Dick s'essayait avec elle, et lui expliquait les différentes allures, les figures, mais aussi des choses moins évidentes à voir pour un œil de débutant : le passage, les appuyer... Ielena soudain, avait l'impression que Hypérion faisait danser les chevaux. Et secrètement, elle rêvait qu'un jour il lui enseigne comment faire.

OoOoOoO

Le ciel avait pris la couleur de l'encre ce soir-là. Il n'était pas vingt heures, mais les jours n'étaient pas encore aussi longs que durant l'été, et la nuit tombait encore bien trop vite au goût de Ielena. Distraite, elle regarda les nuages légèrement rosés passer derrière la lande, perdant de leurs couleurs chatoyantes au fur et à mesure des secondes. Le soleil ne se devinait plus que grâce à la pâle couleur orangée qui semblait dormir, plus loin encore que l'horizon. Dans le jardin devenu sombre, elle entendit un corbeau, probablement perché dans l'un des grands arbres de la propriété des Potter.

Détournant les yeux de la grande baie vitrée du salon principal du cottage, elle partit s'asseoir dans le canapé où se trouvait déjà Ella. La petite blonde lisait un livre illustré que lui avait prêté Albertina. Lorsqu'elle tourna une énième page, les images s'animèrent de nouveau : une petite fille accompagnée de sa mère avait la peau qui se couvrait en quelques secondes de verrues peu esthétiques. Particulièrement attentive, Ella laissa ses yeux suivre le fil de l'histoire du sorcier et la marmite sauteuse, à peine consciente de la présence de son aînée à ses cotés.

Caressant par automatisme les boucles de sa sœur, Ielena jeta un coup d'œil à Roksana qui, elle, jouait avec une poupée de chiffon magique avec Albertina. Une seconde, Ielena songea que la mère de James s'occupait très bien des fillettes, et celles-ci l'avaient plus qu'adoptée. Ce n'était absolument pas comparable au comportement qu'elles avaient eu avec Mrs. Malfoy, bien au contraire. Avec Albertina Potter, les deux petites Volonski devenaient aussi naturelles et à l'aise que lorsqu'elles étaient avec Leda, autrefois. Ielena avait tenté plusieurs fois de les éloigner de l'épouse Potter. En vain... Elle ne savait combien de temps elles allaient rester ici, et elle ne voulait pas que les fillettes s'attachent à quelqu'un. Elles avaient déjà trop perdus … Ielena ne voulait pas que cela recommence.

Réprimant un soupir, elle jeta un nouveau coup d'œil à l'extérieur. A présent, le ciel était totalement sombre. Un léger tremblement l'agita, sans qu'elle ne puisse le contrôler. Son sort et celui des fillettes se décidait probablement ce soir. Elle avait tenté de ne pas paniquer durant toute la journée, et même depuis ce fameux mardi où Hypérion lui avait annoncé la rencontre qui aurait lieu ce soir. Elle s'était plongée dans son travail aux écuries. Étonnamment, la présence des chevaux l'avait aidée quelques jours à dissiper la peur qui commençait à la ronger. Elle en venait à se dire qu'elle s'habituait vraiment à cet état de terreur, comme si c'était à présent une seconde nature chez elle. Mais elle était aussi suffisamment maîtresse d'elle-même pour que les époux Potter ne remarquent pas son état de panique.

Les yeux fuyants, elle glissa un regard vers Albertina. Celle-ci la fixait, un air ennuyé sur ses traits doux. Abandonnant Roksana, la sorcière vint se poster devant Ielena et posa une main qui se voulait probablement réconfortante sur son épaule.

Aussitôt, Ielena ne put réprimer le réflexe de recul qu'elle eut. Elle n'était pas habituée aux contacts, sauf ceux qu'elle initiait elle-même. Et ce geste plein de gentillesse la mettait plus mal à l'aise encore que ceux violents que sa mère avait envers elle.

Retirant sa main, Albertina tenta comme elle le put de cacher son trouble, mais elle commençait à avoir l'habitude. Les Volonski n'étaient décidément pas comme les autres, Ielena plus encore que ses deux sœurs. C'était comme un chat sauvage, qui ne se laisserait en aucune façon domestiquer. Et qui d'ailleurs sortait très souvent les griffes.

Gardant pour elle cette métaphore qu'elle trouvait tout à fait juste, Albertina s'assit sur l'accoudoir du canapé et ne quitta pas Ielena des yeux. Si elle n'acceptait pas son soutien à travers un simple geste réconfortant, peut-être ses mots trouveraient-ils plus facilement le chemin vers son cœur.

- Tout ira bien, ne vous faites donc pas autant de soucis..., dit-elle avec autant de douceur que possible.

Aussitôt, Ielena fuit son regard bien trop perçant. Elle n'aimait pas que Mrs. Potter comprennent si facilement ce qui la tracassait. Mais ce soir-là, son masque désintéressé avait grand mal à rester collé sur son visage. Elle était tout simplement terrorisée. Sa gorge lui piquait, déjà emprisonnée dans un étau bien trop serré.

- Ielena, murmura Albertina.

Les yeux bordeaux de Ielena se braquèrent aussitôt dans ceux de Mrs Potter. C'était la première fois qu'elle prononçait son prénom. Et elle-même n'avait absolument pas l'habitude qu'on l'appelle ainsi, à l'exception de ses sœurs. C'était trop intime, trop personnel. Mais son prénom soudain, sembla sonner si doux dans la bouche de Albertina. Sans pouvoir s'en empêcher, Ielena sentit les barrières qu'elle avait érigées se fissurer face à la mère de James. Elle lisait tant de bonté, tant de gentillesse gratuite dans son regard brun.

Face à l'air hagard de la jeune femme, Albertina ne put s'empêcher de poser sa main sur celles délicates de la Volonski. Et cette fois-ci, sans même songer une seconde à la repousser, Ielena la serra, s'accrochant à cette main comme si elle allait la sauver.

Qu'importait son ego, qu'importait ce que représentaient les Potter pour quelqu'un de sa famille. Elle voyait en cette femme tout ce qu'elle aurait voulu voir chez sa propre mère. Les larmes sur le point de couler, Ielena accorda à la sorcière un sourire éteint mais reconnaissant. Toute sa vie elle se rappellerait cette première marque d'affection reçue par Albertina Potter. Elle ne l'oublierait jamais.

Il était aux environs de vingt heures trente quand finalement le moment tant redouté arriva. Ielena était toujours dans le salon, immobile sur son canapé. Très droite dans sa haute jupe longue bleu marine, elle avait adopté une position si rigide que son corsage blanc semblait fait de plomb. Le visage impassible, seuls ses yeux paraissaient plus grands que d'habitude, comme si ils étaient écarquillés en permanence. Du coin de l'œil, Albertina la surveillait, craignant qu'elle ne cesse de respirer sous la panique.

Elle s'était chargée de faire monter Ella et Roksana à l'étage, et celles-ci prenaient leur bain avec l'aide de Twinkel, l'un des elfes de la famille. Albertina préférait laisser les fillettes en dehors de cette soirée, et Ielena avait acquiescé, muette depuis plus d'une heure déjà. La mère de James sentait que le corps entier de Ielena Volonski n'était plus qu'un tas de nerfs tendus, tant sous tension qu'elle semblait sur le point d'éclater à chaque minute.

Lily était arrivée quelques secondes auparavant par la cheminée. En un seul regard, elle avait dû comprendre la situation et s'était contentée de s'asseoir près de Albertina. D'un commun accord silencieux, elles gardaient un œil sur la Volonski et échangeaient des banalités entre elles. En réalité c'était à peine si elles s'écoutaient, comme si il leur paraissait obligatoire de briser le silence, mais sans pour autant avoir envie de donner un sens à leur conversation.

Lorsque Hypérion fit son apparition à son tour, il paraissait préoccupé. Avisant sa femme et sa belle-fille, il s'attarda ensuite sur le cas de Ielena qui n'avait pas bougé d'un iota.

- Bonsoir Lily, salua-t-il sans lâcher la russe des yeux. Tout va bien au travail ?

Lily Evans sursauta, comme si soudain devoir répondre à une question était devenu difficile. Secouant la tête, comme pour se remettre les idées en place, elle adressa un sourire désolé à son beau-père.

- Oh, oui, merci Hypérion. Tout va bien, je vous assure, dit-elle d'une voix légèrement aiguë.

- Toujours pas de promotion en vue ? Questionna Hypérion en partant allumer son cigare.

Aussitôt Albertina lui jeta un coup d'oeil peu commode. Elle n'aimait pas qu'il fume, c'était le signe qu'il était agité et nerveux. Et Ielena Volonski était déjà suffisamment tétanisée, il n'allait pas falloir qu'il s'y mette aussi !

- Pas encore. Peut-être à l'automne, laissa échapper Lily, à peine émue par sa propre déclaration.

Ielena ne les écoutait qu'à peine. Il lui semblait qu'on avait collé du coton dans ses oreilles. Les sons extérieurs lui paraissaient lointains, comme si elle avait été dans une bulle qui étouffait le reste de son environnement. Le seul son qu'elle entendait distinctement était le cliquetis incessant de la grosse horloge du hall. Elle n'était pourtant pas proche du salon, mais la jeune sorcière ne percevait que ça. Par-dessus, les battements de son cœur résonnaient dans son crâne, si fort qu'elle sentait ses yeux la piquer.

Un instant, elle se demanda par quel miracle elle respirait encore. Peut-être était-ce une sorte d'instinct de survie ?

Le bruit d'un embrasement vif la sortie une seconde de sa léthargie, et c'est les yeux comme des soucoupes qu'elle aperçut James Potter, bientôt suivi de son meilleur ami Black, surgirent de la cheminée familiale. Seuls ses yeux s'étaient tournés vers eux au moment de leur arrivée, et elle les observa épousseter leurs vêtements sans émettre le moindre son. Elle les vit à peine poser sans trop de cérémonie leurs vestes moldues, évidemment, sur le bras d'un des fauteuils du salon.

James lui accorda un regard plein de mépris lorsqu'il l'aperçut enfin. Quant à Sirius Black, après avoir courtoisement salué Albertina et son époux, il partit se vautrer dans un fauteuil en chintz rouge, une lueur mauvaise au fond des yeux.

Si la situation avait été tout autre si ce jour avait été différent, Ielena aurait répondu par une moue monstrueusement dédaigneuse. Probablement. Mais ce soir-là, elle ne se concentrait que sur une chose : ne pas rendre le contenu de son estomac sur le tapis blanc de Albertina Potter. Cela aurait été d'un très mauvais effet.

Mais elle ne pouvait s'empêcher d'être terrorisée. Malgré le réconfort que lui avait apporté Mrs. Potter, malgré les gentils conseils de son époux... elle tremblait de peur. Ielena Volonski n'avait jamais été courageuse. Elle s'était toujours réfugiée derrière son nom, derrière la protection qu'était son père. A présent il lui semblait qu'elle était seule face à son propre sort, aussi vulnérable que si elle avait été une vulgaire moldue. Et elle n'aimait vraiment pas ça.

- Quelle ambiance ! Ricana soudain James.

Ielena ne sut jamais si cette phrase avait été dite pour détendre l'atmosphère ou pour se moquer d'elle plus particulièrement. En réalité, c'est à peine si elle l'entendit. En revanche elle nota sans aucune peine le regard assassin que Albertina adressa à son fils unique. Celui-ci ne devait pas y être très habitué, car il ouvrit de grands yeux surpris et leva les mains, comme si il battait en retraite. Non sans un soupir, il partit s'asseoir à coté de Lily Evans, embrassant ses lèvres rapidement.

Encore une fois, si ce jour avait été différent, Ielena aurait tiqué devant ce baiser pourtant bien fugace. Elle n'était pour ainsi dire pas habituée aux élans d'affection, encore moins ceux de couples. Les baisers étaient pour elle aussi mystérieux que les sentiments amoureux. Mais ce soir-là, elle n'y prêta que peu d'attention.

Les narines toujours férocement pincées, Ielena Volonski fut probablement la première personne de la pièce à apercevoir les flammes de l'âtre devenir vertes une troisième fois en quelques minutes. Le sang quittant son visage comme si il avait fui devant un détraqueur, la jeune russe détailla en une seconde le personnage qui venait de faire son entrée dans le salon des Potter. L'air – soudain – semblait s'être suspendu. Car la personne nouvellement arrivée semblait de celles qui accaparent tant l'attention qu'elles font disparaître tout ce qui les entourent.

Ielena dut s'y reprendre à deux fois avant de respirer normalement. Devant elle, grand et ô combien impressionnant, se tenait un sorcier qu'elle n'aurait jamais imaginé voir de sa vie, et encore moins chez Hypérion et son épouse. Albus Dumbledore épousseta sa longue robe bordeaux brodée d'argent en un geste impatient, imperturbable.

Sans lui accorder un seul regard, il s'approcha de Hypérion qui se dirigeait vers lui.

- Hypérion, Albertina. Je m'excuse de n'arriver que maintenant, commença le sorcier. Cette très chère Minerva m'a retenu plus qu'il n'était prévu... une histoire d'élèves se baladant dans la forêt interdite, voyez-vous. Quelle drôle d'idée.

Devant l'air absolument effaré de Ielena Volonski, le sorcier émit un gloussement, comme s'il tenait là une conversation tout à fait banale. Elle ne surprit même pas le regard amusé que Sirius échangea avec son compère, ni le coup de coude à peine discret que Lily donna à James.

Le froid de la terreur engourdissant toujours plus son corps tendu, la jeune russe étudia avec des yeux ronds ce sorcier qu'on lui avait appris à détester avant même qu'elle sache marcher. Car si elle était russe, et non pas britannique, Ielena connaissait parfaitement la réputation de Albus Dumbledore au sein des familles de sangs-pur. Dans son pays, tous ceux qu'elle avait appris à cotoyer bien malgré elle le désignait comme le sumasshedshiy staryy. Littéralement, « le vieux fou ». Et les slaves le détestaient d'autant plus que c'était lui qui avait mis en échec un certain Grindelwald, que son propre père Nikolaï voyait comme une sorte de dieu vivant.

Ignorant comme elle le pouvait la terreur qui commençait à l'empêcher de respirer normalement, Ielena s'attarda sur le physique de Dumbledore. C'était étonnant car tout chez cet homme montrait un âge avancé, mais son attitude générale donnait l'impression qu'il respirait la vitalité... un drôle de paradoxe qui ne faisait que renforcer son idée que cet homme était extrêmement puissant...

Muette, elle le regarda plaisanter avec Albertina qui semblait ne pas trop savoir où se mettre. Ce qui était frappant sans doute, étaient les yeux d'azur du sorcier, qui brillaient en permanence derrière des lunettes rectangulaire. Le nez aquilin paraissait avoir été taillé dans un bloc de pierre, et les cheveux et barbes blancs se confondaient entre eux, moussant autour de son visage et tombant dans son dos en un catogan élégant.

Toujours interdite, Ielena sentit soudain un regard sur elle. Elle avait beau nager en pleine terreur, elle demeurait encore suffisamment alerte pour remarquer cette attention particulière dont elle était l'objet. Toujours sans bouger le moindre muscle, elle tourna brusquement les yeux et plongea sans le contrôler dans ceux d'un gris d'onyx de Sirius Black.

Le sorcier n'avait pas bougé de sa chaise, et la fixait d'un air mauvais, ses deux mains croisées sous son menton. Lorsqu'il remarqua qu'elle avait surpris son regard bien trop insistant, il eut une moue quasi dégoûtée, et secouant énergiquement du chef, il se leva en l'ignorant superbement.

Aussitôt Ielena sentit son nez se fronçer d'indignation, comme par automatisme. Décidément, ce Black-là commençait sérieusement à l'agacer. Il ne pouvait s'empêcher de la regarder comme si il lui était supérieur. Quelle blague ! N'était-il pas un traître à son sang après tout ? Au fond d'elle, la jeune femme sentit son ego se réveiller d'un coup. Comment osait-il seulement la fixer ainsi ! Elle n'était pas née Grande-duchesse pour qu'un pauvre insecte, certes plutôt agréable à regarder, la traite avec autant de mépris. Sans même pouvoir le contrôler, Ielena releva sa lèvre supérieure en une expression dédaigneuse et perçut ses cils se voiler d'indignation. Quel imbécile que ce Sirius Black. Du coin de l'œil, elle aperçut sans peine le regard désolé qu'affichait Lily Evans. Celle-ci aussi lui tapait sur les nerfs d'ailleurs... à croire qu'elle était toujours désolée de tout. Ne pouvait-elle pas juste la détester, comme Sirius et James. Au moins, Ielena aurait eu une bonne raison de lui envoyer une réplique cinglante.

Délaissant là son mépris pour la rouquine, Ielena tourna brutalement la tête face à elle, une lueur déterminée au fond des yeux. Elle commençait réellement à s'agacer de cette situation où elle n'était pas maîtresse du jeu. La mâchoire serrée, elle sentit que ses lèvres se tordaient en une moue arrogante.

Écoutant la conversation que Albus Dumbledore continuait de tenir auprès des Potter, Ielena percevait la colère qui commençait à affluer dans sa tête. Elle l'emportait tant qu'elle sentait son visage devenir brûlant, comme dévoré par le feu de la fureur. Les lèvres tremblantes, ses yeux la piquaient et elle se mordait l'intérieur des joues pour ne pas exploser. A chaque phrase légère que le sorcier prononçait, elle sentait son niveau de colère croître. Ses joues tressautaient, agitées par des tics de fureur. Elle ne supportait pas d'etre ignorée ainsi.

Soudain, alors qu'il venait de parler de la bruyère qu'ils avaient à Poudlard, Albus Dumbledore finit par se taire. Après un long silence qui emprisonna la pièce dans une tension à couper au couteau, il reprit, d'une voix cette fois-ci froide et inflexible :

- Je m'excuse miss, je ne crois pas m'être présentée depuis mon arrivée ici.

Ielena ne put contenir le grincement de ses dents. Les yeux comme deux fentes, elle se leva du canapé, rigide comme un bâton de bois. Impérieuse et le regard aussi dur qu'un diamant, elle se tourna lentement vers les sorciers, une aura sombre flottant autour d'elle. Le sourcil relevé, elle plissa plus encore les yeux.

- Je sais parfaitement qui vous êtes, clama-t-elle, son accent russe soudain réapparu.

Les yeux d'azur de Albus Dumbledore la détaillèrent sans ménagement, tandis qu'elle constatait elle-même la mine glacial qu'il affichait. Cette fois-ci, il n'avait plus l'air aussi jovial qu'il avait avec Albertina et Hypérion. Sans trembler, la jeune femme lui rendit son regard, absolument pas émue. Après tout, elle avait dû subir vingt ans la présence de ses parents et avait même tenu une discussion face à un mage noir... Albus Dumbledore ne pouvait rivaliser face à l'aura de ce dernier, même si elle avouait au fond d'elle qu'il était impressionnant.

- Je suis ravie de savoir que même les sorciers russes me connaissent..., roucoula faussement le sorcier, ses yeux brillant une fugace seconde.

Ielena releva plus encore la tête, un air outrageusement méprisant peignant son visage d'ordinaire plus beau.

- Je vous assure que la manière dont on m'a parlé de vous n'a rien d'élogieuse...

- Je ne peux que l'imaginer, si vous êtes fille de Nikolaï Volonski, répondit Dumbledore sans s'émouvoir une seule seconde. Après tout, j'ai participé à la mort de votre grand-père en 1945...

L'air de la pièce sembla se suspendre. Ielena entendit sans la moindre peine le son étranglé que produisit Albertina, et l'air effaré des autres sorciers ne lui échappa pas non plus. Venimeuse, elle manqua de lancer le vase qui était à coté d'elle à la tête de Dumbledore.

Qu'il lui rappelle qu'il avait aidé les Aurors russes à assassiner le Grand-duc Alexandre Volonski, son propre grand-père, voilà qui était trop pour son ego. Elle n'avait elle-même pas connu cet homme qu'on disait plus féroce encore que son père, car comme le disait justement Dumbledore, il avait été assassiné en 1945. Soit quasiment vingt ans avant sa propre naissance. Mais Ielena avait entendu dès sa plus tendre enfance la haine viscérale que Nikolaï Volonski vouait à celui qui avait participé à la mort de son père. Il n'avait alors que seize ans, et sa nature profondément mauvaise était déjà bien établie.

- Vous ne m'apprenez rien..., siffla-t-elle aussi venimeuse qu'un serpent.

- Votre grand-père était aussi menaçant que Grindelwald, lâcha Dumbledore en lui adressant un regard dur. Ne me regardez pas avec autant de jugement, jeune demoiselle, car il a participé à la mort de tant de moldus que nous n'avons jamais pu en connaître le nombre réel.

Elle ne put répondre à cette attaque. Elle la savait légitime. Alexandre Volonski, proche soutien de Grindelwald, avait asservi durant trois ans une partie de la Russie orientale et ordonné l'extermination de milliers de cracmols, moldus et sang-mêlés entre 1941 et 1945. Cette partie de l'Histoire, Ielena l'avait découverte par elle-même, en lisant des livres que n'appréciait évidemment pas sa famille.

Nauséeuse, car mise une fois de plus face au vrai visage de la dynastie Volonski, la jeune sorcière détourna les yeux sans un mot. Elle ne pouvait nier les méfaits de ce grand-père qu'on lui avait pourtant appris à vénérer.

- Mais je ne suis pas là pour parler de cette époque sombre. En revanche, je suis venu pour m'assurer que vous n'empruntez pas le même chemin que lui...

Le frisson qui la parcourut faillit la faire défaillir. Elle releva brusquement la tête vers Albus Dumbledore, les sourcils froncés. Elle redoutait ce qui était à venir. Derrière lui, elle vit sans peine l'air désolé qu'affichait Mrs. Potter et celui tourmenté de son époux. A l'évidence ils ne s'attendaient pas à ce que cette discussion se déroule ainsi.

Quant à James et sa compagne, ils regardaient la scène sans un mot, tout comme Sirius Black. Les trois jeunes sorciers semblaient profondément absorbés par l'altercation, comme si ils attendaient le verdict de Dumbledore avec impatience.

- J'aurais utilisé le veritaserum sans hésiter, mais il se trouve que nos réserves actuelles sont vides, reprit Dumbledore en lui lançant un regard appuyé.

-Pourquoi voulez-vous me faire boire une chose pareille. Je n'ai rien à vous apprendre ! Cracha Ielena furibonde.

S'imaginer parler sans aucun filtre et répondre à toutes questions sans même pouvoir mentir lui donna envie de vomir. Elle était de ces personnes voulant toujours tout contrôler, alors boire une potion de vérité lui faisait autant peur que la dégoûtait

- Nous savons de source sûre que vous avez été introduite auprès de Lord Voldemort, répliqua Dumbledore. Et même si ce n'était pas le cas, votre nom lui-même ne peut qu'inspirer la plus grande méfiance ! Votre père et votre frère sont bien connus ici pour n'avoir aucune pitié... Aussi ne vais-je prendre aucun risque !

Son ton était aussi dur qu'un rocher et atteignait Ielena avec autant de violence que si il l'avait giflée. Et à l'entente du nom maudit, elle eut un haut le cœur absolument pas maîtrisé.

- Comment osez-vous prononcer son nom..., trembla-t-elle en titubant une seconde.

A peine ému devant le trouble de la jeune femme, Dumbledore fronça les sourcils. Si d'ordinaire il était un sorcier affable et tout à fait aimable, face à la belle Ielena Volonski le sorcier affichait un air particulièrement sérieux.

- Un nom n'est rien de plus qu'un nom, miss Volonski. Vous qui l'avez rencontré devez savoir que c'est bien le personnage lui-même qui est dangereux, et non pas ce sobriquet dont il s'est lui-même affublé, trancha-t-il avec un regard dur.

Muette, Ielena le fixait comme s'il était fou.

- A présent asseyez-vous, nous avons bien trop retardé cet entretien ! Claqua la voix du sorcier.

D'un geste, il fit s'avancer un des fauteuils du salon dans le dos de la sorcière. Docile mais un air toujours mauvais sur son visage, Ielena s'assit par réflexe, l'estomac au bord des lèvres. Elle redoutait cet instant. D'un coup d'œil elle vit à peine Albertina lui adresser une moue navrée.

- Sans Veritaserum, je n'ai d'autres choix que d'allez vérifier par moi-même les informations dont j'ai besoin, lâcha Dumbledore en s'avançant vers elle.

- Devons-nous vous laisser, Albus ? Interrogea Hypérion les sourcils froncés.

- Ce n'est pas nécessaire.

Face à l'aura incroyable du sorcier, Ielena trembla. Pendant quelques secondes pourtant, rien ne se passa. Elle entendait juste les souffles des sorciers de la pièce, et son propre cœur qui battait contre ses côtes. Muette, elle manqua jeter un regard étonné vers Albertina, quand une drôle de sensation la saisit.

Un frisson parcourant sa colonne vertébrale, elle capta le regard azur de Dumbledore qui soudain lui semblait un gouffre dans lequel elle plongeait sans pouvoir se retenir. Une exclamation outrée franchit ses lèvres, tandis qu'elle essayait de détourner les yeux.

- Comment osez-vous utiliser la Legilimencie, gronda-t-elle, un air de louve contrariée sur le visage.

- Je vous l'ai dis, je ne prendrai aucun risque. Il y a bien trop à perdre..., fit Dumbledore sans se laisser émouvoir. Mais je vois que votre maîtrise de l'Occlumancie est excellente... ceci dit, cela ne m'empêchera pas de voir en vous, miss.

Cette menace à peine dissimulée rendit Ielena plus furieuse encore. Les yeux brillants de colère, elle sentit qu'elle allait lui sauter au visage, comme un chat fou. Pourtant, l'attraction qu'il exerçait sur elle avec ses yeux lui semblait plus forte encore que celle du Lord noir. C'était comme si on lui avait planté un crochet au niveau du nombril et qu'on tirait dessus pour l'attirer. Cependant, elle tenta de résister de longues minutes. Muette, une vilaine grimace tordant ses lèvres, Ielena essayait de ne pas succomber au regard bleu si envoûtant de Albus Dumbledore.

Elle tentait de se rappeler chaque leçon cuisante octroyée par son père des années auparavant. Elle devait résister, quoi qu'il lui en coute. Elle avait mis des années à construire la muraille infranchissable autour de son esprit tant pour satisfaire son père que pour l'empêcher de lire en elle. L'empêcher de voir cette colère, cette haine viscérale qu'elle lui vouait, à lui ainsi qu'au reste de leur immonde famille. Cacher la faiblesse qu'était ses sœurs, et ne jamais dévoiler l'intérêt qu'elle avait pour la famille moldu des Romanov. Tant de choses que le reste du monde ignorait d'elle, et qu'elle avait mis un point d'honneur à cacher.

Alors qu'elle sentait une nouvelle attaque plus violente encore, elle ne put réprimer le grondement qui jaillit de sa bouche, comme un félin en colère.

- Comment osez-vous, répéta-t-elle, les yeux fous.

- La douleur que vous ressentez est uniquement de votre fait, miss, déclara le sorcier sans la lâcher des yeux. Il ne tient qu'à vous de me laisser faire.

Ielena sentit ses doigts se crisper brutalement sur les accoudoirs en velours du fauteuil. Ses ongles s'enfonçaient dedans comme dans du beurre frais. Une fulgurante douleur lui vrilla le crâne, faisant couler une larme rageuse sur sa joue blanche. Le regard venimeux, elle tentait de repousser l'esprit intransigeant de Dumbledore.

- Albus, est-ce vraiment nécessaire ?

La voix de Hypérion sembla si lointaine à la sorcière qu'elle ne l'entendit qu'à peine, trop occupée à ne pas abaisser ses dernières défenses. Dumbledore exerçait sur elle une pression continue, avançant seconde par seconde au sein de son esprit. Elle sentait parfaitement qu'il progressait, gagnait du terrain, tandis qu'elle-même tentait de le repousser. Il ne devait pas voir, pas savoir. Non pas car elle voulait lui cacher les actes des mangemorts. C'était bien là le dernier de ses soucis. Mais par principe, par égo, elle ne pouvait le laisser parcourir ses souvenirs. Personne n'avait réussi à lire en elle depuis ses quinze ans.

Un grognement lui échappa de nouveau.

- Un autre que vous a déjà essayé de lire en moi..., gronda-t-elle. Et il n'a pas réussi.

- Si Voldemort n'est pas parvenu à percer votre barrière, c'est qu'il n'y a pas mis toute sa volonté, croyez-moi...

La réplique cinglante de Dumbledore acheva de la rendre furieuse. Mais torturée par les assauts du sorcier, Ielena sentit soudain son visage se crisper plus encore, sa tête tournant violemment de droite à gauche, comme pour se défaire d'une poigne invisible. Son souffle erratique lui parvenait tout juste, alors que bientôt elle sentit un filet de sang couler de son nez jusque sur son menton pointu.

- Albus..., gronda la voix de Albertina.

Ielena ne l'entendit presque pas. Un tremblement incontrôlé la secoua toute entière, tandis que l'azur des yeux de Dumbledore envahissait totalement son champs de vision. Elle lutta autant que possible, son ego la persuadant jusqu'au bout que personne ne devait vaincre la force de son esprit. Finalement, alors que le sang coulait toujours de sa narine et qu'un goût métallique atteignait sa langue, elle sentit son esprit exploser. Un cri d'animal pris au piège fusa d'entre ses dents.

Impuissante face à la force mentale du sorcier, elle s'abandonna.

OoOoOoO

Autour d'elle, le monde lui semblait flou. C'était un mélange de sons et d'images manquant de netteté, comme si elle s'était soudain trouvée dans une bulle d'eau ne laissant que peu passer la lumière. Puis le décor changea, comme si tout avait été aspiré autour d'elle.

Elle se retrouva dans le grand salon de leur palais moscovite. Elle reconnaissait les grandes tentures, les tableaux et les meubles luxueux qu'affectionnait tant sa mère.

Muette, le regard de Ielena tomba face à une jeune enfant de dix ans aux yeux bordeaux, durs comme l'acier et le visage fermé par la terreur. Elle se tenait très droite, le corps envahi de tremblement désordonnés. Derrière elle, sa mère la tenait par les épaules à lui en faire mal. Les doigts de la duchesse Morozna s'enfonçaient dans sa peau comme les serres d'un grand rapace, l'obligeant à regarder la scène qui se jouait devant leurs yeux.

Sur le grand tapis persan, le corps sans vie d'un homme disparaissait sous un flot de sang. Le visage n'était plus qu'un enchevêtrement de chair bouillie, et le torse était ouvert d'une immense estafilade dont coulait toujours du sang. Ielena ne sentait rien, privée d'odorat. Mais elle se rappelait nettement l'immonde odeur de sang et de mort qui ce jour-là, avait envahi leur salon.

Des hurlements déchirants la sortirent de ses pensées. Simple spectatrice d'un souvenir lointain et refoulé, elle aperçut son propre père passer devant elle. Un air fou sur le visage, Nikolaï tirait derrière lui le corps de sa jeune sœur Tatiana. Il la traînait par les cheveux, insensible aux cris qu'elle poussait. Derrière suivait Valerian, douze ans, qui semblait se délecter comme jamais de l'immonde spectacle. L'enfant tenait lui-même un poignard dans la main, la lame dégoulinant du sang de celui qu'ils avaient torturé puis tué quelques instants auparavant.

- Les Volonski resteront purs, m'entends-tu ? hurla Nikolai en traînant toujours Tatiana sur le sol.

Se tournant vers elle, il l'attira à lui, lui arrachant un cri supplémentaire. Le visage de la jeune femme n'était plus reconnaissable, déjà défiguré par la lame de Valerian et les sorts immondes lancés par le Duc. Pourtant, quelque part parmi le sang et les horribles blessures, les yeux de Tatiana Volonski brillèrent de terreur. La jeune Ielena se mordait les lèvres, s'empêchant de pleurer ou bien de vomir.

La Ielena adulte en revanche, regardait la scène, les yeux agrandis de dégoût. Elle avait réprimé longtemps ce souvenir là, l'enfouissant au plus profond d'elle-même. Et maintenant qu'elle le revoyait, elle ne pouvait contenir les larmes qui dévalaient ses joues.

La scène sembla accélerer, elle entendait à peine ce que disait son père. En revanche, elle le vit sans peine se saisir du poignard que tenait Valerian. Hurlant toujours, sa voix de stentor explosant sur les murs, il trancha sans aucun état d'âme la gorge blanche de Tatiana. Un flot monstrueux de sang jaillit, éclaboussant le visage enfantin de la petite Ielena qui hurla, sans même se retenir. Elle-même poussa un cri de terreur, dans le souvenir comme dans la réalité.

La seconde suivante, après un éclair fugace, elle revit la scène du massacre de ses domestiques. Avec violence, les images des meurtres passaient sur sa rétine brûlante. Il lui sembla qu'elle se noyait dans le sang de tous ceux qui avaient travaillés pour sa famille. Puis, sans attendre, elle vit apparaître le visage du mage noir celui de l'homme qu'il avait assassiné devant elle sans cérémonie. Les sombres masques des mangemorts suivirent.

Le sang éclaboussa une fois de plus sa mémoire. Un gémissement franchissant ses lèvres, elle n'arrivait plus à endiguer les souvenirs douloureux. La folie de son père, les gifles et les sorts que lui administrait Morozna. Le rire du Lord noir résonnait en elle, tandis que les larmes dévalaient ses joues.

Elle se revit à quinze ans, au lendemain du bal de sa présentation. Morozna la tirait par les cheveux jusqu'à sa chambre, sous le regard horrifié de Leda et d'autres domestiques. D'un coup de baguette, elle entaillait son dos d'une longue zébrure écarlate, teintant la robe blanche d'un rouge vermillon. Ielena hurla, dans son souvenir, mais aussi dans le salon des Potter. Sa mère la gifla, une fois de plus, vomissant des paroles dont elle ne se souvenait pas.

Après un éclair de plus, la jeune russe se voyait dans son bain. Elle avait dix huit ans. Son regard était devenu mortel, et pourtant elle se tenait recroquevillée dans sa baignoire. Derrière elle, les yeux brillants, Valerian la regardait avec un air malsain sur le visage. Tremblante, Ielena tenta de réprimer ce souvenir là. Un sifflement franchit ses lèvres.

- Vous n'avez pas le droit de voir ça, gronda-t-elle menaçante.

Alors que son esprit se perdait toujours entre réalité et souvenirs, elle aperçut une seconde l'azur des yeux de Dumbledore, et une partie du salon des Potter.

Puis elle revint à cette scène. Elle se voyait jeune adulte, nue et vulnérable, tentant de masquer son corps tremblant avec la mousse de son bain. Elle remarquait le regard obscène de son frère, alors que Leda entrait dans la salle de bain et le faisait sortir à grand renfort de cris.

Des mois plus tard, tandis qu'elle surveillait ses sœurs dans le jardin, elle revoyait Valerian l'approcher sans bruit et passer une main dans ses cheveux. Elle se rappelait le toucher de ses doigts, tandis qu'elle-même se raidissait de peur. Elle vivait de nouveau ses gestes qui soudain avaient atteint son cou...

Une ampoule du salon explosa au-dessus d'elle.

… Sa gorge...

Une autre vola en éclats.

… Ses seins...

Le lustre en cristal de Venise suivit, brisé en milliers d'éclats.

En parallèle, elle se rappelait les paroles de ce frère tant haï, prononcés dans le manoir Malfoy :

« Qu'importe si mon maître s'intéresse à toi ! Qu'importe si Père décide de te donner à lui ! Je te jure que je serais toujours là, à hanter chacun des pas que tu feras »

Le vase chinois de Albertina explosa à son tour.

La main de Valerian quitta sa poitrine pour descendre sur son ventre, tandis qu'il passait sa langue sur la peau nue de son cou. Tremblant tant qu'elle paraissait prise de folie, Ielena ne put empêcher ses lèvres de s'entrouvrir en grand. La seconde suivante, elle hurla.

Dans le salon, les fenêtres derrière Ielena explosèrent, soufflant tout autour d'elle. Son propre cri mourut dans sa gorge quand elle sentit brusquement le mur percuter son dos. Sans s'en rendre compte, elle s'était levée d'un bond du fauteuil qui avait volé plus loin, et avait reculé violemment jusqu'au mur. Le souffle erratique, les larmes dévalant ses joues, elle se sentit glisser au sol et fixa des yeux arrondis par la folie dans ceux de Albus Dumbledore. Celui-ci eut un drôle de soupir, le visage fermé.

- Je..., commença-t-il en esquissant un geste vers elle.

Aussitôt, Ielena tenta de reculer plus encore. Prostrée sur le sol, elle essaya de se soustraire au regard du sorcier. Ses mains glissaient sur le sol, les débris de verre et de porcelaine pénétrant ses paumes en tranchant la chair fine. Mais la terreur qui l'habitait était telle qu'elle ne sentit rien, ni n'entendit les cris affolés de Lily et d'Albertina. Son être dans son ensemble n'était plus que le pantin d'une peur inconsidérée.

Tremblante au point qu'elle claquait des dents, elle essaya de se relever pour partir plus loin, marquant de son sang le mur clair du salon. Alors, face à sa détresse, Albus Dumbledore s'arrêta. Son regard, soudain, devint aussi triste qu'il fut possible. Il soupira, une seconde fois.

- Je suis navrée, miss...

Une plainte déchirante franchit les lèvres de la russe. Elle qui avait retenu des années ce qu'elle ressentait : sa haine, son dégoût, et toute cette peur viscérale... Le fait de revivre ces scènes venait de faire éclater ses barrières psychiques, les faisant s'envoler comme un vulgaire château de cartes. Sans pouvoir se contrôler, elle se prostra sur elle-même, ramenant ses mains ensanglantées devant ses yeux. Elle les pressaient tant sur son visage qu'elle se faisait mal. Les larmes se mêlèrent au sang, le sel de ses sanglots venant piquer les plaies écarlates. Elle se rendit à peine compte de l'état dans lequel elle était.

- Votre père est probablement pire que ce que nous redoutions..., soupira Dumbledore.

Sa voix parut lointaine à Ielena, qui cependant releva la tête. Le visage ravagé par la douleur, elle ne sut que répondre, mais dans ses yeux se lisait sans peine tout ce qu'elle avait traversé sans se plaindre.

- Vous plus que quiconque avez toutes les raisons de le haïr, Miss Volonski...

- … ma tante... je suis tellement désolée, murmura Ielena d'une voix tremblante.

Le regard de Dumbledore se fit plus doux, tandis qu'un triste sourire apparaissait furtivement sur ses lèvres.

- Vous n'étiez qu'une enfant voyons... ce n'est pas de votre fait. Et votre père a, à l'évidence, très bien maquillé cet assassinat. La disparition de votre tante n'a jamais alerté les autorités magiques...

Une nouvelle fois, Ielena sentit son visage se tordre de douleur. Elle ne pouvait s'empêcher de revoir la lame de Nikolaï ouvrir la gorge si blanche et douce de Tatiana. Et tout ce sang qui avait éclaboussé le salon et ses propres cauchemars des années durant. Manquant de vomir, elle plaqua une main sur ses lèvres.

- Aidez-nous, miss. Et nous protégerons vos sœurs de ce que vous avez pu vivre. Elles en seront éloignées, je vous le promets. Quant à votre frère...

Le ton de Albus Dumbledore devint dur. La jeune femme releva la tête vers lui, comme piquée par une guêpe. Elle affichait l'air le plus terrorisé qu'il ait été donné de voir aux sorciers présents dans le salon.

- … si vous acceptez notre protection, mais aussi de nous aider... alors nous pourrons vous protéger de sa folie.

Ielena laissa reposer sa tête contre le mur et le fixa, les larmes dévalant brutalement ses joues. Un drôle de sourire triste et fugace peint ses traits fins.

- Personne ne peut me protéger de lui...

- Ma jeune amie, je pense que nous sommes précisément les seules à pouvoir vous garantir que votre frère ne pourra plus vous atteindre.

Dumbledore se tut, et se releva de toute sa hauteur. Avant de se détourner, il lui adressa un dernier regard qui manqua de la faire hurler. Elle ne pouvait supporter d'être regardée avec autant de pitié. Non sans soupirer, il se détourna finalement et se dirigea d'un pas lent vers la cheminée. Soudain, il sembla à tous que Albus Dumbledore venait de vieillir brutalement, rattrapé par le temps.

- Je reviendrai dans quelques jours, et alors vous me donnerez votre réponse, fit-il.

L'instant suivant, il avait disparu dans un éclat vert.


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