Voila le petit OS du moi de Mai.
Ce chapitre est un peu particulier dans son écriture. J'espère qu'il va vous plaire malgré sa différence.
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Bien sûr chacun ici sait ce que le monde entier devrait fêter le 2 mai, n'est ce pas ?
Comment ça non ? Vraiment ? Mais si, réfléchissez, je suis sure que vous le savez...
Non ? Alors vous allez le découvrir en lisant ce petit texte. ;)
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Rating: K
Pas de Warning particulier.
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Bonne lecture.
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2 Mai 1983.
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Dean a eu très peur, ce matin en se réveillant, parce que ses parents ne sont pas là.
Il s'est levé comme tous les matins, assez tôt pour pouvoir se glisser dans leur chambre.
D'habitude papa grogne un peu pour la forme, et maman soulève les couvertures en lui souriant et tapote le matelas pour qu'il vienne s'y glisser et se blottir entre eux.
C'est son moment préféré de toute la journée. Encore plus que la récré où il joue aux billes avec son copain Jake. Encore plus que le soir quand sa maman lui raconte une histoire avant de s'endormir. Rien ne peux lui arriver quand il se trouve là. Entre ses deux parents, Dean se sent en sécurité.
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Mais ce matin, lorsqu'il a entrouvert la porte de leur chambre, Dean a vu que le lit était vide. Les couvertures étaient toutes en désordre et les oreillers écrasés.
Ses parents avaient bien dormi là, mais ils sont partis. Partis sans lui.
Dean reste un moment dans l'encadrement de la porte, son esprit d'enfant refuse de comprendre ce mystère. Parce que c'est juste pas possible que papa et maman l'abandonnent.
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D'un seul coup, ses petites jambes s'activent à descendre les marches de l'escalier à toute allure. Sans même y réfléchir il entre en trombe dans la cuisine s'attendant à trouver papa en train de lire le journal à la table et maman devant la cuisinière occupée à lui faire cuire des pancakes dans la poêle, comme tous les matins. Il adore les pancake et maman lui en fait souvent pour lui faire plaisir. Oui, forcément, papa et maman sont dans la cuisine. Sauf qu'il ne les entend pas parler et ce silence lui fait encore plus peur.
Dans son élan, en entrant dans la pièce, il heurte de plein fouet madame Caroline, la voisine très gentille qui lui donne des bonbons parfois par dessus la clôture du jardin. Et maman lui a dit qu'il doit dire merci à chaque fois, parce que c'est poli de dire merci quand quelqu'un vous donne quelque chose.
- Et bien et bien. Dit elle en lui souriant. Doucement Dean. Tu es réveillé ? Je ne t'avais pas entendu te lever.
Paniqué et un peu essoufflé, Dean parcours la pièce des yeux. Ils ne sont pas là. Pourquoi est ce qu'ils ne sont pas là ?
Puis il reporte son regard sur la grande dame qui le surplombe en souriant et la fixe avec des yeux perdus, immobile, sans parvenir à poser la question qui l'angoisse. Elle passe doucement sa main sur sa joue. Elle a le sourire d'un ange et Dean a un tout petit peu moins peur. Madame Caroline ne sourirait pas si quelque chose n'allait pas. Si ?
- Tout va bien Dean. Ne t'inquiète pas. Tes parents sont partis à l'hôpital dans la nuit. Ils m'ont demandé de venir te garder pour ne pas avoir à te réveiller. Ton petit frère va arriver aujourd'hui. Tu vas être grand frère.
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Dean fronce les sourcils. Grand frère? Il ne sait pas si il a vraiment envie d'être grand frère.
Bien sûr, ses parents lui ont parlé du bébé qui grandit dans le ventre de maman. Et d'ailleurs Dean s'est vraiment demandé comment il avait bien pu arriver là. Papa lui a expliqué, que les bébés, c'est juste comme une petite graine au début et qu'elle grandit dans le ventre des mamans et que au bout de neuf mois, ça donne un bébé.
Alors Dean s'est imaginé que son frère allait peut être avoir des feuilles à la place des mains, comme l'arbre qui a poussé dans le jardin. Parce que papa lui a dit que l'arbre avait été une petite graine lui aussi au début. Ca serait un peu bizarre d'avoir un petit frère avec des feuilles, mais si c'est son papa qui le lui dit alors c'est que c'est forcément vrai.
Et maman a trouvé son dessin très joli l'autre jour, quand il a colorié son futur petit frère tout en vert partout. Il ressemblera sûrement à ça, non, si il vient d'une petite graine ? Et maman a rigolé.
Dean soupire de soulagement. Papa et maman ne sont pas partis sans lui. Enfin si, mais ils ne l'ont pas abandonné. Son petit coeur affolé se calme enfin. Il est bête d'avoir pensé ça en fait. Il sait bien que papa et maman ne l'abandonneraient jamais.
- Je peux aller à l'hôpital moi aussi ?
Et pourtant Dean n'aime pas les hôpitaux. Mais alors vraiment vraiment pas du tout. Maman l'y avait emmené une fois, parce qu'il était malade. Et l'infirmière lui avait fait une grosse piqûre. Il avait essayé de ne pas pleurer parce que papa avait dit que les grands garçons ne pleurent pas. Et il avait réussi. Et son papa lui avait dit qu'il était très fier de lui quand ils étaient rentrés à la maison et qu'il lui avait montré le pansement sur son bras. Et Dean aime beaucoup quand son papa est fier de lui.
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Madame Caroline s'accroupit devant lui.
- Non, il faut attendre. C'est très long pour que les bébés arrivent. La cigogne vient de très loin pour les apporter, tu sais. Ton papa viendra te chercher quand ton petit frère sera né.
Dean ouvre des yeux étonnés. C'est bizarre. Madame Caroline ne sait pas que les bébés sont des petites graines ? Elle est grande pourtant. Et les grands, ils savent tout.
Il a une petite moue déçue. Il veut aller voir sa maman tout de suite à l'hôpital. Maintenant. Pas dans longtemps.
Ce petit frère lui prend déjà sa maman alors qu'il est même pas encore arrivé. Dean fronce les sourcils. Il a plus envie d'être grand frère!
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- Si tu veux en attendant je vais te préparer ton petit déjeuner préféré et ensuite on téléphonera à la maternité pour savoir où ça en est. D'accord ?
Dean hoche la tête. Oui, il a faim et il veut qu'on lui parle de sa maman. Alors il est d'accord.
- Va t'asseoir
Et lorsqu'il obéit, Madame Caroline lui sert deux gros pancakes avec du sirop dessus. Et elle s'assoit à côté de lui et le regarde en lui souriant pendant qu'il les mange. Les pancakes ne sont pas aussi bons que ceux de maman, mais il a faim et puis madame Caroline, elle est gentille, alors Dean aime bien la voir sourire.
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L'après midi, papa arrive enfin. Il a l'air très content. Et très fatigué aussi. Mais si il sourit, alors c'est que maman va bien, non ? Forcément, parce que sinon, papa serait triste si maman n'allait pas bien. Alors Dean se sent soulagé.
Et encore plus quand papa le prend sur ses genoux et lui parle doucement. Il a un drôle d'air papa, mais Dean sait que c'est en bien, alors ça va. Mais c'est bizarre quand même parce qu'il a les yeux tous rouges, comme si il voulait pleurer. Mais c'est idiot de penser ça. Parce que son papa est fort et grand et il ne pleure pas. Jamais.
- Viens là, mon fils. Ca y est, ton frère est né. Il s'appelle Sam. Tu veux que je t'emmène le voir ?
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Sam ? Ah bon d'accord.
Mais c'est un peu rigolo quand même, parce que à son école, il y a une fille, et ben elle s'appelle Samantha. Alors Dean rigole un peu parce que le petit frère, il a presque un nom de fille.
Mais bien sûr qu'il veux aller le voir. Il faut qu'il vérifie si il a des feuilles quand même. Parce que les petits frères de ses copains de maternelle, ils n'ont pas de feuilles, alors il sera le seul. Et les autres seront sûrement jaloux.
Mais il veut y aller surtout parce que maman est là bas aussi. Et que si il va voir son petit frère, il verra maman aussi. Oui, pour une fois il veut bien aller à l'hôpital. Il voudrait juste que papa lui dise qu'il n'aura pas de piqûre cette fois. Juste pour être sûr.
Mais il ne demande rien et hoche juste la tête. Dean n'est pas un grand bavard. Le plus souvent il préfère se faire comprendre sans dire quoi que ce soit, et en général il y arrive très bien.
Alors il se dirige directement dans l'entrée et commence à enfiler sa veste, puis il s'assoit par terre pour mettre ses chaussures, parce que ça, c'est plus difficile. Mais en s'appliquant beaucoup, un petit bout de langue sortie entre ses lèvres à cause de la concentration, il arrive à faire les boucles avec ses lacets, comme maman lui a appris.
Papa se lève de sa chaise et discute avec Madame Ingalls.
Pfff, pourquoi il discute? Allez, on y va ?
Ca fait trop longtemps que Dean attend de voir sa maman! Il n'en peut plus d'attendre.
- Merci Madame Ingalls, de l'avoir gardé cette nuit et toute la journée. J'espère qu'il a été sage.
- Un vrai petit ange. Comment va Mary ?
- L'accouchement a été long et pénible. Le bébé pèse presque huit livres. Mais tout s'est bien passé.
- Sam, c'est ça? Un très joli prénom. Dites à Mary que je pense beaucoup à elle. Et n'hésitez pas à me redemander si vous avez besoin que je garde Dean de nouveau. Ca me fait plaisir.
Elle attrape son manteau et se dirige vers la porte. Dean attend déjà dans l'entrée. Il est prêt, il veut aller voir sa maman enfin! Elle pose sa main sur sa tête.
- Sois bien sage, Dean. Ta maman doit être très fatiguée. Et ton petit frère aussi. Il ne faudra pas faire de bruit à l'hôpital. D'accord ?
Dean ne comprend pas pourquoi elle lui dit ça. Pourquoi le petit frère serait fatigué ? Il est tout neuf, il est déjà en panne ? Et sa maman ? Est ce que c'est le petit frère qui la fatigue ? Il a pas intérêt, sinon ça va barder !
Mais il hoche encore la tête. D'accord, il sera très sage.
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Dans la voiture papa ne parle presque pas. Il passe sa main plusieurs fois sur sa figure et il baille, comme quand il veut aller se coucher le soir.
Papa aussi, il est fatigué. Comme maman alors. Et comme le petit frère.
Dean lui, ne se sent pas fatigué, c'est même tout le contraire. Il se sent un peu bizarre dans son ventre, en fait.
Comme quand il sait qu'il a fait quelque chose de mal et que maman ne le sait pas encore.
Non, c'est pas tout à fait ça. C'est plutôt comme quand papa veut faire une surprise à maman pour son anniversaire et qu'il ne faut pas lui dire.
C'est très dur, ça, de rien dire. Parce qu'on est content. Et qu'on a envie de le crier, pour que maman le sache aussi et qu'elle soit contente. Mais il faut pas. Parce qu'on a promis et qu'il faut toujours tenir ses promesses. C'est papa qui l'a dit.
Et ben là, c'est comme ça que Dean se sent. Comme quand on a un secret et qu'on a très envie de le dire et qu'on doit pas. Sauf qu'il y a pas de secret. Alors c'est bizarre.
Dean est encore en train de réfléchir à quel point c'est bizarre tout ça, quand papa se gare sur le parking de l'hôpital. Dean bondit de son siège. Il ouvre la portière de la belle voiture noire de papa et il saute dehors. Il va voir sa maman. Enfin !
- Dean, attends moi! Il y a des voitures.
La voix de papa le stoppe net, surtout qu'il vient de crier. Et quand papa dit quelque chose, il faut lui obéir. Toujours. Encore plus quand il crie. Dean n'aime pas quand papa crie. Alors il ne bouge plus et le regarde descendre de la voiture en rentrant sa tête dans ses épaules, parce qu'il sait qu'il a fait quelque chose de mal, mais il ne sait pas quoi.
Papa lui prend la main et il la tient serrée pendant qu'il ferme la voiture à clef. On dirait que papa a eu peur. Mais pourquoi il aurait eu peur ? Il allait pas courir sur la route. Il est grand maintenant, il sait que c'est dangereux. Sauf que là, c'est vrai qu' il avait trop envie de voir maman, alors peut être qu'il l'aurait fait quand même. C'est ça sa bêtise alors ? Oui, c'est sûrement pour ça que papa a eu peur.
Dean baisse les yeux. Il aime pas quand il ne fait pas ce qu'il faut.
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Papa l'entraîne vers le grand bâtiment. C'est vraiment grand, et c'est tout blanc, et il y a des lumières et plein de gens et ça sent bizarre.
Dans l'ascenseur Dean aurait bien voulu appuyer sur le bouton, mais papa l'a fait avant. Tant pis.
Là, ils sont arrivés devant une porte, papa se retourne et puis il s'accroupit devant lui. Alors Dean fait attention. Parce quand papa se baisse comme ça pour lui parler, c'est parce que c'est important et qu'il veut qu'il l'écoute.
- Tu es prêt, fils ? Tu te souviens ce qu'on a dit. Tu ne sautes pas sur maman, d'accord ? Elle a mal à son ventre.
Dean fronce les sourcils. Si le petit frère a fait mal à maman...
Mais Papa se relève et il ouvre la porte. Et Dean voit maman dans son lit et il a envie de courir vers elle, mais papa lui tient toujours la main.
Alors il s'approche tout doucement, parce que maman a l'air malade. Mais ça devrait aller vite mieux parce qu'il voit le petit ange blanc sur sa table de nuit, celui qui est dans sa chambre d'habitude. Il n'avait même pas remarqué qu'il n' était plus là ce matin quand il s'était réveillé. Sûrement que maman l'a pris avant de venir à l'hôpital, pour qu'il veille sur elle. Parce que maman lui a dit que les anges veillent tout le temps sur eux depuis le paradis. Et comme elle sourit, alors Dean sourit aussi. Parce que sa maman est la plus belle du monde tout entier quand elle lui sourit.
Maman lui tend les bras et Dean lève la tête vers son papa parce qu'il ne sait pas si il a le droit de monter sur le lit.
Papa lui caresse la tête et le pousse tout doucement.
- Vas y. Doucement.
Mais doucement c'est difficile. Comme mettre ses chaussures et faire ses lacets. Alors il court jusqu'au lit mais il s'arrête juste devant. Et maman se penche et l'attire vers elle dans ses bras, mais elle grimace et Dean a peur de lui avoir fait mal. Mais elle lui sourit encore plus et le serre dans ses bras, elle le berce et respire dans ses cheveux et lui pose un bisou sur la joue.
Et Dean est juste content, parce que tout va bien. Il est dans les bras de sa maman, enfin.
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Papa s'approche d'un tout petit lit en plastique. Dean peut pas voir ce qu'il y a dedans parce qu'il est trop petit, mais il se doute que c'est celui du petit frère. Papa se penche et sort un paquet fait de plein de couvertures blanches et bleues, et qui gigotte.
- Dean, je te présente Sam, ton petit frère.
Dean ouvre de grands yeux étonnés devant la petite frimousse rose à moitié endormie. Il tend la main et tout doucement, il écarte les couvertures. Il veut voir ses mains.
Ah ben non, ça peut pas être son petit frère, il a pas de feuilles. Et il est même pas vert.
Dean est quand même un peu déçu. Il aurait bien aimé dire aux copains qu'il avait un petit frère pas comme les leurs.
Et pis alors est ce qu'il vient vraiment d'une graine, comme papa lui a dit ? C'est bizarre quand même qu'il n'ait pas de feuille, non ?
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- Tu veux le prendre dans tes bras?
Un peu effrayé, Dean se retourne vers maman qui vient de lui parler.
Ouh là, non, il ne sait pas si il veut prendre le petit frère. Parce qu'une fois il avait pris une des poupées de la sœur de Jack et il l'a fait tomber et son bras s'est détaché. Et la sœur de Jack, elle a pleuré et elle lui a crié dessus, très fort.
Et si Dean fait tomber le petit frère et qu'il le casse ? Est ce que maman va pleurer ? Est ce qu'elle va lui crier dessus aussi? Peut être même qu'elle ne l'aimera plus.
Alors Dean a un peu peur, mais il ne dit rien. Parce que papa le regarde et qu'il lui a dit que les garçons doivent être courageux.
Maman l'a déjà redressé contre elle, elle le tient toujours dans ses bras et papa est venu s'asseoir à côté d'eux sur le bord du lit avec le bébé même pas vert contre lui.
- Tu le tiens bien, d'accord? Il est fragile.
Papa vient de poser le petit frère sur ses genoux et maman referme ses bras autours d'eux deux.
Et le petit frère ouvre ses yeux.
Et il le regarde comme si il voulait lui parler, mais qu'il n'y arrive pas.
Mais il a pas besoin de parler. Parce que Dean, il le comprend.
Le petit frère a pas de cheveux, et il est tout rose et ses yeux sont tous gonflés. Il gigote ses bras et ses jambes dans sa couverture. Et Dean, lui, il sait que le petit frère est un peu perdu et que la lumière lui fait mal aux yeux et qu'il a un peu peur.
Il ne sait pas comment il le sait, mais il le sait, c'est tout.
Alors il pose sa main sur la toute petite joue et la caresse tout doucement, et le petit frère cesse de s'agiter.
Maman le regarde et pleure en souriant et c'est bizarre et inquiétant et Dean voudrait lui dire de ne pas pleurer parce que c'est pas grave si le petit frère a un peu peur ou qu'il est un peu perdu.
Parce qu'il va le protéger.
Il va s'en occuper, même si il n'a pas de feuilles.
Parce qu'il est son grand frère.
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2 mai 2017.
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Dean pousse la porte du Bunker.
Sam est salement blessé et s'appuie sur lui pour pouvoir marcher. Ils sont tous les deux couverts de sang et d'entrailles de goules. Ces saloperies étaient plus nombreuses que prévu et elles ont bien failli les avoir, cette fois. Et en plus, c'est vraiment dégueulasse et ça schlingue les boyaux de goule !
Putain, Dean déteste les goules !
Il sent son frère ramollir contre lui et passe son bras par dessus ses propres épaules pour le soutenir davantage avant qu'il ne s'effondre.
- Sam, t'endors pas !
Dean le porte presque vers le canapé et l'y lâche en soufflant parce que putain qu'est ce qu'il est lourd !
Et en plus ses propres côtes fracturées lui font un mal de chien. Mais ça, c'est pas grave. C'est Sam qui est mal en point et c'est lui qui compte. Il a perdu du sang, beaucoup trop, et Dean n'aime pas ça du tout.
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- Hé Sammy! Tu restes avec moi ok ?
Sam ne répond pas. Dean le gifle deux ou trois fois, pas trop fort, il est déjà assez amoché comme ça, mais assez pour le reveiller. Sam ouvre finalement les yeux.
- C'est Sam !
Dean sourit. Si son frangin le remballe, c'est qu'il ne va pas trop mal. Mais bordel qu'est ce qu' il est pâle!
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Lorsqu'il soulève le T-shirt de Sam, Dean comprend qu'il ne pourra pas le rafistoler lui même avec du fil dentaire et un peu de Whisky comme d'habitude. Les entailles sont trop profondes, trop longues.
Alors, il se relève et regarde le plafond, même si il sait que c'est idiot, mais c'est presque un réflexe.
- Cass, j'ai besoin de toi. Sam est blessé. C'est plutôt moche et on aurait bien besoin de ton mojo pour le guérir.
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Juste un bruissement d'aile et un "Hello Dean", et Dean se sent déjà mieux.
Il ferme les yeux alors que l'ange s'est déjà approché de son frère et passe ses mains au dessus du corps inerte, refermant les plaies dans une aura de lumière bleue.
Dean soupire de soulagement. Tout va bien aller maintenant. Castiel est là pour les aider et Dean ne se sent plus seul.
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Le soir, les deux frangins terminent leur repas, pendant que Castiel les observe silencieusement.
Grâce aux pouvoirs de l'ange, Sam est complètement guéri, et même si il ne le lui avait pas demandé, Castiel a également ressoudé ses côtes fracturées et soigné ses propres blessures. C'est quand même pratique d'avoir un ange dans l'équipe.
Mais on ne sait jamais, Sam pourrait faire une rechute. Alors c'est plus prudent que Cass reste avec eux un peu plus longtemps. C'est évidemment pour ça que Dean le lui a demandé.
Mais pas seulement.
C'est aussi parce que Cass est son ami, hum... leur ami... et que ce soir, c'est l'anniversaire de Sam.
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Dean se dit que les temps ont bien changé par certains côtés.
Mais en fait pas tant que ça si il y réfléchit.
Il se souvient comme si c'était hier de ce jour où il avait pris ce tout petit bébé même pas vert dans ses bras pour la toute première fois.
Et Dean rit en lui même de la bêtise innocente du gamin de quatre ans qu'il était. Peut être qu'un jour il racontera cette histoire à son frère. Mais il sait que Sam va tellement se foutre de sa gueule, alors il ne l'a pas encore fait. Qu'est ce qu'on est con à cet age là quand même!
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Il regarde son géant de frangin qui termine son dessert. Sam n'est plus un bébé et il a beaucoup plus de cheveux aujourd'hui que ce jour là, Dean le regretterait presque d'ailleurs, mais il avait déjà ce regard perdu qu'il a encore parfois quand il doute de lui ou qu'il ne sait pas si il fait les bons choix.
Alors bien sûr, Dean aurait vraiment l'air con si il passait encore sa main sur la joue de son frère pour le rassurer. Et si il le faisait Sammy le regarderait sûrement comme si il serait un grand malade. Alors il se débrouille pour le rassurer autrement.
Et la plupart du temps il y arrive. Parce que c'est son rôle de grand frère.
Encore maintenant.
Même si le "petit" frère en question l'a dépassé de dix centimètres. Enfin neuf, Dean y tient, c'est presque rien neuf centimètres, n'est ce pas ?
Et puis de toute façon, il reste son petit frère. C'est lui l'aîné, donc c'est lui qui sait, et il adore faire râler Sam en le lui rappelant dès qu'il en a l'occasion.
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Dean tourne la tête. Et de l'autre côté de la table, il y a cet espèce d'emplumé en trench coat qui les regarde droit comme un I sur sa chaise. Enfin qui le regarde surtout lui. Et Dean ne l'avouera jamais, ni devant Sam ni devant qui que ce soit d'autre, mais ça lui fait un bien fou de sentir ce regard sur lui. Parce que c'est agréable de savoir que quelqu'un veille sur vous. Ca vous fait vous sentir un peu moins perdu, un peu moins apeuré dans le noir, même si vous n'êtes plus un gamin de quatre ans.
Finalement, lui aussi, il a comme une espèce de grand frère ou un truc comme ça et ça lui plait bien.
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- Tu peux me passer la boite derrière toi, Cass ?
Lorsque l'ange s'exécute, Dean se fend d'un grand sourire et se tourne vers Sam.
- Bon anniversaire Sammy!
Sam lève les yeux au ciel mais ne répond pas. Il sait que Dean fait exprès de l'appeler comme ça pour le faire râler. Ca dure depuis qu'ils sont gamins. Depuis la première fois où il lui a dit que "Sammy", ça allait bien quand il avait cinq ans, mais que maintenant c'était Sam. Il aurait mieux fait de se taire ce jour là parce que depuis Dean n'a jamais arrêté.
Mais il lui a fait un cadeau. C'est vrai c'est son anniversaire. Avec la chasse et sa blessure, il n'y avait même plus pensé.
Alors pour cette fois, juste pour cette fois, il ne dira rien.
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La boite est en carton simple, même pas emballée et remplie de papier journal et Sam doit farfouiller dedans pour en sortir les cadeaux.
- Ok, un soin pour cheveux longs.
Il soupire en comprenant l'habituel allusion à peine déguisée.
Non, il ne se fera pas couper les cheveux, Dean peut bien aller se faire voir.
Il fouine encore.
- Une boite de capotes, d'accord. Un pac de bière.
Dean lui prend les bouteilles des mains et en ouvre trois qu'il distribue.
- Ca c'est pour tout de suite.
Cass s'est mis à la bière récemment. Et bêtement ça lui fait plaisir. Dean sourit lorsque l'ange accepte la bouteille en le regardant de cet air étrange qu'il n'a toujours que pour lui.
Sam sursaute légèrement lorsqu'il sort l'objet suivant de la boite mais se reprend très vite en se raclant la gorge.
- Un clown, ça faisait longtemps! Très drôle, Dean. Merci.
Dean ne peut pas s'empêcher de rire. Parce que franchement, son grand dadais de frangin qui a peur de poupées multicolores, vous y croyez vous ? Et manquer l'occasion de chambrer son p'tit frère est une infraction grave et manifeste au code des grands frères. Pas question!
- Celui là manquait à ta collection.
Dean se moque ouvertement de lui et Sam ne peut pas s'empêcher de riposter.
- Ouais, ben moi j'ai pas peur de l'avion.
- Les avions s'écrasent.
- Oui, et bien les clowns tuent.
Et Dean ne peut rien répondre à ça, parce que Sam a raison pour cette fois. Ils ont déjà rencontré le cas.
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Sam continue de farfouiller dans le carton et de sortir ses cadeaux.
Et il sait que tout au fond de la boite, il va trouver un sachet de graines. Comme l'année dernière et comme presque tous les ans.
Dean a toujours refusé de lui dire pourquoi.
Lorsqu'il le lui demande, il lui lance invariablement ce regard qui l'agace un peu. Celui qui dit:
" T'occupe pas, tu peux pas comprendre. Et puis c'est moi le grand frère."
Alors cette année, Sam ne pose même pas la question. Il demandera à Castiel, tiens, à l'occasion. Peut être que lui le sait.
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Dean lève sa bière en regardant Cass pour l'inciter à en faire autant.
Il repense à sa mère qui le tenait dans ses bras et à son père qui le regardait avec les yeux rouges ce jour là, pendant qu'un tout petit bébé même pas vert gigotait dans ses bras et qu'un ange en porcelaine les observait sur la table de chevet.
En fait ils étaient déjà tous présents ce jour là.
C'était il y a trente-quatre ans. Putain !
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- Bon anniversaire frangin !
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oOoOoOoOoOoOoOoOoOo
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Et voila, j'espère que vous n'avez pas trouvé ça trop niais.
C'est la naissance de Sam vu par les yeux d'un Dean de quatre ans, avec cet amour d'enfant qu'il ressentira toujours pour son si grand "petit frère", même tant d'années plus tard.
Toute la famille réunie. John et Mary en pensées. Et Cass, présent depuis le début, c'est comme ça que j'ai envie de le voir.
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A bientôt si vous le voulez bien.
Alors, qui va deviner le thème du mois prochain... ? ;)
