il est minuit passé, nous sommes donc le 4 juillet...pour nous ça n'a pas forcément beaucoup de signification, mais aux USA, vous le savez sûrement, c'est leur fête nationale... et pour nos deux frangins...

Ce sera le thème de cet OS du mois.

J'espère que ce petit texte va vous plaire.

Bonne lecture.

Rating: Tout public malgré, je dois prévenir, un peu de angst quand même.

.

.

Un certain 4 Juillet:

.

- Non non non, Dean, ouvre les yeux! CASTIEL ! On a besoin de toi, c'est vraiment urgent. Dean est gravement blessé. Faut vraiment que tu viennes tout de suite.

Sam conduisait l'impala à une allure folle, un œil sur la route sinueuse et l'autre sur son frère qui se vidait de son sang sur le siège passager.

La mare rouge imbibait les vêtements de Dean et coulait à présent sur le siège, formant une flaque qui s'agrandissait déjà à ses pieds.

La pensée incongrue que si Dean survivait, il le tuerait sûrement pour ne pas avoir protégé son bébé d'une bâche avant de le fourrer dans la voiture fit grimacer Sam lorsqu'elle passa fugacement dans son esprit. Si Dean survit... Il secoua la tête.

Non pas si, quand il aura survécu, corrigea t'il mentalement. Et tant mieux s'il veut me tuer, au moins ça veut dire qu'il sera vivant.

Mais un nouveau coup d'œil sur sa droite lui fit réviser ses certitudes. Bon sang, Dean était tellement pale!

- Dean, reste avec moi, d'accord ? Accroche toi, on y est presque. Allez ouvre les yeux, tu peux y arriver.

La main gauche sur le volant, Sam assena deux gifles bien senties sur la joue de son frère qui ouvrit difficilement les paupières.

- Parle-moi, mec. Faut pas que tu t'endormes, d'accord ?

La tête de Dean retomba sur sa poitrine.

- Non Dean! CASTIEL, putain qu'est ce que tu fous !

L'ange ne répondait toujours pas et Sam savait très bien que ce n'était pas normal. Il le priait depuis dix bonnes minutes et s'il n'en avait pas été empêché, il n'aurait fallu qu'une demi seconde à l'être céleste pour apparaître dans la voiture, surtout en sachant que la vie de Dean était en danger.

Sam écrasa la pédale de l'accélérateur. Si Castiel ne pouvait pas les aider, alors il ne lui restait plus que les méthodes humaines. Mais l'hôpital le plus proche était à plusieurs kilomètres. Il refusa d'écouter la petite voix dans sa tête qui lui répétait qu'il n'y arriverait pas.

- Dean, ouvre les yeux! Ordonna Sam en l'agrippant par le bras et le secouant pour le faire réagir. Faut que tu m'aides là, j'y arriverai pas tout seul. Reste avec moi. DEAN, tu m'entends ?

Dean, livide, ouvrit de nouveau les yeux et redressa la tête dans un effort visiblement titanesque, la laissant retomber en arrière sur l'appui tête.

- C'est bien. T'endors pas ok ? Parle-moi, comme ça tu resteras éveillé. On y est presque. Plus que quelques minutes et tu auras plein de petites infirmières sexy qui vont s'occuper de toi.

Le semblant de sourire qui passa sur les lèvres de son frère lui redonna de l'espoir.

- Tu sais comment... me parler... toi. Murmura Dean d'une voix presque inaudible.

- Je suis sure qu'elles vont toutes se battre pour te faire tes pansements. Tu voudrais pas rater ça quand même ?

Sam jeta un coup d'œil dans sa direction lorsque Dean, de nouveau inconscient, ne lui répondit pas.

- DEAN !

Sam sentait la panique le gagner. Il redressa de justesse l'impala qui avait mordu l'accotement. C'était vraiment pas le moment d'avoir un accident de voiture. Il le secoua de nouveau et Dean réagit une nouvelle fois en grognant faiblement.

- C'est beau...

Sam fronça les sourcils.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ?

- Tu te souviens ? Continua Dean dans un souffle, comme si il ne l'entendait déjà plus.

- De quoi est-ce que tu parles ? De quoi je dois me souvenir ?

Dean devait délirer mais Sam s'en fichait pas mal, au moins tant qu'il lui parlait, il restait conscient, et ça leur faisait gagner les précieuses minutes dont il avait si désespérément besoin.

- Regarde Sam...

Sam jeta un regard à Dean et le vit étirer ses lèvres désespérément pâles dans un faible sourire alors que ses yeux semblaient fixer un point dans le lointain. Il suivit la direction indiquée du regard. Au loin, le feu d'artifice avait commencé. On était le 4 juillet.

- Tu te...souviens, Sam ?

Sa voix n'était plus qu'un souffle.

- Bien sûr que je me souviens. On avait quoi, 10 ans pour moi et 14 pour toi ? Notre plus belle fête nationale.

Sam se passa une main dans les cheveux pour éviter de céder à la panique. Il devait parler, tenir Dean éveillé coute que coute, il disait tout ce qui lui passait par la tête.

- On va le refaire, tiens. Dès que tu sortiras de l'hosto, j'irai acheter des pétards et les plus beaux feus d'artifices que je pourrai trouver et on le refera. Mais cette fois je prendrais un extincteur. Pas question qu'on refoute le feu... Dean ?

Sam se retourna vers son frère dont la tête avait glissé contre la vitre passager et qui ne lui répondait plus. Toujours pied au plancher, il avança la main vers son cou et tenta d'y trouver le pouls, mais ne perçut rien.

- Non non non, Dean, je t'interdis de me faire ça. Putain mec bat toi ! CASTIEL !

Sam posa la main à plat sur la poitrine de son frère, mais il ne sentit toujours rien. Pas de battement de cœur. Pas de respiration. Il pila, arrêtant la voiture sur le bas-côté dans un crissement de pneus, sortit comme un fou et ouvrit la portière passager, puis posa de nouveau ses doigts sur le cou de son frère inerte et constata avec une atroce certitude cette fois l'absence de pouls.

- NON !

Dans un cri de rage autant que de désespoir, il sortit son frère de l'habitacle pour l'allonger sur le sol et commencer un massage cardiaque.

- CASTIEL ! Je t'en supplie, il va mourir, il faut que tu v...

Un bruissement d'ailes et Sam se sentit repoussé en arrière par une main ferme tandis que l'ange ensanglanté s'agenouillait déjà aux côtés de son protégé. Il tendit ses mains au-dessus du corps inanimé.

Sam se releva et s'approcha de l'être céleste prenant conscience de l'état de son trench coat déchiré, sale et taché de sang. Il vit les blessures de son frère se mettre à luire de cette si belle lumière bleuté angélique et se prit à espérer. Castiel était là, il était en train de le guérir. Il soupira de soulagement, Dean irait forcement bien.

Mais une fois les blessures refermées, Dean ne se réveillait toujours pas.

Les épaules de Castiel s'affaissèrent, alors que ses bras suspendus au-dessus du corps allongé allèrent caresser le front du chasseur.

- Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi il se réveille pas ?

Castiel se releva lentement et lui tourna le dos. L'explication tomba, implacable, d'une voix grave.

- Je suis arrivé trop tard.

- Quoi, mais comment ça trop tard ? Non, il lui faut juste un peu de temps. C'est juste ça. Il va se réveiller.

Castiel se retourna et Sam recula devant l'aspect ravagé de l'être céleste aussi bien moralement que physiquement, la lèvre fendue, le corps ensanglanté, une large blessure barrant son front, et dont les yeux reflétaient une douleur insoutenable.

- Cass, qu'est ce qui t'es arrivé ?

- Il est mort Sam. Répondit Castiel, éludant sa question. Je suis tellement désolé. Je n'ai pas pu me libérer assez vite. Je ... c'est ma faute.

- Mais tu peux le ramener, n'est ce pas ? Ca se passe toujours comme ça. On est déjà mort des dizaines de fois lui comme moi et on est toujours revenu.

Le regard douloureux de Castiel éteignit ses derniers espoirs.

- Je suis un paria maintenant pour mes frères, ils ne me laisseront jamais accéder au paradis et encore moins pour y retrouver son âme. Si je dois fouiller tous les paradis existants pour la retrouver, il me faudra une éternité, si tant est que je réussisse à leur échapper pendant tout ce temps et malheureusement justement, du temps nous n'en avons pas. Si je ne remets pas son âme dans son corps très rapidement, sa mort sera définitive.

Castiel posa les yeux sur le corps allongé sur le sol.

- Le paradis est tellement vaste, je ne saurais pas où commencer à chercher.

Sam fronça les sourcils. Il devait réfléchir et vite. Il n'était pas question que Dean meure pour de bon. Il y avait forcément une solution. Il releva la tête en entendant une détonation. Au loin le feu d'artifice battait son plein, le bouquet final crépitait tandis que les lumières multicolores s'élevaient de plus en plus haut dans le ciel comme le signe céleste qu'un Dieu pourtant trop absent aurait voulu leur adresser.

Est ce que ça pouvait être ça ?

Sam n'était pas du tout sûr de son coup, mais ils n'avaient pas le choix. Castiel avait raison, dès qu'il aurait mis un pied au paradis, les anges le prendraient en chasse, il n'aurait droit qu'à un seul essai. Ca devait être ça.

- Le paradis de chaque mort est construit depuis ses souvenirs heureux, n'est ce pas ?

L'ange acquiesça.

- Alors je sais où chercher.

.

wwwwwwwwwwwwwwww

.

C'était une magnifique soirée, chaude, sans un nuage. La voûte céleste scintillait comme un million de petites lumières dans la nuit.

Une soirée parfaite.

Et juste deux enfants dans un champs, seuls au monde.

Pas de chasse.

Pas de père ivre mort pour les engueuler ou les ignorer.

Juste Sam et lui, et les quelques feux d'artifices que Dean avait volés dans ce magasin de farces et attrapes un peu plus tôt l'après-midi même.

L'aîné riait en voyant le regard illuminé de son petit frère dans lequel dansaient les lumières des feux d'artifice.

- T'es prêt ? Je lance la suivante ?

Sam acquiesça vivement et Dean alluma la mèche fixant son frère plutôt que la fusée qui s'éleva dans le ciel, pour ne rien manquer de son expression ébahie.

Lorsque la détonation se fit entendre, Dean jeta un regard rapide à la boule illuminée qui éclatait dans le ciel. Elle était bleue, plus petite que les feux d'artifices de la ville bien sûr, c'était juste des pétards vendus aux particuliers, mais lorsque Sam se retourna vers lui les yeux pleins de joie et d'admiration, Dean se sentit comme le meilleur grand frère de la planète et ça, ça valait plus que les plus beaux feux d'artifices du monde. Et bien plus que les ennuis qu'il aurait sûrement le lendemain matin lorsque leur paternel se serait aperçu de leur disparition. Enfin, si il était rentré de sa chasse bien sûr. Ca faisait bien une semaine qu'ils ne l'avaient pas vu.

Dean allait allumer la mèche suivante lorsque le silence anormal autour de lui lui fit relever la tête. Il n'entendait plus rien, ni le bruit des insectes, ni celui du vent dans les branches ou des animaux nocturnes qui s'agitaient. Ni les exclamations admiratives de Sam.

Il se releva brusquement et regarda son frère complètement immobile.

- Sam ?

Lorsqu'il s'approcha et lui toucha l'épaule, Sam resta sans réaction, comme statufié.

Ses instincts de chasseur déjà bien développés malgré son jeune age se mirent immédiatement en alerte, quelqu'un les observait, Dean l'aurait juré. Lorsqu'il se retourna, il vit un homme en trench coat qui s'avançait vivement vers lui avec une étrange épée dans la main.

Immédiatement Dean se mit en position défensive, se plaçant entre Sam et leur assaillant pour protéger son frère, et sortit son cran d'arrêt, la seule arme à sa disposition.

- Je sais pas ce que vous êtes, ni ce que vous avez fait, mais vous allez relâcher mon frère et ficher le camp d'ici, parce que sinon vous allez le regretter. Cria t'il.

- Dean tu dois venir avec moi. Affirma calmement l'homme sans tenir compte des menaces de l'adolescent.

Dean fronça les sourcils, le couteau toujours levé prêt à frapper.

- Vous êtes qui ? Et comment vous connaissez mon nom ?

L'homme avança la main vers son front et sans aucune hésitation, lorsqu'il fut suffisamment proche, Dean lui planta son couteau en plein milieu de la poitrine, interrompant son geste. L'homme regarda trabquillement l'arme fichée dans sa chair puis le garçon face à lui d'un air simplement étonné.

- Tu ne peux pas me tuer avec cet instrument Dean. Tu devrais le savoir.

- Et comment je le saurais ? Et qu'est ce que vous voulez ?

- C'est Sam qui m'envoie.

Dean se retourna vers son frère toujours figé.

- Sam ? Mais qu'est ce que c'est que ces conneries ? Et vous approchez pas de mon frère. En reculant d'un pas, faisant rempart de son corps pour protéger son frère derrière lui, lorsqu'il vit l'homme retirer sans aucune souffrance apparente la lame de sa poitrine et la laisser tomber au sol puis s'avancer de nouveau vers lui.

- Je ne te ferai aucun mal Dean, pas plus qu'à ton frère. Je veux juste que tu te souviennes. En levant de nouveau ses doigts à hauteur de son front.

Dean resta immobile, jaugeant la situation. Il n'avait plus d'arme, Sam ne bougeait toujours pas, il ne pouvait donc pas l'agripper pour s'enfuir avec lui. Au moment où il s'apprêtait à envoyer un coup de genou dans une certaine partie de l'anatomie de son assaillant - après tout qui pouvait résister à un bon coup dans les roubignoles ?- il sentit les doigts toucher son front et une multitude d'images l'envahirent. Il recula sous le choc des souvenirs tous plus violents et sanglants de ce qu'étrangement il savait être sa vie, et qui défilaient devant ses yeux pourtant grands ouverts.

Un vertige le saisit et il sentit deux bras forts le maintenir par les épaules, lui évitant de chuter. Lorsqu'il releva la tête, il rencontra deux orbes bleues qui le fixaient d'un air inquiet.

- Cass ? En fronçant les sourcils lorsqu'il le reconnut enfin, tandis que la forme de ses 14 ans s'estompait pour laisser la place à son corps adulte. Mais qu'est-ce que tu fous là ?

- Tu es mort Dean. Je n'ai pas le temps de t'expliquer plus en détails, mais il faut que tu viennes avec moi. Immédiatement. Les anges sont juste derrière moi, nous n'avons pas le temps.

Dean se dégagea de l'emprise de l'ange et fit un pas en arrière.

Les trois lettres tombèrent, froides, déterminées, définitives.

- Non.

- Dean...

- J'ai dit non. Je reste ici. Je reste avec lui. En tournant la tête vers son frère toujours figé.

- Ce n'est pas Sam, Dean. C'est juste un souvenir.

Lorsque Dean se retourna ses yeux lançaient des éclairs de défi.

- C'est mon Sam. Affirma t'il avec colère. Celui qui a encore besoin de moi, celui qui n'a pas encore été abimé, qui n'a pas commencé à chasser, celui qui ne s'est pas encore drogué au sang de démon, que je n'ai pas vu mourir et qui n'a pas été torturé en enfer. C'est le Sam qui n'a pas encore perdu son âme.

Sa voix se brisa, la colère cédant la place à la douleur. Il leva des yeux empreints d'une infinie tristesse vers le visage rayonnant de son frère relevé vers le ciel et figé dans une expression de joie enfantine.

- C'est le Sam qui peut encore être sauvé.

- Dean...

Le chasseur se tourna vers l'ange et l'être céleste sentit sa grâce se serrer devant le regard à présent implorant qu'il voyait pour la première fois sur le visage de l'humain qu'il connaissait si bien.

- Si je reste mort, il arrêtera la chasse. Il aura enfin la vie qu'il a toujours voulu. Comme quand on était au purgatoire, toi et moi. Il trouvera quelqu'un. Il... sera enfin heureux.

- Dean, tu n'as pas le droit de dire ça!

Dean avança d'un pas, le visage brusquement fermé et croisa les bras sur sa poitrine.

- Vraiment Cass ? Et pourquoi je pourrais pas ? Tu crois que j'ai pas assez donné, que j'ai pas assez souffert, que j'ai pas assez perdu de gens que j'aimais et que je ne suis pas mort assez souvent pour mériter enfin de m'arrêter ?

Castiel détourna le visage, touché par les arguments avancés autant que par la douleur qu'il percevait distinctement sous cette apparente froideur. Mais lorsqu'il releva le regard sur Dean, son expression fit tiquer le chasseur qui crut une seconde voir passer sur ses traits de la peine, de la colère mais surtout une infinie lassitude. Dean secoua la tête. C'était idiot, pourquoi l'ange ressentirait il tout ça ?

- C'est vraiment ce que tu veux ? Lui demanda Castiel doucement.

Dean regarda de nouveau son frère et le sourire qui se dessina sur son visage répondit pour lui.

- Très bien. Capitula l'ange en laissant tomber son épée au sol.

Dean fixa l'arme à ses pieds, puis l'ange face à lui.

- Putain, Cass, mais qu'est ce que tu fous ? Demanda t'il incrédule. Il faut que tu te barres d'ici. Ils seront là d'une seconde à l'autre, c'est toi qui l'as dit. Tu dois partir.

- Tu as fait ton choix, je fais le mien. D'une voix aussi calme que décidée. Moi aussi j'ai le droit de m'arrêter, ne crois tu pas ?

Castiel ferma les yeux et lorsqu'il les rouvrit, il reprit à voix basse.

- Je suis si fatigué. Je me bats depuis bien plus longtemps que toi, tu sais. Je ne saurais même plus dire pourquoi, et à présent, même plus pour qui. Alors à quoi bon ?

Deux silhouettes en costumes gris apparurent quelques mètres derrière lui.

- Cass, putain, fiche le camp. Tu ne peux pas...

- Si, je peux. D'une voix lasse, sans même le regarder.

En une fraction de seconde, les deux anges l'encadrèrent et le saisirent chacun par un bras.

- Castiel ! Apprécia l'un d'eux à sa droite d'une voix cruelle. Quel plaisir de te revoir enfin, nos chefs vont être ravis.

- Je suis sûr que tu seras enchanté de retrouver ta cellule. Elle est toujours vide, tu sais, elle n'attendait que toi. Se moqua l'autre ange à sa gauche. Dommage que Naomi soit morte. Elle aimait tellement prendre soin de toi. Mais je suis sûr que le nouveau gardien te donnera également entière satisfaction. On dit qu'il aurait pu concurrencer Alastair, c'est un expert dans son domaine.

- Cass. Tu peux pas te laisser emmener comme ça. Réagis! Lui hurla Dean atterré.

- Ne te mêle pas de ça humain, ou tu risques fort de le regretter. Le menaça l'ange qui tenait toujours Castiel, puis il claqua des doigts, lui rendant sa forme adolescente et faisant redémarrer la scène interrompue.

Aussitôt les bruits de la nature se firent de nouveau entendre et Sam se retourna vers lui, le regard étonné quand il aperçut les trois hommes aux côtés de son frère.

- Qui sont ces gens Dean?

- Nous ne sommes personne, enfant. Et d'ailleurs nous partons.

Le trio s'éloigna de quelques pas, les deux anges tenant fermement un Castiel visiblement résigné et qui n'opposait pas la moindre résistance.

Dean se tourna vers son frère, le regard triste mais déterminé.

- Je te demande pardon, Sammy.

- Dean, mais de quoi ?

L'aîné ne répondit pas. Il se saisit de l'épée angélique restée sur le sol et lorsqu'il se releva c'est un corps d'homme qui rejoignit les trois anges en quelques enjambées, poignardant celui de droite dans le dos, et lorsqu'il se retourna, celui de gauche en plein cœur. Tous deux s'effondrèrent dans une aura bleutée, la silhouette noire de leurs ailes déployées se gravant sur le sol.

Castiel le dévisagea sans dire un mot, les sourcils froncés, la tête légèrement penchée sur le côté dans cette posture que Dean connaissait si bien et qui lui donnait à la fois envie d'éclater de rire ou de le secouer comme un prunier. Mais là, Dean ne fit ni l'un ni l'autre, et se contenta de lui tendre l'arme à présent ensanglantée qu'il tenait encore à la main.

- Je crois que ça t'appartient.

- Mais comment ? Amaël t'a renvoyé dans ton illusion, tu ne devrais pas te souvenir de moi. Comment est-ce que tu as pu redevenir toi-même?

Dean posa une main sur l'épaule de Castiel face à lui.

- Tu es de la famille mec. Sur le ton de l'évidence.

L'ange eut un sourire presque imperceptible, mais que Dean ne manqua pas.

- D'autres vont venir.

- Je sais. Juste une seconde ok ?

Dean se dirigea vers Sam qui les observait sans comprendre.

- Sammy, il va falloir que je parte. Je voudrais rester, mais...

Etonnement Sam se contenta de lui sourire, une expression confiante et bienveillante sur son visage d'enfant, et il hocha la tête d'un air entendu.

- Tout va bien se passer Dean. Tu verras. ... Tu l'as fait, tu sais ? Tu m'as sauvé.

Dean ne répondit rien. Mais lorsque l'image de son frère dans un costume blanc immaculé, archange démoniaque d'un futur cauchemardesque, s'imposa à son esprit, il n'aurait pas pu en douter davantage.

- Cela n'arrivera pas. Reprit l'enfant avec conviction comme si il avait suivi le cours de ses pensées et en savait beaucoup plus que lui. Tu as changé tout ça.

Sam regarda au lointain par dessus son épaule.

- Partez maintenant. Ils arrivent.

Castiel se rapprocha de Dean et posa une main sur son épaule.

.

.

Couché sur le sol au bord de la route, Dean se redressa brusquement en grimaçant. Tout son corps lui faisait mal, mais lorsqu'il porta la main à sa poitrine, il n'y avait plus aucune trace des blessures profondes et mortelles qu'il avait reçues une heure à peine auparavant.

- Désolé Dean.

En entendant la voix grave, il se retourna et vit Castiel s'agenouiller à ses côtés et lever les mains au dessus de sa poitrine.

- Je n'avais que peu de temps. Je n'ai pu traiter que les blessures les plus importantes de ton corps. Expliqua l'ange en finissant de le guérir complètement.

Debout à côté d'eux, Sam passa les mains sur son visage en soufflant de soulagement avant de s'agenouiller à son tour et de le serrer dans ses grands bras d'adulte à la taille démesurée. Et si Dean avait encore pu avoir un doute, cette sensation presque douloureuse lui confirma qu'il était bien de retour auprès de son frère bien adulte qui l'étouffait presque dans sa joie.

- Bordel Dean, tu m'as foutu une de ces trouilles. Me fais plus jamais ça. Ordonna Sam, la voix brisée. Sinon, je te bute moi même !

- Sam...peux plus ...respirer...

A côté d'eux, debout de nouveau et droit comme un I ou plutôt comme le soldat qu'il n'avait jamais cessé d'être, Castiel les dévisageait, observant ces deux humains qui avaient pris tant de place dans son existence et dont il se sentait plus proche qu'il ne l'avait jamais été d'aucun de ses propres frères à lui.

Sam relâcha Dean et se leva, prenant à son tour Castiel dans ses bras.

- Merci Cass. D'une vois serrée par l'émotion.

L'ange resta un moment immobile, les bras le long du corps, incertain de la bonne attitude à adopter, puis les referma finalement autours de Sam.

- Je t'en prie.

Il ne savait pas quoi répondre d'autre. Après tout c'était ce qu'on était censé dire quand quelqu'un vous remerciait, non ?

Dean se leva lui aussi et posa sa main sur l'épaule de l'ange.

Les deux hommes se firent face et alors que les yeux bleus se posaient sur lui dans cette éternelle expression indéfinissable que Castiel n'avait jamais que pour lui, un éclair de perplexité passa dans les orbes vertes. Dean n'avait pas compris tout ce qui s'était passé dans son paradis. Pourquoi est ce que Castiel avait renoncé ? Pourquoi est ce qu'il allait se laisser emmener sans se défendre?

Dean plissa les yeux, comme si il essayait de lire dans les pensées de l'ange.

Qui avait sauvé qui finalement ?

Puis il haussa les épaules. Quelle importance, en fait ? Ils s'étaient tous sauvé les miches les uns aux autres bien plus souvent qu'ils ne pouvaient s'en souvenir. Alors une fois de plus ou de moins... Qui tenait les comptes ?

Il se racla la gorge pour tenter de chasser le malaise qui l'avait brusquement envahi.

- Bon ben quand vous aurez fini de vous comporter comme deux gonzesses... on a pas que ça à faire. Parait qu'on a un feu d'artifice à préparer. Tous les trois.

Sans attendre Dean se dirigea vers son impala et lorsqu'il ouvrit la portière passager, Sam rentra la tête dans les épaules au souvenir de l'état de la si précieuse voiture de son frère.

Si il te tue, c'est qu'il est vivant. Se rappela t'il comme un mantra protecteur.

- SAAAAM !

Les deux hommes s'approchèrent tandis que Dean leur montrait du doigt le sang sur le siège, comme si il désignait un outrage inqualifiable.

- T'as une explication pour ça ?

- Quoi ? J'y suis pour rien... c'est ton sang. Dit Sam en ouvrant le coffre pour en sortir une couverture qu'il déposa sur le siège avant de s'y asseoir pendant que Castiel prenait place à l'arrière et que Dean se glissait au volant en grognant.

- T'es gonflé, j'étais inconscient. C'était à toi de prendre soin de mon bébé si je pouvais pas le faire.

Il démarra la voiture en pestant.

- T'aurais préféré que je te laisser te vider de ton sang, plutôt que de salir ta si précieuse impala ? Contra Sam qui ne parvenait pas à s'agacer trop heureux d'avoir encore une fois la chance inespérée de se chamailler avec son frère.

- Évidemment, j'aurais préféré ! Non mais Cass, dis quelque chose. C'est un crime non ? Y a forcément quelque chose d'écrit quelque part. Une tablette des dix commandements automobile. Je sais pas, moi. Râla Dean avec la plus parfaite et consciente des mauvaises fois.

- Je n'ai pas connaissance d'une telle tablette, Dean. Et il me semble que Sam a bien agi, ta vie est plus précieuse que l'état du siège de ton automobile.

Alors que Sam jubilait, Dean leva les yeux au ciel devant tant d'imbécillité, mais ne put retenir un sourire devant l'air terriblement sérieux de l'ange lorsqu'il rencontra son regard dans le rétroviseur.

- Jerk. Lui lança Dean, amusé.

L'ange tiqua.

- Tu dois répondre " Bitch". L'informa doucement Sam en se retournant vers lui.

Castiel fronça les sourcils.

- Pourquoi voudrais-tu que je traite Dean de ... pouffiasse ? C'est bien ce que signifie ce mot en anglais, n'est ce pas ? Demanda l'ange toujours aussi sérieux et clairement dubitatif.

- Cherche pas. L'encouragea Sam tandis que Dean réprimait à grand peine un fou rire naissant. Fais le.

- Et bien... Bitch. Tenta Castiel hésitant.

Lorsque les deux frères éclatèrent de rire, l'ange les dévisagea, on ne peut plus perplexe .

- Bienvenue dans la famille la plus dingue de cette pauvre planète, Cass. Affirma Sam en tentant de reprendre son sérieux sans succès.

- 4 Juillet, les mecs ! Lança Dean avec enthousiasme. On va se faire le putain de plus beau feu d'artifice que vous ayez jamais vu !

Castiel croisa de nouveau le regard de Dean dans le rétroviseur. Les yeux de l'humain le fixaient, amusés, mais avec quelque chose d'autre, une expression que Dean n'avait d'habitude que pour Sam et qui le fit tiquer tandis qu'un incompréhensible sentiment de bonheur envahissait sa grâce.

Puis Dean lui sourit en se retournant brièvement vers lui.

- Euh, Cass, tu sais utiliser un extincteur ?...

.

.

oOoOoOoOoOoOoOoOoOo

.

Voila pour ce mois ci.

Le mois prochain on change radicalement de thème, d'ambiance et de rating, enfin si je reste sur mon idée parce que ce n'est pas encore écrit. Alors si vous avez des suggestions, je suis preneuse. ;)

A bientôt.