Bonjour à tous.

Ca y est, on est le 31 Octobre. Donc vu la date, comme vous vous en doutez, mon petit OS du mois - pas si petit que ça d'ailleurs puisqu'il fait quand même 10 000 mots, vous êtes prévenus ;) - portera sur... Halloween !

C'est un épisode, juste une chasse avec les Winchester et Castiel. Pas vraiment de Spoiler.

Rating tout public, avec un avertissement pour les plus sensibles parce que c'est Halloween quand même, donc un peu de angst.

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J'espère que ça va vous plaire.

Bonne lecture et bons frissons ... du moins je vous le souhaite... Ah ah ah ! * rire grinçant de vieille sorcière*

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La ligne médiane sur le bitume était vraiment hypnotisante.

Depuis un moment déjà, Dean sentait le sommeil l'envahir peu à peu. Il conduisait depuis des heures, quasiment sans interruption, et maintenant que la nuit était tombée, les phares éclairaient cette fichue ligne en pointillés sur laquelle son regard ne cessait de revenir. Lorsqu'il se rendit compte qu'il avait compté exactement 857 bandes blanches et qu'il était parfaitement incapable de se rappeler comment ils étaient arrivés là, il se dit que Sam avait peut être raison, qu'il ferait bien de faire une pause, si possible avant de les envoyer tous les trois dans le décor.

Il passa la main sur son visage pour tenter de se réveiller et réprima un bâillement.

- Tu es sûr que tu ne veux pas que je conduise ? Redemanda pour la énième fois son frangin à sa droite.

- J'ai déjà voulu que tu conduises ? Bon alors qu'est ce que t'as trouvé ?

Sam soupira devant l'habituelle obstination de son aîné et repris sa lecture de l'écran de son ordinateur.

- Tout a commencé en 1692. Pendant l'hiver 91/92 pour être exact. Deux jeunes filles Betty Parris et Abigail Williams ont accusé plusieurs femmes de leur village de les avoir ensorcelées. Les procès ont eu lieu dans la tristement célèbre ville de Salem.

- Ouais, ok, tout le monde connait l'histoire des sorcières de Salem, mais quel rapport avec les suicides à Danvers ?

- Et bien, c'est en fait à Danvers, petite ville juste à côté de Salem, que les cas de possession ont vraiment eu lieu à l'époque. Et que les suicides ont lieu aujourd'hui et depuis le début des années cinquante. 1952 pour être exact. Précisa t'il. La similitude de lieu peut être une coïncidence, mais ...

- Ouais, les coïncidences... on sait bien ce que ça cache d'habitude.

- Exactement. D'autant que les suicides se produisent à chaque fois dans la nuit du 31 octobre, tous les 13 ans. Sorcières, Halloween, chiffre 13... C'est presque caricatural. Si il n'y a pas de paranormal dans ces décès, je mange mon chapeau.

- Tu n'as pas de chapeau, Sam. Et ce genre d'accessoire en tissus n'a rien de comestible.

La voix grave de Castiel fit se retourner Sam et sourire Dean.

Ils l'avaient presque oublié celui là, silencieux et plus immobile qu'une statue sur le siège arrière de l'impala.

- C'est juste une expression Cass. Expliqua l'aîné Winchester en rigolant doucement. Pour dire qu'on est quasiment certain de ce qu'on affirme.

- Alors pourquoi ne pas le dire de cette façon? Ce serait plus clair.

- Ben ouais enfin Sam, sois plus clair, voyons. Se moqua Dean avec un regard amusé.

Sam lui décrocha un regard en biais dont lui seul avait le secret. Bitchface n°18 se dit Dean avec un sourire en coin.

- Très drôle. Bitch

- Jerk. Répliqua l'ainé.

Dean changea de vitesse et le moteur ronronna, en parfait accord avec l'état d'esprit de son conducteur. Un sourire encore au coin des lèvres, Dean ne l'aurait probablement jamais avoué à voix haute, mais conduire son impala vers une chasse en chambrant son frangin et avec Cass à ses côtés, était sans aucun doute pour lui ce qui se rapprochait le plus d'un agréable moment en famille.

- Bon, je reprends. Continua Sam. Les cas de possession...

- Les enfants en question n'étaient pas possédées. Le coupa de nouveau Castiel sans se rendre compte de la joute amicale qui s'était engagée entre les deux frères. Elles étaient simplement intoxiquées par un puissant alcaloïde.

- Un alca quoi ? Demanda Dean en levant les sourcils.

- L'acide lysergique, c'est une substance hallucinogène. Elle provient d'un champignon qui contamine parfois certaines de vos cultures, le seigle par exemple, par temps trop humide. Vous la connaissez sous le nom de LSD de, je crois.

- Ah ok. LSD. Hein Sam? En faisant un clin d'œil appuyé à son frangin.

Le cadet Winchester leva les yeux au ciel en soupirant ostensiblement.

- J'avais 17 ans, Dean. Je crois qu'il y a prescription, non ?

Dean se mit à rire franchement, la fatigue le désinhibant un peu plus.

- Quand t'es rentré ce soir là complètement déchiré et empestant l'herbe... bon sang, je crois que j'avais jamais vu papa aussi en rogne de toute sa vie!

- Exagère pas. J'étais pas "complètement déchiré". Dit Sam d'une voix exaspérée en mimant des guillemets. J'avais juste fumée UNE cigarette. Une seule. Avec des amis, pour essayer. Y avait pas de quoi en faire toute une histoire. Et j'ai jamais recommencé ensuite.

- Alors ça, tu risquais pas. Répondit Dean qui riait un peu moins au souvenir de la trempe magistrale que leur père avait collée à son cadet.

C'était la seule fois où John avait levé la main sur son plus jeune fils et ils ne s'étaient pas reparlé pendant plus de deux mois. Aussi entêtés l'un que l'autre.

- Donc, je disais... Repris Sam avec emphase, les yeux de nouveau braqués sur l'écran de son ordinateur. ... Que Danvers se situe seulement à quelques kilomètres de Salem. Et tous les treize ans depuis 1952, la nuit Halloween, une vague de suicide tue au moins une trentaine de personne.

- Et on est sûr que ce sont bien des suicides ?

- A priori oui, les autorités locales n'ont aucun doute. Plus quelques accidents étranges. Je suis en train de consulter les rapports de police et d'autopsie. Les causes de décès ne sont pas toujours les mêmes. Quelques défenestrations, des gens qui se jettent sous des voitures ou des camions et quelques suffocations suspectes, mais il y a quand même une grande majorité de pendaison.

- En 1692, les personnes accusées de sorcelleries ont presque toutes été pendues, je m'en souviens très bien. Affirma Castiel. Ca a peut être un rapport avec les décès d'aujourd'hui.

- Tu t'en souviens ? ... parce que tu y étais ? Demanda Dean en écarquillant les yeux.
Bien qu'il sache que l'existence de l'ange assis à l'arrière de sa voiture se comptait en millénaires, Dean avait toujours du mal à réaliser qu'il puisse leur parler d'événements historiques en toute connaissance de cause pour y avoir assisté en personne.

- Effectivement.

Le chasseur fronça les sourcils, les mains subitement crispées sur le volant.

- Et donc toutes ces personnes étaient innocentes. Vous le saviez. Et vous les avez laissé être jugées pour sorcelleries et exécutées? Ah, ben bravo pour la justice divine !

- Les ordres étaient clairs, nous ne devions pas intervenir.

- Bordel, mais les ordres de qui ? Et qu'est ce qui peut justifier qu'on laisse crever des innocents ?

- Dean... Tenta de l'arrêter Sam.

Le regard accusateur de Dean rencontra celui de Castiel dans le rétroviseur. Pendant quelques secondes le bleu soutint le vert, puis se détourna, la culpabilité inscrite au néon sur ses traits.

- Tu as raison, Dean, nous avons assisté à toutes ces exécutions sans rien faire pour nous y opposer, parce que nous en avions reçu l'ordre. Au nom du libre arbitre et de la non-ingérence. A cette époque il ne me serait même pas venu à l'esprit de remettre pas en cause le bien-fondé des ordres que me donnaient mes supérieurs. Si c'était aujourd'hui...

Sam lança un regard lourd de reproches à son frère qui fit mine de ne pas comprendre. Sam secoua la tête et se retourna vers Castiel.

- Tu n'as pas à te justifier, Castiel. D'autant plus que nous aussi on a fait un paquet de trucs dont on a pas vraiment à être fiers. On a pas le droit de te juger. N'est ce pas Dean ? Insista t'il lourdement en fusillant son frère du regard.

L'interpelé se racla la gorge et chercha de nouveau les yeux de l'ange dans le rétroviseur, mais son visage était à présent tourné vers la vitre, regardant sans le voir le paysage qui défilait dans la nuit.

- Ouais, euh... Désolé, mec. C'est pas ce que je voulais...

- Tu n'as pas à l'être, Dean. Répondit Castiel sans le regarder. Ce que tu as dit est vrai.

Le panneau indicateur de la ville, éclairé au dessus par un lampadaire, apparu au détour d'un virage, alors que le silence s'installait dans l'impala.

Danvers, comté D'Essex, Massachusetts, 25212 habitants.

- Bon, allez, vous savez quoi, il est tard,je suis ko, alors pour ce soir on se trouve un petit hôtel sympa et j'offre les pizzas, ok ? Clama Dean d'une voix trop enjouée, dans une tentative fort peu subtile de changer de sujet.

Sam referma son ordinateur portable et se retourna de nouveau vers le siège arrière.

- Bonne idée. De toute façon Halloween n'est que demain soir et on ne fera rien de plus cette nuit. Castiel, ça te va ?

- Je crois que je vais plutôt aller inspecter la ville. Répondit l'ange sans les regarder. Peut être pourrais je ressentir la présence de sortilèges ou de quelque chose de paranormal qui pourrait vous aider dans votre investigation ?

Dean tenta de nouveau de capter le regard de l'être celeste, sans plus de succès que précédemment.

- Cass ? T'es sur de pas vouloir rester avec nous? Tu pourrais goûter les pizzas. Je suis sûr que tu adorerais.

- Je n'ai pas besoin de me nourrir Dean.

- Je le sais bien, mais les pizzas, c'est pas par besoin, c'est pour le plaisir. C'est comme pour les tartes aux pommes.

- Non, je vous retrouve demain matin.

Mais au bout de deux minutes, l'ange était toujours là, l'air clairement dubitatif.

- Un problème ? T'es coincé ou quoi? Demanda Sam en rigolant doucement.

Castiel tiqua, les sourcils froncés.

- Je... C'est étrange, je n'arrive pas à m'éclipser.

La voix calme mais inquiète de l'ange contrastait avec le ton clairement amusé de Sam. Dean fronça les sourcils, agacé.

Qu'est ce que son frangin pouvait l'énerver par moments !

- Je vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle là dedans. Cracha t'il d'un air mauvais à l'adresse de Sam dont le rire se figea. Castiel qu'est ce qui t'arrive ?

Puis il se retourna vers son frère qui venait de renifler.

- Oh putain mais c'est pas vrai, il va pas se mettre à chialer maintenant !

Dean frappa contre le volant de l'impala, subitement exaspéré, alors que les yeux de Sam s'embrumaient effectivement et que son menton commençait à trembler.

- Dean, fais demi tour. Demanda Castiel d'un ton péremptoire.

Dean grogna.

- Sûrement pas! Je suis claqué. Samantha à côté de moi va bientôt nous piquer sa crise. Je sais pas ce qui t'arrive à toi, mais moi je veux juste me pieuter et ça ira sûrement mieux demain !

- Dean, tu fais demi-tour MAINTENANT !

Cette fois la voix de l'ange avait claqué, impérative.

Dean fronça les sourcils et chercha le regard de ce foutu emplumé qui se permettait de lui gueuler dessus dans sa propre bagnole pour lui donner des ordres.

- Bordel, mais on peut savoir ce qui te prends ?!

- Il y a quelque chose d'anormal dans cette ville. Reprit l'ange plus doucement.

- Sans blague Sherlock ! T'as trouvé ça tout seul, ou l'intello pleurnichard à côté de moi t'as filé un coup de main ? Peut être que c'est pour ça qu'on est venu, non ?

- Dean, je te demande de te calmer et de faire demi-tour. Insista Castiel mais à présent du ton calme et mesuré que l'on emploierait pour calmer une bête sauvage et dangereuse. Il y a vraiment un problème.

Dean chercha et trouva cette fois le regard de Castiel dans le rétroviseur, attendant que celui ci lui donne enfin une explication, et il l'obtint.

- Tes yeux sont noirs.

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- Bon sang, ça a l'air aussi dur qu'un mur et pourtant je vois rien.

Debout sur le bitume en plein milieu de cette route de campagne, devant l'impala dont les phares l'éclairaient, les mains levées devant lui, Sam inspectait de ses doigts l'invisible cloison solide qui l'empêchait d'avancer.

Ils avaient fait demi-tour quelques minutes auparavant et s'apprêtaient à ressortir des limites de la ville lorsque, sans la moindre explication, l'impala avait stoppé net devant le panneau qui leur souhaitait bonne route en quittant Danvers.

A chaque fois que Dean avait redémarré la chevroley, le moteur avait inexplicablement calé dés qu'il tentait de passer la première. Toutes leurs tentatives avaient été vaines, même à pied. Impossible de franchir la mystérieuse barrière qui les retenait prisonniers.

- On dirait un espèce de champs de force. Comme dans Star Trek. Affirma Dean en le testant du doigt.

Castiel tiqua mais se reprit vite, comprenant qu'il s'agissait là d'une des multiples références cinématographiques chères à son protégé et auxquelles il ne comprenait rien. Il ne demanda rien. Dean semblait plus calme à présent et l'ange ne voulait pas risquer de l'agacer de nouveau.

- Les gars, je ...
Dean se passa nerveusement une main sur la nuque en se retournant vers son frère et l'ange qui cherchaient toujours la faille dans l'obstacle qui les emprisonnait.

- Heu, je voulais juste... je sais pas ce qui m'a pris, tout à l'heure. Je me suis senti tellement...

- En colère ? Suggéra Castiel.

- Ouais, c'est ça. Je comprends pas. J'arrivais pas à m'en empêcher... Enfin, bref, je pensais pas ce que j'ai dit. Je suis désolé, d'accord ?

- Sam comme te sens tu? Demanda Castiel.

- Ca va. Moi non plus, je ne me sentais pas comme d'habitude. Comme si j'avais tantôt envie d'éclater de rire et la seconde suivante de pleurer. C'était complètement incontrôlable. Je sais pas ce qui m'a pris, mais quand Dean a fait demi-tour et qu'on est revenu à la sortie de la ville, je me suis senti mieux. Et toi, est ce que tu peux revoler ?

Castiel secoua la tête.

- Non, ma grâce est comme paralysée. Mais ici j'entends de nouveau mes frères, alors que je ne percevais plus leurs voix tout à l'heure.

- Bordel, mais qu'est ce qui se passe ici ? S'agaça Dean.

Il tenta de nouveau de franchir la barrière invisible, mais sans plus de succès que précédemment. Il prit une pierre sur le bord de la route, la lança de toutes ses forces et grogna lorsqu'elle traversa sans aucun problème. Il retenta la même chose avec une branche morte qui passa également.

- Pourquoi l'impala n'a pas pu passer alors, si les objets peuvent traverser.

- Peut être parce qu'on était à l'intérieur ? Suggéra Sam. Peut être que ça ne retient que les humains ? Bon qu'est ce qu'on fait maintenant ?

Dean envoya un violent coup de pied dans le vide et retint un gémissement de douleur lorsque ses orteils heurtèrent durement la barrière.

- Bon, ok, il est deux heures du mat, on est tous crevés et on arrive pas à réfléchir correctement. On peut pas retourner en ville. Le jour va se lever dans quelques heures, je crois qu'on devrait dormir un peu ici. On y verra peut être plus clair après.

Il passa une main sur le toit de la voiture avec un petit rire amer puis entra dans l'impala.

- Quoi de mieux qu'une bonne nuit de sommeil dans un bon lit à la maison ? Ironisa t'il en se recroquevillant comme il le pouvait sur la banquette avant.

D'un seul coup, il se redressa alors que Sam prenait place lui aussi, mais à l'arrière.

- Cass, tu vas pas rester dehors.

Il regarda à côté de lui et rectifia sa position, s'asseyant jambes pendantes.

- Allez viens. Je sais qu'on va être un peu serré, mais...

- Inutile, je ne dors pas Dean. Reposez vous, je vais monter la garde ici. Affirma l'être céleste qui se retourna dos à la voiture, debout dans la nuit, son épée à la main.

Le chasseur haussa les épaules et se rallongea. Après tout, effectivement les anges n'avaient pas besoin de sommeil.

- D'accord. Si il y a quoi que ce soit tu nous réveilles, ok ?

Castiel hocha la tête, sans le regarder, les yeux fixés sur l'horizon, à l'affût de toute menace éventuelle.

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- Sam réveille toi. Vite !

Dean venait d'ouvrir les yeux, s'attendant à retrouver Castiel dans la position exacte où il l'avait laissé quelques heures auparavant, comme toutes les autres fois où l'ange s'était proposé de veiller sur son sommeil, sans se rendre compte de combien le chasseur pouvait trouver ce comportement flippant

Mais lorsqu'il s'était redressé, de là où il se trouvait, il n'avait pu voir que deux jambes tendues allongées au sol. Il s'était contorsionné et avait du coller son visage à la vitre pour voir l'ange en entier, assis par terre, adossé à la portière conducteur, son épée angélique encore dans la main, mais la tête basculée sur le côté, les yeux fermés.

Le sang de Dean n'avait fait qu'un tour.

- Castiel !

Il poussa la portière, affolé, même si dans le même temps ses yeux enregistraient l'absence de la silhouette des ailes angéliques qui auraient signé la mort de leur ami.

Lorsque la portière s'ouvrit lui percutant le dos, Castiel sursauta et se redressa d'un seul coup, son arme déjà levée, prêt à combattre. Il se releva vivement, l'air étonné.

- Putain Cass, mais tu m'as foutu la trouille! Qu'est ce que tu foutais par terre ?

- Je ne sais pas. Je crois que je me suis...

Il tiqua, fronçant les sourcils devant l'absurdité de ce qu'il s'était apprêté à dire.

- Endormi ? Proposa Sam soucieux, en sortant à son tour de la voiture.

- Dis pas de conneries Sam, les anges ne dorment pas. Rétorqua Dean agacé.

- Ouais, et bien normalement les anges peuvent voler. Répliqua Sam.

- Suggères tu que je ne serais plus un ange, Sam ?

Dean fronça les sourcils. L'inquiétude palpable dans la voix de Castiel lui noua l'estomac désagréablement.

- Non, j'ai pas dit ça, mais ... comment est ce que tu te sens ? Demanda le cadet Winchester.

Castiel hésita un instant, puis il porta une main à son ventre qui émit un gargouillement.

- Et bien, je ressens des choses vraiment très... inhabituelles. Je crois que...

Il écarquilla les yeux et se retourna brusquement pour s'éloigner d'un pas vif. Dean et Sam se regardèrent une seconde puis lui emboîtèrent le pas et lorsqu'ils le rejoignirent, ils le trouvèrent face à un arbre, en train d'uriner sur le tronc.

- Oh bordel ! S exclama Dean en se retournant vivement bien qu'il n'ait pu voir que son dos.

Les deux frères retournèrent vers l'impala, réfléchissant silencieusement chacun de leur côté aux implications de ce qu'ils venaient de voir. Lorsque l'ange les rejoignit, ils levèrent la tête à son approche et Sam se mit à pouffer de rire dans sa main. Dean leva un sourcil agacé - non mais sans blague, la situation n'avait rien d'amusante. Lorsqu'il comprit la raison de l'hilarité de son frère, il leva les yeux au ciel.

- Cass. Ta braguette.

L'ange porta le regard sur le devant de son pantalon resté ouvert et d'où un morceau de chemise blanche dépassait.

- Putain Sam, t'as quel âge ? Lui cracha Dean en fronçant des sourcils de colère, pendant que Sam riait à présent de bon cœur

- De toute évidence ce qui nous a atteint hier soir lorsque nous entrions en ville ne fait que s'aggraver. Affirma Castiel très sérieusement après s'être réajusté.

- De quoi tu veux parler ?

- Tu te sens de nouveau en colère Dean, n'est ce pas ?

Et lorsque le chasseur fronça plus encore les sourcils, l'expression de son visage répondit à sa place.

- Sam est de nouveau hilare et moi...

Le ventre de Castiel se remit à gargouiller de plus belle.

- Moi, je crois que j'ai faim. Termina t'il d'un air de chien battu.

- Putain, mais qu'est ce que ça veut dire ? Qu'est ce qui se passe dans cette foutue ville ?

- C'est ce qu'il faut qu'on découvre. Et vite!

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L'heure était encore matinale et les commerces dont les vitrines rivalisaient de décorations d'Halloween noires et oranges ouvraient tout juste leurs portes. A cette heure les rares passants sur le trottoir se hâtaient vers la petite boulangerie. L'un d'eux se retourna sur le passage de l'impala et leur jeta un regard mauvais. Dean leva les sourcils et le fixa dans le rétro alors que la voiture le dépassait. Bon sang il aurait juré que le mec venait de lui montrer les dents. Et qu'il avait des crocs. Il devenait barge ou quoi ?

Il gara la voiture devant le premier snake qu'il trouva et tous descendirent pour se ravitailler.

- Alors vous en pensez quoi ? Demanda Sam dont le regard revenait sans cesse sur une citrouille sculptée en forme de visage avec un large sourire édenté.

- Si je résume, Castiel a maintenant des besoins humains, moi je me fous en rogne sans comprendre pourquoi et toi ... En se tournant vers son frère qui tentait sans succès à présent de réprimer un inexplicable fou rire.

- Quoi, moi ? Je vois le bon côté des choses, pour une fois.

- Et c'est quoi, le bon côté des choses ici ? Tu veux bien me dire ?

Sam haussa les épaules et se mit à pouffer de plus belle en voyant Castiel inspecter le plus sérieusement du monde une fausse araignée en plastique noir posée sur leur table. Dean soupira, les yeux levés au ciel.

- Oh putain ! S'écria t'il exaspéré en se passant une main sur le visage.

La serveuse leur apporta leur commande. Œufs brouillés salade pour Sam et avec du bacon pour Dean et Castiel. Lorsqu'il enfourna la première bouchée, Castiel émit un gémissement purement indécent.

- Ca c'est le bon côté. Affirma l'être céleste d'un ton convaincu en fermant les yeux de plaisir.

Un cri aigu retentit dans la pièce à côté et en une fraction de seconde les frères Winchester bondirent de leurs sièges et se précipitèrent en direction de la porte, vite rejoints par Castiel. Ils marquèrent un instant d'arrêt et se regardèrent lorsqu'ils se rendirent compte au petit dessin qui ornait le battant qu'ils s'apprêtaient à rentrer dans les toilettes pour femmes. Dean leva les épaules et poussa la porte alors qu'un second cri finissait de balayer leurs dernières réticences. Acculée dans un coin, une jeune femme recroquevillée au sol tenait les bras levés devant son visage comme pour se protéger d'une attaque.

Sam s'approcha doucement de la femme apeurée, les mains levées devant lui en signe d'apaisement.

- Madame, tout va bien ?

- Non, ne me regardez pas !

La femme tenta de se cacher plus encore. Les frères se regardèrent sans comprendre et Sam s'accroupit devant elle.

- On veut juste vous aider d'accord. Vous voulez bien nous expliquer ce qui vous arrive?

Derrière eux la porte s'ouvrit sur d'autres personnes qui proposaient leur aide ou demandaient ce qui se passait. Dean fouilla dans la poche de son blouson et après deux ou trois tentatives trouva enfin la carte de police qu'il cherchait.

- Reculez, on s'en occupe. Tout va bien.

Les badauds refluèrent et la porte se referma.

- Relevez-vous. Dit Sam doucement en tendant à la jeune femme une main qu'elle hésitait visiblement à prendre. Je vais vous aider.

Dean remarqua que la voix de Sam était normale, qu'il ne riait pas. Lui aussi se sentait lui même, concentré, en mode chasseur et Castiel derrière eux, se tenait dans son attitude habituelle un peu rigide, rassurante. Quoi qu'il leur arrive cela ne semblait pas les affecter en permanence.

La femme se releva enfin, le regard apeuré, jetant des coups d'yeux affolés en direction du miroir au dessus des lavabos.

- Je... j'ai cru voir... non, c'est stupide, c'est pas possible.

- Qu'est ce que vous avez vu ? Demanda Sam d'une voix douce.

- Vous allez me prendre pour une folle.

- Je vous assure que non. Dites nous.

- Je venais de sortir des toilettes. J'étais en train de me laver les mains mais... lorsque je me suis regardée dans le miroir...

Elle se remit à trembler et ses mains se posèrent à son visage comme pour vérifier l'absence de quelque chose qui ne devrait pas s'y trouver.

Sam l'encouragea d'un regard à poursuivre.

- Il y avait un rat, énorme et qui me fixait avec ses yeux tous noirs et ses moustaches. Et c'était moi !

Elle avait presque hurlé la dernière phrase quasiment hystérique de nouveau.

- J'ai une peur panique des rats. Je... je peux pas...

Elle regarda tout autour d'elle, terrorisée de nouveau, comme si elle s'attendait à ce qu'une armée de rongeurs envahisse la pièce.

- Et est ce que vous le voyez toujours ? Demanda Sam d'une voix rassurante.

La femme jeta un regard affolé au miroir et détourna aussitôt les yeux.

- Non, je peux pas. Je veux pas regarder. Je veux juste rentrer chez moi. S'il vous plait.

- Encore quelques questions et on vous laisse. Est ce que vous avez remarqué quelque chose d'anormal avant que vous ne voyez ce ... rat, dans le miroir. Est ce que les lumières on clignoté ou est ce que vous avez eu froid ?

- Comment vous le savez ? Demanda t'elle oubliant un instant sa frayeur.

- On a déjà rencontré le cas. Merci beaucoup, vous nous avez beaucoup aidé. Ca va aller ? Demanda t'il gentiment. Vous pouvez partir à présent. Il n'y a aucun danger.

Le femme commença à se diriger vers la porte d'un pas incertain puis se retourna.

- Mais qu'est ce que c'était ?

- Juste une hallucination, madame. Affirma Sam d'un ton convaincu. Rentrez chez vous. Tout ira bien maintenant.

Elle hocha lentement la tête et sortit des toilettes en évitant soigneusement de croiser son reflet dans le miroir.

Dean s'adossa aux lavabos, alors que Sam et Castiel lui faisaient face.

- Donc, c'est un fantôme.

- Ouais, un putain de fantôme qui s'amuse à foutre la trouille aux gens et qui les pousse au suicide. On a notre explication.

- Si on veut. On ignore toujours de qui il s'agit. Et de comment il s'y prend pour terroriser une ville entière. Normalement les fantômes sont liés à un endroit ou un objet, c'est pas logique tout ça.

Comme pour le contre dire, les lumières se mirent à clignoter et la température chuta de plusieurs degrés tandis que le spectre clignotant d'une jeune femme en blouse blanche sale et déchirée se matérialisait devant eux.

- Toutes les armes sont restées dans le coffre ! Cria Sam qui regardait autour de lui, cherchant un moyen de se défendre.

Le fantôme se rapprocha encore, les mains levées devant elle, ses doigts repliés en serres griffues.

- Pas toutes.

Dean sortit une flasque contenant du sel et le projeta sur l'apparition qui se dissipa en hurlant. Les lumières cessèrent de clignoter alors qu'une inscription apparaissait sur le miroir dans le givre qui s'y était formé.

"AIDEZ LES"

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- Ok, alors là, j'y comprends plus rien. Ce foutu fantôme nous attaque et ensuite il nous demande de l'aide. Mais qu'est ce que c'est que cette ville de malades ?! Hurla Dean exaspéré assis au volant de son impala qu'il conduisait aussi vite que possible pour retourner aux abords de la ville.

Et effectivement tout Danvers semblait être devenue fou.

Lorsqu'ils étaient sortis du restaurant, les deux hommes et l'ange avaient assisté à des scènes pour le moins étranges. En pleine rue des gens à quatre pattes grognaient et poursuivaient d'autres personnes qui s'enfuyaient en miaulant. D'autres les regardaient passer d'un œil mauvais comme si ils voulaient les dévorer sur place. Au détour d'un croisement ils avaient même failli écraser un homme qui s'était littéralement précipité sous les roules de l'impala en hurlant et se débattant, tandis que de grosses cloques apparaissaient sur son corps comme si il était attaqué par un essaim de frelons ou consumé par des flammes. Avant même qu'ils ne puissent stopper la voiture et tenter de l'aider, l'homme hurlant avait continué sa course folle et avait finalement cessé de crier lorsqu'un camion lui était passé sur le corps, sans même s'arrêter.

Pendant plus d'une heure, toute la ville sembla avoir perdu la tête et les chasseurs ne purent que tenter de sauver les quelques personnes qu'ils croisèrent, la plupart du temps sans succès, tant ils semblaient perdus dans leur délire collectif.

Un cri leur fit lever les yeux en hauteur et ils s'écartèrent vivement lorsqu'un corps s'écrasa à un mètre d'eux sur le trottoir. Par la fenêtre de l'immeuble dont l'homme venait de sauter, ils virent distinctement le même fantôme de femme que dans le snack les bras tendus dans le vide, le visage douloureux.

- Il faut qu'on arrête ça ! S'écria Castiel.

- Oui, mais comment? On ne sait même pas à qui on a affaire.

Et puis brutalement, tout revint à la normale. Les sirènes des véhicules de secours se firent entendre, leur faisant réaliser seulement à ce moment qu'un silence assourdissant avait envahi la ville pendant toute cette déferlante de folie. Les gens se massèrent autour des victimes, tentant de leur porter secours, alors que la seconde précédant ils n'en avaient cure.

Les trois hommes étaient alors remontés dans l'impala, Dean au volant, Sam avait déjà sorti son portable et lançait toutes les recherches auxquelles il pouvait penser.

- On sait que c'est un fantôme. Une femme. On l'a vue dans le resto et là elle vient de pousser ce pauvre type par la fenêtre.

- J'ai plutôt eu l'impression qu'elle essayait de le retenir.

La voix grave de Castiel à l'arrière du véhicule lui fit relever la tête. Dean leva un sourcil septique.

- Comme si elle tentait de le sauver ? Depuis quand des putains de fantômes voudraient aider les gens ? T'as déjà vu ça, toi ? Les fantômes tuent. Ils ne sauvent pas.

Plus Dean parlait et plus le ton de sa voix montait.

- Dean, regarde moi. Demanda Castiel.

Dean tourna une seconde le visage pour croiser le regard de Castiel.

- Non, dans le rétroviseur.

- Putain, mais qu'est ce que ça veut d...

- Je crois que je commence à comprendre. Coupant Dean qui commençait à crier.

Son affirmation eut le mérite de faire taire le chasseur et de le calmer sur le champ.

- Sam regarde toi dans le rétroviseur, qu'est ce que tu vois ?

Sam s'exécuta sans comprendre, mais quand ses yeux regardèrent son propre reflet dans le miroir, il ne put retenir un mouvement de recul et se plaqua contre le siège sur lequel il était assis.

- Dean, à ton tour.

- Je conduis Cass, pas le temps de me regarder pour voir si j'ai besoin de me refaire une beauté. S'agaça de nouveau le chasseur.

- Je crois que tu devrais faire ce qu'il dit. Dit Sam d'une voix blanche. Mais gare toi sur le bas-côté avant.

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- Donc si je résume ce qu'on sait. Commença Sam, assis sur le capot de la voiture à la sortie de la ville. On est à quelques heures Halloween La ville est en train de devenir folle et chacun voit dans le miroir le reflet de ce qui lui fait le plus peur au monde. Pour moi...

Sam marqua un temps d'arrêt et se racla la gorge autant de crainte que d'embarras.

- ... je me vois en clown.

- Et moi, j'ai des yeux noirs de démon. Oh putain ! Ragea Dean.

- Et ce n'est pas seulement une apparence. Vous adoptez le comportement de ces personnages. Compléta Castiel calmement. Dean devient agressif. Toi Sam, tu ris ou pleure selon les circonstances. Les gens voient dans le miroir leur pire cauchemar, c'est pour cela que certains se jettent par la fenêtre ou sous les roues des voitures pour y échapper et que d'autres se suicident.

- Ok, on sait ce qui se passe. Et maintenant, comment on trouve qui est responsable de tout ce merdier? Parce que, croyez moi, là, j'ai très très envie de buter quelque chose !

Dean haussa un sourcil circonspect.

- Et je dois bien reconnaître que les images qui me passent à l'esprit sont un peu...

Il s'interrompit et fit une moue dégoûtée.

- Il faut vraiment qu'on arrête ça.

Sam se mit à rire et Dean lui lança un regard noir.

- Quoi ?

- Non rien, j'ai juste pensé à un truc.

Dean ferma les yeux et soupira d'exaspération pendant que Sam se remettait à pouffer de rire. Les vitres de l'impala se couvrirent de givre et immédiatement les trois hommes comprirent qu'un spectre les approchait. Dean sortit du coffre des barres de fer qu'il tendit à Sam et Castiel ainsi que des fusils contenant des cartouches de gros sel.

La silhouette de la femme fantomatique qu'ils avaient aperçue dans les toilettes du restaurant se matérialisa à deux mètres d'eux et Dean tira par réflexe, mais le bras de Sam dévia la trajectoire du sel.

- Putain mais t'es con ou quoi ?! Cria Dean en empoignant Sam par le col de sa chemise et le plaquant violemment contre la carrosserie de l'impala.

- Dean, elle veut nous dire quelque chose. Lui expliqua Castiel qui avait attentivement observé le fantôme au lieu de chercher à s'en défendre.

Le spectre apparu de nouveau et leva devant lui ses mains grises et décharnées. Son visage cendré exprimait la peur tout autant que la tristesse. Elle pointa un doigt et tous les regards convergèrent vers la direction qu'elle indiquait. Lorsqu'ils se retournèrent vers elle, elle avait disparu.

- Ok. quelqu'un m'explique ce qui vient de se passer ? Cria Dean en relâchant Sam qui rajusta ses vêtements froissés.

- Je crois qu'on devrait aller voir. On a pas d'autre piste.

- Bon d'accord elle nous a pas attaqué, mais de là à penser qu'on peut lui faire confiance. Râla Dean peu convaincu.

- Ca ne coûte rien de vérifier.

Sam alla chercher son ordinateur qu'il posa sur le capot de la voiture sous le regard mauvais de Dean qui n'appréciait visiblement pas l'outrage fait à son précieux bébé. Sam dû réprimer un petit rire et se concentra sur l'écran qui affichait le bâtiment que le fantôme leur avait désigné.

- Je vous présente le Danvers State Hospital. Construit en 1878 et fondé par un certain docteur Thomas Kirkbride.

- Ca serait lui le responsable ? Un autre docteur Mengélé ? Il torturait ses patients ?

Il jeta un regard à Castiel qui tiquait en fronçant les sourcils, essayant visiblement de comprendre l'allusion.

- On a déjà eu un cas comme ça. Lui expliqua Dean.

- Non, pas du tout. Reprit Sam. D'après ce que je lis, ce médecin était plutôt adepte de soins doux et sa thérapie se basait sur un comportement humain et amical envers le patient malade mental. Et tous ses successeurs semblent avoir conservé ses méthodes.

- Voilà qui ne nous aide guère. D'autant que ce fantôme était celui d'une femme. Commenta Castiel qui lisait à côté de Sam. Alors qui est elle?

- Ouais, ben de toute façon, ça a quand même forcément un rapport avec l'asile. Affirma Dean agacé. Si c'est pas ce toubib, c'est sûrement un autre. Ou un des patients. Dans tous les cas, on attend que la nuit tombe, on entre la dedans, on repère le coupable et on fait cramer ses os. Aussi facile que ça !

Sam lui jeta un regard clairement septique.

- Oui et si on attend la nuit, vu tout ce qui se passe en ville, plein de gens vont mourir.

- Et qu'est ce qu'il propose d'autre, le petit génie ?

Le ton agressif de la voix de Dean leur fit tourner la tête vers lui et leurs yeux s'écarquillèrent.

- QUOI ?

Ils s'écartèrent pour que Dean puisse voir dans les vitres de l'impala ses yeux étaient de nouveau complètement noirs et cette fois il ne s'agissait plus que d'un simple reflet.

- Ok, pas question d'attendre, on y va tout de suite.

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Le trajet vers l'hôpital psychiatrique ne prit que quelques minutes et Dean se gara un peu à l'écart de l'impressionnant bâtiment tout de briques rouges.

- Castiel et moi on va y aller. Affirma Sam.

Dean s'apprêtait à protester mais son frère orienta vers lui le rétroviseur intérieur de l'impala et il dû bien s'avouer vaincu. Ok, à moins de mettre des lunettes de soleil, il ne pouvait pas vraiment se balader comme ça.

- Bon d'accord, mais faites gaffe. Et si il y a le moindre problème, vous m'appelez et je les massacre tous. Cass t'as ta carte de flic? Non, dans l'autre sens. Soupira t'il en levant les yeux au ciel lorsque l'ange la lui montra à l'envers.

Il se tourna vers Sam.

- Qu'est ce que vous allez leur raconter pour entrer?

- T'inquiète pas, ça va aller maman. Se mit à rire Sam.

- Putain je le sens pas du tout... En se pinçant l'arrête du nez.

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- Bordel, mais qu'est ce qu'ils foutent !

Malgré tous ses efforts, Dean avait de plus en plus de mal à maîtriser la colère qu'il sentait monter en lui.

Ca faisait plus d'une demi-heure que Sam et Castiel étaient entrés dans le bâtiment et même si ils avaient eu des difficultés ils auraient dû être revenus.

Dean avait envoyé plusieurs SMS à son frère pour lui demander si tout se passait bien et il lui avait répondu succinctement à chaque fois par l'affirmative.

Une nouvelle fois Dean envoya un message.

" Vous en êtes ou ?"

La réponse lui parvint une interminable minute plus tard.

"AIDEZ LES"

Dean sentit son sang de glacer dans ses veines en réalisant que son frère n'était pas l'auteur de la réponse et un instant la rage le submergea.

Bordel, il leur avait bien dit qu'il devait les accompagner ! Et si son connard de frangin et l'autre espèce d'emplumé s'étaient fait descendre et bien ils l'auraient bien cherché après tout. Merde !

La violence de ce qu'il ressentit et des images qui l'assaillirent l'arrêtèrent sur le champ. Il se passa une main sur le visage puis la leva devant ses yeux lorsqu'il les rouvrir et la vit trembler de rage.

Bon sang, il fallait vraiment qu'il se contrôle.

Respirant profondément, il sortit de l'impala et prit dans le coffre une machette en fer, du sel ainsi que de l'essence, puis vérifia la présence de son briquet dans sa poche.

Bon allez, c'était son tour. Si le responsable de tout ce putain de cirque était à l'intérieur, il allait le faire cramer façon méchoui, ça allait pas faire un pli!

Il leva les yeux vers le bâtiment et constata que la nuit n'allait pas tarder à tomber.

Génial, un asile de dingues, dans le noir, le soir Halloween. Est ce qu'on pouvait faite plus cliché que ça ?

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Lorsqu'il franchit la lourde grille de fer forgé, ce qui le frappa fut le silence.

Dean monta quatre à quatre les quelques marches qui menaient à la grande porte puis toqua dessus, sa machette dissimulée sous sa veste.

- Les visites sont terminées. Lui dit un homme en entrouvrant la porte, d'un air méfiant.

Cala son pied dans l'entrebâillement, Dean repoussa le bâtant avec force, envoyant sans façon l'aide soignant valser contre le mur avec un cri de douleur satisfaisant. L'homme ne se releva pas.

Un de moins ! Pas le temps de m'amuser avec ces conneries.

Dean sortit son arme et tenta de s'orienter dans l'imposant bâtiment anormalement silencieux.

Bon sang, mais où étaient les rires hystériques et les cris des aliénés quand on avait besoin d'eux ? Au moins il aurait pu s'orienter aux voix.

Il tenta de faire sonner le portable de Sam et prêta l'oreille. Dans un silence pareil, il ne pourrait pas manquer la sonnerie. Mais rien. Il tomba directement sur la messagerie vocale, probablement signe que le portable de son frère avait été éteint.

En tout cas, cette fois il n'y avait plus de doute, ils avaient bien un problème.

Castiel, tu m'entends ?

Dean ferma les yeux et se concentra de toutes ses forces, priant l'ange dans l'espoir qu'il l'entende et lui réponde à défaut de pouvoir voler jusqu'à lui.

Mais de nouveau rien ne se passa.

Dean serra les poings.

Bordel ça commençait à bien faire!

De nouveau une déferlante de rage froide l'envahit. Il fallait qu'il massacre quelqu'un. Il en avait envie, plus encore il en avait besoin. Quelqu'un à tuer. Et vite ! Il leva sa machette devant lui prêt à décapiter le premier monstre qui oserait venir s'interposer, mais lorsque son reflet dans la lame lui renvoya son regard noir, il se crispa.

Et bien ok, quitte à être un démon, autant en utiliser les capacités, après tout non ? Ils étaient plus forts, avaient des perceptions supérieures. Et bon sang si il avait su, Dean se serait penché avant sur les pouvoirs et aptitudes démoniaques. Ca aurait pu lui être utile maintenant.

Il ferma les yeux et se concentra davantage, espérant que ces foutus sens ou perceptions à la Dark Vador ou il ne savait pas quoi lui donneraient un indice.

Et c'est là qu'il l'entendit.

Faible, comme étouffé.

Le rire de Sam.

Un rire hystérique, dément, désespéré.

Dean se précipita vers ce son presque inaudible mais qui fit dévaler dans son dos une sueur glacée.

Etrangement pourtant, le fait de savoir que, malgré sa transformation, il se préoccupait encore du sort de son frère et de Castiel le soulagea un peu. Il n'était pas encore complètement devenu un monstre. Même si à cet instant il avait un mal fou à contrôler les envies de meurtre qu'il sentait monter en lui.

Se guidant toujours au rire de Sam, il arriva finalement dans le couloir des cellules, et lorsqu'il vit deux aides soignant se précipiter vers lui, il ne put réprimer un sourire sadique et leva sa machette.

- Dean, NON !

La voix de Castiel avait claqué dans le silence seulement brisé par le rire ininterrompu sinistre et retentissant de son frère.

- Ils sont envoûtés, ils n'y sont pour rien. Ne les tue pas.

Dean eut une moue déçue, mais posa tout de même sa machette au sol. Il se redressa et se campa sur ses pieds pour attendre les deux hommes massifs qui couraient vers lui. Le premier tenta de le faire chuter en le percutant de tout son poids, mais Dean l'évita en se tournant simplement sur le côté et le bruit du craquement que fit le bras droit de l'homme quand il tomba dessus de tout son poids lui arracha un sourire satisfait. Le second aide-soignant grogna bestialement et se précipita lui aussi. D'une main Dean lui saisit le visage et l'envoya contre le mur. Son crâne cogna contre la paroi et l'homme s'effondra inconscient.

Dean se retourna vers la porte de la cellule d'où Castiel lui avait parlé. Il tenta d'ouvrir la porte mais elle était verrouillée.

- Les clefs. Les gardiens ont les clefs.

Dean se mit à fouiller les hommes inconscients. Rapidement il trouva le trousseau et en se relevant envoya un coup de pied vicieux au visage du premier homme qui tentait en grognant et montrant les dents d'agripper sa main de son bras valide.

- Couché panier ! Cracha Dean d'un air mauvais à l'homme à présent inconscient.

Lorsqu'il déverrouilla la porte, Castiel l'attendait derrière et l'ange tiqua devant l'air... appréciateur ? ... qui passa fugacement dans le regard du chasseur lorsqu'il le vit saucissonné dans la camisole de force que les aides-soignants lui avaient fait enfiler.

De nouveau le rire hystérique de Sam se fit entendre dans la cellule voisine. Dean se ressaisit en secouant la tête et arracha plus qu'il ne les défit les sangles qui maintenaient l'ange et Castiel put se libérer.

- Dommage... Gronda Dean sans pouvoir s'en empêcher, un rictus aux lèvres.

Les lampes de la cellule se mirent à clignoter et une volute de vapeur blanchâtre s'échappa de leurs lèvres au rythme de leur respiration.

- Dépêchons nous. Il arrive. Cria Castiel.

- Mais qui bordel ?!

- Gilles Corey.

- Qui ça ?

- C'est un des condamnés pour sorcellerie au procès de Salem. Expliqua rapidement Castiel. J'ai reconnu son fantôme tout à l'heure dans le bureau du directeur avant qu'ils ne deviennent tous fous. Je suis sûr que c'est lui qui est derrière tout ça. Et je sais comment l'éliminer.

Les deux hommes arrivèrent enfin devant la porte de la cellule de Sam. Le rire ininterrompu qui s'en échappait n'avait rien de joyeux ou de communicatif. Il sonnait douloureux, rauque et lorsqu'ils ouvrirent enfin le lourd battant métallique, ils trouvèrent Sam effondré au sol, les mains sur la gorge, les yeux fous.

- Peux plus... respirer... Parvint il à articuler entre deux accès de rire démentiel.

Dean se précipita vers son frère et l'inquiétude fit refluer le noir de ses yeux.

- Cass, il faut faire quelque chose. Maintenant.

- Il faut brûler la pierre. Affirma l'ange.

- Quelle pierre? Mais de quoi est ce que tu parles?

- Dans le bureau du directeur. Je n'ai pas fait le rapprochement tout de suite, mais quand le fantôme de Corey est apparu et l'a possédé... Dean je suis désolé, j'aurais dû comprendre plus vite.

La porte de la cellule dans laquelle ils se trouvaient tous les trois se referma subitement et une voix mauvaise résonna dans le vide.

Vous ne sortirez jamais d'ici... Vous resterez toujours avec moi...

Dean se précipita mais le battant verrouillé résista au coup de pied rageur qu'il lui assena.

L'atmosphère déjà glaciale perdit encore quelques degrés lorsque le fantôme de la femme qu'ils avaient déjà rencontrée se matérialisa derrière eux.

- Aidez les. Gémit t'elle, les mains tendues et le visage implorant.

Sans qu'ils ne comprennent comment le verrou s'actionna de lui même et la porte de la cellule s'entrebailla.

NOOONNN ! Hurla de nouveau la voix masculine désincarnée et furieuse.

Et cette fois ce furent toutes les portes de toutes les cellules qui s'ouvrirent simultanément, liberant leurs captifs qui en sortirent et se dirigèrent d'un pas lent mais sûr dans leur direction, comme autant de zombies décérébrés.

Dean se précipita dans le couloir, alors que le rire macabre de Sam reprenait de plus belle. D'un geste sûr, il lança à l'ange sel, briquet et essence.

- Écoute Cass, j'ai rien compris à ce que tu m'as expliqué. Mais si tu sais comment arrêter tout ce bordel, alors vas y. Je vais les retenir.

Castiel hésita une seconde. Il jeta un regard vers Sam presque inconscient au sol, les yeux révulsés, le corps secoué de spasmes plus de que rire, puis un second vers Dean dont les yeux étaient redevenus plus noirs que de l'encre. Puis il se précipita à son tour dans le couloir, vers le bureau du directeur.

Derrière lui, il pouvait entendre les cris de rage de Dean et ceux de douleur des patients envoûtés qui se précipitaient sur lui. Castiel ne se retourna pas, il ne voulait pas voir. Il espéra juste qu'il reste assez d'humanité dans son protégé pour qu'il ne massacre pas tous ces gens.

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Castiel venait de partir et Dean savait qu'il devait tenir. A ses pieds Sam riait toujours et ce son allait le rendre dingue. Dean était sûr que même si ils s'en sortaient, il l'entendrait jusqu'à la fin de ses jours dans ses cauchemars.

Le premier patient se rua sur lui et Dean n'eut aucun mal à l'éviter, le projetant sur ses camarades déchaînés et les entraînant au sol. Il se campa devant la porte de la cellule où gisait Sam, s'autorisant seulement un regard en arrière pour voir son frère une main toujours sur sa gorge serrée, qui tentait de se relever pour venir l'aider. Un coup le prit par surprise et il retourna la tête vers la femme qui venait de le frapper avec son poing. La gifle qu'il lui assena fit faire un tour à quarante cinq degrés à son visage et elle s'effondra au sol en crachant du sang. Deux autres hommes tentèrent de l'attraper chacun par un bras et cette fois Dean sentit qu'il ne contiendrait pas sa colère encore longtemps. Il dégagea sans mal sa main droite et attrapa un des hommes à la gorge. L'envie de serrer jusqu'à lui broyer la gorge était presque irrépressible et il grogna de frustration quand il utilisa celui qu'il avait empoigné pour cogner le crane de celui qui tentait encore de l'immobiliser. Les deux hommes eurent un air étonné pendant une seconde avant que leurs yeux ne se ferment et qu'ils ne tombent au sol, inconscients.

Brusquement, la porte du couloir s'ouvrit avec un grands bruit quand elle heurta le mur, laissant entrer quatre aides-soignants, les visages déformés par la rage, armés de longs couteaux de cuisine. Derrière eux, une vingtaine de patients suivaient en poussant des cris gutturaux.

Là, ça se gâte. Se dit Dean. Tant pis pour vous les mecs, j'ai plus le choix.

Il empoigna la machette qu'il avait posée au sol pour tenter de ne pas trop amocher les possédés. Ils étaient trop nombreux et puis il en avait ras le cul aussi. Si ils voulaient la jouer comme ça, alors ok, lui aussi !

Avec des cris bestiaux, les quatre aides-soignants se jetèrent sur lui simultanément. Dean leva son arme prêt à frapper lorsqu'un cri de souffrance et de rage déchira l'air au dessus d'eux.

Tout s'arrêta.

Les quatre hommes en tenue blanche se figèrent et se regardèrent, éberlués, fixant leurs mains qui tenaient toujours les couteaux récupéré dans les cuisines de l'établissement. Ils tournaient la tête tout autour, constatant la présence de leurs patients tout aussi perturbés qu'eux, sans savoir comment ils étaient arrivés là, ignorant Dean qui avait dissimulé sa machette derrière son dos. Plusieurs patients se mirent à pleurer, d'autres à se balancer d'avant en arrière en gémissant. Certains regagnèrent d'eux même leurs chambres précipitamment comme des enfants pris en faute.

- Vous devriez les aider à rentrer chez eux. Suggéra Castiel qui venait d'apparaître et posa deux doigts sur les fronts de chaque aide-soignant effaçant leurs souvenirs de ces dernières heures et implantant ses directives.

- Oui, allez tout le monde. On va se coucher. Commença l'un des aides soignants en poussant doucement les patients qui se trouvaient devant lui pour les guider.

- Cass ?

Dean se retourna vers Castiel qui regardait les hommes et femmes à terre d'un air satisfait.

- Tu n'as tué personne. C'est bonne bonne chose. Affirma l'ange d'un ton catégorique.

Ce n'est qu'au moment où il sentir un rire nerveux échapper de sa gorge que Dean se rendit compte que celui de son frère s'était enfin arrêté. Cela le coupa dans son élan et il retourna précipitamment dans la cellule pour aider Sam qui se remettait péniblement sur ses pieds.

- Plus jamais. Je veux plus jamais qu'on me raconte la moindre histoire drôle. Croassa Sam d'une voix cassée. J'ai assez ri pour les trente prochaines années. Au moins !

- Entendu. Allez viens frangin. on se tire d'ici.

Lorsqu'il franchit la porte de la cellule, posa la main sur l'épaule de Castiel.

- Merci mec. Va falloir que tu nous expliques, mais une chose est sure, on t'en doit une. Tu viens ?

L'ange acquiesça.

- Juste une dernière chose.

Dean ne remarqua qu'à cet instant les petits sacs que Castiel tenait dans sa main droite. Il reconnu sans peine des sacs à sortilèges mais un dernier, un peu plus gros que les autres lui était inconnu.

Il regarda l'ange les poser tous au sol en un petit tas qu'il arrosa d'essence avant d'y mettre le feu. Aussitôt le fantôme de la femme apparu de nouveau. Son visage d'abord douloureux se fit souriant avant que sa silhouette ne s'embrase et qu'elle ne disparaisse sans pousser un cri.

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Assis sur le capot de l'impala, Dean regardait son frère grimacer en avalant sa bière. Visiblement sa gorge allait lui faire mal un certain temps.

Debout devant eux, dans cette posture raide si familière, Castiel tenait lui aussi à la main la bouteille pleine que Dean avait absolument tenu à lui offrir en signe de reconnaissance.

- Alors est ce que quelqu'un va enfin m'expliquer qui était ce Corey et pourquoi tout ce cirque? Demanda le chasseur.

Castiel posa sa bière intacte sur le toit de la voiture et commença à parler d'une voix grave, les yeux fixés sur la bouteille.

- Gilles Corey. Je me souviens bien de lui, c'était un homme bien. Il avait été accusé de sorcellerie lui aussi, tout comme beaucoup d'autres innocents. Mais lors de son procès, il a refusé de plaider coupable. Alors il n'a pas été pendu comme les autres suppliciés. Il a subi ce qu'ils appelaient à l'époque la peine forte et dure. Celle qui était réservée aux condamnés qui refusaient de se repentir.

Dean grimaça, avant de prendre une nouvelle gorgée de bière pour se donner une contenance.

- Pas sûr d'avoir très envie de savoir ce ça veut dire. Mais dit quand même.

Castiel baissa les yeux perdu dans les images atroces qui défilaient dans sa mémoire.

- Il a mis trois jours à mourir sous les pierres que ses bourreaux empilaient une à une sur sa poitrine jusqu'à ce que sa cage thoracique soit écrasée. Il n'a jamais cédé, il n'a jamais plaidé coupable.

- Des pierres ? Comme celle que tu es allé brûler?

- Oui, je l'avais remarquée dans une vitrine du bureau du directeur, quand nous sommes allés lui poser des questions, Sam et moi . Mais je n'avais pas fait le rapprochement, jusqu'à ce que le fantôme de Corey ne se manifeste et le possède.

- Oui, je l'ai vu aussi. C'est à ce moment là que tout le monde est devenu dingue et qu'ils nous ont emprisonné. Renchéri Sam. C'était à cause de la pierre?

- En fait c'est elle qui le rattachait à cet endroit. Je me suis dit qu'il devait bien rester du sang ou des tissus auxquels son pouvait être raccroché.

- Ok, un fantôme furax, ça, on a déjà vu ça. Dit Dean. Mais quel rapport avec tout ce qui se passait partout en ville ? Comment il a pu provoquer tout ça ? Et qui c'était l'autre fantôme, la femme ?

- Est ce que tu peux chercher Elisabeth Proctor, sur ton ordinateur Sam s'il te plait ? Demanda Castiel.

Le cadet Winchester s'éxécuta et tourna vers eux l'écran de l'ordinateur

- Elle ressemble un peu à notre fantôme. Dit il lorsque l'image d'une reproduction datant de l'époque des procès de Salem s'afficha à l'écran.

- Une de ses descendantes, peut être ?

Sam pianota encore quelques minutes sur son écran et le tourna de nouveau vers son frère et Castiel.

- Je vous présente Sarah Proctor. Reprit il en se raclant sa gorge douloureuse. Arrière arrière arrière petite fille d'Elisabeth et ancienne directrice de cet établissement avant le directeur actuel.

- C'est elle, pas de doute. S'exclama Dean, le doigt pointé vers l'écran.

- Sarah Proctor est morte en 1952, année de sa prise de fonction en tant que directrice du Danvers Hospital où elle n'y a exercé que six mois. Elle a été retrouvée pendue dans le bureau directorial le 31 octobre 1952, date à laquelle les suicides ont commencé. Continua Sam.

- Ce serait elle notre sorcière ?

- C'est fort probable. Affirma Castiel. D'autant que lorsque le sort a été brisé et que j'ai récupéré mes aptitudes, j'ai tout de suite senti la présence de runes très anciennes et puissantes qui entouraient la ville et nous empêchaient de sortit tout en bridant mes pouvoirs. Une magie sombre, presque aussi vieille que le monde lui même. Je ne comprends d'ailleurs pas comment une simple sorcière a pu la maitriser. Et il y avait des artefacts et des sacs à sortilèges dissimulés partout dans le bureau, la ville entière en était truffée également et c'est pour cela que les gens ont été affectés un peu partout.

- Mais quel rapport avec le fantôme de Corey ? Depuis quand est ce que les fantômes et les sorcières s'associent pour travailler ensemble ? Et puis une vengeance, des centaines d'années plus tard ? A quoi ça rime ? Demanda Sam qui ne comprenait toujours pas.

- Cherche pas Sammy, les humains sont barges. Trancha Dean tout aussi perdu. Et les psys encore plus que les autres. Alors les sorcières psy... Et les sorcières psy qui s'associent à des fantômes furax, t'imagines...
Dean secoua la tête, l'expression de son visage révélant ses pensées bien mieux que des mots.

- Mais quand même, puisque c'était un mec bien, ce Corey, pourquoi il s'est mis à terroriser tout le monde et à tuer des gens ?

- Les fantômes deviennent fous au bout de quelques siècles à errer sur la terre, Sam. Reprit Castiel. La mort de cet homme a été si atroce, si injuste qu'il n'a pas pu ou pas voulu partir. Et au bout de quelques siècles, comme tous les autres, son esprit a sombré. J'imagine que quand il a vu qu'une des descendantes des personnes qui avaient souffert avec lui était une sorcière, il l'a manipulée pour infliger aux habitants de cette ville qui l'avait injustement condamné, la peur et la douleur qu'il avait dû ressentir à l'époque. La sorcière a tenté de réparer le mal qu'elle avait causé avant sa mort, mais elle était tout aussi prisonnière de ses propres sortilèges que le reste de la population de cette ville.

Castiel baissa la tête.

- J'aurais pu éviter tout ça. Si j'avais sauvé ces gens... Rien de tout ça ne serait arrivé si nous étions intervenus.

Sam détourna son regard de l'écran, se leva et posa une main amicale sur l'épaule de l'ange.

- Ca n'est pas de ta faute. Tu ne faisais que suivre tes ordres. Comment est ce que tu aurais pu savoir ?

Castiel lui adressa un pauvre sourire que Sam lui rendit. Le silence s'installa, pesant.

- Bon allez, on rentre au bunker. Décréta Dean.

- Oui, et je crois que je vais dormir un peu pendant le trajet, je suis complètement crevé. Ca t'embête si je prends ta place à l'arrière ? Demanda Sam à Castiel.

- Non bien sûr, Sam.

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Longtemps après qu'ils eurent quitté le comté d'Essex et même le Massachusetts, Dean tenta un regard en coin vers l'ange qui n'avait plus dit un mot depuis qu'ils étaient montés en voiture et qui fixait la route, immobile, sans ciller. Dans le rétroviseur il vit son frère recroquevillé sur la banquette arrière et qui ronflait légèrement.

- Tu as sauvé Sam, Cass, pour moi, c'est tout ce qui compte. Lança Dean pour briser le silence.

Castiel ne répondit rien.

- Alors c'est ça ta plus grande peur? Demanda doucement le chasseur au bout de quelques minutes supplémentaires.

Castiel tourna enfin le visage vers lui, les sourcils légèrement froncés.

- Devenir humain ? Précisa Dean devant son incompréhension.

Castiel tiqua, mais resta silencieux.

- Pour Sam c'était les clowns. Pour moi, devenir un démon. Mais toi, tu t'es pas transformé en psychopathe ou quoi que ce soit d'autre, tu as juste perdu tes pouvoirs, t'es devenu humain. Ca te ferait tellement peur de devenir comme nous?

Castiel fixa de nouveau la route et le silence se prolongea si longtemps que Dean commença à croire qu'il ne lui répondrait pas.

- J'ai vécu tant de choses Dean. Commença Castiel de sa voix si grave et à présent si lasse. Parfois je ne sais plus qui je suis, ni même ce que je suis. Est ce que devenir humain est ce qui m'effraie le plus ? Peut être bien.

L'ange jeta un regard hésitant à l'humain.

- Si je n'étais plus un ange, si je n'avais plus aucun pouvoir...

Dean l'encouragea d'un regard à poursuivre avec la sensation que chaque mot que Castiel prononçait lui était une agonie.

- A quoi servirais je ? Qui voudrait d'un ange sans ailes?

Castiel s'arrêta et fixa en silence le paysage qui défilait dans le noir.

De nouveau les phares de l'impala éclairaient cette fichue ligne en pointillé qui défilait sans fin.

- Aujourd'hui tu as sauvé Sam. Reprit Dean presque à voix basse. Et tu m'as sauvé moi. Et t'avais pas tes pouvoirs. Même si t'étais plus un ange, tu serais pas inutile pour autant.

Ses mots ne semblèrent pas apporter le réconfort escompté et Castiel reprit sa contemplation de la vitre à sa droite.

- Alors c'est ça que tu penses ? Continua le chasseur. Que tu dois nous être utile, sinon on voudra plus de toi ? T'es pas juste un outil Cass.

Dean fronça les sourcils, frustré de ne pas réussir à exprimer ce qu'il tentait de faire comprendre à l'être céleste Le silence s'installa de nouveau dans l'habitacle, seulement brisé par les légers ronflements de Sam.

- Tu es important pour nous. On a besoin de toi. J'ai besoin de toi.

Dean soupira et passa une main sur son visage fatigué.

- Putain, je devrais réveiller Sam. Lui, il saurait comment dire ça.

Il jeta effectivement un nouveau regard rapide à son frère, mais en fait pour s'assurer qu'il dormait toujours.

- Tu fais partie de la famille, Cass, autant que Sam, tu le sais n'est ce pas?

La voix de Dean était si basse à présent qu'il fallut à l'ange son ouïe si sensible pour entendre la suite.

- T'es un frère pour moi. Je t'aime, mec.

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Castiel ne répondit rien.

Il ne regarda pas Dean qui n'aurait à cet instant de toute façon pas voulu croiser son regard.

Il se contenta de sourire légèrement, imperceptiblement, et de fixer les étoiles dans la nuit noire, en les trouvant peut être un tout petit peu plus brillantes à présent.

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Et voila, ce fameux " je t'aime" que Dean n'a pas dit dans la réplique où Castiel l'a frappé dans la crypte sous l'emprise de Naomi et s'arrête avant de le tuer. Je le mets là, parce que je ne le trouve ni déplacé, ni de trop.

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Voilà, c'était juste une petite chasse à la Winchester, juste un fantôme en fait et un peu de sorcellerie.

Je suis restée aussi proche de la réalité que je le pouvais dans une fic SPN en ce qui concerne les noms de personnes cités ainsi que certains détails sur les procès et les executions. ( renseignements tirés de Wikipedia.) Seule Sarah Proctor la directrice a été inventée.

Une époque pas marrante quand même. Ils ne faisaient pas dans le détail quand ils tuaient les gens...

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J'espère que ce petit texte Halloween vous a plu.

Changement de ton radical pour le mois prochain, si je reste sur mon idée actuelle. On verra. ;)

A bientôt.