Hello, quel plaisir de vous retrouver!
Et oui, pour nos amis c'est aujourd'hui Thanksgiving.
Bon, je préviens cet OS est parti d'une blague, vous devez sûrement la connaitre. Si ce n'est pas le cas, je la mets en intégralité à la fin, mais n'y filez pas tout de suite la lire, ça gâcherait un peu l'effet. ;)
D'ailleurs en parlant de fin, j'espère qu'arrivés en bas de cette page vous ne m'en voudrez pas trop pour le traitement que j'inflige à notre angelot. Non, je ne me moque pas de lui, ou alors juste un peu de son côté premier degré, mais pas tant que ça en fait…
Et on va dire que ce sont des choses qui peuvent arriver quand il y a méprise, non ? ;)
Bon, je crois que j'en ai assez dit, amusez vous bien et dans la vraie vie ne faites pas comme lui.
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Rating tout public, avec les avertissements d'usage comme dans les pubs, vous savez, celles qui disent qu'il faut consommer avec modération.
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Assis à la table de la cuisine du bunker des hommes de lettres, Castiel relisait pour la troisième fois dans son intégralité la recette de cuisine qui s'affichait sur l'écran de l'ordinateur qu'il avait emprunté à Sam.
Et malgré sa connaissance universelle de toutes les langues mortes ou vivantes parlées sur la surface de cette planète, il se trouvait en difficultés, les sourcils froncés et la tête légèrement inclinée sur le côté dans son effort de concentration.
Pourtant cela commençait dans un langage parfaitement intelligible, mais la fin était... pour le moins obscure.
L'ange se leva de sa chaise et se retourna vers les ingrédients qu'il avait déposés sur le plan de travail à côté de l'évier.
La première difficulté avait d'ailleurs surgit quelques minutes auparavant alors qu'il se trouvait encore au supermarché de Lebanon et que la caissière avait terminé de faire défiler devant son faisceau lumineux chacune de ses emplettes.
- Carte ou liquide ? Lui avait demandé la cinquantenaire sans même le regarder.
Castiel avait tiqué.
- Vous voulez que je vous donne à boire ?
Elle avait alors levé sur lui un regard fatigué.
Encore un qui se croyait drôle.
Marla en avait parfois assez de ces clients qui s'amusaient à ses dépens. Ils auraient sûrement moins fait d'humour si ils avaient dû, comme elle, tenir sa caisse pendant huit heures d'affilée après s'être cassé le dos une partie de la nuit à déballer des cartons. Mais Marla était veuve et avait trois enfants à envoyer à la fac, alors ces heures supplémentaires étaient les bienvenues. Même si elles lui ruinaient la santé. En ce moment Marla se sentait continuellement épuisée.
Mais pourtant cet homme ne semblait pas se moquer d'elle avec son air sérieux et légèrement perplexe.
- Comment comptez vous payer monsieur ? Redemanda t'elle d'un ton las.
L'homme face à elle parut soudainement très embarrassé et Marla commença à saisir le problème. Pourtant il ne ressemblait en rien aux SDF qui tentaient de resquiller parfois, et puis de toute façon, eux ne passaient généralement pas en caisse. Ils essayaient de filer en douce.
La caissière se retourna vers le vigile quelques mètres plus loin et qui tentait sa chance pour la millième fois auprès de Cindy, l'hôtesse d'accueil à l'entrée du magasin. Sans pouvoir s'en empêcher, Marla secoua la tête de dépit. Quand comprendrait il qu'elle n'était pas du tout intéressée ?
Mais ce n'était pas son principal soucis du moment, elle soupira, indécise. Elle n'avait pas envie de lui faire des ennuis à ce type en trench coat, il avait l'air gentil. Mais si elle n'encaissait pas la dinde et toutes les provisions qu'il avait prises, elles seraient retenues sur sa paye.
- Bill, tu peux venir, s'il te p...
Mais lorsqu'elle se retourna vers son client, deux doigts posés sur son front coupèrent net la fin de sa phrase. Immédiatement le visage de Marla se détendit, elle ferma les paupières sous l'effet de la merveilleuse sensation qui l'envahit. Toutes les douleurs qui avaient investi son corps fatigué ces derniers temps s'évanouirent en une fraction de seconde. Ca faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien.
- Un problème, Marla ? Demanda le vigile en dévisageant Castiel d'un air peu amène.
Elle rouvrit les yeux et se mit à sourire.
- Non... non, pas du tout, Bill. En fait, je… j'ai fait une erreur.
Le vigile la regarda, suspicieux.
- Tu es sure ?
- Parfaitement sûre. Affirma t'elle d'un ton paisible. Tout va bien. Merci Bill.
Après que le vigile se soit éloigné en lui jetant de fréquents coups d'œil perplexes, la caissière annula la facturation de tous les articles et s'adressa de nouveau à son client, le visage radieux.
- Passez une bonne journée, Monsieur. Et bon Thanksgiving.
Avec un sourire gêné, Castiel ramassa ses achats et sortit du magasin. Il n'était pas fier d'avoir ainsi dû influencer Marla, et il se promit de s'y prendre différemment si la situation devait se reproduire un jour. Mais à vrai dire, peu habitué à ce genre d'exercice, il n'avait tout simplement pas pensé à toutes ses implications.
Malgré tout Castiel ne regrettait pas sa visite au supermarché. Marla était quelqu'un de bien et le cancer généralisé qu'il venait de lui guérir l'aurait tuée en moins de six mois.
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Mais à présent revenu au bunker, il se retrouvait avec un volatile mort et une liste d'instructions pour le moins étranges à exécuter
L'ange jeta un regard à la pendule qui indiquait 14h30. Sam et Dean étaient en route pour rentrer de leur dernière chasse, mais le trajet avec l'impala leur prendrait encore plusieurs heures alors que lui s'était téléporté en quelques micro secondes, temps qu'il comptait bien mettre à profit pour leur préparer le meilleur dîner de Thanksgiving qu'ils n'aient jamais mangé.
L'idée lui en était venue deux jours auparavant, lorsqu'il avait entendu les frères Winchester en parler, se remémorant les quelques repas qu'ils avaient partagés en cette occasion dans leur enfance. Apparemment des sandwichs à base de dinde froide avec de la sauce aux airelles en boite, le plus souvent volés par Dean au supermarché local, ne constituaient pas un menu et une façon adéquate de célébrer cet événement national important pour les humains américains.
Et même si il avait encore parfois du mal à comprendre les émotions humaines, Castiel avait ressenti sans peine toute l'amertume qui se cachait derrière les blagues et les propos faussement enjoués des deux hommes.
L'idée lui était alors venue de leur préparer un véritable repas de Thanksgiving, une façon de leur restituer un peu de l'enfance que le surnaturel leur avait volé en leur prenant leur mère.
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Rassemblant son courage, il posa de nouveau les yeux sur la première ligne de l'énigmatique recette. Il l'avait choisie entre toutes celles qu'il avait consultées sur internet car même si ce n'était pas la plus simple à réaliser, elle était la seule à intégrer un ingrédient que Dean semblait apprécier entre tous.
Il ne pourrait donc qu'aimer.
Elle s'intitulait: recette de la dinde au Whisky.
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1) Acheter une dinde d'environ 5 kg pour 6 personnes et une bouteille de whisky, du sel, du poivre, de l'huile d'olive, des bardes de lard.
Grâce à Marla, il avait maintenant tout ceci en sa possession. Il avait également pris la salade que Sam appréciait particulièrement, des patates douces pour réaliser une purée, et des pommes pour faire une tarte, le dessert favori de Dean.
Mais, malgré son inexpérience en matière culinaire, l'ange avait parfaitement compris que la dinde allait mettre plusieurs heures à cuire et qu'il lui fallait commencer par cela.
Il passa donc à la ligne suivante...
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2) La barder de lard, la ficeler, la saler, la poivrer et ajouter un filet d'huile d'olive.
Castiel avait souvent eu l'occasion au Moyen Age de voir les soldats barder leurs armures et leurs chevaux avant de partir au combat. Ce terme ne lui était donc pas inconnu. Il se souvenait sans mal de la technique qui consistait à recouvrir l'animal de plaques de métal ou de lamelles de cuir pour en protéger les parties les plus vulnérables, essentiellement au niveau de la tête, du cou et des flancs.
Il sortit donc les bandes de lard de leur emballage et en entoura consciencieusement la tête et le cou du volatile, puis disposa les quelques lanières restantes sur les flancs.
La ressemblance avec les montures des armées qu'il avait vues combattre était approximative mais bien réelle, et l'ange en fut satisfait.
Par contre, ficeler l'animal lui sembla aussi complexe qu'inutile, après tout dans la mesure où le volatile avait déjà été tué, il ne risquait pas de s'enfuir. Mais les ordres étaient les ordres. Il entreprit donc de s'exécuter, bien que la corde trouvée dans le garage et qui servait habituellement à ligoter les démons et autres créatures maléfiques lui sembla un peu grossière pour cet usage.
Castiel rajouta les condiments, comme indiqué, mais sans que la quantité n'en soit précisée. Il mit donc peu de sel, mauvais pour la tension artérielle humaine, et beaucoup de poivre pour compenser.
On ne voyait plus grand chose à présent de la dinde dissimulée sous son armure de lard, de corde et de grains noirs, mais jusqu'ici, suivre la recette s'était avéré chose relativement aisée.
Castiel hocha la tête en signe d'approbation.
Ligne suivante.
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3) Faire préchauffer le four thermostat 7 pendant dix minutes.
Cette opération non plus ne posa aucune difficulté particulière. Castiel avait déjà eu l'occasion d'observer l'un ou l'autre des frères se servir de cet appareil, Sam essentiellement à vrai dire, car Dean était plutôt un adepte du micro-onde. Il tourna donc le bouton du four jusqu'au chiffre indiqué et commença à décompter mentalement les 600 secondes préconisées en parcourant des yeux la ligne suivante.
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4) Se verser un verre de whisky pendant ce temps-là.
Tout comme cela avait déjà malheureusement été le cas à l'alinéa 2, Castiel déplora le manque de précision de la recette. Le terme "verre" était beaucoup trop vague et pouvait désigner des contenants de taille extrêmement variable, du plus petit qui ne contenait que quelques gouttes, au le plus grand, plusieurs litres. Le bunker en offrait d'ailleurs une importante sélection et l'ange se trouvait donc à présent aux prises avec les affres du choix.
Mais puisque la contenance n'avait pas été mentionnée, Castiel présuma qu'elle était laissée à la discrétion du cuisinier. Dean aimait le Whisky, il choisit donc le plus grand verre qu'il put trouver, un impressionnant récipient posé sur son socle de bois*.
Castiel fronça les sourcils, de nouveau perplexe, en constatant que la bouteille de whisky ramenée du supermarché y passa tout entière. Et le verre n'était même pas encore à moite rempli.
Avait il fait une erreur dans son choix et devait il réduire la quantité de cet ingrédient ? Et si oui, dans quelle proportion ?
L'idée l'ennuyait malgré tout. A vrai dire, Castiel comptait un peu sur cet ingrédient hautement apprécié de son protégé pour masquer les éventuelles imperfections de son plat. Il la rejeta donc, relu l'alinéa 4 par acquis de conscience et décida de retourner au supermarché où il vida l'intégralité du rayon alcool, non sans avoir auparavant fait un détour par la cale d'un navire naufragé en méditerranée contenant des fûts de vins français de plus de cent ans d'âge.
Il espéra que cette fois ce paiement, en liquide, serait acceptable et ne passa pas en caisse.
Revenu au bunker, Castiel put enfin remplir l'énorme verre des deux bouteilles et demi de whisky qu'il pouvait contenir et, en l'absence d'indication quant à son usage, le laissa sur son socle sur le bord de la table.
Ligne suivante.
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5) Mettre la dinde au four dans un plat à cuisson.
A défaut d'indications plus précises, Castiel choisit tout d'abord un immense faitout qui allait pouvoir contenir à la fois le volatile mort et la quantité de Whisky qu'il pensait devoir y ajouter. Mais il se ravisa en comprenant que le plat ne rentrerait pas dans le four et se rabattit sur un contenant en verre de bonne taille bien que plus modeste, mais qui avait l'avantage de pouvoir accueillir l'animal tout en permettant de le visualiser pendant sa cuisson de par sa transparence.
Stratégie et prévoyance. Il hocha la tête. Excellent !
Comme demandé, Castiel enfourna donc la dinde dans le four préalablement chauffé.
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6) Se verser ensuite 2 verres de whisky et les boire.
Ah, enfin ! L'utilisation du breuvage était mentionnée, bien qu'elle le surprenne.
Comment l'alcool allait il parfumer la viande si il devait l'ingérer ?
L'ange haussa les épaules et décida, au vu de son inexpérience culinaire, de suivre les instructions à la lettre.
De nouveau la contenance des verres n'était pas précisée, mais puisqu'il avait décidé d'un volume à l'alinéa 4, Castiel décida de poursuivre à l'identique.
Nouvelle difficulté - décidément cuisiner à la façon humaine était plus ardu qu'il ne l'aurait pensé - le bunker ne contenait qu'un seul de ces immenses verres et il l'avait déjà rempli de Whisky et laissé de côté. Devait il le boire au même titre que les deux mentionnés dans le sixième point de la recette ? Ou chercher à s'en procurer un autre ?
Castiel soupira de dépit. Pas étonnant que les humains aient autant de difficulté dans la réalisation de ce qu'ils entreprenaient si les instructions de leurs supérieurs étaient aussi imprécises. Celles que lui recevait lorsqu'il était encore soldat de la garnison céleste ne laissaient jamais la moindre place au doute ni à l'interprétation. Et si cela l'avait bien souvent exaspéré et frustré par le passé, ici, cela aurait été pour le moins utile.
Mais en l'absence de directives précise, il allait devoir faire au mieux. Et il était assez logique finalement de penser que le même usage devait être réservé au premier verre qu'aux suivants. Il l'avala donc d'un seul trait, grimaçant à la première gorgée avant que le goût écœurant des molécules qui composaient le breuvage ne soit noyé sous la brûlure qu'il infligeait à l'œsophage de son véhicule. Castiel reposa l'encombrant récipient sur son socle afin de le remplir de nouveau et de réitérer l'opération lorsqu'un nouveau problème vint le distrait de ces actuelles préoccupations: de toute évidence la contenance réduite de l'estomac humain allait être un obstacle à la réalisation de ses objectifs.
Mais heureusement lui pouvait y remédier. Et tout en se demandant comment les humains pouvaient bien procéder, il utilisa donc ses facultés angéliques pour accélérer la digestion de son véhicule afin de pouvoir ingurgiter les deux autres verres dans la foulée, soit prés de cinq litres de whisky, cul sec.
Une nouvelle fois Castiel marqua un temps d'arrêt et fronça les sourcils. Les sens de son véhicule semblaient considérablement altérés par ce processus. Il aurait sans aucune difficulté pu remédier à ce problème, mais commençait enfin à comprendre la finalité de tout ceci: l'état de conscience altérée.
Plusieurs fois par le passé, il avait eu l'occasion d'observer des humains se mettre en transe pour tenter de communiquer avec des esprits ou comprendre des phénomènes surnaturels. L'ingestion d'alcool devait faire partie du processus qui lui permettrait d'accéder à cet état second afin de comprendre les obscures dernières lignes de la mystérieuse recette.
Il laissa donc sa grâce être envahie par les perceptions modifiées de son vaisseau et plissa les yeux pour lire la ligne suivante déjà passablement floue.
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7) Mettre le therpostat à 8 après 20 binutes pour la saisir.
Ouh, là !
Castiel lu et relu la phrase, les lettres commençant à danser devant ses yeux, puis il haussa les épaules avec nonchalance.
Ok, le gars qui avait rédigé la recette devait sûrement avoir les même problèmes que ceux qui altéraient actuellement son vaisseau et avait probablement voulu dire 20 pinutes... euh linutes - oh, c'est joli ça ! - naaannn, minutes.
Il exécuta donc la commande et tourna le bouton du therposta jusqu'au chiffre 8, sans se poser plus de questions.
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8) Se bercer 3 berres de whisky.
Encore du Whisky !
Castiel sourit. Dean allait sûrement beaucoup apprécier la recette. En tout cas lui commençait à beaucoup aimer.
De nouveau l'ange versa scrupuleusement les plus de sept bouteilles de whisky que contenaient les trois verres mentionnés à l'alinéa 8 et les ingurgita d'une traite.
- A la mienne ! Sans comprendre vraiment le sens de cette phrase que Dean disait parfois quand il levait son verre.
Le dit-verre à présent vide de nouveau sur son socle, Castiel porta une main à son bas ventre où, depuis un moment déjà, une tension de plus en plus importante se faisait sentir. L'ange comprit aisément quel était le nouveau problème de son véhicule si limité et s'occupa de son petit souci vésical d'une pensée sans s'en préoccuper davantage.
Mais comme si cette très légère utilisation de sa grâce l'avait inexplicablement épuisé, soudainement Castiel se sentit pris d'un vertige. Il se retint à une chaise, conscient que l'altération des perceptions de son enveloppe humaine s'était drastiquement accentuée à l'exécution du dernier l'alinéa. Etrangement les murs du bunker lui semblaient soudainement moins solides, plus mobiles.
Castiel résista à son envie instinctive de guérir son vaisseau pour remédier au phénomène et ignora même les inquiétants signaux que son estomac mis à mal lui envoyait. Tout autour de lui les choses semblaient bouger d'elles même, et pourtant il se sentait anormalement détendu, de plus en plus euphorique même et cette sensation nouvelle était, il devait bien le dire, assez plaisante.
Un grand sourire, bien que légèrement triste, étira ses lèvres lorsqu'il repensa à Dean, à son visage si calme, presque heureux, dans les moments où lui même consommait de l'alcool. Ces instants étaient les seuls où le chasseur lâchait enfin complètement prise. Et tout en déplorant que cette abandon ne soit dû qu'à des plaisirs artificiels, Castiel aimait le voir ainsi, apaisé, délivré de toute la douleur et la culpabilité qui rongeait en permanence son âme. Dans ces moments là parfois le chasseur posait une main sur son épaule et tentait de lui expliquer sa vision particulière des mystères de la vie. Et peu importait que ses exposés manquent singulièrement de véracité scientifique, Castiel n'aurait interrompus ces instants là pour rien au monde.
Un nouveau vertige le tira de ces plaisants souvenirs. Tout comme les murs, le sol s'était soudainement mis à se gondoler sous ses pieds et Castiel réalisa que le manque de plus en plus important de coordination de ses membres inférieurs autant que supérieurs risquait de rapidement poser un problème majeur dans l'exécution de son projet. Il leva une main devant ses yeux, il les écarquilla de surprise.
Depuis quand avait il sept doigts ?
- Et ben tant pis ! On continue ! S'exclama t'il avec un enthousiasme renouvelé.
L'ange reporta les yeux sur l'écran de l'ordinateur, fronça les sourcils en le trouvant anormalement flou. Il tenta de le retourner mais constata que la lecture était encore plus malaisée dans l'autre sens sens, le reposa donc, se frotta les yeux et repris la recette.
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9) Apres une debi beurre, fourrer l'ouvrir et surveiller la buisson de la pinde.
Castiel était heureux d'avoir vu juste et éclata d'un rire franc. Cette phrase qu'il avait pourtant relue maintes et maintes fois auparavant s'éclairait à présent d'elle même.
Il comprenait tout, c'était merveilleux ! Le monde était beau. Il aimait tout et tout le monde, Dean, Sam, les abeilles et même Crowley. Euh, non, pas Crowley. Fallait pas pousser non plus !
Il se leva comme il le put, ouvrit le frigo, en sortit une plaquette de beurre qu'il coupa en deux.
Une debi beurre, qu'ils ont dit. Okayyy !
Puis il pratiqua une incision dans la dinde en cours de cuisson avec sa lame angélique et y fourra la matière grasse à pleine main. Dean aimait manger gras. Donc tout était pour le mieux, normal, logique, limpide.
Castiel ramena vers lui la chaise, la retourna et se laissa lourdement tomber sur l'assise en la chevauchant. Confortablement installé, les bras sur le sommet du dossier et la tête posée sur le dos de ses mains, il fixait sans ciller la porte transparente du four pour exécuter la fin de l'alinéa 9: surveiller la buisson de la pinde.
Brusquement l'ange se frappa le front du plat de la main, se maculant la peau de beurre par la même occasion et geste qu'il regretta aussitôt lorsque les nerfs du crâne de son véhicule lui envoyèrent des millions de signaux de détresse.
Il attrapa un torchon pour s'essuyer mais bon sang, il avait frôlé la catastrophe. Il avait failli oublier l'alinéa 10 !
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10) Brendre la vouteille de Wiscuit et s'enfiler une bonne rasade derrière la bravate - non - la cravate.
Castiel avisa la trentaine de bouteilles pleines encore posées sur le sol de la cuisine. Lorsqu'il se pencha pour en choisi une à ses pieds, le sol sembla brusquement s'éloigner d'un bon kilomètre et la sensation vertigineuse qu'il ressentit faillit lui faire écarter les ailes par instinct.
Ses ailes d'ange.
Des ailes mutilées, calcinées, squelettiques à présent.
Des ailes qui ne servaient plus à rien qu'à le faire souffrir en lui rappelant ce qu'il avait été un jour.
D'un geste brusque il saisit la bouteille et la vida en entier, la brûlure de l'alcool atténuant rapidement cette de ses sombres pensées. Et puis après tout, ça faisait combien une rasade? Ils n'avaient qu'à être plus précis.
L'alcool réchauffa le corps de son vaisseau et embrouilla un peu plus ses sens.
Bienheureux oubli.
Il se mit à sourire.
A quoi pensait il déjà une minute auparavant ? Rien d'important sans doute, ligne suivante.
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11) Apres une demi heure de blus, tituber jusqu'au bour.
Lorsqu'il se leva et se rendit effectivement jusqu'au bour, Castiel eut la satisfaction intense de constater à sa propre démarche qu'il suivait à la lettre les instructions de la recette. Il se mit il à rire sans pouvoir s'en empêcher.
Parfait ! Finalement c'est beauuuuuucoup plus facile que je pensais.
Il se laissa aller à cette douce sensation, simplement heureux d'imaginer les visages réjouis de ces humains qui avaient pris plus d'importance à ses yeux que sa propre famille celeste. Ces humains pour lesquels il avait si souvent combattu, pour lesquels il avait tant perdu, mais pour lesquels aussi il retraverserait toutes les épreuves endurées un million de fois si il le fallait. Fermant les yeux, il voyait déjà Dean la figure barbouillée de sauce dans sa voracité. Le futur plaisir de son protégé lui faisait plaisir par anticipation. Il se mit à sourire largement et reprit sa lecture.
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12) Oubrir la putain de borte du bour et reburner - non - revourner - non - recourner - non - enfin, mettre la guinde dans l'autre sens.
Castiel soupira d'aise, pourquoi cette phrase lui avait elle posée autant de problème à la première lecture? C'était pourtant très clair.
Il oubrit donc au troisième essai la borte du bour dont la poignée faisait exprès de se reculer pour lui échapper, la coquine, puis il attrapa la guinde à pleine main et lui fit faire un demi tour sur elle-même dans son plat sans même qu'elle proteste.
- Bonne petite !
Il lui posa une petite tape amicale sur sa tête recouverte de lard et referma la borte du bour.
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13) Se pruler la main avec la putain de borte du bour en la refermant - bordel de merde.
Une immense et irrépressible crainte lui fit écarquiller subitement les yeux à la lecture de l'alinéa 13. Il n'avait aucune idée de ce que "pruler" pouvait bien signifier. Il chercha dans sa mémoire embrouillée, passa en revue les différentes langues connues, passées ou présentes, mais sans succès, puis décida que ça n'avait finalement aucune espèce d'importance.
Apres tout il était un ange, pas un humain et donc sa main ou plutôt celle de son véhicule ne réagirait probablement pas de la façon indiquée. Cela ne devrait pas interférer sur le succès de son plat. Il soupira, immensément soulagé par cette constatation évidente. Il regarda tout de même sa peau où quelques cloques étaient en train d'apparaître et la guérit instantanément. Elle était également couverte de sauce. Il hésita un instant mais la curiosité était la plus forte. Il lécha du bout de la langue un de ses doigts.
- Vraiment dégeu ! Grimaça t'il lorsque de nouveau le goût de chaque molécule envahit son palais l'empêchant d'apprécier la saveur de l'ensemble.
Il se souvenait pourtant de la saveur des aliments. Il avait pu les apprécier pendant un temps, lorsqu'il était devenu humain. Parfois cela lui manquait. Oh pas les travers et limites de ces corps humains si fragiles et limités. Mais cette rassurante perspective de pouvoir vieillir aux côtés d'autres être humains, un autre en particulier, et qui sait, de peut être pouvoir partager son paradis.
Mais Castiel savait qu'il n'avait pas le droit de raisonner ainsi. C'était égoïste. Humain il était faible, inutile. Dans un effort sur-angélique pour se reprendre, il tenta d'énumérer en silence le nom de chaque acide aminé composant le plat qu'il préparait, mais étrangement leurs noms lui échappaient soudainement. Il haussa les épaules, après tout ce n'était pas le plus important ça non plus...
Ligne suivante.
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14) Essayer de s'asseoir sur une putain de chaise et se reverdir cinq ou six whisky de verres ou le gontraire, je sais blus.
Castiel exécuta sans sourciller l'alinéa 14 dont la lecture ne lui avait paradoxalement posé aucun problème.
Le whisky fonctionnait à merveille.
Si l'auteur de cette merveilleuse recette avait été devant lui, il l'aurait volontiers serré dans ses bras tant l'émotion le submergea d'un seul coup.
Puis il se ressaisit et se redressa soudainement, le dos droit, mains posées symétriquement sur ses cuisses.
Pas de familiarité.
Il revoyait Dean qui le regardait si souvent de son air sévère lorsqu'il s'approchait de lui. Il fronça les sourcils et prit une voix rauque et agacée.
- Mon espace personnel Cass !
Il se mit à rire presque malgré lui, un rire qui sonna un peu amer, avec l'impression étrange que la sensation désagréable de son estomac venait brusquement de s'accentuer. Il chassa les pensées qui tentaient de l'envahir d'un geste vague de la main. Pas le moment de se laisser distraire.
Que devait il faire maintenant déjà ?
Ah oui, 6 verres de Whisky ?
C'est partiiiiiiiiiii !
Il eut tout de même un peu de mal à faire le calcul et regarda ses doigts sur lesquels il se mit à compter.
1 verre... 2 verres... 3... 5 ...
Euh...naaannn, je recommence.
Il ingurgita consciencieusement le liquide verre après verre comptant sur ses doigts en même temps, ce qui lui donnait une prise instable sur le récipient, mais arriva tant bien que mal à la fin de sa tache. Comme il l'avait fait à de multiples reprises depuis le début de sa petite expérience culinaire, l'ange s'occupa du problème urinaire de son véhicule en soupirant de dépit.
Non en fait, il ne regrettait définitivement pas ce genre de choses ! Comment les humains pouvaient ils supporter ça en permanence ? Chuck avait vraiment fait un boulot déplorable en créant cette espèce. Il lui en toucherait deux mots la prochaine fois qu'il le recroiserait. Enfin si il Le revoyait un jour. Et si son Créateur et Père daignait lui adresser la parole cette fois ci...
L'ange haussa les épaules pour chasser cette boule qui grossissait un peu plus dans sa gorge et n'avait rien à voir avec le contenu de son estomac qui tentait de refluer en permanence. Les amis sont la famille que l'on se choisit lui avait un jour dit Sam. Et paradoxalement Castiel n'avait jamais aussi bien compris cette phrase qu'en cet instant. Oui, lui aussi voulait choisir sa famille.
Il repris sa lecture en rapprochant son visage de l'ordinateur, son nez touchant littéralement l'écran.
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15) Buire - non - luire - non - cuire - non - ah ben si - cuire la bringue bandant 4 heures.
Ah, super !
La bringue allait buire pendant quatre heures.
Ok. Il avait le temps de s'occuper des patates et de la tarte.
Il se mit à rire. C'était marrant de dire ça: Les patates et la tarte.
Il le répéta dix fois très rapidement et s'arrêta dans un éclat de rire enfantin.
Il aimait bien l'alinéa 15, il était marrant. Et aussi parce qu'il allait avoir le temps pour la petite sieste que son vaisseau lui réclamait depuis un bon moment déjà et contre laquelle il luttait depuis l'alinéa 6.
D'autant qu'il en avait à présent la certitude, c'est comme ça qu'il aurait la révélation qui lui permettrait de comprendre les dernières lignes, les plus obscures, de cette étrange recette. Dans un songe, n'est ce pas ?
Lorsque cette logique imparable s'imposa d'elle même à son esprit, Castiel soupira de contentement, un grand sourire aux lèvres. Il allait réussir cette fois. Pour eux. Enfin. Et pour lui aussi.
Ce n'était juste qu'une stupide recette de cuisine et pourtant dès que l'idée lui en était venue, la réussir lui avait paru étrangement capitale, cruciale même. Comme une urgence. Un besoin.
L'ange s'assit sur le sol, son épée angélique entre les mains. Il s'adossa à la porte du brigo d'où il avait une vue parfaite, bien qu'un peu floue, sur le bour.
Bon d'accord, surveiller la buisson de la pinde était plus difficile avec les yeux fermés, mais ses paupières étaient tellement lourdes.
Il se laissa aller … juste un instant.
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- Putain de bordel de merde, mais qu'est ce qui s'est passé ici ? CASTIEL ! Hurla Dean paniqué en se précipitant vers l'ange inconscient sitôt le seuil de la cuisine franchie.
- Dean, il est pas... ? Demanda Sam avec inquiétude.
Au bout de quelques secondes Dean se tourna vers son frère, puis se redressa la mine perplexe et d'un seul coup légèrement amusé.
- Euh, non. Aussi incroyable que ça paraisse je dirais que notre petit angelot est juste rond comme une queue de pelle!
Sam fronça les sourcils, mais lorsqu'il s'agenouilla à son tour aux côtés de Castiel, il dû bien se rendre à l'évidence. L'être céleste empestait l'alcool.
Un énorme ronflement s'éleva alors qui ne leur laissa plus le moindre doute.
- Mais les anges ne peuvent pas être ivres, Dean, c'est impossible. Et ils ne dorment pas.
Dean se mit à rire en se passant une main embarrassée sur la nuque.
- Et ben va dire ça au pochtron vautré sur le sol.
Sam se releva et considéra un moment l'ange endormi, perplexe, puis le désordre qui régnait dans la pièce.
Il s'approcha de son ordinateur portable resté ouvert mais dont l'écran s'était mis en veille et le réactiva.
- OK, je pense que j'ai l'explication. Dit il sans pouvoir s'empêcher de sourire. En tout cas sur le pourquoi de tout ça, à défaut du comment c'est possible.
Dean s'approcha à son tour et consulta l'écran. Son regard d'abord stupéfait se fit amusé puis presque tendre pendant une seconde lorsqu'il le reporta sur l'ange, avant qu'il ne se reprenne en se raclant la gorge.
- Il a voulu... Commença t'il la voix soudainement un peu rauque.
- Ouais. Continua Sam. Je crois bien qu'il a voulu nous préparer un repas de Thanksgiving. ... On le réveille ?
Dean se passa une main sur le visage, partagé entre des émotions diverses, puis secoua finalement la tête.
- Non, attends. On va faire un truc d'abord. Non, en fait deux trucs. Rectifia t' il en sortant son téléphone portable pour prendre une photo de l'ange, immortalisant le moment. Ca c'est pour mes archives persos. Ajouta t'il avec un grand sourire.
Il retroussa ses manches en regardant son frère qui acquiesça.
- Et maintenant au travail !
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wwwwwwwwwwww
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Quelques heures plus tard.
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- Allez la belle au bois dormant, on se réveille. Murmura Dean agenouillé à côté de Castiel en lui tapotant la joue.
- Embrasse le. Suggéra Sam très sérieusement en voyant que l'ange ne réagissait pas.
Dean lui jeta un regard noir.
- Quoi ? C'est bien comme ça que ça marche dans les contes, non ? Ajouta Sam maintenant clairement narquois.
- La ferme, bitch !
- Jerk.
L'aîné reporta son attention sur l'ange toujours inanimé.
- Hé Cass ! Reprit Dean un peu plus fort en le secouant à présent par une épaule.
Castiel reprit conscience en sursautant, son épée angélique déjà brandie, prêt à combattre.
- Wow wow wow ! S'écria Dean, les mains levées en signe de paix. Hé, doucement !
- Dean ?
Castiel plissa les yeux. Les sens de son vaisseau étaient encore extrêmement altérés et les sensations qui lui parvenaient n'avaient plus rien d'agréables. Il releva le visage, tenta de rendre sa vision moins floue et d'amoindrir le martellement à l'intérieur de son crâne.
- Sam, Dean ? Vous êtes déjà rentrés ?
- Déjà ? On vient de se taper des heures de routes, mec. Mais ouais, on est là. Allez donne moi ça, en lui prenant des mains son épée que Castiel lui céda sans résistance. T'en auras pas besoin pour le moment. ... Comment tu te sens ?
L'ange tiqua en faisant un inventaire silencieux des atteintes de son véhicule afin de pouvoir réponde de façon exhaustive à la question qui lui avait été posée.
- Mon vaisseau a envie d'uriner, de vomir, une tension intra crânienne trop élevée qui lui provoque une intense migraine. Il est paradoxalement assez déshydraté, et la coordination de ses membres et encore extrêmement déficiente. De plus...
Dean se mit à rire.
- Bienvenu au pays merveilleux de la gueule de bois. Le coupa t'il. Et encore, soit heureux d'être un ange, parce que si tu avais été humain, tu serais mort à l'heure qu'il est. Tu te rends compte que tu as avalé pratiquement 25 bouteilles de whisky ? Demanda Dean à la fois admiratif et réprobateur.
- Mais la recette... Commença Castiel en tentant de se remettre debout. Je voulais...
L'ange renonça à se relever et releva vers Dean un regard malheureux.
- J'ai encore tout raté, c'est ça ?
Le chasseur se remit debout et lui tendit une main pour l'aider à se relever à son tour.
- T'as rien raté du tout Castiel. Affirma Sam avec douceur. Regarde.
Sur la table de la cuisine trônait une dinde juteuse et fumante. Débarrassée de la corde qui l'avait auparavant enserrée, elle était parfaitement rôtie et son l'odeur embaumait la pièce. A sa place dans le four, une tarte aux pommes finissait de cuire et sur la table déjà dressées pour trois personnes, la salade composée avait pris place aux côté de la purée de patate douce.
- Mais ...
Le regard de Castiel passait sans cesse de la table garnie aux deux frères, sans comprendre.
- Merci Castiel. Dit Sam avec émotion en posant une main sur l'épaule de l'ange. Personne ne nous avait jamais préparé un tel repas.
- Mais je n'ai pas... Je...
- Tu t'assois avec nous, ok? Le coupa Dean. Mais peut être qu'avant tu pourrais t'arranger un peu, tu crois pas ?
Castiel baissa les yeux sur sa chemise blanche tachée de sauce et de Whisky et sa cravate de travers. Ses yeux s'illuminèrent un instant et sa tenue redevint immaculée, bien que la cravate, elle, resta dans la même position. Son regard était de nouveau clair, sa posture avait retrouvé son habituelle assurance un peu rigide.
- Putain, c'est quand même pas juste. Se renfrogna Dean en ronchonnant à l'adresse de son frère. Quand je me bourre la gueule comme ça, il me faut des jours pour décuver. Et lui ...
Le cadet winchester haussa les épaules en rigolant avec un faux air compatissant.
- On lui explique ? Demanda Sam à voix basse en désignant Castiel puis son ordinateur posé un peu plus loin. Pour la blague sur le net ?
Les deux frères regardèrent un moment l'ange surpris qui contemplait encore les victuailles étalées devant lui, puis qui se retourna vers eux un sourire dans les yeux.
Dean secoua la tête et Sam acquiesça sans rien dire.
Sans prévenir Dean frappa dans ses mains, les faisant tous sursauter.
- A table ! Putain que ça sent bon !
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Une heure plus tard, les estomacs étaient pleins, l'ambiance joyeuse et détendue.
A leur demande expresse même si lui ne mangeait pas, Castiel s'était attablé avec eux, assis droit sur sa chaise, regardant ses deux humains déguster leur repas. Il n'était pas dupe de ce qui s'était passé maintenant qu'il avait retrouvé l'intégralité de ses facultés. Mais puisque Sam et Dean n'avaient rien cru bon d'ajouter, et bien en fait lui non plus.
Une chose tracassait cependant Castiel, tandis qu'il écoutait d'une oreille distraite les deux frères se chamailler comme à leur habitude. Il avait évidemment purgé son vaisseau de toute trace d'alcool lorsqu'il lui avait rendu un aspect plus présentable à son réveil et pourtant il ressentait encore à ce moment précis le même étrange sentiment que celui qu'il avait éprouvé quelques heures auparavant. Cette même douceur, ce même bien être, bien que de façon nettement plus agréable, maintenant que son vaisseau ne menaçait plus de restituer en permanence le contenu de son estomac de façon aussi diverse que désagréable.
- Je peux prendre la tienne, t'es sur ?
Castiel reporta les yeux sur Dean qui venait de lui adresser la parole et n'attendait même pas sa réponse pour se servir une seconde et énorme part de tarte avec la mine réjoui d'un enfant devant une confiserie, puis sur Sam qui regardait son frère avec un air faussement réprobateur qui ne cachait pourtant pas son affection.
Non, finalement, en y réfléchissant, ce qu'il éprouvait en cet instant n'avait véritablement rien à voir avec les sensations alcoolisées qu'il avait ressenties un peu plus tôt. C'était mille fois plus agréable, doux, chaud, rassurant et surtout authentique. Et Castiel était bien certain de n'avoir jamais ressenti ça auparavant.
Bercé par les voix de ces deux hommes qui avaient pris tant d'importance dans sa vie, l'ange ferma les yeux, et en souriant imperceptiblement se laissa une nouvelle fois aller.
Bon Thanksgiving !
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* Ces différents verres existent bien. Le plus petit, pas plus gros qu'un dès à coudre et le plus grand mentionné ici, qui s'appelle une girafe et qui contient 2litres400. Et non, je les ai pas tous testés... XD
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Bon voila voila...
Je suis curieuse de savoir comment vous aurez pris ce petit texte.
Oui, je sais, c'est bourré d'incohérences et d'improbabilités. Et soyez sûrs que j'ai le plus grand respect pour notre petit ange, même si là, je me moque un peu de sa propension à prendre tout les choses au premier degré.
En fait, je voulais le faire cuisiner ce mois ci et menu de Thanksgiving oblige, il me fallait une recette de dinde, alors j'ai repensé à cette blague. C'était parti comme une simple blague de potache au départ et voilà ce que ça a donné... parce qu'il reste lui finalement (enfin j'espère), sobre ou non.
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Pour ceux qui ne la connaissent pas, je remets la blague en entier car Castiel n'a pas réussi à terminer la recette et tant mieux d'ailleurs. ;)
Recette de la Dinde au Whisky
Acheter une dinde d'environ 5 kg pour 6 personnes et une bouteille de whisky, du sel, du poivre, de l'huile d'olive, des bardes de lard.
La barder de lard, la ficeler, la saler, la poivrer et ajouter un filet d'huile d'olive.
Faire préchauffer le four thermostat 7 pendant dix minutes.
Se verser un verre de whisky pendant ce temps-là.
Mettre la dinde au four dans un plat a cuisson.
Se verser ensuite 2 verres de whisky et les boire.
Mettre le therpostat a 8 après 20 binutes pour la saisir.
Se bercer 3 berres de whisky.
Après une debi beurre, fourrer l'ouvrir et surveiller la buisson de la pinde.
Brendre la vouteille de biscuit et s'enfiler une bonne rasade derrière la bravate - non - la cravate.
Après une demi heure de blus, tituber jusqu'au bour.
Oubrir la putain de borte du bour et reburner - non - revourner - non - recourner - non - enfin, mettre la guinde dans l'autre sens.
Se pruler la main avec la putain de borte du bour en la refermant - bordel de merde.
Essayer de s'asseoir sur une putain de chaise et se reverdir 5 ou six whisky de verres ou le gontraire, je sais blus.
Buire - non - luire - non - cuire - non - ah ben si - cuire la bringue bandant 4 heures.
Et hop, 5 berres de plus. Ca fait du bien par ou que ça passe.
R'tirer le four de la dinde.
Se rebercer une bonne goulée de whisky.
Essayer de sortir le bour de la saloperie de pinde de nouveau parce que ça a raté la bremiere fois.
Rabasser la dinde qui est tombée bar terre. L'ettuyer avec une saleté de chiffon et la foutre sur un blat, ou sur un clat, ou sur une assiette. Enfin, on s'en fout...
Se peter la gueule à cause du gras sur le barrelage, ou le carrelage, de la buisine et essayer de se relever.
Décider que l'on est aussi bien par terre et binir la mouteille de rhisky.
Ramper jusqu'au lit, dorbir toute la nuit.
Manger la dinde froide avec une bonne mayonnaise, le lendemain matin et nettoyer le bordel que tu as mis dans la cuisine la veille.
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Bonne journée à tous et au mois prochain si vous le voulez bien. ;)
