Bonjour les amis, j'espère que vous allez bien.
Alors voila, c'est le dernier, le 12ème OS de cette petite série mensuelle commencée il y a 365 jours exactement. Déjà? Et oui, snif ! (PS: distribution de mouchoirs en bas de page...)
Alors je voulais finir sur un truc bien. Vous voyez, le genre de fic dont on est fier. Mouais... Sauf que ... et bien comme le titre l'indique, je ne savais vraiment pas quoi écrire qui colle avec le mois de mars. Autant dès fois, c'est évident, mais là, je séchais.
Et puis d'un seul coup, cette chose m'est tombée dessus. Elle s'est écrite toute seule, d'une traite, presque à "l'insu de mon plein gré". Si si, je vous assure. lol
Et ça a donné... ça.
Bon franchement, je en sais pas ce que vous allez en penser. Mais si vous vous amuserez autant à le lire que moi à l'écrire et bien j'aurais réussi. Parce que, moi, je me suis vraiment éclatée, je pense que ça se verra ! XD
Vous tentez le coup ? Génial ! Alors on se retrouve ne bas. :D
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Ah, au fait, rating tout public.
Et pour vous aider un peu: - les pensées sont en italique avec un tiret devant et "les paroles mises par écrit sont en gras entre guillements". Mais vous allez vite comprendre... ;)
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Il ne se passe rien en mars...
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Assise en tailleur, en pyjama sur son canapé avec son ordinateur sur les genoux, elle garda un moment les doigts au dessus du clavier sans savoir comment commencer la fanfiction qu'elle voulait écrire.
Pas vraiment qu'elle ne sache pas comment la commencer d'ailleurs, c'était pire, elle ne savait même pas de quoi elle voulait parler.
Décidément le mois de mars ne l'inspirait guère.
Pourtant, c'est un mois sympa, mars, il y a le printemps, les températures qui s'adoucissent et les jours plus longs, les fleurs qui poussent et les p'tits oiseaux qui chantent.
- Ouais, sauf que va écrire un OS Supernatural avec les p'tits oiseaux qui chantent, toi ! A moins que ce soient des vélociraptors... Et encore.
Euh ... ça chante, les vélociraptors ?
Elle leva les yeux de son clavier pour les poser sur l'écran allumé de la télévision dont le son était au plus bas. Un dessin animé de la série " Il était une fois la vie" jouait sans un bruit.
- Ah ben bravo. Ca dit aimer la nature et ça laisse la télé jouer sans la regarder. Merci pour l'écologie, les économies d'énergie, toussa toussa... !
- Oh mais ça va dis ! ( Vous aussi ça vous a fait penser à Liliane, dans "Scènes de ménage", quand quelqu'un dit cette phrase, hihihi ? ) T'arrête de me faire chier ! Déjà que j'arrive pas à trouver un sujet qui me botte ! Tu crois que ça m'aide ?
Elle se rendait parfaitement compte qu'elle était en train de s'engueuler avec elle même et l'idée lui fit juste lever un sourcils amusé. Faut dire que c'était vraiment pas la première fois.
L'expression " On est nombreux dans ma tête, mais c'est moi qui commande." était parfaitement appropriée. Ca la fit sourire. Après tout, s'engueuler soi même était une preuve d'ouverture d'esprit non ?
- Ouais, si on veut. De schizophrénie plutôt...
Au moins ça signifiait qu'on était capable de voir les choses selon plusieurs angles.
- Et ça va les chevilles ?
- Euh oui, impec Pourquoi ?
- Oh rien. Juste que t'es en train de te lancer des fleurs toute seule.
- Ouais et alors ? On est jamais si bien servi que par soi même, non ? Ca te pose un problème ? Tu m'cherches là ? Fais gaffe, tu vas m'trouver !
Euh, oui, là, il y avait un vrai problème. En plus de celui de base, clairement psychiatrique.
Parce que quand on en arrivait à vouloir se botter le cul à soi même, les choses devenaient plutôt casse gueule. Au sens propre du terme.
Ben si essayez, pour voir. Ou alors c'est que vous êtes sacrément souple !
- Ok, félicitations, tu viens d'être élue à l'unanimité des suffrages, présidente du club de ceux qui ont été bercés trop près du mur quand ils étaient bébés !
- Naaannn, moi on m'a fait tomber dans les escaliers en béton de mon immeuble... Deux fois.
- Aahh ! tout s'explique ! Bon, allez, concentre toi ! Le mois de mars...le mois de mars... Le mois de mars...
- Ben... y a bien ma fête, mais tout le monde s'en tape! Le printemps, on en déjà parlé... Pfff...
Le soupir qu'elle poussa aurait pu vous fendre l'âme.
Ou pas.
Faut pas charrier non plus, c'est pas un drame.
N'empêche qu'elle voulait trouver une bonne idée. Parce qu'en plus, cet OS était le 12ème, le dernier de la série. Un an tout juste qu'elle avait commencé à écrire tous les mois ces petits textes idiots mais qui l'avaient quand même bien fait marrer. Et puis les histoires s'écrivent toutes seules quand l'idée de départ est sympa. Un peu comme si les personnages prenaient les commandes et ça c'était vraiment génial.
Surtout avec ces personnages là !
Elle ne fit même pas d'efforts pour dissimuler le sourire niais qui envahit son visage à cette pensée. Après tout elle était toute seule sur son canapé, c'est pas comme si ses chiens et chats allaient pouvoir se foutre de sa tronche de cake.
Et puis de toute façon, c'était juste la stricte vérité. Supernatural est quand même LA meilleure série de tous les temps. Epicétou !
- Et Dean... hummmmm ...
Et allez, c'était reparti...
Bon les amis, vous pouvez appuyer sur pause. Allez faire un p'tit pipi, un jogging et une pause casse croûte, ou matez vous la saison 5 de Game of Trone. Enfin, faites ce que vous avez à faire et revenez dans... disons une bonne semaine, histoire de lui laisser le temps de baver tout son saoul sur son petit Deanou d'amour adoré.
- Euh, tu sais que t'es en train de t'auto tirer la langue, là ? Ok, rappelle moi quel age tu as ? Et puis je te signale qu'à ce stade là, même à l'asile ils vont plus vouloir de toi. Tu es carrément au stade de la lobotomie frontale à la scie circulaire.
- Roh, ouiiii ! Ca me rappelle une scène où Dean décapite un vampire de cette façon... Deeeaaaannnn ...
Elle respira un grand coup pour reprendre une attitude digne et sérieuse.
Sans grand succès...
- Bon ok, j'arrête ! Mais c'est qu'il ne se passe rien au mois de mars ! S'écria t'elle tout fort sur le ton hyper-mature d'une gamine pleurnicharde de cinq ans.
" T'es gonflée ! Comment ça il se passe rien ? "
- HEIN ?
Ses yeux manquèrent de jaillirent de leurs orbites lorsqu'elle lu la phrase qui venait de s'écrire toute seule sur son écran d'ordinateur.
Immédiatement elle retira les doigts du clavier comme si elle venait de s'y brûler. L'ordi était possédé, pas d'autre explication !
- Ouais, arrête de regarder Supernatural, toi, ça commence à laisser des séquelles ! Y a beaucoup plus de chance que ce soit un virus ou que quelqu'un se foute de ta gueule ! Alors emmène le chez le réparateur. Pour l'exorcisme, tu peux attendre encore un peu.
- Euh, y a quelqu'un ? Qui a écrit ça ? Demanda t'elle tout de même d'une voix hésitante.
" A ton avis ? "
Elle sursauta si fort quand ces trois mots apparurent sur l'écran qu'elle faillit faire tomber son ordinateur de ses genoux.
- Oh bordel ! Cette fois c'est vrai, je suis bonne à enfermer !
A défaut de connaître le texte de l'exorcisme en latin ( Sam où es tu quand on a besoin de toi ? ), l'idée de réciter un Notre Père lui parut soudain excellente. Après tout, si jamais c'était un démon, ça ne pouvait pas faire de mal.
- Notre Père qui êtes aux cieux, que Votre nom soit sanctifié, que Votre règne..
" Hé, relaxe. C'est juste moi."
- Mais qui ça moi ?
" Dean. "
Ouais, c'est ça, prends moi pour un lapin de six semaines !
- Euh, LE Dean ? Dean Winchester ?
" Exactement, le seul et unique. Ca t'en bouche un coin, non ? "
- Ah ouais. Enfin ça m'en boucherai un coin si c'était vrai. Mais c'est impossible. Chrystelle ( NDLR: une collègue de travail qui regarde aussi SPN ), c'est toi qui me fait une blague ?
Une main jaillit de l'écran, et cette fois l'ordinateur tomba au sol lorsqu'elle se leva d'un bond, debout sur le canapé, hurlant comme une fillette effrayée par le passage d'une souris.
- Putain de merde !
Ca c'était clairement pas un virus ! Ni la main de Chrystelle ou alors il fallait qu'elle arrête la testostérone ! Et de toute façon elle n'aurait pas pu passer à travers son écran... enfin bref, pas normal. Du tout, du tout !
" Allez, prends ma main. Viens."
- Quoi ? Non mais ça va pas la tête !
" T'as peur ? "
- Évidemment que j'ai peur ! Une main vient de sortir de mon foutu écran d'ordinateur. Une main ! C'est pas un truc qui arrive ça. Pas dans le monde réel !
La main avança encore, rattachée à un bras, puis à une épaule.
" ... Peux pas... aller plus loin ! Je voulais te montrer que c'était moi. Mais ton écran est trop petit pour que je puise passer dedans. Allez, un peu de courage, mauviette. "
Mauviette ? Manméo, tavoirtagueule !
Les doigts s'agitèrent devant ses yeux.
- Oh putain ! S'exclama t'elle dans sa tête en reculant hyper courageusement.
" T'aime Supernatural, pas vrai ? "
- Évidemment
" Et bien alors viens ! Et tu verras si il ne se passe rien en mars. "
Bon ok, réfléchissons. Deux possibilités s'offraient à elle. Soit elle était complètement folle/bourrée/barrée ( pas la peine de rayer les mentions inutiles, il n'y en avait aucune), soit elle était en train de rêver
Comme elle n'avait aucun souvenir de cuite/pétard/hallucinations antérieures, c'était forcement l'option 2, elle rêvait.
Évidemment.
Elle devait être allongée dans son lit, sous sa couette, et elle faisait le rêve le plus étrange qu'elle ait jamais fait...
... dans lequel elle discutait avec Dean Winchester...
... via son ordinateur.
Purée, fallait arrêter la tisane !
Elle avisa la main toujours tendue et invitante.
" Alors tu te décides ?"
- Oh et puis après tout pourquoi pas? Puisque c'était juste un rêve !
Elle ramassa l'ordinateur et le posa sur sa table de salon, presque étonnée elle même de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Mais elle ne put pas y réfléchir plus longtemps lorsqu'elle saisit la main offerte, car elle se sentit brusquement tirée en avant.
- Oh mon Dieu !
Passer l'écran de l'ordinateur ne lui posa aucun problème, même si les hanches coincèrent un instant, ( merci à sa dernière tournée de crêpes/banane/chocolat ! ), mais finalement elle se sentit atterrir de l'autre côté.
Sur les fesses.
Dans le salon du bunker des Hommes de Lettres.
En pyjama. Et merde !
Alors qu'elle allait se relever, elle sentit que la main ne l'avait toujours pas lâchée. Et cette fois non seulement il y avait un bras attaché à cette main, mais aussi une épaule et un mec tout entier !
DEAN WINCHESTER, en personne!
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Alors si c'était un rêve, elle ne voulait plus jamais se réveiller. Parce que bon sang, ok, elle était vautrée par terre en pyjama, certes, mais Dean Winchester venait de s'accroupir devant elle, la fixant de ses magnifiques yeux verts, avec un demi sourire amusé sur les lèvres et qui faisait plisser des petites rides aux coin de ses tempes. Ses taches de rousseurs ressortaient bien de si prés sur sa peau délicieusement halée. Son superbe sourire dévoilait le bas de ses dents d'une blancheur éclatante. Et sa main dans la sienne était si chaude...
Elle était certaine qu'elle avait l'air de la dernière des imbéciles, les yeux écarquillés, la bouche ouverte comme un poisson mort, affalée sur le sol, mais elle n'aurait pas pu s'en foutre davantage.
- Ca va ? Demanda t'il.
Oh, et puis il a une voix si masculine, si...oooohhhh ...
Son cerveau pédalait dans la semoule depuis plusieurs minutes déjà, elle en avait vaguement conscience, mais elle n'y pouvait vraiment rien. Que quelqu'un appuie sur CTRL- ALT- SUP, par pitié, pour faire redémarrer son programme, parce que là, elle avait un sacré bug.
Lorsqu'elle le vit froncer les sourcils, elle cligna enfin des yeux pour la première fois depuis trois minutes, et repris un minimum de contrôle sur son corps et son mental. Vraiment un minimum. Elle réussit à refermer la bouche, Dieu merci avant de commencer à baver, et considéra ça comme un véritable exploit personnel.
C'était quoi la question déjà ? Ah oui, c'est vrai, il veut savoir si je vais bien. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! ( Tous ceux de sa génération qui ont déjà assisté à un concert de Patrick Bruel entendront dans leur tête le "iiiiiiiiiiiiiiiiiii" hystérique qui se prolonge à l'infini en vous vrillant les tympans. )
Réponds à la question andouille. Il va vraiment te prendre pour une tarée.
- Euh... oui.
Très éloquent. Visiblement la partie"vocabulaire" de sa matière grise liquéfiée pédalait encore.
- On pourrait peut être se relever ?
Il lui parlait gentiment, visiblement conscient du trouble que toute la situation - enfin surtout lui - provoquait chez elle.
Comme elle ne répondait pas, il se redressa, et l'entraîna avec lui, la remettant debout comme si elle ne pesait rien.
Ohhh, quelle force ! Quel homme !
Une fois debout, elle réussit à détacher son regard du dit homme qui lui faisait face pour regarder autour d'elle.
Oh mon Dieu, le bunker des Hommes de Lettres !
Tout était exactement comme dans la série. Les livres, la table rétro éclairée, l'escalier métallique qui menait à la porte d'accès extérieur... qui d'ailleurs venait tout juste de s'ouvrir.
Et Sam et Castiel qui descendaient en discutant entre eux.
Sam et Castiel ! Nom de ...
Dean eut tout juste le temps de la rattraper avant qu'elle ne s'effondre une nouvelle fois sur le sol, terrassée par l'émotion.
Dans les bras forts du chasseur, l'image de Becky Rosen posant la main sur la large poitrine de Sam dans l'épisode 501 passa dans son esprit.
Si elle osait...
Probablement que l'occasion ne se représenterait jamais...
Allez, vas y, fais le...
Elle allait oser quand...
- Qui est ce ? Demanda Sam à son frère.
Oh bon sang qu'il était grand ! Bon ok, tout le monde lui semblait grand, à elle, puisqu'elle culminait à la hauteur vertigineuse d'1m58. Mais là, elle devait lever la tête tellement haut qu'elle avait l'impression de contempler le sommet du mont Everest. Et à côté de lui...
- Oh bon sang, j'arrive pas à y croire. Sam Winchester et... Castiel !
La vache ! L'ange Castiel, en chair et en os ! Et ses yeux sont encore plus beaux en vrai. Ce bleu !
Elle baissa les siens. Juste pour vérifier si la cravate était bien de travers comme il se devait.
Et ouiiiiiiiiiiiiii ( Le concert de Patrick Bruel, vous vous souvenez ? ), même si elle était dans le bon sens, le côté fin dépassait à gauche donnant à l'ensemble cet aspect débraillé si familier. Et le trench coat... tout y était, exactement comme dans la série.
- Nous nous connaissons?
Putain ouais !
Mais un reste de bonnes manières lui rappela qu'elle ne pouvait répondre ainsi, et qu'il était de toute façon franchement impoli de dévisager les gens - ou les anges - de cette manière
- Vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais bien. J'ai vu tous les épisodes de Supernatural. Des dizaines de fois ! Oh, mon Dieu ( non elle n'osa pas dire "Oh my Chuck !" mais franchement l'envie y était.) j'arrive toujours pas à y croire !
L'ange tiqua. Et elle pensa immédiatement à Barjy.
Oh là là, si tu étais là pour voir ça ! Castiel, en chair et en os !
- Dean, qu'est ce qui se passe ici ? Qui est ce ?
La voix de Sam la fit revenir à la réalité et réaliser qu'elle était toujours maintenue dans les bras forts de Dean ( Oh Seigneur !), en pyjama ( Merde !), au milieu du salon du bunker. Elle le vit jeter un coup d'œil à sa gauche, aviser une chaise et l'y entraîner pour l'y asseoir ( Nooooonnnn ! Je veux rester dans tes bras jusqu'à la fin des temps, steuplé steuplé steuplé ! )
- Vous nous excusez une minute ? Demanda Sam en faisant signe à son frère de le suivre quelques mètres plus loin.
Mais même si les frères s'étaient éloignés, elle entendait parfaitement leur conversation. Elle reporta son regard sur Castiel qui la dévisageait toujours, fouillant visiblement sa mémoire millénaire pour savoir si il l'avait déjà rencontrée.
- Alors, c'est qui ? Demanda Sam.
- J'en sais foutrement rien. Écoute, j'étais sur ce site dont tu m'avais parlé une fois. .
Sam haussa les sourcils tellement haut qu'ils faillirent disparaître sous son épaisse chevelure.
- Ah ouais. Ce site, je te cite - il mima des guillemets - qui ne raconte que des conneries écrites par des gamines pré-pubères en chaleur. Le site que seuls des débiles profonds lobotomisés à la hache pourraient lire ?
- Ouais, exactement celui là ! Et je maintiens ce que j'ai dit. Faut bien que quelqu'un surveille ce qu'elles écrivent ! Y a des trucs qui se réalisent des fois. C'est pour le boulot. Uniquement pour le boulot !
- Ouais, c'est ça, prends moi pour un con ! Mais ça m'explique pas qui elle est et ce qu'elle fait là.
- Si tu me laissais parler, tu le saurais. En croisant les bras, sourcils froncés et air buté.
Sam leva les yeux au ciel devant tant de mauvaise foi, mais garda le silence.
- Donc, reprit Dean avec une moue éloquente, j'étais en train de parcourir sur ton ordinateur les dernières fics publiées...
Il répondit à la magnifique bitchface que Sam lui lança par l'équivalent facial d'un doigt d'honneur.
- ... quand des lignes sont apparues toutes seules sur l'écran. C'était bizarre, on aurait dit que je lisais les pensées de quelqu'un directement écrites sur l'écran. Et elle arrêtait pas de se plaindre qu'il ne se passait rien en mars, bordel ! Alors je sais pas... j'ai juste eu envie qu'elle passe de ce côté ci de la réalité, histoire de voir comment elle réagirait à ce "rien" qui nous tombe sur la gueule toutes les 30 secondes ! C'était rien qu'un souhait idiot, pas plus. Mais quand j'ai touché l'écran, ma main...
Dean fixa ses doigts comme si il ne comprenait toujours pas ce qui avait bien pu arriver.
- ... est passée à travers. Juste comme ça.
Sam fronça les sourcils et jeta un regard vers la bouteille de whisky encore au trois quart pleine posée sur bord de la table.
- Non je suis pas bourré ! affirma Dean quand il suivit son regard. Putain Sam, je te jure ! J'ai tendu la main, elle l'a attrapé et elle est passé au travers de ton écran d'ordinateur et a atterri dans le salon.
Sam réfléchit une minute, passant sans s'en apercevoir sa main dans ses cheveux pour les recoiffer en arrière.
- Un univers alternatif ? proposa t'il dubitatif. Comme la fois où on a été projeté dans ce monde où nous étions des acteurs d'une série télé ? Elle a parlé d'épisodes. Elle a l'air de nous connaître. Peut être qu'elle vient de ce monde là ?
- Possible.
- Probable même, renchérit Castiel qui les avait rejoint. Je sens qu'elle n'est pas de notre réalité.
- Bon ok, mais comment on la réexpédie ? Elle peut pas rester ici.
- Hé, je veux pas repartir !
Les trois hommes se retournèrent vers la petite voix qui venait de se faire entendre à l'autre bout de la pièce.
- Je veux pas repartir déjà, répéta t'elle un peu plus fortement.
Immédiatement, elle nota le changement d'attitude chez Dean depuis que son frère et l'ange étaient arrivés. Il était plus fermé, ses yeux ne riaient plus. Il avait de nouveau cet air de dur à cuire perpétuellement en colère qui le caractérisait tant. Rien à voir avec le garçon charmant et amusé qui l'avait aidée à se relever quelques minutes auparavant.
- Écoutez ma p'tite dame.
- Patricia ( NDLR: vous pouvez remplacer par votre prénom à vous, du moment que vous êtes parfaitement consciente que Dean est à moi et rien qu'à MOUAAAA! On est bien d'accord ? Parfait ! ).
Elle prit mentalement note d'engueuler ses parents quand elle rentrerait (si elle rentrait), pour ne pas l'avoir plutôt prénommée Julia ou Naomie ou Adriana, enfin un truc classe quoi.. Patricia, non mais sérieux !
- Ouais, peu importe, grogna Dean, la coupant dans ses récriminations parentales. Peut être que pour vous, tout ça c'est qu'un jeu ou je sais pas quoi. Mais pour nous c'est bien réel, ok ? C'est notre vie, pas une putain de série télé. Alors peut être que ça va être dur à comprendre, mais, en ce qui nous concerne, nous c'est foutrement une bonne nouvelle quand il se passe rien, d'accord ?
- Dean, du calme, tenta de tempérer Sam, mais l'aîné s'emporta davantage.
- Non mais c'est vrai quoi ! Derrière leurs écrans, elles écrivent des trucs complètement barrés sur nous, sans se demander ce que ça nous fait de lire toutes leurs conneries.
- Mais ce ne sont que des histoires, tenta t'elle de se défendre. C'est pas réel. Supernatural est une fiction.
- Ben peut être dans ton monde. Mais pas dans le notre ok ? Ici, c'est juste notre vie.
Elle passa les yeux successivement sur Dean, Sam puis Castiel un peu en retrait.
- Mais comment c'est possible ?
- Les univers alternatifs sont une réalité quantique, commença l'ange de sa voix grave. Normalement ces mondes ne coexistent pas dans le même plan d'existence, mais parfois des failles peuvent s'ouvrir sans que l'on sache réellement pourquoi. Il est possible que lorsque des actions se réalisent simultanément dans deux mondes différents, le tissus de la réalité se tende tellement qu'il en devienne poreux et que des éléments d'un monde puissent passer dans l'autre.
Bordel de merde ! Alors c'est pas un rêve ? Une réalité alternative ? Non, c'est forcement un rêve Et Castiel pourrait tout à fait répondre ça aussi dans un rêve. Ca ne prouve rien !
- C'est comme ça que je repartirai ? Juste en repassant dans l'écran de l'ordinateur ? demanda t'elle quand même vaguement inquiète de se retrouver définitivement coincée de ce coté ci. Juste au cas où...
- Je le pense. Mais il serait plus sage de ne pas attendre trop longtemps. La faille peut se combler si la similitude qui l'a engendrée est détruite.
- Oh, ça, aucun risque que qui que ce soit touche à mon ordi chez moi !
A part mes chats si ils posent la patte dessus. Non, mais ils ne feront pas ça. Sinon privés de croquettes ! Parce que je veux pas repartir tout de suite, moi. Que ce soit un rêve ou pas, je suis là, j'en profite !
Elle regarda la pièce immense autour d'elle en cherchant un prétexte, n'importe quoi pour rester un tout petit peu plus longtemps.
- Alors c'est ici que ça se passe ? Bon sang, j'arrive pas à y croire !
- Oui, je me souviens bien de ce que nous avions ressenti, nous aussi, quand nous étions passé de l'autre côté, répondit Sam doucement. C'est assez perturbant.
- Oui, je me souviens, c'est l'épisode 615, French Mistake ! J'ai adoré, répondit elle avec enthousiasme.
Le grognement derrière elle la fit sursauter et Castiel lui posa une main rassurante sur l'épaule avec un air entendu.
- Ne faites pas attention, Dean est grincheux quand on lui parle de ça. Tout comme pour les évangiles de Chuck. Il supporte mal ...
- Je suis pas grincheux ! Et ouais, ça me fout les boules de savoir que des gens que je connais même pas savent tout ce qui se passe dans ma vie. Ca vous foutrait pas en rogne vous ?
- Euh, oui, je suppose, avoua t'elle, subitement mal à l'aise sous son regard accusateur.
- Ca t'empêche pas de lire des fan-fics, le contra Sam visiblement peu impressionné par la mauvaise humeur de son aîné.
- Pour le boulot, bordel ! Uniquement pour le boulot !
- Et ... euh... vous en avez lu qui vous ont plu ?
Elle jouait avec le feu, et elle le savait. Mais c'était TELLEMENT tentant.
- Bien sur que non ! S'exclama Dean furieux.
- Si, il y en a des pas mal ! Rit Sam. Certaines sont...
- SAAAM ! Si jamais tu prononces le mot en "D", tu va le regretter. Je te jure sur ce que j'ai de plus cher que tu vas vraiment vraiment vraiment le regretter !
- Le mot en "D" ?
- Ouais, faites pas l'innocente ! Aboya Dean exaspéré. Vous voyez très bien de quoi je parle. J'ai lu votre OS du mois d'août !
Oh putain de merde !
La rougeur qui envahit ses joues puis se propagea à son visage tout entier, lui fit penser qu'elle allait être victime dans les trois secondes d'un cas sévère de combustion spontanée. Dean Winchester avait lu son OS du mois d'août. Celui qu'elle avait intitulé "Chaleur ". Celui où lui et Castiel... dans ce chalet...
Sans pouvoir s'en empêcher, elle jeta un coup d'œil aussi rapide que peu discret à l'ange à sa gauche. L'avait il lu, lui aussi ?
Parce que si oui, cette fois c'était sûr, elle allait prendre feu sur place et se consumer devant eux de honte.
- Et... vous avez aimé... s'entendit elle demander d'une toute petite voix.
C'est pas moi, non, non, c'est pas moi... couina t'elle dans sa tête, sans savoir si elle niait avoir osé poser la question, ou avoir écrit cet OS classé M.
Mais d'un seul coup son cœur s'emballa. Ah ah ! Trop tard, elle l'avait vu ! Si si, elle avait vu la petite étincelle de sourire qui avait traversé les yeux verts du chasseur avant que son expression ne se ferme et que le " Bordel non ! " ne jaillisse de sa bouche.
Elle releva la tête. Oui, il avait aimé, ou au moins il n'y était pas resté indifférent. Même si il se ferait arracher les deux bras plutôt que de le reconnaître.
Elle soutint son regard et ce fut lui à présent qui se racla la gorge et détourna finalement le sien.
YES !
- Ouais, ben il parait qu'on est dans un pays libre. Gronda t'il en la foudroyant du regard. Et que les gens ont le droit d'écrire toutes les conneries qui leur passent dans la tête. Foutu premier amendement ! Si c'était que de moi...
Il croisa les bras sur sa poitrine et releva le menton en signe de défi.
Oh merde, là ça sent pas bon pour moi !
- Alors comme ça il se passe rien au mois de mars, c'est ça ? Sur le ton de l'araignée qui tente de convaincre la mouche de s'approcher de sa toile.
- Euh... à vrai dire, j'avais pas vraiment d'idée...
- Et ben je vais vous en donner des idées, moi. Aujourd'hui, on est le 31. Et c'est la deuxième pleine lune du mois.
- Dean. Pas question qu'on l'emmène avec nous ce soir, tenta de s'interposer Sam.
Elle releva un sourcil intéressé
Où ça ?
- Et pourquoi pas ? Contra son frère. Ca te fais pas chier, toi, que les gens écrivent n'importe quoi sur nous sans arrêt sans savoir de quoi ils parlent ? Et bien puisqu'elle veut écrire, elle va avoir du vécu à raconter cette fois.
- Elle risque de se faire tuer.
Euh... quoi ?
- Ce sont les risques du métier. Ah oui, c'est plus facile de rester cachée derrière son écran d'ordinateur, hein? Lui cracha t'il en la voyant pâlir
- Dean...
Me faire tuer ? Genre... vraiment complètement morte ?
Elle ne savait pas encore de quoi il s'agissait et elle était déjà à deux doigts de se pisser dessus de trouille, mais une fierté aussi mal placée qu'inconsciente lui fit relever le menton. Bon sang il ne serait pas dit qu'elle se serait comportée comme une mauviette devant Dean Winchester si il la défiait de venir sur une chasse! Elle respira un grand coup et se lança comme on saute d'une falaise.
- D'accord. Je viens. De quoi il s'agit ?
De surpris, le regard de Dean se fit ensuite clairement amusé et cela l'agaça encore un peu plus.
- Quoi, vous pensez que j'en suis pas capable ?
- Vraiment pas, non. Et vous ?
Puis il se retourna vers l'ange.
- Cass, je sais que c'était pas prévu comme ça, mais si elle vient et que tu n'as rien de prévu ce soir, est ce que tu pourrais venir aussi? Juste histoire de garder un œil sur elle.
L'ange acquiesça silencieusement.
Hein ? Je vais accompagner les frères Winchester sur une chasse.
... Ce soir.
... Et L'ange Castiel veillera sur moi.
Oh Sainte Marie Mère de Dieu !
Heureusement que la chaise de laquelle elle s'était relevée pour s'exprimer se trouvait toujours derrière elle, parce que d'un seul coup ses jambes refusèrent de la porter plus longtemps et elle s'affala dessus avec autant de grâce qu'un hippopotame.
Elle était aussi terrifiée qu'excitée.
Putain de merde ! étaient les seuls mots qui lui vinrent à l'esprit, mais finalement ils résumaient assez bien la situation.
- Et du coup, c'est quoi, cette chasse, demanda t'elle lorsque sa gorge laissa de nouveau passer suffisamment d'air pour qu'elle puisse respirer.
- Un loup garou, répondit Sam. Il a fait déjà trois morts début mars lors de la première pleine lune. Les deuxièmes pleines lunes dans un même mois ne sont pas trop fréquentes, et heureusement, parce que quand ça arrive, les effets sur les lycanthropes sont décuplés. Ce sera le cas ce soir. Si on ne l'arrête pas, ça risque d'être un carnage.
Sam s'approcha d'un pas et lui parla d'une vois plus basse.
- Écoutez, quoi qu'en dise mon frère, ne vous sentez pas obligée de venir. C'est dangereux. Vraiment. Ce loup garou ne se contrôlera pas. Si il vous attrape, il vous tuera.
Elle reporta son regard sur l'ange. Castiel allait la protéger, n'est ce pas? Et en plus, de toute façon, ce n'était qu'un rêve. On ne peut pas vraiment mourir dans un rêve. Si on meure dans un rêve, on se réveille, pas vrai ? C'est ce qu'elle avait lu dans elle ne savait plus quel magazine.
- Je viens.
Qui a dit ça ? Moi, vous êtes sûrs ?
Sam secoua la tête de dépit, alors que Dean qui arborait une moue narquoise se dirigeait vers un placard et en sortit un pistolet qu'il lui mit d'autorité dans les mains.
- Déjà utilisé ça ?
La façon dont elle tenait l'arme du bout des doigts comme si elle allait lui exploser à la figure parlait d'elle même. Dean soupira en levant les yeux au ciel.
- Allez, G.I. Jane, venez nous montrer ce que vous savez faire. En lui indiquant de la main l'escalier qui descendait sûrement à la salle d'entraînement
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oOoOoOoOoOoOoOoOoO
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La nuit était tombée depuis une heure et ils parcouraient depuis plus longtemps encore la foret où les corps déchiquetés des dernières victimes avaient été retrouvés au début du mois.
Bon sang Dean avait eu bien raison. Écrire une petite histoire derrière son écran d'ordinateur et se retrouver à patauger en foret, l'arme à la main, en bottes, jean, tee shirt et blouson trop grands - ben oui, ils lui avaient donné des habits trouvés dans les placards des Hommes de Lettres. Elle n'allait quand même pas aller chasser en pyjama. Mais pas de bol, aucun des illustres prédécesseurs de Dean et Sam ne faisaient du 38. - ce n'était pas du tout la même chose !
Malgré la peur, elle ne parvenait pas à quitter des yeux les frères qui se coulaient dans la nuit comme de véritables félins. Ils se déplaçaient en silence, le corps tendu, à l'affût du moindre bruit indiquant la présence de leur proie. Castiel à ses côté ne la lâchait pas d'une semelle, et même si elle aurait détesté l'avouer à voix haute, sa présence était la seule chose qui lui permettait de ne pas céder à la panique.
Dean avait été clair et les instructions de l'ange étaient précises. Ne pas la lâcher d'une semelle et au moindre danger, la ramener au bunker d'un coup d'ailes. Rassurant non ?
Sauf que le jour - ou plutôt la nuit- où, dans l'univers de Supernatural, les choses se passeraient comme prévu serait à marquer d 'une croix au fromage blanc dans la cheminée. Apparemment ça ne devait pas être cette nuit là, parce qu'entre deux chasseurs armés jusqu'au dents et une femme accompagnée de ce qui semblait être un comptable en trench coat, le loup garou eu vite fait de faire son choix et d'attaquer ceux qu'il pensait être les plus faibles. Et il avait raison... au moins pour l'un des deux.
Alors, bien sûr, elle aurait pu se sentir flattée d'avoir été désignée comme la chair la plus tendre ou l'odeur la plus douce de leur petit groupe par le lycanthrope affamé... et bien même pas ! Lorsqu'il se jeta sur elle et que Castiel qui tenta de s'interposer pour la proteger fut projeté contre un arbre par toute la force brute de ce monstre velu, le glapissement terrifié qu'elle poussa n'avait rien de flatté. Encore moins quand elle sentit ses griffes s'enfoncer dans sa chair et son sang se mettre à couler. Clouée au sol par l'énorme masse, elle tenta bien de se débattre mais n'avait absolument aucune chance. Elle ferma les yeux, refusant de regarder approcher la rangée de crocs jaunâtres qui allaient lui ôter la vie.
Contrairement à ce qu'elle avait parfois entendu dire de ceux qui avaient vu la mort arriver, elle ne vit pas son passé défiler sous ses paupières. Elle ne pensa pas à son monde d'origine, ni à tous ceux qu'elle aimait et qu'elle allait laisser derrière elle. Elle ne songea pas une seconde au fait qu'ils ne sauraient jamais ce qui lui était arrivé et n'auraient même pas de corps à enterrer. Pas plus qu'elle ne pensa à l'arme qu'elle tenait encore dans la main et qui contenait des balles en argent capables de tuer le monstre. Non, elle ne pensa à rien de tout ça. En fait elle ne pensait plus du tout. Elle ne pouvait que ressentir l'haleine fétide du monstre de plus en plus prés de son visage, et la douleur qu'elle anticipait déjà quand les crocs lupins s'enfonceraient dans sa chair pour la déchiqueter.
Le coup de feu lui fit serrer les paupières tellement fort qu'elle en vit des étoiles.
Elle ne comprit même pas de suite ce qui arrivait lorsque les cent kilos de masse inerte lui tombèrent dessus. Tout l'air encore contenu dans ses poumons fut brutalement expulsé de sa poitrine. Sa première pensée cohérente, enfin si on pouvait l'exprimer ainsi, fut qu'elle n'allait pas mourir dévorée vivante, mais plutôt écrasée ou asphyxiée. Étrange destinée. Mais finalement elle préférait cette dernière option, si on lui demandait son avis. Ca devait faire moins mal, non ?
Mais elle n'étouffa pas non plus. L'énorme masse lui fut retirée de la poitrine et elle put de nouveau respirer. Elle ouvrit les yeux pour tomber dans ceux d'un bleu surnaturel de Castiel accroupi à ses côtés et qui la dévisageait avec inquiétude
- Est ce qu'il l'a mordue ?
La voix impérative de Dean lui parvint comme étouffée. En une seconde elle enregistra que son visage était dur, comme en colère et que l'arme qu'il tenait à la main dégageait une forte odeur de poudre. C'est lui qui avait tiré. Dean Winchester venait de lui sauver la vie !
Puis elle réalisa que cette arme était à présent braquée sur elle.
Elle fronça les sourcils, se forçant à comprendre les paroles prononcées alors que les sons lui parvenaient mais sans qu'elle n'en saisisse la signification.
- Cass, elle saigne. Est ce qu'elle a été mordue ?
Ah bon, je saigne?
Cela fit redémarrer son cerveau hors d'usage. Elle se redressa à demi, assise sur le sol humide de la foret et fit un inventaire rapide de son corps.
Effectivement, elle avait du sang partout sur ses vêtements déchirés. Ca, c'était pas bien grave, le sang ne lui avait jamais fait peur. Elle était infirmière, elle en avait vu d'autres. D'autant plus qu'avec la quantité d'adrénaline qui parcourait encore ses veines, elle ne ressentait aucune douleur. Comme si ce n'était pas à elle, que tout cela venait d'arriver. En fait, c'est tout juste si elle ne s'examinait pas comme elle l'aurait fait d'un patient amené à l'hôpital par les pompiers après un accident de voiture. Une très étrange impression de décorporation.
Elle constata que son blouson était déchiré aux deux épaules et le retira en grimaçant, vaguement consciente, en arrière plan, de la douleur que son corps devait endurer mais qui ne parvenait pas encore clairement à son cerveau en état de choc. Elle passa les doigts dans les larges fentes du tissus qui laissaient voir les plaies là où la bête avait enfoncé ses griffes pour la maintenir au sol. Mais non, pas de morsure, juste des griffures plus ou moins profondes et quelques écorchures dues à sa chute.
Que des blessures superficielles. Ca aurait pu être largement pire !
Castiel avança la main et la passa au dessus de ses plaies alors qu'une lumière bleutée s'en échappait et se rependait sur elle.
Immédiatement elle sentit une douce chaleur l'envahir. La peur, la douleur, la tension qui crispaient chaque fibre de son être disparurent immédiatement, remplacées par un infini bien être. Elle regarda l'être céleste dans les yeux. Son visage irradiait lui aussi, magnifique, angélique.
Elle croyait déjà en Dieu avant tout ça, mais là, à cet instant précis, elle eut une foi inconditionnelle en Ses anges. En tout cas en celui qui lui faisait face.
- Non, elle n'est pas contaminée.
- Bordel on a eu chaud ! S'exclama Dean en rangeant son arme dans la ceinture de son pantalon, puis il se retourna furieux vers l'ange. Qu'est ce que tu as foutu, merde ?! Tu devais la protéger !
Une lueur de douleur puis de colère passa très brièvement dans le regard de l'ange, mais lorsqu'il se releva lentement et se retourna vers le chasseur qui l'invectivait, son visage revêtait de nouveau cette expression neutre si familière.
Elle sentit son cœur se serrer.
Bon sang, elle adorait Dean.
Vraiment.
De tous les personnages de sa série préférée, il était celui qu'elle aimait par dessus tout.
Mais il y avait quand même des fois où elle lui aurait volontiers fichu un bon coup de pied au cul pour la façon dont il traitait cet ange.
- Il n'y est pour rien. C'est moi qui n'ai pas... commença t'elle en se relevant, vite aidée par Sam qui la soutint par les épaules.
- j'vous ai pas sonné vous ! Hurla Dean toujours hors de lui. Tu l'as pas senti arriver? Juste un putain de loup garou ! Vraiment ? Bordel mais à quoi tu sers ?
- Dean... tenta de l'arrêter Sam.
L'ange disparu dans un bruissement d'ailes et sans un mot.
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Le retour au bunker se fit à l'unique son du moteur de l'impala.
Se retrouver à l'arrière de la voiture bien aimée de Dean aurait du être une expérience magique pour la fan qu'elle était, mais l'ambiance tendue qui régnait dans l'habitacle gâchait largement le plaisir.
Elle sentait que Sam bouillait de l'intérieur. Visiblement le cadet avait des choses à dire à son aîné, mais sa présence à elle, l'empêchait de lui dire ses quatre vérités. Encore faudrait il que Dean les entendent, à défaut de les admettre.
Elle aurait bien voulu trouver les mots. Désamorcer la tension. Castiel avait tenté de la sauver. Il avait fait tout ce qu'il fallait, il n'y était pour rien.
D'ailleurs, où était parti l'ange ? Où se réfugiait il, maintenant qu'il n'était même plus le bienvenu chez ses frères, quand l'attitude de Dean le poussait à s'enfuir plutôt que répliquer ?
- Merci... vous m'avez sauvé la vie.
Dean grommela plus qu'il ne répondit.
- C'est juste notre boulot.
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Lorsqu'ils arrivèrent dans le parking souterrain du bunker, Sam se dirigea vers la porte menant à l'étage sans un mot et Dean s'attarda pour inspecter sa chère Baby. Elle sortit à son tour de la voiture et referma doucement la portière.
- Vous lui avez fait de la peine vous savez. Dit elle doucement, lorsqu'ils furent seuls.
Le regard que le chasseur lui lança par dessus son épaule aurait fait geler l'océan pacifique dans son intégralité.
Ok, message reçu: " Mêle toi de ce qui te regarde." Oh et puis non !
Elle avait survécu à une attaque de loup garou ce soir là. Alors, probablement atteinte d'une crise sévère de stress post traumatique qui annihilait complètement son jugement et son instinct de survie, elle se dit que finalement tout le monde avait besoin qu'on lui mette le nez dedans, une fois de temps en temps.
D'autant que l'injustice de la situation la faisait culpabiliser.
C'est elle qui avait insisté pour venir et c'est elle qui s'était bêtement laissée surprendre. Le reste de peur combinée à tout ce qu'elle avait vécu depuis son arrivée lui donnèrent des ailes. Probablement aussi le fait qu'il lui tournait toujours le dos.
- Il est toujours là pour vous. Pour Sam. Quoi que vous lui demandiez, il est toujours partant...
- Non mais de quel droit ? La coupa froidement Dean, crachant les mots dans l'espace vide du garage, les yeux toujours fixés sur son impala. Vous croyez que c'est parce que vous regardez nos vies à la télé que ça vous donne le droit de nous juger ? Survivez à la moitié des merdes qui me sont tombées dessus depuis que je suis gosse et ensuite vous viendrez me donner des leçons. Ok ?
- Pourtant c'est bien ce que vous faites, vous, non ?
- QUOI ?! Aboya t'il en se retournant enfin vers elle de colère.
- Le juger et le condamner, sans vous poser de question. Est ce que vous vous êtes seulement demandé où il partait quand vous le renvoyez quand vous n'avez plus besoin de lui, comme un chien galeux ?
Dean serra les poings et elle se dit que si elle avait été un homme, elle se serait mangé une droite. Mais il se retourna simplement de nouveau vers sa voiture, mettant très explicitement fin à cette conversation avant qu'elle ne dégénère encore plus.
De toute façon que pouvait elle ajouter d'autre? Il avait raison au moins sur un point, elle n'était pas en mesure de juger de quoi que ce soit. Et sûrement pas de sa vie.
C'était son univers.
Elle remonta lentement l'escalier qui la ramènerait à la partie habitable du bunker. Avant de franchir la porte, elle jeta un regard à Dean qui avait toujours les poings serrés, bras tendus et appuyés sur le capot de sa voiture, il regardait devant lui, immobile.
Et merde ! C'était pas vraiment comme ça qu'elle avait espéré que ça se passe.
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Sam était vraiment un hôte génial. Charmant, agréable, cultivé.
Exactement ce que l'on ressentait de lui en regardant la série.
Pendant l'heure qui avait suivi, et où Dean était resté hors de vue, il lui avait fait visiter le bunker, tentant d'alléger l'ambiance tendue et y parvenant complètement.
Il lui avait montré la salle de contrôle avec tous ces ordinateurs préhistoriques, celle qu'on avait vu dans l'épisode où la sorcière d'OZ s'échappait du flacon qui la retenait prisonnière. Ils étaient passés dans l'immense bibliothèque des Hommes de Lettre, la cuisine, les chambres et elle avait reconnu le fameux couloir où Dean avait poursuivit son frère quand il était un démon. La porte qu'il avait défoncée à coups de marteaux en portait encore les stigmates. Elle n'avait rien dit bien sur, mais le regard de Sam lorsqu'elle avait posé les doigts sur le bois éclaté en disait long sur ce qu'il avait du ressentir à ce moment là.
Effectivement, pour eux c'est leur vie, leurs douleurs, pas une série télé.
A sa plus grande honte, elle n'avait pu retenir un couinement hystérique de fan-girl lorsqu'il l'avait fait pénétrer dans le donjon où Crowley avait été retenu si longtemps. Il y avait encore le pentagramme au sol, la chaise, les chaînes
Bon sang, il lui avait fallu toute la force de sa pauvre volonté pour se retenir de jouer les kleptomanes et de piquer un objet ou deux en souvenir. N'importe quoi. Même un vieux kleenex usagé aurait fait son bonheur.
Maintenant que la frayeur de la chasse était passée, dans leur lieu de vie quotidien, elle retrouvait le regard émerveillé de la fan qu'elle était. Celle qui presque aurait pu supplier pour un autographe.
Presque ? Ouais c'est ça !
Et Sam avait paru le comprendre et jouait les guides avec un petit sourire amusé.
- Ca va s'arranger vous savez, dit il d'un seul coup d'une voix douce.
Elle lui jeta un regard interrogatif.
- Cass. Avec Dean. Ca s'arrange toujours, expliqua t'il. Il finit toujours par lui pardonner et revenir.
- Oui, je sais bien, mais des fois, ça fait quand même de la peine, la façon dont il le traite.
Sam soupira puis haussa les épaules.
- C'est sa façon d'aimer.
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- Je ne sais pas comment vous remercier, dit elle après un long moment de silence.
- Pourquoi ? L'air sincèrement étonné. Vous avez failli vous faire tuer. On aurait jamais du vous laisser venir avec nous pour cette chasse. C'est notre faute si vous avez été blessée.
- Non, je parlais pas de ça.
Elle se mit à rire doucement.
- Je crois que vous ne vous rendez pas compte à quel point vous êtes importants, votre frère, vous et tout ce que vous faites. Ici, vous sauvez les gens et votre monde en permanence sans même que qui que ce soit ne vous remercie pour ça. Et dans mon monde à moi, même si Supernatural n'est qu'une série télé, elle est importante dans la vie de tant de fans. Cette série a créé un véritable phénomène, vous savez. Son fandom est immense, mondial, des gens se rassemblent, en parlent, font connaissance, des amitiés se nouent, sans parler de tous ceux qui écrivent sur elle. Vous êtes importants pour nous.
Elle baissa la tête, hésitant à poser la question qui la taraudait.
- Ca vous dérange vraiment qu'on écrive toutes ces histoires sur vous?
Et ce fut au tour de Sam de se mettre à rire, un peu gêné, avant de hausser les épaules.
- Dean fait celui que ça met hors de lui. Mais combien de fois je l'ai surpris le soir à lire jusque tard dans la nuit. Quand il me voit arriver, il bascule sur un de ses sites pornos, mais il ne sait pas correctement effacer son historique de navigation. Croyez moi, de nous deux, c'est lui qui lit le plus de fan-fics. Et de tous les genres, ajouta t'il en levant un sourcil explicite. Même si il ne le reconnaîtra jamais.
Elle eut un petit sourire.
- Même celles avec le mot en "D".
Cette fois Sam rit franchement et elle ne put s'empêcher de se dire que ça le rajeunissait de dix ans. C'était dommage de ne pas avoir plus souvent l'occasion de voir Sam Winchester en train de rire. C'était vraiment un beau spectacle !
- Oui, même celles avec le mot en "D".
Il se rapprocha d'elle et prit un air de conspirateur.
- Vous le gardez pour vous, d'accord ?
Elle acquiesça vivement.
- Il a enregistré "Chaleur" dans ses favoris.
Elle marqua un temps d'arrêt, les yeux écarquillés, puis elle éclata de rire tout comme Sam, et lorsque Dean remonta du garage et leur demanda la raison de leur hilarité, elle ne put s'empêcher de piquer le phare du siècle en repensant à la scène du miroir dans son OS.
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Finalement, elle eut droit à sa bière à la table du bunker. Elle en avait rêvé. Être assise avec eux, dans leur univers. Comme si elle faisait partie de la famille... juste pour un moment. Alors tant pis si elle n'aimait pas la bière, pour ce soir là, c'était devenu sa boisson préférée.
Elle tenta de faire durer aussi longtemps que possible. Pour prolonger le moment. Parce qu'elle n'avait aucune envie de repartir. Elle était bien, là, avec les frères qui lui racontaient leurs chasses et se chamaillaient comme des gosses de dix ans. Elle eut même droit au fameux "Jerck / Bitch" et en ferma les yeux de bonheur. Elle aurait voulu que ce moment se prolonge éternellement.
Peut être aussi espérait elle que Castiel réapparaisse et que Dean et lui fasse la paix avant qu'elle ne s'en aille. Elle n'avait pas envie d'emporter avec elle l'éclat de douleur qu'elle avait vu dans les yeux angéliques juste avant qu'il ne s'éclipse
Mais l'ange ne revint pas.
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Et les heures défilant, il devint plus qu'évident qu'il était temps pour elle de s'en aller.
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Debout devant l'écran de l'ordinateur portable de Sam, elle n'en menait pas large. Bon sang, elle n'allait quand même pas se mettre à chialer devant eux comme une gamine, si ?
- Bon, ben, j'y vais... Sur le ton de quelqu'un qui monte à l'échafaud
- Bonne route. Fais attention à toi, d'accord.
Au fil de la soirée, Dean était redevenu ce gars sympa qu'on côtoie avec plaisir. Un homme. Deux facettes. Ou plutôt le vrai Dean, celui qui transparaissait quand il se sentait suffisamment en sécurité pour laisser tomber son armure.
- Toi aussi. Vous aussi, ajouta t'elle en regardant également Sam. Est ce que tu pourras dire au revoir à Castiel pour moi ?
- Je lui dirai, répondit Dean alors qu'elle s'était adressée à Sam.
Elle dissimula un petit sourire soulagé. Oui, Sam avait raison, les choses finissaient toujours par s'arranger entre le chasseur et l'ange.
- Merci pour tout. Vraiment.
Sam lui fit un petit signe de la main quand elle commença à introduire lentement la sienne dans l'écran d'ordinateur.
- On se retrouvera peut être un de ces jours au détour d'une histoire qui sait, dit Dean alors qu'elle disparaissait complètement, réintégrant son monde. Tu vois finalement il se passe plein de choses au mois de mars !
Un dernier clin d'œil et elle avait complètement disparu.
Sam se pencha et passa sa main sur l'écran redevenu complètement solide.
- Bizarre quand même toute cette histoire.
Dean haussa les épaules, puis éteignit l'écran d'ordinateur.
On ne savait jamais... ils avaient eu assez de visite pour ce soir.
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Quelques nuits plus tard...
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- Non mais j'vous jure! Si j'avais su, j'aurais laissé ce putain de loup garou la bouffer !
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Depuis la porte entrebâillée de la cuisine où il était venu se servir un verre d'eau, Sam apercevait Dean, penché comme un conspirateur sur l'écran de l'ordinateur et qui parlait tout seul dans le noir, à voix basse dans le salon du bunker. Seul son visage était illuminé par la lumière de l'écran au milieu de la nuit.
Visiblement son frangin s'adonnait à son petit passe temps coupable et la fic qu'il était en train de lire le faisait fulminer.
- Non et puis quoi encore ? Des excuses ? Et pourquoi je lui ferai des excuses d'abord ? De toute façon, les anges ça se vexe pas ! Pfff, n'importe quoi !
Sam soupira en refermant la porte du frigo.
Est ce que tous les Dean de tous les univers étaient aussi aveugles et butés que le sien ?
Il haussa les épaules.
Probablement, vu le phénomène. Ca devait être une constante universelle.
Il reposa son verre à présent vide dans l'évier quand la voix étouffée de son frère lui parvint de nouveau.
- Bon ça va, ça va, j'lui dirai. J'espère que t'es contente!
Sam sourit en redirigeant ses pas ensommeillés vers sa chambre.
Bah, finalement... tout espoir n'était peut être pas perdu.
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Et woilaaa... c'est fini...
Alors ... ?
Oui, je sais, les fics où l'auteur s'intègre au récit, c'est un peu bizarre. J'espère que ça vous a plu quand même.
C'était la dernière.
Mais pas la dernière fois que je vous inflige mes écrits soyez en sûrs.
Alors je vous dit à bientôt.
Et comme diraient Ms Spock et notre très regrettée Charlie:" Longue vie et prospérité !" :D
