Je m'excuse d'avoir mis autant de temps à publier.
J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture !
Le silence régna dans la pièce durant quelques instants, Hermione, Harry et Ron s'observant les uns les autres. La jeune femme était toujours stupéfaite de voir devant elle son ancien meilleur ami et ex ; les deux autres étaient quant à eux choqués de voir la façon dont elle venait d'interagir avec Drago. Sans surprise, toutes les bonnes intentions de Ron pour s'excuser auprès de son ancienne petite amie s'évaporaient à vitesse grand V tandis qu'il ruminait la façon peu professionnelle dont Hermione agissait.
Drago observa lui aussi le tableau avant de s'éclaircir la gorge.
« On va continuer à se regarder dans le blanc des yeux toute la journée ou quelqu'un va finir par parler un jour ? »
« Désolé, murmura Harry sans quitter la jeune femme des yeux. C'est juste que c'est super de te revoir, Hermione. »
« C'est super de te revoir aussi, Harry, répondit-elle avant de se tourner vers son ex. Toi aussi, Ron. Tu as l'air d'aller bien. »
« Pareil pour toi », répondit-il en laissant son regard parcourir la jeune femme de haut en bas, se souvenant à quel point elle était sexy sans toute cette couche de vêtements.
« Tout ceci est bien mignon, mais pensez-vous en venir un jour au but de votre visite ? » intervint Drago sèchement, appréciant très peu la façon dont le roux regardait Hermione.
« Désolé, s'excusa de nouveau Harry, en se tournant cette fois vers lui. Comme tu dois l'avoir deviné, nous sommes ici pour parler de ce qu'il s'est passé sur le Chemin de Traverse. »
« Ça m'a traversé l'esprit, en effet, marmonna Drago. Mais avant de commencer, laissez-moi le temps de m'asseoir. »
« Fais attention, le prévint Hermione tandis qu'elle se penchait pour l'aider à se redresser. Est-ce que ça va ? »
« Ça va, enfin si tu exclues cette chemise hideuse, que je n'aime toujours pas, soit-dit en passant », répondit-il avec un faible sourire.
« Je te l'ai déjà dit : tu ne peux rien y faire, pouffa-t-elle. Tu vas bientôt sortir d'ici : tu pourras te changer une fois à la maison. »
« Ou alors je pourrais sortir torse nu, par exemple, suggéra-t-il. Ça te permettrait d'avoir quelque chose à admirer pendant que tu t'occupes de moi. »
« Et te voir torse nu rendra bien entendu cette journée inoubliable », répondit-elle en levant les yeux au ciel.
« Pas du tout : si je voulais faire ça, j'enlèverais la totalité de mes vêtements », répliqua-t-il avec un clin d'œil coquin.
« Tiens-toi tranquille, s'il te plaît », le réprimanda-t-elle en souriant.
Elle se redressa. Lorsqu'elle tourna la tête, elle vit Harry et Ron tous deux bouche bée.
« Quoi ? »
« Rien », répondit le brun en évitant son regard.
« Ne joue pas à ça avec moi, s'il te plaît. Tu oublies que je vous connais trop bien tous les deux. Je sais que tu as quelque chose à dire, alors vas-y. »
« OK, je m'en charge, déclara Ron lorsqu'il comprit que Harry resterait silencieux. Non mais qu'est-ce qu'il te prend, Hermione ? Tu es guérisseuse et... »
« Je sais encore quel est mon métier, Ronald. »
« Et les guérisseurs sont supposés rendre visite à leurs patients et leur rouler une pelle au passage ? Je ne te pensais pas comme ça, Hermione. »
« Ne lui parle pas sur ce ton », gronda Drago en repoussant les couvertures pour sortir du lit.
« Arrête ça tout de suite, répliqua la jeune femme en le stoppant dans son geste. Tu vas rouvrir tes plaies si tu continues à gigoter comme ça. Tu dois rester immobile et te reposer. »
« Je n'accepte pas qu'il puisse te parler sur ce ton ! gronda-t-il. Il sous-entend que tu n'es pas professionnelle, alors que c'est faux ! »
« Ça ne semble pourtant pas être le cas, répliqua Ron. T'en as déjà vu combien, toi, des guérisseurs qui pelotent leurs patients ? »
« Bien que ça ne te regarde en rien, je n'embrassais pas mon patient mais mon petit-ami », clarifia la jeune femme.
« Toi et Malefoy ? cracha le roux, tandis que Harry fixait le couple, sidéré. Sérieusement ? Tu baises avec le furet ?! C'est la chose la plus débile que tu aies jamais pu faire ! »
« Dégage ! » aboya Drago, bien que cette fois, il ne retenta pas de sortir du lit.
« Malefoy, nous avons besoin de discuter avec toi », protesta Harry.
« Je te parlerai à toi, mais pas à Weasley. À moins qu'il ne s'excuse à propos de sa façon de parler à Hermione ! »
« Excuse-toi, Ron », siffla le brun.
Il était tout aussi choqué que Ron de découvrir que Hermione était avec Drago, mais il ne voyait pas comment en faire tout un plat allait faire avancer les choses, pas quand ils n'avaient fait qu'ignorer Hermione pendant trois ans et demi.
« M'excuser pour quoi ? rétorqua le roux. Pour avoir dit la vérité ? Tu penses exactement comme moi en plus. Visiblement, depuis qu'on a cessé de se voir, Hermione a perdu tout sens moral. Quelle sorcière ayant un tant soit peu de respect pour elle-même irait baiser avec un moufette mangemort comme Malefoy ? »
« Et ceci illustre parfaitement pourquoi nous ne sommes plus ensemble, déclara Hermione avec tristesse tandis qu'elle levait la main devant Drago pour l'empêcher de prendre sa défense à nouveau. Tu ne t'es jamais demandé pourquoi je n'avais jamais emménagé avec toi, Ron ? Tu ne t'es jamais non plus demandé pourquoi après un an ensemble, je n'étais pas sûre à propos de nous deux ? C'est à cause de ça : cette attitude-là. J'ai essayé de penser que tu grandirais et que tu arrêterais de juger les gens, mais à chaque fois que je pensais que tu y étais parvenu, tu faisais ou disais quelque chose qui me prouvait le contraire. À chaque fois que tu parlais d'une affaire au travail et que tu parlais de quelqu'un que tu n'aimais pas, les insultes venaient toujours très vite. C'est pour ça que j'ai toujours refusé d'emménager avec toi : je ne voulais pas m'engager auprès de quelqu'un toujours aussi prompt à critiquer les autres. »
« Et lui, il n'est pas comme ça, peut-être ? renifla Ron avec dédain. C'est la personne la plus critique que j'ai jamais vu. Il m'a rejeté à l'époque de Poudlard, simplement parce que je suis un Weasley ! »
« Et tu as fait la même chose parce que c'était un Malefoy, répliqua Hermione. La différence, c'est que lui a grandi et a arrêté de faire ça. Il apprend à connaître les gens avant de les dénigrer. Il semblerait que tu n'aies toujours pas appris cette leçon. Même aujourd'hui, alors que tu es venu lui parler du fait qu'il a aidé quelqu'un, tu le juges encore sur son passé. Pourquoi ne peux-tu pas admettre que tu ne connais plus Drago en réalité, et que tu n'as aucune idée de qui il peut être maintenant ? »
Les mots de la jeune femme flottaient dans l'air, rendant l'atmosphère pesante. Ils virent qu'ils avaient fait mouche chez Ron. Pour la première fois, quelqu'un l'accusait d'être une personne très critique, et il commençait à voir à quel point c'était vrai.
Tout ce temps-là il avait haï Drago pour l'avoir jugé sans le connaître, alors qu'il avait fait exactement la même chose.
« Tu as raison, finit-il par admettre à voix basse. Je suis désolé d'avoir dit tout ça. J'étais simplement choqué de voir que tu es avec Malefoy. »
« Peut-être que tu ne l'aurais pas été si tu ne l'avais pas complètement sortie de ta vie comme une merde », souligna le blond.
Il ne cherchait pas à être hostile, mais il ne savait pas si Hermione allait parler de la façon dont elle avait été abandonnée par ses amis, et il estimait qu'elle méritait de recevoir des excuses pour la manière brutale dont elle avait été repoussée après sa rupture avec Ron.
« Écoute, je suis désolé de t'avoir jugé, mais tu ne sais rien du passé et de ce qui est arrivé », déclara Ron en s'adressant au blond, en réprimant à grand peine un grognement.
« Je sais pourtant que vous avez tous lâché Hermione lorsque vous vous êtes séparés. Je comprends que les choses allaient être différentes, mais la couper complètement de votre vie et faire que tous ses autres amis lui tournent le dos aussi, est un poil excessif. »
« Tu ne sais rien à propos de ça, alors garde tes opinions pour toi, merci », aboya Ron.
« Oh non, je ne vais pas les garder pour moi, répondit-il en secouant légèrement la tête. Hermione est ma petite-amie et son bien-être m'importe. Vous ignorez peut-être à quel point vous l'avez blessée, mais moi non. Je sais à quel point elle s'est sentie seule lorsque vous avez coupé les ponts avec elle et l'avez retournée contre tous vos amis. J'appellerai un chat un chat : vous avez agi comme de grosses merdes, point barre. »
« Peut-être pourrions-nous discuter de ça plus tard », intervint Hermione.
Elle sentait que son petit-ami et son ex glissaient rapidement vers une discussion plus que houleuse.
« Puisque Ron s'est excusé, peut-être peut-on continuer avec le témoignage ? »
« Bien sûr, répondit Harry en hochant la tête. Mais pour information, Hermione, je suis d'accord avec Malefoy : nous avons été horribles avec toi, et tu ne le méritais pas. Nous n'aurions jamais dû t'éviter comme nous l'avons fait, et j'en suis sincèrement désolé. »
« Merci, Harry. J'apprécie tes excuses », répondit-elle avec un faible sourire.
« Je suis désolé également, admit Ron. Je n'aurais jamais dû forcer les gens à choisir entre toi et moi, surtout pas ma famille, puisqu'ils allaient logiquement me choisir moi. J'ai agis comme un connard, Hermione, et j'espère qu'un jour, tu pourras me pardonner. »
« Je pense que j'y parviendrai. Surtout si tu réussis à trouver le salopard qui a poignardé mon petit-ami. »
« Ça, on devrait pouvoir y arriver », répondit-il avec un petit sourire.
« Et pour se faire, nous avons besoin du témoignage de Malefoy, ajouta Harry. Si tu pouvais nous décrire avec tes propres mots ce qu'il s'est passé, nous te poserons ensuite des questions si nécessaire. »
Drago hocha la tête.
« Tout s'est passé très vite, mais je vais faire de mon mieux. C'était l'heure du déjeuner, et je devais passer en vitesse chercher quelque chose que j'avais commandé quelques jours plus tôt. »
Il s'était en réalité rendu chez le bijoutier pour un collier qu'il avait commandé pour l'anniversaire d'Hermione, mais puisqu'elle était à côté de lui, il ne tenait pas à donner plus de précisions à ce sujet.
« Alors que je sortais, j'ai vu quelqu'un rentrer dans une femme enceinte qui sortait du café d'en face. Au début, j'ai pensé que ce n'était qu'un homme impoli et j'étais sur le point d'aller la voir pour vérifier qu'elle allait bien lorsque la femme derrière elle a commencé à crier à l'agression quand j'ai vu que l'homme s'enfuyait avec le sac de la femme enceinte, je lui ai couru après sans réfléchir. Je l'ai attrapé, plaqué au sol et je lui ai repris le sac assez facilement. C'est lorsque j'ai voulu le traîner pour le remettre sur ses pieds qu'il a sorti un couteau de je-ne-sais-où sans que je le vois et qu'il m'a poignardé. Il en a profité pour s'enfuir pour de bon cette fois-ci. »
« Peux-tu nous donner une description de l'agresseur ? » demanda Ron.
« Jeune, fin de l'adolescence je dirais. Il portait une cape avec une capuche, mais elle a glissé lorsque je l'ai taclé. Il a des cheveux châtains, des traits classiques, il est plus petit que moi, assez athlétique. Je crois que je l'avais déjà vu traîner dans le coin, au cas où cela puisse vous aider. »
« Seul ? » demanda Harry.
« Non : avant d'aller faire du shopping, je suis passé par Gringotts. Sur le chemin, j'ai remarqué un groupe de 5 ou 6 mecs traînant vers le magasin de farces et attrapes. J'avais décidé que s'ils étaient toujours là lorsque je sortirai de la banque, j'en informerais George, mais ils étaient partis. »
« George ? » répéta Ron, surpris.
« Oui, ton frère. Il possède le magasin de farces et attrapes, tu sais. »
« Je sais, oui, répliqua sèchement le roux. Mais pourquoi voudrais-tu aller le voir et lui parler ? »
« Je pensais simplement qu'il aurait aimé être au courant qu'il y avait un groupe de jeunes qui traînait autour de son magasin. Ils ne se promenaient pas comme la plupart des ados. Ils étaient plus du côté de l'Allée des Embrumes, tous avec une cape sombre et la capuche de mise, et je les trouvais étranges. SI j'avais été George, j'aurais aimé qu'on m'avertisse. Mais quand je suis sorti de Gringotts ils avaient disparu et tout semblait OK, alors je suis passé à autre chose. »
« Comment peux-tu parler de mon frère comme si tu le connaissais ? » s'exclama Ron, sentant sa mauvaise humeur revenir au galop. On aurait dit qu'à chaque fois qu'il donnait sa chance au blond, ce dernier faisait autre chose pour l'exaspérer.
« Parce que c'est le cas, sourit Drago avec suffisance. Nous sommes de très bons amis, d'ailleurs. »
« C'est moi qui les ai présentés », expliqua Hermione, sachant que Drago continuerait de s'amuser à jouer avec les nerfs du roux, qu'ils voyaient perdre le contrôle de plus en plus. « Tu avais tort tout à l'heure en disant que toute ta famille était de ton côté. Il est vrai que c'était le cas pour la plupart d'entre eux, mais George n'a jamais cessé de me parler. Nous sommes restés amis depuis tout ce temps, et nous nous écrivons toujours avec Charlie, que ce soit par lettres ou par cartes postales. »
« Merde, ils ne me l'avaient jamais dit », murmura le roux.
«Peut-être parce qu'ils savaient comment tu réagirais, suggéra-t-elle. Mais cela les regardais eux je ne leur ai jamais demandé de ne rien te dire. J'étais simplement reconnaissante que certaines personnes comprennent qu'elles n'avaient pas à choisir. Il y avait un moyen de me garder dans leur vie, tout en continuant à te voir toi aussi. »
Harry se dandina d'un pied sur l'autre inconfortablement, comprenant que la pique lui était adressée. Il aurait pu faire comme George et Charlie et rester ami avec Hermione, mais il avait décidé de couper les ponts avec elle, comme Ron le lui avait demandé. Il aurait dû défendre son amitié avec la jeune femme et lui répondre qu'il pouvait tout à fait être ami avec eux deux.
Malheureusement il n'avait absolument pas réagi de cette façon-là, et maintenant, il ne lui restait plus qu'à espérer qu'elle veuille bien de lui de nouveau dans sa vie.
« Donc vous pensez que vous réussirez à attraper celui qui a fait ça ? » demanda Drago, refocalisant l'attention de tous sur l'affaire en cours.
« Nous avons bon espoir, oui, répondit Harry. Pour être honnête, il y a eu une série de vols de sacs à main ces dernières semaines. Nous pensions qu'un gang sévissait, et ce que tu viens de nous dire nous conforte dans cette idée. Nous pensons également que ce gang est composé d'élèves encore à l'école. Aucune magie n'est utilisée pour voler les sacs : ils ne font que s'enfuir en courant, à la moldue. Et là maintenant il y a ce couteau : avec une baguette, il n'y aurait aucun besoin de couteau. »
« Ils ont peur de la Trace, en déduisit Hermione. Même sur le Chemin de Traverse, ils ont peur d'être tracés à cause de leur magie. »
« Et ils font bien d'en avoir peur, fit Ron. Nous avons aujourd'hui de bien meilleurs sorts de traçage de magie faite par des mineurs. »
« Mais même sans ça, nous avons déjà de quoi enquêter, Harry promit-il au couple. Lorsque Poudlard recommencera, nous irons parler aux étudiants, histoire de leur secouer les puces en les provoquant un peu. »
« Vous pensez que quelqu'un se confessera ? » demanda Drago, sceptique.
« Peut-être pas immédiatement, mais ils finiront bien par le faire, répondit Harry, confiant. Il y aura un maillon faible dans le groupe. Il aura assez bon cœur pour faire ce qu'il faut faire. »
« Tu espères juste, quoi », marmonna le blond. Personnellement, il n'avait pas franchement autant confiance en la jeunesse que Harry, mais il espérait être détrompé.
« Aie confiance en nous Malefoy, nous trouverons celui qui t'a fait ça, promit Harry. Mais pour l'instant, je pense que nous allons nous arrêter là. Pourrions-nous avoir une adresse à laquelle te contacter ? »
« Je m'en occupe, fit Hermione, avant de se tourner vers son petit-ami. Repose-toi et sois sage. Je reviens dans deux minutes. »
Elle lui fit un rapide baiser sur la joue avant de conduire Harry et Ron hors de la chambre. Une fois dans le couloir, elle donna l'adresse à Harry afin que les Aurors puissent contacter Drago si besoin était.
« Et à propos de nous ? demanda Harry. Pourrons-nous nous revoir bientôt ? »
« Est-ce que tu le souhaites ? » demanda-t-elle en jetant un coup d'œil à Ron.
« Oui, répondit ce dernier. Je te promets de ne pas critiquer Malefoy. »
« Parfait, car si tu t'y risquais, je serai cette fois celle qui partirais et vous ne me reverriez plus jamais. Je ne peux promettre que les choses seront comme avant, mais je veux bien essayer. Peut-être qu'on pourrait aller boire un verre, un de ces soirs. »
« Ce serait génial », sourit Harry.
« Exactement, approuva Ron. Est-ce que tu veux qu'on te contacte à l'hôpital, ou ailleurs ? »
« Un hibou saura me trouver, mais je viens juste de donner mon adresse à Harry », répondit-elle en guettant sa réaction. Étonnamment, le roux leva simplement les sourcils, surpris d'apprendre qu'elle vivait avec Drago.
« On se recontacte, alors », promis Harry, soulagé que Ron n'ai pas perdu son sang-froid à nouveau.
« J'ai hâte », répondit-elle.
Saluant les deux hommes, elle retourna dans la chambre de son petit-ami afin d'attendre le guérisseur Jackson afin qu'il laisse enfin sortir Drago.
