ERRATUM : dans ma tête, connaître 3000 mots était relativement peu. Après recherches (ça me turlupinait), il s'avère que c'est pas mal, en fait. Donc, rectification dans le chapitre 2 : Harry ne connaît environ que 1200 mots ! Voilà :) désolée !

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Bonjour, bonsoir ! Merci pour vos messages et encouragements, pour vos follows et favoris ! :D

Un chapitre un peu court, mais j'ai préféré ne pas vous faire attendre plus longtemps :) J'ai de nouveau un peu de temps pour écrire, dont j'en ai profité !

Oh ! Et j'aurai bientôt une bêta, donc bientôt mon orthographe ne vous piquera plus les yeux ! ^^

J'espère que ce chapitre vous plaira ! En attendant, bonne lecture !

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Chapitre 4

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Harry avait halluciné lorsque, pour accéder à la salle commune de sa nouvelle maison, sa professeure avait fait une monstruosité. Ça avait été pire encore lorsqu'elle lui avait appris qu'il devrait le faire à son tour pour y entrer seul et pouvoir rejoindre son dortoir. Il en angoissait d'avance. Il n'avait jamais provoqué volontairement ce genre d'événement et si ça n'avait tenu qu'à lui, il l'aurait même plutôt évité.

En sortant de l'infirmerie, Mme Chourave l'avait conduit dans des couloirs et des escaliers, tous plutôt sombres, décorés de multiples tableaux et éclairés par des torches assez lugubres, jusqu'à repasser devant les immenses portes de la salle où il avait été réparti. Là, elle avait pris à gauche, un escalier qui descendait dans les profondeurs du château. Harry avait tout de suite senti l'humidité ambiante et les quelques degrés en moins. Il en avait frissonné. Il avait l'impression que même les lieux étaient imprégnés de monstruosités. Et depuis ce moment, la chair de poule ne l'avait pas quitté. Il commençait à se demander si cette journée aurait une fin.

Rapidement, ils débouchèrent sur un court couloir éclairé par quelques torches flambant à intervalles réguliers sur l'un des murs, ainsi que des puits de jours zénithales, où perçaient actuellement quelques points lumineux, sûrement les étoiles. La directrice de Poufsouffle lui apprit alors qu'ils se trouvaient sous les serres et que les fenêtres du plafond donnaient sur elles. D'ailleurs, ici aussi une plante habillait l'espace. Une gigantesque glycine courait sur tout un mur. Harry avait bien évidemment reconnu la plante, l'une de celles que sa tante affectionnait tant et qu'il devait entretenir dans le jardin. En revanche, il n'en avait jamais vu de tel plant. Son pied était si énorme qu'il imitait aisément celui d'un arbre. Mais ce qui était le plus étonnant, était le fait qu'elle soit en fleur. Ce n'était pourtant pas du tout la saison et cela lui rappela encore, s'il le fallait, qu'il était dans un autre monde.

Tous les deux s'étaient avancés dans le petit corridor, la professeure papotant toujours gaiement, bien que Harry ne l'écoutât que d'une oreille. Quand ils en eurent atteint le milieu, la femme s'était arrêtée devant un pan du mur étrangement découvert. La plante grimpante dessinait là une arche, comme si une porte aurait du s'y trouver. Or il n'y avait rien d'autre que de la pierre.

Mme Chourave s'était arrêtée devant et avait demandé à Harry de bien observer. Elle avait alors tendu la main et l'avait passé doucement, comme une caresse, sur l'un des nœuds d'une branche particulièrement massive qui grimpait sur la droite. À peine avait-elle eu finit son geste que, comme il l'avait pressenti, une porte apparut. À double battants, dans un bois sombre maintenu de ferrures larges et cloutées, elle en imposait. Un peu comme tous ce qu'il avait vu depuis son arrivée à Poudlard, elle avait ce côté ancien et pourtant en parfait état, rajoutant du mystère à ce lieu déjà si énigmatique.

Une fois à l'intérieur, Harry n'avait pas eu le temps de contempler son environnement. Mme Chourave l'avait abandonné là aux mains d'un garçon qui semblait attendre sa venue.

La silhouette de son camarade le surplombait complètement et il semblait faire deux fois sa taille.

- Bienvenu à Poufsouffle, Harry. Je suis Sean Stebbins, préfet en chef.

Harry ignorait ce que pouvait être un « préfet », mais le titre de chef lui indiquait qu'il avait des responsabilités et donc une certaine autorité. Il écouta alors avec attention le garçon lui expliquer le règlement intérieur, dont il mémorisa consciencieusement chaque point, le fonctionnement de l'école, son propre statut – qui l'éclaira sur sa fonction – et enfin, sur la répartition de l'espace au sein de la salle commune. Il put alors étudier son nouveau lieu de résidence.

La salle était richement décorée de tentures et tapis aux couleurs à dominantes jaune et noir qui représentaient diverses scènes fantastiques où s'affrontaient créatures et humains dans des décors floraux fantasques. Deux grandes baies vitrées semblaient donner sur une partie des serres où s'épanouissaient de nombreuses plantes dont il reconnaissait quelques espèces. Harry savait que c'était impossible, puisque la salle commune se situait sous terre. Il devait encore s'agir de monstruosités.

La pièce était divisée en trois espaces, distincts grâce à l'agencement de meubles tout aussi riches, sombres et anciens que le reste. Il y avait au fond, près des fenêtres, une aire de travail avec plusieurs tables et chaises, un tableau noir et une bibliothèque. Près d'une cheminée où ronflait un bon feu, sur la gauche, s'accumulaient quelques fauteuils et canapés qui paraissaient très confortables. Enfin, le troisième, plus petit et directement sur la droite, se distinguait par son manque de décoration. Il précédait deux portes au milieu desquelles se situait une grande table, plus longue que large, où étaient disposés plusieurs tas de prospectus. Au-dessus d'elle, un tableau en liège servait à l'affichage de toutes sortes d'annonces.

- C'est là que sera indiquée la moindre information diffusée par les professeurs ou le directeur. Nous avons l'habitude d'y jeter un coup d'œil le matin avant de quitter la salle commune. C'est un bon moyen d'être au courant de ce qui se passe dans le château. Tu y trouveras aussi ton emploi du temps, une fois qu'il aura été distribué demain, au petit déjeuner.

Harry nota l'information dans un coin de sa tête et se promis de consulter le tableau tous les jours pour savoir si un changement dans le règlement ou une annonce le concernant étaient affichés.

- À droite, c'est le dortoir des filles. À gauche, celui des garçons. Nous dormons tous dans la même pièce, tous niveaux confondus, mais ne t'inquiète pas, les Poufsouffles respectent très bien la notion d'intimité et chaque lit est muni d'un baldaquin. En plus, tu as un espace réservé à ta malle et une table de chevet qui t'est personnelle.

Harry retint son souffle. Il n'y avait pas pensé, mais maintenant que le préfet en parlait, ça lui sautait aux yeux. Comment allait-il pouvoir dormir ? Il se doutait que les élèves n'avaient pas de chambres individuelles, d'ailleurs il n'aurait pu l'accepter, mais un dortoir commun était presque pire. Il ne pouvait dormir sur un lit et ne pouvait pas ne pas respecter le couvre-feu.

Il se demanda s'il était permis de dormir dans la salle commune, il avait déjà repéré un coin où il n'y avait aucun tapis ni aucun meuble et qui lui serait idéal pour étaler sa petite couverture.

Le préfet le sortit de ses pensées et lui demanda de le suivre dans le dortoir des garçons. Harry se morigéna de ne pas avoir été attentif et le suivit.

- Les garçons, je vous présente Harry qui, au même titre que tout le monde ici, va faire sa scolarité auprès de nous.

Un chœur de « Bienvenue ! » résonna et figea Harry. Hormis quelques-uns déjà couchés derrière leurs baldaquins, tous avaient le regard posé sur lui. Il ne savait pas du tout comment réagir. La consigne de son oncle avait été d'être discret et de ne pas se faire remarquer. Voilà que dès son arrivée, il tombait dans les pommes devant toute la salle et qu'il arrivait en retard dans le dortoir où tout le monde semblait l'avoir attendu. Si son oncle apprenait qu'il avait désobéi dès son premier jour, il serait furieux. Et Harry savait qu'il l'apprendrait.

Quand il reprit ses esprits, il se cacha comme il put des regards derrière le préfet qui était beaucoup plus grand que lui. Ce geste ne manqua pas de faire rire le préfet et Harry rougit. Il se donnait encore en spectacle.

- Tu ne crains rien ici, Harry. Poufsouffle est la maison de la loyauté. Nous sommes tous unis contre l'adversité.

Harry ne répliqua rien, ne sachant ce qu'étaient les mots « loyauté » et « adversité ». Il fut soulagé que tous retournent à leurs occupations.

- Bien, je vais te laisser te préparer pour dormir. Ça ira, maintenant, Harry ?

- Oui, préfet, balbutia Harry.

Le jeune homme pouffa alors.

- Ne m'appelle pas comme ça ! Je m'appelle Sean. Appelle moi Sean, ce sera très bien, OK ?

- D'accord, Sean.

- Si tu as le moindre problème, quel qu'il soit, ou une question, n'hésite pas à venir me voir, d'accord ?

- Merci, Sean.

Sean lui sourit et lui indiqua un lit de libre où son sac à dos avait été déposé, puis s'en alla vers une porte d'où un autre ressortit encore mouillé : les douches, sûrement.

Harry profita alors qu'il n'y ait plus un regard sur lui pour filer dans la salle commune. Il avait pour plan d'attendre que tous soient couchés afin qu'il puisse s'installer par terre sans qu'on ne le regarde de travers.

Dans la salle commune, il n'y avait plus qu'une seule personne. Un jeune homme aux cheveux bruns et bouclés coupés très court sur la nuque mais dont plusieurs mèches venaient couvrir ses oreilles et son front. Il paraissait plus petit que Sean, mais était toujours bien plus grand que lui. Harry se détourna alors, espérant ne pas se faire remarquer plus encore et alla se caler dans le petit coin repéré plus tôt.

C'était un coin démuni de tapis au sol ou de tentures aux murs. La chaleur de la cheminée était lointaine, mais la salle était suffisamment chauffée pour que ce ne soit pas dérangeant. Harry s'y assit donc en ramenant ses genoux contre lui, comme il avait l'habitude de le faire dans son placard quand il n'avait rien à faire. Il était très fatigué. La journée avait été interminable et très stressante. Il avait l'impression que cela faisait des jours qu'il n'avait pas dormi.

Harry sursauta, ayant commencé à somnoler, quand le jeune homme de l'autre côté de la pièce l'avait interpellé.

- Pourquoi t'installe-tu si loin du feu ? Vient plus près, lui intima-t-il doucement.

- Je ne veux pas salir, expliqua Harry d'une petite voix en secouant la tête.

Le grand brun le regarda avec des yeux ronds et l'inspecta rapidement. Imaginant qu'il parlait de ses vieux vêtements moldus, il lui assura d'un ton doux :

- Peu importe si tes vêtements sont sales, un elfe nettoiera rapidement les tâches, ce n'est pas grave ! Viens, je t'assure qu'il n'y a pas de problème.

Mais Harry savait que ce n'était pas ses vêtements qui salirait les fauteuils et tapis, alors il fit comme s'il n'avait rien entendu et replongea sa tête dans ses bras, espérant que l'élève repartirait vite pour qu'il puisse aller dormir à son tour. Il était épuisé et souhaitait vraiment se reposer un peu pour son premier jour d'école, le lendemain.

Ce ne fut que beaucoup plus tard qu'il regagna le dortoir. L'autre garçon avait semble-t-il fini par aller se coucher et l'avait laissé tranquille. Dans la pénombre, il s'approcha du lit qui lui avait été réservé. Il fouilla un instant dans son sac et y attrapa sa petite couverture. Il s'aperçut alors que les lits étaient plutôt hauts, il aurait bien assez de place pour se glisser dessous.

Il retira son pantalon et se glissa sous le sommier. Sa petite couverture ne le couvrait pas totalement, mais suffisamment pour l'isoler du sol. Il se roula en boule, un peu rassuré par l'étroitesse du lieu et se laissa tomber dans les bras de Morphée, épuisé par sa première journée à l'école des monstres. Journée qui avait été des plus éreintantes, bien plus qu'une journée de corvée chez son oncle et sa tante. Au moins, là-bas, il n'avait pas à contrôler son environnement et les gens qui l'entouraient à tout moment, tendant son attention dans une intenable angoisse.

Il espérait que sa journée du lendemain serait meilleure.

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J'espère que ça vous a plu, j'attend votre retour :)

A bientôt !