Bonjour, bonsoir !

Merci à tout le monde pour vos messages, encouragements, follows et mises en favoris ! Merci aussi aux lecteurs de passage :)

Ici un petit chapitre, mais qui devrait vous plaire, je pense ^^

Bonne lecture !

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Chapitre 5

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Le lendemain matin, Harry se réveilla avant tout le monde. Il en avait l'habitude, il avait plutôt intérêt à être prêt et le petit déjeuner sur la table, avant le levé de son oncle qui partait tôt au travail. Il s'extirpa de dessous le lit, là où il avait dormi et renfila son pantalon de la veille. Il en avait deux autre dans son sac à dos, mais s'il devait tenir la semaine sans pouvoir laver son linge, il avait intérêt à s'économiser. Il roula aussi en boule sa petite couverture et la glissa dans son sac, resté au bout du lit.

Une fois habillé, il se dirigea vers la porte, celle qui ne menait pas à la salle commune, et découvrit derrière, comme espéré, une salle de bain. Les douches étaient communes, mais plusieurs cabines s'alignaient le long du mur. Il s'y dirigea et se soulagea rapidement. Puis il se lava les mains, se débarbouilla le visage et ressortit.

De mémoire, il se dirigea à travers les couloirs du château pour retrouver la Grande Salle. Ce n'était pas bien loin et il y pénétra assez vite. Il n'y avait pas encore grand monde, quelques adolescents à la table sous la bannière verte, un ou deux sous la bleue et trois professeurs sur l'estrade centrale. L'un d'entre eux l'avait d'ailleurs vu entrer et l'observait avec insistance. Il paraissait plutôt grand, avait les cheveux très sombres et portait une tenue toute noire.

Harry détourna les yeux et partit s'asseoir à sa table, sous la bannière jaune. Il y était seul, mais peu lui importait, il préférait ne pas avoir ses camarades trop proches de lui si tôt. Il regarda autour de lui et, dès que ses fesses touchèrent le banc, quelques plats apparurent sous ses yeux. Des viennoiseries brillantes de beurre, tout un assortiment de confitures colorées, des fruits d'ici ou exotiques, de la charcuterie en tous genres, des œufs durs, du pain de mie, aux céréales, des baguettes blanches, mais aussi du porridge et des céréales au chocolat, au miel ou nature, il y avait aussi des pichets de lait, de chocolat au lait froid ou chaud, du thé, des jus de fruits et même du café.

Même chez les Dursley, Harry n'avait jamais vu un tel panel de nourriture au petit-déjeuner. Les odeurs qui s'en dégageait étaient alléchantes, mais il savait à quoi il avait le droit et ce qui lui était interdit. Il se saisit donc d'un morceau de pain aux céréales, se servit un verre de lait nature dans un petit verre et pris une pomme. Tous ces aliments faisaient partie de son quotidien, seulement il n'avait jamais eu les trois à la fois. Il craignait un peu que sa tante lui en veuille, mais il n'avait eu aucune restriction de quantité quant au seul repas qui lui était autorisé dans la journée. Il profita donc du fait que le pain n'était pas rassis, que le lait était frais et la pomme en bon état. Il prit garde à manger lentement. Il avait remarqué que son estomac acceptait mieux les aliments de cette manière, que sa faim était mieux tarie et, surtout, qu'il était rassasié plus longtemps.

La salle se remplit doucement et plusieurs camarades s'assirent autour de lui. Quelques élèves se moquèrent de lui, de ses vêtements ou de son gabarit minuscule. Plusieurs interrogations fusèrent aussi à son encontre, ainsi que quelques sollicitations bienveillantes, mais Harry n'y prêta pas attention. Il laissa les autres parler de lui, que ce soit en bien ou en mal. Il n'en avait que faire, il avait l'habitude.

Harry avait presque terminé son repas, il ne lui restait qu'une petite gorgé de lait à boire, lorsqu'un élève un peu plus vieux que lui se présenta à ses côtés. Ce dernier avait un blason rouge sur la robe, ce n'était donc pas sa place, mais lorsqu'il toussota pour attirer son attention, Harry comprit qu'il voulait lui parler.

Timidement, il tourna sa tête vers lui et le regarda dans les yeux, à travers sa frange.

- Le directeur m'a demandé de te dire qu'il t'attendait dans son bureau après ton repas.

- Merci.

Aussitôt le mot prononcé, Harry baissa le regard et sortit de table sans finir son verre. En longeant les grandes tables, il se demanda les raisons de cette convocation.

Dans le couloir, à la sortie de la Grande Salle, l'attendait sa directrice de maison.

- Bonjour, Harry. Tu as bien dormi ?

La femme avait un grand sourire et avait déjà placé un bras sur son épaule en le poussant légèrement dans la direction des escaliers.

Harry s'était crispé au contact, mais avait répondu poliment :

- Bien, madame Chourave. Merci.

- Bien, bien. J'en suis heureuse.

Il rougit brusquement et fut incroyablement gêné. C'était la première fois que quelqu'un lui disait être heureux de l'une de ses actions. Surtout que l'action en question était on ne peut plus banale. Et ce bras sur lui, qui lui tenait chaud tout en l'englobant dans une étreinte lâche mais lourde, il ne savait qu'en penser. Encore une fois, il savait que la femme était comme lui, donc il ne la salissait pas vraiment. Pourtant, il n'arrivait pas se détendre.

Il réfléchissait encore à la signification de ce qu'il ressentait, cette chaleur et picotement sur son crâne et ses bras, lorsqu'ils arrivèrent devant une immense gargouille. La professeure prononça un mot bizarre et la statue se décala sur le côté – monstrueusement, fallait-il le préciser –, dévoilant un passage avec des escaliers en colimaçons. Il entama sa montée, mais rapidement les marches s'ébranlèrent et tournèrent d'elles-mêmes, les conduisant doucement à l'étage supérieur. Harry obstruait continuellement tous les éléments bizarres dont il était témoin.

Là, une unique porte donnait la seule autre issue à leur chemin de venue. Madame Chourave frappa trois coups sur le bois et la porte s'ouvrit. De l'autre côté, Harry découvrit un bureau somme toute très encombré : Des bidules scintillants et gesticulants ou tournoyants, des trucs bruyants ou fumants, des machins colorés, dorés ou ternis, des engins gigantesques et des instruments minuscules, en plus des livres et parchemins vierges ou remplis d'encre noire, un bazar sans nom régnait ici et pourtant tout semblait parfaitement rangé à sa place. Une véritable caverne d'Ali Baba version monstrueuse. Il en frissonna.

- Bonjour Harry, Pomona.

Harry sursauta. Il n'avait pas remarqué le directeur de l'école installé derrière son bureau, au centre de la salle sur une grande estrade, ni l'oiseau d'un rouge flamboyant qui se tenait sur son perchoir à ses côtés.

- Bonjour monsieur le directeur.

Le vieil homme lui fit un sourire qui plissa tout son visage et Harry put voir à travers ses verres de lunettes en demi-lune un franc pétillement dans ses yeux bleu clair.

- Comment te portes-tu, mon garçon ?

- Bien, monsieur. Merci.

Encore une autre personne qui se souciait de lui, c'était étrange.

- Asseyez-vous, souhaitez-vous un peu de thé ? Ou un bonbon, peut-être ?

- Non merci, Albus. Ça ira pour moi. Harry ?

La femme se tourna vers lui, attendant une réponse.

- Euh, non. Non merci, madame. Je veux dire, monsieur.

Le directeur gloussa un peu et lui assura :

- Tout va bien, Harry. Assieds-toi un instant, veux-tu ?

Harry regarda autour de lui et, une fois encore, il y avait un fauteuil bien trop beau pour lui, mais, tout comme la veille, il n'avait pas le choix. Alors il prit place du bout des fesses.

- Bien, Harry. Pour aujourd'hui, tu vas devoir faire avec les livres et fournitures de l'école. Cependant, j'ai d'ores et déjà planifier une sortie pour faire les achats nécessaires au bon déroulé de cette année. Pomona s'est libérée demain en fin d'après-midi pour t'accompagner sur le chemin de Traverse. Vous irez ensemble, je suis certain que ce sera une excursion très instructive pour toi.

Harry sentit son cœur accélérer drastiquement. User des livres de l'école, il l'avait lui-même demandé et avait eu le temps de se faire à l'idée. En revanche, sortir dans le monde monstrueux, acheter des fournitures monstrueuses, pour lui, c'était trop. Et avec quoi ?

Il blanchit et commença à hyperventiler, mais deux bras puissants vinrent encercler son petit corps et ce fut le noir. Il ne perdit pas connaissance, mais il ne voyait plus rien. Un tissu lui bouchait la vue et il comprit que sa professeure l'avait prise dans ses bras. Décontenancé, il ne se débattit pas et, s'il trouva ça un peu étrange au début, une agréable chaleur se répandit dans tout son corps et le détendit comme jamais rien ne l'avait détendu auparavant. Avec ce simple geste, madame Chourave avait endigué sa crise de panique.

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Harry fut laissé devant sa première salle de classe par sa directrice de maison qui discuta un peu avec un tout petit professeur avant de repartir. Il avait retraversé le château dans un état second, sa journée ayant débuté avec émotions.

- Bonjour Harry.

Une fois de plus, Harry sursauta. Un monstre aussi petit que lui, mais bien plus vieux, se tenait devant lui avec une petite pile de livres dans les bras.

- Bonjour monsieur.

- Pomona m'a expliqué ta situation, voici quelques ouvrages qui te seront utiles en attendant que tu aies les tiens, ainsi que quelques parchemins, une plume et un pot d'encre.

Le petit professeur lui tendit le matériel et Harry s'empressa de le remercier.

- Il y a le manuel de sortilège première année, ainsi qu'un dictionnaire de vocabulaire sorcier et deux livres sur l'histoire des sortilèges et leur pratique. Ils t'aideront à comprendre ma matière et à apprendre ce qu'il faut pour réussir ton année. Tu pourras aussi trouver tout ce qu'il te manque à la bibliothèque.

- Merci beaucoup, monsieur.

- Il n'y a pas de quoi, mon grand. Viens t'installer, tes camarades sont déjà là.

Harry rougit, gêné d'avoir monopolisé son professeur alors que toute la classe attendait. Il pénétra donc dans la salle à la suite du minuscule monstre et s'installa à une place au fond, là où un élève était seul à son bureau. En s'approchant, il constata que c'était un camarade de sa maison. Il avait les cheveux d'un roux foncé et des yeux d'un bleu tellement clair que s'en était perturbant. D'ailleurs, il détourna le regard rapidement et s'assit à ses côtés tout en gardant une certaine distance entre eux.

Le professeur, qui se présenta comme étant Filius Flitwick, leur expliqua l'objectif de l'année et les sortilèges qu'ils allaient étudier. Ça paraissait ambitieux et même, n'oserait l'avouer, très intrigant, voire intéressant. Cette nouvelle discipline si monstrueuse titillait sa curiosité. C'était si différent de tout ce qu'il connaissait. Mais il se sentait coupable de cet attrait et il se força à ne pas trépigner.

Lorsqu'il fallut écrire, par contre, il reçut comme une douche froide. Il ne savait pas bien écrire et n'avait jamais utilisé une plume de sa vie. Avec appréhension et la main tremblante, il se saisit de l'outil que lui avait donné le professeur et observa autour de lui comment les autres élèves procédaient. Il trempa donc la pointe de l'ustensile dans l'encrier, tapota le bout contre le verre puis l'apposa sur le papier.

Le temps que lui prit le tracé du premier mot, il avait déjà un retard considérable et le professeur, qui parlait pourtant très lentement pour ce premier cours, était déjà passé à la phrase suivante. Il jeta un regard anxieux autour de lui et se sentit submergé par la difficulté. Des larmes commencèrent à lui monter aux yeux, découragé. Jusqu'à ce que son voisin pose une main sur son épaule.

Après un léger sursaut, il se tourna vers lui et découvrit de la sollicitude dans son regard.

- Je te passerais mes notes ce soir, si tu veux. Écoutes attentivement, ce sera déjà ça de gagner pour nos futurs devoirs. On aura qu'à les faire ensemble, comme ça on pourra s'entraider.

Un sentiment indescriptible l'envahi. Il sourit au jeune garçon à ses côtés et le remercia.

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Merci pour votre lecture, j'attends vos impressions :)

A bientôt !