Bonjour, bonsoir ! Merci à mes lecteurs, à ceux qui laissent une trace de leur passage, qui m'encouragent ! ça fait très plaisir !

J'ai failli ne pas publié aujourd'hui, cette rentrée est épuisante, mais l'inspiration est venue en fin d'après-midi et voilà le nouveau chapitre :)

J'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture :)

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Chapitre 6

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Après deux heures de cours, le petit monstre conclut et indiqua aux élèves le chemin à suivre pour se rendre aux serres. Les élèves rangèrent leurs affaires et Harry les imita lorsque le professeur Flitwick l'interpella.

- Monsieur Potter, s'il vous plaît, restez un instant.

Aussitôt, il se figea. Il se retourna au ralenti et attendit dans l'angoisse qu'on le réprimande pour une quelconque raison. Il regarda le maître en sortilèges faire une pile de quelques parchemins sur son bureau, puis le contourner et s'approcher de lui.

Le minuscule professeur se posta devant lui et lui sourit.

- Comment s'est déroulé ton premier cours, Harry ? Tu n'as pas eu trop de mal à suivre ? Je sais combien il est difficile pour les enfants éduqués dans le monde moldu de comprendre, au début.

- Tout va bien, professeur. Je n'ai pas tout compris, mais ce n'est pas grave.

- Ne dit pas de sornettes, mon enfant. Les livres que je t'ai donné t'aideront et je suis certain qu'un préfet pourra t'aider avec l'apprentissage du maniement de la plume.

Harry ne sut comment répondre et se contenta donc de hocher de la tête. Le professeur Flitwick lui répondit par un sourire plus grand et le congédia doucement. Il quitta alors rapidement la salle, ne voulant pas arriver en retard à son deuxième cours, lorsqu'il tomba sur le garçon qui avait été son voisin de table et qui lui avait proposé son aide.

Ce dernier lui offrit un grand sourire.

- Je t'ai attendu, je me suis dit que parcourir les couloirs de cet immense château seul devait être un peu effrayant …

Harry rougit, ne sachant, encore une fois, interpréter la chaleur dans sa poitrine. Alors il répondit d'un simple, mais sincère, « merci » et ce fut ensemble qu'ils se dirigèrent vers l'extérieur. Harry était incroyablement gêné mais secrètement satisfait que le jeune garçon l'ai attendu.

- Au fait, je m'appelle Ergyd, s'exclama soudainement le rouquin.

Harry sursauta et se tourna vers son camarade avec surprise. Se reprenant, il tenta rapidement de retrouver une expression plus neutre et cordiale, mais l'autre Poufsouffle eut un soupire et il crut que son amitié balbutiante avait déjà avorté.

Cependant, il fut détrompé lorsque Ergyd déplora de manière dramatique :

- Je sais, c'est bizarre. Mes parents avaient tellement peur que j'oublie nos origines et nos ancêtres qu'ils m'ont donné ce nom.

Harry releva le regard sur lui, une lueur interrogative dans le regard, mais n'osant poser de questions. Cependant, Ergyd comprit et répondit :

- Je m'appelle Ergyd Smith, descendant de Hepzibah Smith, dernière descendante directe de Helga Poufsouffle, enfin, il paraît. D'après les rares textes sur les fondateurs, Helga était galloise et « ergyd » signifie souffle en gallois.

Il passa une main dans ses cheveux puis l'agita, l'air de dire qu'il n'y croyait pas.

- Mais tout ça n'est peut être que légende et je me retrouve avec un nom bizarre, ajouta-t-il en grognant.

Harry ne put s'empêcher de s'inquiéter. Il n'avait pas tout saisi, mais la situation semblait toucher son camarde. Ergyd dut s'en apercevoir, car il répliqua :

- Hey, il n'y a rien de grave ! Et puis, j'imagine que c'est moins lourd à porter que « Harry Potter » !

Là, Harry fut d'abord complètement perdu, puis indéniablement vexé, bien qu'il fit tout pour réprimer ce sentiment. Il savait que son nom n'était pas très beau, mais pour un monstre comme lui peu importait. Seulement, il semblait que, même chez les monstres, ce n'était pas un très joli patronyme. Il fut bêtement déçu de cette nouvelle. Il ne devrait pas, il savait qu'il n'avait pas beaucoup de valeur, mais il ne savait trop pourquoi ça le touchait. Il baissa la tête et accéléra le pas.

- Hé ! S'exclama alors Ergyd. Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit quelque chose de mal ?

Par obligeance, Harry ralentit un peu et répondit :

- Non, ce n'est rien.

Il soupira puis, pour déculpabiliser son camarde, il ajouta :

- Je sais bien que mon nom n'est pas très beau.

Ergyd s'arrêta alors soudainement et il du faire de même pour regarder pourquoi. Son camarade affichait un mine clairement étonnée.

- Tu ne sais pas ? Souffla Ergyd, effaré.

- Je ne sais pas quoi ?

Son camarade marmonna quelque chose qu'il ne comprit pas puis reprit sa marche, lui attrapant le bras au passage.

- Viens, nous allons être en retard.

Harry était véritablement perdu, mais il n'y prêta pas attention. Il avait l'habitude de ne pas tout comprendre et qu'on ne lui explique pas. Alors il fut réellement surpris lorsque Ergyd reprit la parole tout en marchant.

- Tu as grandi dans une famille moldue, c'est ça ?

- Je ne sais pas ce que veut dire « moldu », répondit timidement Harry.

- OK, j'imagine que ça répond à ma question. Un moldu est quelqu'un qui n'a pas de pouvoirs magiques.

Harry eut un frisson, mais répondit tout de même :

- Alors, oui. Ma … ma famille était moldue.

- Hey, pas d'inquiétude. J'ai beau être un sang-pur, je me fiche de ce genre de choses.

Ergyd lui offrit un sourire rassurant. Ils atteignirent les grandes portes et sortirent. Il leur restait à parcourir une partie du parc, mais ils voyaient encore leurs camarades de maison, marcher un peu plus loin devant eux. Ils avaient un peu rattrapé leur retard.

- Je t'expliquerai tout ça en détail tout à l'heure, ici n'est vraiment pas l'endroit, ou le moment, idéal, mais tu es très célèbre dans le monde sorcier, Harry. D'où ma réflexion à propos de ton nom. Je ne me moquais pas de toi, je te le jure.

Le rouquin planta son regard dans le sien avec un air sérieux, jusqu'à ce qu'il acquiesce. Ils rejoignirent les autres et pénétrèrent dans les serres où la professeure Chourave les attendait dans son accoutrement habituel.

Comme son collègue, la directrice de la maison Poufsouffle s'enquit de la santé de Harry. Hormis les espèces nouvelles et leurs utilisations particulières, il connaissait bien la botanique puisque c'était lui qui entretenait le jardin de sa tante.

- C'est vrai que tu avais l'air de bien t'en sortir, tu as la main verte ! Je suis fier de toi et suis heureuse d'avoir un élève dans ma maison si bon dans ma matière.

Là, Harry dut se retenir de verser la moindre larme. Jamais personne ne lui avait dit être fier de lui, jamais personne n'avait remarqué un quelconque talent en lui. Il se sentait tout chose, un peu étourdi. Il avait la chair de poule et une douce chaleur aux joues et au fond de son ventre. Il ne s'en rendit pas compte, mais un sourire un peu niais éclaira son visage.

En sortant, Ergyd se moqua gentiment de lui et lui donna un doux coup de poing sur l'épaule avant de l'embarquer avec lui. Harry était encore tellement dans la lune qu'il ne s'aperçut pas immédiatement qu'ils s'étaient avancés dans le parc du château.

- On a une petite demi-heure avant le début du repas, j'ai pensé qu'on serait mieux dehors en attendant, puisqu'il fait encore beau et pas trop froid, et que je pourrais te raconter ce que je sais de ton histoire …

Harry redescendit alors sur terre et acquiesça, puis s'installa aux côtés de son camarade dans l'herbe. L'endroit surplombait un lac sombre et ils pouvaient voir au loin un petit village avec son clocher.

- Il y a vingt ans, un sorcier sombre a commencé une guerre. Il prônait la suprématie des sangs-purs et voulait exterminer tous les moldus et nés-moldus, sous prétexte qu'ils étaient inférieurs et que les nés-moldus volaient en vérité la magie des « vrais » sorciers … Un mégalomane quoi !

Harry avait les yeux écarquillés, écoutant attentivement. Plusieurs mots échappaient à sa compréhension, mais il arrivait – plus ou moins bien – à saisir le sens global des phrases.

- En fait, la guerre avait commencé bien avant, dans les années 1950, mais le Ministère ne l'a reconnu qu'en 1970 … Pendant vingt ans, Celui-Dont-On-Ne-Dois-Pas-Prononcé-Le-Nom et ses sbires, les Mangemorts ont fomenté la destruction du monde moldu, commettant des attentats, au début de petite envergure, puis des massacres. Quand le Ministère reconnut enfin leur existence, les Aurors, la police sorcière, avaient beau faire, rien n'arrêtait plus les Mangemorts. Seul Dumbledore, déjà directeur de Poudlard, organisa une Résistance. C'est pourquoi on dit que Poudlard est l'endroit le plus sûr du Royaume-Uni. Il est un sorcier très puissant et même Tu-Sais-Qui en avait peur.

- Qui ?

- Le sorcier sombre, on ne doit pas prononcer son nom, c'est tabou et ça porte malheur ! Quand il était encore en vie, on raconte que quiconque le prononçait était certain de perdre la vie dans les minutes qui suivaient. Ma mère m'a dit qu'en fait il y avait un sort posé dessus et que quand quelqu'un le disait, Tu-Sais-Qui était capable de le savoir et envoyait alors ses Mangemorts pour punir le fautif.

Harry frissonna. Il était bien content d'avoir grandi loin du monde des monstres et de ces histoires horribles. Bien sûr, son oncle et sa tante ne lui avaient jamais raconté aucune histoire, mais il entendait parfois celles qui étaient contées à son cousin et aucune n'était aussi affreuse.

- Quel est le rapport avec mon nom ? Demanda-t-il alors.

Il ne comprenait pas le rapport entre cet faits, si vieux qu'il n'était même pas né quand ils s'étaient produits, et sa propre histoire.

- J'y viens, répondit Ergyd. En 1981, le sorcier dont je te parle est mort subitement. Un bébé l'a tué.

Harry fut clairement sceptique face à cette affirmation. Comment un bébé pouvait avoir anéanti un monstre d'une telle cruauté et si puissant ?

- Ne me regarde pas comme ça, ce bébé c'est toi !

Harry eut un rire nerveux. Ce ne pouvait être vrai. D'abord un bébé ne pouvait se confronter à un adulte. Et quand bien même c'était possible, ce ne pouvait être lui. Il n'était qu'un monstre sans valeur, fils d'un ivrogne mort avec sa femme dans un accident de voiture. La seule prouesse qu'il n'ait jamais accompli fut de survivre au dit accident. Son camarade devait se moquer de lui.

- Je te jure que c'est vrai, dit Ergyd, voyant qu'il n'avait pas l'air de croire à son récit une seule seconde.

Il cessa soudainement de rire dans un dernier hoquet et sa gorge se tordit. Finalement, même ici on le prendrait pour un imbécile. Les larmes lui montèrent aux yeux et toute la joie qu'il avait éprouvé à la sortie de son cours de botanique fut oubliée, remplacée par une amertume sans nom. Amertume qui s'évanouit et laissa place à une accablante lassitude. Il aurait aimé ne rien apprendre de ce monde et rester avec son oncle, sa tante et son cousin, là où il savait qu'il avait une place bien définie.

Depuis qu'il avait pris connaissance du monde monstrueux, il était désorienté, sans cesse désillusionné et surtout toujours plus ignare. Au moins, à Privet Drive, il connaissait son environnement. Et même s'il était conscient qu'il ne savait pas grand chose, qu'il était illettré et inculte, il avait une idée de tout ce qu'il ne savait pas. Là, avec tout ce nouveau monde qui s'ouvrait à lui, c'était autant de choses qu'il ignorait. Ça l'abattait profondément.

Soudain, il éclata en sanglots. Ses nerfs lâchaient, il n'arrivait plus à tout contenir. Ergyd, à ses côtés, n'avait rien vu venir et fut décontenancé par la réaction de son camarade.

- Hey ! Que t'arrive-t-il ?

Pendant plusieurs secondes il ne sut que faire. Heureusement, deux élèves de leur maison un peu plus âgés passaient pas loin pour se rendre à la Grande Salle, l'heure du repas approchant.

- Qu'y a-t-il ? Demanda le premier, un grand blond au visage avenant.

Aussitôt, Ergyd tenta d'expliquer la situation :

- C'est Harry, je lui racontais l'histoire de Vous-Savez-Qui, il ne la connaissait pas, précisa-t-il. Il a ri et puis tout à coup il s'est mis à pleurer … Mais j'ai rien fait , je vous jure !

- Ne t'inquiètes pas, ce n'est pas de ta faute, rassura le grand blond.

Le deuxième garçon, un jeune homme aux cheveux bruns et bouclés, aux yeux noirs et de plus petite taille que son ami, s'accroupit près de Harry et posa une main sur son épaule.

- Harry, tout va bien maintenant. Respire calmement …

Il passa plusieurs fois sa main sur son bras, montant et descendant lentement sur celui-ci dans une caresse réconfortante.

- Comment t'appelles-tu ? Demanda-t-il à l'intention du rouquin.

- Ergyd, répondit promptement le garçon qui ne souhaitait qu'aider son ami.

Le brun plus âgé se retourna vers Harry et lui dit :

- Harry, Ergyd a peut être dit quelque chose que tu as mal pris, mais je pense sincèrement que ce n'était pas son intention.

- C'est vrai, Harry ! S'exclama son camarade. Et je te jure que je ne te mentais pas, c'est ce que tous les journaux ont raconté à l'époque ! C'est toi qui as tué Tu-Sais-Qui !

Et comme Ergyd avant eux, les deux Poufsouffle de quatrième année comprirent le problème. Ce n'était pas difficile de comprendre que Harry n'avait pas grandit dans une famille aimante, qu'il ne connaissait pas le monde sorcier avant Poudlard et, a fortiori, sa propre histoire.

- On ne sais pas pourquoi, dit doucement le grand blond. On ne sait même pas exactement ce qu'il s'est passé ce soir là. Mais la nuit du 31 Octobre 1981 la famille Potter a été attaqué par Voldemort lui même.

Ergyd frissonna à ce nom, mais les deux garçons plus âgés ne semblèrent pas être gêné.

- Le lendemain, tous les journaux annonçaient la disparition du sorcier noir en même temps que la tuerie de ta famille. Seul toi a survécu, d'où le surnom de « Survivant » qui t'a été attribué. Le monde sorcier a alors supputé que tu étais la raison de cette disparition. Et comme Albus Dumbledore approuva cette version des faits, elle fut prise pour vraie.

- Nos parents, repris le brun en se désignant avec son ami, faisaient partie de la Résistance.

- Mon père a été très triste d'apprendre la mort de tes parents, Harry, expliqua le grand blond. Ils étaient amis. Personnellement, je ne me souviens des événements qu'à travers le récit de mes parents, mais la société sorcière entière a été touchée par l'arrêt subit de la guerre. Toute la population était en liesse.

Harry avait arrêté de sangloter, mais les larmes barbouillaient encore son visage rougit. Il regardait à présent le grand blond qui le surplombait, une lueur d'espoir brillait dans ses yeux.

- Tes parents connaissaient les miens ? Demanda-t-il d'une voix faible.

La tension s'évapora peu à peu et un calme relatif s'installa.

- Je m'appelle Cédric, se présenta le grand blond en s'asseyant à ses côtés.

- Et moi, c'est Dorian, dit le brun en faisant de même.

- Nos parents ont tous fait partie de l'Ordre du Phénix, groupe de résistance conduit par Albus Dumbledore qui luttait contre Voldemort pendant la guerre.

Ce midi là, ils sautèrent tous les quatre le repas, mais Harry en apprit plus que jamais sur ses parents.

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