Bonjour bonsoir ! Merci encore et toujours pour les messages et encouragements que vous me transmettez ! Merci pour vos follows et mises en favoris !

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira ! Il met en scène un personnage longtemps attendu par certain … ^^ (la chute devrait faire rire ceux qui saisiront la référence ^^).

Bonne lecture !

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Chapitre 10

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Ergyd avait mis son réveil bien plus tôt que d'habitude ce matin-là. D'ailleurs, quand il vit l'heure, il se demanda pourquoi il sonnait à 5h30. Puis sa soirée de la veille lui revint en mémoire et il se secoua pour se lever. Ce matin, il voulait confronter Harry.

Quand il ouvrit son baldaquin, Ergyd découvrit son ami. Ce dernier était dos à lui. Il portait encore son tee-shirt de la veille et était en train d'enfiler tant bien que mal un pantalon quatre fois trop grand pour lui. Il ne semblait pas l'avoir entendu et Ergyd eut tout le temps de l'observer.

Harry était vraiment maigre, pas simplement mince. Il se demandait comment ses chevilles si fines et ses genoux noueux pouvaient le soutenir. Remontant son regard, Ergyd découvrit des marques sur le haut des cuisses minces de son ami. Fronçant les sourcils, il se rapprocha. Ce n'est qu'alors que le petit brun remarqua sa présence.

Harry fit un bond en arrière, lâchant le vêtement qu'il était en train d'enfiler, sa respiration s'accéléra brutalement et il rougit de honte.

- Harry, qu'elles sont ces marques que tu as là ? Chuchota Ergyd en pointant ses jambes.

Harry baissa la tête et rougit davantage. Ce qu'il pouvait détester ce corps si maigre, couvert de cicatrices, trop fragile et qui cassait au moindre impact un peu trop violent.

- Hey, tout va bien Harry. Je m'inquiète, c'est tout.

Ergyd prit maladroitement son ami dans ses bras et le berça grossièrement. Harry était tendu contre lui, mais il voulait vraiment lui montrer qu'il ne ressentait aucun dégoût ou autre sentiment de ce genre.

- Il faut en parler à quelqu'un, Harry. Ce n'est pas normal de dormir par terre. Et ne me dis pas que c'est ce que tu mérites, tu n'es pas un monstre. Tu es un enfant, comme moi. Les enfants ne dorment pas par terre, mangent à tous les repas et …

Ergyd s'écarta un peu et le regarda de bas en haut.

- Tu te rappelles que tu as de nouveaux vêtements ?

Harry, qui avait commencé à retrouver des couleurs, rougit de nouveau. Ergyd pouffa et se dirigea vers la grosse malle au pied du lit de son ami.

- Oh ! Tu as acheté un hibou ? Lui demanda-t-il en constatant la cage posée dessus.

- Une chouette, répondit timidement Harry.

- Comment tu l'as appelée ?

Harry haussa les épaules et lui dit :

- Je connais pas de prénom pour une chouette.

Ergyd, qui avait posé la cage de côté pour ouvrir la malle et en sortit un uniforme tout neuf, lui tendit les vêtements et fit dans le vague :

- Tu sais, tu peux lui donner le nom que tu veux !

- Mais j'ai pas d'idée. Je sais même pas comment m'occuper d'une chouette.

- Ce n'est pas très difficile, c'est plutôt indépendant les chouettes. Si tu veux, on ira à la bibliothèque à midi, tu pourras emprunter un livre sur le dressage des chouettes et je t'aiderai à le comprendre. Je n'ai jamais eu de chouette, ce sont mes parents qui se sont toujours occupés de Iteach, la chouette de ma famille.

- Un nom gallois ? Devina Harry.

Ergyd affirma, soufflant théâtralement.

- J'adore mes parents, mais quand ils ont une idée dans la tête …

Harry sourit avec affection. Il se força à ne pas penser aux siens et se concentra sur la bonne humeur de son ami.

- Aller, petit hérisson. Enfile ton uniforme et descendons dans la salle commune. C'est un peu pénible de devoir chuchoter pour ne pas réveiller les autres.

Le dortoir contenant les garçons de Poufsouffle, toutes classes confondues, portait évidemment des sorts individuels de silence sur les baldaquins, de sorte que l'intimité et le sommeil de chacun soient respectés. Cependant, un ou deux élèves dormaient avec leurs rideaux entrouverts et Ergyd n'était pas certain que le sortilège fonctionne dans ce cas-là. Il ne valait mieux pas prendre de risques.

Les deux garçons s'habillèrent rapidement et rejoignirent leur salle commune, encore déserte à cette heure si matinale. Ils s'installèrent côte à côte devant la cheminée, sur le canapé, un plaid duveteux sur les genoux, se réchauffant mutuellement.

- Tu devrais quand même le dire à quelqu'un, Harry.

Aussitôt, l'ambiance, jusqu'alors plutôt chaleureuse, perdit en température. Le petit brun se figea et Ergyd lui passa un bras sur les épaules.

- Tu le sais toi, bredouilla Harry.

- Mais moi je ne peux rien faire, lui rétorqua le rouquin en plongeant son regard gris si clair dans celui de son ami, vert menthe à l'eau. Ce n'est pas normal.

Le silence lui répondit. Harry ne comprenait pas ce qui dérangeait tant son ami. Bien sûr que c'était normal, il était un monstre, un anormal. Sa famille l'avait recueilli à ses dépens, le logeant, le nourrissant, l'habillant depuis qu'elle l'avait accueilli. Il n'y avait rien à dire, à personne.

Ergyd le regarda tristement. C'était décidé, aujourd'hui il préviendrait quelqu'un de l'attitude de son ami. Quelqu'un devait intervenir.

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Harry était inquiet. Il n'avait pas réussi à lire son manuel de potion avant son cours, trop pris dans la compréhension du cours de métamorphose de la veille et voilà que le professeur arrivait à grands pas. Pourtant, ses camarades l'avaient prévenu qu'il ne fallait pas faire de vagues avec le maître des potions. On lui avait dit qu'il était très sévère, voire méchant et qu'il valait mieux connaître son cours sur le bout des doigts.

Sèchement, l'homme tout de noir vêtu ordonna aux élèves de rentrer. Les première année de Poufsouffle et Serdaigle se précipitèrent dans la salle de classe et s'installèrent rapidement. Ils avaient l'habitude de faire cours ensemble et se mélangeaient facilement.

Ergyd et Harry se placèrent naturellement côte à côte et sortirent leur matériel.

- Rangez vos baguettes, vos chaudrons et tout ustensile de potion. Aujourd'hui nous ne ferons que de la théorie. L'art des potions se pratique avec minutie et entraînement. Vous devez connaître parfaitement les propriétés de chaque ingrédient utilisé, de même que les gestes à opérer et leurs effets.

Le regard noir du professeur balaya la salle et s'arrêta sur Harry. Un silence profond régnait dans la classe et pas un élève ne bougeait.

Une minute entière passa avant que le maître des potions ne se détourne et reprenne son discours. Harry, resté la tête basse, rougit faiblement et se força à ne pas gesticuler inconfortablement sur sa chaise.

Encore une fois, le cours fut obscur pour Harry, seuls certains noms de plantes lui disaient quelque chose, mais cette discipline paraissait très difficile. Le professeur Snape le traitait comme tous les autres et le petit brun en était soulagé. Enfin, un adulte le traitait normalement. Hormis ce regard persistant au début du cours, l'homme ne lui avait pas prêté la moindre attention et Harry en était heureux.

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Severus observait son élève du coin de l'œil. Harry Potter, fils de son détestable ancien camarade et de sa délicieuse amie, tous deux aujourd'hui décédés. Le gamin n'avait qu'une vague ressemblance avec ses parents. Bien sûr il avait les mêmes yeux de ce vert si particulier hérités de sa mère et ces cheveux complètement indomptables de son père. Mais sa carrure, son regard, sa posture, il ne les avait pris ni de l'un ni de l'autre. Il ressemblait juste à une brindille prête à se rompre au moindre coup de vent et cette image lui était dérangeante car elle faisait douloureusement écho en lui, le renvoyant à un passé qu'il croyait bien enfoui, profondément, en lui.

Tout au long du cours, Severus surveilla le duo de Poufsouffle. Il connaissait la famille Smith, pas personnellement, le couple ayant déjà quitté Poudlard à son arrivée, mais de réputation. Les descendants de Dame Poufsouffle étaient connus pour être discrets et rester simples, comme l'avait été la fondatrice de Poudlard. Ils travaillaient toujours, fidèles aux principes de leur maison, mais leur travail consistait en un savant tissage, mélange de broderie et magie, art connu de leur seule famille.

Ergyd était une bonne personne à avoir à ses côtés. Harry avait été suffisamment intelligent pour s'en apercevoir.

À la fin du cours, il retint l'enfant jusqu'à être seuls dans la salle de classe. Gardant le silence, il étudia méticuleusement le petit corps face à lui. Harry atteignait péniblement le mètre vingt. Il devait peser à peine plus d'une vingtaine de kilos. Le gamin semblait avoir tout juste sept ans. En plus des stigmates d'une mauvaise croissance le petit arborait, des joues creuses et de larges cernes violettes.

Plusieurs minutes s'écoulèrent durant lesquelles Harry resta sagement immobile devant lui, gardant le regard planté juste sous son visage. Humble et respectueux, il affichait une posture soumise, sans aucun honneur.

D'un geste, il invoqua un parchemin, d'un autre, une plume. Ses lèvres bougèrent sans qu'aucun mot n'en sorte mais des lignes se tracèrent sur le support de papier. Severus serra le poing et le parchemin s'enroula avant de disparaître dans une gerbe d'étincelles.

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Le maître des potions fit un geste de la tête, la porte s'ouvrit et Harry compris qu'il était silencieusement congédié.

Dehors, Ergyd l'attendait, lorsqu'il sortit de la pièce sombre, le rouquin se redressa avec un air interrogatif. Harry haussa les épaules, ne sachant la signification de cette convocation qui n'avait été ponctuée que de silences et gestes mystérieux.

- Et qu'as-tu pensé de ce nouveau cours ?

- Ça ressemble beaucoup à de la cuisine ou de la chimie de chez nous, bredouilla Harry.

- De la chimie ? Connais pas … répliqua Ergyd. Mais ma mère aurait une crise cardiaque si tu comparais devant elle l'art des potions à de la cuisine ! Pouffa-t-il.

Harry ne sut s'il devait rire ou s'excuser et regarda son ami se plier en deux. Heureusement, le rouquin, ne voyant pas son ami rire avec lui, se calma rapidement.

- En tout cas, le professeur Snape est à la hauteur de sa réputation, fit Ergyd en prenant le chemin de la bibliothèque. Bien, nous avons un livre à récupérer avant d'aller manger ! Viens petit hérisson !

Harry suivit son ami le sourire aux lèvres. Il commençait à apprécier ce petit surnom.

Un tout autre surnom tournait dans sa tête. Après deux heures consécutives passées avec cet homme si grand, tout de noir vêtu, appelé « la chauve-souris des cachots » par leurs aînés, Harry se remémorait un dessin animé que Dudley affectionnait particulièrement. Et lui aussi, il devait l'avouer, car l'histoire le faisait doucement rêver lorsqu'il passait les heures sombres de la nuit dans son placard, sous l'escalier, à observer les araignées.

L'histoire d'un orphelin héritier d'une très riche et noble famille, vivant seul avec son majordome dans son immense manoir et qui choisissait de se masquer la nuit pour répandre le bien dans sa ville.

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