Bonjour, bonsoir !

Merci à tous pour vos messages et encouragements ! Même si moins nombreux pour le précédent chapitre ... J'espère que celui-là vous plaira :)

Je vous souhaite d'ores et déjà d'excellentes fêtes !

Bonne lecture !

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Chapitre 12

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Ergyd fut étrange toute la fin de semaine. Harry le surveillait du coin de l'œil mais n'osait dire un mot de travers, encore moins lui poser une question, suivant son petit bonhomme de chemin à travers les cours, les devoirs et les révisions. Vendredi était arrivé à une vitesse fulgurante et il avait l'impression de se noyer sous la charge de travail. Ergyd, lui, tentait de garder le sourire, mais il conservait une boule au fond de la gorge. Et les professeurs, quant à eux, accumulaient leurs dernières preuves.

À dix-sept heures tapantes, madame Pomfresh, les professeurs Chourave et Snape, ainsi que le directeur Dumbledore étaient réunis dans le bureau directorial. Albus avait devant lui les mots de , transmis par la directrice de Poufsouffle, et celui du maître des potions, ainsi que les témoignages réunis de toute l'équipe éducative.

- Nous attendons Filius qui devrait nous rejoindre dans une petite poignée de minutes, il avait encore cours avec les Gryffondor. Minerva termine plus tard, mais m'a déjà transmis son rapport.

Et en effet, le petit professeur de sortilèges apparut peu de temps après et adjoint une liasse de papier à celle déjà conséquente présente sous le nez du directeur.

- Bien. Nous avons statué hier sur la nécessité de faire intervenir un médecin extérieur afin de constater la situation de Harry. Vous m'avez tous rendu vos témoignages, Poppy y a joint son rapport médical fait en début de semaine. J'ai contacté le ministère de l'éducation hier, un médecin a été nommé pour venir ce soir. Il devrait être là d'ici une petite demi-heure. Pomona, peux-tu aller chercher monsieur Potter, je te prie ?Nous nous retrouvons à l'infirmerie.

La professeure de botanique acquiesça et se leva pour partir à la recherche de son élève.

- Bien, Poppy, veux-tu bien nous prêter ton domaine ?

- Évidemment, fit l'infirmière en reniflant, la tête haute. Mais j'exige d'assister à la consultation.

Le regard du directeur se mit à briller davantage.

- Évidemment.

Ils se retrouvèrent tous dans l'antre de Poppy Pomfresh, où cette dernière apprêta un lit spécialement pour son futur pensionnaire. Ils attendaient que le médecin arrive en compagnie d'Albus qui l'avait attendu dans son bureau.

Harry et sa professeure les devancèrent.

- Bonsoir Harry, l'accueillit Filius.

Severus l'observa répondre timidement et être guidé par leur dragon d'infirmière vers le lit tout juste fait pour lui. L'enfant était suivi de près par ses collègues, attentifs.

Albus apparu à ce moment accompagné d'un homme presque aussi grand que lui.

- Harry, mesdames, messieurs, voici le docteur Green, il va mener l'observation.

L'homme en blouse blanche fit un hochement de tête sec pour tous et se dirigea sans attendre vers l'enfant. Harry avait des yeux de chouette, soulignés par de grandes cernes violettes, l'ensemble rehaussé par ses lunettes rondes. Il ne semblait pas comprendre ce qui se jouait autour de lui.

Tout au long de sa consultation, Dr Green resta relativement silencieux, n'élevant la voix que pour demander à l'enfant de changer de position, toujours avec douceur malgré sa froideur apparente. Harry obéissait obligeamment à la moindre injonction et se laissa totalement manipuler.

Puis, l'homme lui fit une remarque qui glaça l'ensemble du corps enseignant de Poudlard :

- Tu as une hygiène déplorable.

Mais pire encore fut la réponse de l'enfant.

- Je devais prendre ma douche de la semaine ce soir …

Le docteur resta impassible et posa tout un panel de questions à l'enfant, allant de « Combien de fois par jour te laves-tu les mains ? » à « Combien d'amis avais-tu à l'école ? ». Évidemment, lorsque Harry répondit qu'il n'avait pas été dans une quelconque institution d'éducation avant Poudlard, (le) Dr. Green prit des notes. L'enfant répondait toujours honnêtement, fidèle à son credo de toujours être sincère avec les adultes.

Cependant, lorsque les questions commencèrent à porter sur sa bizarrerie ou, pire, sur sa famille, l'une des phrases de sa tante lui revint en mémoire : « Méfie-toi du discours de tes professeurs, ils voudront tenter de te retourner la tête ! Ils te diront que nous sommes les monstres, mais tu sais ce qu'il en est réellement. » et Harry commençait à comprendre ce que sa tante avait voulu lui dire.

Poppy ne put s'empêcher d'intervenir :

- Merlin … Harry, mon chéri, tu sais que ce qu'ont fait ces gens n'est pas normal, n'est-ce pas ?

- N'intervenez pas, je vous prie, la coupa alors Dr Green.

L'infirmière de Poudlard fut sidérée, mais une main du directeur sur son épaule retint la remarque qu'elle voulait faire. Elle se ferma alors et afficha un air sévère.

Harry les regardait tour à tour, inquiet d'être la raison de cette agitation. Néanmoins, il ne pouvait pas rester impassible devant une claire critique de ses tuteurs.

- C'est faux, murmura-t-il, incapable d'élever la voix face à un adulte.

Toute l'attention revint sur lui.

- C'est faux répéta-t-il à peine plus fort.

Mais personne ne réagissait alors il continua, il devait les convaincre :

- C'est faux, ils sont normal* ! C'est moi qui est pas normal ! C'est moi le monstre !

- Monsieur Potter, finit par dire doucement Dr Green dans l'intention de le calmer.

Ce fut pourtant le déclencheur d'une nouvelle crise d'angoisse de l'enfant.

- Non ! C'est faux !

Comme les fois précédentes, sa respiration s'accéléra, il se mit à suer et à répéter tout bas :

- C'est faux, ils sont normal, c'est moi le monstre ! Je dois rembourser ma dette …

À ces nouveaux mots, le médecin se figea. Cette fois, Poppy ne se priva pas d'intervenir. Elle prit l'enfant dans ses bras, le souleva et le plaça rapidement sur le lit. D'une main, elle attrapa une fiole de potion calmante et la lui administra.

Après à peine une minute, Harry sombra dans l'inconscience.

- Vous avez bien fait, approuva le Dr Green.

L'infirmière acquiesça et borda l'enfant soigneusement.

- Qu'en pensez-vous, monsieur Green ? Demanda Albus.

Un long silence empli l'infirmerie. Le docteur nommé par le ministère souffla, jeta un coup d'œil à ses notes, mais en vérité plus pour reprendre contenance que par nécessité de les consulter.

- Je pense qu'il n'y aucun doute à avoir. Je vais, dès ce soir, entamer les procédures de retrait de l'enfant à sa famille. Avez-vous un moyen de le placer le temps du week-end ? Chez une personne de confiance et qui a connaissance de son cas, de préférence, qui pourrait l'isoler le temps de lui faire prendre conscience des normes sociétale en vigueurs dans le monde sorcier ? Je n'imagine même pas ce qu'a du être sa première semaine ici.

- Nous avons tous veillé sur lui ! S'indigna la professeure Chourave.

- Je n'en doute pas, madame. Cependant, d'après mon diagnostique, c'est presque un accompagnement quotidien qu'il lui faudrait. Monsieur Potter a des lacunes dans tout ce qui concerne la normalité, même ce qui vous semble plus élémentaire. En témoigne sa réflexion sur son hygiène ou le rapport de son ami, monsieur Smith.

Le médecin soupira encore.

- D'ailleurs, si je pouvais rencontrer ce jeune homme, ce serait bien. S'il souhaite rester l'ami de monsieur Potter, il doit recevoir quelques recommandations.

- Je vous mettrai en contact avec lui, répondit Albus.

- Je prendrai monsieur Potter pour le week-end, affirma une voix derrière eux.

Ils se retournèrent et découvrirent le maître des potions qui affichait un air déterminé. Le Dr Green lança un regard au directeur, quémandant son avis sur la question. Albus fit un infime clin d'œil d'approbation avant que le médecin n'approuve à voix haute.

- Très bien, fit-il. Voilà une bonne chose de faite. Pour que qui est de la garde officielle de monsieur Potter, je sais que son statut est particulier et qu'il ne peut atterrir n'importe où, mais il me faudra tout de même ouvrir un dossier officiel. Je ferai en sorte que tout ça reste discret, mais je ne peux rien promettre.

- Y a-t-il un moyen de court-circuiter le ministère en proposant d'office une famille ? Demanda la professeure Chourave.

Étonnés et pensant qu'elle se proposait personnellement se charger de la garde l'enfant, elle qui avait déjà une très grande famille, mais aux enfants majeurs et eux-mêmes parents depuis longtemps, ils se tournèrent tous vers elle les yeux un peu écarquillés.

Considérant leurs têtes, elle chassa l'idée d'un mouvement de la main et leva les yeux au ciel.

- Je ne parle pas de moi !

Elle se planta devant le médecin et, le regard fiché dans le sien, elle demanda :

- Pouvez-vous me laisser la soirée ?

Dr Green eut un signe de déni.

- Je dois poser mon rapport ce soir à 20h au plus tard.

Madame Chourave fronça les sourcils.

- J'en ai pour une heure.

Aussitôt dit, elle quitta la pièce d'un pas rapide, laissant son assistance décontenancée.

Harry se réveilla au son de la porte qui claquait. Poppy se précipita à ses côtés et contrôla son état.

- Comment te sens-tu, mon petit ?

Harry, l'esprit encore un peu embrumé, papillonna des yeux avant de les fixer sur elle. L'infirmière répéta alors encore sa question à laquelle l'enfant acquiesça avant de bredouiller un vague « bien ».

Pendant ce temps, Albus murmurait à l'oreille du médecin :

- Peut-être que Harry n'a pas à attendre votre verdict pour partir ?

- Évidemment, vous avez raison, il sera mieux au calme, dans un environnement sécurisant et saint.

Se retournant il interpella le professeur tout de noir vêtu :

- Monsieur Snape, pouvez-vous partir sous peu ?

- Oui, répondit-il simplement.

Du fait de son statut passé, ses affaires étaient dédoublées dans son lieu de vie et ses appartements de Poudlard, dans le cas où il aurait dû fuir ou se réfugier dans l'un ou l'autre endroit. D'un coup de baguette, il fit apparaître une simple et petite valise. D'un autre, celle de Harry apparut à ses côtés.

Après un dernier hochement de tête vers ses collègues, Severus empoigna la main de l'enfant et tous deux quittèrent l'infirmerie.

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*non ce n'est pas une erreur de français, souvenez-vous, Harry n'a pas beaucoup de vocabulaire et c'est une erreur fréquente que même les gens cultivés font, donc il me paraissait légitime qu'il fasse la faute.

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Merci pour votre lecture ! J'attends vos retours avec impatience !

Sur ce, je vous souhaite de bonne vacances (pour ceux qui ont la chance d'en avoir), de bonnes fêtes (quelles que soient celles que vous fêtez !) et bon week-end pour tout le monde ^^

À bientôt !