Bonjour, bonsoir ! Bonne année ! ^^ Je vous souhaite plein de bonnes choses, mais n'oubliez jamais : ce n'est pas en faisant des souhaits que l'on réalise ses rêves … Il faut se sortir les doigts du cul et oser ! ;)

Merci à tous pour vos messages et encouragements ! Ils sont toujours plus nombreux et ça fait très plaisir ! Pour une fois, j'ai eu du temps pour écrire, alors j'espère que vous allez apprécier ce nouveau chapitre plus long que tous les autres ! (Je suis très impatiente d'avoir vos retours … Ce chapitre est un peu différent des autres et il sort du cadre de Poudlard, donc j'appréhende un peu ^^).

Bonne lecture !

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Chapitre 13

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Dans un état second, encore un peu embrouillé par les calmants présents dans son sang, Harry suivit son professeur jusqu'aux portes de Poudlard. Il avait compris qu'on l'emmenait ailleurs, le directeur les avaient interrompus avant de quitter l'infirmerie et lui avait expliqué qu'il allait passer son week-end chez son professeur. Il avouait qu'il avait alors un peu paniqué, mais quand son professeur de potion s'était planté face à lui, son air sévère l'avait quelque peu rassuré.

Il ne réagit plus à son environnement que lorsqu'il croisa Ergyd qui l'attendait là. Harry fut d'abord heureux de le voir, puis il avisa son air chagrin. Le rouquin affichait un visage grimaçant, se tordait les doigts et se mordait les lèvres, les yeux humides. Aussitôt, Harry fut inquiet pour lui.

- Ergyd ?

Ergyd éclata soudainement un sanglot.

- Je suis désolé, Harry ! Je ne pouvais pas le garder pour moi ! Je devais le dire ! Je devais le dire !

Harry ne comprit pas de quoi parlait son ami, mais son professeur le pressa d'avancer alors il fit ce qui lui était demandé. Jetant un dernier coup d'œil derrière lui, il ne put que voir son ami au loin qui les avait suivi du regard.

- Nous allons transplaner, l'informa le professeur Snape en s'arrêtant.

Harry leva la tête pour le regarder dans les yeux. Son professeur était si grand et lui si petit, qu'il lui arrivait à peine aux hanches.

- Ça ne va pas être très agréable. Fermez les yeux et accrochez-vous à moi.

L'enfant ne réfléchit pas, acquiesça et empoigna le bras tendu du maître des potions. Il serra fort les paupières et, une seconde plus tard, il fut comme aspiré dans un tube étroit. Peu après, il atterrit durement et ne s'en sortit indemne que grâce à la poigne de son professeur sur lui. Aussitôt, il fut trempé par la trombe d'eau qui tombait du ciel.

Il fallut une bonne minute à Harry pour se ressaisir et redresser la tête. Quand ce fut fait, il ne put qu'être époustouflé par le paysage face à lui. Jamais il n'avait pareil tableau. Peu lui importait la pluie qui le mouillait tout entier. Là, devant lui, s'étendait une lande écossaise typique où les couleurs de l'automne coloraient les marais de oranges et bruns, venant se mêler aux verts subsistants. Au milieu de ce nul-part vallonné et brumeux, où quelques montagnes faisaient office d'arrière-plan, se dressait une vielle maison de pierre grise, massive et pourtant si haute, une de ces maison-tour de l'ancien temps. Tout autour, restaient les vestiges d'anciens parcellaires depuis longtemps laissés à l'abandon.

- Nous sommes dans la région des Highlands, à quelques kilomètres de Glen Coe. Voici ma maison, répondit Severus à la question muette de son élève.

Voyant l'enfant frissonner – il faut dire que le mois de septembre était très frais ici, surtout avec la pluie – l'homme s'empressa de prendre le chemin vers l'ancien manoir. La nuit tombait et le petit devait être fatigué. Sans oublier que Harry devait au moins prendre un bain avant de dîner.

S'approchant de la bâtisse, Harry fut un peu apeuré. Son aspect était austère de l'extérieur et semblait peu lumineuse. Elle était très haute, possédant trois étages, mais plutôt étroite. Tout comme ses fenêtres, très minces qui lui donnait une allure élancée. Deux tours de cheminées imposantes couronnaient le toit de lauzes.

Harry fut doucement poussé sur le côté et son professeur se dressa devant la porte d'entrée en bois sculpté. Il attrapa le heurtoir et le cogna une unique fois. En réponse, la bête qui ornait le panneau de pin lustré s'éveilla, sa gueule s'ouvrit et demanda :

- Le mot de passe ?

Severus se pencha dessus et murmura quelques mots. La bête émit une sorte de rugissement et laissa le passage libre. Le propriétaire des lieux pénétra donc, entraînant son élève avec lui.

Là, une grande salle s'offrait à eux. Elle occupait en vérité toute la surface de la maison au sol, soit environ cinquante mètres carrés. L'espace était divisé en deux par un escalier en colimaçon de la même pierre que l'ensemble de la maison. D'un côté, une cuisine rustique aux murs de pierres apparentes et aux dalles brutes habillaient l'espace. Un évier directement taillé dans la pierre, une vieille chaudière à bois et quelques établis et placards couvraient les murs. De l'autre, les murs et le sol étaient couvert de tapis et tapisseries épais aux couleurs chaudes, mais passées. Au milieu de cet espace-ci, une table en bois massif prenait presque toute la place, avec ses six chaises et son vaisselier authentique. Les deux luminaires qui pendaient du plafond fonctionnaient avec des bougies et de chaque côté de la pièce, se dressaient deux immenses cheminées aux foyers ouverts.

D'ailleurs, le premier geste de Severus fut de tous les allumer avant de se retourner vers l'enfant et de lui désigner un petit porte-manteau ainsi qu'un petit meuble à chaussures qui empiétaient sur l'espace cuisine. Puis il sortit les deux valises de sa poche, leur rendit leur taille originelle et les fit disparaître dans leurs chambres.

- Voici ma maison.

Il laissa l'enfant se dévêtir puis attendit d'avoir toute son attention.

- Avant toutes choses, nous allons établir quelques règles.

Harry acquiesça, tout ouïe. Severus appréciait cette application qu'avait l'enfant à s'investir dans la plus petite tâche qui lui était demandée, malheureusement, elle était aussi devenue malsaine et c'était l'une des choses dont ils auraient à discuter ce week-end.

Avant toute chose, il leur appliqua un sort de séchage et lui indiqua une chaise.

- Bien, nous allons passer deux jours ici, nous rentrerons à Poudlard dimanche dans la soirée, juste après le dîner. Tu as compris ?

- Oui, monsieur, répondit Harry obligeamment.

- Cette maison est aussi la tienne pour ces deux jours, tu y auras une chambre, au deuxième étage, en face de la mienne. Nous ferons le tour après pour que tu puisses visiter. Tu as le droit de dormir dans le lit, sous les draps, ils sont pour toi, prononça-t-il volontairement de façon distincte. Cependant, reprit-il. Je veux que tu la tiennes rangée et propre. C'est entendu ?

- Oui, monsieur.

Severus savait que de cette manière, l'enfant obéirait car les consignes étaient claires et justes. Il y avait une contrepartie à son droit et elle était préétablie de façon certaine.

- Les repas sont à heures fixes, les mêmes qu'à l'école, tu y assisteras sans fautes et mangeras ce que je te servirai. Il n'y aura aucune négociation.

Il planta son regard noir dans celui vert menthe à l'eau qui lui faisait face. Il n'y avait aucune méchanceté, même pas la moindre once de sévérité, ni dans son ton, ni sur son visage. Il avait été ferme, mais une certaine empathie filtrait dans ses mots et Harry la saisit parfaitement. Il en fut d'ailleurs grandement intrigué, mais il n'oubliait pas que l'homme attendait une réponse de lui donc il acquiesça. Severus acquiesça alors lui aussi, lentement, en un accord tacite.

- Au premier étage, se trouve un salon où tu pourras te rendre librement. Il contient une vaste bibliothèque. Tu peux y prendre tous les livres qui sont à ta portée, ceux qui sont plus haut te sont interdits. Ils contiennent des sujets inappropriés à des enfants de ton âge. Tu as compris ?

Une fois de plus l'enfant acquiesça. Plus l'adulte lui énonçait de règles, plus il se sentait en sécurité. Le cadre strict était tout ce qu'il avait toujours connu. À Poudlard, il avait trop de libertés et ça l'avait complètement déconcerté et décontenancé. Il avait été sur les nerfs toute la semaine et aujourd'hui, enfin, il retrouvait un semblant de normalité.

- Au deuxième étage, se trouve les chambres et la salle de bain où tu t-y laveras le corps au moins une fois par jour, le soir, de préférence, pour te coucher propre dans tes draps. Puisque tu te laveras les cheveux ce soir, tu n'auras pas besoin de le refaire ce week-end, sauf si tu souhaites te laver ici avant de rejoindre Poudlard dimanche. En ce cas, nous aviserons. Nous monterons au deuxième dès que nous en aurons terminé avec les règles de vie. Tu peux aller dans la salle de bain quand tu veux. S'y trouvent aussi les commodités.

Il lança un regard entendu à l'enfant qui lui répondit par un autre signe de tête.

- Dans la journée, tu n'as pas le droit de pénétrer dans ma chambre, mais la nuit, si tu as un problème, n'hésite pas à venir me chercher. Je ferai au mieux pour y répondre.

Il fit une courte pause avant de poursuivre sur un ton un peu plus sévère :

- Harry, je veux que tu me préviennes au moindre problème, c'est compris ?

L'enfant prit un temps d'hésitation, mais comme les fois précédentes, s'accorda à cette nouvelle règle.

- Bien. Au dernier étage se trouve le grenier. Il n'y a rien de bon pour un enfant là-haut, que de vieilles choses. Je ne veux pas que tu y montes. Tout comme la cave.

Severus plaça ses deux mains jointes sur la table, face à Harry et appuya sur ses prochains mots :

- Le sous-sol est un laboratoire de potions. C'est un endroit dangereux où je conserve des ingrédients précieux. Je ne veux pas que tu y pénètres, sous aucun autre prétexte qu'une extrême urgence.

- Oui, monsieur.

L'homme laissa passer une poignée de seconde de silence avant de conclure :

- Une dernière chose : Je veux que tu n'hésites pas à poser une question, ni à me prévenir du moindre problème. Je suis très sérieux, Harry. C'est important, tu comprends ?

- Ou … oui, monsieur, bredouilla l'enfant le nez bas.

Le professeur se leva et vint s'accroupir auprès de lui. Il posa une main sur son genou et, de l'autre, lui releva le menton.

- Harry. Dans ta famille, un certain nombre de choses t'étaient interdites. Tu n'avais pas le droit de faire des choses que les autres faisaient, reformula-t-il plus simplement pour être certain que l'enfant le comprenait. Ici, c'est chez moi et il y a des règles différentes. Je vais t'apprendre une chose simple : ce qui n'est pas interdit, est autorisé. Si tu te poses la question, tu peux me demander pour être sûr et moi je te dirais si tu as le droit ou non, c'est d'accord ?

- Oui, monsieur.

- Bien. Et si nous allions le prendre ce bain ?

L'enfant esquissa un maigre sourire et l'homme l'entraîna vers les étages.

Au deuxième, il y avait trois portes qui donnaient directement sur le palier de l'escalier. Une à gauche que Severus indiqua comme sa chambre et une autre à droite, celle de Harry.

- Je te la montrerai après et tu pourras t'installer.

Ce fut la dernière porte, en face des marches, qu'il ouvrit. Derrière, se trouvait un grand baquet de bois, une petite étagère remplie de flacons au-dessus d'un petit lavabo, lui aussi directement taillé dans la pierre. Il y avait aussi un petit meuble de bois sombre ainsi qu'un lieu d'aisance légèrement encastré dans le mur qui donnait vers l'extérieur.

Severus remplit le premier d'un Aguamenti et réchauffa l'eau d'un autre sort. D'un autre coup de baguette, il alluma les bougies qui éclairèrent la pièce, puis il sortit une serviette du petit meuble. Enfin, d'un Accio, il fit venir un change pour l'enfant.

- Déshabille-toi, tes affaires sont là, fit-il en indiquant le petit paquet qu'il portait.

Il le déposa sur le meuble à serviette, puis se tourna vers l'enfant :

- Je te laisse ?

C'était une vraie question, Severus savait que ce qui pouvait être évident pour un enfant lambda, ne l'était pas forcément pour celui-ci. Harry baissa d'ailleurs les yeux et se tortilla les doigts. Son professeur laissa une minute passer. Il savait que le maître mot de ce week-end allait être « patience ».

- Harry je te prie de respecter les règles que je viens d'énoncer, finit-il par dire calmement. Si tu as une question, pose-là, un problème, dis-le.

L'enfant émit un vague bredouillage dont Severus ne comprit rien.

- Plus distinctement, que je comprenne, demanda l'homme d'un ton relativement doux.

- J'ai un peu peur, répéta Harry plus distinctement à peine plus fort.

L'adulte se pencha à sa hauteur.

- De quoi as-tu peur, Harry ?

L'enfant montra du doigt le baquet et Severus fronça les sourcils.

- C'est un baquet en bois, tout ce qu'il y a de plus inoffensif, remplit d'eau chaude.

Il trempa le bout de ses doigts dedans et informa le petit d'un ton plat :

- Elle n'est pas trop chaude, tu n'as rien à craindre. Tu peux te déshabiller, entrer dans l'eau, te laver … Hum.

Il fit un geste de la main et un des flacons de l'étagère vint à lui.

- Voici du savon, tu peux aussi l'utiliser pour tes cheveux. Je le fais-moi même, tu n'as rien à craindre.

Il se releva et posa sa main sur le tas de vêtements sur lequel il avait mis la serviette.

- Quand tu as fini, sèche-toi correctement et étend ta serviette ici, continua-t-il en désignant une petite patère au dos de la porte. Tu pourras mettre ces vêtements, ce sont les tiens, ceux que tu as acheté avec la professeure Chourave. Je serais de l'autre côté de la porte, dans ma chambre, mais avec la porte ouverte. Quand tu sortiras, nous irons manger. Prend ton temps, lave-toi correctement. Tu sais comment faire ?

- Oui, monsieur.

- Bien, je te laisse.

Severus sortit de la petite pièce, referma la porte derrière lui en jetant un dernier coup d'œil à l'intérieur, puis, quand la porte fut close, soupira fortement. Il allait devoir faire une potion ce soir. Une longue et complexe potion, juste pour décompresser. Il savait dès le début que ce serait difficile, que l'enfant demanderait du temps et de l'attention. Cependant, il n'avait jamais imaginé que ça lui prendrait autant d'énergie. Après avoir fait craquer ses épaules, il se dirigea vers sa chambre pour y ranger ses affaires. Il sentait que le week-end allait être long.

Consciencieusement, il plaça chaque catégorie de vêtement sur une étagère précise de son armoire. Ce meuble, cette chambre, cette maison toute entière et le terrain qui en faisait le tour, il les avait acquis le jour même où il avait rejoint l'Ordre du Phénix. C'était Albus qui lui avait conseillé de trouver un abri secret, un trou où se cacher en situation critique. Elle lui avait servi quelques fois, il y avait déversé une certaine quantité de sang et y avait passé plusieurs semaines de rétablissement pour se remettre de missions particulièrement ardues. Mais, malgré le contexte, il avait fini par s'y sentir chez lui. C'était étrange, car la maison n'avait rien d'accueillant, ni le moindre confort, mais elle lui avait en quelques sortes sauvé la vie plusieurs fois.

Il ne savait combien de temps s'était écoulé quand il entendit des bruits de petits pas, puis celui de la clenche de la porte d'à côté. D'un coup de baguette il laissa son linge se ranger de lui-même et vint à la rencontre de l'enfant.

Quand Severus croisa le regard de Harry, il sut que le repas ne devrait pas durer. Le petit était exténué, c'était inscrit sur son visage.

- Viens, descendons manger.

En bas, Severus désigna la table à l'enfant tandis qu'il fouillait les placards de la cuisine. Il en sortit quelques légumes laissés sous stase lors de son dernier passage et les envoya d'un coup de baguette sur la table du coin salle-à-manger afin de les préparer. Puis il invoqua une bûche sèche et la glissa dans la cuisinière, avant d'y mettre le feu lançant ainsi la chauffe de la plaque de cuisson en fonte. Enfin, d'un geste de la main, il fit venir à lui deux couteaux et deux planches à découper et rejoignit l'enfant.

- Tu vas m'aider à les couper.

Il tendit un exemplaire de chaque outil à Harry et sépara les quelques légumes en deux tas, le sien un peu plus conséquent que celui de l'enfant.

- Je veux des morceaux de ce gabarit, de cette taille, reformula-t-il en lui montrant un exemple.

Harry acquiesça et se mit au travail, étonnant Severus au passage car, contrairement à ce qu'il avait montré en classe, il était plutôt habile. Il maniait le couteau avec dextérité et ses gestes étaient précis. Il se promit de poser la question. Plus tard, lorsque la Grande Conversation viendrait.

Quand l'ensemble fut correctement émincé, Severus mis le tout dans une petite marmite qu'il remplit d'eau et déposa sur la cuisinière.

- Ce sera prêt dans vingt minutes, en attendant, veux-tu commencer le repas par un morceau de pâté ?

Sans attendre la réponse de Harry, l'homme appela d'un Accio à table la terrine de pâté et le quignon de pain qu'il avait trouvé plus tôt. De même que des assiettes, deux plates et deux creuses, ainsi que deux verres, des couverts et un pichet, le tout se plaça directement face à eux.

- Aguamenti, fit de nouveau Severus en pointant sa baguette sur le pichet. C'est un sort qui, comme tu peux le voir, sert à faire apparaître de l'eau. Très pratique dans de nombreuses situations, encore faut-il avoir un récipient pour la contenir. Il suffit de taper légèrement le contenant choisi en prononçant distinctement la formule.

Harry sourit à l'explication, heureux d'apprendre un nouveau sort sans avoir à trimer pour comprendre des lignes dans un manuel. Ses professeurs les avaient prévenus, ils ne pourraient étudier l'entièreté des sorts en classe, donc ils allaient surtout se concentrer sur ceux aux gestes compliqués, tout en leur enseignant où trouver des indications pour les sorts simples du quotidien. Ne tiendrait ainsi qu'à eux de progresser et d'apprendre un plus large panel de sorts. Il en était de même pour la métamorphose, les défenses contre les forces du mal, etc. Il leur était évidemment interdit de s'entraîner seul, cependant. Ils avaient des heures d'études dans la Grande Salle pour se faire, où un professeur était toujours là en surveillance pour intervenir en cas de problème. Seules les potions requéraient du matériel particulier, mais le maître des potions aussi avait instauré des heures de permanence pendant lesquelles quelques chaudrons restaient à disposition des élèves voulant s'exercer.

Severus avait profité de ce petit temps d'instruction pour tartiner deux morceaux de pain avec le pâté de campagne qu'il avait sorti et venait d'en poser un sur l'assiette de l'enfant. Sans plus de mots, il continua avec le sien avant de mordre dedans. Du coin de l'œil, il observait l'enfant. Ses gestes et paroles avaient été délibérées, il attendait maintenant de voir la réaction de Harry. Mangerait-il sans poser de question ? Oserait-il refuser ? Ou ne ferait-il rien, laissant la tartine là où il l'avait posée ?

Après un temps d'hésitation, pendant lequel Harry regarda fixement le morceau de pain en se mordillant les lèvres, l'enfant jeta un regard timide vers l'adulte qui l'ignora volontairement. Il lui fallut une autre minute pour sortir sa menotte de dessous la table et se saisir de la tartine. Lentement, il la dirigea vers sa bouche et, après un énième coup d'œil à son professeur, il la mangea. Du bout des lèvres, d'abord, comme s'il ne connaissait pas le goût de la chose et qu'il avait peur d'être empoisonné, puis à pleines dents une fois qu'il en eut un bout en bouche. Severus en fut alors satisfait.

Le temps qu'ils aient mangé leur entrée, la soupe fut prête. Severus envoya leurs premières assiettes se laver dans l'évier et remplit les creuses. Deux louches pour l'enfant, trois pour lui. Le dîner se passa en silence, avec pour seul fond sonore les cuillères qui raclaient le fond des assiettes. L'ambiance n'était pas lourde, au contraire, elle était plutôt paisible. L'enfant se perdait dans ses pensées tandis que Severus le surveillait du coin de l'œil.

Lorsqu'ils eurent tous deux fini leur repas, l'homme sourit à Harry qui avait terminé son assiette sans émettre la moindre protestation ni même laisser apparaître la moindre grimace. Il le félicita donc, ce que l'enfant prit avec émotion, puis l'accompagna à l'étage.

Harry dormait debout et Severus du se tenir derrière lui de crainte qu'il ne perde l'équilibre dans les escaliers. Pénétrant dans la chambre, il laissa l'enfant la découvrir pendant qu'il invoquait des draps et une couverture bien chaude. Elle n'était pas bien grande, un lit deux places prenait presque tout l'espace. Ce dernier était accompagné de deux petites tables de nuit, d'une grande commode et d'un minuscule bureau. Autant dire qu'il ne restait que peu de place pour circuler. De grands et épais rideaux encerclaient la seule fenêtre de la pièce à travers laquelle seule l'obscurité de la nuit était visible.

De quelques coups de baguette, Severus clos les tentures, alluma une bougie près du lit et invoqua le pyjama du petit.

- Un sort empêche la bougie de laisser propager sa flamme. Si tu le souhaites, tu peux la laisser allumer toute la nuit, ou l'éteindre.

L'homme fit un autre geste de la main et un flacon vint à lui, puis un verre. Il versa le contenu du premier dans le second et le tendit à Harry.

- Bois ça, c'est une potion pour que tu dormes sans cauchemars.

L'enfant prit le verre et but la potion sans difficultés.

- Bien, couche-toi. Je vais apposer un sort sur ta chambre qui me préviendra à ton réveil ou au moindre problème.

Severus poussa doucement Harry dans son lit et le borda. Le temps d'un instant, il hésita, mais il finit par se pencher sur l'enfant et lui embrasser le front avant de rapidement s'en retourner. Il referma la porte derrière lui et descendit dans la cave.

À la fin du repas, des images de son enfance avaient fini par ressurgir et s'était calquées à celle de l'enfant face à lui. Il ne voulait à présent qu'une seule chose : se changer les idées. Et rien de telle que se lancer dans la conception d'une potion complexe pour cela.

Severus soupira. La nuit aussi allait être longue.

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À bientôt !