Bonjour, bonsoir ! Vous avez de la chance … Hier, je n'avais encore que 500 mots pour ce chapitre, mais hier soir j'ai eu un élan d'inspiration … Et voilà ! \o/ ^^

Merci à tous pour vos messages et encouragements ! Le chapitre précédent vous a beaucoup plu, vous avez été très nombreux à commenter et je vous en remercie ! J'espère qu'il en sera de même pour celui-ci ! ^^

Bonne lecture !

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Chapitre 14

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Du coton, partout, noir, douillet, chaud, il était dans du coton. Son esprit commença à s'éclaircir et Harry se demanda où il pouvait être. Il se sentait si bien, l'endroit était confortable, apaisant. Finalement, il se rendit compte qu'il avait les yeux fermés. Il les ouvrit donc, mais il faisait toujours aussi noir. Gigotant un peu, il sentit du tissu sous ses mains. Il était couché.

En sursaut, il prit conscience qu'il devait être dans un lit. Il savait pourtant qu'il n'en avait pas le droit. Comment était-il arrivé là ? Il essaya de s'extraire des draps et de la lourde couverture qui pesait sur lui, mais ne réussit qu'à s'emmêler plus encore. Paniquant, il gesticula davantage, jusqu'à s'écrouler par terre, emportant avec lui un pan de rideau ce qui amena finalement un peu de lumière dans la pièce.

Finissant de se défaire des tissus qui s'étaient enroulés autour de son pieds, il contempla son environnement. La chambre était petite et sombre, avec pour seul source de lumière la fenêtre étroite. Les murs de pierre recouverts de tapisseries rouges et vertes donnaient une ambiance étouffante à la pièce. Le lit, lui, était assez semblable à celui qu'il avait à Poudlard. Cependant, dans celui-ci, deux personnes pouvaient s'y coucher confortablement. Par la fenêtre, il pouvait voir le ciel rosé de l'aube.

Il fallut une bonne poignée de seconde de plus à Harry pour qu'il se souvienne de la veille au soir et de sa venue avec son professeur de potion dans cette maison étrange. Maintenant qu'il se souvenait, il se demandait pourquoi il avait été envoyé ici. Avait-il été si mauvais que son directeur ait décidé de l'isoler ? Il savait qu'il n'avait pas été très bon élève cette semaine et il avait manqué à beaucoup de ses règles. Était-ce une punition ? Cette maison n'avait même pas l'électricité, il le savait, il avait cherché des yeux partout et il n'y avait nul part traces de prises électriques ou d'interrupteurs muraux. D'ailleurs, il n'y avait que des bougies pour éclairer les pièces.

Cependant, il chassa rapidement cette idée. D'abord, son directeur ne connaissait rien des règles des Dursley. Et ensuite, son professeur l'avait autorisé à prendre un bain chaud hier. Le baquet était certes petit, mais il lui avait largement suffit pour se tremper les fesses et les genoux, ainsi que se laver les cheveux. Son professeur lui avait même embrassé le front une fois qu'il fut couché. Ça avait été le geste le plus intime et affectueux qu'il ait reçu de sa vie, surpassant le cadeau de son oncle qui datait de plus d'un an maintenant, même s'il avait été plus fugace.

À ce souvenir, il rougit jusqu'à la racine des cheveux et senti à nouveau ces papillons dans le ventre, les mêmes que ceux qu'il avait ressenti lors de sa sortie au Chemin de Traverse. Il en était bêtement ému et fit tout pour reprendre contenance.

Ce ne pouvait définitivement pas être une punition. Il venait de se réveiller dans le meilleur endroit qu'il ait jamais eu : un lit confortable avec des couvertures chaudes et douillettes. Son oncle et sa tante ne le lui aurait jamais permis une de ces choses.

Bien sûr, il savait que sa famille ne le traitait pas normalement. Il avait remarqué ce père, au square, qui était affectueux avec son enfant, ou cette mère qui réconfortait sa fille en pleur, d'ailleurs, Dudley lui-même ne recevait pas le même traitement que lui. Mais il était un monstre, donc il considérait que c'était normal qu'il reçoive un autre comportement, d'autres gestes.

Alors sa question revint : que faisait-il ici ?

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Severus n'avait dormi que quatre heures, mais c'était plutôt habituel pour lui. De mémoire, il n'avait jamais dormi plus de six heures d'affiler, il lui arrivait même souvent de ne pas dormir du tout. Quatre était un bon chiffre. D'autant plus que ce fut quatre heures réparatrices puisqu'il s'était vidé la tête juste avant de se coucher, son sommeil avait donc été bon. Ce fut ainsi de bonne humeur qu'il se réveilla avec le soleil, à sept heure trente précise.

Sa bonne humeur fana quelque peu quand il se souvint que son week-end allait être difficile. Les objectifs étaient nombreux et il allait devoir tous les réaliser avec son petit protégé, sans faute, avec manière et sans brusquerie.

C'est alors qu'un souvenir lui vint à l'esprit. Sa collègue, le professeur McGonagall, lui avait rédigé une liste lors de sa première année d'enseignement. Celle-ci comprenait, et expliquait, tous les comportements possibles d'un enfant et les réactions appropriées à avoir.

Étant donné qu'il avait été un Mangemort et, avant ça encore, un enfant maltraité sans notion d'un comportement normal, surtout vis à vis des enfants, sa collègue avait réalisé cette liste comme béquille. Considérant sa matière comme dangereuse et son comportement approprié, il n'avait jamais fait l'usage de cette liste. C'était l'occasion de la ressortir.

Il avait tout juste eu le temps d'enfiler une robe de chambre et de descendre prendre un café lorsqu'il senti le sortilège posé sur la chambre de son petit pensionnaire lui signifier que Harry était réveillé. Il remonta donc le chercher.

Arrivé en haut, il découvrit l'enfant debout au milieu de sa chambre, fixant le plafond d'un air absent.

- Harry, enfile un pull, nous allons descendre prendre le petit déjeuner.

Silencieusement, l'enfant acquiesça et fit comme demandé avant de le suivre deux étages plus bas. Severus ne fit aucune remarque et opéra comme s'il de rien n'était.

Harry vit son professeur commencer à sortir plusieurs choses de ses placards et à confectionner une omelette et du bacon grillé.

- Je peux le faire ! S'empressa-t-il de dire en s'approchant rapidement des plans de travail.

L'homme lui jeta un regard circonspect, haussant un sourcil, mais l'enfant ne comprit pas.

- Je sais cuisiner ! Je peux le faire !

- Si je ne peux me prononcer quant à votre capacité de cuisiner, je peux en revanche m'avancer à dire que ce n'est pas votre rôle. Vous pouvez m'aider, si vous le souhaitez, mais je me charge des fourneaux.

C'était étrange comme il ne parvenait pas à fixer une façon de s'adresser à l'enfant. Il ne cessait de passer du tutoiement au vouvoiement. Chaque fois qu'il intervenait comme un professeur, la deuxième formule semblait être un réflexe, pourtant, lorsqu'il devait prendre son rôle de tuteur temporaire et bienveillant, c'était la première qui prenait le dessus.

Severus secoua la tête pour sortir ces drôles de pensées de son esprit et chercha plutôt des yeux la liste qu'il avait invoquée plus tôt. Il la trouva posée sur la table, côté salle-à-manger et la fit venir à lui. Il vérifia alors rapidement ce que pensait sa collègue de ce problème. Parcourant les lignes du parchemin des yeux, il finit par tomber sur ce qu'il cherchait :

« Si tu es en classe, en situation de professeur face à un élève : privilégie le vouvoiement, marque de respect et de distance entre les deux statuts. Si tu es en privé, avec un élève venant chercher conseil auprès de son directeur de maison, tu peux envisager le tutoiement. Attention, cependant, à rester correct et prudent, cette pratique ne doit pas donner lieu à des débordements ».

Bien, il semblait qu'il ait bien fait. Harry était un enfant poli et timide, il ne craignait pas d'irrespect venant de lui.

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Une fois la table mise et les plats devant eux, le duo mangea tranquillement son premier repas de la journée.

- Savez-vous ce qu'est une créature magique, Harry ?

L'enfant cessa de manger, arrêtant son geste en cours, la bouche ouverte. Il écarquilla les yeux puis, la seconde d'après, prit une meilleure posture.

- Non, monsieur.

Severus posa ses couverts, croisa ses mains sous son menton et énonça :

- Une créature magique est ce qui s'approche le plus d'un animal dans le lexique moldu. Cependant, elles sont plus que cela. Dans le monde magique, il y a les sorciers et bon nombres d'autres espèces capables de magie ou issu d'elle, on n'en sait très peu sur leurs origines. Certains sorciers pensent ainsi que les sorciers ne sont en vérité qu'une sorte de créature magique parmi tant d'autres, comme certain moldu pensent que l'Homme est un animal.

Le professeur contempla un instant le visage de son élève pour évaluer sa compréhension de la discussion. Quand il perçu une forte attention de la part de Harry, il poursuivit :

- Ce n'est ni faux, ni vrai et nous ne débattrons pas sur le sujet aujourd'hui. Maintenant, savez-vous ce qu'est un moldu ?

Harry mit une poignée de secondes à répondre, craignant une mauvaise réponse.

- Ce sont ceux sans m … magie ?

- Est-ce une question ou une affirmation, Harry ?

- Euh, une réponse ?

Severus prit sur lui pour ne pas s'agacer et expliqua :

- Les moldus sont effectivement des hommes sans magie. Mais savez-vous vraiment ce qu'est un homme ? Ne répondez pas, c'est rhétorique … Enfin, peu importe. Je ne vais pas faire de biologie, ce serai beaucoup trop long et fastidieux, c'est à dire, difficile, mais voilà un résumé.

Il prit une longue inspiration et énonça :

- L'Homme est un mammifère, c'est notre catégorie d'espèce. Nous ne pondons pas d'œufs, la grossesse se fait dans le corps des femmes, nous avons de la peau et des poils, bref. Nous sommes des mammifères. De l'ordre des Primates, comme les singes, si tu préfères, seule espèce vivante des Hominidés. Les Hominidés sont toutes les espèces qui nous sont en quelques sortes cousines, des ancêtres. Nous sommes caractérisés, c'est à dire défini, par notre cerveau volumineux, plus gros que la moyenne par rapport à notre corpulence, notre station verticale, notre maintient debout, nos mains préhensiles, qui peuvent porter et saisir, et par une intelligence douée de facultés d'abstraction, de généralisation, et capable d'engendrer le langage articulé, la parole. Voilà ce qu'est un Homme.

Avisant la mine quelque peu perdue de son élève, Severus précisa :

- Ne cherche pas à tout comprendre. Ce n'est pas ce qui est important ici. Ce qui l'est, en revanche, c'est que cette description correspond aussi à l'espèce sorcière. Un sorcier est exactement la même chose qu'un moldu. Nous sommes des Hommes, cependant, les sorciers ont cette capacité supplémentaire de contrôler la magie.

Le visage de Harry reflétait sa perplexité. Une intense réflexion était visible dans ses yeux. Il était concentré sur le discours de son professeur et essayait d'en saisir le plus de sens possible.

- Nous ne savons pas où ce nouvel embranchement de l'espèce Hominidé s'est créée, les traces les plus anciennes de magies remontent à l'Égypte antique, mais le manque d'écrit sur la question ne signifie pas la non-existence du sujet. Une équipe de Langues de Plombs, qui équivaudraient vaguement à des chercheurs scientifiques moldus, planchent dessus, mais ils sont trop peu nombreux et puisque la magie ne laisse pas de trace aussi loin dans le passé, ils ne sont guère plus efficaces que les archéologues moldus.

Severus prit une gorgée de jus de citrouille pour se réhydrater la bouche avant de continuer :

- Tu as sûrement entendu parler de moldus aux capacités sensorielles extraordinaires.

Harry dénia.

- Eh bien, il existe des personnes, considérées comme moldu car ne pouvant contrôler la magie, qui possède quelques facultés, par exemple on connaît les médiums ou les rebouteux, qui manipule le magnétisme et les ondes. D'autres extrasensoriels peuvent être gênées par des régions du monde ayant connu un grand bouleversement récent, ou ils ne supportent pas les zones à hautes fréquences radios, comme les grandes villes. Tu comprends ?

Harry n'en était pas certain, mais ne voulant pas ennuyer son professeur, acquiesça. Severus n'en fut pas dupe, mais poursuivit tout de même :

- Ces personnes ont un petit quelque chose en plus qui leur permettent ces capacités. Cette chose est en réalité la magie, mais chez eux, elle est en trop faible quantité pour être manipulée à notre niveau, celui des sorciers. Même chez les sorciers, il y a des différences de puissance de cette chose que nous appellerons noyau. En effet, chez certain il est naturellement plus gros, chez d'autres plus petit. Et la génétique et l'épigénétique n'y sont pas totalement étrangères, même si elles sont encore loin de nous avoir révéler tous leurs secrets. À ce jour, nous ne savons toujours pas pourquoi deux moldus peuvent donner naissance à un sorcier, ni pourquoi deux sorciers peuvent donner naissance à un cracmol.

Severus ayant remarqué le froncement de sourcils de son élève, tenta d'expliciter :

- Le corps humain est fait de plein de choses, c'est très compliqué et complexe, retient seulement le mot « gènes ». Ces gènes qui nous composent, entre autres, forment nos corps et notre identité. Tout être est unique, il n'y en a pas deux semblables. Même deux vrais jumeaux ne sont pas exactement pareil.

Harry acquiesça. Il avait remarqué, chez des jumelles qui vivaient autrefois dans son quartier, que, malgré les apparences, elles avaient de nombreuses différences.

- Un cracmol est le terme employé chez les sorciers pour désigner ces personnes nées avec si peu de magie qu'elles ne peuvent l'utiliser. C'est le cas du concierge de Poudlard, monsieur Argus Rusard.

Le regard de l'enfant s'éclaira un peu. C'était un sujet véritablement intéressant et qui répondait à beaucoup des questionnements de Harry sur les monstres, les sorciers et la magie en générale, autant qu'il posait de nouvelles questions. Il espérait que son professeur allait continuer sur sa lancée à lui faire ce petit cours d'Histoire de la Magie bien plus passionnant que les cours qu'il avait eu avec son ectoplasme de professeur à Poudlard.

Seulement, Severus avait un but derrière tout ça et il devait poursuivre :

- Maintenant que ceci est plus ou moins clair, connaissez-vous la définition du mot « monstre » ?

Aussitôt, toute la curiosité qui était venue à Harry pendant la conversassions disparue pour ne laisser qu'un blanc dans son esprit. Un blanc paralysant qui obstrua immédiatement toute capacité à réfléchir.

Severus sut qu'il avait été trop brusque. D'un geste vif, il invoqua un dictionnaire, se leva et, en deux grandes enjambées, se plaça aux côtés de son élèves.

- Harry. Je vais te lire la définition exacte du mot monstre dans le dictionnaire. Ainsi, tu sauras qu'il n'y a aucune interprétation à avoir sur ce terme avec lequel tu te définis. Écoute-moi attentivement. Je peux avoir ton attention encore quelques minutes ? Ensuite, nous ferons une pause.

L'enfant sortit un peu de son brouillard et mit tous ses efforts dans sa concentration. Lorsque Severus estima que c'était suffisant, il débuta sa lecture :

- « Monstre : Individu dont la morphologie est anormale, soit par excès ou défaut d'un organe, soit par position anormale des membres. » Tu n'es ni l'un ni l'autre. Passons à la suivante : « Personne qui provoque la répulsion par sa laideur, sa difformité. » là encore, ce n'est pas ton cas, je puis te l'assurer. Poursuivons : « Personne qui suscite la crainte par sa cruauté, sa perversion. » tu ne provoques ni crainte, ni cruauté. Suivante : « Créature légendaire, mythique, dont le corps est composé d'éléments disparates empruntés à différents êtres réels, et qui est remarquable par la terreur qu'elle inspire. » tu n'es pas une créature légendaire, ça se saurait, quoiqu'en dise la presse ! Et enfin : « Animal dont la grande taille, la laideur ou l'aspect féroce inspire l'étonnement ou la crainte. » tu n'es ni laid, ni féroce et tu es loin d'avoir une grande taille. Aucune de ces définitions ne correspond à ta description. Peux-tu en convenir ?

Harry le regarda avec de grands yeux brillants. Il ressemblait à un faon prit dans les phares d'une voiture.

- Es-tu l'une de ces choses, Harry ? Répéta Severus en captant le regard de l'enfant. Non. Tu es un enfant, un Homme, plus précisément un sorcier. Rien de plus, rien de moins.

Quelque chose lâcha au plus profond de lui et Harry éclata en sanglots. Severus ne put que réceptionner le petit corps qui s'abandonnait à la vérité et le tenir contre lui.

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Merci pour votre lecture ! J'attends vos retours avec impatience !

J'espère que ça vous a plu ! À bientôt !