Bonjour, bonsoir !

Merci à tous pour vos messages et encouragements ! Ça me fait vraiment très plaisir !

Aujourd'hui je vous délivre un chapitre un peu plus long que la moyenne. On s'approche de la fin … J'espère qu'il vous plaira ! Je voulais vous prévenir aussi : il y a des chances pour que je saute une semaine de publication. Mon concours approche à grand pas et j'ai pas mal de boulots en plus à côté, ce qui me prend beaucoup de temps et d'énergie ! Et comme ma fiction « Réapprentissage » à ma priorité, si je dois n'en publier qu'une, ce sera elle. Donc il risque d'y avoir un ou plusieurs suspens dans les semaines à venir (mon concours est début avril et cette incertitude perdurera jusqu'à ces dates). Pas d'inquiétudes, cependant : je terminerais cette histoire ! Elle me tient à cœur et vos encouragements m'ont beaucoup porté !

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture ! On se retrouve en bas ;)

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Chapitre 16

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- La règle n'a pas changé, Harry. Tu dois manger. Ce n'est pas une question de droit, c'est une question de besoin. L'homme, le sorcier, nous avons besoin de nous nourrir chaque jour et à chaque heure de repas pour être en bonne santé. Un enfant de ton âge, encore en pleine croissance, a besoin d'autant plus d'énergie qu'un homme comme moi.

L'enfant face à lui tremblait un peu, mais arrivait à tenir son regard, comme Severus le lui avait demandé. Il avait picoré sa part de tarte jusqu'au bout, mais Harry avait ensuite hésité à continuer avec la crème dessert. Après un regard appuyé de son professeur, il consentit à finalement déguster sa pâtisserie. Par petites bouchées, il la mangea entièrement et Severus en fut satisfait.

Quand tous deux eurent finit leur repas et que la table fut débarrassée, ainsi que la vaisselle lancée, le professeur conduisit son élève au salon, à l'étage. Là-bas, ils s'installèrent confortablement, Severus y veilla : Il alluma un petit feu de cheminée, distribua un petit coussin et un plaid, puis prit place près de son élève, sur le fauteuil qui lui faisait face.

- Harry, si tu es ici aujourd'hui – et je sais que tu te poses la question – c'est parce qu'une procédure a été lancée à l'encontre de tes tuteurs.

L'enfant s'était crispé, mais Severus était certain qu'il ne comprenait pas encore l'entièreté de la situation et c'était son rôle de la lui expliquer.

- Nous avons constaté, mes collègue, l'infirmière, le directeur, quelques-uns de tes camarades et moi, de nombreuses choses qui nous ont dérangé. Ton comportement était assez révélateur et ton corps portait les stigmates de mauvais traitements.

Harry avait tressailli, il avait peur de ce qui pouvait lui être reproché, mais Severus avait levé la main Le professeur savait que ses propos seraient mal interprétés, il s'empressa donc de compléter sa pensée :

- Tes tuteurs avaient pour devoir de prendre soin de toi et ils ont échoué en tout. La bonne santé, la bonne éducation, tu n'as reçu rien de tout cela et tu n'étais pas heureux avec eux, Harry. Tu aurais du avoir une instruction à la maison ou être inscrit à l'école et ça n'a pas été le cas. Tu aurais du manger à ta faim tous les jours, dormir dans un lit, dans une chambre, ne serait-ce que dans un lieu décent, tu aurais du recevoir un minimum d'affection, comme tout ce que mérite un enfant. Sais-tu tout cela, Harry ?

L'enfant évita son regard, mais Severus se pencha sur lui et releva gentiment son menton.

- Harry, il faut que tu le comprennes, ça. Ton oncle et ta tante auraient du te donner toutes ces choses et ce n'est pas normal qu'ils ne l'aient pas fait, tu comprends ?

Son élève acquiesça, mais le professeur savait que cela mettrait du temps pour que l'enfant le comprenne, l'accepte et le reconnaisse. Tellement de temps, sûrement, qu'il se passera plusieurs semaines, plusieurs mois peut-être, voire quelques années s'il n'était pas bien entouré. Cependant, de cela, Severus ne doutait pas. Sa prochaine famille, qui qu'elle soit, serait bonne pour l'enfant, Albus et toute l'équipe pédagogique y veilleraient.

- Le docteur que tu as rencontré avant que nous partions, hier, expliqua Severus, était envoyé par le ministère pour une enquête officielle. Il a lu nos différents rapports sur les observations que nous avons eu tout au long de la semaine, il t'a examiné et, à l'heure actuelle, il a du rendre son verdict et un dossier a sans doute été envoyé aux services compétents pour te trouver une nouvelle famille digne de ce nom. Une qui saura te donner tout ce dont tu as besoin.

Le professeur fit une pause dans l'espoir que l'enfant s'exprime, ce que Harry fit assez rapidement, à son étonnement :

- Je vais quitter les Dursley ? Demanda-t-il perplexe.

- Oui, Harry.

- Mais …

L'enfant se mordit alors les lèvres, certain de faire une bêtise en intervenant de façon intempestive.

- Dis-moi, Harry.

Le menton baissé et se triturant les doigts, l'enfant hésita longtemps, mais Severus le laissa prendre son temps. Après une poignée de minutes dans le silence, l'homme se pencha sur son élève et posa une main sur son genou.

- Tu peux tout me dire, Harry. Je promets de ne pas me fâcher. Nous sommes ici, tous les deux pour discuter librement.

Il fallut soixante autres secondes au jeune garçon pour se lancer. Cependant, Severus ne comprit pas les balbutiements à peine chuchotés et du demander à Harry de répéter.

- Je vais aller où ?

Le maître des potions sentit son cœur se serrer.

- Nous allons te trouver une nouvelle famille. Une famille qui te donnera tout ce dont tu as toujours manqué : de l'amour, un bon petit plat à tous les repas, un endroit où dormir confortablement.

Harry avait vraiment beaucoup de mal à imaginer que cela puisse être vrai. Il savait qu'il n'avait toujours reçu que ce qu'il méritait.

- Mais pourquoi ?

Severus était bien conscient que l'enfant en face de lui aurait du mal à le croire. Seulement, il fallait vraiment essayer.

- Parce que tu es un enfant et que c'est tout ce dont un enfant à besoin. Il y a des centaines de familles dans le pays qui rêve d'adopter un enfant, Harry. Tu feras le bonheur de l'une d'entre elle, j'en suis sûr.

- Mais … Et les Dursley ?

Severus soupira. Il ne savait pas ce qui allait advenir de l'ancienne famille de son élève. La justice sorcière n'avait que très peu d'emprise sur le monde moldu. La seule chose dont il était certain, était que plus jamais ils n'auraient de contact avec Harry. Les oubliators s'en assureraient.

- Des hommes du ministère leur jetterons un sort pour qu'ils oublient le monde magique et ton existence. Ils ne se souviendront plus de toi.

Une drôle de lueur passa dans le regard de Harry. Severus n'était pas certain quant à l'interprétation qu'il devait en avoir, mais, assurément, cette annonce n'avait pas laissé l'enfant de glace. Il craignait que ce soit un autre signe de l'emprise malsaine qu'avaient construit son oncle et sa tante et il n'eut pas tout à fait tort :

- Qu'y a-t-il, Harry ?

- Ça veut dire que … je peux pas les rembourser ?

Fronçant les sourcils, incertain et craignant le pire, Severus demanda des précisions :

- Que veux-tu dire, Harry ?

L'enfant se tortilla de nouveau les doigts avant de répondre :

- Bah, je dois les rembourser !

- De quoi dois-tu les rembourser, Harry. Je ne comprends pas, un enfant n'a pas à avoir de dette envers sa famille, surtout à ton âge !

- Bah …

Harry chercha comment expliquer à son professeur le fonctionnement de sa famille et le contrat entre son oncle, sa tante et lui.

- Mon oncle, il tient un cahier où il écrit tout ce que je prends de l'eau, quand je mange et l'électricité.

Severus espérait avoir mal compris la phrase maladroite de l'enfant, mais malheureusement il craignait que ce ne soit pas le cas.

- Peux-tu m'expliquer ?

- Tante Pétunia, elle dit que je coûte beaucoup d'argent parce que quand je me lave et bah j'utilise de l'eau et quand je bois aussi. Et puis quand je fais le ménage et bah j'ai besoin de l'eau aussi et des fois et bah j'en prend un peu beaucoup alors Oncle Vernon il est fâché parce que ça coûte cher l'eau. Alors je dois rembourser ! Mais comme j'ai pas d'argent et bah je travaille plus ! Mais si je pars je pourrais plus travailler et je vais pas pouvoir rembourser !

Severus était déconcerté par un tel discours, mais il ne fallait pas qu'il s'énerve. Il devait expliquer :

- Ce n'est pas normal, Harry. Un enfant ne doit pas travailler pour obtenir le droit de se laver ou de boire ! Peu importe que tu n'aies pas rembourser cette dette fictive. Tu ne verras plus jamais ton oncle, ta tante et ton cousin. Je pense sincèrement que c'est une bonne chose.

Il laissa son élève méditer à tout cela et, après avoir prévenu Harry qu'il revenait dans un instant, s'en alla chercher quelques potions.

Pendant ce temps-là, l'enfant réfléchit aux propos de son professeur. Il n'avait jamais remis en cause la normalité ou l'anormalité de son éducation, mais pour ce qu'il en était de la conclusion de l'homme, il ne savait quoi en penser. Il n'arrivait pas à imaginer une vie loin de Privet Drive, sans son oncle, sa tante et son cousin. Il avait vécu comme ça toute sa vie et, hormis à Poudlard, n'avait jamais rien connu d'autre. Cependant, il était vrai que, depuis qu'il avait découvert le monde magique, bon nombre des paroles de son ami et de ses professeurs avaient chamboulé sa vision des choses.

Il était encore en pleine réflexion lorsque son professeur revint avec trois fioles dans les mains.

- Voici trois potions. La première est un complément alimentaire pour pallier tes carences. La deuxième est une potion qui t'aidera à digérer. Tu as avalé une certaine quantité de nourriture ce midi et ton estomac n'y est pas habitué, il pourrait se contracter et te rendre malade. Ce serait contre-productif.

Harry acquiesça, approuvant.

- La dernière est un calmant. Il t'aidera à faire une courte sieste. Tu as besoin de repos et les autres potions agiront mieux si tu dors.

L'enfant eut une petite grimace, mais ne protesta pas et avala les trois liquides peu ragoutants.

- Bien, tu peux te reposer ici ou dans ta chambre, si tu préfères, peu importe, c'est toi qui choisis. À ton réveille, nous discuterons de la suite du week-end.

Harry préféra se réfugier dans sa chambre et monta rapidement. Dès qu'il fut sorti de la pièce, Severus soupira fortement. Il fit craquer ses cervicales puis se dirigea vers la cuisine. Là-bas, il se saisit de la liste de sa collègue et commença à réfléchir à plusieurs points qu'il devrait présenter à son élève.

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Une petite heure s'était écoulée lorsque Harry émergea. Un rayon de soleil perçait timidement à travers l'étroite fenêtre. Le petit brun se frotta les yeux et baya lâchement. Reprenant doucement ses esprits, il se leva lentement. Après une bonne minute, il n'y tint plus et prit sur lui pour aller aux toilettes.

Soulagé, il hésita à descendre. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Son professeur n'avait donné aucune instruction. Il n'entendait aucun bruit, nulle part. Craintif, il descendit les escaliers sur la pointe des pieds. Tendant l'oreille, il essaya de distinguer l'emplacement de son hôte, mais il n'y parvenait pas.

Avançant plus en avant dans le salon, il découvrit finalement l'homme en pleine lecture, silencieux. Harry fit un pas en avant, mais son professeur semblait tellement plongé dans sa lecture et ne s'était pas aperçu de sa présence. Il fit un pas de plus, mais rien ne changea. Gêné, il se demanda s'il devait le déranger ou repartir et le laisser tranquille. Après tout, lui aussi devait se reposer. Il travaillait toute la semaine et devait supporter des centaines d'élève.

- Tu peux t'asseoir, si tu le souhaites.

Harry sursauta violemment. Finalement, son professeur l'avait entendu. Il devait être ridicule. Honteux, il s'approcha et s'assit aux côtés de l'adulte. Severus posa son livre et planta son regard dans celui de l'enfant.

Après un court silence, il demanda :

- Raconte-moi encore un peu ton quotidien chez ton oncle et ta tante. Tu travaillais au ménage, d'après ce que j'ai compris. Était-ce tout ?

Naturellement, Harry répondit. Ces quelques heures passées avec son professeur de potion l'avaient mis en confiance. L'homme n'avait pas une seule fois élevé la voix, il ne l'avait jamais grondé ni puni. Il l'avait, en revanche, écouté, l'avait rassuré un bon nombre de fois et, surtout, il avait pris soin de lui.

Ainsi passa de longues minutes, puis une heure, un temps pendant lequel Harry raconta sa vie chez les Dursley : son quotidien, ses corvées, ses privations, le harcèlement qu'il avait subi de son cousin, les insultes systématiques de sa tante et le rabaissement de son oncle. Severus serra les dents, se forçant à rester calme, surtout quand son élève lui raconta la « récompense ». Il savait toute la perversité que pouvait exercer un homme de pouvoir, tel que l'était l'oncle de Harry qu'il savait chef d'entreprise, sur un enfant vulnérable. Et il enrageait, mais il savait que, à cette heure-ci, il ne pouvait exprimer son réel sentiment. Il devait attendre que l'enfant ait fini. Ce qui arriva rapidement.

Un silence régnait à présent dans le salon. Harry était vidé et Severus plein de tension. Seulement, il ne pouvait se permettre de la montrer. L'enfant avait encore besoin de son soutient.

- Viens me voir, Harry. Approche-toi.

Timidement, l'enfant rétrécit l'écart entre lui et son professeur. Il s'assit près de lui, sans oser être trop près. Cependant, Severus voulait tout autre chose :

- Puis-je te prendre dans mes bras, Harry ?

Harry le regarda avec de grands yeux écarquillés. Il n'y croyait pas. D'une toute petite voix, il répondit par l'affirmative et, doucement, son professeur referma une douce étreinte sur son petit corps.

- L'affection n'est pas une récompense, Harry. On en donne parce qu'on aime une personne, parce qu'un enfant en a besoin, parce que c'est agréable.

L'enfant était crispé contre son professeur. Severus ne serrait pas beaucoup, c'était juste ses bras enroulés autour de son élève, de façon réconfortante. Ses mains, l'une posée dans son dos et l'autre dans ses cheveux, faisaient de tous petits gestes pour l'apaiser. Ce qui finit par faire son effet. Harry se détendit et se coula dans l'étreinte.

- Je t'ai demandé l'autorisation de te prendre dans mes bras, Harry, car il y a une chose primordiale qu'il faut que tu comprennes.

Il resserra brièvement ses bras sur l'enfant et caressa ses cheveux tant pour le garder serein que pour son propre calme.

- Ton corps t'appartient, Harry. Personne n'a le droit d'y toucher, surtout pas comme ton oncle l'a fait. Ces gestes qu'il a porté sur toi, sont entièrement déplacés et s'apparentent à une agression sexuelle. C'est très grave et il n'aurait jamais du le faire. Il a profité de toi, ce n'est pas de ta faute, c'est lui le fautif. À l'avenir, ne laisse personne te toucher de la sorte. Tu verras plus tard, lorsque tu connaîtras l'amour, avec une jeune fille ou un jeune homme, peu importe, si tu veux aller plus loin, mais tu es encore très jeune et personne n'a le droit d'attenter à ta pudeur.

Il soupira et plongea son nez dans les cheveux fou du garçon contre lui.

- Ça veut dire que personne ne doit te toucher si tu ne le veux pas et encore moins de cette manière, reformula-t-il. Encore une fois, j'insiste parce que c'est important, recevoir de l'affection n'est pas une récompense. Si tu aimes les câlins, demande à un ami, à ta future famille, mais attention : eux aussi ont le droit de refuser, comme tu en as le droit si l'un d'eux te le demande. Certaines personnes sont tactiles, c'est à dire qu'elle aime les contacts, tandis que d'autres sont mal à l'aise avec ça. C'est à toi de découvrir ce que tu aimes ou non.

Il s'écarta un peu de l'enfant pour le regarder dans les yeux et lui dit :

- Quoi qu'il arrive, si quelque chose te tracasse, si tu as une question à ce sujet, ou à propos d'autre chose, tu peux venir voir un professeur. Nous sommes là aussi pour ça. Nous savons qu'être loin d'un cadre parental pendant si longtemps peut être dur, surtout les premières années. Donc si tu veux parler ou pour quoi que ce soit d'autre, n'hésite pas à venir nous voir. Nos bureaux sont toujours ouverts à nos élèves. Tu pourras venir me voir quand tu veux, tu comprends ?

Harry, très ému, acquiesça. Ses épaules tremblaient un peu et ses yeux étaient humide, mais un doux sourire ornait ses lèvres.

- Bien. Alors souviens toi de tout ce que je t'ai dit et tout se passera bien. Maintenant, discutons de quelques règles que tu devras suivre à Poudlard à notre retour.

Le professeur et son élève firent le tour des droits et devoirs d'un enfant, des règles à suivre pour avoir une bonne hygiène de vie et les comportements à avoir en cas d'interrogation ou de problème, quel qu'il soit.

Ainsi, ils passèrent un week-end riche en émotions. Severus s'appliqua à changer les idées de son élève et Harry à exorciser ses années de maltraitance. Il y eut des hauts et des bas, mais ce fut une véritable bouffée d'air pour tous les deux.

Tant pour Harry qui vivait normalement pour la première fois de sa vie, que pour Severus qui s'attachait un peu à son élève particulier.

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Merci pour votre lecture ! J'espère que ça vous a plu ! J'attends vos retours ! :)

À bientôt !