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DEUXIÈME PARTIE/2

(Un petit WARNING pour lemon soft à ma façon ^^)

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Dans la matinée, le premier à rouvrir les yeux, fut Castiel. Il avait trop chaud et mit une seconde à se rappeler à qui appartenait ce torse contre lequel il dormait.

Dean...

Souriant, il referma alors les yeux pour se rendormir et profiter encore un peu, mais il avait vraiment trop chaud et se disant que Dean ne s'en offusquerait pas, c'est à la recherche d'une surface fraîche sur le matelas, qu'il pivota, roulant sur lui-même, pour se retrouver sur le ventre et enlacer le deuxième oreiller de ses bras, avant de se rendormir.

Mais quand il fut satisfait de sa migration, le corps de Dean, lui, se retrouva saisit d'un frisson de perdre le contact avec le sien et ce dernier se réveilla à son tour.

Il eut alors un instant de réflexion quand il ne reconnut pas son plafond au-dessus de lui. Jamais, au grand jamais il ne se réveillait le lendemain matin dans le lit de ses conquêtes, tout au plus très tôt, quand il s'était endormi sans s'en rendre compte, avant de s'en aller et c'est avec un grand sourire, qu'il se remémora la nuit passée et Castiel qui était la raison de cette infraction à ses propres règles.

Il n'avait pas eu envie de le quitter.

Il avait eu envie de rester près de lui et égoïstement, le désir que plus jamais aucun autre, après lui, n'ai droit à ses faveurs. Oui, pour la première fois de sa vie, il se retrouvait auprès d'un mec qu'il avait envie de garder pour lui tout seul. Et c'était bon, se dit-il en frottant ses yeux fatigués.

Puis, tournant la tête vers son voisin de lit, qui s'était éloigné de lui, il se mordilla la lèvre inférieure, bouffé d'envie de le toucher.

Allongé sur le ventre, son oreiller serré dans ses bras, le visage tourné de l'autre côté, la respiration calme, il semblait parfaitement paisible... il était beau...

N'y résistant alors pas, pivotant vers lui, Dean déposa délicatement sa main sur son épaule et la fit glisser en une caresse sur ses omoplates, le temps d'un léger allé-retour sur le haut de son dos et Castiel en lâcha un soupir d'aise, avant de tourner la tête dans sa direction.

Ses joues étaient rosies et il sourit timidement.

« -Salut. Chuchota-t-il en dégageant une mèche de cheveux qui lui chatouillait le front.

Quittant son regard, Dean posa alors ses yeux sur sa main restée sur son épaule.

« -Salut. Répondit-il en faisant dévaler ses doigts tout le long de son dos.

Repoussant en même temps, le drap le recouvrant, il eut alors la satisfaction de le voir onduler sous ses caresses et quand, poussant le geste jusqu'à ses fesses, il replanta son regard dans le sien, Castiel tourna à nouveau son corps vers lui, pour se soulager de l'inconfort de son érection matinale d'ores et déjà aggravée pas ses soins.

Et quand Dean s'apprêta à le repousser sur le dos, afin de le recouvrir de son corps affamé de lui, c'est Castiel qui l'incita le premier à s'allonger, le faisant râler de plaisir, quand il ondula à nouveau, contre lui et que leurs bassins se rencontrèrent.

Ils s'embrassèrent alors profondement, soupirant de désir, de ce besoin de soulagement qui possédait à présent leurs corps à peine sortis du sommeil.

Puis Castiel quitta sa bouche, plongeant contre sa gorge, couvrant sa peau brûlante, de baisers humides, rafraîchis par son souffle sur sa peau, poursuivant sur son ventre, avant de disparaître sous les draps.

Un nouveau râle, plus bestial, échappa alors à Dean, quand son sexe pénétra sans la bouche de son partenaire et il se laissa envahir par le plaisir divin que lui procurait cette gâterie matinale sur son corps en éveil et cette brûlante chaleur que pouvait offrir la bouche d'un amant talentueux.

Toutefois, son plaisir grimpant vite, il finit tout de même par se redresser en position assise, ôtant le drap recouvrant la tête de Castiel pour le faire stopper.

Se laissant faire, quand il l'incita à se redresser à son tour, de ses mains de chaque côté de son cou, Castiel embrassa ses lèvres, avant de sucer sensuellement sa langue que Dean darda dans sa bouche.

Puis un genou de chaque côté de ses hanches, c'est sans interrompre leur jeu de bouche indécent que Castiel enroula son bras gauche autour du cou de Dean, avant d'amener son autre main dans son propre dos.

Se saisissant alors du sexe de son partenaire, qui piaffait sous ses fesses, il le guida vers son intimité et ne perdit pas une seconde, avant de l'introduire lentement en lui.

Gémissant, il quitta alors sa bouche et ils se regardèrent, tandis qu'il s'empalait sur sa chair, le corps couvert de frissons. Puis fermant les yeux, saisit d'un pic de plaisir, Castiel rejeta la tête en arrière, quand Dean, donna un coup de bassin en avant qui le fit pénétrer en son corps jusqu'à la garde.

Râlant lui aussi, ses mains agrippées à ses hanches, il l'immobilisa alors, appréciant cet instant enserré en son corps, qui acceptait son intrusion et s'adaptait à sa présence à présent familière.

Essoufflé, Castiel redressa la tête. Le surplombant légèrement, il enfouit ensuite les doigts de ses deux mains dans ses cheveux, à l'arrière de sa tête pour la lui faire relever, prenant possession de sa bouche dans un grognement de plaisir, tandis qu'il se mettait à bouger.

...

Caressant ses hanches, ses fesses, son corps ondulant sous ses doigts, Dean se dit alors que le Castiel rougissant sur qui il avait flashé au premier regard, qui l'avait fait chavirer en l'espace de quelques heures de flirt innocents, du pub jusqu'à chez lui et mourir de plaisir durant la nuit, lui plaisait d'avantage à chaque seconde et que si ça continuait comme ça, il allait s'y attacher sérieusement... Peut-être pas jusqu'à en tomber amoureux, il ne savait pas trop comment faire ça, mais faire un petit bout de chemin avec lui, jusqu'à ce que Castiel se lasse de sa présence...

...

L'enserrant dans ses bras, en l'immobilisant par la même occasion, Dean interrompit leur baiser afin d'éviter une douloureuse collision de leurs dents, quand il fit basculer leur duo sur le côté.

Puis roulant pour le surplomber, il ré-initia le mouvement, investissant lascivement son corps en de longs allés-retours, ponctués de coups de bassin, profonds, qui, il le savait maintenant, rendaient Castiel dingue.

Pour toujours plus de plaisir à lui donner, se saisissant de son membre en souffrance entre leurs corps, il s'appliqua ensuite à le masturber, désynchronisant son geste à ses coups de reins pour rendre son partenaire encore plus fou. Et quand il sentit qu'il ne tiendrait plus longtemps lui-même, c'est satisfait qu'il se délecta de la vision de Castiel, qui, le dos cambré à l'extrême, tordu de plaisir, jouit bruyamment, le faisant venir à son tour.

Ils s'embrassèrent alors avidement, comme, encore affamés de l'autre, roulant sur le lit pour se retrouver de côté, ils finirent par s'interrompre, s'observant, essoufflés, avant de se sourire et s'embrasser à nouveau, longuement... amoureusement... conscients en cet instant, tous deux, qu'il se passait quelque chose de bon en eux.

Premiers symptômes d'un amour naissant, l'embryon d'un amour indestructible qui les posséderait bientôt.

Mais pour l'heure, s'interrompant encore, ils soufflèrent doucement pour faire redescendre cette chose folle qui faisait paniquer leurs cœurs et qu'ils avaient déjà du mal à contrôler.

Puis Castiel posa sa main sur la joue de Dean, caressant sa pommette de son pouce et déposa un baiser sur ses lèvres.

« -Est-ce que je peux espérer te garder pour moi un moment ? Chuchota-t-il contre sa bouche, le visage en feu. J'ai pas envie de te laisser t'en aller Dean...

Prenant sa main sur son visage, Dean l'amena à sa bouche, embrassant ses doigts, avant de les entrecroiser aux siens, tandis que son cœur venait de faire un violent bond dans sa poitrine.

« -Combien de temps penses-tu pouvoir me supporter avant de te lasser de moi ?

« -Ça dépend... Faisons une période d'essai... Dix ans ça te convient ?

« -C'est court...

« -Saurais-tu te contenter de moi plus longtemps ?

« -Sans problème... Dit Dean en caressant ses lèvres des siennes.

Castiel sourit.

« -Marché conclu alors ?

« -Marché conclu !

« -Génial... Dit-il en enroulant ses bras autour de son cou.

Puis il se moula d'avantage contre lui et frôla ses lèvres à celle de Dean...

« -Toutes mes félicitations Monsieur, vous venez d'entrer dans ma vie.

« -Et vous dans la mienne... Bienvenue également... Finit-il en investissant profondément sa bouche.

Ce baiser signant définitivement ce pacte, c'est par leurs corps qu'ils le célébrèrent alors, jusqu'à la jouissance libératrice et se rendormirent, encore dans les bras l'un de l'autre, épuisés de plaisir.

...

Ils passèrent ensuite leur toute première journée à deux, tous les deux, n'ouvrant la porte à personne, ne répondant pas au téléphone, juste tous les deux... Ils avaient décidé de disparaître de la circulation !

Ils pouvaient bien se réserver ce jour, après tout le lendemain en serait un autre, alors celui-ci était à eux !

...

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...

Ils passèrent donc cette fin d'hiver au chaud dans les bras de celui qui était à présent son petit ami.

Un couple né à la plus grande surprise générale de leurs amis qui n'avaient rien vu venir et découvert la chose une fois faite. Mais leurs sentiments naissants s'amplifièrent si vite, qu'au printemps, ils étaient officiellement amoureux fous et tout le monde le savait... et le voyait.

Mais même si les choses étaient évidentes, elles n'avaient jamais été dites et c'est finalement Castiel qui cracha le morceau en premier.

Ça se passa un jour comme un autre... Un jour ou Castiel était allé acheter rapidement, des pâtisseries pour le dessert, de l'autre côté de la rue et qu'à son retour, il retrouva Dean endormit dans le fauteuil où il l'avait laissé quelques minutes plus tôt. Il travaillait dans une société d'informatique et ne comptait plus ses heures pour obtenir une promotion à ce moment-là et il sombrait souvent ainsi en rentrant du boulot.

C'est donc le visage orné d'un sourire compatissant, que Castiel s'assied sur l'accoudoir près de lui et passa délicatement ses doigts dans ses cheveux, avant de se pencher vers lui et embrasser sa tempe.

« -Je t'aime. Chuchota-t-il alors, se faisant, lui-même, monter les larmes aux yeux de s'entendre dire ça.

C'était venu si naturellement...

Puis, tandis qu'il allait se lever pour aller préparer le repas, quelque peu troublé, Dean, réveillé, se saisit de son poignet et le fit basculer sur lui, avant de l'enserrer dans ses bras, sa main caressant sa nuque.

« -Dean qu'est ce qu'..

« -Je t'aime aussi Castiel. Je t'aime comme un fou.

Castiel sourit. À nouveau traversé par l'émotion ressentit précédemment. C'était vraiment aussi bon à entendre, qu'à dire... sinon plus...

Merde. Est-ce que la loi autorisait d'être si heureux ?

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Mais un jour, le bonheur en prit violemment un coup, quand vint une douleur inattendue...

...

Invités tous les deux chez Gabriel et Balthazar qui pendaient la crémaillère de leur premier « Chez eux » commun, Balthazar leur annonça, qu'ils n'allaient peut-être pas garder ce nouvel appartement, car il venait de perdre son emploi au collège, où il était professeur de français.

« -T'as été viré ? S'exclama Castiel. Qu'est ce qui s'est passé ?

« -J'ai fait une connerie. Je suis passé en Conseil disciplinaire... une véritable inquisition, je... et j'ai perdu. J'ai été viré avec interdiction totale d'enseigner à nouveau dans un établissement scolaire de Chicago.

« -Merde ! Qu'as tu fait de si grave pour mériter une telle condamnation ?

« -J'ai giflé un élève.

« - Non ! Intervint Gabriel. Il a giflé LE mauvais élève.

« -Oui.

« -Le mauvais élève ? S'étonna Dean. Dans quel sens ?

« -Dans le sens fils du directeur.

« -Oh.

« -Un élève exemplaire, studieux et méritant. Continua Balthazar. Je me disais que tout prof aimerait avoir un élève comme lui. Mais le mois dernier, je le félicite d'une copie parfaite après un cours et il me dit qu'il aimerait être professeur. Alors moi, je suis content et je lui dit « Oh ! Professeur de français comme moi ? » Et là, son visage devient haineux et il me dit « Non, je ne serai jamais comme vous, je ne suis pas une sale pédale ! » Et je l'ai giflé... je l'ai giflé, c'est partit tout seul... Et me voilà sans emploi et grillé à vie par le très influent père du gamin.

« -J'aurais fait pareil. Dit Gabriel.

« -L'homophobie est vraiment un fléau. Dit Castiel du bout des lèvres.

« -C'est vrai. Poursuivit Balthazar. On a tous des exemples. Ce gamin n'a pas été le premier haineux à traverser ma vie.

« -Oh oui. Confirma Gabriel. On m'a même refusé un job, parce que dans mon curriculum vitae il y avait le Blue Lagoon... Bon... je pense que le patron m'y avait vu, sa tête me disait vaguement quelque chose et je pense que ce gars était de ceux qui ne s'assument pas et du coup extrêmement homophobe par défense.

« -Ce sont peut-être les plus dangereux. Ajouta Balthazar.

« -Oui, carrément ! Confirma Castiel.

« -À voir ta tête j'ai l'impression que tu en as aussi été victime, je me trompe ? Dit Gabriel à Dean, en le voyant quelque peu crispé et semblant mal à l'aise face au sujet de la conversation.

« -C'est vrai ? Tu as eu des soucis dans le genre ? Insista Castiel qui lui trouva aussi un air étrange.

« -Non. Je n'en ai pas été victime, non, je... j'ai plutôt été le bourreau... j'étais de ceux-là...

« -Bourreau est peut-être un terme un peu fort. Dit Gabriel.

« -Non pas pour moi, au contraire, il me va comme un gant.

« -Comment ça ? Questionna Castiel.

Hésitant à répondre, Dean les regarda un à un et finit par se lancer, malgré ses réticences.

« -C'était à l'époque du lycée...

Le cœur de Castiel fit un bond.

« -... et j'ai fait des choses... dont je ne suis pas fier, je peux vous le garantir...

« -À ce point là ? S'étonna Gabriel.

« - J'étais une terreur... à l'époque j'avais les cheveux longs, décolorés, je me faisais appeler Jay et... j'étais un immonde imbécile...

Tiquant violemment Castiel ouvrit de grands yeux... c'est le déclic. Il sait pourquoi il avait eut l'impression de le reconnaître, le jour de leur rencontre... C'est parce que c'était le cas.

« -...je regrette tellement aujourd'hui... Je culpabilise encore pour certaines horreurs que j'ai fait subir à certains... surtout un pauvre gars... un certain Ford à qui j'ai fait les pires choses...

Décomposé, Castiel sentit son cœur se flétrir de douleur, mais Dean poursuivit.

« -...Je me demande souvent ce qu'il est devenu. La dernière fois que j'en ai entendu parler, il avait fait une tentative de suicide et j'ai été viré du lycée, j'ai fini dans un pensionnat à NewYork... j'espère qu'il est toujours en vie...

Se tournant vivement vers Castiel, Balthazar qui venait de faire le rapprochement avec une autre histoire, le découvrit blême et aurait voulu stopper là cette conversation, mais Dean avait ouvert la boite de son repentit, bouffé par un besoin de se confesser auprès d'eux et l'interrompre aurait été maladroit et impoli.

« -... il n'était pas très beau et s'assumait en tant que gay, ça me dépassait, ça m'enrageait... et avec le recule, je crois que j'étais tout simplement jaloux... je ne voulais pas m'avouer que je l'étais aussi et... j'étais en colère... je me suis vengé sur lui.

Abasourdit et son cœur compressé à en hurler, Castiel ne put alors retenir une larme qui coula sur sa joue et Gabriel qui ne savait pas ce que Balthazar savait, s'en rendit compte.

« -Castiel, tu pleures ? Dean ne t'en avait jamais parlé ? Dit-il, faisant se retourner tout le monde vers lui.

Livide, Castiel ne dit rien, il n'aurait de toute façon jamais pu émettre le moindre son, tant sa gorge était serrée.

« -Non. Souffla Dean, en posant posa sa main sur son bras.

Et c'est dans un mouvement brusque, que Castiel se leva par réflexe et se sauva précipitamment de l'appartement... Dean, que Balthazar n'avait pas pu retenir, derrière lui.

Mais quand Dean atteignit la rue, Castiel avait disparu.

Le cherchant partout, rue après rue, il mit alors un moment à retrouver sa trace, mais finit par tomber sur lui, dans un square, à son plus grand soulagement.

Assis sur un banc sous un réverbère, il avait la tête baissée et Dean s'approcha lentement de lui. Castiel était choqué par son passé, il le comprenait, mais espérait vraiment qu'il comprenne qu'il n'était plus le même.

S'asseyant alors près de lui, il ne dit pas un mot. Mais même sans relever les yeux sur lui, Castiel savait que c'était lui qui avait prit place à ses cotés et Dean le vit se voûter d'avantage.

« -C'était il y a longtemps tu sais. Je ne suis plus ce gamin stupide. Dit-il alors.

« -Je sais... Souffla Castiel.

« -Il ne faut pas que tu aies peur de moi à cause de ça, je... tu sais qui je suis, comment je suis, je...

« -Je sais oui, je n'ai pas peur de toi Dean, j'ai... je t'aime... Gémit-il avant de poser ses mains sur sa bouche pour ne pas se mettre à pleurer.

« -Qu'est ce... Je te demande pardon. Dit-il en le serrant dans ses bras, sentant Castiel se crisper. Je me rends compte que j'aurais dû garder ça pour moi...

Castiel secoua la tête contre son épaule et le repoussa doucement pour qu'il le lâche.

« -Dean on... on était dans le même lycée. Dit-il tout bas.

« -Quoi ?

« -Je connais le Ford dont tu parlais...

« -C'est vrai ? Tu sais, tu... c'était un ami à toi ?

Castiel ne répondit pas, tirant nerveusement sur ses manches.

« -Est-ce que tu le vois encore.

« -Quoi ?

« -Ce Ford tu le...

« -Heu... non c'est...

« -Il est toujours à Chicago ?

« -Oui, non... Bafouilla-t-il. Enfin, je ne...

« -J'aurais tellement aimé m'excuser auprès de lui... je lui ai fait tellement de mal... mais tu le sais...

« -Oui...

« -... je ne suis plus le même.

« -Je sais aussi...

« -Tu m'en veux ? Dit-il en regardant ses mains.

Relevant la tête vers lui, Castiel l'observa une seconde.

Il aurait dû lui en vouloir, il aurait dû le haïr, le fuir, mais...

« -Non, je... je ne peux pas... c'est chamboulé dans ma tête, mais... je t'aime et ça passe au-dessus de tout.

Dean posa sa tête contre son épaule.

« -Merci...

« -Je t'aime. Répéta Castiel en enfouissant sa main dans ses cheveux.

Et c'est lâchant un sanglot de soulagement, tant il avait eut peur que Castiel l'éjecte définitivement de sa vie, que Dean craqua, fondant en larme, comme un enfant.

...

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...

Bien sûr, bien qu'il ait décidé de ne plus jamais aborder ce sujet, il fallut un temps d'adaptation à Castiel et Dean vit bien que quelque chose avait changé dans sa façon d'être, avec lui.

Il se disait que peut-être il avait peur que le monstre ne réapparaisse et il s'efforçait à être toujours plus doux, plus tendre et attentionné, pour que plus jamais Castiel n'ait une mauvaise vision de lui.

Castiel, lui, se battait pour que son esprit ne mélange pas les deux personnages. Pour que sa mémoire finisse par faire la part des choses et sépare les deux entités, les deux histoires, afin de profiter de l'amour de son compagnon, Dean, qui n'était pas le Jay d'antan. Que Jay était quelqu'un d'autre.

Et le temps faisant son œuvre, six mois plus tard, ils vivaient à nouveau comme avant et s'aimaient plus que jamais.

Toutefois, preuve était faite que les non-dits, finissent toujours par remonter à la surface et un jour, quelqu'un, à qui Castiel n'avait pas tout dit non plus, vint frapper à la porte.

C'était en octobre, en fin de journée. Un week-end qu'ils prévoyaient calme et crapuleux... comme tous leurs week-ends.

Dix-neuf heures avaient sonnées, ils étaient tous deux affairés à préparer leur repas du soir et tandis que Castiel s'apprêtait à saler les quelques tomates qu'il venait de couper, quelqu'un frappa à la porte.

C'est donc, avec un grand sourire, qu'il alla vite dans l'entrée... et qu'il ouvrit la porte...

« -Castiel ! Tu es parti avec le sel !

...

« -Salut grand frère ! C'est moi ! S'exclama le visiteur enthousiaste en ouvrant grand les bras.

« -Ni... Nick ? Qu'est-ce que...

« -Et oui, c'est moi ! Viens ici. Dit-il en l'attrappant pour le serrer contre lui. Tu m'as manqué Cassie.

Répondant à son étreinte, Castiel ferma les yeux. C'était bon de le revoir.

Mais une boule de stress venait de se loger solidement dans son estomac, le faisant grimacer.

Puis...

« -Bonsoir ! Dit la voix de Dean dans son dos.

« -Bonsoir. Répondit Nick en relâchant son frère pour serrer la main tendue vers lui. Nouveau petit ami ? Dit-il dans un grand sourire.

« -Pas si nouveau quand même ! S'amusa Dean. Le petit frère ?

« -Le petit frère. Confirma Nick.

« -Dean.

« -Nick.

« -Enchanté de vous rencontrer.

« -Moi de même, mais on se tutoie OK ?

« -OK... Castiel tu... Ça ne va pas ? S'inquiéta-t-il en posant sa main sur sa nuque. Tu es tout pâle, tu te sens pas bien ?

« -Merde Cassie, il a raison. Dit Nick en posant son sac sur le sol. Tu es malade ?

« -Non. Souffla Castiel en s'efforçant de sourire. Non, je ne m'attendais juste pas à te voir, tout à coup... ça fait longtemps...

« -Huit mois. Dit-il alors que Castiel retournait dans le salon et qu'il le suivait au côté de Dean.

« -Mon Dieu tant que ça ?

« -Et oui ! Tu sais qu'il m'a fallut une seconde, quand tu as ouvert la porte, pour me souvenir... Je ne m'y fais pas. Tu n'es pas comme ça dans ma tête.

Dean fronça le front et Castiel secoua la tête.

« -Tu as faim ? Dit-il pour changer de sujet.

« -Une faim de loup.

« -Oh ! Intervint Dean. Ne bougez pas, je m'occupe de terminer de préparer le repas. Dit-il en récupérant le sel, que Castiel avait toujours à la main.

Ce dernier acquiesça alors et Dean s'éclipsa, laissant les frères se retrouver tranquillement.

Ils devaient avoir des tas de choses à se raconter après tout ce temps sans se voir !

Huit mois ? Ça faisait presque autant de temps que Castiel et lui étaient ensemble... il était temps qu'il rencontre son frère !

Observant Dean s'éloigner d'un pas guilleret, Castiel sourit. Il était vraiment parfait...

...

« -Il vit ici ? Demanda Nick, le sortant de sa rêverie. Vous êtes ensemble depuis longtemps ?

« -Fin mars.

« -Sans déconner fin mars ? Et pourquoi tu ne m'as jamais parlé de lui ?

« -Je ne sais pas... pas de raison particulière. Et puis je t'aurais dit ça quand ? Tu ne me donnes pas non plus de nouvelles tu sais ! Comment va ta chère et tendre Anna ?

« -Anna va bien. Mais tu changes de sujet !

« -Oui. Dit-il dans un sourire plein de dents.

« -N'empêche qu'il est déjà installé ici !

« -Non, pas vraiment, il a son appartement. Comme ça quand on louera la maison de maman, si tu veux toujours le faire, j'irai vivre avec lui là-bas.

« -Ah OK...

« -Oui il a un emploi, son appartement et non il n'est pas un profiteur venu squatter la maison.

« -Je ne pensais pas ça.

« -Mon œil.

« -Je fais attention à toi, tu vas pas m'en vouloir pour ça quand même !

« -Non. Je te remercie de t'inquiéter. Mais comme tu le vois, je vais bien et Dean est parfait.

« -Ça existe ça ?

« -De quoi ? Un mec parfait ?

« -Je croyais naïvement être le seul. Dit Nick dans un grand sourire.

« -Toujours aussi prétentieux à ce que je vois.

« -Oui je n'ai pas changé. Toi par contre... tu es différent.

« -Arrête avec ça... quand vas-tu comprendre que c'est moi et que le passé ne doit plus exister !

« -Je ne vois pas pourquoi.

« -Pour le bien de mon intégrité psychologique. Pour moi ! C'est beaucoup demander ? L'ancien moi n'existe plus. Et le fait que tu gardes les anciennes photos, ne t'aide pas à faire le deuil... Normalement... j'ai accepté, mais tu sais que les psys ont catégoriquement dit de tout détruire.

« -Mais ce sont des souvenirs !

« -Je m'en fiche ! Lui ! Dit-il en se montrant du doigt. C'est moi ! L'autre est mort ! Et donc oui, j'ai peut-être changé. Mais je me suis juste adapté à ce que j'ai reçu, la vie est tellement plus facile pour moi aujourd'hui, tu ne peux pas imaginer à quel point. Elle est douce et... belle... Est ce que tu comprends ? Il faut que tu t'adaptes, car l'autre ne reviendra jamais. Et je préférerais que tu sois heureux pour moi, plutôt que critique, car, je te jure que si on me proposait de revenir en arrière je dirais non. Aujourd'hui je peux dire que … j'aime ma vie... et c'est bon à vivre.

« -Tant mieux. Je veux que tu sois heureux.

« -Je le suis.

« -J'imagine qu'il y est pour quelque chose.

« -Dean ?

Nick acquiesça.

« -Oui il est le principal responsable de mon bonheur en effet. Je l'aime et... il m'aime aussi... Nous sommes heureux tous les deux.

« -Alors je suis heureux aussi.

Castiel sourit, les yeux brillants.

« -Tu ne vas pas pleurer, si ? S'inquiéta Nick.

« -Mais non. Dit Castiel en clignant rapidement des yeux, la tête détournée.

Puis Dean passa la tête à la porte du salon où ils étaient.

« -Le repas sera prêt dans cinq minutes ! On va pouvoir passer à table.

Tous deux acquiescèrent et Dean disparu à nouveau.

« -Je vais me changer rapidement. Dit Nick en se levant. Ma chambre est toujours ma chambre ?

« -Bien sûr. Dit Castiel en le regardant déjà s'éloigner. Mais les meubles sont drapés, si tu m'avais prévenu j'aurai aéré.

« -C'est pas grave Cassie.

« -Tu n'auras qu'à mettre les draps de protection dans la buanderie.

« -OK. A tout de suite.

Nick disparu de sa vue et il se leva, pour rejoindre son compagnon dans la cuisine.

.

...

Dean finissait de garnir une grande assiette de charcuterie et Castiel, enroula ses bras autour de lui, se collant sans un mot dans son dos.

« -Qu'as tu fait de ton petit frère ?

« -Il est allé se changer dans sa chambre.

« -Il a l'air sympathique.

« -Il l'est...

« -Je suis content de rencontrer enfin quelqu'un de ta famille.

« -Je n'ai que lui, tu sais... je n'ai du coup pas grand monde à te présenter, la famille du côté de son père ne nous a jamais accepté, ma mère et moi...

« -Excuse-moi, je me suis mal exprimé... Dit Dean en se retournant dans l'anneau de ses bras. Ce n'était pas un reproche. Je suis mal placé pour reprocher quoi que ce soit. Coté famille, à part ma sœur Jo que tu as vu l'espace d'une heure dans un bar, le mois dernier je ne t'ai présenté personne non plus.

« -C'est normal, NewYork ce n'est pas la porte à côté.

« -Moi je dirais que le fait qu'ils rejettent totalement mon choix de vie les éloigne d'avantage et ça m'arrange ! Dit-il dans un sourire amusé.

Faisant mine de réfléchir, Castiel plissa les yeux en le regardant.

« -Une jupette plus huit litres de maquillage et je suis sûr que je ferais une petite amie acceptable et présentable à des parents récalcitrants, j'ai un pote transformiste qui fait des miracles sur lui-même et son petit ami ! Dit-il en riant.

« -Hors de question. Dit Dean en posant ses mains de chaque côté de son visage, avant d'embrasser sa bouche. C'est toi, comme tu es et comme je t'aime ou rien du tout.

Castiel sourit en s'empourprant légèrement et Dean l'embrassa à nouveau.

« -Merde, notre week-end crapuleux... Chuchota Castiel contre sa bouche.

« -Quoi ?

« -Avec l'arrivée impromptue de Nick, il est quelque peu compromis...

« -La semaine prochaine je suis en congés... je te jure de rattraper ça...

« -C'est vrai ?Dit-il en enroulant ses bras autour de son cou.

Dean sourit contre sa bouche et Castiel embrassa ses lèvres.

« -Oui c'est vrai, préviens tes amis, car à compter de vendredi prochain et jusqu'au dimanche, dix jours plus tard... tu seras beaucoup trop occupé avec moi, pour sortir avec eux...

« -Promets le...

« -Je te le promets...

« -Hmmm... J'ai hâte... Murmura-t-il avant d'investir sa bouche.

Puis s'interrompant avant de se faire surprendre par le frère dans une situation gênante, ils amenèrent les plats sur la table et Nick arriva.

Tee-shirt et pantalon de survêtement, il s'était mis à l'aise et avait l'air d'un gamin.

« -Ce sont des fringues que tu avais laissé ici, ou tu achètes toujours exactement les mêmes vêtements depuis que tu es ado ? Se moqua gentiment Castiel, avant de se prendre une tape derrière la tête, qui le fit marrer.

Les regardant chahuter, Dean sourit. Il avait souvent regretté de ne pas avoir eut la chance d'avoir un frère plus proche de lui que le sien... Un frère, un complice, il aurait vraiment aimé.

Ensuite ils passèrent à table et l'ambiance bon enfant se maintint.

Et bien que Castiel soit sur le qui-vive aux moindres mots de son frère, Dean ne remarqua rien et avait un bon feeling avec Nick, qui l'appréciait lui aussi.

...

Puis vint le moment du café et c'est Castiel qui provoqua lui-même ce qu'il craignait de voir arriver, en posant une simple question... dont la réponse prit un tournant inattendu.

« -Tu veux faire quoi demain ? Demanda-t-il à Nick. Du shopping ? À moins que tu n'aies prévu quelque chose ?

« -Non je n'ai rien de prévu, je suis juste venu te voir. Mais tu sais à quoi je pense à chaque fois que je viens sur Chicago ?

« -Non, dis-moi.

« -Depuis des années c'est la même chose qui me traverse l'esprit, je me dis que je pourrais croiser Jay et avoir enfin le plaisir de lui exploser sa gueule.

Castiel en resta bouche bée, sidéré par sa malchance et Dean fronça le front.

« Jay ? Est ce que Nick parle de moi ? »Se dit-il.

« -Pou-pourquoi ? Bafouilla-t-il. C'est qui ?

« -Une ordure. Lâcha Nick en secouant la tête de dégoût.

« -Non ! Nick, s'il te plaît. Supplia Castiel tout à coup, pour qu'il se taise.

« -Pourquoi ? Je l'ai juré Cassie, tu te souviens ? « Moi Nick Ford, je jure de passer ma vie à chercher vengeance » et ce jour-là, je n'ai pas dit ça en l'air.

Et pour Dean, c'est la confusion.

« Ford ? Il est …. non, ça ne peut pas être lui, il ne lui ressemble pas du tout ! »

Mais...

« -Et je te le jure encore aujourd'hui Cassie, je te vengerai, j'..

« -TAIS-TOI !Cria Castiel tout à coup.

« -Quoi ? Pourquoi ?

Se tournant brusquement vers Castiel, Dean le découvrit alors complètement décomposé et cru mourir... « Non ! Pas ça ! »

« -Te venger ? Gémit-il alors, la gorge serrée.

« -Oui. Répondit Nick. Ce mec lui a fait les pires horreurs à l'époque du lycée ? Il t'as pas raconté son calvaire ? Il ét'..

Interrompu quand Castiel quitta précipitamment la table, Nick secoua la tête.

« -Castiel ? Dit-il en le regardant fuir, tandis que Dean restait figé, avant de se tourner vers lui.

« -Cas...Castiel s'appelait Ford à l'époque du lycée ?

« -Oui. Il a reprit le nom de Novak, le nom de notre mère, quand nos parents ont divorcé. Mais au lycée il s'appelait Ford en effet.

« -Merde...

« -Quoi ?

« -Je... c'est moi... Gémit-il en se prenant la tête entre les mains.

« -Quoi ? Qui ?

Puis il comprit tout à coup.

« -Putain ! T'es Jay ? Dit-il en se levant brusquement, attrapant Dean par le col de sa chemise pour le faire se lever de sa chaise, enragé.

Se laissant faire comme un pantin, Dean se retrouva très vite sur ses pieds, avant que Nick ne le colle violemment au mur près d'eux, lui décochant un coup de poing au visage, qu'il ne chercha pas à esquiver, suivit d'un autre et encore un autre.

Puis, entendant un bruit sourd, Castiel, qui s'était réfugié dans la cuisine, revint dans le salon, inquiet et ne réfléchit pas une seconde, avant de se précipiter vers eux, afin d'interrompre Nick.

« -Arrête ! Arrête Nick ! S'il te plaît, laisse-le !

« -Non ! Tu te rends compte de ce qu'il t'a fait ? Tu as oublié ? Dit-il en lâchant le col de Dean, quand Castiel le fit reculer plus loin.

Dean s'écoula alors sur le sol, le visage tuméfié, ensanglanté et Castiel se précipita sur lui.

« -Dean Dean. Dit-il en n'osant pas toucher son visage abîmé.

« -Cas...

« -Mon Dieu tu...

« -Je te demande pardon... Le coupa Dean. Pardonne-moi Castiel, je t'en supplie, pardonne-moi... Dit-il en larmes.

« -Mais je t'ai pardonné depuis longtemps...

« -Quoi ? S'exclama Nick. Tu savais ?

« -Oui. Je sais depuis presque six mois déjà. Dit-il en passant ses doigts dans les cheveux de son compagnon.

« -Mais comment... Bordel ! Dois-je te rappeler tout ce qu'il t'a fait subir ? Les passages à tabac, les humiliations, les insultes...

« -Non, c'est pas la peine. Dit-il en incitant Dean à s'asseoir.

Agrippé à lui, Dean enfouit alors son visage contre son épaule.

« -Il a raison. Dit-il. Comment peux-tu me pardonner quelque chose, que je ne me pardonne pas moi même ? Je suis tellement désolé.

« -Quand... quand j'ai su qui tu étais... c'était déjà trop tard, je... je t'aimais déjà trop pour faire marche arrière, j'ai préféré oublier... et continuer à t'aimer... Je t'aime trop pour... c'était un autre moi, c'était un autre toi, c'était... nous ne sommes plus ces lycéens Dean, je...

Puis se tournant vers son frère il se passa la main sur le visage pour se décrisper.

« -Tu comprends ? Je l'aime ! Et j'aimerais que tu me comprennes. Il est aujourd'hui tout aussi important à ma vie, que tu l'es. S'il te plaît Nick, comprends-moi !

« -Non ! Non non non, je ne comprends pas ! Tu as peur de le quitter ? Il te frappe encore ?

« -Non ! S'offusqua Castiel. Bien sûr que non, qu'est ce que tu racontes ? Je te dis que je l'aime et que je me fous du passé.

« -Eh bien désolé, mais moi non... je ne peux pas. Dit Nick en se saisissant de sa veste sur le dossier du canapé.

« -Qu'est ce que tu fais ?

« -Je m'en vais, je... non... je ne peux pas ! Je ne veux pas !

« -Tu ne veux pas, tu ne veux pas quoi ? Qu'est ce que tu crois Nick ? Que je vais changer d'avis parce que tu n'es pas d'accord ? Tu as raison, si ça ne te plaît pas, va-t'en ! Je ne te retiendrai pas. Car Dean fait partie de ma vie aujourd'hui et tu n'as pas d'autre choix que de l'accepter si tu veux continuer d'en faire partie aussi !

Serrant les dents nerveusement, Nick fixa Castiel quelques secondes, l'esprit en ébullition, mais finit par secouer la tête, avant de s'en aller en claquant la porte de la maison.

« -Pourquoi tu as fais ça ? C'est ton frère. Dit Dean en relevant la tête de son épaule pour le regarder en face.

Les yeux brillants, Castiel lui sourit en posant sa main sur sa joue droite indemne, déposant un léger baiser sur ses lèvres tuméfiées.

« -Parce que je t'aime plus que tout au monde et... parce qu'il reviendra. Dit-il dans un sourire... il a juste besoin d'un petit moment pour remettre de l'ordre dans ses idées...

« -Je te demande pardon. Dit-il dans une grimace de peine.

« -Dean, tout ça c'est du passé.

.

...

Quelques minutes plus tard, l'aidant à se relever, Castiel guida Dean jusqu'à la salle de bain.

Soignant ses blessures à l'arcade et à la bouche avec concentration, il ne fit pas tout de suite attention au regard de Dean posé sur lui, mais finit par froncer le front quand il s'en rendit compte.

« -Qu'est ce qu'il y a ?

Dean guida alors sa main jusqu'à lui, caressant les traits de son visage, quelque peu intrigué.

« -Je ne comprends pas pourquoi, je me souvenais de toi physiquement... différent...

Amenant sa main à celle de Dean, Castiel appuya d'avantage sa joue à sa paume, avant de la guider à sa bouche et embrasser ses doigts.

« -Chirurgie.

« -Tu as fait de la chirurgie esthétique ?

« -Non. Pas esthétique, réparatrice...

« -L'accident de voiture où tu as faillit mourir ?

« -Oui. Dit-il tout bas, en baissant la tête. Une collision frontale, j'ai été littéralement défiguré, les dégâts étaient monstrueux, il fallait tout reconstruire et... j'ai accepté de servir de cobaye... ils ont utilisé des techniques inexpérimentées sur l'homme, sur moi... je n'avais plus rien à perdre tu comprends ? Dit-il les larmes aux yeux.

« -Je ne peux certainement pas imaginer à quel point tu as dû souffrir, mais je comprends parfaitement que tu aies accepté ça... et le résultat est...

Castiel sourit.

« -Très réussi hein ? Mais tout est faux...

« -Non.

« -Quoi ?

« -Tu es beau à l'intérieur, ce n'est que justice de t'avoir donné un emballage assortit.

Flatté, Castiel sourit et se sentit rougir quand Dean caressa sa bouche du dos des doigts.

« -Tu n'es pas déçu de te rendre compte de qui je suis en réalité ? Chuchota-t-il contre ses doigts.

« -Je ne pense pas avoir le droit de me plaindre, c'est toi qui se retrouves avec le monstre...

« -Ne dis pas ça...

« -C'est pourtant la vérité. Le mal que je t'ai fait... c'est impossible à pardonner une chose pareille !

« -C'est certain que si j'avais su que tu étais Jay, le jour de notre rencontre au pub, je t'aurais évité... Mais je serais passé à côté... de toi... le vrai toi ! Dean ! Et soyons honnête, si tu avais su qui j'étais ce jour-là, tu m'aurais fuit aussi. Pas à cause de mon ancien visage en plus, mais à cause de... de Jay, encore lui... parce que tu es bouffé de culpabilité !

« -Tu as certainement raison...

« -Le destin a été très malin finalement... parce qu'il est évident qu'on était fait l'un pour l'autre toi et moi, non ?

Dean ne répondit pas et Castiel pencha la tête, le front plissé, soucieux.

« -Tu n'es pas d'accord ? Tu ne m'aimes plus ? Dit-il les yeux brillants.

« -Oh mon Dieu si ! Je t'aime à en crever. Dit-il en prenant son visage entre ses deux mains.

Castiel sourit, soulagé et Dean embrassa son sourire.

« -Je suis ravi que tu aies été fait pour moi et je te demande pardon. Dit-il alors, sans le lâcher, ses pouces caressant ses pommettes.

« -Je suis aussi ravi que le destin t'ait fait pour moi. Répondit Castiel, le cœur gonflé de chaleur. Et je te pardonne...

Dean sourit, avant de se crisper de la douleur provenant de sa lèvre inférieure éclatée et qu'il avait oublié.

« -Et moi je te demande pardon, pour ça. Dit Castiel en passant une compresse imbibée sur la plaie de sa bouche. J'aurais dû préparer le terrain depuis longtemps avec Nick. En fait j'aurais du le faire tout de suite, dès que je l'ai su...

« -Ce n'est pas grave. Il l'a fait pour toi, ce n'est que justice et vraiment rien à côté de...

« -Chuuut... Dit-il en posant son index sur ses lèvres pour qu'il se taise. Que dirais-tu de reprendre notre vie normalement. Les épines qu'on avait tous les deux dans nos pieds sont maintenant ôtées... plus de secret... vivons comme si tout ça n'était jamais arrivé OK ?

Les yeux brillants, Dean acquiesça alors et Castiel déposa un baiser sur ses lèvres.

« -Par contre ... un dernier détail. Dit Castiel.

« -Oui lequel ?

« -Je n'ai jamais fait de tentative de suicide ! Ça sort d'où ça ?

« -Vraiment ? Mes parents, à l'époque... ils m'ont dit ça quand on a déménagé pour NewYork !

« -Sois rassuré, c'est faux, je n'ai jamais eu ce genre de geste, ni même ce genre de pensées.

« -Ah... Tant mieux... Dit-il en caressant sa joue.

« -Je t'aime Dean et jamais rien ni personne ne pourra changer quelque chose à ça. Plus de culpabilité d'accord ?

« -D'accord... Dit Dean, avant de faire fi de sa blessure à la lèvre et l'emporter dans un profond baiser, scellant leur accord.

.

...

Ils prirent ainsi un nouveau départ, propre et net de tout secret dérangeant.

Et leur amour, devenu plus sincère encore, s'en trouva décuplé.

Nick, lui, ne revint pas sur ses paroles tout de suite.

Et il lui fallu le temps de quelques années pour se rendre compte combien Castiel était heureux avec Dean et les sermons de sa compagne Anna pour comprendre qu'oublier le passé lui avait été plus que bénéfique. Qu'il ne pouvait pas continuer à entretenir cette rancune, alors que le principal intéressé, la principale victime, avait accordé son pardon et confié son cœur à celui qui avait été son bourreau...

Alors un jour quelqu'un frappa à la porte de la maison, c'était lui et c'est tous deux en sanglots que Castiel et Nick, effondrèrent sur le sol dans les bras l'un de l'autre, tant ils s'étaient manqués.

Anna et Dean, derrière eux, un grand sourire aux lèvres d'enfin les voir se réconcilier, se rencontrèrent alors en vrai enfin et purent faire connaissance autrement qu'au téléphone... Sept ans étaient passés.

.

FIN.


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Voila voila voila ...

C'est fini :-) J'espère que ca vous a plu.

Happy end, forcement, l'amour c'est plus beau sur un happy end et le pardon.

Merci de m'avoir lu en tous cas

Des bisous