Ce bébé grandit jusqu'à devenir une petite fille aux cheveux si clairs qu'on les eut dit blancs.C'était une enfant aussi curieuse que souriante et même du haut de ses 5 ans et demi, une fois qu'elle avait commencé à parler, personne ne pouvait plus l'arrêter. L'un de ses sujets de prédilections était la faune.
Elle pouvait passer des après-midi entières à parler de leur chèvre ou bien à parler avec leur chèvre. Pour son troisième anniversaire ses parents avaient adopté un Boursouf duquel elle prenait, depuis lors, le plus grand soin. C'est à peu près à cette période aussi qu'Ariana avait commencé à recueillir toutes les créatures qu'elle jugeait « en détresse », terme qui, dans son esprit, prenait des dimensions toutes autres.
N'importe quel animal blessé rentrait dans cette catégorie. Ainsi il y avait parfois eu chez eux jusqu'à 3 chiens, 5 chats et autant de volatiles et de rongeurs qu'une maison pouvait en compter. Son père se montrait bien plus patient que sa mère et prenait le temps de l'aider à soigner chacun de leurs petits pensionnaires. Ariana parvint à maîtriser quelques sorts de soin basiques en regardant attentivement son père. Au fur et à mesure elle ramenait de plus en plus d'animaux de plus en plus variés, sans plus se soucier de leurs tailles ou de leurs origines magiques ou non.
Plusieurs fois elle fit de véritables frayeurs à Abelforth en rapportant des animaux dangereux, venimeux voire potentiellement mortels. Jamais aucun de ses patients ne la blessa plus que par quelques coupures sur les mains et les bras. Le pire qu'elle ait eu demeurait un doigt cassé ce qui n'était rien à l'aune des créatures qu'elle hébergeait parfois. Abelforth l'accompagnait pendant une journée et se laissait conduire. Tous les gens et les animaux aux alentours la connaissaient. Ariana ne se taisait que lorsqu'elle voulait observer des créatures sauvages qui ne s'étaient pas encore habituées à sa présence sinon elle discutait avec tous, les jeunes, les vieux, les grands, les petits, les sorciers, les moldus, les animaux en tout genre.
Chaque fois qu'elle sortait de la maison un croup errant l'attendait au dehors. Depuis qu'il était chiot les sorciers du coin lui jetait régulièrement un sort pour cacher sa deuxième queue. Cet acte de bonne conscience derrière eux personne ne s'occupait de lui fournir un foyer et personne ne s'en inquiétait puisqu'il passait ses journées avec Ariana.
Tout le monde la voyait comme une petite fille curieuse à la vie facile. Elle passait son temps à sourire et se montrait aimable en toute circonstance. Pourtant une fois de retour chez elle, il arrivait régulièrement qu'elle se cache dans un placard avec la chèvre pour faire semblant de ne pas entendre ses parents. Plus le temps passait et plus ils se criaient dessus.
- J'en ai marre de toi Abel !
- Et bien je ne vois vraiment pas pourquoi, c'est plutôt moi qui devrais dire ça.
- Pourquoi ?
- Tu es de plus en plus distante ! À quand remonte la dernière fois que tu as passé un moment avec Ariana ?
- Mais enfin Abel … tu vois bien qu'elle est … qu'elle est un peu …
- Un peu quoi ?
- Un peu stupide.
À ce moment-là de la conversation sa mère essayait souvent de parler moins fort tout en étant déterminé à hurler sur son père mais c'est aussi à ce moment que ce dernier devenait furieux et beuglait à tout va.
- COMMENT OSES-TU ?
- Enfin Abel ! Elle passe sa journée avec des bêtes ! Tu l'as bien vu ! Parfois elle passe une après-midi entière à caresser ta chèvre ou à murmurer à l'oreille de ce cabot. Elle est débile !
- Ursula parfois tu mériterais que l'on te jette un sort pour te remettre les idées en place.
Un soir les choses allèrent plus loin, trop loin …
- C'est tout de même censé être une Dumbledore !
Après cela Abelforth resta presque une minute silencieux avant de reprendre :
- Nous y voilà. C'est tout ce qui t'a jamais intéressé pas vrai ? Avoir un enfant d'un Dumbledore ! Tu as sûrement essayé Albus d'abord mais dommage tu n'es pas son genre. Alors tu t'es rabattue sur l'autre, le frère dont personne n'avait rien à faire mais qui venait de la même famille alors peut-être qu'en naîtrait un petit génie qui t'inscrirait toi comme la mère d'une sommité de l'histoire sorcière. Je n'étais, dans cette histoire, que le bouffon, celui que l'on attrape, que l'on exploite, tout cela à cause de mon frère. Et bien je suis désolée pour toi mais je ne suis pas lui et notre fille n'a rien en commun avec lui non plus. Je vais te poser une dernière question. M'as-tu jamais aimé ?
Ursula était déconfite. Elle regardait ses chaussures avec insistance.
- Au début je …
- M'as-tu jamais aimé pour moi-même et pas pour le nom que je porte ?
Son silence en dit bien plus long que tous les mots qu'elle aurait pu trouver. Ils restèrent sans rien dire un moment, comme s'ils étaient allés trop loin pour continuer encore. De son côté Ariana attendait le cœur battant, accroupie contre le mur. Les réflexions de sa mère ne l'affectaient nullement, elle l'avait bien senti de toute façon.
Ce qui l'attristait était ce qui était à venir. Car elle savait ce qui allait se passer. Elle connaissait assez son père pour cela. Il avait su lui pardonner toutes ses après-midi où elle disparaissait et ses soirées découchées mais même lui avait ses limites.
- Vas-t-en.
- Abel …
- Ici c'est ma maison. Tu ne manqueras pas d'argent alors vas-t-en. Je te payerais encore s'il le faut.
- Alors ça va se finir comme ça ?
- Combien de temps encore voulais-tu faire durer cette supercherie ?
- Je pensais que peut-être jusqu'à ce qu'Ariana rentre à Poudlard …
- Dégages Ursula. Même après ça tu continues. La seule chose qui t'intéresse c'est de savoir si elle aura une puissance magique digne des « sacrifices » que tu as fait ! Laisse-moi te dire une chose : à partir de maintenant ce n'est plus ton problème.
Dans un mouvement furieux il avait saisis sa baguette et la fit tourner au dessus de sa tête. Des objets affluèrent alors de toute la maison pour se ranger dans deux grandes valises. L'intégralité des affaires ayant appartenu de près ou de loin à Ursula se retrouvèrent rapidement empaqueté juste à côté de la porte d'entrée.
Une fois son sort jeté Abelforth cessa de bouger. Il ne quitta plus celle qui était encore sa femme des yeux. Malgré qu'il essaya de contrôler sa respiration pour se calmer intérieurement, son attitude était toujours glaciale. Ursula le regarda un moment puis le détailla une dernière fois de haut en bas. Elle soupira et se dirigea vers la porte.
- Tu ne dis même pas au revoir à Ariana.
Abelforth n'avait plus la force d'être énervé. Sa dernière déclaration n'avait pas vraiment été une question. Ce fut simplement une déclaration, triste et résolue. Ursula agita sa baguette et outes ses affaires décollèrent du sol. Elle adressa un dernier sourire condescendant à Abelforth avant de tourner la poignée.
- Au revoir Abel.
- Adieu Ursula.
C'est ainsi qu'elle s'en fut, sans un regard en arrière ni un remord. Abelforth resta de longues minutes au centre de la pièce, le regard perdu dans la direction qui avait vu disparaître une à une les valises de sa « femme ».
Il inclina légèrement la tête lorsqu'il entendit des petits pas dans le couloir. Ariana s'approcha de son père. Elle passa ses bras autour de sa taille. Abelforth lui tapota dans le dos avant de se mettre à genoux. Ariana souriait, un grand sourire, mais ses yeux pleuraient.
- Tout va aller bien papa.
Abelforth la prit dans ses bras et ils restèrent ainsi une partie de la soirée. Ils étaient si enlacés l'un à l'autre que nul ne pouvait dire qui des deux pleura le plus.
Leurs prochaine semaines se déroulèrent comme au ralenti. Les premiers jours Ariana ne sortit que le matin, lorsque son père dormait encore. Ce qui lui laissait donc plus ou moins jusqu'à midi. L'après-midi elle restait avec Abelforth. Ce dernier passait des heures entières au coin du feu à regarder les flammes danser dans l'âtre.
Souvent il restait silencieux, immobile et amorphe mais il lui arrivait de se lancer dans le récit du moindre souvenir qu'il avait de son frère : des souvenirs de leur enfance, de leur période à Poudlard, de ce qui s'était passé avec Grindelwald, et puis de ce qui était arrivé après. Il n'avait jamais été si bavard de sa vie et Ariana écoutait le moindre de ses mots.
Petit à petit les choses revinrent à la normale. Père et fille s'organisèrent une nouvelle routine sans Ursula. Leur maison, ayant perdue à la fois un occupant et le plus grand obstacle aux sauvetages d'animaux, devint peu à peu une véritable ménagerie. Le premier a en bénéficier fut le croup qui gagna, en moins d'un mois, le droit de cité.
C'est à cette période qu'Ariana et Ableforth se rapprochèrent énormément. La petite fille était un grand soutient pour son père et en échange ce dernier lui expliquait tout ce qu'elle voulait savoir et l'aidait dans tout ce qu'elle entreprenait.
Les voisins finirent par venir les voir à chaque fois qu'ils avaient un problème avec un animal et leur apportaient les créatures qu'ils trouvaient . Leur demeure était connue pour être toujours pleine d'agitation et de bruit, seule la chambre avait subi un sort de mutisme.
Le village donnait divers surnoms à cette maison étrange, certains plus affectueux que d'autres mais ni Ariana ni Abelforth n'en avait cure.
Merci d'avoir lu. N'oubliez pas de me laisser vos impressions et de me signaler toute incohérence ou faute récurrente dans la forme ou le fond. J'espère que cette fanfic continuera de vous plaire. A mardi prochain !
