Hello ! Un gros merci à toutes et à tous pour vos reviews :) et un gros merci à la Chouette pour sa relecture.
J'espère que cette histoire continuera à vous plaire.
Rien ne m'appartient comme d'habitude, tout est à papy Georges et le texte est à Eirian Erisdar dont j'ai fait la traduction.
« Le Jedi est le cristal de la Force
La Force est la lame du cœur.
Tous sont entremêlés : le cristal,
la lame, le Jedi.
Nous sommes Un. »
Obi-Wan ne sait pas trop quoi faire de Maître Qui-Gon Jinn.
Sa signature de Force l'identifie clairement comme un maître. Elle est ancrée dans l'air tout autour de lui, se mouvant dans les courants lumineux de la Force comme les célèbres aurores boréales visibles dans la partie de Hoth et magiques pour un jeune Initié si imaginatif. La Force vivante respire pratiquement en lui et c'en est presque incroyable. Le Jedi se mêle dans les ruisseaux tumultueux de la Force si bien qu'elle glisse et s'adapte au moindre de ses déplacements. Obi-Wan observe Qui-Gon d'un air sceptique, cependant, quand il détecte une tendance à l'espièglerie sous l'apparence calme, posée, et impassible du Maître Jedi.
Obi-Wan espère sincèrement que Maître Jinn n'est pas comme Maître Even Piell. Le temple tomberait certainement si une telle farce se produisait. Il n'y aurait tout simplement pas assez d'espace pour contenir autant de sarcasme.
« Concentre-toi, jeune homme »
Obi-Wan se détache de son observation avec une brusquerie douloureuse. Il incline la tête pour s'excuser, et Maître Jinn reprend sa question, sans se soucier apparemment de sa grande silhouette qui est à moitié accroupie sur une couchette de la taille d'un enfant.
En réalité, Qui-Gon n'a qu'une vague idée de ce qu'il fait, mais il fait confiance à son cerveau pour gérer le reste. « Si tu deviens un chevalier, quel domaines d'expertises choisirais-tu ? »
Dans un sursaut, il se rend compte qu'il a inconsciemment pris le ton et la parole qu'il utilise dans ses missions diplomatiques, froid et poli, suffisamment détaché pour cacher sa véritable prouesse politique. Il se réprimande à cause de ça. Il parle à un enfant de douze ans, pour l'amour de la Force.
Les yeux gris-clair d'Obi-Wan se plissent d'un air pensif. Ses doigts tiennent soigneusement son stylo, et une ligne de lettres en Basic s'élance alors sans retenue sur la feuille qui repose sur ses genoux. Qui-Gon ne se risque pas à trouver autre chose pour occuper son regard tandis qu'il observe Obi-Wan écrire, il s'est retrouvé trop souvent dans des situations similaires et embarrassantes pour renouveler l'expérience. Il attend simplement, et fait preuve de patience, tentant de respirer doucement même si l'envie de bouger le tiraille fortement.
La feuille fragile est tendue devant lui, accompagnée d'un léger mouvement de tête.
Qui-Gon est un peu surpris en sentant la texture usée du papier – cela ressemble presque à du parchemin, la surface rappelle ces quelques textes de trésors anciens qui ont été écrits il y a des années, et dissimulés dans les Archives. Le garçon doit l'utiliser quotidiennement, réalise Qui-Gon. Seulement après des années d'écriture, de nettoyage, de réécriture, la surface autrefois lisse est devenue marquée et abîmée.
Une seule ligne, est inscrite à l'encre d'ébène : Les Jedi sont le cristal de la Force.
Qui-Gon ne peut pas s'empêcher de arquer un sourcil amusé. Le garçon a fait preuve d'un certain humour – citant l'un des enseignants fondamentaux du Code en réponse au maître Jedi ! Et la réponse elle-même est cryptique.Veut-il dire qu'il a l'intention de servir la Force comme la lame fait le Jedi, ou que l'avenir est incertain et qu'il a l'intention de se concentrer sur le présent, comme le cristal du sabre se focalise sur le faisceau ?
Il sort de ses pensées pour apercevoir un sourire en coin tirer les lèvres de Kenobi. Une pointe de regret tiraille Qui-Gon, ce garçon aurait fait un très bon padawan, en effet. Si cette réponse avait été lue à voix haute, disons à l'opéra Alderaanian, il n'y aurait eu aucun doute sur le fait que quel que soit la classe supérieure du monde du noyau, les mots auraient frappé la majorité des personnes présentes avec un respect mêlé de crainte.
Mais Qui-Gon n'est pas un politicien plein de graisse ayant tendance à être béat d'admiration.
« Je vois que ta langue est affûtée » glousse Qui-Gon. Sentant l'émotion s'accroître dans la Force, il se crispe, se rendant compte de son erreur. Il a l'impression de patauger, l'expérience lui ayant appris à ne pas insister sur une insulte accidentelle lors d'une conversation délicate, il décide de changer de sujet. « N'as-tu jamais envisagé le corps diplomatique ? » s'aventure-t-il avec prudence.
La feuille passe des mains rugueuses et calleuses à celles petites et encore intactes, et le stylo danse sur la surface comme le sillage phosphorescent d'un sabre-laser. Puis la feuille est poussée dans les mains de Qui-Gon, suivi d'un hochement presque imperceptible de la tête.
Encore une fois, les enseignements paraphrasés sont inscrits en une ligne d'encre impitoyable : Un Jedi ne recherche pas une victoire impossible à obtenir.
Le papier crisse alors que la prise de Qui-Gon se resserre autour de la feuille fragile. Il est étonnant que deux lignes écrites par la même main, l'une sous l'autre, dans une écriture presque impeccable, puissent autant être exprimées, simplement par la tonalité et la nuance des mots. Et ils ne révèlent rien de l'opinion véritable d'Obi-Wan. Les mots, apparemment innocents déduisent sans préciser, des actions préventives d'un négociateur, habilement dissimulées comme des parades.
Même si, considère Qui-Gon avec amusement, il est sans doute parfaitement inconscient de ça.
Le papier est remis à son propriétaire. Qui-Gon ne manque pas de remarquer la façon dont le garçon l'a soigneusement plié, presque avec respect. Ce morceau particulier de papier a été la voix d'Obi-Wan durant des années.
« Bien répondu et bien parlé, Initié Kenobi » fait Qui-Gon d'un ton formel, comme il se lève de la couchette.
Obi-Wan se redresse sur ses pieds, apparemment surpris du désir soudain de Qui-Gon de partir. Il camoufle sa confusion en s'inclinant profondément, et en hochant la tête. De même, Maître Jinn.
On peut se demander lequel est le plus troublé des deux alors que Qui-Gon prend congé – le maître, ou l'initié.
OoOoOoOoO
Il fait sombre dans l'hémisphère de Coruscant, la nuit étend son long manteau, recouvrant les cheveux d'argent en duracier de la ville planète. Le cycle de la nuit atteint son zénith, et la pluie tombe, à la fois soudaine et longuement attendue. Soudaine, car depuis un moment l'air est étouffé par les gaz d'échappement et le mélange d'odeurs émanant des espèces variées de la planète. En un instant, le déluge glacé tombe à verse sur les ruelles et les flèches des édifices, diamant liquide sur du cristal solide. Longuement attendue, dans le cœur battant de la République galactique, les systèmes d'air et les conditions météorologiques sont contrôlés, et cette pluie est prévue depuis une semaine.
L'eau remplit les premières centaines de niveaux avec de la boue et de la crasse, emportant avec elle les secrets les plus sombres des habitants, jusqu'au cœur des cœurs de Coruscant, purgeant l'air plus clair au-dessus des gaz d'échappement et des odeurs d'acide et de bâtons de la mort. Les habitants se précipitent pour se mettre à l'abri, le trafic aérien nocturne se met à avancer au pas. La pluie tombe sur les épaules des sentinelles de pierre qui gardent la grande entrée du Temple Jedi, étendant leurs formes sombres, et au-dessus, laissant les cinq flèches du Temple Jedi briller d'un blanc argenté.
La Force ruisselle en un torrent de pluie.
Un scintillement solitaire illumine une des fenêtres du Temple se situant à mi-niveau.
Il faut deux tasses très fortes de thé Karlina pour réchauffer suffisamment le sang de Qui-Gon qui s'est assis en poussant un soupir, méditant sur l'épreuve qui l'a brutalement tiré de son sommeil.
Il vient de vivre ce qui pourrait être la plus petite ou bien la plus importante vision de sa vie. Petite, bien sûr, et même pathétiquement infinitésimal, selon les normes Jedi – même les visions de ceux liés à la Force Vivante dépassent généralement deux mots.
La première vision de Qui-Gon consiste en une seule phrase : « Oui, Maître ». La voix n'était pas la sienne.. Elle était musicale, calme, et en quelque sorte jeune – s'il en jugeait son timbre. Elle exprimait l'expérience, mais la voix était rarement utilisée comme l'air clair de Ilum, si fraîche qu'elle n'avait jamais été soufflée par un autre être sensible, auparavant.
Les visions viennent vers lui si rarement qu'il a appris que lorsqu'elles arrivaient, elles étaient susceptibles d'être fondamentales dans sa vie. Malheureusement, les paroles de cette vision sont répétées des centaines de fois par jour dans les salles du temple, d'initié à padawan, et de padawan à maître.
Eh bien, c'est extrêmement utile, se dit ironiquement Qui-Gon, son esprit virant au sarcasme à cette heure tardive de la nuit. Il écarte l'idée qu'il vient peut-être d'être influencé par cette maudite Force. Même si Yoda ne prendrait pas à la légère une telle intrusion de la Force à cette heure de la nuit – Qui-Gon préfère ne pas revenir sur cette vision- il lui faudrait une intrusion de la taille du temple pour le pousser à agir. Mais ce n'est pas près de se produire, pas même dans une centaine de vies.
Son com-link émet un bip agaçant et le sort de ses pensées avec la délicatesse d'un astromécano défectueux. Un pauvre padawan, adjoint au poste de nuit pour s'occuper du bureau des communications, lui a envoyé une convocation de la part du conseil pour le matin même.
Par les Sith...
Avec un soupir, Qui-Gon envisage de retourner à son cycle de sommeil, mais il décide finalement de lutter et de rester éveillé malgré tout. Il n'aurait pas dû choisir le thé Karlini, il en a bu afin de d'être suffisamment réveillé pour analyser sa vision, mais le stimulant a une double utilisation, celle de troubler ses pensées.
S'efforçant de rester concentré et d'occuper son esprit troublé, il sort l'holo-livre contenant les devoirs d'Obi-Wan que Maître Ali Alann lui a donné il y a quelques heures. Choisissant un sujet au hasard, il ouvre le document et commence à lire, les bras croisés.
L'écriture d'Obi-Wan est sérieuse, et même un peu tranchante : « La négociation est sans doute la compétence la plus importante qu'un Jedi puisse posséder. Elle peut conduire à des conflits, et peut également se terminer par une guerre. Des mesures énergiques doivent seulement être prises lorsqu'il n'y a pas d'autre voie à suivre, ou s'il y a un danger d'excès de confiance. Beaucoup de maîtres favorisent ce point de vue, l'avant-gardiste étant Maître Vodo-Siosk Baas, qui s'est distingué avant et pendant les anciennes guerres de Sith.
Cependant, il y a des cas dans lesquels cet argument, au premier abord, ne semble pas correct, comme par exemple le blocus de pirates de la voie Mandalorienne dans l'hyperespace Hydian, il y a une décennie et demie.
Qui-Gon sirote une gorgée de thé. De tous les cas étudiés...Libérer une infime quantité d'irritation dans la Force lui prend plus d'efforts que prévu, en raison des lignes suivantes.
« Le Maître Jedi anonyme envoyé pour négocier la paix entre le gouvernement de la Nouvelle Mandalore et la partie incriminée a explicitement ordonné de superviser les conditions et les demandes. La Nouvelle Mandalore a spécifiquement demandé une intervention militaire minimale conformément à leurs convictions pacifistes. Ce maitre Jedi a plutôt choisi de diriger un petit contingent de combattants venu des mondes extérieurs lors d'un raid du vaisseau-mère pirate, gardant en otage le capitaine jusqu'à ce que leurs représentants aient assoupli les termes du traité. Les combattants des mondes extérieurs ont ensuite été récompensés par le gouvernement Mandalorien »
« Bien que cette prise de mesure particulière ait empêché une paralysie possible de l'économie Mandalorienne, elle a également mis en jeu de nombreuses vies et cela à grande échelle, et causé la violation des convictions politiques des habitants de la Nouvelle Mandalore. Il y a une possibilité très réelle dans laquelle des conflits avec d'autres groupes politiques auraient pu se produire. Le maître Jedi a obtenu la victoire, mais une victoire liée à une négociation n'aurait pas causé de tels risques. Je ne peux que conclure que la méthode de ce maître de « négociation agressive » est une victoire chanceuse parmi d'autres cas qui ont abouti à un échec. »
Qui-Gon lit la dernière phrase du paragraphe et il en reste sans voix. Cette mission avait été sa première en tant que Maître Jedi et le Conseil l'avait informé qu'ils allaient faire un rapport sur ces événements et le ranger dans les Archives. La mission avait aussi été classée comme un record de désobéissance. Pourtant, Qui-Gon avait toujours pensé qu'il s'était plutôt bien débrouillé. Mandalore avait été peu touché par la crise et il avait simplement agi par compassion. Mace avait même plaisanté en se moquant de son amour pour les formes de vie misérable. Ces informations en main, Obi-Wan avait évalué ses actions et tout décortiqué avec la voix de la raison.
Un rire lui échappe. Petit fripon.
Il atteint la Force, seulement pour la trouver assombrie et impitoyable, comme les nappes d'eau tiède qui sont tout ce qui reste de la pluie de Coruscant.
Bien sûr, cela ne signifie pas nécessairement que Qui-Gon va inverser son opinion au sujet de prendre bientôt un padawan.
OOOOOOOOOO
Son opinion est vivement mise à l'épreuve le lendemain matin face au Conseil.
« De ton intérêt soudain pour un padawan, nous avons entendu parler »Le ton narquois de Yoda devrait être illégal à une heure aussi tôt de la matinée.
« Oui, maître » admet volontiers Qui-Gon, dégageant une aura sereine.
Une lueur de surprise traverse le visage de Mace Windu. « Tu veux prendre cet initié comme padawan, alors ? »
Une pointe d'amusement se déverse dans la Force. « Vous vous méprenez, maîtres. J'ai simplement été intrigué par sa capacité à faire face à son indisposition à la parole »
Les yeux verts doré de Yoda se plissent avec perspicacité. « Mépris, nous ne nous sommes pas »
« Avec tout le respect que je vous dois, Maître Yoda- »
« Hmmmph, oui ! En effet, du respect, tu me dois ! » grogne Yoda, dans un mélange d'amusement et de fermeté dont lui seul a le secret.
Qui-Gon préfère ne rien dire, courbant simplement la tête.
« Maître Jinn » intervient Plo Koon, comme il se penche en avant. « La dernière fois que vous êtes venu devant nous, la conseil vous a vivement conseillé de prendre un padawan. Naturellement, ce choix est le vôtre, comme le veut la Force. Cependant, vous devez décider, et vite. Ce n'est pas bon qu'un Maître Jedi se vautre dans l'indécision. »
Qui-Gon lisse sa barbe, et répond avec bonhomie. « Bien sûr, comme je l'ai dit auparavant », - une contre-attaque sournoise - « J'ai pris ma décision, je ne prendrai pas d'autre padawan »
« Des raisons as-tu, pour ce choix ? » rétorque Yoda avec un regard impénétrable.
Reste calme et mesuré. « J'ai observé des initiés de l'âge approprié, comme vous me l'avez suggéré. Et je n'en ai trouvé aucun qui aient l'aptitude à affronter les rigueurs du maintien de la paix et de la négociation. »
La voix de Yoda, pleine de réprimande, claque. « Te mentir à toi-même, tu as, Qui-Gon. Pas suffisamment intelligent, le jeune Kenobi est ? »
Qui-Gon ne cache pas son froncement de sourcils agacé cette fois-ci. « La capacité à parler ne rend pas plus intelligent. Certaines espèces peuvent en témoigner. »
Un rire de gorge. Yoda n'en démord pas. « Admettre qu'Obi-Wan est prêt à être un padawan, tu peux »
« Oui » lâche Qui-Gon. Il se rattrape. « Mais il n'est pas prêt à devenir mon padawan »
Mace Windu attaque avec facilité, aussi tranchant qu'un coup de Vaapad. « Alors, nous avons la preuve que le problème ne vient pas des initiés, mais de toi »
La colère menace de submerger les boucliers mentaux de Qui-Gon. Il regarde en silence son ami, les yeux bleu azur heurtant le brun foncé comme une tempête se déchaînant contre une falaise. Durant un moment, la vague vacille vers son sommet, mais la falaise est trop raide et le ressentiment n'est pas un combustible suffisamment fort pour la tempête. L'émotion percute la Force comme des vagues sur le rivage, puis elle est contenue et retenue par des barrages solides de pure volonté.
« Est-ce que le conseil a quelque chose d'autre à me dire ? » lâche Qui-Gon à contrecœur, brisant le regard du maître Korun et se tournant vers Yoda. Mace souffle un bon coup, et l'ensemble du conseil se détend visiblement.
Yoda soupire. « Une Mission, nous avons pour toi »
La surprise se déverse dans la Force comme de l'encre colorée. « Oui ? »
« Jugé prêt pour construire leur premier sabre-laser, un groupe d'initié a été. Des jeunes padawans et des initiés âgés. Jeunes tout de même. Les emmener sur Ilum, tu vas, et superviser leur collecte de cristaux »
Garde d'enfants. Alors, c'est tout ce que le conseil avait trouvé comme punition ? « Merci, maîtres » murmure Qui-Gon, saluant profondément. Il vaut mieux feindre la soumission pour échapper à une autre conversation irritante. « Je ferais ce que vous ordonnez »
« On verra ça » contre Mace Windu. Qui-Gon aurait dû savoir que Mace ne le laisserait pas avoir le dernier mot.
En un clin d'œil, Qui-Gon s'incline, puis rejoint le couloir à grands pas, sentant les regards du conseil le suivre dans son dos.
OOOOOOO
Qui-Gon, de façon assez prévisible, est en train de couver une tempête lorsque le carillon de la porte annonce la présence de Maître Tahl Uvain. Il ouvre la porte avec un sourire forcé, et elle entre brusquement, ses mains tenant une grande cocotte qui dégage des odeurs alléchantes de ragoût et d'herbes.
« Tahl, comment est-ce que tu- »
« Tu es encore soucieux à ce que je vois » La cocotte – comme ils appellent la cuve dans laquelle ils apportent de la nourriture pour leurs dîners quotidiens, en allant d'un appartement à l'autre – est posée sans ménagement sur la table.
Qui-Gon glisse subrepticement un morceau de liège sous le conteneur métallique. La table est fabriquée à partir d'un bois Felucian, un cadeau d'une connaissance datant d'il y a plusieurs années, et les marques apparaissent très facilement sur la surface polie. « Oui », il marche sur des œufs.
Les yeux d'or aux reflets verts se posent sur lui. « Ne me dit pas que tu t'es encore livré à ton côté masochiste ? »
« Il n'y a pas d'émotion, il y a la paix »
Tahl grogne. « Ne me récite pas le code. Tout le monde sait que nous l'utilisons seulement pour échapper à une question. J'ai l'impression d'entendre un perroquet ayant appris par cœur notre apprentissage »
L'amusement voile à peine les mots de Qui-Gon. « Ah, mais dans la négociation, il est souvent utile de- » Il s'interrompt, clignant des yeux alors qu'une profonde révélation le frappe.
Un sillon apparaît entre les sourcils de Tahl. « Qui-Gon ? »
Un rire léger lui échappe, et il hoche la tête. « Ce petit filou manipulateur »
« Excuse-moi ? » La voix de Tahl a maintenant pris le ton dangereux d'une Consulaire voulant une réponse à ses questions, quand elle n'obtient pas ce qu'elle veut.
Qui-Gon ne peut s'empêcher de sourire comme il se retourne vers elle. « J'ai rencontré un initié assez intéressant hier soir. Il a fait comme s'il ne me connaissait pas, et a seulement répondu à mes questions avec des lignes strictes du Code. Je pensais que c'était de l'auto-dérision, mais il a dû vouloir évaluer ma réaction pour trouver les raisons de mon intérêt soudain pour lui » Cela prend tout son sens - son air respectueux, sa déférence, alors que depuis le début Obi-Wan savait que le « Maître Jedi sans nom » de son étude de cas était Qui-Gon. Il part dans un grand rire. « Il a essayé de se montrer plus malin que moi, et cela s'est retourné contre lui. Comme je le pensais- il a encore beaucoup à apprendre »
Tahl le regarde un instant, avant de lui tapoter le bras. « J'espère que tu me présenteras correctement ton padawan, lorsque tu le prendras »
« Je n'ai jamais dit- »
« Tu pourrais faire comme si. Allons manger. »
La journée s'est déroulée de manière étrange, avec des rencontres qui l'ont étonné ou agacé. Qui-Gon met de côté ses émotions, les dispersant au sein de la Force, il prépare un dîner avec une de ses amis les plus chères et les plus anciennes, trouvant du réconfort dans de la bonne nourriture et une compagnie agréable. Tahl fait en sorte de lui laisser deux cadeaux de départ : la vaisselle et un rappel pour qu'il cuisine quelque chose de sympa pour leur prochaine rencontre, prévue la semaine suivante, dans les quartiers de Tahl.
Qui-Gon nettoie la cocotte dans un silence méditatif.
oOOOOOOO
Le chaos ordonné dans le hangar sud du Temple Jedi tend davantage vers le chaos ce matin. Qui-Gon regarde la ligne ordonnée des deux initiés et des trois padawans et lève un holo-enregistrement avec un soupir. « Je suis le maître Jedi Qui-Gon Jinn. Je sais que certains d'entre vous sont des padawans préférant avoir leurs maîtres ici, mais le Conseil leur a assigné des missions individuelles, donc c'est moi qui vous superviserais » dit-il calmement. La Force est perturbée dans un couloir latéral caché de sa vue, et un étrange sentiment d'appréhension traverse Qui-Gon, qui le met de côté tant bien que mal.
« Avancez et indiquez votre nom et votre âge »
Un garçon Dressalian dégingandé s'avance vers Qui-Gon et s'incline. « Initié Reeft Shinren. Douze ans »
Le prochain est un garçon Kiffar. Il n'est pas vieux, mais Qui-Gon ne dirait pas que c'est un enfant. « Padawan Quinlan Vos » se présente-t-il rapidement et n'ajoutant rien de plus.
Qui-Gon hausse un sourcil, puis passe au suivant. Maître Tholme lui avait parlé de la situation singulière de Quinlan.
Une voix le sort de ses pensées, elle roule pratiquement d'excitation. « Padawan Garen Muln. Treize ans » La tresse brune qui se balance d'un côté de son visage révèle que ce rang n'a été que très récemment gagné. Garen ricane alors que Quilan lui décoche un regard meurtrier.
Qui-Gon se retient d'imaginer ce qu'un tel duo pourrait causer comme dégâts en mission.
« Padawan Luminara Unduli. Treize ans » la voix calme de la Miralian est le bienvenu par rapport aux trois précédentes. « Heureuse de faire votre connaissance, Maître Jinn » Des tatouages récentes s'étendent sur son menton, comme elle lui adresse un sourire aimable;
« Padawan Huei Tori » Le sourire du mâle Nautolan est ridiculement discret par rapport au Chevalier Kit Fisto. « Douze ans »
Qui-Gon tape chaque nom de la liste avec un air fatigué, mais il s'arrête brusquement en faisant défiler la liste. En bas, en République Basic Standard, est inscrit le dernier nom: Obi-Wan Kenobi.
Qui-Gon retient un souffle. Mace, tu es un sacré rusé.
« L'un d'entre vous a-t-il vu l'Initié Kenobi ce matin ? » demande-t-il, non sans préoccupation. De ce qu'il a lu d'Obi-Wan Kenobi hier soir, l'initié n'est pas du genre à être en retard.
Garen et Reeft échangent un regard, l'inquiétude et une compréhension gênées voletant sur leurs visages.
Des pas de course résonnent sur le duracier et Obi-Wan Kenobi fait un arrêt sans dignité à la fin de la ligne, ses affaires battant contre lui. Qui-Gon ouvre la bouche pour réprimander le garçon, seulement pour apercevoir une ecchymose pourpre étalée sur la tempe d'Obi-Wan, à peine cachée par des touffes de cheveux ébouriffés.
Obi-Wan s'incline profondément, les joues rendues écarlates sous l'effort et l'embarras. Il remarque que deux membres du groupe le regarde avec l'air d'attendre quelque chose, et l'embarras se transforme en honte.
Qui-Gon annonce avec douceur. « Nous sommes tous présents. Montez à bord, rangez vos sacs, et allez vous occuper des vérifications de vol. Je vous rejoins sous peu »
Les enfants montent la rampe d'embarquement les uns après les autres, Obi-Wan suivant tristement. Alors qu'il frôle Qui-Gon, un lien semble soudain se créer entre eux, la lumière coulant en cascade dans l'atmosphère.
Et aussi vite que la lumière s'est embrasée, le lien s'évanouit. Obi-Wan continue sa montée, s'en avoir l'air d'avoir remarqué quelque chose, et Qui-Gon se retient de justesse de l'appeler.
Se tournant vers le couloir où il avait senti la perturbation, Qui-Gon s'approche. La lumière artificielle révèle un long couloir vide, sauf une chaussette épaisse gisant par terre, une lampe frontale tombée là, des affaires contre le chaud et le froid ont également été jeté sur le sol. Le conflit et la jalousie flottent dans l'air comme un écho oublié de quelques minutes passées.
Il recueille les biens tombés et oubliés d'Obi-Wan et se retourne vers le vaisseau. Cela va lui donner beaucoup à méditer durant le trajet vers Ilum.
Le prochain chapitre se passera durant l'hyperespace et un incident fâcheux va arriver à ce pauvre Obi-Wan...
Pour ceux qui suivent mon autre fic: "Les Ombres du futur", le chapitre 19 arrivera la semaine prochaine ;)
A bientôt !
