- Papa ! Je veux y aller !
- Pourquoi tu y tiens tant, c'est juste une école.
- Même si tu n'aimes pas l'idée qu'Albus y travaille, Poudlard est la meilleure école de sorcellerie du monde. Je vais y apprendre pleins de choses et rencontrer tout un tas de gens.
- Mais tu …
- Papa, s'il te plaît. Je suis sûre que tonton me laissera entrer sous un faux-nom si c'est là ton soucis.
Abelforth regarda sa fille. Il avait l'impression qu'elle avait grandi sans qu'il s'en rende compte, profitant des moments où il avait le dos tourné. Elle avait gagné en taille depuis qu'Ursula les avait quitté. Ses cheveux avaient poussé mais n'avaient jamais pris de couleur et étaient restés blancs comme neige. Ses yeux aussi avaient gardé leur éclat bleu électrique.
En la regardant Abelforth s'était toujours dit qu'elle tenait plus son caractère des différentes créatures qu'elle avait côtoyer plutôt que de lui-même ou de sa mère. Et dans des moments comme celui-ci il regrettait qu'elle ait tant traîné avec les ânes et les mules de l'enclos au coin du quartier. Il n'existait rien de plus têtues que ces bêtes-là.
Cette année Ariana avait eu 11 ans et Albus était personnellement venue lui rapporter sa lettre. Depuis lors le débat avait été presque incessant entre les deux partis. L'argumentaire d'autant plus difficile pour le paternel que sa fille comprenait et anticipait même chacune de ses réticences.
Cela faisait d'ailleurs plusieurs semaines qu'ils savaient tous les deux pertinemment qu'Ariana avait gagné la bataille mais ils continuèrent à faire semblant pour qu'Abelforth n'est pas l'impression d'avoir abandonné trop facilement.
Ce fut Ariana qui alla négocier avec son oncle pour obtenir de rentrer à Poudlard sous un autre nom. Albus comprit immédiatement les tenants et les aboutissants de cette demande et l'accepta volontiers. En échange elle consentait à passer l'après-midi avec lui.
Ariana connaissait bien son oncle et sortait déjà une petite panoplie de gâteaux moldus de son sac tandis que lui faisait chauffer l'eau du thé. Elle écouta avec intérêt alors qu'Albus lui contait sa rentrée à Gryfondor, sa mauvaise réputation puis son évitement faussement pudique de sa reconnaissance comme l'élève le plus brillant que Poudlard ait connu.
À l'époque Albus était déjà très connu pour ses prouesses intellectuelles et scientifiques. Malgré les louanges quasi-constante dont il faisait l'objet, sa nièce avait appris à toujours garder un regard critique. Cela ne l'empêchait en rien d'écouter avec passion les récits de son oncle.
Lorsqu'elle rentra chez elle le soir son père était très silencieux, il réagissait toujours comme ça dans les rares moments où elle passait du temps avec son aîné. Cette soirée-là ne fit donc pas exception. Ariana voyait bien qu'il ruminait mais elle savait qu'il n'accepterait aucune de ses paroles réconfortantes.
Durant tout le reste des vacances, Abelforth l'accompagna tous les jours, que ce soit en ville ou en forêt, aucune distance ne l'arrêtait. Comme il faisait d'énormes efforts pour ne pas la gêner, Ariana ne se plaignit pas du bruit qu'il faisait en marchant mais elle évita aussi d'aller voir les plus craintifs animaux. De même elle ne le réveillait pas la nuit lorsqu'elle allait faire sa tournée des créatures nocturnes.
Grâce à la bonne volonté qu'il y mettait il ne fut pas trop étouffant. Il n'empêche qu'Ariana fut ravie lorsque le jour des courses au Chemin de Traverse arriva. Elle avait réussi à négocier d'y aller seule par poudre de cheminette. Elle n'y était jamais allé auparavant et avait rarement vu autant de gens de sa vie mais elle savait exactement où elle devait aller.
Elle avait longuement réfléchis à l'ordre dans lequel elle allait faire ses achats et avait convenue avec elle-même de commencer par la boutique des Ollivanders. L'endroit ne fut pas difficile à trouver. Lorsqu'Ariana poussa la porte du magasin ses petites clochettes tintèrent.
Un homme aux allures austères se tenait droit comme un i face à un bureau. Il avait à ses côtés une jeune fille à l'air hautain et aux vêtements flambants neufs. Ariana déplaça sa robe pour tenter de cacher un trou. De l'autre côté du bureau se trouvait un autre homme, il se tenait légèrement courbé et n'avait même pas adresser un regard à sa nouvelle cliente.
- Bien sûr monsieur, nous allons trouver ce qu'il y a de mieux pour votre fille.
- J'espère bien. Vous connaissez ma famille. S'il y a le moindre problème avec l'une de vos baguettes, je vous ferais une réputation des plus terribles.
- Bien sûr monsieur. Garrick, peux-tu t'occuper de cette fillette pendant que je prends soin de ces messieurs-dames-ci ?
- D'accord père.
Sortit alors de derrière les étagère un jeune homme qui paraissait ravi de se voir confier de la clientèle. Ariana fut rassurée en voyant qu'il portait un tablier plein de copeaux de bois, de poils, de plumes et d'autres choses moins identifiables. Il fit signe à Ariana de le suivre un peu plus loin au milieu d'étagères faites de haut en bas de petits tiroirs.
- Bonjour, vous venez pour une baguette. Je peux vous assurer que je trouverais celle faite pour vous.
Ariana se sentit quelques peu coupable en entendant son enthousiasme. Elle lui répondit à vois basse, pour qu'aucune autre personne n'entende.
- En fait j'aurais un service à vous demander. Je voudrais savoir si vous pourriez me fournir une fausse baguette. Je vous paierais !
Garrick la regarda en fronçant des sourcils. Il sembla d'abord attendre de voir si elle plaisantait mais son air sérieux lui donna la réponse.
- Je ne peux pas faire ça. Mon métier c'est de trouver la baguette qui correspond à chaque sorcier, vous ne pouvez pas faire exception.
- Monsieur Ollivander vous ne comprenez pas. Je ne veux pas utiliser de baguette magique. Je sais que je ne suis pas faite pour cela.
- Pourquoi être venu dans une boutique alors ?
- La baguette est obligatoire pour entrer à Poudlard. Je pensais que vous pourriez me donner un placebo qui ferait illusion.
- Vous pensez donc réellement qu'aucune baguette ne vous conviendra ? Et bien faisons un pari, si je parviens à trouver la baguette faite pour vous, vous l'achetez et l'utilisez, mais si je n'y parviens pas je consentirais à vous fabriquer cette « fausse » baguette.
Ses yeux luisaient d'avoir trouvé un nouveau défi mais Ariana était elle-même mue par une détermination sans faille. Elle accepta sans réfléchir plus d'une seconde.
- Bien alors commençons !
Garrick tira un tiroir juste sur sa droite, saisit la baguette qu'il contenait et l'approcha d'Ariana. « Voyons voir … » mais dès qu'Ariana leva la main pour la saisir, le bois se mit à émettre des étincelles. « D'accord pas celle-ci … » Il disparut ensuite dans l'arrière boutique et revint avec trois boites. À peine eut-il fait deux pas vers Ariana qu'il pivota sur lui-même. « Pas celles-ci non plus … bon »
Il revint avec un mètre et prit toutes sortes de mesures en posant des questions étranges. « Êtes-vous née un jour pair ou impair ? », « Avez-vous eu des animaux de compagnie ? » Il lui apporta ensuite d'autres baguettes et encore d'autres.
À chaque nouvel échec il prenait un peu plus de temps de réflexion avant d'en proposer une nouvelle. Heureusement pour eux le père et sa fille n'avait toujours pas trouvé soulier à leur pied et Gervais Ollivander rasait le sol plus que jamais. Personne n'allait les déranger.
- J'ai une dernière idée. Si elle ne marche pas je cède.
Ariana était à la fois heureuse d'être venu à bout de lui mais s'en voulait qu'il ait l'air si dépité à cause d'elle. Il ouvrit un tiroir au bout du rayon qui touchait presque par terre. Il lui tendit le morceau de bois finement sculpté. Ariana avança une main hésitante. Elle voyait Garrick regagner espoir à mesure que la distance se réduisait. Finalement elle saisit la baguette … pour la lâcher immédiatement.
Le jeune Ollivander regarda avec des yeux ronds les traces rouges qui apparaissaient partout où la baguette avait été en contact avec sa peau. « Oh je suis vraiment désolé, je … » Ariana lui fit un geste de sa main valide et se concentra sur son autre paume. Sa main blessée commença à trembler alors que les cloques qui s'étaient formées diminuaient de volumes jusqu'à disparaître tout à fait, ne laissant qu'une trace rougeâtre.
- Vous disiez que vous pourriez m'aider ?
- Oui j'ai un bois qui est un très bon conducteur neutre de magie. Je ne l'ai pas encore mis en pratique car il est étrangement isolant en surface et pour qu'il soit viable je devrait trouver un cœur magique puissant et stable. Mais pour vous ce sera parfait, vous pourrez l'ignorer totalement ou bien avec un peu de pratique, jeter des sorts en passant par la baguette, vos professeurs n'y verront que du feu.
Il l'emmena alors dans son atelier et lui remit le bout de bois poli. Ariana observa un moment le bois bordeaux avec quelques nervures noires et rouges.
- 26 centimètres, rigide et relativement large, vous ne risquez pas la casse. Une dernière chose … si par malchance vous êtes découverte … pourriez-vous … ne pas mentionner mon nom ou celui de la boutique ?
- Évidement vous pouvez compter sur moi.
Ariana déposa sur son bureau l'équivalent du montant d'une véritable baguette magique, alors qu'il allait protester, elle le stoppa.
- Votre père posera des questions sinon. Monsieur Garrick Ollivander ce fut un plaisir de vous rencontrer. Vous deviendrez très certainement un très grand fabriquant de baguettes.
- Et vous, vous allez devenir une sorcière …très …singulière.
La jeune fille sourit et sortit du magasin.
Merci d'avoir lu ce chapitre. Pensez à laisser une review positive ou négative la seule chose qui compte c'est que cela me permette d'avancer et d'améliorer mes prochaines fanfics, toujours dans le but de vous plaire ! On se revoit mardi prochain je l'espère.
